Merci infiniment pour vos reviews!! C'est toujours un plaisir de vous lire! :) Voilà la suite:

***

Sam parvint au SGC près d'une heure et demi plus tard. Des bouchons, conséquences d'un accident survenu sur l'autoroute, avaient rendu la circulation presque inexistante sur plusieurs kilomètres... Lorsqu'elle arriva à la base, elle se trouvait dans un état d'énervement extrême. Saluant du bout des lèvres les soldats qu'elle croisait chemin faisant, elle entra en trombe dans les vestiaires afin de se changer et courut plus qu'elle ne marcha pour rejoindre le mess. Hélas, lorsqu'elle passa la tête à l'intérieur de la pièce, elle ne trouva nul trace de son équipe et ressortit la mort dans l'âme.

Elle se fustigea aussitôt de se sentir si abattue pour un simple repas manqué... mais après ce qui s'était passé avec le Colonel, elle se faisait une joie de partager ce petit moment avec lui.

« Je garde toujours le contrôle, Carter. Quelle que soit la situation... Mais j'ai mes limites… Sept ans, c'est ma limite. »

Comment pourrait-elle seulement oublier un jour ces paroles... ? Certes, Jack O'Neill parlait peu, mais lorsqu'il lui arrivait de lâcher quelque chose sur ses sentiments... il ne le faisait pas à moitié.

Ce fut donc dans un état d'abattement absolu qu'elle rejoignit son labo. Mais alors qu'elle s'approchait de celui-ci, des voix lui parvinrent et un sourire vint inévitablement étirer ses lèvres.

- Oh ! Pour l'amour du ciel, Teal'c ! On a été le voir trois fois ! Vous voulez ma mort ?
- Vous avez pourtant vu les autres épisodes près d'une dizaine de fois, O'Neill.
- En vidéo ! Et parce que vous les aviez loués sans demander notre avis ! Il sort en DVD dans moins de quatre mois ! On pourra se le regarder à ce moment-là !

Sam, le coeur en pleine effervescence, fit silencieusement les quelques pas qui la séparaient de son laboratoire et découvrit les trois membres de son équipe, assis autour de son bureau.

- Au cinéma, l'effet est indéniablement meilleur, répondit le Jaffa, buté.
- Daniel, je vous en prie... supplia Jack en se levant. A vous de jouer, moi je n'en...

Il s'interrompit brusquement en découvrant la jeune femme à l'entrée. Son regard s'adoucit aussitôt.

- ... peux plus... finit-il cependant pour les deux hommes.

Ceux-ci se tournèrent de suite vers la cause de cette courte interruption.

- Ah Sam ! Je commençais à mourir de faim ! s'exclama Daniel en se levant à son tour, suivi du Jaffa.
- Désolée... il y avait des bouchons...

Jack lui lança un sourire joyeux en s'avançant vers elle.

- C'est ce qu'on nous a dit... On y va ?

Et sans attendre de réponse, il s'enfonça dans les couloirs, les mains dans les poches. Surprise par les propos de son supérieur, Sam se tourna vers Daniel.

- Il s'inquiétait de ne pas vous voir arriver alors il s'est renseigné... répondit-il à sa question muette.
- Oh... murmura-t-elle, gênée par le clin d'oeil entendu qui suivit cette remarque.

Etait-ce son comportement vis à vis d'elle qui avait changé ou était-ce simplement la situation particulière qui rendait ce genre d'attention extrêmement ambiguë ? Elle n'aurait su le dire. Il lui semblait, pourtant, qu'il avait toujours été ainsi. Un retour à la normale était donc bien à présager.

Sam sentit brusquement sa soudaine bonne humeur fondre comme neige au soleil. Elle grogna aussitôt tandis que son coeur se serrait déjà de regrets.

***

La présence de son supérieur à table parvint cependant rapidement à la dérider ce qui, dans un sens, était plutôt paradoxal. Il était à la fois la raison de sa peine et le seul remède à son cafard naissant.

Le petit déjeuner s'écoula tranquillement et les quelques membres du SGC encore présents à cette heure un peu tardive de la matinée purent constater la bonne ambiance de l'équipe. Tout semblait donc rentrer dans l'ordre... mais brusquement, un bruit tonitruant se fit au milieu du mess.

SG1 s'était levée d'un même mouvement, leurs plateaux dans les mains lorsque le Colonel O'Neill et le Major Carter lâchèrent ces derniers dans un ensemble parfait, provoquant un son assourdissant de verre et de porcelaine brisés. Toutes les têtes convergèrent inévitablement vers eux mais au lieu de découvrir les deux militaires à genoux en train de tenter de réparer les dégâts, ceux-ci étaient tout bonnement en train de... s'embrasser.

Tous, y compris Daniel et Teal'c, restèrent bien quelques dizaines de secondes, les yeux écarquillés, observant avec un ahurissement non feint Jack faire basculer la jeune femme sur l'une des tables du mess. Sam, les bras autour du cou de son supérieur, répondait à son appel en enlaçant ses hanches puissantes de ses longues jambes.

Leurs gémissements étouffés s'élevèrent bientôt dans le silence total de la pièce.

- Euh... Jack ? réagit finalement Daniel au bout d'un instant.

Il hésita encore quelques secondes mais le bruit d'un tee-shirt qu'on déchire le fit s'avancer vivement vers son ami. Il posa une main sur l'épaule de l'assaillant mais comme celui-ci ne répondait pas, il raffermit sa prise afin de l'écarter de la jeune femme.

- Jack ?!

Cette fois-ci, il parvint à retenir toute son attention... L'espace d'un instant, en effet, O'Neill interrompit son étreinte pour se retourner vers lui et Daniel eut juste le temps de grimacer devant le regard assassin que lui renvoya son ami avant de se retrouver propulsé quelques mètres plus loin par un puissant uppercut.

Ce fut le coup d'envoi d'un combat opposant O'Neill et Carter aux autres membres présents du SGC. A peine débarrassé de Daniel, Jack s'était pourtant retourné vers la jeune femme, fondant de nouveau sur ses lèvres offertes, caressant son ventre en partie dénudée. Sam avait profité de l'éloignement de son supérieur pour ôter sa ceinture et commençait à dégrafer celle de Jack. Mais une poigne de fer s'abattit sur les épaules de l'homme, l'éloignant inexorablement de la jeune femme et provoquant un concert de protestations rageuses.

Ils durent s'y prendre à plusieurs pour arriver à bout du Colonel O'Neill et du Major Carter et bon nombre se retrouvèrent à terre, plus que sonnés... mais lorsqu'enfin ils parvinrent à les immobiliser, d'un même mouvement, les deux militaires cessèrent de se débattre et s'évanouirent sous leurs yeux ébahis.

- Oui, alors là... On a un problème... souligna inutilement Daniel en regardant ses deux amis à ses pieds.

***

Lorsque Jack s'éveilla, il se sentait étrangement... fourbu. Ses poings le faisaient souffrir, signe d'un combat récent, et le bip répétitif des moniteurs de contrôle lui apprit qu'il se trouvait à l'infirmerie. Dans un grognement, il ouvrit les yeux ce qui lui valut d'être aussitôt assailli par une lumière vive braquée sur son oeil droit.

- Raaaahl, Doc ! Vous ne pourriez pas attendre deux secondes avant de me balancer ça dans la rétine !
- Désolée, Colonel. Mais je dois vérifier votre...
- Je ne veux pas le savoir ! s'exclama-t-il en la repoussant gentiment mais fermement. Qu'est-ce qui s'est passé ?... Où est mon équipe ?
- On est là, Jack, répondit aussitôt Daniel. Tout va bien.

O'Neill, rassuré, passa une main molle sur son visage et tenta une seconde ouverture des yeux. Il croisa alors le regard bleu de son ami... auréolé d'un joli coquard.

- Qu'est-ce qui vous est arrivé ? demanda Jack, les sourcils froncés.
- Vous ne vous souvenez de rien ?
- De quoi je dois me souvenir ?

Jackson leva les yeux au ciel, laissant le soin à Teal'c de prendre le relais. Celui-ci s'avança à son tour vers Jack et ce dernier faillit s'étrangler. Le visage du Jaffa portait lui aussi les marques de violents coups.

- Bon sang ! Qui vous a fait ça ? s'exclama-t-il, non pas soucieux de la santé de Teal'c mais davantage admiratif devant un tel exploit !
- C'est vous, O'Neill, répondit sobrement le Jaffa.

Les mots qui allaient franchir le barrage de ses lèvres s'étranglèrent dans sa gorge. Ce n'était pas la première fois qu'un membre du SGC était pris d'une soudaine crise de violence pour X raison...

Une sourde angoisse vint alors lui vriller le coeur.

- Où est Carter ?
- Elle est là, indiqua aussitôt Janet en désignant le lit à côté de lui. Elle va bien.
- Je l'ai frappée ? s'inquiéta-t-il en se redressant afin de regarder la jeune femme de plus près.

Aucune trace de bleus n'était cependant visible.

- Pas vraiment non...

Jack resta silencieux quelques secondes puis, perdant patience devant des réponses aussi laconiques, finit par se redresser complètement.

- Pour l'amour du ciel ! Est-ce que quelqu'un va me dire ce qui se passe ici !?
- Nous aimerions bien le savoir, Colonel ! répondit la voix autoritaire du Général Hammond qui pénétrait à l'instant dans l'infirmerie.

Jack, un peu douché par l'accusation non voilée dans le ton de son supérieur, fronça les sourcils.

- Mais moi aussi, Mon Général ! se récria-t-il aussitôt.
- Vous n'avez aucun souvenir ? intervint Janet pour apaiser les esprits.
- Me souvenir de quoi ?! s'exclama de nouveau Jack en frottant nerveusement sa mâchoire en signe de réflexion. Tout ce dont je me rappelle... c'est le petit déjeuner au mess.
- Et après ? insista le Docteur Frasier.

O'Neill se concentra mais finit par secouer la tête en grimaçant.

- Après... Je me suis réveillé ici.

Tandis que tous se concertèrent du regard, Jack grogna de nouveau d'une voix lente, trahissant son extrême agacement.

- Est-ce que quelqu'un aurait la bonté de me dire ce que j'ai fait... ?

***

Près d'une heure plus tard, Jack, la bouche et les yeux grands ouverts, se regardait en train d'allonger Samantha Carter sur la table du mess. Jetant un regard gêné sur sa droite, il observa le profil fin de la jeune femme, qui, tout comme lui, contemplait les images défilées sur l'écran avec un ahurissement non feint.

En salle de Briefing depuis quelques minutes seulement, entourés de Daniel, Teal'c, du Général Hammond et du Docteur Frasier, les deux militaires apprenaient grâce à la vidéo surveillance du mess les raisons de leur arrivée à l'infirmerie... et de la colère de leur supérieur.

Malgré la situation plus que compromettante, Jack ne put empêcher son coeur de battre des records de vitesse en observant avec quelle passion Carter le serrait contre elle, avec quelle fièvre elle l'embrassait... Et inévitablement, des sensations réelles et vécues vinrent se joindre à la vision de leurs deux corps enlacés. Il dut même étouffer un grognement lorsque son second, à l'écran, se cambra brusquement vers lui, frottant impatiemment ses reins contre les siens. Il imagina aisément les conséquences que ce simple geste avait du avoir sur ses sens.

Et ce fut ce moment que choisit Daniel pour l'interrompre... Lorsqu'il se vit « repousser » le jeune homme, Jack haussa involontairement les épaules.

C'est sûr... Danny Boy avait mal choisi son moment...

Il leva alors un regard désolé vers Daniel qui accepta avec raideur cette excuse plus que légère... Mais avec Jack, il ne fallait pas s'attendre à davantage...

Se raclant la gorge devant la froideur de Jackson, O'Neill reporta son attention sur la jeune femme à l'écran qui avait à présent les mains au niveau de sa braguette. Il sentit aussitôt le rouge lui monter au visage...

- Vous faites quoi avec ma ceinture, là ? demanda-t-il malgré lui, faisant inévitablement rougir son second.
- Colonel ! protesta aussitôt Hammond devant une telle légèreté.
- Désolé...

S'estimant en position de faiblesse, Jack n'avait pu s'empêcher de tourner la situation en dérision...

Eh bien quoi ? Il avait de bonnes raisons, non ? Elle était bien en train de lui enlever son pantalon !

Dans un soupir tremblant, Jack reporta son attention sur l'écran tandis qu'une bataille faisait à présent rage. Autant Carter et lui faisaient pleuvoir les coups, autant leurs assaillants tentaient tant bien que mal de les épargner en évitant de les frapper. Avec un sentiment dérangeant de fierté cependant, il se vit flanquer deux volées à Teal'c, le prenant par surprise, avant de se faire immobiliser par quatre hommes. Carter, de son côté, ne restait pas inactive. Elle envoya plusieurs soldats au tapis mais finit à son tour par être stoppée.

Puis, brusquement, ils s'effondrèrent.

Hammond leva la main et, à l'aide d'une télécommande, arrêta la bande.

- Alors ? Toujours aucun souvenir ?
- Aucun, Mon Général, répondit Jack qui avait finalement retrouvé ses esprits grâce à ce petit interlude musclé.
- Et vous, Major Carter ?
- Je ne me souviens de rien, Monsieur, répondit-elle d'une voix blanche.

Jack observa le visage pâle de la jeune femme. Le malaise qu'elle ressentait était prévisible. Cela s'était passé en plein milieu du mess, avec des caméras pour tout enregistrer et près d'une douzaine de témoins... A l'heure qu'il est, tout le SGC devait être au courant...

- Docteur Frasier ? Avez-vous trouvé quelque chose dans leurs analyses ? demanda Hammond.
- Rien du tout, hélas. Pas la moindre anomalie... répliqua-t-elle à contre coeur.

Jack grimaça avec agacement.

- Je crois qu'on sait tous qui est responsable de ça, non ? Toujours pas de nouvelles de Thor ?
- Aucune. Major Carter, auriez-vous une idée de la raison de votre comportement, s'il n'est pas médical ?

Sam redressa la tête, un peu perdue.

- Eh bien... L'hypnose, peut-être, Mon Général.

Janet acquiesça aussitôt.

- Ça expliquerait pourquoi je n'ai rien trouvé dans leurs analyses après leur enlèvement, précisa Fraisier. L'hypnose me semble en effet une hypothèse tout à fait plausible. Il faudrait faire venir le Docteur MacKenzie.
- Très bien, occupez-vous-en, ordonna Hammond.

Jack leva aussitôt la main.

- Euh... L'hypnose ? Je passe mon tour...

Il y avait certaine chose qu'il n'avait pas très envie de révéler. En plus, perdre le contrôle n'était pas vraiment sa tasse de thé.

Son regard se posa cependant sur Sam.

Enfin... ça dépend... soupira-t-il intérieurement.

- Vous ferez ce qu'on vous dira de faire, Colonel, intervint Hammond, dont la patience avait été mise à rude épreuve depuis plusieurs jours.

Puis se levant, il se tourna une dernière fois vers eux avant de sortir :

- Quoiqu'il en soit, vous êtes tous les deux consignés dans vos quartiers.
- A vos ordres, répondirent aussitôt les deux officiers.

***

Jack et Sam durent passer le reste de la journée et la nuit suivante dans leurs quartiers respectifs. La jeune femme appela bien évidemment Pete afin de le prévenir qu'un incident l'obligeait à rester consignée à la base.

Le lendemain matin, Janet pénétra dans la chambre de son amie, un sourire sur les lèvres.

- Le Docteur MacKenzie vient d'arriver. Nous allons pouvoir commencer.

Le Major Carter grimaça aussitôt, les traits tendus.

- Je t'avoue que je ne suis pas pressée de subir cet interrogatoire...
- Sam... Ce n'est pas un interrogatoire ! Tu n'es pas prisonnière !
- Peut-être, mais je risque de révéler des choses que je préfèrerais garder secrètes, si tu vois où je veux en venir... répondit-elle, un regard entendu braqué sur le jeune médecin.

Janet se tut quelques instants avant d'enfoncer nerveusement ses mains dans les poches de sa blouse blanche.

- Tu sais... commença-t-elle après hésitations. Le Général n'a pas été dupe.

Sam se figea aussitôt, la peur au ventre.

- Quoi ?... De quoi parles-tu ?
- De ce que lui a dit le Colonel. Ça l'a arrangé de prendre ça pour argent comptant mais uniquement parce qu'il ne voulait pas perdre SG1.

Carter ferma les yeux, rouge de honte. Elle passa une main tremblante sur son front avant de redresser la tête.

- ... Comment le sais-tu ?
- Au regard entendu qu'il m'a lancé lorsque je lui ai remis le rapport de vos analyses... Et puis...

« ... A l'avenir, Major Frasier, lorsque des cas plus ou moins similaires se présenteront, j'aimerais assez que vous me fassiez deux rapports. Un officiel et un officieux. »

Au-delà du ton sec employé par le Général, l'utilisation de son grade et non de sa fonction de médecin avait fait comprendre à Janet qu'il n'avait pas apprécié la falsification du rapport. Heureusement, il n'avait pris aucune sanction contre elle, mais elle avait retenu la leçon et avait parfaitement saisi la menace.

- Je suis désolée, Janet... répondit aussitôt Sam, consciente des risques qu'avait pris la jeune femme pour elle.
- Peu importe. Ce qui compte, c'est que le Général soit au courant et qu'il vous couvre. Après tout, il est normal qu'il croit sur parole les dires de son second, répliqua Janet, un sourire au coin. Et comme aucune preuve ne vient le détromper, il n'a aucune raison de faire un rapport à l'Etat Major.

Sam lui rendit son sourire, en partie rassurée.

- Quant à cette séance d'hypnose, poursuivit Frasier, le Général a tenu à voir les questions qui vous seront posées. Tu n'as donc rien à craindre. Il n'y aura pas de piège.

Carter sentit ses dernières peurs disparaître.

- Merci...

***

Lorsque Jack, accompagné de Teal'c et de Daniel, pénétra dans la salle, tous étaient déjà sur place. Le Docteur MacKenzie trônait au centre de la pièce assis sur un tabouret de métal, avec en face de lui Carter installée sur un siège un peu plus confortable. Derrière le psychiatre, Janet et Hammond attendaient debout que la séance d'hypnose commence.

Jack croisa aussitôt le regard de son second et se sentit malgré lui soulagé de ne pas se trouver à sa place. Et tant pis s'il passait pour un pleutre ! L'idée de parler de choses qu'il estimait personnelles devant une tierce personne sans en avoir conscience lui semblait plus que jamais... dangereuse.

Quelques minutes plus tard, après avoir injecté un léger tranquillisant à Sam et commencé l'hypnose, la jeune femme sembla entrer dans un état semi-comateux. La voix calme de MacKenzie s'éleva dans la pièce.

- Quel est votre nom et grade ? demanda-t-il.
- Major Samantha Carter, répondit-elle d'un ton étrangement atone.
- Bien... Où étiez-vous et que faisiez-vous juste avant d'être enlevée par Loki?
- Je me trouvais dans mon laboratoire. J'expérimentais l'utilisation du Naquadria sur le module de particules trouvé sur P3X564...

La sentant partir sur des détails techniques qui n'avaient ici aucun rapport avec leur problème, Hammond fit un geste de la main afin que MacKenzie coupe court à cette explication.

- Très bien, Major. Et ensuite, que s'est-il passé ?
- ... Il y a eu un flash blanc et l'instant d'après je me suis retrouvée dans un vaisseau Asgard.
- Il y avait quelqu'un avec vous ?
- Thor.

Un sursaut incrédule vint secouer l'assistance.

- Thor ? répéta MacKenzie, répondant à la question muette du Général Hammond.
- Enfin, un Asgard prétendant être Thor.
- Mais il s'agissait de Loki, c'est cela ?
- C'est ce que nous avons découvert, le Colonel O'Neill et moi après notre réveil.

Le soulagement dans la pièce était perceptible.

- Revenons-en au moment de votre arrivée dans le vaisseau. Que s'est-il passé ensuite ?
- L'Asgard me demanda de le suivre, ayant un problème qu'il désirait me soumettre. Il me fit pénétrer dans une sorte de laboratoire contenant une machine sophistiquée qu'il me présenta comme étant un activateur temporel. Il me plaça à l'intérieur du dispositif, prétextant l'utilité de mes compétences concernant...

Jack décrocha quelques instants, fouillant dans ses souvenirs afin d'y trouver un semblant de similitude avec les propos de Carter. En vain. Que n'aurait-il donné pour éviter cette fichue séance d'hypnose. Restait plus qu'à espérer que la jeune femme en dise suffisamment pour les aider à y voir plus clair...

- Et ensuite ?
- Ensuite, je me suis évanouie.

MacKenzie se tourna vers Hammond, l'interrogeant du regard.

- Dois-je aller plus loin ?
- Vous le pouvez ?
- C'est possible. Tout dépend de la profondeur de son sommeil lors de son évanouissement.
- Alors allez-y.

Le psychiatre fit un signe à Janet qui s'avança pour faire une autre injection.

- Eh ! intervint Jack aussitôt. C'est pas dangereux, ça, au moins ?
- Du tout, répondit la jeune femme en souriant avant de rejoindre sa place aux côtés d'Hammond.

O'Neill maugréa dans sa barbe mais reprit lui aussi sa pose initiale, les bras croisés sur son torse. MacKenzie reprit la parole, incitant Sam à se détendre.

- Que ressentiez-vous, ainsi endormie ?
- J'avais l'impression de flotter dans les airs... J'ai senti ensuite quelque chose de froid et de dur dans mon dos et j'ai compris que je venais d'être allongée sur quelque chose. J'ai entendu... des pas autour de moi. C'était léger, comme ceux d'un enfant... On m'a déshabillée...

La voix de la jeune femme semblait encore plus ensommeillée qu'avant. Jack observait ses traits détendus, appréhendant ce qui ne tarderait pas à être dit...

- ... J'ai entendu un léger sifflement... poursuivit-elle dans un souffle, obligeant l'assemblée à dresser l'oreille pour l'entendre. Et j'ai ouvert les yeux !

Sa voix avait brusquement pris plus de force, les faisant presque sursauter.

- Vous avez ouvert les yeux ? répéta MacKenzie, l'incitant à poursuivre.
- J'ai senti quelque chose changer en moi, dit-elle, le souffle soudain saccadé.

Jack commença à sentir la nervosité l'envahir. Il savait parfaitement de quoi elle parlait, là...

- Quelque chose ? De quoi s'agissait-il ? demanda cependant le psychiatre.
- De désir... soupira-t-elle, faisant involontairement dresser les poils des bras de Jack. J'ai alors tourné la tête et j'ai vu le Colonel O'Neill à côté de moi... Il était nu... Il me regardait...

Plus elle avançait dans son récit, plus la respiration de Sam se faisait chaotique, rendant ses propos plus troublants encore pour Jack.

- J'avais envie de lui... J'avais... envie de le sentir en moi...

Cette fois-ci, n'y tenant plus, O'Neill se racla la gorge de façon suggestive et Hammond se tourna vers le psychiatre.

- Mettez un terme à cela.
- Euh... Oui...

Pendant que MacKenzie s'employait à calmer la jeune femme, Jack se tourna vers ses deux compagnons et croisa le regard amusé de Daniel.

- Si vous voulez que je rende symétrique le coquard que vous avez à l'oeil droit, Danny Boy, continuez de sourire comme ça... menaça-t-il, partagé entre la gêne et l'agacement.

Hélas, ses menaces n'eurent que peu d'effets...

- Comment peut-on faire pour savoir s'il s'agit bien d'hypnose ? demanda alors Hammond.
- Tout semble l'indiquer, répondit Janet. Le Major Carter s'est brusquement réveillée avec... une certaine envie...
- Et y a-t-il un moyen d'y remédier ?
- Il faudrait que je sache déjà de quel stimuli il s'agit, intervint MacKenzie.

Et de sa voix la plus posée, celui-ci demanda à la jeune femme de se concentrer sur l'avant réveil.

- Allez-y... Focalisez vos pensées sur cet instant. Revivez ce moment et déterminez exactement ce qui vous a éveillé...

Haussant les sourcils, Jack jeta un oeil vers Janet, puis Hammond. Perplexe, il s'avança vers son supérieur.

- Euh... murmura-t-il avec appréhension. C'est peut-être pas très malin de faire ça... Elle risque de...

Mais il n'eut pas le temps de finir sa phrase. Celle-ci mourut dans sa gorge lorsqu'il rencontra le regard bleu et limpide de la jeune femme. L'instant d'après, il se retrouvait propulsé en arrière, ses jambes se dérobant sous lui par un savant balayage. Il tomba lourdement au sol, le souffle coupé, puis sentit peser brusquement sur lui un corps souple et fin qu'il reconnut sans peine.

- Carter... grogna-t-il, avant d'être bâillonné par une bouche avide.

Cette situation, étrangement familière, le ramena quelques années auparavant dans un vestiaire... Mais à cette époque, bien qu'elle lui plaisait déjà énormément, ce n'était rien en comparaison de ce qu'il pouvait ressentir à cet instant tandis que ses mains souples tiraient sur son tee-shirt afin de caresser la peau de son ventre, et qu'elle frottait impatiemment ses reins contre les siens.

Et personne pour l'aider... évidemment !

- Pour l'amour du ciel ! Faites quelque chose ! rugit-il, tentant de repousser les assauts de la jeune femme avec cependant une mollesse significative.

Il sentit rapidement Carter s'éloigner, tirée en arrière par les bras puissants de Teal'c et de Daniel. Puis, sans raison aucune, Sam sembla se tasser sur elle-même et s'évanouit.

Jack ferma les yeux quelques secondes, cherchant à retrouver une respiration un peu moins anarchique. Il se redressa finalement, toujours assis à même le sol et posa une main tremblante sur ses lèvres.

Il sentait encore la douceur de sa bouche, la tiédeur de sa langue... Ses mains sur sa peau, sa poitrine écrasée contre son torse... Et le mouvement lascif et si diablement suggestif de ses reins contre lui...

Il fallait absolument que cette histoire se termine, sinon il allait devenir complètement fou...

- Jack ?... ça va ? demanda Daniel, inquiet par l'immobilité de son ami.
- Non... Non ça ne va pas du tout ! s'exclama-t-il en se remettant vivement sur ses pieds.

Jetant un regard agacé vers l'objet de son tourment, il s'éloigna du groupe et s'adossa au mur opposé avant de se laisser glisser jusqu'au sol. Il avait sérieusement besoin de se calmer...

Ses compagnons ne mirent pas longtemps à comprendre le problème de leur ami et se détournèrent pudiquement. Hammond, parfaitement conscient de ce qui se passait se tourna vers MacKenzie, la mine fermée.

- Vous auriez pu prévoir ça ! lâcha-t-il sèchement, n'appréciant décidément pas la tournure des évènements.
- Je... Je suis désolé... Mais ça nous a appris quelque chose.
- Et quoi exactement ?
- La raison de leur évanouissement, répondit Janet, penchée sur Sam, tandis qu'un brancard pénétrait déjà dans la pièce.

MacKenzie acquiesça.

- Il semblerait que l'évanouissement soit dû à l'annulation de l'ordre qui les incite à... s'accoupler. Lorsqu'ils comprennent qu'ils ne pourront pas aller jusqu'au bout de l'acte et bien... ils perdent connaissance.
- Et c'est tout ?

Le psychiatre grimaça un sourire, gêné.

- Euh... oui.
- Pourquoi on fait ça ? demanda alors Jack, à l'autre bout de la pièce. A quoi ça sert à Loki alors qu'il n'a aucun moyen d'analyser quoique ce soit ?

Cette question pour le moins évidente, imposa le silence dans la pièce tandis que Sam, allongée sur le brancard sortait de la pièce pour être conduite à l'infirmerie.

- Il doit forcément y avoir quelque chose... répondit Janet. Mais quoi ? On vous a fait passer tous les scanners possibles, on n'a rien trouvé.
- Je propose une hypnose du Colonel O'Neill, intervint brusquement MacKenzie.

Jack se remit aussitôt sur ses pieds, totalement dégrisé, cette fois-ci. Mais avant même de pouvoir protester, la voix d'Hammond retentit, lui venant en aide.

- Le Colonel a reçu un entraînement spécial pour combattre l'utilisation de drogue ou de manipulation diverse. Je doute que l'hypnose marche sur lui.
- C'est vrai, ça ! acquiesça aussitôt Jack, ravi.
- Le tranquillisant utilisé a été étudié spécialement pour ce cas de figure, intervint alors Janet en grimaçant un sourire d'excuse vers le Colonel.
- Génial...
- Très bien. Alors allez-y, approuva Hammond.

Jack soupira, maudissant intérieurement tous les médecins de la planète et les psychiatres, en particulier. Il allait leur montrer qu'aucune drogue ne pouvait venir à bout de son mental !

Quelques minutes plus tard...

- Votre nom et grade ?
- Colonel Jack O'Neill.
- Colonel, je voudrais revenir sur ce qui s'est passé au mess, hier matin, juste avant votre évanouissement. Vous étiez en train de manger ?
- Nous venions de terminer.
- Où se trouvait le Major Carter ?
- Devant moi, debout, elle aussi.
- Et que s'est-il passé ?

Le regard de Jack sembla se voiler.

- Un son... une sorte de sifflement presque imperceptible... puis ce désir au creux des reins... grogna-t-il, la voix soudain plus rauque.
- Un sifflement ? intervint Daniel. Sam aussi en a parlé. Mais d'où peut-il provenir ? Et comment Loki pourrait être sûr que ce son arriverait régulièrement ?
- Il pourrait l'envoyer de son vaisseau ? Le téléporter, en quelque sorte ? demanda Hammond, tandis que MacKenzie mettait Jack en attente.
- Je ne pense pas, répondit Janet. Mais il faudra demander confirmation au Major Carter.

Un silence méditatif se fit dans la pièce avant que le psychiatre ne se tourne vers le Général Hammond.

- Je ne pense pas apprendre quoique ce soit de plus. Je peux en revanche tenter une contre-hypnose. Il faudra juste éviter d'en parler au Colonel. Nous risquerions de provoquer un blocage.
- Très bien, allez-y.

MacKenzie acquiesça et reporta son attention sur son cobaye. De sa voix calme et posée, il tenta la contre-hypnose. A la place d'un violent désir, Jack ne ressentirait plus qu'une paix et un certain bien-être.

- Vous prononcerez alors « Loki, ça a marché ». Répétez après moi : « Loki, ça a marché ».
- Loki, ça a marché...
- Parfait.

MacKenzie se tourna ensuite vers l'assemblée afin de s'expliquer:

- Lorsque le stimuli s'enclenchera, si tout va bien, au lieu de... "sauter" sur le Major Carter, le Colonel O'Neill devrait rester conscient et dire "Loki, ça a marché".
- Très bien, acquiesça Hammond tandis que le médecin reportait son attention sur Jack.

- Je vais à présent compter jusqu'à trois. Lorsque j'arriverai à la fin du décompte, vous vous réveillerez et vous aurez oublié tout ce que je viens de dire...

MacKenzie fit une légère pose avant de reprendre :

- Un... Deux... Trois.

Jack ré-ouvrit aussitôt les yeux et retrouva son expression perpétuellement blasée.

- Alors ? Qu'est-ce qu'on attend, hein ? Pffff ! Je vous l'avais dit que ça ne marcherait pas avec moi ! s'exclama-t-il avec une pointe de fierté dans la voix.

A SUIVRE…