voici l'arc2

La chanson: Words on signs d'Archive : /track/2941853 ( deezer . com )

la traduction est faite "maison", ce n'est donc qu'une interprétation, mon interprétation.

Bonne lecture


Arc 2 : « descendre plus bas que terre… »

Un mois…

Cela faisait un mois déjà… Un mois qu'ils avaient été appelé par Ariane… Un mois qu'Heero était plongé dans le coma dans l'hôpital principal de Sank. Les quatre G-boys étaient arrivés en catastrophe dans la chambre qui lui était dédié. La vision qui leur fut offerte était une véritable horreur. Leur ancien ami était attaché aux poignets et aux chevilles au lit, des fils et des aiguilles transperçaient ses veines, les tubes bleus de l'appareil de respiration gonflaient ses joues. Son corps était encore plus squelettique et décharné qu'auparavant. Il n'avait plus que la peau sur ses os saillants. Son teint était terne presque gris, ses ongles jaunies, certains étaient tombés, seul ses cheveux subsistaient mais selon les médecins ils tomberaient. Lorsqu'ils étaient entrés dans la chambre, Trowa avait obligé Quatre et Duo à rester en arrière. Si le petit blond obéit, le châtain se débattit comme un fou pour entrer dans la pièce…

Cela faisait un mois que le natté restait au chevet de son ami. Il avait pleuré, il avait hurlé, il avait passé sa colère sur toutes les personnes qui se trouvaient à sa portée, maintenant il attendait. Il n'osait pas prendre la main du japonais dans les siennes de peur de la casser, il semblait si fragile, lui qui avait été le soldat parfait auparavant. Il ne lui avait rien dit, il ne l'avait pas touché, il n'osait pas, mais il restait à ses côtés sans un mot. Devant son désespoir, les médecins avaient finis par accepter qu'il puisse dormir auprès du malade. C'est ainsi que Duo ne sortit plus à son tour de cette pièce, pas sans Heero comme il le répétait à ses amis qui venaient le voir. Il avait rompu avec Alia une semaine après son départ, il ne supportait plus d'entendre la jeune femme, il ne supportait plus de l'entendre demander quand est-ce qu'il reviendrait, quand est-ce qu'ils pourraient se voir... Il ne voulait plus rentrer, il ne voulait plus revenir, il ne voulait plus la voir. Maintenant qu'il avait retrouvé son âme sœur, même dans la mort il ne la laisserait pas partir…

Deux mois…

Le matin, Duo se levait, il ouvrait les rideaux de la baie vitrée. Il s'asseyait sur le siège à côté des carreaux et regardait la ville qui s'étalait sous ses yeux, cette ville qui semblait si vivante comparée à l'esprit de la mort qui rôdait dans les couloirs du bâtiment. Heero avait été débranché, sauf de l'alimentation, il respirait de nouveau tout seul. Ses cheveux n'étaient pas tombés, ses beaux cheveux bruns que Duo peignait avec amour. Il restait comme ça devant la fenêtre pendant près d'une demi-heure, puis le service de chambre arrivait, il prenait un éternel café, n'ayant plus le cœur à mangé quelque chose d'autre. Quatre disait qu'il devrait bientôt être alité lui aussi, mais ce trait d'humour ne le faisait plus rire. Puis il se levait et se lavait brièvement. L'infirmière qui passait le matin pour les soins lui apportait le journal, il ne regardait pas la télévision. Bizarrement, il avait demandé à ce qu'on lui envoi l'ordinateur d'Heero, celui-ci restait allumé toute la journée sans que personne ne s'en serve, comme si la machine pouvait faire revenir son maître.

Duo avait commandé un bouquet chez le fleuriste pour tous les deux jours, le parfum des fleurs embaumait la pièce d'une douce fragrance. Le natté passait ses journées assis dans le fauteuil soit à côté d'Heero soit à côté de la fenêtre. Il lisait, il lisait tout ce qu'il pouvait mais toutes les cinq secondes il jetait un coup d'œil en direction de son ancien coéquipier. Eux qui avaient tous vécus, comment en étaient-ils arrivés là ? Comment ? Heero avait toujours été si fort, il avait dégringolé d'un immeuble quasiment sans égratignure puis s'était remis d'une jambe cassée en la remettant en place à la main. Comment cela était-il arrivé ? Cette descente aux enfers, quand est-ce qu'elle s'arrêterait ? La seule chose qui pouvait faire sourire Duo était de voir les couleurs revenir peut à peut sur les joues du japonais. Maintenant qu'il ne se droguait plus et les « aliments » que son corps recevait, tout cela redonnait forme à son visage. Mais pour combien de temps ?

Trois mois…

Trois mois déjà… Trois mois que le châtain regardait le soleil se lever le matin, tout les matins le même… Trois mois où tout les matins il espérait que ce soit ce jour là ! Que ce soit LE jour où il pourrait revoir les pupilles cobalts de son ange déchut. Le jour où il pourrait enfin se reperdre dans cet océan qu'il aimait tant. Mais chaque soir, il se fermait les volets sur les lumières de la ville et des larmes silencieuses coulaient le long de ses joues. Ce jour n'avait pas encore été le bon. Et pourtant, l'espoir continuait de vivre en son cœur. Et cet espoir ne mourrait jamais, même lorsque le cœur du japonais cesserait de battre, il croirait encore qu'un miracle puisse exister. Aucun des jours de la semaine il ne se laissait aller, il s'habillait toujours comme pour aller à un rendez-vous, il continuait de changer les fleurs de la chambre. Maintenant, il osait descendre, il quittait un peu la pièce mais seulement pour aller chercher un café ou un chocolat ou un magasine, puis il revenait auprès du brun.

Aucune trace de vie chez Heero, il était toujours aussi pâle, toujours aussi raide et froid, comme un cadavre dans son linceul blanc. Rien à part un léger, très léger mouvement de sa poitrine indiquait qu'il vivait encore. Les médecins ne comprenaient pas pourquoi il restait dans le coma, il n'avait plus aucune trace de drogue dans ses veines, son activité cérébrale était intacte mais il ne se réveillait pas… C'était comme s'il refusait de se réveiller. Duo avait commencé à le toucher, il lui serrait de plus en plus la main, il frôlait de ses doigts son poignet en faisant attention aux aiguilles, il remontait à l'intérieur du bras de son ami jusqu'à la base du cou, puis il laissait ses doigts vagabonder sur sa mâchoire puis sur ses lèvres. Un baiser indirectement posé sur le visage d'un mort-vivant. Mais le jeune homme pourrait rester comme cela des années, l'éternité s'il le fallait. Il serait là lorsqu'Heero ouvrirait ses yeux de nouveau, il serait là…

Si tout pouvait toujours se passer comme on le souhaite…

Quatre mois…

Duo n'était pas dans la chambre… Non, il n'y était pas car il se trouvait dans le bureau du médecin en chef. Ceux-ci voulaient mettre Heero dans une chambre commune, peut-être que l'animation lui ferait ouvrir les yeux. Duo s'interposait à cette idée, non il ne voulait pas que son amour soit à la vue de tous… Lorsqu'il avait apprit ça, il avait faillit foutre son poing dans la tronche du médecin qui était venu le leur annoncer, il avait décidé d'aller voir directement les hautes instances. Il était sortit de la chambre en jetant un regard vers Heero.

« Reste avec moi… »

C'était la première fois que sa voix chantante résonnait dans la pièce en la seule présence du japonais. Mais maintenant il n'était pas dans la chambre…

Un bruissement de draps, un gémissement, deux paupières lourdes qui s'ouvrent… Qui s'ouvrent sur du vide… Une tête qui tourne, à gauche, puis à droite. Des paupières qui clignent pour capter tout ce qui se trouve autour. Des doigts, des membres qui se remettent doucement à bouger, d'abord les doigts puis lever un bras puis plier une jambe. Enfin le corps entier qui reprend vie et qui se redresse. Les pupilles cobalts se lancèrent à l'assaut de leur environnement, une chambre blanche, juste un vase sans fleur –Duo n'avait pas eu le temps de le changer ce matin là, le fleuriste étant en vacance- et personne d'autre, rien, personne d'autre. Aucune affaire ne trainait, il n'y avait rien qui trainait, pas un livre, pas un magasine, rien. Bien sûr lorsqu'on sort de quatre mois de coma, on ne va pas ouvrir le placard en premier lieu, sinon il aurait découvert les affaires de Duo. Heero baissa la tête, il prit les fils entre ses doigts et tira dessus. Les aiguilles sortirent de ses veines non sans qu'il grogne de douleur. Il se redressa et posa ses pieds sur le sol, après s'être assuré de la stabilité de ses membres, il se leva et marcha un peu. Très vite il se réhabitua à la marche et retrouva ses réflexes –on a l'entraînement du soldat parfait ou on ne l'a pas.

Le japonais s'habilla, il ouvrit la porte qui menait sur le couloir et jeta un coup d'œil, il n'y avait personne, il se glissa le long du mur et s'évanouit dans les limbes du bâtiment. De toute manière personne n'était resté auprès de lui donc pourquoi serait-il resté plus longtemps ? Pourtant, il y avait cette voix… Cette voix qu'il chérissait tant et qui résonnant dans sa tête…

« Reste avec moi… »

ce n'est que ton imagination, pauvre fou¤

Je ne crois pas l'avoir rêvé…

¤Tu l'as rêvé, fais moi confiance¤

Comment pourrais-je te faire confiance ? C'est toi qui m'a plongé dans cette léthargie…

¤C'était pour ton bien, tu aurais dû me rejoindre.¤

Te rejoindre ? Où ça ?

¤Dans les enfers¤

Je ne veux pas mourir

¤Tu devras pourtant¤

Je ne mourrais pas parce que tu me l'ordonne.

¤Ne t'inquiète pas, tu me rejoindras !¤

Sors de ma tête… SORS DE MA TETE !!

¤cela ne sert à rien de crier, je fais partit de toi¤

Tais-toi… TAIS-TOI !!

¤Si tu veux, mais je serais toujours là…¤

¤je ferais toujours partit de toi¤

¤et tu me rejoindras¤

¤je te laisse en paix quelque temps¤

¤mais tu ma rejoindras¤

¤dans moins de temps que tu ne le crois¤

Vas-t'en…

¤à bientôt…Je t'attends…¤*

Lorsque Duo rentra dans la chambre, il jeta un magasine sur le plus proche fauteuil, il était vraiment en colère, c'est comme s'il pouvait se jeter sur tout le monde et les étriper. Shinigami n'était plus très loin.

« Tu sais Heero… Je ne les laisserais pas faire, non. Je te le promets ! Heero… Je… Heero ??? HEEROOOOOO !!! »

Le lit était vide, le natté se jeta sur les couvertures, il les balança à travers la pièce, retourna les draps, retourna le vêtement, il mit à terre les rampes, il ouvrit la porte de la salle de bain comme un dément. Des infirmières qui passaient par là entendirent le carnage, elles ouvrirent la porte et virent le désastre. Le jeune homme se trouvait au milieu de la pièce, ses pupilles améthyste fixées sur une chose inexistante, des plumes d'un oreiller dans les mains, mains et corps qui tremblait comme s'il était atteint d'une fièvre. Seuls quelques mots sortaient de sa bouche.

« Partit… partit… il est partit… non… non… non… partit… il ne peut pas… partir…Heero… »

L'une des infirmières comprit ce qui c'était passé vu qu'il n'y avait plus personne dans le lit retourné, elle prit Duo par les épaules et le fit s'asseoir dans le fauteuil. Duo restait comme fou se berçant d'avant en arrière, les genoux repliés sous son menton. C'est dans cette position que le retrouvèrent Quatre, Trowa et Wufei qui vinrent le chercher. Tout l'hôpital avait été mis sans dessus dessous pour retrouver le fugitif… mais autant chercher une aiguille dans une botte de foin, retrouver le perfect soldier était mission impossible. Ce n'était pas pour rien qu'il était le meilleur soldat. Retrouver sa trace était impossible, il devait déjà être loin, très loin.

Les semaines qui suivirent, Quatre mis en place d'importants moyens de recherches. Tout le pays de Sank fut fouillé, des consignes aux habitants furent données, des portraits durent distribués. Puis cette recherche s'étendit à la terre entière, puis se fut les colonies qui purent recevoir des ordres. Les meilleurs détectives furent sur le coup mais rien… Rien du tout… C'était comme si…

« C'est comme s'il n'avait jamais existé… »

Quatre releva les yeux sur son ami. Depuis la disparition d'Heero, Duo était venu emménager chez eux. Trowa avait accepté sa présence le temps qu'il se remette de la perte de leur ami, une seconde fois, une seconde perte. Mais cette fois-ci, Quatre doutait que le jeune homme puisse s'en remettre. Il le sentait au plus profond de lui-même. Il voyait ce Duo replié sur lui-même qui pleurait la perte de son seul amour. Il doutait qu'il ne puisse continuait à exister ainsi… Pourtant contre toute attente, le natté continuait à s'accrocher à cet espoir, si infime soit-il.

« Je suis désolé… Quatre… Je ne peux plus rester… Je te donnerais des nouvelles. »

Le blond regarda la natté se lever et sortir de la pièce. Ses yeux bleus clairs étaient écarquillés puis un sourire léger vint fleurir sur ses lèvres. Il avait vu ce Duo qui pleurait se redresser et l'ombre s'évanouir pour laisser place à la lumière. Il savait où il allait, il savait ce qu'il voulait faire et ce n'était pas lui qui allait l'en empêcher. Quelques minutes plus tard Trowa entra dans le bureau de son amant. Il regarda le fauteuil vide et questionna sans un mot le petit arabe qui regardait par la fenêtre, le visage de nouveau joyeux, visage qu'il n'avait pas vu ainsi depuis longtemps.

« Il est partit chercher son âme sœur. »

Cette seule réponse à sa question muette le fit sourire lui aussi. Il contourna le bureau et prit le blond dans ses bras, ses pupilles turquoise se plongeant à leur tout dans la verdure du parc qui s'étalait derrière la maison. Maintenant, ils ne pouvaient rien faire que d'attendre. Attendre que le temps passer et qu'un nouveau soleil resplendissant éclaire leurs sombres existences.

Heero n'avait pas eu de mal à effacer les traces de son passage. Dans tous les lieux où il allait, il se faisait passer pour quelqu'un d'autre et personne ne voyait le subterfuge. Tout lui convenait, il vivait comme un voleur, fuyait comme un voleur. Mais cette fuite semblait lui donner le courage de vivre. De survivre. Ce fut sur L1 qu'il se retrouva de nouveau, cette colonie qu'il avait tant détesté et qu'il avait cherché à fuir par tous les moyens. Pourtant il se retrouvait de nouveau dessus, à loger une petite chambre miteuse sous un toit. Il ne payait quasiment rien, de toute façon, il ne voulait pas aller piocher dans les économies qu'il avait à la banque, sinon sa trace serait tout de suite repérée, il en était sûr. Aussi, il fallait qu'il se débrouille comme il pouvait, il fallait qu'il trouve le moyen d 'avoir un peu d'argent sans que cela soit trop voyant pour que les sbires de quatre ne le remarquent pas. C'est seulement trois mois après sa sortie du coma il se retrouva embauché au noir dans un petit pub d'un quartier mal famé. Cela lui convenait parfaitement ainsi qu'à son patron. Les deux y trouvaient leur compte.

Il dansait, il dansait pour sa survie. Il dansait tous les soirs dans le pub sous les yeux de quelques spectateurs qui étaient des privilégiés. Il avait dû arrêter la drogue dure qu'il avait reprise à sa sortie de l'hôpital, il ne pouvait plus que fumer. Il devait aussi manger pour ne pas être trop maigre. Tous les soirs il se préparait dans sa petite chambre, il se maquillait devant sa glace fendue, il peignait comme il pouvait ses cheveux qui avaient été coupés pendant son séjour à l'hôpital. Puis il allait au pub, là il enfilait divers vêtement. Ce soir là, il avait dû porter un sort en cuir noir qui moulait ses fesses, une chemise blanche ouverte à demie sur son torse. Des chaînes étaient attachés à l'avant du short, elles passaient entre ses cuisses et remontaient dans son dos pour finir attachées sur un collier de cuir noir et argent. Il dansait, laissait son corps se déhancher sur la piste de danse et contre la barre de la scène. Il mimait l'acte sexuel devant des paires d'yeux affamés, il faisait jouir les ventrus qui le regardaient, il les faisait le désirer, il les faisait bander sous ses déhanchements sensuels mais lui ne ressentait aucun plaisir, seulement du dégoût. Il cherchait son futur client dans l'assemblée, celui qui pourrait lui offrir le plus argent.

Encore une fois, l'acte avait été rapide, très rapide. Il put donc se remettre sur la piste une nouvelle fois dans la même scène. Il l'avait fait dans les coulisses devant les yeux de ses camarades d'infortunes. Pourtant il ne partageait jamais ses clients, non, il faisait ça pour survivre et la loi du plus fort régnait sur cette terre. Il dû se changer, choisissant de venir sur scène torse nu, un pantalon en lin blanc presque transparent pour seul vêtement, laissant voir et admirer ses attributs sous le tissus fin. Dès qu'il entra en scène, des sifflements approbateurs retentirent. Il se stoppa sur le devant de la piste et plongea ses yeux cobalts dans les projecteurs. Pendant toute la danse il ne fixerait qu'eux mais les gros porcs qui le voulaient ne le remarqueraient même pas, comme ils ne remarquaient pas qu'il ne jouissait pas pendant leurs actes monstrueux et barbares. Ainsi, il ne remarqua pas les yeux améthyste qui le fixaient du fond de la salle. La musique retentit, douce et claire mais en même temps triste au possible. Heero cacha un petit sourire, le responsable des disques avait bien choisit.

La danse fut sensuelle au plus possible, Heero se servit de la barre comme d'un partenaire, il tournoya autour d'elle, donnant des coups de bassins contre celle-ci, se mordant la lèvre inférieure, s'accrochant d'une main à elle, il se cambra légèrement, la bouche ouverte mimant la jouissance. Puis alors qu'il dansait une sorte de tango avec ce partenaire invisible, il se frôlait le corps, touchait son torse imberbe, faisait luire ses muscles parfait aux lumières tamisées. Il s'approcha du bord de la scène et se coucha, il roula sur le sol, se cambrant en donnant des coups de hanches, mimant l'acte en lui-même, ses mains parcourant chaque centimètre de sa peau, jusqu'à son entre-jambe, il haletait ou plutôt faisant semblait d'haleter, refoulant son envie constante de vomir sur ceux qui le regardait. Il avait déjà choisit sa proie, un homme d'une cinquantaine d'année en train de boire un verre de vodka, l'homme ne le quittait pas des yeux, il semblait riche, très riche et très puissant, il semblait aimer la soumission chez ses partenaires, en tout cas tout dans ses gestes faisait qu'Heero pensait cela, son pantalon tendu trahissait son excitation certaine. Heero continua sa danse provocante tout en le regardant dans les yeux, ne le lâchant pas. Alors que la musique s'arrêtait, il passa sa langue sur ses lèvres, les yeux mis clos comme fiévreux, les jambes un peu écartées en direction de l'individu. C'est dans cette pose que les projecteurs s'éteignirent et qu'il put s'en aller. Lorsqu'il revint dans la salle, prêt à partir, l'homme l'alpagua, il partit avec lui dans un sourire triste. Un jeune homme natté les suivit de près.

Cela faisait sept mois que Duo était partis de chez Quatre et Trowa, cela faisait huit mois qu'Heero était sortit du coma. Le jeune homme l'avait cherché sans relâche depuis son départ. Il était repassé dans tous les coins où il pensait pouvoir le trouver, même les anciennes bases d'OZ qu'ils avaient détruits ensemble pendant la guerre. Tous les endroits, les planques, les lycées, tout… Il repassa sur les lieux où les hommes de Quatre étaient déjà passés, il fouilla des endroits où personne n'aurait pensé aller. Il chercha vraiment dans tous les endroits possibles. Parfois, il pensait retrouver sa trace mais celle-ci s 'évanouissait de nouveau dans la nature. Cela pendant près de deux mois puis… plus rien… (Si vous calculez bien c'est lorsque Heero entre dans le pub). C'est comme s'il ne bougeait plus, comme s'il était mort…Mais il ne pouvait pas être mort, quelqu'un saurait forcément quelque chose. Il se mit alors à fouiller de fond en comble toutes les colonies, puisque la terre n'avait rien donné. Il commença par les plus riches puis finis par les plus pauvres. C'est avec un visage dégoûté qu'il parcourut de nouveau les bas fonds de la société notamment L2… Pourtant il recherchait toujours le japonais, il restait accroché à cet espoir infime.

C'est un jour où il se trouvait sur L1, qu'il avait aussi fouillé, qu'il entendit une conversation sous cape. Les deux hommes d'apparences riches, sûrement des hommes d'affaires parlaient d'un certain pub dans la banlieue, lieu où l'on pouvait trouver des putes de bonne qualité, hommes et femmes confondus. Les deux hommes apparemment connaissaient bien l'endroit et la conversation dévia sur un certain japonais aux yeux bleus profonds que tous deux avaient essayé. Duo en resta bouche bée… Il n'avait pas cherché dans ce genre de maison, ne pensant pas qu'Heero puisse tomber aussi bas, plus bas encore que les enfers… Il ne pouvait pas se prostituer… C'est ainsi que le soir même et à force de billets, il se retrouva parmi l'assemblée et qu'il put revoir de nouveau ces pupilles tant adorées…

« Allez montre-moi ton visage, j'aime voir la jouissance sur les visages de mes putes ! »

Heero tourna la tête vers l'homme, il mima un regard fiévreux et un semblant de désir. Cela dû convenir puisque les coups de butoirs furent plus violents encore. Le japonais sentit son corps se déchirer sous les assauts de l'individu, il sentit le sang couler le long de ses cuisses.

« Je veux entendre ta voix, sale petite pouffiasse ! »

Le brun ravala toute sa rancœur, sa colère et la boule qu'il avait dans la gorge, il produisit des sons, des sons incohérents. Cela avait été pire que jamais. Cinq fois qu'il se faisait prendre comme un sauvage. L'homme l'avait battu, torturé, et il prenait son pied en demandant qu'Heero jouisse. Cela lui était impossible. Heureusement que dans sa position écrasée le ventre contre le matelas, l'homme ne pouvait voir son membre flasque sinon il aurait été mort. Il n'en pouvait plus, il voulait que ça cesse… Soudain, il sentit l'autre se contracter, il cria comme s'il jouissait mais c'était de pure douleur. Il sentit l'homme se retirer et la semence couler le long de son intimité meurtrie et finir sur les draps.

« Tient, ma catin ! »

Heero sentit la liasse de billet rebondir sur son dos lacéré. Il entendit la porte de sa chambre claquer et les pas s'éloigner. Enfin, il se redressa sans se retenir de crier de douleur, il se dirigea en titubant vers la petite salle de bain et vomit. Il vomit sa douleur, il vomit sa vie, son existence, tous ceux qui l'avaient abandonné… Lorsqu'il n'eut plus rien à vomir, même pas la bile qui lui tordait le ventre, il se redressa et alluma la radio, il alluma un pétard et s'assit sur le rebord de la fenêtre ouverte, du côté extérieure, il regarda la ville qui s'étendait à ses pieds. Il avait fait cela trop longtemps, il ne pouvait plus vivre comme ça… La musique qui sortait du poste, était douce et belle, la voix s'éleva dans le noir du jour qui commençait à se lever. Cette fois-ci Heero n'alla pas se laver après avoir finit son pétard, non il se laissa aller contre l'appuie de fenêtre, il ferma les yeux et écouta la chanson.

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Lose those eyes down,
we all fall down,
into the space,
gone with no trace,

(Laisse ces yeux dans le vague

Nous n'avons plus d'espoir

A travers l'espace

Partis sans laisser de trace)

Je te l'avais dit que je reviendrais, tu ne peux pas m'échapper¤

¤cette fois je ne partirais plus, tu m'appartiens¤*

Heero avait toujours les yeux fermés, il n'entendit pas deux hommes parler en bas de l'immeuble et l'un d'eux se faire égorger par le dieu de la mort.

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feel your heart slow,
where will we go,
into the sunlight,
or the dead of night.

(Sentir ton cœur apaisé

Là où nous irons

Que ce soit dans la lumière du soleil

Ou lorsque la nuit meurt)

Que comptes-tu faire maintenant, me fuir ?¤

Non, ce n'est plus ce que je veux…

¤Alors tu sais ce qu'il te reste à faire¤*

Il n'entendit pas non plus la porte de l'immeuble se faire forcer et s'ouvrir à grands fracas, ni le concierge se voir renvoyé dans sa loge sans aucune précaution.

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There's nobody here for me now

There's nobody here for me now

There's nobody here for me now

(Il n'y a plus personne ici pour moi maintenant

Il n'y a plus personne ici pour moi maintenant

Il n'y a plus personne ici pour moi maintenant)

*¤Tu ne peux plus m'échappe¤

Je sais…

¤mes griffes sont ancrées dans ta chaire¤*

Il n'entendit pas les éclats de voix dans tout l'immeuble, des résidents qui étaient sortis pour voir ce qu'il se passait.

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So much running scared,
living breathing dead.

(Tant de courses effrayées

Le souffle de vie est mort)

Je suis toi, tu es moi¤

Nous sommes un

¤un dans la vie, un dans la mort¤*

Il n'entendit pas les cris poussés contre l'ascenseur qui était encore une fois en panne, non il n'entendit rien.

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There's nobody here for me now

There's nobody here for me now

(Il n'y a plus personne ici pour moi maintenant

Il n'y a plus personne ici pour moi maintenant)

Tu sais ce qu'il te reste à faire¤

¤Me rejoindre¤*

« Je suis seul… »

Les larmes coulèrent le long de ses joues, il laissa sa cigarette plonger dans le vide. Il n'entendit pas le course des pas effrayés monter l'escalier.

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Silence fills your through,
time to tell the truth,
see the words on signs,
it ends with a blink of an eye.

(Le silence t'envahit totalement

Il est temps de dire la vérité,

De donner un sens aux mots

Cela finit dans un clignement d'œil.)

*¤Tu sais ce qu'il te reste à faire¤

Mourir…

¤mourir¤*

« Je suis seul… »

Il n'entendit pas le porte s'ouvrit à la volée, il n'entendit pas son nom être crié par l'homme qu'il aimait et qui le hantait. Il n'entendit rien et se laisse tomber dans le vide.


Oulah de pire en pire... Reviews please *yeux de Heero perdu* *_*