Bonjour à tous et à toutes en ce beau dimanche chaud et ensoleillé… euh… enfin, gris et pluvieux en fait… pour pas changer. Pardon, je suis pas là pour faire la météo moi. Voici donc le chapitre 2 de ma fic, qui s'appelle toujours « Mémoire en fuite » vu que je ne suis pas fichue de trouver un autre titre potable. Du coup si vous avez des suggestions elles sont les bienvenues^^

Un grand merci aux lectrices qui m'ont laissé des reviews et plus particulièrement à Matsuyama pour ses conseils, suggestions et sa relecture d'avant publication (et pour la correction des fautes^^).

J'espère que ce chapitre va vous plaire, n'hésitez pas à me laisser un petit com pour me dire ce que vous en pensez. Bonne lecture !

Chapitre 2

Edward arriva en courant à l'hôpital, bousculant les infirmiers. Il avait été appelé par une infirmière à son hôtel, car Emma le demandait d'urgence. Inquiet, il monta les escaliers quatre-à-quatre et entra précipitamment dans la chambre de la jeune fille où il eut la surprise de trouver le colonel Mustang déjà arrivé, qui lui tournait le dos et regardait par la fenêtre.

- Ed ! dit la jeune fille, soulagée de le voir.

- Est-ce que ça va ? demanda l'alchimiste en approchant. Tu m'as fait appeler ? Qu'est-ce qui se passe ? C'est encore lui qui te prend la tête ?

- Assieds-toi, Fullmetal, Emma a des choses à nous dire, intervint Roy.

Son ton était mortellement sérieux et le jeune homme ne pensa même pas à protester. Il enleva son manteau qu'il jeta sur le dossier d'une chaise et s'assit sur le bord du lit, regardant Emma avec curiosité. La jeune femme soupira, cherchant ses mots.

Elle avait eu du mal à dormir, après son cauchemar. Son sommeil était peuplé de visages étranges et menaçants, et de flashes qu'elle ne parvenait pas à comprendre. A son réveil, elle avait repris les deux dessins qu'elle avait faits durant la nuit, et les avait soigneusement observés. Ces deux visages étaient maintenant imprimés dans sa mémoire. Elle s'était rendu compte qu'ils manquaient de précision et les avait améliorés avant de faire appeler Edward et le colonel.

- Cette nuit, j'ai fait un cauchemar, expliqua-t-elle. Et des souvenirs sont remontés à la surface. J'ai rêvé de mon agresseur.

- Tu es sûre ? demanda le blond.

- Complètement. Je le suivais dans les rues de Central, j'étais perdue, c'était peut-être la première fois que je venais ici. Je cherchais le colonel. C'est un militaire qui m'a guidé. En tout cas c'est ce qu'il disait. Mais en fait il m'a emmené dans cette ruelle où tu m'as trouvé et il m'a attaqué.

- Elle a dessiné le visage du militaire qui l'a agressée, intervint Mustang, regardant toujours par la fenêtre. Regarde.

Le ton de sa voix inquiéta le jeune homme, et c'est avec une certaine appréhension qu'il saisit le bloc à dessin. Et quand il vit le visage dessiné sur la première page, il laissa échapper un cri de surprise.

- Impossible ! cria-t-il.

- Le colonel a eu la même réaction, dit Emma, surprise. Mais je vous assure que c'est lui.

- Tu dois te tromper…

- Mais c'est qui ce type ?

- Le général de Brigade Maes Hugues, répondit Mustang en se retournant enfin.

- Générale de Brigade ? s'exclama Ed alors que le militaire grimaçait, conscient de son erreur. Il a eu une promotion ?

- Hugues…, l'interrompit Emma en réfléchissant. Pourquoi ça ne pourrait pas être lui mon agresseur ? Parce que c'est un haut gradé ?

- Ce n'est pas ça, répondit le colonel en soupirant. Mais crois-moi, ça ne peut vraiment pas être lui.

- Bah ouais, confirma Ed, il est en mission. C'est bien ça ?

- Oui. Voilà. Il est en mission, et il ne peut pas être à deux endroits à la fois. Mais tu n'as pas fini de lui raconter ton cauchemar.

- C'est vrai, dit la jeune fille. Donc ce type, peu importe qui il est, m'a plaqué contre le mur et il m'a menacée.

- Menacée ?

- C'est assez flou, je ne me souviens plus de ses paroles. Mais le plus étrange c'est que… Je ne sais pas comment t'expliquer, dit-elle en cherchant ses mots. En fait, son visage a… changé tout à coup, et c'est devenu une autre personne.

Edward et Mustang échangèrent un regard, mais elle ne s'en rendit pas compte.

- C'est ça, continua-t-elle. A un moment c'était un grand type aux cheveux courts avec des lunettes, et l'instant d'après c'était quelqu'un d'autre, un adolescent je pense, avec des cheveux très longs mais… Il était bizarre, j'avais presque l'impression qu'il n'était pas humain.

Edward reprit le carnet à dessin et tourna la page. Il se doutait de ce qu'il allait voir, mais quand il fixa le second portrait de l'agresseur d'Emma, il fronça les sourcils et serra si fort le bloc que les jointures de sa main valide blanchirent.

- Vous le connaissez ? demanda la jeune fille qui avait vu leur trouble.

- En quelque sorte, répondit Edward en essayant de se calmer. Tu es super douée en tout cas, ces deux portraits sont parfaits.

- Merci, répondit-elle en souriant. On dirait que je sais dessiner…

- Tu es peut-être une artiste ? ajouta le jeune homme qui voulait changer de sujet.

- Ta mère en était une, intervint Mustang. Elle peignait et sculptait admirablement, elle exposait même à Central. Tu dois tenir d'elle.

La jeune femme observait les deux hommes qui parlaient de sa mère et de son talent artistique, comme si de rien n'était. Mais leur trouble était visible.

- Hey, les coupa-t-elle sèchement. N'essayez pas de noyer le poisson. Vous comptez me dire qui est ce type ?

- Emma…, commença Roy, gêné.

- Dites, c'est quand même moi qu'il a agressée et laissée pour morte. J'ai le droit de savoir qui il est ! ajouta-t-elle d'un ton sans appel.

Les deux alchimistes se regardèrent. Ils avaient parfaitement reconnu Envy, l'Homonculus qui pouvait changer de visage. Mais en parler avec Emma… D'un autre côté elle était déjà en danger, et comme elle le disait elle avait le droit de savoir.

- Ecoute, dit finalement le militaire en se levant, on ne peut pas en parler ici. Mais cet homme et ses… amis sont extrêmement dangereux. A partir de maintenant, tu vas être sous surveillance.

- Quoi ? s'insurgea Emma. Pas question.

- Tu vas… Pardon ? Comment ça « pas question » ?

- Je n'ai pas l'intention de rester encore cloîtrée dans cette chambre, avec vos hommes qui jouent les nounous.

- Tu n'as pas le choix jeune fille, rétorqua Roy en haussant le ton. Ces types en ont après toi, et sans doute aussi après ton père, il n'est pas question de te laisser livrée à toi-même sans protection. Et puis tu es blessée, tu n'es pas en état de te débrouiller seule.

- Ed ! s'écria la jeune fille en cherchant l'aide du jeune alchimiste.

- Désolée Emma mais pour la première fois de ma vie je… je… putain, j'arrive même pas à la dire. Je suis d'accord avec le colonel, articula-t-il dans la douleur.

- C'est réglé de toute façon, je ne te laisse pas le choix, conclut Mustang en sortant précipitamment de la chambre sans laisser le temps à la jeune fille de protester davantage.

En sortant il faillit percuter le lieutenant Hawkeye qui venait justement au rapport.

- Que se passe-t-il colonel ? demanda-t-elle. Encore un différent avec Edward ?

- Non, je vous expliquerai ça dans un endroit moins… fréquenté. Vous avez du nouveau ?

- Oui, les unités qui ont été envoyées au domicile d'Arthur Silver ont fait leur rapport, colonel.

- Et ? insista le brun, inquiet.

- Et bien… Ils ont trouvé la maison ouverte et complètement retournée. Elle a été fouillée de fond en comble. Mais on dirait que rien n'a été volé. Ca confirme ce que vous pensiez, ils ont eu des ennuis.

- Et pour Arthur ?

- Aucune trace du WaveMaker, colonel, répondit Hawkeye. Mais ils ont repéré des traces de lutte et… Hum, il y avait aussi du sang.

Elle s'arrêta là dans son rapport, voyant l'inquiétude qui déformait les traits de son supérieur. Celui-ci se passa une main sur le visage. La situation lui échappait complètement. Quand il repensait à cet Homonculus qui avaient osé prendre l'apparence de son ami mort… Et ces enfoirés s'en prenaient en plus à Arthur. Il serra les poings, contenant difficilement sa colère. Il ne pouvait peut-être rien pour son ami pour l'instant, mais il pouvait au moins protéger sa fille.

- Que des unités se déploient autour de l'hôpital et plus particulièrement dans cette aile, ordonna-t-il. Et je veux des gardes en faction devant la chambre d'Emma, en permanence.

Le lieutenant n'eut pas le temps de lui demander pourquoi, Mustang fonçait déjà vers la sortie, tendu et inquiet.

A l'intérieur de la chambre d'Emma, un silence pesant régnait. Edward s'était levé, avait regardé par la fenêtre, s'était rassis puis relevé à nouveau. Il avait cherché à accrocher le regard de la jeune fille, mais celle-ci tournait la tête, boudeuse.

- Emma.

- …

- Emma, dis quelque chose.

- …

- Allez ! Tu vas pas faire la tête pour ça ? insista-t-il, lui décochant son plus beau sourire.

Mais le regard qu'il reçut en échange lui fit perdre son sourire. Deux yeux bleus, aussi froids et durs qu'un bloc de glace, étaient posés sur lui.

- Ouh là, fit-il. Ca caille tout d'un coup…

- Traître, lâcha la jeune fille avant de détourner les yeux à nouveau.

- T'exagère, Mustang a raison ! J'en reviens pas, ça fait deus fois en moins de dix minutes que je dis ça, geignit le jeune homme.

- Faux-jeton.

- Non mais ça va ! Arrête de bouder, t'as quel âge ? Douze ans ?

- Non ça c'est ton âge, mon petit ! ironisa-t-elle, parfaitement consciente de son point faible.

- Quoi ? cria-t-il, franchement en colère maintenant. Qu'est-ce que t'as dit ?

- Remarque, je suis gentille. Vu ta taille, on pourrait croire que t'as moins de dix ans.

- Tu dis que je suis si petit qu'on dirait un bébé tout juste sorti du ventre de sa mère ? hurla le Fullmetal.

Emma s'apprêtait à répliquer mais quand elle repensa à ce que venait de dire Ed elle se mit à rire, de plus en plus fort, incapable de s'arrêter. Elle sentait qu'elle devait se calmer sous peine de rouvrir ses points, mais l'air offusqué et vexé du jeune homme ne l'aidait pas à calmer son hilarité. Celui-ci, les poings serrés, la vit se calmer, finalement.

- Espèce de…

- Il est beau le Fullmetal Alchimiste…, dit-elle en essuyant les larmes qui coulaient sur ses joues. Avec un surnom aussi impressionnant on s'attend pas à voir un avorton comme toi.

- T'as de la chance d'être blessée ! cria-t-il. Et d'être une fille !

- Qu'est ce qu'elle a la fille ? répondit Emma sur le même ton, prête à sauter de son lit pour lui apprendre les bonnes manières.

- Qu'est-ce qui se passe ici ?

Les deux adolescents se calmèrent instantanément en voyant entrer le médecin d'Emma. La jeune fille, boudeuse, tourna la tête en fronçant les sourcils, imitée par Ed qui fixait la fenêtre.

- Vous, dit le docteur en s'adressant au Fullmetal, vous fatiguez ma patiente. Veuillez vous en aller, ajouta-t-il d'un ton sec, très loin de sa bienveillance habituelle.

- Merci beaucoup docteur, dit la jeune femme avec un sourire ironique.

- Je m'en vais avec plaisir. Et je vous souhaite bien du courage avec cette peste, marmonna le blond en récupérant son manteau et en sortant.

- Tu sais ce qu'elle te dit la peste ? cria Emma alors que la porte se refermait.

Furieux, le jeune homme traversait les couloirs de l'hôpital vers la sortie sans prêter attention aux infirmières et médecins qui devaient s'écarter pour le laisser passer. Il lui avait sauvé la vie, il avait veillé sur elle depuis, il avait même été d'accord avec ce con de colonel, juste pour son bien, et voilà comme elle le remerciait ? Cette ingrate, cette peste, cette… Cette… Dire qu'il la trouvait gentille, avec ses « reviens vite, Ed », tu parles.

- Quel caractère de merde ! s'exclama-t-il, faisant sursauter tout le personnel soignant.

Mais est-ce qu'il parlait d'elle ? Ou de lui ? Plongé dans ses pensées, il n'entendit pas tout de suite qu'on l'appelait.

- Monsieur Elric, insista son interlocuteur.

- Quoi ? demanda-t-il, agacé, avant de s'arrêter.

L'homme qui lui parlait était le médecin d'Emma. Le jeune homme regarda autour de lui, se demandant s'il n'avait pas tourné en rond dans l'hôpital. Mais non, il se trouvait près de l'accueil, à l'entrée.

- Vous avez déjà fini d'ausculter Emma ? demanda-t-il.

- L'ausculter ? dit le médecin, franchement étonné. Mais les visites n'ont lieu que cette après-midi. Est-ce que vous allez bien ?

Mais Ed n'écoutait déjà plus. Il courait aussi vite qu'il pouvait vers la chambre de la jeune fille, son cœur battant à tout rompre dans sa poitrine. Il gravit les escaliers et déboula comme une tornade dans le service.

- Appelez le colonel Mustang ! hurla-t-il. Et des renforts ! Il y a un intrus dans l'hôpital !

Sans tenir compte de la panique qui s'était emparée du personnel à ces mots, il transmuta son automail en lame, et se rua jusqu'à la chambre. Emma... Il avait laissé Envy avec elle. Il avait été à quelques centimètres de cet enfoiré et il n'avait rien senti. Si quelque chose arrivait à la jeune fille…

- Emma ! hurla-t-il en ouvrant la porte de la chambre d'un coup de pied.

Il fut accueilli par des décharges d'énergie bleutées qui envahissaient la chambre. Incrédule, il vit Envy être projeté contre le mur du fond, la chair de son ventre complètement brûlée. De l'autre côté Emma, livide, les mains en avant, semblait complètement paniquée.

- La garce ! hurla l'homonculus. C'est une alchimiste.

A ce moment une alarme se déclencha dans l'hôpital et des sirènes retentirent au-dehors. Envy vit Ed et comprit que les renforts arrivaient. La main sur son ventre qui se régénérait déjà, il hésita mais comprit que le bon moment était passé. Il se précipita à travers la fenêtre qui éclata, et il retomba souplement sur le sol au milieu des bouts de verre, malgré une chute vertigineuse. Il se précipita alors dans l'ombre et c'est une jeune infirmière qui en ressortit une fraction de seconde plus tard, se mêlant au personnel et aux patients paniqués par l'irruption de dizaines de militaires.

Dans la chambre, Ed s'était précipité vers Emma. La jeune femme semblait au bord de la crise de nerf. Elle s'était laissée tomber sur le sol et avait du mal à respirer. Elle fixait ses mains, horrifiée. Edward s'agenouilla près d'elle. Il ne savait pas trop quoi faire, d'habitude c'était Alphonse qui se montrait rassurant et compatissant, c'était pas son truc ça. Mais là il était seul et la jeune fille semblait tellement fragile et vulnérable à ce moment précis qu'il oublia ses réticences et laissa faire son instinct.

Il retransmuta son automail et prit Emma dans ses bras, délicatement, comme s'il risquait de la casser. Il lui chuchota des paroles rassurantes à l'oreille et la berça doucement.

- Emma, calme-toi ! répétait Ed.

La jeune femme releva finalement la tête et plongea dans son regard doré, s'accrochant à lui comme à une bouée de sauvetage. Les larmes ruisselaient sur son visage et elle tremblait de tous ses membres.

- Qu'est-ce que j'ai fait ? criait-elle en regardant ses mains. Qu'est-ce que je suis ?