Merci beaucoup pour vos messages! Comme c'est une vieille fic (comme toutes les autres.. ^^) Je vais mettre un chapitre par jour je pense. Pas beaucoup d'attente. J'espère que la suite vous plaira. Je me souviens que j'ai eu beaucoup de mal à savoir où j'allais avec cette fic... lol

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Jack était reparti depuis quelques temps déjà lorsque Sam sortit de l'infirmerie pour rejoindre ses quartiers. Son sourire l'avait rapidement déserté, remplacé par un regard dur et glacé. Si les infirmières ne l'avaient pas épargnée, il en était de même des hommes de la base.

Elle savait qu'elle avait depuis longtemps réussi à obtenir leur respect grâce à ses compétences scientifiques et militaires mais la femme, elle, avait toujours été le sujet de paris incessants. Et tandis que la nouvelle se propageait dans l'enceinte même du SGC, elle imaginait déjà les propos échangés.

O'Neill avait réussi à se faire Samantha Carter. Le veinard !

Il allait passer pour un héros auprès de la gente masculine tandis qu'elle serait reléguée au rang de proie qu'on peut tenter d'avoir. Jusqu'ici, malgré les rumeurs et les paris, les hommes s'étaient toujours tenus éloignés, respectant le soldat. Mais voilà. La femme venait d'être mise en avant. La femme et tout ce que cela impliquait.

Il faudrait du temps pour que, de nouveau, le soldat reprenne le dessus.

Lorsque Sam pénétra enfin dans ses quartiers, elle s'y enferma à double tour et s'effondra sur le lit.

Elle ne savait pas exactement ce que le Général prévoyait pour faire taire les ragots. Une déclaration publique semblait peu probable.

Le temps... Le temps et leur comportement exemplaire arriveraient certainement à bout de cela.

Un comportement exemplaire. Comment pourrait-elle seulement y parvenir ? Janet avait raison. Il fallait absolument qu'ils parlent.

Hélas, depuis leur retour, le Colonel semblait vouloir éviter toute discussion. Il ne la regardait même plus... Mais à quoi aurait-elle du s'attendre ? A peine avaient-ils repris leurs esprits qu'il s'était fermé, repassant en mode militaire avec une aisance qu'elle lui avait aussitôt enviée. Et finalement, qu'il ait fui son regard était une bénédiction. Lorsqu'il s'était levé pour chercher leurs vêtements, elle n'avait pu se résoudre à détourner les yeux. Elle savait parfaitement que leur étreinte ne serait jamais autre chose qu'un écart. Ils avaient une excuse toute trouvée en cas de découverte.

Ses yeux avaient donc glissé sur lui avec une avidité surprenante compte tenu de ses sens apaisés. Debout, à quelques mètres seulement d'elle, il était d'une beauté et d'une virilité presque insoutenables. De la ligne dure et énergique de ses épaules à la finesse et robustesse de ses hanches, de la courbe douce et galbée de ses fesses à la puissance et nervosité de ses jambes, tout chez lui respirait force et vitalité.

La douleur qu'elle avait ressentie alors, celle de savoir que jamais plus elle ne pourrait le toucher l'avait finalement fait se détourner, les larmes aux yeux.

Survivrait-elle à cette nouvelle forme de frustration et de souffrance ?

Parviendrait-elle à dépasser cela ?

Et Pete, dans tout cela ?

***

Jack repoussa l'un des dossiers qui jonchait son bureau avec agacement. Cela faisait presque cinq fois qu'il relisait la même phrase sans parvenir à en saisir le sens. Ses pensées étaient sans cesse troublées par des images de Carter.

Les lèvres de Carter, les seins de Carter, ses jambes interminables enroulées autour de ses reins. Ses soupirs, ses caresses, ses gémissements...

La liste était bien trop longue... Elle était même interminable.

Là, il ne s'agissait plus de simples fantasmes mais de souvenirs et ça changeait absolument tout. Ce qu'il ne faisait qu'imaginer jusqu'ici, la douceur de sa peau, le goût de ses lèvres, à présent, il savait.

Et il aimait. Dieu qu'il aimait...

Tandis que ses pensées prenaient un tour qu'il refusait, il finit par se lever, les reins en feu.

Une douche... Il fallait qu'il se soulage un peu...

D'un geste pressé, Jack prit ses affaires de toilettes et sortit au plus vite de ses quartiers. Son regard glacial eut raison des quelques téméraires qui se permirent des sourires entendus en le croisant. Son coeur se serra en songeant à ce que Carter allait devoir supporter le temps que les choses se calment. Pour sa part, rien ne changerait si ce n'est une admiration plus grande encore de la part des hommes de la base... Lamentable.

Malgré ce petit interlude, c'est encore échauffé qu'il pénétra dans la cabine individuelle de douche. Dans un soupir, il ouvrit le robinet et laissa l'eau couler sur lui avec délectation.

Alors seulement, il se laissa aller.

Fermant les yeux pour rendre plus intenses encore ses souvenirs, Jack revécut leur étreinte, les sensations troublantes tandis qu'il s'éveillait peu à peu, le plaisir dévorant de plonger en elle inlassablement. Car il avait tout de suite su que c'était elle. Qu'est-ce qui l'avait mis sur la voie ? Son parfum ? Ses gémissements ? La douceur de sa peau ? Peut-être un peu des trois... Ou peut-être était-ce simplement l'intensité des émotions qu'elle faisait naître en lui. Il n'y avait qu'elle pour lui faire ressentir les choses avec autant de force. Son corps, son coeur, tout son être l'avait reconnue.

Et lorsqu'il avait ouvert les yeux, lorsqu'il avait croisé son regard, le désir qui l'avait submergé avait balayé les derniers lambeaux de sa raison. Il avait lutté pourtant mais le combat était inégal...

Et ils avaient abandonné, tous les deux, laissant la passion prendre le dessus.

Le souvenir de ses gémissements le prit brusquement à la gorge. Les paupières toujours closes, il la revoyait se cambrer vers lui, les lèvres entrouvertes, le regard voilé par le plaisir. Il sentait encore la douceur de sa peau sur ses paumes brûlantes.

Il avait envie d'elle... Tellement envie d'elle.

Un son rauque s'échappa de ses lèvres. Le désir au creux de ses reins devint insupportable.

Alors, s'adossant au mur froid de la douche, il commença à se caresser, songeant au nombre de fois où il avait fait cela en s'imaginant avec elle sous cette douche, avec elle dans chaque pièce de cette foutue base.

Mais à présent, son imagination n'en était que décuplée. Ses fantasmes se mêlaient aux souvenirs rendant son plaisir plus fort et paradoxalement plus frustrant. Que n'aurait-il donné pour qu'elle soit là avec lui à cet instant précis, l'eau ruisselant sur son corps... ? Il avait envie d'elle comme jamais auparavant. Il avait envie de glisser les doigts dans ses cheveux, de sentir ses mains fines le caresser. Il la voulait nue devant lui et prendre tout son temps pour savourer le goût de sa peau et surtout le plaisir suprême de la posséder. C'est ce moment qu'il n'avait pas eu, ce moment dont il ne gardait aucun souvenir. C'est cela qu'il désirait plus que tout : la voir ouvrir les cuisses à sa rencontre, attirer ses hanches vers lui et frotter son sexe contre sa moiteur accueillante avant de glisser en elle d'un long et puissant coup de rein.

Il voulait tout ce qu'il n'avait pas eu le temps de faire. Goûter ses seins, son ventre, sa féminité, chaque parcelle de son corps. Il voulait la prendre, encore et encore. Avec passion, avec douceur, avec violence, avec lenteur, avec frénésie...

Emporté par des images enivrantes, par des sensations toujours plus puissantes, Jack finit par s'abandonner aux vagues de plaisir qui affluaient en lui. Serrant les dents, il retint vaillamment le gémissement qui menaçait de passer le barrage de ses lèvres et retomba quelques secondes plus tard contre le mur, le souffle court.

Sa jouissance avait été rapide, d'une intensité plus que médiocre et une fois le plaisir disparu, il se laissa glisser le long de la paroi. L'eau continuait de glisser sur sa peau mais il n'en avait même plus conscience.

Jamais il ne s'était senti aussi seul de toute sa vie.

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Curieusement, Teal'c et Daniel furent les derniers à apprendre la nouvelle. Tous se taisaient aussitôt à leur approche si bien qu'il leur fallut l'indiscrétion d'une tierce personne pour qu'enfin, ils soient mis au courant.

Après plusieurs heures de traduction pour l'un et de méditation pour l'autre, les deux hommes se rejoignirent devant la porte des vestiaires. Ils tressaillirent à peine lorsque la voix de Felger s'éleva au loin par-dessus le ronronnement de la climatisation :

- Nooooooon !!!!… C'est impoooossiiiiible !!!!

Mais ne se souciant guère des états d'âme du scientifique, ils pénétrèrent sans attendre dans les vestiaires. La voix de plusieurs soldats leur parvinrent aussitôt, étouffées, et Daniel incita d'un geste le Jaffa à rester discret. Celui-ci leva les yeux au ciel mais accéda néanmoins à sa requête. Il connaissait parfaitement le goût du jeune archéologue pour les ragots…

Trois soldats semblaient en pleine conversation de l'autre côté du vestiaire et Teal'c et Daniel s'approchèrent comme si de rien n'était de leurs casiers. Un pan de mur les séparait, protégeant les deux hommes. Le jaffa, peu intéressé par la discussion, entreprit de prendre quelques affaires tandis que l'archéologue tendait discrètement l'oreille.

- Non, non, non… ils ne peuvent pas avoir une liaison depuis si longtemps, sinon Hammond les aurait mis aux arrêts !
- Mais ils le sont peut-être ! Vous les avez vus, vous ?
- Non, ils restent enfermés dans leurs quartiers.
- Ah ben tu vois !
- Ça ne veut rien dire ! Il n'y a aucun garde devant leurs portes.
- Ouais enfin… On parle d'O'Neill et Carter. Hammond leur fait confiance.

A ces mots, Teal'c se retourna vivement tandis que Daniel ouvrait des yeux exorbités, le souffle coupé.

- Confiance pour quoi ? Pour suivre le règlement ? s'exclama l'un des hommes en riant.

Le Jaffa fit aussitôt un pas, la mine sombre, mais Daniel l'arrêta, posant une main ferme sur son bras.

- Attendez… chuchota-t-il, les sourcils froncés.
- Bah ! De tout façon, je pense qu'il ne s'agit que d'un écart, reprit un soldat. Ils n'ont franchement pas eu de bol d'avoir été téléportés en plein milieu de la salle de Briefing… C'était Thor, au fait ?
- Non, intervint un autre. Une infirmière a entendu le Doc parler de Loki.
- Allons donc ! Qu'est-ce qu'il vient faire là, celui-là ?
- C'est pas celui qui a déjà fait des expériences sur le Colonel ?
- Si !

Là, Teal'c et Daniel se concertèrent du regard, la même perplexité au fond des yeux.
Que s'était-il passé ?

- J'ai une théorie ! Imaginez qu'il ait obligé O'Neill et Carter à coucher ensemble…

Un blanc accueillit ces propos.

- Mais si ! reprit-il aussitôt. Ils ont bien des problèmes de clonage ! Loki voulait peut-être tester notre moyen de reproduction !
- Mais c'est n'importe quoi ! J'ai jamais vu un scénario aussi débile !
- Eh !
- De toute façon, inutile de contraindre un homme pour coucher avec Samantha Carter… O'Neill a du se régaler !

Des rires gras se firent aussitôt entendre et Daniel lança un regard lourd de sens à Teal'c qui s'avança aussitôt et contourna le mur de séparation.

Les rires s'étranglèrent de suite dans les gorges et dans un ensemble parfait, les trois hommes blêmirent violemment.

- Lequel de vous vient de parler ? demanda le Jaffa d'un ton menaçant.

Il n'eut aucune difficulté à déduire qui était le coupable car le visage de celui-ci prit aussitôt un teint encore plus terreux.

S'avançant vers lui, Teal'c agrippa le col de sa chemise et le souleva dans les airs comme s'il s'était agi d'un vulgaire fétu de paille… Daniel grimaça mais haussa simplement des épaules.

- Qu'est-ce qui se passe ici !? s'exclama alors une voix glaciale dans le dos des cinq hommes.

Tous se tournèrent pour faire face au Colonel Reynolds.

- Teal'c ? Je peux savoir ce qui vous prend ? demanda-t-il, les sourcils froncés.

Le Jaffa acquiesça mais ne relâcha pas pour autant son prisonnier.

- Cet homme a eu des propos avilissants envers le Major Carter. Je m'apprêtais à lui expliquer le danger d'un tel discours.
- Tiens donc, répondit Reynolds en se tournant vers le soldat. Reposez-le, Teal'c.

Le Jaffa s'exécuta à contre cœur et le Colonel vint se placer devant les trois hommes.

- … Avez-vous oublié que le Major Carter est votre supérieur et que vous lui devez le respect ? demanda-t-il avant de se pencher vers eux, un brin perplexe. Rappelez-moi combien de fois elle vous a sauvé la vie ?

Il s'arrêta quelques secondes, faisant mine de chercher dans sa tête, incitant d'un geste les soldats à faire de même. Daniel sourit devant la mimique concentrée des trois hommes.

- … Tout ça, et oui… finit par acquiescer Reynolds, estimant les calculs terminés. Et vous ? Qu'est-ce qu'elle vous doit, exactement ?

La gêne se lut rapidement sur leurs visages et leur supérieur acquiesça de nouveau.

- Oui… ça fait pas grand chose, c'est certain.

Mais son regard se glaça brusquement et sa voix sèche claqua dans le silence soudain pesant du vestiaire.

- Corvée de chiotte pour vous trois pendant un mois et un blâme dans votre dossier. Ça vous apprendra à médire d'un officier supérieur. Rompez.

Teal'c les regarda passer devant lui avec satisfaction et lorsqu'ils furent sortis, Daniel se tourna vers Reynolds.

- Vous avez été très sévère. Un blâme…
- Il fallait faire un exemple. Ça n'empêchera pas les gens de parler mais ils le feront plus discrètement. Je n'ai pas envie que ça arrive aux oreilles du Major Carter et de Jack.

Et sans un mot de plus, il partit rejoindre son casier.

****

Durant les heures qui suivirent, Sam eut évidemment à supporter les questions de Daniel mais celui-ci accepta son refus de parler avec une compréhension surprenante. Quelques bruits de couloir parvinrent jusqu'à la jeune femme par l'intermédiaire de Janet et notamment des « accrochages » entre Teal'c et certains soldats un peu trop bavards en sa présence.

Quant au Colonel, il était tout simplement invisible.

Lorsque l'heure du dîner sonna, elle se sentait incapable de se rendre au mess. Assise sur son lit, elle contemplait la photo de Pete qu'elle gardait d'ordinaire dans le tiroir de sa table de chevet.

Pete.

Elle l'avait trompé. Bien malgré elle, du moins au début, mais le résultat était le même. Elle avait couché avec un autre homme.

Non. En fait… C'était pire que cela.

Elle avait fait l'amour avec un autre homme.

Un profond sentiment de culpabilité vint s'ajouter aux sentiments violents qui l'étreignaient déjà. Mais curieusement, il n'était pas du à l'adultère en lui-même mais aux regrets qu'elle ne parvenait pas à avoir.

Elle avait aimé. Jamais, elle n'avait autant aimé faire l'amour avec un homme. Jamais jusqu'ici elle n'avait ressenti cette apogée d'émotions, de sentiments. Et maintenant que tout était terminé, chaque parcelle de son corps hurlait son désir de revivre une telle étreinte. Avec « Lui ». Et uniquement avec « Lui ».

De légers coups à sa porte la firent revenir à la réalité. Les battements de son cœur s'accélérèrent aussitôt.

- Entrez, répondit-elle en rangeant prestement la photo dans son tiroir.

Le battant s'ouvrit laissant place à Teal'c et Daniel. Sam tenta de faire taire sa déception. Elle avait bêtement espéré que le Colonel serait venu la voir pour discuter.

- Vous venez manger ?

La jeune femme secoua aussitôt la tête, un sourire d'excuse sur les lèvres.

- Je n'ai pas très faim, allez-y sans moi.

Les deux hommes se concertèrent du regard et Daniel referma la porte derrière eux afin de les isoler du couloir.

- Il vaudrait mieux vous confronter à cette épreuve dès maintenant, Major Carter, répondit le Jaffa d'une voix apaisante. Retarder l'échéance ne ferait qu'empirer les choses.
- Teal'c a raison. Montrez que tout cela vous indiffère, que vous êtes plus forte que tous ces imbéciles.

Sam soupira, croisant nerveusement les bras devant elle.

- Je sais tout cela. J'en ai parfaitement conscience. Ce n'est pas par lâcheté que j'hésite à m'y rendre.
- Loin de nous cette idée, Major Carter.

La jeune femme sourit doucement devant la mine sérieuse de ses deux amis.

- Partez devant, je vous rejoins.

Après un salut approbateur, Teal'c s'apprêtait à sortir, mais Daniel haussa les sourcils, hésitant.

- Ce serait plus facile pour vous si on y allait ensemble.
- Qui a dit que j'aimais la facilité ? répondit-elle en leva la tête avec une pointe d'arrogance et un sourire en coin.

Face à cette assurance évidente, Daniel se détendit et acquiesça avec entrain.

- Très bien ! A tout de suite alors !

Sam les regarda sortir en agitant la main puis soupira, la gorge nouée.
Il ne lui restait qu'une seule chose à faire.

***

- Carter ?

La surprise qu'elle lut sur le visage de son supérieur ne l'étonna guère. Elle-même se surprenait toute seule…
Se retrouver devant lui, après qu'ils aient tous deux eu le temps de penser et repenser à ce qui s'était passé, la mettait dans un état de fébrilité indescriptible. Mais elle ne semblait pas la seule dans ce cas.

Jetant un coup d'œil inquiet derrière la jeune femme, Jack passa une main nerveuse sur sa nuque.

- Euh… Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée de venir dans mes quartiers, Major…
- Je ne suis pas là pour… discuter de ce qui s'est passé.
- Ah.

Ils restèrent quelques longues secondes silencieux, lui contemplant ses chaussures, elle, le regard sans cesse en mouvement.

- Et euh… Vous êtes là pour quoi alors ? demanda-t-il finalement, après avoir pris une longue inspiration.

Sam rougit légèrement. L'espace d'un instant, en sa présence, elle en avait totalement oublié les raisons qui l'avaient amenée jusqu'ici. Il faut dire que ses yeux, bien qu'ayant la bougeotte, ne cessaient de se poser sur lui.

Ses mains, son ventre, son cou, ses bras… ses reins aussi. Souvent. Elle se sentait inexorablement attirée par cette partie de lui. Celle qui lui avait donné tant de plaisir et que son corps réclamait inlassablement…

La gorge sèche, elle parvint cependant à lui répondre.

- Je pense que vous devriez m'accompagner au mess, Monsieur.

Elle redressa la tête et croisa son regard. Ils s'observèrent un instant, aussi impassible l'un que l'autre.

- Bien sûr, répondit-il finalement.

Sam s'écarta pour le laisser passer et il referma la porte de ses quartiers avant de la suivre dans le couloir.

Leur arrivée au mess ne passa pas inaperçue mais les sanctions prises à l'encontre de deux lieutenants et d'un sergent, quelques heures auparavant, avaient vivement refroidi les membres du SGC. De plus, personne n'avait vraiment envie de se frotter au Colonel O'Neill. Aussi les regards curieux se firent discrets et SG1 put manger tranquillement. Certes, l'atmosphère était quelque peu tendue mais Jack et Sam parvinrent à donner le change.

Pourtant, après le repas, ils se séparèrent tous sans un mot et Sam retourna dans ses quartiers, le cœur serré. Qu'était-elle censée faire ? Comment gérer une telle situation ?

Le regard rivé au téléphone de sa chambre, elle hésita longtemps mais n'appela pas Pete. Elle ne se sentait pas le courage de lui parler. Comme tout ce qui avait trait au SGC était confidentiel, il lui était interdit de raconter ce qui venait de se passer. Mais l'aurait-elle fait, de toute façon, malgré cette excuse ? Aurait-elle pu lui avouer sa trahison ?

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Jack toqua à la porte et pénétra dans le bureau du Général Hammond après y avoir été invité.

Cela faisait presque cinq jours maintenant que l'inavouable s'était produit et cinq jours que l'ambiance au sein de SG1 était des plus tendues. Certes, ils continuaient de se rendre tous ensemble au mess, mais mis à part ces trois moments privilégiés de la journée, Carter et lui ne se croisaient quasiment jamais... Que ce soit intentionnel ou pas, d'ailleurs. Alors Jack n'avait qu'une envie : que les missions reprennent, que la routine vienne à bout de cette situation de plus en plus pesante. Il fallait qu'ils retrouvent leurs marques… et qu'ils oublient.

Tendu à l'extrême, il s'avança vers le bureau de son supérieur, espérant qu'enfin celui-ci lui annoncerait que SG1 reprenait du service.

- Mon Général, salua-t-il nerveusement.

Hammond redressa la tête et posa son stylo, la mine fermée. Les deux hommes s'observèrent un instant avant que le silence ne soit rompu.

- Colonel. J'ai eu des échos concernant des tensions au sein de SG1…

« Eh merde ! »

- Il n'y a aucune tension, Monsieur, intervint aussitôt Jack, la mâchoire crispée.

Hammond soupira et s'appuya sur le dossier de son large fauteuil.

- Si. Il y en a. Et il est hors de question que vous repartiez en mission tant que vous n'aurez pas réglé cette histoire.

O'Neill écarta les bras avec énervement.

- Qu'est-ce qu'il y a à régler ? Tout va très bien !
- Vous trouvez que tout va bien ? Vous êtes dans mon bureau depuis moins d'une minute et vous avez déjà perdu votre calme.

La voix d'Hammond claqua sèchement dans le silence de la pièce et Jack tenta de contrôler la fureur inexplicable qu'il sentait monter en lui.

Comment voulait-on que SG1 retrouve son unité si on les cloîtrait de force à la base ? Comment voulait-on qu'il arrange ce qui s'était passé ?

Comment voulait-on qu'il oublie ?

- Ecoutez-moi bien, Colonel, poursuivit le Général d'une voix radoucie. Je conçois parfaitement que ce qui s'est passé puisse être difficile à gérer. C'est en parti pour éviter ce genre de… gêne que la loi de non-fraternisation existe.

La mâchoire de Jack se crispa.

Le problème vient plutôt de cette foutue loi... ! songea-t-il aussitôt, la bouche déjà ouverte, mais il se contint.

- Tant que vous n'aurez pas réglé ce… différent avec le Major Carter, vous ne repartirez pas en mission.
- Mon Général ! s'exclama-t-il aussitôt. C'est justement en retrouvant une certaine routine que nous pourrons…

Il hésita sur les mots…

« Oublier ? Passer à autre chose ?... »

- … mettre de côté cet incident, finit-il par dire, cherchant à minimiser un maximum le problème. Nous enfermer chez nous n'arrangera rien.
- Je ne vous suspends pas pour que vous vous cloîtriez chez vous, Colonel ! Etant donné notre manque d'effectifs en ce moment, SG1 reste à la base en réserve. Mais vous pourrez rentrer chez vous le soir. Profitez de ce temps libre pour mettre les choses au point avec votre second.

Le regard de Jack se durcit un peu plus. Il allait devoir parler à Carter… Cette fois-ci, il n'y couperait pas.

- A vos ordres, grogna-t-il à contre cœur.

A SUIVRE…