Bien le bonjour, amis lecteurs ! Alors voilà, malgré le soleil et la chaleur qui m'appellent vers la chaise longue sur la terrasse, je pense à vous (sisi je vous jure). Et voilà donc le chapitre 14, où il se passe tout plein de choses (pour compenser le chapitre précédent^^). J'espère qu'il va vous plaire, n'hésitez pas à me laisser un pitit com si le cœur vous en dit.
Bonne lecture !
Chapitre 14
- Lieutenant-colonel ! hurla un jeune militaire avant de se jeter à couvert.
Une forte déflagration couvrit le son de sa voix. Le lieutenant-colonel Daman se couvrit le visage du bras pour ne pas être touché par les débris. Il sentit quelqu'un lui agripper le poignet. C'était le jeune militaire qui l'appelait.
- Sergent, qu'est-ce que vous voulez ?
- Monsieur, les troupes du secteur nord sont sur le point de céder, cria le jeune homme. Il nous faut des renforts.
- Et vous croyez que je crée les soldats en claquant des doigts ? rétorqua son supérieur, énervé. Je n'ai personne à vous envoyer, on est débordés. Il faut tenir.
- Mais monsieur…
- Lieutenant-colonel ! hurla quelqu'un. Nos troupes à l'extérieur vont être submergées !
Le militaire serra les poings et les pressa contre son visage. Les troupes drachmiennes attaquaient sans relâche la forteresse de Briggs depuis maintenant trois jours et ses hommes étaient à bout de forces. Leurs munitions étaient presqu'épuisées mais les soldats envoyés à Ambre demander de l'aide n'étaient jamais revenus.
- Monsieur, insista le militaire.
- Merde, ça ne peut pas finir comme ça, gronda Daman. Vous, cria-t-il à un lieutenant qui se mit aussitôt au garde-à-vous, réunissez nos dernières munitions et dites aux hommes de se préparer pour un assaut.
- Quoi ? Mais…
- La meilleure défense c'est l'attaque. C'est ce que ferait le général de brigade, murmura-t-il pour lui-même. Dites aux hommes de se préparer, que les blessés qui sont encore capable de marcher se lèvent et nous rejoignent. Briggs ne tombera pas aujourd'hui, ajouta-t-il en serrant le poing.
Sa détermination était telle que tous les hommes qui l'entendirent sentirent quelque chose en eux, un courage et une fierté qu'ils pensaient avoir perdus. Ils se précipitèrent vers les postes de communication et passèrent le message. Aussitôt ce fut l'effervescence dans la base.
Le lieutenant-colonel, oubliant la fatigue terrible qui menaçait de s'abattre sur lui à chaque nouveau pas, traversa la base, encourageant quand il le fallait, menaçant aussi, distribuant les ordres. Tous devaient sentir qu'il était sûr de lui. Et pourtant…
Quand il sortit sur la terrasse nord et qu'il vit la scène qui s'étendait sous ses yeux, dans la plaine, il frissonna. Partout des hommes se battaient. La plaine était noire des troupes drachmiennes. L'empire avait certainement vidé toutes ses casernes, comment pouvaient-ils avoir autant d'hommes ? Ses propres soldats défendaient la forteresse, souvent au prix de leur vie. Les corps s'amoncelaient devant les murs de Briggs.
- Lieutenant-colonel, murmura une voix près de lui.
Daman ne se retourna pas et son aide de camp s'approcha lentement, retenant un gémissement devant le spectacle désolant qui s'offrait à eux.
- Est-ce que c'est la fin ? demanda-t-il.
- Peut-être bien, répondit Daman après quelques instants. Mais alors ce sera une fin qui restera gravée dans les mémoires, je vous le promets.
- Monsieur…, commença le jeune militaire avant d'hésiter.
- Vas-y. Pose la question.
- Pourquoi est-ce qu'ils ne nous aident pas ?
Le lieutenant-colonel retint un soupir. Cette question tournait et retournait dans sa tête, sans trouver de réponse. Déjà lorsque la convocation était tombée il y a quelques semaines, et qu'il avait vu partir le général de brigade Armstrong et les meilleurs hommes de Briggs, il avait senti comme un étau se refermer sur lui. Comment lui, simple lieutenant-colonel, pourrait-il défendre la forteresse si Drachma attaquait ? C'était totalement illogique et surtout dangereux de dégarnir ainsi la frontière avec le plus vieil ennemi d'Amestris.
Et maintenant, malgré les nombreuses demandes de renforts envoyées au QG provisoire d'Ambre, rien ne venait. En moins de deux jours les hommes de Briggs, leur général et le Flame Alchimiste auraient pu être là et la situation aurait été toute autre.
- Est-ce qu'elle nous abandonne ? demanda encore le jeune militaire qui tremblait dans le vent nordique.
- Bien sûr que non, vous parlez d'Olivia Armstrong, là. Cette femme est une lionne. Si elle ne vient pas, c'est forcément qu'elle nous estime capables de défendre son fief.
Il se retourna vers son aide de camp et constata que de nombreux soldats étaient sortis derrière lui et l'écoutaient.
- Nous allons montrer à ces chiens que les hommes du Nord sont les meilleurs combattants d'Amestris. Nous allons sortir de la forteresse et renvoyer tous ces putains de drachmiens de l'enfer d'où ils viennent.
Il avait progressivement durci le ton en parlant, et c'est sur un cri qu'il termina. Il se tourna vers la plaine et leva son poing serré.
- Butez-moi tous ces enfants de salaud ! hurla-t-il avant qu'une grande clameur ne couvre sa voix. Pour Briggs ! cria-t-il. Et pour le général de brigade ! Allez !
Les hommes du Nord, galvanisés par le lieutenant-colonel, prirent tous les armes, les agents des communications comme les guerriers aguerris, les blessés comme les médecins. Ils se ruèrent tous hors de la forteresse, Daman en tête et, poussant des cris de guerre monstrueux, ils se jetèrent à corps perdu dans la bataille.
Les troupes drachmiennes, qui sentaient la victoire proche, ne comprirent pas ce qui leur arriva. Elles virent ces hommes se ruer vers eux, comme des démons, tirant, tranchant tout ce qui se trouvait devant eux, prenant tous les risques comme si l'ange de la mort lui-même était de leur côté et les protégeait.
Ce fut le début du carnage. Les hommes de Briggs recevaient des coups souvent mortels mais leur force et leur détermination étaient telles en cet instant qu'ils ne sentaient plus rien. Il n'y avait plus que la rage et le désir de tuer leurs ennemis, de plonger la lame de leurs sabres dans les corps drachmiens, le plaisir de voir leurs adversaires fauchés en pleine charge par leurs fusils.
A l'arrière, au fond de la plaine, le dirigeant drachmien poussa un cri de rage et de frustration. Il avait engagé toutes ses troupes dans la bataille, persuadé que sans leur leader les hommes de Briggs n'opposeraient qu'une faible résistance. Mais il s'était trompé.
- Ces hommes sont des démons, gronda-t-il. On dirait qu'ils ont plusieurs vies.
- C'est tout ce que vous pouvez faire ? demanda une voix moqueuse près de lui.
Il se retourna vers Envy qui observait tout ça avec un sourire satisfait.
- Ce sont mes hommes qui sont en train de se faire massacrer sous nos yeux, montrez un peu de respect pour la vie humaine !
- Du respect pour la vie humaine ? Vous plaisantez j'espère, ricana l'Homonculus. Vos petits soldats de plomb ne valent rien. Vous voulez savoir pourquoi vos ennemis vont vous battre, malgré leurs blessures et leur sous-nombre ?
- Allez-y !
- Ils ont perdu tout espoir, ils se battent avec l'énergie du désespoir. Ils n'ont plus rien à perdre, tout simplement.
Le dirigeant de Drachma voulut répliquer mais, en se retournant vers la bataille, il dut bien admettre qu'Envy avait raison. Les hommes pouvaient trouver des ressources inépuisables de force et de courage lorsqu'ils n'avaient plus d'espoir de survie.
- Je crois, murmura-t-il finalement, je crois qu'on va faire à votre manière finalement.
- A la bonne heure ! s'exclama Envy en se frottant les mains. Tucker ?
L'ancien alchimiste d'Etat, enveloppé dans un grand manteau sombre et coiffé d'un chapeau, s'approcha alors.
- Alors maître alchimiste ? lança le dirigeant drachmien, l'air las. Est-ce que vos talents vont nous permettre de gagner cette bataille.
- Mes talents ? Disons que ce sont mes… créations qui vont régler ça.
Envy fit un signe et des soldats drachmiens se dirigèrent vers les camions fermés qui attendaient depuis plusieurs jours déjà.
- Qu'est-ce qu'il y a là-dedans ? demanda le dirigeant de Drachma. Vous n'avez pas voulu me le dire…
- On ne dévoile pas une aussi belle surprise avant le moment idéal, répondit Envy. Admirez vos nouveaux soldats…
Les portes des camions s'ouvrirent et aussitôt des cris de bêtes se firent entendre. Des soldats un peu trop curieux qui regardaient à l'intérieur furent happés dans les camions et des bruits de lutte se firent entendre. Les hauts-gradés avaient pâlis. Ils virent les camions bouger et soudain les nouveaux combattants sortirent.
- Ce sont des montres ! hurla quelqu'un.
- Des chimères pour être plus précis, souffla Tucker avec un sourire satisfait.
- Et pas n'importe lesquelles, ajouta Envy.
Des chimères animales sortirent d'abord, la bave aux lèvres et le regard halluciné, avant de laisser la place aux autres.
- Mais…, commença le dirigeant de l'Empire avant de se précipiter vers Tucker pour lui arracher son manteau.
Il recula devant le spectacle qui s'offrit à lui. L'ancien alchimiste ôta son chapeau et tourna son regard fou vers les hauts-gradés. Son corps animal était gigantesque et les restes de son corps humain, décharné et pâle, offraient un contraste saisissant avec le pelage foncé qui recouvrait le reste de son « corps ».
- Mais qu'est-ce que vous êtes ? gémit le tyran en reculant.
- Une chimère d'un nouveau genre, expliqua Envy alors que ses combattants se réunissaient derrière lui. Mi-homme, mi-animal. Le combattant ultime.
Derrière lui un rugissement de lion se fit entendre alors qu'un cri de gorille lui répondait, couvert par des barrissements énormes.
- Remettez-vous mon vieux, dit l'Homonculus en haussant les épaules. Et savourez votre victoire.
Daman exultait. Jamais il ne s'était senti comme cela. Son corps ne sentait plus la fatigue, la douleur ou la peur, son esprit était clair et acéré. Il était un surhomme en cet instant. Les drachmiens tombaient sous ses coups, comme des poupées de chiffon. Ses hommes l'entouraient, tous dans le même état.
- Pour Briggs ! hurla-t-il à nouveau, son cri étant aussitôt repris par tous ses hommes.
Mais une clameur formidable recouvrit leurs voix. Des cris de bêtes. Les hommes de Briggs, emportés dans leur élan, ne comprirent pas ce qui les faucha et ils moururent sur le coup. Des chimères se ruèrent sur eux, et déchiquetèrent les soldats les plus imprudents, amis comme ennemis. Mais ça n'était pas le pire.
Blancs et tremblants, leur exultation envolée, les soldats du Nord voulurent reculer mais ils n'en eurent pas le temps. Des rugissements retentirent et Daman vit fondre sur eux des combattants, mi-homme mi-lion, toutes griffes dehors. Ils fauchèrent ses hommes de quelques coups de pattes, sautèrent à la gorge des autres, savourant le sang humain qui maculait leurs faces et leurs uniformes.
D'autres, mi-homme mi-ours, se jetaient sur ses hommes et les écrasaient entre leurs pattes gigantesques, les éventrant et égorgeant avec leurs griffes.
- Non, gémit Daman en regardant le carnage fait par ces bêtes.
Il y en avait partout et ses camarades tombaient les uns après les autres sous leurs coups, leurs corps s'amoncelaient déjà autour de lui. Il jeta un regard vers la forteresse, majestueuse, imprenable, qui semblait juger ses pitoyables efforts…
- Briggs ne tombera pas ! hurla-t-il en se retournant.
Ce furent ses derniers mots, un combattant mi-homme, mi-gorille, lui brisa la nuque d'un geste avant de le laisser choir sur le sol.
Tout sembla se passer en un instant. Quelques minutes plus tôt les soldats du Nord défendaient vaillamment leur forteresse, l'imprenable Briggs, et maintenant, ils n'étaient plus que des corps sans vie qui seraient bientôt recouverts par la neige.
La pluie se mit à tomber à verse, sans prévenir, comme si le ciel pleurait en contemplant le massacre de ces hommes courageux. Les soldats drachmiens, eux, ne pleurèrent pas les morts. Ils se précipitèrent devant le mur principal de la forteresse et le minèrent, accumulant tous les explosifs qu'ils pouvaient avoir.
L'explosion fut énorme et le panache de fumée s'éleva très haut, recouvrant toutes la région. Le dirigeant drachmien sourit comme un enfant en contemplant le spectacle. Une brèche dans le mur de l'imprenable forteresse… et ses soldats qui s'y engouffraient par milliers. La victoire…
oOo
Des clameurs envahirent la salle. Tous les hauts-gradés s'étaient levés en apprenant la nouvelle. Hakuro lui-même avait pâli. Mustang tourna son regard vers le général de brigade Armstrong. Celle-ci n'avait pas bougé, pas un muscle de son visage n'avait tressailli, et ce depuis qu'ils avaient tous senti la déflagration. La fumée avait recouvert le camp, pourtant situé à plus d'un jour de marche de Briggs.
Tous s'étaient réfugiés dans l'espoir, il y avait un combat mais ils savaient la forteresse imprenable. Mais elle avait déjà compris. Elle l'avait senti dans sa chair, comme ses hommes. Briggs était tombée. Sa forteresse. Son bébé qu'elle avait toujours protégé, quel qu'en soit le prix.
Et maintenant ils la regardaient tous, attendant sa réaction. Ils attendaient qu'elle crie, qu'elle s'énerve, qu'elle pleure même. Après tout, elle n'était qu'une femme, incapable de maîtriser ses émotions.
Olivia Milla Armstrong se leva lentement de sa chaise. Elle ne dit pas un mot, pas un seul de ses cils ne bougea. Elle se retourna sans un regard pour ses collègues et sortit de la salle suivie de ses fidèles. Elle ne claqua même pas la porte.
- Quelle femme, lâcha quelqu'un.
Mustang n'en revenait pas. Elle n'avait pas manifesté la moindre émotion, son sang-froid était exceptionnel. Mais il savait que ce n'était qu'une façade. A l'intérieur elle bouillait de rage. Il l'avait senti lorsqu'elle était passée près de lui.
La jeune femme regagna rapidement sa tente, toujours sans un mot. Elle y entra, seule. Et alors, seulement à ce moment, elle lâcha la garde de son épée. Elle l'avait serrée aussi fort qu'elle l'avait pu dans la salle, pour ne pas se trahir. Et encore en traversant le camp, c'est ce qui l'avait empêché de tourner son regard vers le panache de fumé qui s'élevait de sa forteresse. Elle ouvrit lentement la main, dépliant ses longs doigts fins. Elle ne réagit même pas en voyant imprimés dans sa chair les armoiries de sa famille, gravées sur le garde de son sabre. Elle s'autorisa une larme, une seule, qui coula sur sa joue avant de tomber sur la paume de sa main.
Mustang sortit de la salle avec les autres hauts-gradés, peu de temps après. Il retrouva Riza qui l'attendait à l'extérieur. La jeune femme avait vu passer Olivia. Elles ne s'étaient pas adressées un regard mais la tension des épaules du général de brigade, sa main serrée sur son épée, son attachement à ne rien laisser paraître, tout ça était plus parlant qu'aucun cri.
- Je crois que ça ne peut pas être pire, soupira Mustang.
- Ne dites pas ça…
oOo
- Lieutenant-colonel Archer ! cria un militaire avant de s'écrouler, épuisé.
- Qui est-ce ? demanda le militaire, énervé d'être dérangé.
Lui, Armstrong et l'Ecarlate étaient sous la tente de commandement. Le général Raven et les plus hauts-gradés étaient partis sur le terrain, pour coordonner le combat contre les troupes d'Aruego qui attaquaient sans relâche la frontière depuis trois jours. Lui avait ordre de diriger les alchimistes d'Etat et de rester en sécurité avec eux dans les ruines de Madge city.
- C'est un messager, Monsieur, expliqua son aide de camp. Il est à bout de forces.
Le messager en question fut relevé sans ménagement et assis sur une caisse de munitions. Archer se posta devant lui, encadré par les deux alchimistes. Armstrong avait le regard vide, « des yeux de meurtrier » aurait dit Mustang. Kimblee, lui, avait pris des couleurs et souriait.
- Alors ? demanda le lieutenant-colonel avec impatience.
- Monsieur, murmura le messager. J'ai une information capitale à-à…
- Abrégez.
- Briggs est tombée.
Le silence s'abattit sur le camp. On n'entendait plus que le souffle du vent. Tous les regards étaient fixés sur le messager épuisé. Archer, les yeux exorbités, se passa une main sur le visage.
- Comment est-ce possible ?
Un cri le fit se retourner. Armstrong avait enfin compris. Il bouscula son supérieur et attrapa le messager par un pan de son uniforme, le soulevant de terre comme si c'était un chaton.
- Major vous êtes cinglé ! protesta Archer, furieux.
- Dites-moi, cria Armstrong. Le général de brigade…
- Je ne comprends pas, murmura le messager que l'alchimiste secouait.
- Dites-moi si elle est en vie ! hurla Alex. Le général de brigade Armstrong ! Ma sœur !
Les larmes menaçaient de couler de ses paupières, mais il s'en moquait. Tout le monde le fixait pourtant.
- Dites-moi si elle est en vie ! cria-t-il à nouveau.
- Elle était cantonnée à Ambre avec le général Hakuro, répondit le messager avant qu'Armstrong ne le lâche, le laissant tomber sur le sol.
Alex se passe une main sur les yeux, soulagé. Sa sœur était en vie. Il sentit les regards méprisants d'Archer et Kimblee posés sur lui, mais il s'en fichait. Olivia était en vie et c'est tout ce qui comptait pour lui à ce moment précis.
- Monsieur, intervint un jeune militaire. On vient de recevoir des nouvelles du front.
- Alors ?
- Ca va mal, Aruego aligne une armée impressionnante, ils ont des milliers d'hommes et… des chimères.
- Quoi ?
Les deux alchimistes se tournèrent vers le jeune militaire qui ne savait plus où se mettre.
- Vous devez vous tromper, Aruego n'utilise pas l'alchimie, dit Archer.
- Négatif monsieur, ça a été confirmé par le général lui-même. Ils ont des chimères animales mais aussi… mi-hommes, mi-animales.
- Comme celles de Tucker, murmura Alex, pensif.
- Génial, intervint Kimblee, ravi. Je déteste ces saloperies. Allons dégommer un peu de monstres.
- Ne bougez pas.
Archer avait tendu un bras devant l'Ecarlate, inconscient du danger. Celui-ci posa sur lui son regard halluciné.
- Qu'est-ce que vous dites ?
- Les ordres sont clairs, les alchimistes restent au camp, en sécurité.
- C'est n'importe quoi ! pesta Kimblee. Personne ne me dit quoi faire.
- Si, moi, répondit Archer en le regardant durement. Vous avez été blanchi et réintégré dans l'armée sous mes ordres, à condition que vous obéissiez. Sinon, je vous abats comme un chien. Est-ce que c'est clair ?
Kimblee ouvrit la bouche pour répondre mais rien ne sortit. Il n'avait jamais laissé personne lui parler sur ce ton. Il vit les soldats présents dégainer leurs armes pour protéger leur supérieur. L'Ecarlate serra les poings en lançant à Archer un regard lourd de menace. Mais celui-ci se contenta de sourire, satisfait. Si quelqu'un pouvait mater ce cinglé de Kimblee, ce serait lui.
- C'est comme à Briggs, lança soudain le messager qui se sentait un peu mieux.
- Quoi ?
- Drachma… Eux aussi avaient des chimères, animales et humaines.
- Mais eux non plus n'utilisent pas l'alchimie, dit le lieutenant-colonel. C'est impossible…
- C'est pourtant comme ça qu'ils ont massacré les soldats du Nord, Monsieur.
- Mais alors pourquoi nous empêcher d'aller sur le front ? demanda Alex.
Archer ne répondit pas, perplexe. Cette question, il se la posait lui aussi. Il savait très bien que seuls les alchimistes étaient en mesure de repousser des chimères. Alors pourquoi les forcer à rester à l'arrière. Le général lui avait dit qu'ils étaient trop précieux. Les ordres venaient d'en haut, du généralissime lui-même. C'était insensé.
- Ce sont les ordres, dit-il finalement. Vous n'avez pas à les discuter.
« Même si les ordres sont mauvais », pensa-t-il en sortant de la tente de commandement. Mais il s'en moquait. Le plus important était d'obéir et de marquer des points. Et de gravir les échelons. Il ne sentit pas le regard de Kimblee qui le suivit jusqu'à ce qu'il soit hors de vue.
oOo
A Resembool, le temps passait, paisiblement. Du moins autant que c'était possible.
- Putain Al ! cria Edward, fou de rage.
- Qu'est-ce qu'il y a grand frère ? soupira le cadet.
- Ta saleté de chat a encore fait ses griffes sur mes fringues. Pourquoi il choisit toujours les miennes ?
« Parce qu'il te déteste », pensèrent tous les témoins de cette discussion, rassemblés dans la cuisine.
- Parce qu'il doit chercher ton odeur, mentit effrontément Alphonse. Ca veut dire qu'il t'aime bien.
L'alchimiste le regarda fixement, essayant de voir si son frère lui mentait. Le jeune garçon prit son expression la plus innocente, en tout cas il essaya. Même si ça ne faisait pas de différence flagrante avec l'expression habituelle de son armure. S'il avait osé il aurait siffloté d'un air détaché mais il avait peur d'en faire trop.
- Mouais, prends-moi pour un con, marmonna finalement Ed en s'asseyant sur une chaise, près d'Emma. Argh ! Mais qu'est-ce que c'est que ça ?
Il désignait, d'un air horrifié, une soucoupe pleine de lait posée devant lui.
- Hum… Tu veux que je t'explique précisément ce que c'est ? demanda la jeune fille, retenant un sourire.
- Je te remercie, je veux savoir ce que ça fout là.
- Bah c'est pour le chat, répondit Sciezka en relevant un instant le nez des notes de Hugues.
- T'inquiète pas Ed, on le sait maintenant que tu as peur du lait, dit Al.
- Tu as quoi ? s'exclama Emma, morte de rire.
Le jeune alchimiste gémit et lança un regard menaçant à son frère qui se tourna vers le mur, essayant de compter les fissures dans le crépi.
- J'ai pas peur du lait, se défendit le blond, un peu rouge sur les bords. J'aime pas ça, c'est tout.
- Mais pourquoi ?
- Putain, Emma, ça sort des pis d'une vache ce truc, c'est crade !
La jeune femme éclata à nouveau de rire.
- Il ne faut pas s'étonner que tu sois si…
- Attention à ce que tu vas dire, la coupa Ed.
- Pâle, tu manques de forces, c'est parce que tu ne bois pas assez de lait c'est tout, se rattrapa-t-elle, in-extremis.
- Elle apprend vite la petite, murmura Pinako en souriant.
- Franchement Ed tu devrais faire un effort, c'est super bon le lait, insista Emma.
- Lâche-moi avec ça.
- Mais…
- Arrête ça, sinon moi je te dis que tu devrais faire un effort parce que c'est vachement bien l'alchimie, lança le Fullmetal avec un regard de défi.
Emma ouvrit la bouche pour répondre avant de se raviser. Ils se fixèrent en silence quelques instants puis la jeune fille céda et reporta son regard sur Sciezka.
- Un point pour toi, murmura-t-elle.
Edward retint difficilement un sourire triomphant. Il regarda à nouveau la soucoupe de lait posée sur la table.
- Al, il est où ton chat ?
- J'en sais rien. Pourquoi ?
- Bah il l'a pas bue sa saleté de lait. D'ailleurs, ajouta-t-il, je pige pas pourquoi les chats aiment autant ça.
- C'est sûrement pour ça que vous n'arrivez pas à vous comprendre, lança Emma, mine de rien.
Ed voulut répliquer mais se retint finalement avant de se lever.
- Match nul, murmura-t-il à une Emma qui se retenait pour ne pas rire.
Il prit la soucoupe qu'il déposa sur le sol, le plus loin possible de lui, avant de sortir de la cuisine. La jeune fille tourna la tête vers Alphonse et lui fit un clin d'œil. S'il avait pu, le cadet aurait souri. Il avait du mal à croire que son grand-frère ait supporté sans broncher les moqueries de son amie. Et ça faisait plusieurs jours qu'il n'avait plus hurlé à la simple mention du mot « petit ».
La jeune fille l'apaisait, ça ne faisait aucun doute. Elle le calmait vraiment, et tout le monde profitait de la bonne humeur manifeste d'Edward quand elle était près de lui. Une seule se sentait de plus en plus malheureuse, c'était Winry. Elle était encore enfermée dans son atelier, travaillent sur une nouvelle prothèse améliorée pour Ed. Al aurait voulu aller la trouver pour la consoler, trouver les mots, mais il sentait que ça ne ferait qu'empirer les choses. Son amie était malheureuse et son frère ne s'en apercevait même pas.
Il sortit de ses pensées en entendant Pinako monter le volume de leur vieille radio.
- Mémé…, commença-t-il.
- Chut. Ecoutez.
Ils tendirent tous l'oreille en se tournant vers le vieux poste grésillant.
- Ceci est un communiqué officiel du glorieux Empire d'Amestris. Je laisse la parole à notre généralissime, le Fuhrer King Bradley.
Alphonse et Sciezka échangèrent un regard inquiet. La seule explication pour que Bradley prenne ainsi la parole, c'est que la situation s'envenimait…
- Mes chers concitoyens, lança soudain la voix posée du généralissime, l'heure est grave. Nos ennemis ancestraux, Drachma et Aruego, ont attaqué nos frontières simultanément. La forteresse de Briggs est déjà tombée sous leurs assauts et la frontière sud est actuellement le théâtre de violents affrontements. Mais notre armée est la meilleure du monde. Nous regagnerons le terrain perdu, n'en doutez pas, et nous jetterons l'ennemi hors de nos frontières.
Emma frissonna. Mustang et les autres…
- La situation à l'intérieur de l'Empire est préoccupante. Des fauteurs de trouble profitent des attaques aux frontières pour tenter de créer le désordre dans le pays. C'est intolérable, tonna King Bradley. Pour cette raison, en ma qualité de généralissime de l'Empire d'Amestris, je déclare à partir de cet instant l'état d'urgence.
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A Central, c'était la panique. Les soldats avaient envahi la ville, fermant tous les lieux de réunion. Les presses des journaux étaient confisquées, la liberté de parole allait devenir un souvenir. Un couvre-feu strict avait été instauré. La population était inquiète. La nouvelle de la chute de Briggs avait créé une vraie panique, et maintenant l'état d'urgence…
Le pays tout entier était à feu et à sang. Des révoltes éclataient partout, suivant l'exemple d'Ambre et des premières cités à s'être révoltées. Le pays était maintenant complètement verrouillé, les déplacements vers Xing ou Creta étaient interdits, les frontières était hermétiquement fermées. Et les déplacements à l'intérieur même d'Amestris étaient limités au strict minimum, l'armée avait investi toutes les gares.
Tous écoutaient, incrédules, la voix de leur leader qui annonçait, implacable :
- Tous les citoyens pris à désobéir aux lois de l'état d'urgence, ou à tenter de fuir le pays, seront considérés comme des traîtres et des déserteurs. Et ils seront abattus sur le champ. Et ceux qui refuseront de payer le nouvel impôt militaire de soutien au pays en guerre subiront le même sort. Aucune excuse ne sera acceptée.
La création de cet impôt fut à l'origine du premier soulèvement de Central. Les habitants sortirent dans les rues pour protester. Mais les consignes étaient claires. Détournant les yeux, les soldats obéirent aux ordres et commencèrent à tirer sur la foule. Ce fut le début du massacre de la population de Central.
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- Putain mais où est passé cette saloperie de chat ? pesta Edward, de plus en plus énervé.
Il le poursuivait depuis dix minutes à travers la maison, espérant lui faire passer l'envie de s'en prendre à ses vêtements, mais le félin lui échappait continuellement. Le jeune homme soupira. Il s'apprêtait à renoncer lorsqu'un mouvement à la périphérie de son champ de vision retint son attention. La porte de la chambre d'Emma venait de s'entrouvrir…
- Minou, minou, minou, susurra-t-il d'une voix aussi douce qu'un raclement d'ongle contre un tableau noir.
Il entra dans la chambre de la jeune fille, un peu gêné. Mais il oublia vite son trouble. Son ennemi était là. Il avait pris possession du lit d'Emma et se faisait allègrement les griffes sur le couvre-lit.
- Minou, minou…
Sa stratégie était simple. Endormir la méfiance de son ennemi avant de se précipiter sur lui, de le choper par la peau du cou et de la balancer par la fenêtre. Sans ouvrir ladite fenêtre tant qu'à faire. Le félin ne le quittait pas des yeux alors qu'il approchait et Edward était sûr qu'il comprenait parfaitement ce qu'il était en train de faire. Il était trop intelligent pour être honnête, ce chat.
- Gya ! cria-t-il en se jetant vers lui.
Mais celui-ci avait parfaitement anticipé le mouvement. Il se jeta hors de portée, non sans labourer le visage d'Ed d'un beau coup de griffe au passage, et il trouva refuge sous le lit. L'alchimiste, vexé, poussa un cri de rage avant de se mettre à quatre pattes devant le lit pour essayer d'attraper son ennemi.
Il tendit son bras de chair et le regretta amèrement lorsqu'il récupéra un nouveau coup de griffes.
- Saleté, grogna-t-il. Putain, Al…
Il se pencha et son regard croisa celui du chat. Celui-ci cracha, histoire de lui faire comprendre qu'il valait mieux qu'il ne tente pas de venir le chercher. Il cracha encore un peu plus fort, histoire de faire bonne figure, mais il dut se rendre à l'évidence. L'humain ne faisait plus du tout attention à lui.
Edward venait de remarquer quelque chose sous le lit, un bloc à dessin. Il hésita quelques instants. Si Emma l'avait caché sous son lit, c'était sans doute parce qu'elle n'avait pas envie que quelqu'un d'autre le regarde. D'un autre côté, on ne pouvait pas vraiment dire qu'il était bien caché… Et puis il était curieux.
Le chat avait suivi son regard, et lui aussi était curieux. Il s'approcha du bloc et le renifla, craintif, avant de se rendre compte non seulement qu'il n'y avait aucun danger mais qu'en plus il pouvait se faire les griffes sur ce truc. Il s'apprêtait à l'étrenner, plein d'enthousiasme, quand Ed tendit son automail et posa la main sur le bloc. Le chat cracha à nouveau et tenta de chasser l'importun mais il poussa un petit gémissement quand ses griffes rentrèrent en contact avec le métal.
Ed eut un petit sourire satisfait en entendant ça et, malgré les protestations du félin, il récupéra le bloc et s'assit sur le lit. Il avait une bonne excuse pour l'avoir pris, c'était pour le protéger du chat d'Alphonse. Maintenant, il devait trouver une bonne raison pour l'ouvrir et regarder dedans. Bah, il trouverait bien…
Il ouvrit le bloc et son visage se détendit aussitôt. Il sourit en voyant un portrait du lieutenant Hawkeye et de Black Hayate. Le chien était très présent sur les premières pages, ainsi que les subordonnés de Mustang. Le colonel lui-même revenait régulièrement dans les pages suivantes, ce qui fit perdre son sourire à Ed.
Le chat, aussi curieux que son ennemi, était sorti de sous le lit et se tenait maintenant assis près du Fullmetal, regardant calmement les pages du bloc se tourner.
Emma avait un coup de crayon magnifique, ses dessins étaient criants de réalisme. Pour un peu il entendait la voix du colonel lui disant qu'il rapetissait à chaque fois qu'il le voyait, ou il sentait la « caresse » de la clé à molette, tenue par Winry, sur son crâne.
Il était fasciné par ce qu'il voyait sur le bloc. Il ne se souvenait pourtant pas avoir vu son amie dessiner, elle devait faire ça la nuit. Il y avait souvent des portraits de gens qu'il ne connaissait pas, une petite fille, mais surtout un couple. C'était sûrement ses parents.
Il fronça les sourcils en constatant qu'elle avait écrit certaines choses. Il hésita mais fut finalement incapable de résister, et il les lues. Il n'y comprit pas grand-chose, c'était assez décousu. Mais une chose était sûre, il avait eu raison. Elle lui mentait quand elle disait ne pas retrouver la mémoire. Ce bloc en était la preuve.
Il tourna encore quelques pages et sourit. Il avait déjà trouvé quelques portraits de lui dans les pages précédentes, mais il y en avait de plus en plus. Elle le croquait dans toutes les situations, autant avec son air arrogant de sale gosse que lorsqu'il était perdu dans ses pensées, ou lorsqu'il riait. Alors que les autres dessins étaient réalisés rapidement, souvent en quelques traits nerveux, ceux-ci étaient beaucoup plus travaillés… Il rougit et, sans y penser, caressa distraitement la tête du chat qui s'était lové près de lui.
Il tourna une dernière page et pâlit. Ses mains serrèrent le bloc, légèrement tremblantes. Le chat avait relevé la tête, étonné par le changement d'attitude du jeune homme. Edward fixait le dernier dessin réalisé par Emma.
- C'est… impossible, murmura-t-il, livide.
Sur la page, il y avait le portrait des deux femmes qui hantaient les rêves de son amie, celles qui cherchaient à voir son père.
Dans la cuisine, Emma regardait Sciezka déprimer, perdue au milieu des notes de Hugues.
- Je n'y comprends rien, gémit-elle.
- Est-ce que tu veux un peu d'aide ? demanda la brune. Je ne comprends pas trop ce que tu cherches mais peut-être qu'un regard neuf pourra t'aider ?
- Tu ferais ça ? demanda Sciezka avec espoir.
- Moi aussi je vais t'aider, intervint Alphonse. Pour Monsieur Hugues.
- Merci, dit la jeune femme, les larmes aux yeux.
- Qu'est-ce qu'on doit faire ?
- Et bien… Lisez ça, dit-elle en leur montrant deux piles de livres. Et dites-moi si vous y comprenez quelque chose.
- Tu veux qu'on lise tout ça ? s'exclamèrent les deux adolescents, regrettant déjà leur geste de générosité.
- Emma…
Tous se tournèrent vers Ed qui venait d'entrer dans la cuisine. Ils comprirent aussitôt que quelque chose n'allait pas. Le jeune alchimiste était pâle comme un mort.
- Tu as entendu la radio grand-frère ? demanda Al. C'est horrible, la situation est…
- Emma, répéta Ed sans bouger.
La jeune femme remarqua alors qu'il tenait son bloc à dessin dans une main. Le chat s'était glissé derrière lui et lapait maintenant son lait sans perdre une miette de ce qui se passait devant lui.
- Edward ? Où est-ce que tu as trouvé ça ?
- Pourquoi… Pourquoi tu as dessiné ça ? demanda-t-il finalement en montrant le dernier dessin.
- Oh ça… C'est un souvenir qui m'est revenu. Ce sont deux militaires qui venaient souvent chez moi pour voir mon père.
- Non.
Elle fronça les sourcils et Edward la rejoignit enfin, s'asseyant près d'elle. Al eut un hoquet de surprise en voyant le dessin.
- Mais si, insista la brune. Je vous jure que ce sont elles.
- Emma, celle avec les cheveux bouclés c'est…
- Quoi ?
- C'est un Homonculus qui s'appelle Lust.
La jeune fille accusa le coup. Un Homonculus. Comme cet Envy qui la pourchassait.
- Et l'autre femme ? demanda-t-elle d'une voix tremblante.
- C'est impossible que ce soit elle, murmura Alphonse. Ed… C'est maman…
Emma comprit enfin la réaction d'Edward et elle posa une main sur son bras, doucement.
- Je comprends, moi aussi ça m'a fait un choc quand j'ai vu la photo ensuite… Elles se ressemblent beaucoup mais ça n'est pas elle, c'est sûr.
- Emma…
- Je vous assure. Elle a dit qu'elle était la secrétaire du généralissime et qu'elle s'appelait Juliette Douglas.
En entendant ça Sciezka tiqua. Juliette Douglas. Où avait-elle déjà rencontré ce nom ? Elle remonta ses lunettes de l'index et consulta rapidement ses notes.
- Mais pourquoi est-ce qu'elle serait avec un Homonculus ? s'inquiéta Emma. Si c'est une militaire…
- Peut-être que c'en est un elle aussi ? lança Pinako du fond de la cuisine.
La jeune fille sentit Edward se crisper un peu plus en entendant cela.
- Mais non… C'est… Je n'y comprends plus rien, avoua-t-elle finalement.
- Edward, intervint Alphonse d'une voix tremblante. Ca ne peut pas être elle, n'est-ce pas ? C'est impossible que ce soit elle ? Ed ?
- A moins que ce ne soit aussi un Homonculus, dit Emma en réfléchissant à haute voix. Ed, tu as dit qu'ils naissaient quand…
Elle s'interrompit en voyant le regard désespéré de son ami. Il était glacé et il tremblait. Elle comprit et écarquilla les yeux, horrifiée.
- Tu dois te tromper, lui souffla-t-elle. Ed, tu dois te tromper.
- Ca y est ! cria Sciezka, les faisant tous sursauter.
Elle leur montrait une feuille, surexcitée.
- Je savais que j'avais déjà entendu ce nom. Juliette Douglas !
- C'est normal, répondit Alphonse. Si elle s'est présentée comme la secrétaire du généralissime…
- Mais non ! Ce nom… Je savais que je l'avais déjà rencontré dans les notes de Monsieur Hugues… Et il en parlé un jour je m'en souviens. Il a enquêté sur elle.
Ed n'avait pas bougé et écoutait Sciezka d'une oreille distraite. Il avait les yeux fixés sur le dessin d'Emma. Il avait envie de hurler. Ca ne pouvait pas être une simple coïncidence, une ressemblance frappante… La seule explication c'était que cette Juliette Douglas était un Homonculus elle aussi. Et ça voulait dire que c'était… Il retint un gémissement et ferma les yeux avant de les rouvrir en sentant une main serrer doucement la sienne. Il rouvrit les yeux pour croiser le regard d'Emma. Elle serra un peu plus fort sa main. Il n'y avait rien à dire, elle ne pourrait pas trouver les mots. C'était tout ce qu'elle pouvait faire.
- Où veux-tu en venir ? demanda Al à Sciezka. Qu'est-ce qu'elle a de spécial cette Juliette Douglas ?
- Elle…, commença la jeune femme avant de s'arrêter, le cœur battant. Elle est sensée être morte. Mais surtout… C'est elle qui est à l'origine de la guerre d'Ishbal.
