Bonjour bonjour ! D'abord merci à toux ceux qui lisent cette histoire et un MERCI à ceux qui laissent des com' (celles ?^^), j'apprécie toujours de lire vos avis, c'est comme ça que je progresse (et grâce aux corrections et suggestions de Matsuyama aussi, heureusement qu'elle est là !). Alors voilà, il va y avoir un peu d'action dans ce chapitre, et j'espère qu'il va vous plaire ! Laissez un tit com s'il-vous-plaît ! Bonne lecture.
Chapitre 5
- Emma… Emma ?
Edward tenait la jeune femme dans ses bras. Elle était gelée après avoir couru en chemise d'hôpital dans les rues de Central, et elle tremblait violemment, jusqu'à claquer des dents.
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Ed… L'Ho-l'Homonculus… Il arrive !
Le jeune homme comprit sur le champ et la fit rentrer avant de verrouiller la porte. Envy avait dû l'attaquer à nouveau, à l'hôpital. Cet enfoiré… Il vit qu'Emma était terrifiée et remit à plus tard son projet d'écorcher vif un certain Homonculus de sa connaissance. D'abord il fallait s'occuper d'elle.
- Emma, c'est bon, calme-toi, lui dit le Fullmetal. Je vais m'occuper de lui, promis. En attendant enfile ça, ajouta-t-il en posant son éternel manteau rouge sur ses épaules. Et vas te cacher dans la salle de bain. D'accord ?
La jeune femme acquiesça, un peu rassurée, et alla se mettre à l'abri. Avant de passer la porte, elle s'arrêta.
- Fais attention, murmura-t-elle sans se retourner.
Edward ne répondit pas et elle rentra dans la salle de bain. Le jeune homme soupira, transmuta son automail en lame acérée et se dirigea vers la porte. Il l'ouvrit lentement, s'attendant à voir débouler son ennemi d'un instant à l'autre. Mais il n'y avait rien. Il regarda à droite, puis à gauche. Le couloir était complètement vide, toutes les portes étaient fermées, le silence régnait, stressant, oppressant.
Le jeune homme hésitait. S'il avait été seul il aurait fouillé l'hôtel de fond en comble pour dénicher cet enfoiré d'Envy, mais il ne pouvait pas laisser Emma toute seule.
- Ed !
Le jeune homme sursauta et se mit en garde. Il vit le colonel Mustang courir vers lui, l'air inquiet.
- Où elle est ? cria le militaire.
- Restez où vous êtes !
- Que… Ed, qu'est-ce que tu nous fais, là ?
Le Fullmetal était perplexe. Ca avait vraiment l'air d'être le colonel, et il savait qu'il s'inquiétait pour Emma. Il avait l'impression que c'était lui. Mais s'il se trompait ?
- Ed, insista Roy en le prenant par les épaules. Où est Emma ? Je reviens juste de l'hôpital et j'ai trouvé les soldats HS et la chambre vide… Qu'est-ce qui s'est passé ?
La réponse ne se fit pas attendre. Ed leva son automail et en appliqua la pointe acérée contre la gorge de son supérieur.
- Envy l'a poursuivie jusqu'ici, expliqua le blond. Mais vous le savez sûrement déjà, ça…
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Pas question que je me fasse encore avoir, marmonna Ed. Je préfère prévenir que guérir.
- Edward…
- Comment vous avez su où la trouver ? Hein ? Qu'est-ce que vous avez à répondre à ça ?
Le colonel déglutit et la pointe de la lame égratigna légèrement sa gorge, faisant perler une petite goutte de sang.
- Je savais que ce serait toi qu'elle irait voir si elle était en danger.
Edward ne s'attendait pas à cette réponse et une légère rougeur teinta ses joues.
- Mouais…, fit-il, de plus en plus hésitant.
- Allez Ed, bordel ! Je sais que tu ne peux pas me voir mais c'est pas vraiment le moment de régler nos comptes, lui reprocha Roy.
- Edward ?
Les deux hommes se tendirent. Emma, couverte du manteau d'Ed, avait quitté la salle de bain et observait la scène, troublée.
- Emma, cria le Fullmetal, je t'avais dit de rester cachée !
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-elle sans prêter attention à sa remarque.
- J'en suis pas sûr, grogna Ed sans baisser son automail.
- Emma, dit le colonel, tu peux lui demander de me lâcher ?
- Attends, intervint le jeune alchimiste. Envy peut prendre l'apparence de n'importe qui, rappelle-toi.
- Mais comment savoir, alors ? demanda la jeune femme.
A ce moment un bruit de course dans les escaliers les interrompit et ils virent débouler dans le couloir un deuxième colonel Mustang, échevelé et essoufflé. Quand il vit Ed qui tenait en respect son double, le militaire s'arrêta. Les deux se fixaient en silence. Soudain, le « deuxième Roy » se précipita en avant, prêt à claquer des doigts.
- Enfoiré, cria-t-il. Je vais te…
- Stop ! cria Edward, un peu débordé par les évènements.
La situation lui échappait complètement. Le colonel était déjà pénible quand il était seul, et là il se retrouvait face à deux Mustang. Il regretta que le lieutenant Hawkeye ne soit pas là.
- Hey, où est Hawkeye ? demanda-t-il d'un air soupçonneux.
- Elle cherche Emma à mon bureau, répondit le deuxième Roy, prenant de vitesse le premier.
- Elle fouille l'hôpital, répondit le premier, toujours sous la lame d'Ed.
Le jeune homme ne savait plus quoi faire. Finalement il lâcha le colonel et recula de quelques pas.
- Tous les deux, vous allez vous approcher lentement, ordonna-t-il. Maintenant enlevez vos gants et jetez les sur le sol, doucement. Le cercle de transmutation qui lui permet de créer du feu se trouve sur les gants, expliqua-t-il à Emma.
- Demande leur aussi de jeter leurs revolvers vers nous, dit-elle.
Le jeune homme s'exécuta et les militaires jetèrent leurs armes qu'Emma récupéra. Elle en donna une à Ed et pointa l'autre sur le deuxième Mustang.
- Les balles ne font rien aux homonculus, dit Ed.
- Oui, mais si on tire sur le faux Mustang et qu'on voit que ça ne lui fait rien, on saura qui est qui.
- Hey ! lancèrent les deux hommes.
- Et si vous tirez sur le vrai… je veux dire, sur moi ?
- C'est un risque à courir, répondit froidement Emma.
- T'es limite flippante là, murmura Ed. On dirait le lieutenant…
Le jeune homme se reprit rapidement et pointa son arme sur le premier Mustang. C'était une bonne idée, et si ça pouvait lui permettre de se débarrasser de ses deux pires ennemis en même temps…
- Bon qu'est-ce qu'on fait maintenant ? demanda Emma, moins sûre d'elle. Je ne connais pas trop le colonel, moi, je ne sais pas comment le reconnaître.
- Bah il est chiant, narcissique, flemmard…
- Hey ! dirent les deux Mustang. Arrête de répéter ce que je dis ! se crièrent-ils l'un à l'autre.
- Il n'aime pas qu'on dise qu'il est impuissant, continuait Ed, il drague tout ce qui bouge, il veut devenir généralissime pour imposer la mini-jupe dans l'armée…
- Quoi ? s'étonna la jeune femme.
- C'est un pervers, un con total…
- Ed, tu vas me payer ça, gronda le second Mustang.
- Ah bah ça c'est tout à fait un truc que le vrai pourrait dire, dit le Fullmetal.
- Evidemment, répondit l'autre colonel, à ce moment là c'est simple. Moi j'ai qu'à te traiter de nabot et tu diras pareil.
- Qui a dit que je suis si petit que je n'arrive même pas à la cheville d'une fourmi ? hurla le blond.
- C'est trop facile, marmonnèrent ensemble les deux militaires avant de se regarder en chiens de faïence.
- Quelle susceptibilité, commenta Emma. En plus je ne suis pas sûre qu'une fourmi ait des chevilles…
- On va pas lancer un débat, cria le jeune alchimiste. T'es de quel côté toi ?
Il sentait une violente migraine arriver, il la sentait même très bien, et elle promettait d'être terrible. Qu'est-ce qu'il foutait dans cette galère ? La situation était de plus en plus difficile, il ne savait absolument pas lequel des deux était le vrai.
- Et si on tirait sur les deux, proposa-t-il finalement. Celui qui ne sera pas mort sera le faux !
- Ca va pas ! s'écria le deuxième Mustang, tenu en joue par Emma. Mais… Attends, réagit-il soudain en regardant Ed. T'es en caleçon là ?
Le jeune homme se rappela soudain qu'il n'avait pas eu le temps de s'habiller depuis qu'Emma avait frappé à sa porte. Il rougit violemment.
- Espèce de nain pervers ! cria le deuxième Mustang. Ca va pas de te présenter comme ça devant les jeunes filles ? Crétin, c'est pas parce que je t'ai dit de te trouver une copine que tu peux tout te permettre !
Envy comprit immédiatement qu'il avait perdu en voyant l'expression du Fullmetal. Il se jeta sur Ed mais Emma lui tira dessus. Il eut un mouvement de recul en sentant le choc mais un sourire cruel se fit sur son visage, son vrai visage qu'il était en train de reprendre.
- Ca ne sert à rien, garce, lança-t-il en se tournant vers elle.
- Si, ça sert à gagner du temps, rétorqua-t-elle en reculant.
- Envy ! Enfoiré ! hurla Ed en se jetant sur lui pour essayer de le trancher avec son automail.
L'Homonculus évita le coup par réflexe, en bondissant en arrière. Fou de rage il prit l'apparence d'Ed, transmuta sa prothèse en lame lui aussi et se jeta sur Emma. Il allait l'égorger devant les yeux du nabot, et sous son apparence en plus. Edward claqua des mains et les plaqua sur le sol, et aussitôt une cage d'acier sortit du sol autour Emma, la protégeant de l'attaque. Envy poussa un cri de rage et reprit son apparence habituelle.
- Je vais la tuer, Fullmetal nabot, je vais faire la peau de ta copine et je vais même la faire souffrir, crois-moi sur parole.
- Je ne pense pas, intervint Mustang d'une voix calme.
Il avait enfin récupéré ses gants et, prêt à claquer des doigts, il rejoignit Ed. Les deux alchimistes faisaient face à l'Homonculus maintenant, le forçant à reculer jusqu'à se retrouver dos à la fenêtre.
- Vous ne pouvez pas me tuer, lança Envy aux deux hommes.
- C'est vrai, répondit Ed.
- Mais on peut te faire vraiment très mal, ajouta Mustang avec un sourire cruel.
L'Homonculus comprit qu'il n'arriverait à rien cette nuit. Il avait encore échoué. Elle allait le lui faire payer… Avec un hurlement de frustration, il prit soudain son élan et fonça à travers la fenêtre. Roy et Edward durent reculer et se protéger de leurs bras contre les bouts de verre, et quand ils rouvrirent les yeux leur ennemi avait disparu.
- Ed ! Colonel ! s'inquiétait Emma, coincée dans sa cage d'acier. Qu'est-ce qui se passe ? Vous allez bien ?
- C'est bon, t'inquiète pas, il s'est enfui, répondit le jeune alchimiste.
- Ah… Alors qu'est-ce que tu attends pour me sortir de là ?
Le Fullmetal allait protester contre l'ingratitude manifeste de la jeune femme quand il reçut une claque derrière la tête.
- Toi ne t'avise plus jamais de me menacer d'une arme, dit-il.
- Mais c'était pas vous que je…
- Ca change rien. Maintenant libère-la vite. Ah non, tu vas d'abord t'habiller, ordonna le colonel. Et si jamais tu t'exhibes encore une fois comme ça devant elle, ajouta-t-il d'un ton mortellement sérieux, je te fais bouffer tes automails. Vis par vis. Compris ?
Ed n'eut même pas envie de protester pour une fois tant le colonel était effrayant à ce moment. Il se précipita dans la salle de bain avec ses vêtements, heureux de remettre une tenue décente, et libéra enfin la jeune femme de sa prison d'acier.
Emma vécut les heures suivantes dans une espèce de brouillard. Edward avait réparé les dégâts causés par l'affrontement, tandis que Mustang usait de toute sa force de persuasion pour convaincre le gérant de l'hôtel de ne pas les jeter dehors. Il avait ensuite fait appeler les membres de son équipe, préférant éviter de retourner au QG pour le moment. Les hommes du colonel les avaient rejoints rapidement, chacun ayant droit à un examen minutieux et à des questions personnelles (et parfois humiliantes car posées par Roy) afin d'être sûr qu'Envy n'était pas caché parmi eux.
Seule le lieutenant Hawkeye n'eut pas droit à cet examen, un regard de sa part ayant suffit à dissuader le colonel de la tester. Elle était accompagnée de son chien, Black Hayate, qui se précipita vers Ed et lui sauta dessus à peine entré dans la chambre. Emma sourit en voyant le chien montrer toute son affection au Fullmetal à grands coups de langue sur le visage, malgré les protestations du blond. Finalement, la militaire siffla sèchement et Hayate se mit littéralement au garde-à-vous après d'elle, un peu tremblant.
Avisant la jeune fille assise sur une chaise, qui serrait le manteau d'Ed autour elle, elle s'approcha avec un sourire bienveillant et posa un sac près d'elle.
- Est-ce que ça va Emma ? demanda-t-elle, sincèrement inquiète.
- Euh… Je crois. Mais… Vous ne pourriez pas me trouver des vêtements s'il-vous-plaît ? Parce que je ne me sens pas très à l'aise là…
- Le colonel y a pensé et m'a demandé de te ramener le nécessaire, répondit Riza en désignant le sac. Tu vas pouvoir aller prendre une douche et t'habiller, et ensuite tu mangeras un morceau.
- Je n'ai pas très faim…, commença Emma avant de croiser le regard inflexible du lieutenant. Oh, manger un morceau ? Hum, j'ai hâte !
Elle se dépêcha d'attraper le sac de vêtements et d'aller s'enfermer dans la salle de bain. Elle n'hésita qu'un instant avant de jeter sur le sol la chemise d'hôpital qu'elle détestait, et se précipita sous la douche. Elle se sentit instantanément mieux en sentant l'eau chaude tomber en pluie sur son corps endolori, délassant ses muscles contractés, apaisant la tension qu'elle ressentait. Au bout de quelques minutes, elle sortit de la douche et se sécha avant d'examiner les vêtements amenés par Hawkeye : un jean tout simple, un pull noir à col roulé, des sous-vêtements et une paire de bottes en cuir. Elle s'habilla rapidement et s'examina dans la glace.
Elle se sentait mieux, comme si elle était enfin elle-même avec ces vêtements. Elle s'approcha du miroir et se regarda attentivement, chose qu'elle n'avait pas vraiment pu faire depuis son réveil à l'hôpital. Ses yeux bleus d'abord, ses pommettes… Elle toucha du bout des doigts son front, près de la tempe gauche, là d'où partait la large mèche blanche qui faisait la surprise de tout le monde. C'était étrange, elle était sûre de ne pas avoir toujours eu cette mèche. Elle avait dû apparaître, un jour, comme ça. Mais pourquoi ? Est-ce qu'elle avait vécu un évènement traumatisant ou effrayant pour que ses cheveux blanchissent d'un coup ? Elle croisa son propre regard dans la glace.
L'œil la fixe à travers la Porte, immense, terrible, cruel. Des images la frappent littéralement, à une vitesse hallucinante, une somme d'informations qui forcent le passage pour s'imprimer dans son esprit. Elle résiste mais elle n'y peut rien, quelque chose la force à garder les yeux ouverts. Malgré sa résistance les informations pénètrent en elle. Elle s'évanouit.
Elle sursauta en reprenant ses esprits. Encore un flash. Elle posa une main sur son front. C'étaient certainement ses souvenirs qui revenaient. Mais à chaque fois, ils s'accompagnaient de douleur, de tristesse, de peur… Elle n'était pas sûre de vouloir se souvenir de sa vie d'avant.
Elle entendit du bruit derrière la porte et se dépêcha de finir de se préparer. Trouvant un peigne et un élastique dans les affaires prévues par Riza, elle démêla ses cheveux mouillés et se fit une queue de cheval avant de sortir. En ouvrant la porte, elle sentit une odeur de brûlé et eut la surprise de voir Jean Havoc et Kain Fuery assis sur le sol, à l'autre bout de la chambre, les cheveux fumants et roussis, surveillés par le colonel et Ed qui avaient l'air furieux.
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda la jeune fille au lieutenant Hawkeye.
- Ces deux-là sont un peu trop curieux pour leur propre santé…
- Curieux ?
Riza lui montra d'un signe de tête la salle de bain et Emma rougit avant de lancer un regard assassin aux deux militaires qui se tassèrent un peu plus dans leur coin. Ensuite elle fut rappelée à l'ordre par le lieutenant et, malgré son peu d'appétit, elle dut manger ce qu'elle lui avait fait monter. Mais petit-à-petit, en avalant son bol de soupe, elle se rendit compte qu'elle était en fait complètement affamée, et elle engloutit tout ce qui se trouvait sur son plateau avant de remercier Riza d'un sourire. Sourire qu'elle perdit vite quand elle essaya de donner un bout de poulet en douce à Black Hayate, car la militaire sortit son arme et en menaça le pauvre animal qui recula prudemment et alla s'asseoir près d'Havoc et Fuery.
- Bon, qu'est-ce qu'on fait ? lança soudain Edward. Il faut la mettre à l'abri avant que ces saletés d'Homonculus ne mettent la main dessus.
- On est d'accord pour une fois, répondit Mustang en se laissant tomber sur une chaise.
- Vous pouvez assurer sa protection, vous, dit le Fullmetal.
- Ca va pas être possible.
Roy soupira. Il repensa à sa réunion avec l'Etat-major. Il n'avait pas encore eu le temps de mettre ses subordonnés au courant de la situation.
- J'ai été convoqué en réunion exceptionnelle par le généralissime ce soir, expliqua-t-il. Je ne peux pas vous en dire trop, mais on est tous envoyés en mission dans le nord.
- Quoi ? lancèrent ses collègues comme un seul homme.
- Pas de question ni de protestation, d'accord ? Les ordres viennent de King Bradley en personne, on sera sous les ordres du général Hakuro. Vous venez tous avec moi.
- Tous ? s'exclama Ed.
- Pas toi, Fullmetal. Je me suis arrangé, tu vas être en… congés. Officiellement en tout cas.
- Mais alors comment vous allez faire pour elle ? demanda Ed en désignant Emma. Vous allez la confier à un de vos collègues ? Armstrong ?
- Non, il est envoyé dans le Sud.
- Maria Ross ?
- Non plus.
- Euh…
- Ne cherche pas Edward, dit Roy d'un air fatigué. De toute façon, je ne veux mettre personne au courant dans l'armée. Ce ne serait pas prudent.
- Attendez, comprit Ed, vous pensez que quelqu'un de l'armée est impliqué ?
- Je n'en sais rien du tout, mais j'ai un mauvais pressentiment. Et puis on ne peut pas impliquer de gens qui ne sont pas au courant pour les Homonculus. Et la laisser seule à Central, au QG, c'est trop dangereux. Envy pourrait prendre l'apparence de n'importe quel militaire pour l'atteindre. Non, elle est trop précieuse pour prendre ce risque.
Emma avait fini de manger depuis un bon moment déjà, et elle fulminait sur sa chaise. Ed et Mustang… Ils étaient en train de parler d'elle et de décider de ce qu'ils allaient faire d'elle comme si elle n'était pas là. Elle aurait aussi bien pu être un objet, ou un animal domestique. Hawkeye la surveillait du coin de l'œil et voyait son énervement qui allait croissant. Elle sourit. Cette fille avait du caractère…
- Trop précieuse ? demanda Ed.
- Oui, les Homonculus ne seraient pas à ses trousses si elle n'avait pas de l'importance. Et tu as vu comme Envy insiste ? Elle doit savoir des choses capitales, ou avoir été témoin de quelque chose d'énorme…
- Elle sait peut-être des choses sur la pierre philosophale ? avança Ed, pensif. J'y avais déjà réfléchi.
- Non, à mon avis ça a plutôt un rapport avec son père.
- Les deux ne sont incompatibles, dit le Fullmetal. Mais ça ne nous dit pas quoi faire d'elle…
- Hey !!
Tous sursautèrent et Black Hayate lança un aboiement. Emma s'était levée et venait de taper du poing sur la table, folle de rage.
- Pour qui vous vous prenez tous les deux ?! cria-t-elle à Ed et Roy.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Vous êtes en train de décider ce que vous allez faire de moi, comme si je n'étais pas la première concernée. Je ne suis pas un chien qu'on met en garde ou un objet, j'ai mon mot à dire.
- On fait ça pour ta sécurité Emma, dit Mustang.
- Ouais, franchement ne sois pas aussi ingrate ! renchérit Ed avant de recevoir un coup de pied du colonel sous la table.
- Ingrate ? Ma sécurité ? Et vous ne pensez pas que je suis la première concernée par ma sécurité, colonel ? Quant à toi, ajouta-t-elle pour Ed, je te signale que je ne t'ai jamais rien demandé !
- Quoi ? s'écria le jeune alchimiste. C'est quand même toi qui est venue frapper à ma porte en pleurant y a quelques heures.
- Et je le regrette, gronda la jeune fille. Si j'avais su que ça vous donnerait le droit de diriger ma vie à ma place, je me serai débrouillée seule.
- Tu rigoles ? Tu aurais fait quoi ? ironisa Ed. Tu aurais crié très fort ?
La discussion virait à l'affrontement entre les deux jeunes gens et les hommes de Mustang avaient l'impression d'être au spectacle.
- J'y comprends rien, murmura Fuery, pourquoi ils se disputent comme ça ?
- L'adolescence, répondit Falmann.
- Mais je croyais qu'ils s'entendaient bien ?
- Mais oui, répondit Breda avec un sourire. Justement.
- Je ne comprends pas.
- Ils s'apprécient, si tu vois ce qu'on veut dire, expliqua Havoc avec un sourire. Et du coup ils s'engueulent. C'est classique.
- Hein ? Mais s'ils s'apprécient...
- Putain mais faut te faire un dessin ? fit Havoc, excédé. Ils « s'apprécient », insista-t-il en faisant des guillemets imaginaires avec ses doigts.
- Oh… Et quand on « s'apprécie » on doit forcément se disputer ?
- C'est pas obligatoire, répondit Breda, mais en général quand deux personnes se disputent comme ça c'est qu'il y a anguille sous roche.
- Ca s'appelle la tension sexuelle, ajouta Falman, toujours soucieux du détail.
- C'est compliqué, soupira Fuery avant d'avoir une illumination. Mais dites, le colonel et le lieutenant, ils se disputent toujours ?
- En fait c'est plus le lieutenant qui engueule le colonel, répondit Havoc en tirant sur sa cigarette.
- Est-ce que ça veut dire qu'elle l' « apprécie » ? demande Fuery en mimant les guillemets.
Un gémissement canin lui répondit et il se rendit compte que ses collègues s'étaient éloignés de lui. Il sentit posé sur lui un regard terrible, pesant, et tourna lentement la tête pour croiser le regard menaçant d'Hawkeye. Il déglutit et se rendit compte qu'il avait encore les bras en l'air pour mimer ses guillemets, mais il n'osait pas bouger. Heureusement pour lui, un éclat de voix plus violent que les autres attira l'attention du lieutenant.
- Je peux me débrouiller toute seule, je n'ai pas besoin d'un nabot comme toi ! criait Emma.
- Nabot ? Tu me traites de nabot ? Rha, mais merde t'es une vraie peste ! Si j'avais su je t'aurais laissée te vider de ton sang dans cette ruelle, je serai déjà rentré à Resembool et je serais peinard ! explosa Edward, résistant à l'envie de lui tordre le cou.
- La voilà la solution ! dit soudain Mustang sans que personne ne fasse attention à lui.
- Tu pourrais me montrer un peu de reconnaissance bon sang, disait Ed.
- Et pour ça je dois te laisser prendre ma vie en main et décider à ma place ?
- Taisez-vous tous les deux ! rugit le colonel.
Roy se massa les tempes. Le livre sur les adolescents qu'il avait consulté disait que c'était normal qu'ils se rebellent et qu'ils piquent des colères, que c'était très sain et qu'il fallait les laisser s'exprimer, mais il y avait des limites.
- Si vous continuez j'en prends un pour taper sur l'autre !
Les deux jeunes gens se turent à regret et commencèrent à bouder en se jetant des regards haineux.
- C'est mieux. Bon, revenons-en à notre problème. Emma, dit-il à l'attention de la jeune fille, tu es bien consciente que tu es danger de mort.
- Ouais…
- Les Homonculus sont quasiment invincibles, pour l'instant le seul qui ait réussi à en tuer un, c'est Ed.
Le jeune homme frissonna en repensant à son combat avec Greed, à Dublith, et à son issue fatale.
- Tu ne peux donc pas rester livrée à toi-même, il te faut absolument une protection rapprochée.
- Moi ! Moi ! dit Havoc en levant la main.
- Non mais ça va pas ! cria Mustang, en colère.
- C'est une adolescente espèce de vicelard ! rajouta Ed.
- Et puis je ne vois pas trop ce que tu pourrais faire contre un Homonculus, dit Riza.
- Et on est convoqués dans le Nord, rajouta Breda.
- Pff, vous êtes chiants, marmonna Havoc en se rasseyant.
Le colonel se passa une main sur le visage, lentement. Il se sentait soudain très fatigué. Et il n'avait même pas encore lâché le morceau.
- Bon récapitulons. Tu es en grand danger, tu dois être protégée par quelqu'un d'assez puissant pour les tuer, ou au moins pour les faire fuir. Tu comprends ?
- Vous allez la cracher votre pilule ? demanda Emma d'un ton suspicieux.
- Ouais, allez-y, rajouta Edward qui était pris d'un doute affreux.
- Tu vas rester sous la protection du Fullmetal jusqu'à ce que je revienne du Nord, lança-t-il très vite, comme on arrache un pansement.
Les cris ne se firent pas attendre.
- Quoi ? Pas question ! crièrent ensemble les deux jeunes gens.
- Vous voyez ? Vous êtes déjà d'accord, dit le colonel.
- Je suis pas une nounou, protesta Ed. J'ai autre chose à foutre !
- Ah oui, essayer de trouver des chaussures compensées ? ironisa Emma avant de se tourner vers Roy. J'ai ma fierté, pas question de laisser le nain assurer ma protection !
- Je vais te balancer dans la rivière avec des chaussures en béton, cria Edward.
- Je ferais aussi bien d'attaquer Envy avec une fourchette, ça serait aussi efficace, insista la jeune fille.
- Tu sais quoi ? Je vais te livrer moi-même aux Homonculus, juste pour avoir la paix !
- Oh, c'est petit ça, susurra Emma.
- Tu dis que je suis si petit que même les puces de Black Hayate sont plus grandes que moi ?! hurla le blond.
- Hayate n'a pas de puce, intervint calmement le lieutenant.
- Mais sinon, ça serait sûrement vrai, ajouta Emma.
- Colonel, pas question que je supporte cette fille, qu'elle se démerde, dit Ed en se tournant vers le militaire.
- Tu vas faire ce que je te dis, Ed, répondit le colonel avec un regard terrifiant. Je suis ton supérieur.
- Mais…
- Et n'oublie pas tout ce que vous me devez, ton frère et toi.
- C'est du chantage, marmonna le jeune alchimiste en se calmant un peu.
- Exactement.
- Vous aviez dit que j'étais en congés, ajouta Edward avec un regard de reproche.
- Non, j'ai dit que tu étais officiellement en congés, nuance.
Bon, il en avait fini avec le blond. Mais le plus dur restait à venir. Il tourna la tête pour tomber nez à nez avec un iceberg. Les yeux d'Emma étaient comme deux lances de glace qui le transperçaient.
- Euh… Emma, commença-t-il quand il se fut dégelé, je ne comprends pas trop pourquoi tu réagis comme ça, mais je suppose que ça doit être un truc d'ado.
- Pas question.
- Que… Ecoute, on n'a pas le choix. Si je pouvais rester j'assurerais moi-même ta protection mais c'est impossible.
- J'ai dit non.
- Mais c'est pas possible d'être aussi buté ! Merde, on dirait ton père…
- …
- Bon, de toute façon tu n'as pas ton mot à dire. C'est un ordre. Tu vas rester avec Edward.
- Je ne suis pas votre subordonné, cracha la jeune fille. Je n'ai pas à recevoir d'ordres de vous.
- Je suis responsable de toi, alors tu vas faire ce que je te dis, répondit le colonel sur le même ton.
- Vous n'êtes pas mon père ! cria Emma, les larmes aux yeux.
- Non, mais je suis son ami. Et tu es la chose la plus précieuse pour lui, alors je vais prendre soin de toi jusqu'à ce qu'on le retrouve, que tu le veuilles ou non.
La jeune femme lui lança un regard rageur avant d'aller s'enfermer dans la salle de bain en claquant la porte si fort que les fondations du bâtiment durent trembler. Ed se leva aussitôt après et sortit de la chambre, dont il claqua lui aussi la porte, au moins aussi fort. Mustang soupira.
- Alors patron, lança Breda avec un sourire, qu'est-ce que ça fait ?
- Hein ?
- Vous voilà devenu papa… Vous venez de passer en moins d'une semaine du tombeur de ces dames au père célibataire avec enfant adolescent, dit Havoc.
- Bande de nuls, marmonna le colonel en remarquant le sourire qui étirait les lèvres du lieutenant.
Derrière la porte de la salle de bain, assise sur le sol, Emma souriait elle aussi.
