Et l'arc 3...

la chanson: L'appartement de Noir désir : /track/2179944 (deezer . com )

Bonne lecture et merci pour vos reviews 3

Enfin le BAC de finit!!! S mention bien... que demander de plus? Xd


Arc 3 : « Trahison… »

Il n'avait pas sentit le trottoir qui aurait dû normalement venir à sa rencontre. Il ne s'était pas sentit tomber, chute lente et froide à travers les abysses. Non, rien de tout cela. Juste la douleur, une douleur affreuse dans son épaule comme s'il était retenu vers le haut par la main. C'est dans un hurlement de souffrance qu'il entendit les os de son bras et de son épaule craquer puis rompre. Les morts ont-ils mal ? Etait-il en enfer ? Il se sentait balloté dans les airs comme une poupée, mais une marionnette dont les fils ont été coupés, ne restant suspendu que par une main, une corde légère subsistant et le gardant en vie. Les morts ont-ils mal ? Cette atroce douleur l'avait fait sombrer, il s'évanouit sans attendre la suite des évènements. Il ne se sentit pas être tiré contre un torse chaud, dans des bras musclés, il n'entendit pas ce cœur cogner dans cette poitrine à tambour battant.

Tic

Tac

Tic

Tac

Bruit de montre ? Tic Tac d'une horloge ? Les morts n'ont pas besoin de savoir le temps alors pourquoi ce tambourinement continuel, incessant… Pour le rendre fou ? Tic Tac… Est-il possible d'enlever les pilles ? C'est sur cette pensée et en fronçant les sourcils qu'Heero ouvrit les yeux pour contempler la source du vacarme. Il tourna la tête très légèrement et comprit la source de son problème. Une grosse montre d'argent promenait son « Tic tac », son aiguille transperçante, courant le long du cardan sous les yeux cobalts de l'ancien soldat. Le jeune homme remonta le long du bras auquel était accroché la montre puis l'épaule, épaule sur laquelle reposait le début d'une longue natte… Une natte ? Heero se redressa violemment en se tordant le cou pour pouvoir voir le visage de son veilleur. Il n'en eut pas le temps qu'une douleur fulgurante lui transperça l'épaule. Il retomba sur le matelas en gémissant, sous ses doigts de son bras libre il sentait le plâtre qui enfermait son poignet, son coude, tout son bras posé en écharpe.

« Heero… Reste couché bon sang ! Tu ne crois pas t'être fait assez mal comme ça ? »

Le japonais écarquilla les yeux sous la surprise. Devant lui ou plutôt au dessus de son visage se tenait celui qui hantait ses rêves les plus fous, l'homme qui a lui seul tenait la plupart de ses fantasmes. Duo Maxwell, les mèches de ses cheveux auréolant son visage inquiet. Une main douce parcourant la peau d'Heero, son bras qui était intact. Le jeune homme aux yeux cobalts se perdit dans les pupilles améthyste qui le fixaient. Il voulu dire quelque chose mais un doigt posé sur ses lèvres l'en empêcha.

« Non, Heero, ne dit rien. Tout est de ma faute, j'aurais dû être toujours à tes côtés depuis le début. Depuis la fin de la guerre, j'aurais dû suivre mes instincts et te suivre. J'aurais dû rester avec toi lorsque tu es venu chez Quatre, je n'aurais pas dû quitter ta chambre même cinq minutes lorsque tu étais dans le coma… Tout est de ma faute… Heero… Oh ! Heero ! Pardonne-moi ! Pardonne-moi ! Pardonne-moi… »

Les larmes avait commençait à couler sur le visage de l'ange. Elles s'écrasaient sur la peau brûlante du métis qui leva une main et essuya les yeux de son vis-à-vis. S'il avait pu parler, il l'aurait fait, mais lorsqu'il ouvrit la bouche, aucun son n'en sortit ; il réessaya mais il ne pouvait plus parler. Aussi il se contenta de hocher la tête en souriant légèrement, ses yeux emplis de douceur. Son cœur s'emplissait d'une chaleur immense, chaleur qui se répandait à travers son corps entier. Il se renfonça dans le matelas, il avait comme l'impression que tout pouvait mieux aller maintenant. Tout serait différent. C'est comme cela qu'il s'endormit, sa main serrant celle de son ange revenu pour le sauver.

Tic

Tac

Tic

Tac

Toujours ce son. Toujours cette musique. Mais cette fois, elle rassurait Heero, cela voulait dire qu'il ne l'avait pas abandonné, qu'il était resté auprès de lui, même pendant son sommeil. Il ouvrit des paupières lourdes, un sourire chaleureux l'accueillit et pour une fois depuis bien longtemps, il fut heureux de se réveiller. Duo passa derrière son lit et le redressa de manière à faire asseoir le convalescent. Puis il tira vers le jeune homme un plateau repas. Il le fit manger tranquillement, lui laissant le temps de se réhabituer à manger un repas complet. Pendant ce temps, il parlait, parlait, comme s'il voulait combler toutes ces années, tous ces mois où ils n'avaient rien pu lui dire, où il avait rêvé de le faire mais qu'il n'avait pas pu le faire.

«Sally veut que tu te reposes encore quelque temps. Nous t'avons fait passer des examens les premiers jours, des prises de sang, des scanners et tout ça… Nous avions peur que tu ais quelques chose de mauvais comme le sida. J'ai eu les résultats ce matin, tu n'as rien du tout, c'est presque un miracle. Peut-être que pour une fois, Dieu veut bien que nous soyons ensemble et que nous puissions vivre heureux. Je suis désolé pour ton épaule et ton bras… Mais lorsque tu as sauté, je t'ai rattrapé comme j'ai pu… Encore désolé… »

Heero ne répondit pas, cela faisait trois jours qu'il c'était réveillé avec duo à ses côtés. Cela faisait trois jours qu'il s'était aperçu qu'il ne pouvait plus parler. C'était comme si ses cordes vocales avaient été écrasées ou broyées par la poigne de son dernier client. Un médecin avait dit que ça s'arrangerait avec le temps, que c'était plus psychologique. Seulement, ne parlant plus, le jeune homme ne pouvait pas consulter un spécialiste. Il avait donc toujours à côté de lui une ardoise en Velléda et un crayon pour écrire ses messages. Duo, lui, ne semblait pas s'en préoccuper. Il attendait. Aucun baiser entre eux, aucune effusion de tendresse depuis le premier réveil d'Heero. Pourtant, pour longtemps, en fait depuis la fin de la guerre, Heero se sentait entier. Il n'avait plus refait de cauchemar, il n'entendait plus cette voix dans sa tête. C'était comme si cette partie noire d'Heero avait été remplacé par l'attention que lui portait Duo.

L'américain retira le plateau en partie finit et revint aux côtés de son ancien compagnon d'arme. Il le regarda en souriant puis lui présenta plusieurs livres ou magasines. Le jeune métis hésita devant certains qui lui paraissaient un peu « osés ». Au final il choisit un joli recueil de contes. C'est en lisant « cendrillon » qu'il s'endormit. Duo retira le livre de ses mains et repoussa les couvertures sur le corps de son aimé. Il l'observa longtemps. Son expression si calme et détendue lorsqu'il se trouvait dans les bras de Morphée. Pourtant, il avait déjà vu ce visage se tendre d'effroi et sa bouche se tordre dans un cri effroyable qui retentissait dans la pièce. Comme quoi il pouvait encore parler, lorsqu'il poussait ce cri. Cela à chaque fois qu'il s'éloignait. Mais dès qu'il revenait et prenait la main du métis dans sa main, celui-ci reprenait un visage apaisé. Le jeune natté n'avait jamais pu qu'il aurait autant souffert et il comptait bien remédier à cela.

Tic

Tac

Tic

Tac

Déjà une semaine qu'il se trouvait dans cette chambre blanche. Il était sortit de on lit et appuyé sur le bras de Duo ou encore soutenu par celui-ci il sortait de sa pièce pour se promener dans l'hôpital. Il put ainsi acheter quelques petites choses, se payer le coiffeur et découvrir un peu de la joie d'un accouchement. Il se prit en affection avec une petite fille et allait jouer avec elle tous les jours. La pauvre petite était dans cet établissement pour encore quelques semaines, elle avait eu de graves fractures et des traumatismes, elle avait perdu toute sa famille lors d'un accident de bateau, l'embarcation s'était fracassée contre des rochers, elle était la seule survivante. Heero jouait avec elle tous les jours, il était là lors de ses soins et il lui lisait une histoire (ou plutôt il lui montrait des images ne pouvant pas parler et duo faisait la voix ) avant que celle-ci ne s'endorme. Maria et Duo était les deux personnes qui lui permettait de tenir debout.

Là, il attendait Duo qui était partit parler de sa future sortie avec Sally. Celle-ci avait dit qu'il pouvait sortit dès le lendemain, mais qu'il devait surtout se reposer et éviter toute tentation de drogue ou d'alcool. Duo avait dit qu'il irait chez lui, il avait quitté temporairement son travail chez les Preventers depuis qu'il était partit chercher Heero et il n'avait pas repris le travail depuis, préférant rester aux côtés du japonais, jusqu'à ce qu'il aille parfaitement bien. Le jeune homme leva la tête lorsqu'il entendit la porte et s'ouvrir et se refermer doucement, laissant ainsi passer son gardien. Duo s'approcha de lui avec un sourire, il s'assit sur le bord de la fenêtre et plongea ses yeux au dehors.

« C'est d'accord. Tu sors demain matin et je t'emmène chez moi. Tu verras, ce n'est pas très grand, mais nous avons largement assez de place pour deux. En attendant que tu puisses sortir, je te prêterais mes affaires, nous irons acheter les tiennes ensembles. »

L'américain se leva et posa sa paume contre la vitre glacée. Son souffle formait des cristaux sur la glace froide. Il posa son front contre la surface place et soupira. Ce qu'il avait à dire à Heero, il devait lui dire depuis longtemps. Pendant ce temps, le japonais le fixait, il attendait le moindre geste de sa part, qu'il sache ce qui allait, ce qui n'allait pas.

« Tu sais… Je l'ai quitté… Cette femme… Je l'ai quitté pour toi… Je sais que j'ai dit que j'allais me marier mais c'était faux, je me mentais à moi-même. Je ne peux pas me marier car je ne peux pas vivre sans toi. J'espère que tu comprends, Heero, je ne t'abandonnerais plus jamais. Fais-moi confiance et tout ira bien. Je te le promets. »

Le japonais porta une main sur sa poitrine, dans laquelle résonnait son cœur. Il avait chaud et ses joues prirent une jolie teinte. Un immense sourire fendait son visage qui avait repris un peu forme humaine. Depuis le temps qu'il attendait ces paroles, il n'en croyait pas ses oreilles. Il avait eu peur, il avait eu peur en sachant qu'il allait emménager chez Duo. Peur qu'il y ait cette femme, peur de les voir ensemble, peur d'entendre leurs soupirs la nuit, peur de leurs regards… Maintenant, il n'avait plus peur. Une douce chaleur se répandait dans son corps, emportant avec elle tout ce qui l'avait détruit jusqu'à maintenant. Il se leva et enlaça Duo par derrière. Il se sentait si bien comme ça, sentir sa force contre lui, lui qui était devenu si frêle avec le temps, lui qui avait besoin de protection. Duo sourit, il se retourna, le prit dans ses bras doucement en le berçant, puis il le repoussa quelque peu en souriant.

« Je vais préparer les affaires pour demain. Sois sage ! »

Il lui fit un clin d'œil avant d'attraper le seul sac de voyage qui se trouvait dans la pièce, il commença à plier les vêtements et les rangea proprement dans le sac, puis, il fourra tout ce qu'il jugeait utile dedans.

« Les autres vont venir nous voir demain soir. Oh, très rapidement, je leur ai dit que tu étais fatigué. »

Duo surpris l'expression renfermée de son compagnon, il se reprit aussitôt.

« Ne t'en fais pas Heero, ils ne t'en veulent pas. Ils n'ont pas pitié de toi non plus. Ils s'en veulent à eux. Ils sont très heureux de te savoir sain et sauf. Alors tout se passera bien. Tu me fais confiance, non ? »

Heero sourit gentiment. Oui, il lui faisait confiance.

Tic

Tac

Tic

Tac

Heero fixait la montre d'argent que Duo lui avait donné. En effet, l'américain s'était aperçut qu'il la fixait souvent. Il la lui avait donnée en lui disant que comme cela, il serait toujours auprès de lui. Maintenant, ils se trouvaient tous deux dans l'appartement du natté, Heero dans le canapé en train de fixer la trotteuse, Duo dans la cuisine en train de préparer le dîner du soir. Heero lui avait proposé son aide mais la châtain l'avait foutu à la porte d'un coup de pied dans le derrière. Le japonais avait pris une mine boudeuse en s'installant devant la télévision. Il était sortit le matin même en emportant avec lui un Duo ravit, une tonne de recommandations de la part de Duo, un grand dessin et un gros bisou de la part de la petite Maria. Il avait prit rapidement ses marques dans le petit appartement de son ancien coéquipier. Il avait dormit quelques heures puis avait mangé en silence pour lui, dans un flot ininterrompu de paroles pour Duo. L'après midi, il s'était prélassé dans un bain chaud puis avait fouillé dans les tiroirs du natté pour trouver quelque chose qui lui ailler, ce qu'il trouva dans les vieux vêtements trop petits de l'américain.

C'était le soir même que les trois autre pilotes des Gundams devaient les rejoindre pour passer leur première soirée ensemble depuis longtemps. Heero était nerveux à l'idée de les revoir, mais au fond de lui, il était heureux. Cela faisait tellement longtemps qu'il n'avait pas parlé avec eux, de plus il s'en voulait de leur avoir fait vivre tout ce qu'ils avaient vécu à cause de lui. Malgré ce que lui avait dit Duo, il comptait s'excuser, et maintenant qu'il se sentait entier et en sécurité, il pensait pouvoir être assez fort pour le faire. C'est donc avec anxiété mais aussi excitation qu'il attendait que les autres arrivent.

Quatre et Trowa furent les premiers à pointer le bout de leur nez. Ils offrirent des présents aux deux revenants et entamèrent tout de suite une conversation joyeuse et bon enfant avec Duo et Heero, bien que ce dernier ne parla pas. Quatre l'observait avec un sourire, ce Heero qui lui avait fait peur avant n'était plus là, dans son cœur régnait une immense lumière, forte et chaude. Le blond se doutait que Duo n'y était pas pour rien, il ne laissait pas indifférent le jeune japonais et cela fit rire légèrement l'arabe. Une fois cette « vision » offerte à son esprit, le blond put participer activement aux blagues du natté, se collant contre Trowa par la même occasion. Wufei arriva quelques temps plus tard, avec comme excuse qu'il avait eu une migraine et était allé à l'hôpital. Les autres se fichèrent de lui sachant qu'il était allé voir Sally.

Le repas se passa dans une ambiance bon enfant. Personne ne sembla être gêné par le fait qu'Heero ne pouvait pas parler. De plus, Duo commençait à avoir l'habitude et il arrivait à décrypter les mimiques et les gestes de son compagnon. Tous furent très heureux de se revoir, ils se promirent de se revoir. Wufei partit le premier en s'excusant. Heero lui s'endormit dans le canapé contre l'épaule de Duo devant les regards attendris de Trowa et de Quatre. Le blond regarda le natté dans les yeux, pupilles bleus claires contre pupilles améthyste.

« Tu vas lui dire ? «

Le jeune homme le regarde interdit.

« De quoi ?

-ce que tu ressens ?

-il le sait…

-Il a besoin de l'entendre…

-J'ai besoin d'attendre encore un peu…

-Duo, ne lui fait pas de mal.

-Non ! Je … j'en suis incapable…

-Bien, je voulais m'en assurer, m'assurer même si je le savais.

-Merci Quatre… »

Duo sourit au jeune homme. Celui-ci et son amant se dirigèrent vers la sortie en leur disant au revoir, l'américain ne se levant pas, ne voulant pas réveiller l'endormi contre lui. SA belle au bois dormant. Non, il ne voulait pas le lui dire, pas maintenant. Il ne voulait pas lui faire peur… il pensait qu'il s'en doutait mais si ce n'était pas le cas, s'il pensait que ce n'était que de la pure amitié ? Duo ne savait pas comment il réagirait face à cela. De plus, Heero pouvait prendre peur, croire qu'on en voulait encore après son corps alors que ce n'était pas du tout de que voulait Duo. Bien sûr le plaisir physique était de mise mais pour l'instant le jeune américain essayait de combler le cœur de l'homme qui dormait contre lui. Duo se leva sans réveiller Heero, il le prit dans ses bras et l'emmena dans la chambre. Il le posa sur le lit et remit les couvertures sur lui, puis il caressa son front avec sa main avant de se pencher sur son visage. Il était si beau lorsqu'il s'endormait. Il posa ses lèvres doucement contre les siennes puis se releva et sortit de la chambre. Dans le noir une main porta ses doigts contre des lèvres gonflées de désir. Un soupir se fit entendre.

« Si tu savais Duo… »

Un mois

Deux mois

Trois mois

Quatre mois

Cinq mois

Six mois

Heero marchait d'un pas alerte en direction de son appartement en sifflotant. Cela faisait maintenant six mois qu'il avait emménagé chez Duo. Six mois qui était selon lui les plus beaux de sa vie. Bien sûr, ça n'avait pas beaucoup avancé quand à leur situation. Seuls quelques baisers de-ci de-là lorsque l'un ou l'autre était endormi et que l'autre veillait. Depuis, Heero s'était reconstruit, il mangeait normalement, avait arrêté tout contact avec tout ce qui touchait à la drogue et à l'alcool. Il avait réussi à sortir et aimait faire les magasins avec Duo. Il recommençait une vie normale ou presque. Il était comme sur un petit nuage rose et ne voulait plus en redescendre.

Il rentrait chez lui, il rentrait voir l'homme qu'il aimait et avec lequel il avait décidé de faire sa vie. Cette journée, il avait décidé d'en faire la plus belle de sa vie. Il avait prévu de tout dire au natté. Pour la première fois depuis des mois, il sentait que sa voix pourrait de nouveau passer la barrière de ses lèvres. Il avait décidé que leur relation ne devait pas s'éterniser. Duo attendait qu'il soit prêt, et bien il était prêt et il allait le lui prouver.

Il arriva devant l'appartement commun et l'ouvrit avec impatiente. Il posa ses clefs sur le petit meuble de l'entrée, ses clés des Preventers. En effet depuis un mois il avait recommencé à travailler. Doucement peut-être mais il avait recommencé et finalement cela avait contribué à ce qu'il aille beaucoup mieux, cela avait contribué à sa résurrection.

L'appartement était silencieux, totalement silencieux. Le cœur d'Heero fit un bond dans sa poitrine… Peut-être n'était-il pas rentré ? Peut-être lui était-il arrivé quelque chose ? Mais non, il y avait ses chaussures et sa veste dans l'entrée donc il était là. Le fait que le natté ne lui saute pas au cou alors qu'il rentrait étonna et fit angoisser Heero. Celui-ci se dirigea fébrile vers le salon.

Tout se figea… Tout…

Un cri effroyable traversa ses lèvres.

Il courut dans le vestibule et sortit dehors en claquant la porte, les images repassant sans cesse dans sa tête.

Duo en train d'embrasser. Duo en train de l'embrasser Elle. Duo en train d'embrasser Alia, celle qui aurait dû être sa femme. La pièce plongée dans le noir. La table avec un dîner aux chandelles de préparé…

Heero n'avait pas vu l'expression de dégoût du natté, il courait sous la pluie battante dans la ville, cherchant à s'éloigner le plus possible de cet endroit. Enfin il ralentit sa course à bout de souffle et s'arrêta sous une fenêtre entrouverte. Fenêtre d'où s'écoulait comme de la lave brûlante une chanson…

Attends-toi à c'que je me traîne à tes pieds
Laura, j'ai constaté que même un silence de toi
Pouvait pousser mon rire à mourir

Heero écoutait la chanson sous la fenêtre, il ne retenait pas les larmes qui roulaient le long de ses joues.

Tu as toujours été seul¤*

Cette voix… Il ne l'avait pas entendu depuis si longtemps. Mais après tout elle était la seule en laquelle il puisse toujours avoir confiance. Comment est-ce qu'il avait pu croire les belles paroles de son ancien coéquipier, de son ancien ami, de son ancien…amant ?

Attends-moi, toi tu es la reine des sommets,
L'orage sévit dans les plaines
Tu ne m'entends pas, je suis parasité malgré moi

Le regard hagard du japonais parcourut la rue, la pluie continuait de tomber à flot. Il avait froid, il commençait à avoir faim, la fatigue se faisait ressentir. Soudain ses yeux se posèrent sur un petit carton au pied du plus proche platane. Il s'en approcha et l'ouvrit.

« Toi aussi tu as toujours été seul ? »

Le chaton le regarda de ses grands yeux ronds, il miaula faiblement. Le jeune homme le prit dans ses mains et le souleva. L'animal n'était pas très vieux, il était affamé, surement abandonné dans ce carton…

Pauvre petit chat abandonné, tu ne retrouves plus ta maison…¤*

Elle a su, simplement
Enfermer mon cœur dans son appartement

Heero serra l'animal contre lui. La musique résonnait dans sa tête. Que pouvait-il faire de plus ? Encore une fois tout lui avait rappelé qu'il était seul et que cela ne changera jamais. Il pouvait pleurer autant qu'il voulait, certaine chose ne changerait jamais.

« Nous sommes pareils toi et moi… »

Un vague miaulement lui répondit, le chaton avait planté ses griffes dans son T-shirt et il s'endormait contre cette source de chaleur qui lui était offerte.

Petit chat, petit chat… Mon cher petit chat… Où vas-tu maintenant ?¤*

Avec ou sans toi, j'ai quelques problèmes
Tu t'en fous, Laura, j'suis désolé quand même
Si tu vas par là, ça me convient aussi dépose-moi

Pourquoi tout devait se finir ainsi ? Cela paraissait surnaturel. Alors le soldat parfait n'avait pas le droit de vivre en temps de paix, ou alors il devrait obligatoirement souffrir ? Puisque c'était ainsi, autant ne plus continuer de vivre.

« Toi non plus, tu n'as plus beaucoup de temps. Que dirais-tu de finir avec moi ? »

L'animal ne répondit pas, le ronronnement était trop bas pour qu'une simple oreille humaine puisse l'entendre. Heero referma sa veste contre lui pour que la pluie ne mouille pas trop son pelage.

*¤Voici donc la véritable fin…Mon petit chat va retrouver son nid douillet¤*

Encore une fois, c'est d'en bas que j'appelle
Elle se penche parfois de son nid d'hirondelle
Daigne me recevoir, ne me laisse pas de place pour m'asseoir

La musique prit Heero dans son engrenage, l'emmenant dans un monde à part, dans lequel sa douleur devint immense. Elle le prenait dans tout son corps, dans tout ce qui faisait qu'il vivait, qu'il existait.

« Quittons cet endroit, personne ne veut de nous. »

Heero soupira, il essuya d'un revers de manche, manche elle-même trempée les larmes qui maculaient son visage, il se mit à déambuler dans la rue.

Pauvre petit chat abandonné, tu ne retrouves plus ton chemin, personne ne t'attend à la maison¤*

Elle a su, simplement,
Changer les clefs de son cœur et de l'appartement

Il n'aurait jamais dû faire confiance à cet homme, il n'aurait jamais dû se laisser emmener dans son flot de parole. Alors qu'il lui avait tout donné, qu'il avait même placé sa vie dans ses mains, celui-ci l'avait jeté comme un détritus dans une tempête au bord d'un gouffre.

« Nous avons été trahis… »

Après tout, il n'avait pas le droit de rêver… Il avait faillit espérer, mais tout était finit… Comment pourrait-il continuer ainsi ? Il n'aurait jamais dû lui faire confiance…

« Tu disais qu'il fallait que je te fasse confiance… »

C'est le goût de la trahison¤*

Attends toi à c'que je me traîne à tes pieds
Laura, en attendant je sais que le jour viendra,
Où je pourrai en mourir de rire.

Heero marcha pendant près d'une heure, il grelotait, ses pieds avaient peine à marcher, comme s'ils étaient embourbés dans du sable. Il portait toujours contre lui son précieux fardeau, cœur contre cœur, âme contre âme. Car lorsqu'une âme blessée rencontre une autre âme meurtrie, elles ne peuvent que se supporter l'une et l'autre, et se suivre main dans la main sur le chemin qui mène à la mort. Le japonais arriva au bord de l'eau, il posa le chaton sur le bord et se redressa, il regarda le courant d'eau glacé, un sourire peiné apparut sur son visage. Alors qu'il redressait la tête, il vit sur le petit pont, la silhouette de son aimé, un mirage sans aucun doute.

« Duo… je t'aime… »

Il lui fit un signe et un sourire léger avant de se laisser tomber sur le dos dans les tourbillons gelés du liquide transparent.

*¤Enfin… Petit chat tu es à moi !!!! ¤*


Plus qu'un arc !!!!! héhé ^^

reviews onegai *_*