Titre de la fiction : Pardonne-moi
Titre du chapitre : Désespoir
Pairing : Derek X Stiles / Slash / Yaoi
Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas.
Note : Bon je m'étais promis de ne pas poster l'histoire avant qu'elle ne soit terminée. Or elle n'est toujours pas terminée. Néanmoins, elle n'est pas loin d'atteindre l'épilogue donc je me permets de la poster ! Vos reviews m'ont tellement plu sur le premier chapitre et j'ai été tellement surprise que l'idée vous plaise autant… alors j'ai craqué… J'espère que vous aimerez la suite !
Autre note, cette fiction sera légèrement mélangée avec celle de Supernatural mais, pas d'inquiétude, si vous ne connaissez pas, vous ne raterez rien, tout sera expliqué au fur et à mesure.
Désespoir
Stiles éclata de rire en observant le jeune béta étalé au sol. Il lui tendit une main secourable et l'aida à se remettre debout, riant toujours.
Isaac grommela en le fixant avant de sourire doucement.
Ils se trouvaient dans un entrepôt non loin de la forêt de Beacon Hill et s'entraînaient dans la bonne humeur. Il allait bientôt faire nuit et les deux adolescents de 17 ans avaient décidé de rester pour s'entraîner tandis que le reste de la meute rentrait chez elle. Derek était parti en même temps que les autres, jetant un regard à Stiles pour être sûr que celui-ci voulait rester ici. L'adolescent lui avait juste tiré la langue avant de se tourner vers Isaac, programmant déjà la suite de leur entrainement.
Cela faisait maintenant une semaine que Derek et Stiles avaient réalisé l'étrange rituel de la morsure. Bien qu'ils aient eu du mal à s'y habituer, désormais leurs liens étaient plus forts que jamais. Toutefois, il arrivait à Stiles de sentir Derek se battre contre leur lien. Bien qu'il n'aime pas ça, il ne disait rien. Après tout, si Derek voulait garder quelques émotions pour lui, il ne pouvait pas l'en empêcher.
Perdu dans ses pensées, l'adolescent ne remarqua pas le regard joueur d'Isaac. Quelques secondes plus tard, il se retrouvait au sol, les quatre fers en l'air.
« Hey ! Tu triches je n'étais pas près ! »
Le loup garou lui tendit la main, souriant doucement. Stiles soupira et lui rendit son sourire. Il ne pouvait décidément pas en vouloir à l'autre s'il le regardait comme ça.
Se remettant debout, il fit de nouveau face au loup garou. Stiles avait décidé de devenir plus fort pour pouvoir se protéger et ne plus être un poids pour la meute. Alors maintenant, il s'entraînait le plus possible. Il travaillait surtout son endurance, sa rapidité, le maniement des armes…
Il connaissait même quelques mouvements d'autodéfense qui lui permettaient parfois de mettre à terre un loup garou et il en était fier.
Les deux adolescents continuèrent leurs petits duels un moment avant que Stiles se ne courbe en deux et ne halète :
« Pause ! Je dois allez boire, j'en peux plus ! »
Il s'éloigna sur un signe de la main à Isaac, slalomant entre les différents objets abandonnés au sol. L'entrepôt avait été aménagé pour deux raisons : l'entrainement et les réunions d'urgence. Une armurerie avait été cachée dans un placard fermé par un cadenas et plusieurs couchettes avaient été placées dans des pièces adjacentes. Pénétrant dans la petite salle de bain, Stiles poussa un profond soupir. Il était fatigué et il voulait rentrer chez lui. Il se fixa un instant dans le vieux miroir et tira doucement sur sa chemise pour dégager sa morsure. Bien que les premiers jours elle ait été rouge et qu'elle le brûlait légèrement, maintenant il s'agissait d'une simple cicatrice rosée. Il la toucha quelques secondes, s'envoyant des vagues de plaisir brut dans le corps et attendit, essoufflé. Seulement quelques secondes plus tard, une étrange sensation d'amour le saisit et il ferma les yeux. Dieu ! Derek était décidemment le compagnon idéal.
Il se fit un grand sourire dans le miroir et il allait sortir de la pièce quand un étrange bruit le fit se figer. Il fronça les sourcils et se retourna, fixant la petite pièce avec curiosité. Un frisson le saisit et tout d'un coup, sortant d'une bouche d'aération, un nuage sombre fonça sur lui. Il écarquilla les yeux, la peur le faisant reculer d'un pas et tout fut noir.
Il revint à lui très rapidement, surpris par ce qu'il voyait. Il se trouvait devant le miroir, se fixant cette fois avec curiosité. Il voulut parler, bouger, mais rien ne se passa. La panique le saisit et il tenta de hurler, mais sa bouche resta close. Son corps lui fit un grand sourire avant de sortir de la salle de bain. Stiles avait beau réfléchir, il ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Son corps s'arrêta devant l'armurerie et il brisa le cadenas d'un coup sec. Il se saisit ensuite d'un couteau, qu'il baigna dans de l'aconit tue-loup. Horrifié, Stiles ne pouvait que regarder ses gestes. Bordel il devait se battre, trouver une solution. Bloqué dans son esprit, il hurla de toutes ses forces pour que quelqu'un vienne l'aider.
« DEREK ! »
Mais l'alpha resta sourd à son appel et il ne put qu'observer la suite, hurlant intérieurement. Il retourna dans la pièce principale, voyant Isaac lui tourner le dos, penché en avant pour ramasser des poids.
Stiles lui hurla de se sauver, de se retourner, de faire quelque chose, mais en vain. Son corps s'avança et, une fois derrière l'adolescent, il dit :
« Hey Isaac j'ai trouvé quelque chose d'intéressant ! »
Le loup garou se retourna avec curiosité et il allait ouvrir la bouche quand le poignard pénétra dans sa poitrine. Il écarquilla les yeux et fixa la lame avec surprise. Face à lui, Stiles souriait doucement. Choqué par ce qu'il venait de faire, il ne put qu'observer le corps du loup garou se faire poignarder, encore et encore. Sous ses coups, Isaac poussait des hurlements tandis que Stiles riait, fixant son œuvre avec délectation. Après de nombreux coups de poignard, Stiles arrêta finalement. Isaac était au sol, le regard de plus en plus vitreux, fixant avec incompréhension son ami. Un cri attira l'attention du corps de Stiles qui se tourna vers l'entrée, curieux.
L'adolescent avait reconnu la voix de Derek. Il allait pouvoir sauver Isaac ! Son corps fixa d'un coup le plafond et l'étrange nuage noir s'échappa, laissant l'humain agenouillé au sol, le poignard dans la main, hébété.
Son regard tomba alors dans celui, presque éteint, d'Isaac. Trop horrifié par la tournure des évènements, il se recula doucement, observant le sang imbiber ses vêtements et coller à ses mains.
« Isaac ! Stiles ! »
D'un regard vide, Stiles fixa son compagnon se figer en observant la scène. Les yeux rouges de l'alpha allaient de l'humain, au couteau et à Isaac.
Et tout d'un coup, Stiles sentit à travers sa morsure de la colère, de l'horreur et… de la haine. Il allait ouvrir la bouche pour expliquer ce qu'il s'était passé quand un hurlement de rage retentit dans l'entrepôt.
En voyant le regard de haine que l'alpha portait sur lui, Stiles sut. Son cœur explosa sous la tristesse et il se redressa doucement, le poignard toujours en main. Son regard tomba sur celui-ci et il le lâcha finalement. Le grognement qui émanait de Derek ne lui disait qu'une seule chose : fui. Les yeux brillant de larmes, il se mit à courir, sortant de l'entrepôt en vitesse et s'enfonçant dans la forêt.
Le cœur battant la chamade, Stiles trébucha sur une racine. Il poussa un petit cri en s'écroulant au sol. De la poussière s'invita dans sa bouche tandis que ses mains, déjà pleines de sang, s'écorchaient sur les brindilles et cailloux. Il toussa plusieurs fois, tentant de reprendre sa respiration. Les yeux brillants de peur, il se força à se remettre debout.
Il jeta un petit coup d'œil derrière lui avant de se remettre à courir, mais il sentait déjà l'acide dans ses muscles se répandre, la fatigue le submerger…
Il n'arriverait jamais à lui échapper…
L'air qui pénétrait dans ses poumons lui brûlait la gorge, l'empêchant de respirer convenablement. Il avança encore plusieurs minutes avant de prendre appui contre un arbre. L'écorce lui écorcha le dos mais il n'y prêta pas attention. Il s'arrêta un instant de respirer, guettant le moindre bruit alentour. Rien. Peut-être avait-il réussi à lui échapper finalement.
A peine cette idée formulée, une silhouette sombre apparut devant lui. Stiles écarquilla les yeux et hoqueta de surprise. Il allait tenter de fuir, une nouvelle fois, quand une main vint lui saisir le cou avec force. Presque aussitôt, Stiles agrippa le bras de son assaillant et le griffa pour lui faire lâcher prise. L'homme face à lui se contenta de grogner avant de resserrer son étreinte, faisant gémir de peur et de douleur l'adolescent. Une larme coula sur sa joue pâle tandis que l'homme en face de lui montrait les crocs sous la rage ressentie. D'un geste violent, il propulsa une fois le jeune homme contre l'arbre derrière lui, appréciant le gémissement de l'humain avant de le relâcher.
Respirant difficilement, Stiles ne put que sangloter quand le loup-garou relâcha son étreinte. Il releva un regard apeuré sur son tourmenteur, tombant aussitôt dans deux perles rouges carmines. Il déglutit difficilement et tenta de le raisonner. Il fallait qu'il comprenne… qu'il lui explique :
« Je… Je n'ai rien fais… Crois-moi… »
Mais malgré lui, il savait que ce n'était pas vrai. C'était bien lui qui avait tenu le couteau dans sa main…
Le loup garou grogna un peu plus fort et il empoigna de nouveau l'adolescent avant de le jeter au sol un peu plus loin. Stiles se réceptionna tant bien que mal avant de gémir doucement. Il s'était probablement cassé un poignet… Bon sang ce qu'il aurait voulu hurler sa rage de ne pas être écouté ! Il tenta de se remettre debout tout en murmurant piteusement :
« Tu dois… me croire… Je… Je t'aime… Derek… »
En entendant le cri bestial du loup garou, il sut que ce n'était définitivement pas les mots à lui dire maintenant. Derek se jeta sur lui, crocs et griffes sorties. Stiles ferma les yeux, attendant la mort qui allait probablement le saisir sous peu.
Et pourtant, rien ne se passa. Il attendit quelques secondes avant d'ouvrir les yeux, pas sûr de vouloir voir ce qui avait empêché le loup garou de lui trancher la gorge. Une autre silhouette, plus petite et qu'il connaissait très bien, s'était interposée. Dans un hurlement brûlant de puissance, Scott le protégeait. Il en aurait pleuré de soulagement. Scott croyait encore en lui.
Il s'éloigna le plus possible des deux combattants, s'adossant difficilement contre un tronc d'arbre.
Inconsciemment, il déposa sa main sur le côté droit de son cou, cherchant le réconfort dans la marque de morsure qu'il arborait depuis plusieurs jours maintenant. Et pourtant, actuellement, elle irradiait d'une seule sensation : la haine. Il ferma un court instant les yeux avant de les rouvrir et de fixer les deux combattants. Scott était là… Dieu ne l'avait donc pas encore abandonné. Il regarda les deux silhouettes se fixer avant que Derek ne retrouve une certaine lucidité. Il hurla alors au jeune alpha en face de lui :
« Il nous a trahi ! A cause de lui, Isaac est… Isaac est… ! »
Stiles ferma les yeux, ignorant les battements précipités de son cœur ainsi que la culpabilité qui le transperça.
Scott poussa un nouveau grognement avant de murmurer, tout bas, brisant les derniers espoirs de l'adolescent :
« Il mérite la mort je sais… Mais tu m'as dit, il n'y a pas si longtemps, qu'on n'avait pas à être des meurtriers… L'aurais-tu déjà oublié ? »
Stiles put voir la rage dû à la trahison emplir de nouveau le regard de Derek. Il laissa une nouvelle larme couler sur sa joue avant d'entendre l'alpha grogner :
« Alors il doit partir. Je ne veux plus jamais… jamais le voir à Beacon Hill. Si je le revois, je le tue. C'est bien clair ? »
Le cœur de Stiles se serra à ces mots et il retint de justesse un sanglot. Bon sang, comment les choses avaient-elles pu se dérouler ainsi… ? Scott grogna son assentiment à l'alpha et se tourna vers l'adolescent au sol. Il cracha alors, les yeux remplis de tristesse et de colère :
« Tu as entendu. Pars… Pars d'ici avant qu'on ne décide de te tuer. Pars… »
Scott posa une main sur l'épaule de Derek et appuya doucement, dans une vaine tentative de réconfort. L'alpha fixait toujours avec rage le corps au sol. Reniflant finalement avec mépris, il se détourna et s'éloigna en silence. Scott le suivit, sans un regard en arrière.
Resté seul, Stiles laissa libre cours à ses larmes. Lorsqu'il arrêta de pleurer, il resta un long moment prostré, fixant la lune dans le ciel noir. Il devait prendre une décision… et vite. Il ne comprenait pas ce qui avait bien pu se passer… Non il ne comprenait pas, mais ils avaient raison. Si Isaac était désormais à l'hôpital, dans le coma, c'était de sa faute. Si Derek voulait le tuer, c'était donc de sa faute aussi… Si Scott le haïssait désormais, c'était de sa faute. Il avait poignardé le jeune loup-garou… il avait même apprécié son regard terrorisé. Reniflant doucement, il se redressa finalement, trébuchant doucement tout en avançant péniblement.
Il lui fallut deux heures pour rentrer chez lui. Il profita de celles-ci pour déterminer son nouveau plan d'action. Il aurait tant voulu pouvoir se coucher et… et revenir à cette époque où, malgré les combats incessant, il y avait de la joie et du bonheur. Mais c'était impossible.
Grimaçant, il pénétra chez lui en silence avant de dire d'une voix misérable :
« Je… Je suis rentré. »
Seul le silence lui répondit et il laissa une nouvelle larme couler sur sa joue. Son père était probablement au poste. Tant mieux, ça rendrait les choses plus faciles. Il avait au moins cinq heures pour tout préparer.
Trois heures plus tard, son sac sur l'épaule, un bandage lui enserrant le bras droit, il pénétra dans sa jeep. Oh, il savait très bien que son père chercherait à le retrouver. Il laisserait donc la jeep un peu plus loin. En attendant, elle lui permettrait de s'éloigner de la ville un maximum.
Il jeta un dernier regard à son domicile avant de tourner la clé et de démarrer son bébé. Il ne reviendrait probablement pas…
Sur son lit, une lettre attendait la venue de son père. Manuscrite, d'une écriture tremblante, elle avait été longue à écrire, malgré le peu de phrases la constituant :
« Hey Papa,
Pour certaines raisons, que tu découvriras probablement avec tes talents, je dois partir. Ne t'en fais pas, tout ira bien.
Je ne te demande pas de ne pas me chercher, de toute manière je sais que tu n'écouteras rien… Quand tu auras retrouvé mon bébé, bichonne-la pour moi ! Je suis désolé de te laisser mais désormais tu n'es plus seul, Mélissa est là aussi. Oui je suis au courant et non ce n'est pas la raison de mon départ.
Promets-moi de manger correctement tous les jours et surtout de faire attention à toi.
Je te donnerais des nouvelles par lettre ! J'irai bien. Tout ira bien.
Tu vas me manquer,
Love U,
Ton fils Genim »
S'éloignant dans la nuit, il laissa de nouveau libre cours à ses sanglots.
11 ans plus tard
Une voix grave retentit, murmurant avec douceur :
« Es-tu sûr d'être prêt… ? »
Devant le silence de son hôte, la voix continua :
« On peut laisser les Winchester s'en occuper si tu ne penses pas pouvoir le faire… »
Secouant la tête avec tristesse, Stiles répondit tout bas :
« Non… Il est temps que je passe outre mes émotions. Qu'importe mon passé, c'est juste un boulot comme un autre. Et puis… Ils ne sauront pas que je suis de retour. Tout ira bien. »
Il déglutit doucement, sachant pertinemment qu'il essayait avant tout de se persuader lui-même. Le démon-loup en lui, murmura doucement :
« Avec ta nouvelle physionomie, ta nouvelle odeur et ta capacité à te déplacer en silence, ça devrait en effet faire l'affaire. Evite simplement de trop te montrer… »
Stiles le coupa et compléta :
« Évite de montrer tes tatouages, ta morsure… oui je sais. Si tu arrêtais de me le répéter, je pourrais peut-être me concentrer. »
Un petit rire retentit dans sa tête, le faisant sourire malgré lui :
« Et c'est toi, faible humain braillard, qui ose me dire cela ? Tu mériterais que je te parle sans arrêt pour me venger. Je te ferais remarquer que j'entends toutes tes pensées. Dont les plus intimes… Je peux te donner des exemples si tu ne me crois pas. Par exemple la fois où tu as vu Dean et Castiel en train de… »
Stiles ferma les yeux et cria dans son esprit :
« Oh mon Dieu ! Tais-toi un peu ! Je ne veux plus y penser ! »
Le démon-loup resta un instant silencieux, laissant finalement quelques secondes de paix à son hôte. Il murmura ensuite :
« Et si on y allait ? Le boulot ne va pas se faire tout seul. »
Stiles ferma un instant les yeux, expulsant le moindre de ses doutes de son esprit avant de les rouvrir, découvrant deux magnifiques prunelles marrons remplies de détermination.
« Oui, on y va. »
Sur ces mots, il tourna la clé de sa Chevrolet Impala flambante neuve et prit la direction de Beacon Hill.
Lorsque la voiture pénétra dans la petite ville, Stiles fut aussitôt frappé par les souvenirs. Chaque recoin lui rappelait un moment de sa vie, alors joyeuse.
La petite supérette au coin de la grande avenue, où il achetait toujours ses sucreries en cachette quand son père travaillait, Scott faisant le guet à l'extérieur, vérifiant que personne ne les connaissait. Ensuite le café où il avait passé de nombreuses heures à discuter avec Scott, ou encore Derek.
Repérant un vieil hôtel placé légèrement à l'écart du centre-ville, il s'y arrêta et réserva plusieurs nuits, sortant l'une de ses nombreuses cartes bleues. La jeune femme de l'accueil lut le nom gravé sur la carte et demanda avec un grand sourire :
« Que venez-vous faire dans notre petite ville, Monsieur Pearson ? »
Faisant son sourire le plus charmeur, il répondit doucement :
« Un voyage pour le travail… J'ai quelques recherches à faire sur la ville. »
Elle ne sembla pas comprendre sa réponse mais lui tendit néanmoins les clés de sa chambre. La remerciant, le jeune homme amena aussitôt ses bagages dans la petite pièce miteuse.
« Tu choisis des chambres dans des états pitoyables… » Murmura le démon-loup en lui.
L'ignorant, Stiles composa un numéro sur son téléphone et s'assit sur son lit, attendant que son correspondant décroche. Après quelques sonneries, une voix caverneuse répondit :
« Ouai ? »
Stiles ne put empêcher le petit bond de joie à l'entente de cette voix. Dieu que c'était agréable de savoir qu'il possédait encore des amis…
« Dean, je suis bien arrivé. Je vais commencer mes recherches. Et vous ? »
Il y eut un petit silence et Dean répondit en reniflant avec mépris :
« Castiel a décidé de tenter une chasse en solo. Je le traque pour être sûr qu'il ne se fasse pas tuer. Sam est resté à l'hôtel, une grippe. »
Stiles eut un petit sourire en imaginant l'ange faire des recherches sur un ordinateur pour trouver un monstre à tuer. Il secoua doucement la tête et dit :
« Fais attention à eux, je vais devoir te laisser. »
« Fais attention à toi aussi gamin et n'oublie pas, si tu as de graves problèmes, préviens nous, on sera aussitôt là. »
Il acquiesça silencieusement et raccrocha, songeur. Il espérait que cette mission dans laquelle il s'était embarqué ne serait pas trop longue. La présence des trois hommes lui manquait déjà. Soupirant, il se laissa tomber en arrière, son corps musclé rebondissant doucement sur le matelas. Il fallait qu'il passe à la station de police et qu'il voit son père. Il voulait se rassurer sur son état de santé, mais aussi découvrir la nouvelle adresse de Chris Argent.
Après quelques minutes, il se redressa finalement, vérifiant inconsciemment dans le miroir que tout était en ordre. Il portait un pull à col roulant et manches longues, cachant les tatouages et la morsure qu'il possédait. A l'aide d'un sortilège d'une sorcière rencontrée quelques années plus tôt, il avait réussi à modifier son visage ainsi qu'à annuler le lien entre Derek et lui. Oh ce n'était pas grand-chose. Ses grains de beauté avaient disparu et la forme de son visage avait changé. A l'origine, il avait surtout fait ça pour arrêter de flipper dès qu'il voyait une affiche avec son visage dessus.
Son père n'avait jamais renoncé à le retrouver, les différentes affiches placardées dans toutes les villes où il pouvait aller le prouvaient. Très vite après sa rencontre avec les frères Winchester, il avait compris qu'il lui fallait régler ça. Il n'aurait pas pu se faire passer pour un flic ou encore pour un membre du FBI si ça tête était placardée partout. Il lui avait fallu un petit moment pour accepter sa nouvelle apparence mais il s'y était fait.
S'il le voulait, il pourrait récupérer son ancien visage, simplement en brisant un tatouage sur son bras, mais pour le moment, ce n'était pas la priorité.
Il fouilla un instant dans son sac de voyage et dégagea une lettre. Légèrement pliée, abimée, elle n'attendait désormais plus que son destinataire.
Prenant les clés de sa voiture ainsi que la lettre, il sortit de la chambre. Quelques minutes plus tard, il arrivait devant la station de police. Il eut un petit sourire nostalgique en voyant les voitures de police stationnées devant. Prenant une profonde inspiration, il sortir de son nouveau bébé et pénétra dans l'immeuble. Celui-ci n'avait pas du tout changé. Derrière le bureau d'accueil, un jeune policier était au téléphone. Stiles prit place devant celui-ci, attendant que l'homme lui accorde son attention. Quelques seconde plus tard, le jeune homme, brun aux yeux bleus, plutôt pas mal d'ailleurs, le fixa avec curiosité et demanda :
« Que puis-je pour vous ? »
Lui souriant doucement, Stiles répondit :
« J'aimerai voir le Shérif. J'ai un message pour lui. »
L'homme acquiesça et pianota un instant sur son téléphone avant de prendre le combiné et de dire :
« Monsieur, un homme pour vous. Je vous l'envoie ? »
Après quelques secondes, il raccrocha et indiqua le chemin d'un geste. Le remerciant, Stiles s'engagea dans le couloir. Il savait parfaitement où se trouvait le bureau du Shérif. Combien de fois y avait-il pénétré par le passé… ?
Toutefois, lorsqu'il toqua à la porte et qu'une voix grave répondit avec puissance « Entrez », il sut que quelque chose clochait. La sensation de picotement à son cou ne fit que le conforter dans son pressentiment. Il ouvrit la porte en silence et serra les dents.
L'homme face à lui n'était pas le Shérif Stilinski. Non… Un regard vert profond, des cheveux sombres, une barbe de quelques jours… face à lui se trouvait Derek Hale.
Et vlan! verdict? Pas trop déçues par le changement de genre?
