Bijour à tous en ce dimanche pluvieux et tout pourri… Ouh la je vais pas commencer par vous plomber le moral quand même, oubliez ça il fait beau, les petits oiseaux gazouillent, les fleurs qui éclosent libèrent leur agréable parfum dans le jardin… C'est mieux là ?

Alors juste un petit mot et puis je vous lâche, promis. Je voudrais dire un grand-géant-immense merci à deux auteures que j'adore, je trouve qu'elles sont hyper douées : Reina-Matsuo (sur ce site) et Hagaren (sur le site français, je suis pas sûre de pouvoir mettre le nom^^). Et bien ces deux auteures non seulement lisent ma prose mais en plus me laissent de super commentaires et me font de la pub. Et quand je lis ça, ça me motive parce qu'elles sont vraiment douées, alors savoir qu'elles aiment ce que j'écris… Bah ça fait du bien à la confiance, croyez-moi^^ Alors merci les filles !

Et si vous ne connaissez pas encore, je vous conseille les fics de Reina-Matsuo (notamment Les chroniques de la guerre de Briggs et Carpe Diem, mais il y en a d'autres) et De l'autre côté de la porte d'Hagaren (entre autres également, elle en a d'autres à son actif la demoiselle). Je ne leur fais pas de la pub parce qu'elles m'en ont fait mais vraiment parce qu'elles ont une plume magnifique (et puis conseiller des œuvres et des auteurs c'est quand même mon boulot, alors appelons ça une déformation professionnelle !).

Après ce long avant-propos, je vous laisse enfin avec le nouveau chapitre, en espérant qu'il vous plaise. Si vous voulez me laisser une tite review elle sera la bienvenue, comme toujours. Sur ce, bonne lecture.

Chapitre 7

Ed et Izumi étaient dans la cuisine et observaient Emma, assise à l'extérieur près de Black Hayate, et discutant avec Sigu.

- C'est vraiment la fille d'Arthur Silver ? demanda la femme pour la troisième fois.

- Je vous jure. Le vrai WaveMaker. J'y croyais pas moi non plus quand le lieutenant me l'a dit.

- Tu sais, je l'ai rencontré il y a plusieurs années. Enfin… En fait ça commence à dater, ajouta-t-elle avec un toussotement. On était jeunes.

- Il était comment ?

- Passionné, drôle, avec un caractère de cochon, une vraie tête de mule.

- Les chiens font pas des chats, marmonna Ed en regardant la jeune fille.

- C'est la personne la plus intelligente que j'ai jamais rencontrée, ajouta Izumi, perdue dans ses souvenirs. Un vrai génie… Je me demande pourquoi les Homonculus en ont après lui.

- Et après elle, rajouta Edward en désignant Emma.

- C'est sûrement pour pouvoir atteindre son père.

- Et si elle savait des choses sur la pierre philosophale ? C'est peut-être notre chance à Al et moi, dit le jeune homme en soupirant. Si seulement elle n'avait pas perdu la mémoire, elle pourrait tout nous expliquer. Pourquoi Envy la poursuit, pourquoi son père a disparu, comment elle a vu la Vérité…

- Quoi ? s'étrangla son maître. Elle a quoi ?

- Je vous avais pas parlé de ça ? fit Ed avec un sourire forcé. Oups.

- Petit imbécile, gronda Izumi en lui mettant une claque derrière la tête. Alors c'est une alchimiste ?

- Sans doute, je l'ai vue moi-même se défendre contre Envy en utilisant l'alchimie, et sans cercle. Mais depuis, elle ne l'a plus refait. Vous pensez qu'elle a pu oublier comme l'utiliser ?

- Ca me paraît étrange, murmura la femme, intriguée.

- Dites, est-ce que je peux vous la confier quelques heures ? demanda soudain Ed.

- Pourquoi faire ?

- Je… J'ai quelqu'un à aller voir, dit-il en se retournant.

Izumi l'observa quelques instants mais vit qu'il était sérieux. Elle accepta d'un signe de tête et Ed sortit. Emma et Sigu relevèrent la tête en le voyant approcher et Black Hayate aboya.

- J'ai un truc à faire, dit l'alchimiste d'Etat. J'en ai pas pour longtemps.

- D'accord, répondit Emma en se levant, prête à le suivre.

- Euh, non, toi tu restes là…

- Quoi ? s'étrangla la jeune fille. Tu ne vas pas me laisser toute seule avec… Elle ?

L'inquiétude se lisait dans le regard d'Emma. Depuis qu'elle avait vu quel accueil musclé Izumi avait réservé au Fullmetal, elle l'évitait et tremblait en imaginant ce qu'elle pourrait lui faire.

- Désolé Emma, mais c'est quelque chose que je dois faire seul, tu ne peux pas m'accompagner.

- Mais Ed, insista-t-elle, le colonel t'a demandé de me protéger, non ? Tu ne peux pas me laisser seule comme ça !

- Faudrait savoir, hier tu disais que tu n'avais pas besoin de moi, que tu pouvais te débrouiller toute seule.

- Mais…

- T'inquiète pas, tu risques rien ici. Mon maître est plus effrayante que tous les Homonculus réunis, ajouta-t-il à voix basse.

La jeune fille ne put rien répondre à ça et il se mit en route en lui faisant un signe d'adieu. Elle resta longtemps à la regarder s'éloigner, jusqu'à ce qu'il ne soit plus qu'un petit point à l'horizon. Soudain, elle sentit une présence menaçante dans son dos et Hayate lâcha un gémissement. Elle se retourna lentement.

- A nous maintenant, dit Izumi avec un sourire effrayant.


Ed enleva sa veste et la jeta sur son épaule en soupirant. Il oubliait toujours qu'il faisait si chaud dans cette région, il avait pourtant vécu ici assez longtemps. Il voyait se découper au loin la silhouette du manoir de Dante, la vieille femme qui avait enseigné l'alchimie à son maître. Il se souvint de la dernière fois où il était venu dans cette maison. C'était pour son combat contre l'Homonculus Greed.

Il arriva finalement au manoir et en fit le tour. Et là il trouva ce qu'il cherchait. Dans le jardin, il vit deux petites stèles qui marquaient l'emplacement de deux tombes. L'une d'elle était fleurie, et il sourit. Son maître devait venir régulièrement s'occuper de la tombe de Dante. Celle d'à côté par contre était complètement nue. C'était celle de Greed… Ed s'agenouilla devant la tombe, pensif. Il se souvenait de sa haine envers l'Homonculus qui avait osé enlever son petit-frère, et du combat qui avait eu lieu dans cette maison. Il revoyait encore le cadavre horriblement mutilé de Dante, même s'il n'avait jamais compris pour quelle raison Greed avait fait ça à la vieille femme. Parce que cet Homonculus n'agissait pas gratuitement, sans raison. A bien y réfléchir, c'était certainement le plus humain des homoncules qu'il avait rencontré.

Leur combat avait été tendu. Mais il avait réussi à le battre en retournant sa force contre lui, en la transformant en faiblesse. Et il l'avait tué, il avait pris une vie. Une fois encore. Ed serra les poings en regardant le sol. Il semblait que, quoiqu'il fasse, sa quête de la pierre philosophale provoquait la mort. Il ne le voulait pas, et Al non plus, mais on ne lui laissait pas le choix. Dire qu'il avait lui-même failli provoquer la mort des prisonnier, dans le laboratoire numéro 5, il avait failli utiliser des vies humaines pour son propre profit. Y repenser le mettait en rage. Il avait hésité ce jour-là et c'était sa plus grande honte.

Ed soupira en passant sa main de chair sur son visage. Il avait battu Greed et celui-ci lui avait appris des choses sur les Homonculus. Et il avait compris. Compris comment ils naissaient, mais aussi comment on pouvait les vaincre. Mais ça impliquait que lui-même avait créé un Hommonculus…

- Maman, murmura-t-il.

Il se releva lentement, les yeux fixés sur la tombe de ce qui avait été l'Avide, Greed. Il devait retourner à Resembool. Et là, il irait sur la tombe de sa mère…

Il se retourna et commença à s'éloigner pour rejoindre la ville, non sans jeter un dernier regard vers la tombe de Dante. Il se souvint de Lyra, la jeune fille qui était l'apprentie de l'alchimiste. Il ne l'avait pas revue lors de son combat avec Greed, mais son corps n'avait pas été retrouvé. Il espérait qu'elle s'en était sortie.


Emma soupira discrètement tandis qu'Izumi se levait pour aller servir un client. Depuis qu'Edward était parti, son maître la pressait de questions, sur son père, sur les Homonculus. Elle avait beau lui dire qu'elle ne se souvenait de rien, la femme n'avait pas l'air de la croire. La jeune fille se reprit en voyant Izumi revenir et s'assoir de nouveau en face d'elle.

- Reparlons de cette histoire d'alchimie.

- Mais qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? fit Emma, un peu agacée.

- Tu ne te souviens pas où tu as appris l'alchimie ? Si c'est avec ton père ?

- Et qu'est-ce qui vous fait croire que je suis une alchimiste, d'abord ?

- Ed m'a raconté qu'à l'hôpital, quand cet Homonculus t'a attaquée, tu l'as utilisée pour te défendre.

- Mais je ne sais pas du tout comment j'ai fait. Et puis de toute façon, des tas de gens sont capables d'utiliser l'alchimie, je ne vois pas ce que ça a de spécial.

- Des tas de gens… Oui, dit Izumi en fronçant les sourcils, beaucoup de gens sont capable de faire de l'alchimie à force de travail et de patience. Mais très peu sont capables de l'utiliser sans cercle de transmutation. Ceux-là, ils ont vu la Porte.

Une lumière aveuglante éclaire le grenier. Elle monte par l'échelle et soulève la trappe, sans faire de bruit. Elle voit son père, agenouillé. Sur le sol, il a dessiné un cercle avec des symboles étranges. La lumière est intense et l'éblouit. Elle fait quelques pas et approche de son père. Devant lui, une immense Porte se dresse et s'entrouvre doucement, avec un grincement funeste. Elle voit l'œil.

- Ed m'a déjà parlé de ça, mais ça ne me rappelle rien, dans quelle langue il faut vous le dire ? s'emporta Emma.

- Mais… Personne ne m'a jamais parlé comme ça, réalisa Izumi, surprise.

- Je suis amnésique, d'accord ? J'ai perdu la mémoire, je ne sais pas ce que vous voulez me faire dire à propos de votre foutue Porte, mais je ne sais rien.

Emma se leva et voulut quitter la table mais Izumi Curtis l'attrapa fermement par le poignet.

- Je ne t'ai pas donné la permission de te lever.

- Je ne suis pas votre élève, rétorqua la jeune fille. Et j'en ai assez de cette discussion.

- Dis-moi Emma, fit Izumi sans tenir compte de ce qu'elle venait de dire, ces souvenirs… Tu les as vraiment perdus ?

- Quoi ? Qu'est-ce que vous voulez dire ?

- Je me demande juste si tu fais tous les efforts qu'il faut pour retrouver la mémoire.

- Lâchez-moi, gronda la jeune fille en se débattant. Vous pensez que ça me plaît d'être amnésique ? Que je le fais exprès ? A votre avis, ça me fait plaisir de ne pas savoir pourquoi on me poursuit, et de devoir me trimballer une nounou partout où je vais ? De ne pas pouvoir être libre de mes mouvements ?

Izumi la lâcha et se leva elle aussi. Les deux femmes se faisaient face. Black Hayate, à l'extérieur, grondait lui aussi mais un regard de Sigu Curtis l'empêcha d'entrer.

- Qu'est-ce que vous attendez de moi ?

- Je voudrais juste comprendre, répondit la femme, pourquoi et comment tu utilises l'alchimie sans cercle.

- Je ne sais pas, je ne l'ai pas fait exprès. Je… Regardez, ajouta-t-elle en claquant des mains plusieurs fois, il ne se passe rien, j'ai déjà réessayé mais ça ne marche plus. Vous voyez ? Alors arrêtez de me harceler avec ça.

Sur ces mots elle sortit de la maison, Black Hayate sur les talons, tandis qu'Izumi l'observait, pensive.

- Tu crois qu'elle ment ? lui demanda son mari en rentrant.

- Je ne sais pas trop… A mon avis, elle se souvient de certaines choses mais elle refoule ses souvenirs.

- Et pour l'alchimie ?

- Là je pense qu'elle est de bonne foi, pour moi elle l'a utilisée par réflexe, dans un moment de panique. Mais elle a oublié ses connaissances. Je n'arrive pas à la cerner, ajouta-t-elle pour elle-même. Mais ce pouvoir qu'elle a… Elle risque de faire plus de mal que de bien si elle ne sait pas l'utiliser.

A l'extérieur, Emma pestait. Elle ne tenta même pas de s'éloigner de la maison, elle savait trop bien ce qui risquait de lui arriver et elle n'avait pas trop envie de se frotter à Izumi Curtis dans un combat singulier. Cette femme… Maintenant que sa colère retombait, elle se rendait compte de la façon dont elle lui avait parlé. Elle réprima un frisson et se retint de regarder par-dessus son épaule. Quand Ed saurait ça elle aurait droit à une belle engueulade. La jeune fille soupira. Où est-ce qu'il était ?

Son attention fut attirée par un groupe d'enfant qui courait vers le magasin en portant des seaux qui semblaient trop lourds pour eux. Ils s'arrêtèrent devant elle en la voyant devant le magasin des Curtis.

- Dis, lui demanda un des enfants, t'es une amie du maître ?

- Euh… Si on veut.

- Est-ce ce qu'elle est là ? On a besoin d'aide pour un truc.

Emma jeta un coup d'œil dans l'un des seaux et reconnut ce qu'il y avait dedans.

- C'est de la glaise ? demanda-t-elle, intriguée.

- Ouais, on en a plein et on a voulu s'en servir pour fabriquer des personnages pour jouer, mais c'est trop dur on n'y arrive pas.

- Et vous pensez que Mme Izumi va vous apprendre ?

- Quoi ? Bah non, répondit l'un des gamins, elle va faire son machin truc d'alchimie et elle va nous créer plein de personnages.

Emma fronça les sourcils, pas convaincue. Elle se souvenait ce qui s'était passé pendant le repas, quelques heures plus tôt, quand Ed avait voulu réchauffer son assiette de ragout qui était trop froide. Il avait valsé à l'autre bout de la pièce et son maître l'avait sermonné, « on n'utilise pas l'alchimie pour les choses qu'on peut faire autrement ».

- A mon avis elle ne va pas être d'accord, dit-elle en souriant. Mais si vous voulez je peux vous aider, ajouta-t-elle, mue par une impulsion subite.

Les enfants, surpris, la virent s'asseoir sur le sol et prendre de la glaise dans l'un des seaux avant de la poser sur le sol. Le soleil chauffait sa nuque dégagée par son chignon alors qu'elle étudiait la glaise, un peu hésitante, avant de se mettre au travail. Et là sous les yeux d'abord étonnés, puis impressionnés, des enfants, et après plusieurs essais ratés, elle réussit à leur créer une réplique miniature de Black Hayate criante de vérité.

- Génial !

- On dirait qu'il va bouger !

- T'es trop forte… Dis, tu nous montres comment faire ?

Emma ne se fit pas prier et les enfants s'assirent autour d'elle. Ils commencèrent à fabriquer des monstres et d'autres personnages surprenants tandis que la jeune fille, plongée dans ses pensées, créait des répliques exactes des Curtis, d'Ed, de Mustang, et d'autres personnes.

Elle était tellement absorbée qu'elle ne se rendit pas compte qu'Izumi s'était approchée et qu'elle observait la scène en souriant. Elle ne remarqua pas non plus l'arrivée d'Ed.

- Qu'est-ce qu'ils font ? demanda le jeune alchimiste à son maître.

- Je crois que ta petite copine leur donne une leçon de sculpture.

- C'est pas ma petite copine, marmonna Edward en rougissant.

- Si tu le dis.

Le jeune homme soupira et s'approcha du groupe.

- Alors ? demanda soudain Emma en souriant, de la glaise sur le visage. Vous voyez qu'il n'y avait pas besoin d'utiliser l'alchimie ?

- T'as raison, c'est plus marrant comme ça !

- Eh les gars, intervint Ed en s'accroupissant près d'eux, l'alchimie ça peut être marrant aussi. Regardez ce que je peux faire moi !

Il claqua des mains et toucha un morceau de glaise qu'il transforma en une créature étrange, ressemblant vaguement à un cheval mais avec des flammes qui lui sortaient de la bouche, des cornes et des écailles. Encouragé par ce qu'il croyait être de l'admiration de la part des enfants bouche bée, il recommença et créa ainsi plusieurs autres monstres hideux.

- Alors ? Contents les petits ?

- Bah… Euh… En fait, on préfère ceux qu'on a fait nous-mêmes, répondit l'un des enfants. Mais les tiens seront bien pour faire les monstres.

- Les monstres ? s'étrangla Ed qui pensait avoir fait de véritables œuvres d'art.

- Hey regardez ceux d'Emma, s'exclama un jeune garçon.

Il montrait surtout une réplique parfaite d'Ed, avec son manteau, sa tresse et son épi gigantesque, qui était en train de s'énerver.

- C'est tout comme le vrai ! s'émerveillèrent les enfants.

- Ca va pas ? Je suis pas du tout comme ça !

- Moi je trouve ça très ressemblant, lança Izumi qui souriait largement. Les enfants, ajouta-t-elle, qu'est-ce que vous avez appris aujourd'hui ?

- Euh… Qu'Ed est nul pour faire des personnages en terre glaise ?

- Que la sculpture c'est super marrant et en plus on a le droit de se salir ?

- Non, répondit la femme, dépitée. Vous avez appris que ça ne sert à rien d'utiliser l'alchimie quand on peut faire les choses par soi-même. Filez maintenant il est tard.

Les enfants ne se firent pas prier et emportèrent leurs personnages et les monstres d'Edward en remerciant Emma. Celle-ci les regarda s'éloigner en souriant avant de rentrer dans le magasin pour se nettoyer.

Ed resta dehors, contemplant les reproductions qu'elle avait faites d'eux. Izumi s'approcha.

- Dis, lança-t-elle négligemment, si tu espérais la séduire avec tes dons artistiques c'est raté.

- Qu'est-ce qu'ils ont mes dons art…, commença le jeune homme avant de piquer un fard. Mais je veux pas la séduire, pourquoi vous dites ça ?

- Tu ne changes pas, répondit Izumi en riant. Dis-moi, ajouta-t-elle en se calmant, tu ne la trouves pas étrange cette fille ?

- Bah, un peu c'est vrai, dit le Fullmetal content qu'elle change de sujet. Vous avez parlé avec elle ?

- J'ai essayé, mais elle n'a pas un caractère facile…

- J'avais remarqué, marmonna-t-il.

- Tu es sûre qu'elle est vraiment alchimiste ?

Là Ed accusa le coup. Il regarda son maître, perplexe. Il l'avait vu utiliser l'alchimie à l'hôpital et il ne comprenait pas pourquoi Izumi lui posait cette question. Voyant le trouble de son élève, la femme haussa les épaules.

- Laisse tomber, je vais encore essayer de lui parler, et cette fois elle n'aura pas le choix.

Soudain, sans prévenir, elle attrapa Ed par le bras et le souleva facilement avant de le projeter jusqu'au perron. Le jeune homme s'écrasa sur le sol avant d'avoir pu comprendre ce qui lui arrivait.

- Mais ça va pas ? protesta-t-il en se remettant debout, furieux. Vous auriez pu prévenir !

- Et tu crois que les Homonculus vont te taper sur l'épaule et te demander la permission avant de t'attaquer ? Crétin, tu aurais dû anticiper !

Edward voulut protester mais il savait qu'elle avait raison. Mais pour rien au monde il ne l'aurait avoué. Vexé, il rentra dans le magasin en prenant soin de passer loin de son maître. Izumi secoua la tête avant de s'accroupir et de saisir deux des petites sculptures réalisées par son invitée. Elles représentaient deux personnes, une femme d'abord, qui ressemblait un peu à Emma, et un homme qu'elle reconnut tout de suite, même s'il avait des cheveux longs et une barbe.

- WaveMaker, murmura-t-elle.


Dans la ville minière d'Ambre, non loin de North City, un homme marchait dans les rues enneigées, plié en deux pour échapper à la morsure du vent glacé. Il se dépêcha d'atteindre une maison en apparence normale. A la porte, il frappa trois coups rapides puis deux autres, plus lents, et on le fit entrer. A l'intérieur de nombreuses personnes se tassaient, essayant de trouver de la place. Il rejoignit un groupe de ses amis et ensemble, ils attendirent le début de la réunion.

L'un des hommes monta sur une caisse qui avait été posée au fond de la pièce, et le silence se fit.

- Les amis, lança-t-il, nous sommes là pour une réunion de crise.

Dans l'assemblée, les gens étaient inquiets. Seules deux personnes, au milieu de la foule, semblaient étrangères à cette agitation. Lust observait la situation en souriant, tandis que Gluttony, un doigt dans la bouche, regardait la foule autour de lui sans comprendre.

- Il y a des mouvements de troupe au sud de la ville, expliqua l'homme qui avait la parole. L'armée va réagir.

- On va leur montrer ! cria quelqu'un.

- Ouais, c'est fini cette dictature, on va se défendre !

- Calmez-vous, ordonna l'homme. Vous vous rendez bien compte des implications ? Ca veut dire faire la guerre au Généralissime lui-même, à Amestris tout entier ! On va devoir se battre contre des soldats surentraînés.

Ses paroles jetèrent un froid dans l'assistance. Tous ces hommes étaient des ouvriers, des marchands, des hommes du peuple qui ne savaient pas se battre. On leur avait fourni des armes, bien sûr, mais ils n'avaient reçu aucun entraînement particulier, et l'angoisse de devoir se mesurer à des soldats de métier commençait à se faire sentir.

- Il paraît qu'ils font venir des soldats de Briggs, lança Lust.

Des murmures se firent entendre. Des hommes de Briggs ? Leur réputation était terrifiante.

- Et ils envoient même le grand Flame Alchimiste contre nous, ajouta-t-elle.

Des cris retentirent. Tous connaissaient l'histoire d'Ishbal et la réputation de Mustang.

- On est morts, dit un homme, on n'a aucune chance.

- Ils sont dingues d'envoyer de telles forces !

- Vous savez quoi ? On dirait qu'ils veulent faire comme à Ishbal.

- Ouais, t'as raison, ils vont essayer de nous rayer de la carte.

- Ils veulent nous faire disparaître, parce qu'on leur fait peur.

- Mes amis, cria l'homme qui semblait être leur chef. Vous avez entendu comme moi. Ils sortent l'artillerie lourde. Ils veulent faire de notre ville un nouvel Ishbal. Ce gouvernement violent, liberticide et corrompu veut notre peau.

- Et bien qu'ils viennent la chercher, on les attend !

- Ouais, on va se battre ! Qu'ils viennent, s'ils l'osent ! cria la foule.

Un sourire cruel étira les lèvres de Lust. Dans l'Ouest, près de Collum City, et à Lior, Wrath et Sloth assistaient à la même scène. Des hommes levaient le poing et juraient la perte de l'armée. Ils voulaient se battre, il y aurait du sang il y aurait des morts.

A Ambre, un homme quitta discrètement la réunion. Ses cheveux longs et blonds, attachés en queue de cheval, bougeaient au rythme de ses mouvements. La lune se refléta dans les lunettes qui cachaient un peu ses yeux dorés. Il soupira. Cette femme, il l'avait bien observée. Il avait compris, avant même d'apercevoir le tatouage qui ornait sa poitrine. Un Homonculus.


Dans une chambre richement décorée et meublée avec goût, une jeune femme brune, aux cheveux courts, observait une carte d'Amestris. Elle poussa un soupir de contentement. Elle portait une magnifique robe pourpre, au décolleté profond garni de dentelle. Elle était jeune, pas plus de vingt ans, mais son regard était sans âge. Elle se retourna et posa les yeux sur un homme.

Il avait une trentaine d'années mais en paraissait le double. Vêtu de haillons et couvert d'ecchymoses, il se terrait dans un coin de la chambre, assis par terre, se balançant d'avant en arrière. L'automail qui remplaçait sa jambe gauche grinçait quand il bougeait. Ses cheveux longs et emmêlés étaient sales et lui retombaient devant son visage qui était caché par une barbe mal taillée. Derrière ses mèches crasseuses, on voyait des bleus clairs, fixes et éteints.

La femme s'approcha lentement de l'homme et s'agenouilla devant lui.

- Arthur Silver, murmura-t-elle, le grand et puissant WaveMaker, le génie…

Près de lui étaient posées des assiettes de nourritures encore pleines, qu'il n'avait pas touchées, et des couverts. Elle souleva une des assiettes devant son visage et l'homme eut enfin une réaction, ses yeux se remplirent de larmes. Son estomac gronda, mais il ne leva pas les mains pour prendre la nourriture.

La femme eut un petit reniflement méprisant. Elle plongea une cuillère dans l'assiette et la porta devant le visage de l'homme qui ouvrit mécaniquement la bouche. Elle le fit manger, s'amusant parfois à retirer la cuillère au dernier moment, ou lui présentant un couvert vide pour voir l'incompréhension dans son regard.

- Un légume, le génial alchimiste est devenu un légume… Tu ne comprends rien à ce que je te dis, hein ? Tu ne comprends pas, il ne se passe plus rien là haut, ajouta-t-elle en posant sa main sur la tête de l'homme avant de la retirer, dégoutée par sa crasse. Il est beau le puissant alchimiste, on dirait une poupée de chiffon. Voilà ce qu'il en coûte d'ouvrir la Porte.

Elle sourit en voyant le regard vide qu'il posait sur elle, et elle approcha un peu plus son visage du sien.

- Si tu savais ce que je suis en train de faire, susurra-t-elle. Ton pays va disparaître et ta fille… Ta fille chérie ! Elle va mourir tu sais, et je vais même la faire souffrir, longtemps.

L'homme n'eut aucune réaction et elle haussa les épaules avant de se relever. Soudain le téléphone sonna et elle décrocha le combiné qu'elle porta à son oreille.

- Quoi ?

- C'est moi, Envy, entendit-elle.

- Alors ?

- Euh… Je… Hum, ils n'étaient pas dans le train.

- Quoi ? explosa la jeune femme. Mais tu les avais vus monter dedans à Central.

- Je me suis fait avoir, ça devait être des leurres.

- Espèce d'incapable, hurla-t-elle.

Elle était folle de rage. Cet imbécile d'Eny avait encore échoué, cette fille ne cessait de lui filer entre les pattes. Elle serrait le combiné tellement fort que les jointures de ses doigts étaient blanches.

- Qu'est-ce que je fais ? demanda Envy. Je la cherche ?

- Pas pour l'instant, répondit finalement la jeune femme en se calmant. J'ai besoin de toi ailleurs. Et puis, aux dernières nouvelles, elle est toujours amnésique ?

- Rien ne dit que ça va durer…

- Si tu n'avais pas échoué comme un débutant on n'aurait pas ce problème, cracha-t-elle. Pour l'instant, tu as une autre mission. Tu vas aller à Drachma. Tu sais ce que tu dois faire.

- Compris.

- Un petit conseil en passant, Envy, murmura-t-elle d'une voix menaçante. N'échoue plus jamais…

Elle raccrocha violemment le combiné sans lui laisser le temps de répondre et fit les cent pas dans la chambre, furieuse. Cette gamine perturbait ses plans. Elle jeta un regard méprisant sur son père, toujours vautré sur le sol, et elle se précipita vers lui. Elle saisit une poignée de ses cheveux et lui releva la tête.

- Je vais la tuer de mes propres mains, tu entends ? Je vais l'entendre hurler et me demander pitié, et je l'enverrai rejoindre ta femme !

Elle le lâcha et quitta la chambre en claquant la porte. Arthur laissa retomber sa tête, le regard fixe. Une larme roula lentement sur sa joue et tomba sur le sol.