Voici le premier chapitre.
Bonne lecture!
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1
« La famille, ce havre de sécurité, est en même temps le lieu de la violence extrême. »
Boris Cyrulnik
Les nourritures affective
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Comme chaque matin, je me levais à l'aube. Le soleil se levait doucement et le paysage gagnait en luminosité chaque minute qui passait.
Je trouvais étrangement rapide ce moment. Ce simple moment où la rassurante lumière du jour venait éclairer les alentours. Rassurante pour les humains, dérangeante pour moi. Je ne l'aimais pas. Elle montrer un monde clair, sans danger, beau. Hors, ce n'était qu'une illusion. Le monde n'est pas ainsi. Je l'ai compris il y a de cela des années et depuis, je vis dans cet univers avec une lassitude constante.
Quand j'étais jeune, j'étais encore émerveillée par certaines choses, les différents pays qui émergés, les technologies nouvelles. Mais même de ça je me suis lassée. J'ai voyagé de nombreuses années, parcouru des terres que la plupart des gens ne verront ni ne connaîtront. Pourtant, rien n'attise ma curiosité de nouveau. Peut-être parce que j'ai trop vécu, peut-être parce que je sais d'avance que rien ne peut plus me surprendre...
C'est avec ces pensées que je me dirigeais vers ma fenêtre.
Cela dit, une chose avait pourtant réussi à m'émouvoir. J'avais vécu quelque chose d'inoubliable et d'inestimable il y a bien longtemps, quelque chose qui m'avait sortis de ma monotonie moi et mon cœur et j'aurais voulu en ce temps là que cela dure toujours...
Je tirais les rideaux d'un coup sec, en proie à une tristesse et une colère que je ne connaissais que trop. Je n'aimais pas avoir de telles pensées le matin et le jour naissant ne faisait que me rappeler une douleur encore vive et un monde dans lequel je ne pourrais vivre.
Je me retournais et observais comme toujours ma chambre. La pièce où je me sentais le mieux. Le monde de dehors n'était pas pour moi, qu'importe ! J'avais mon monde à moi ici.
Mon univers tout entier résidait dans cette chambre.
La chose qu'on remarquait tout de suite était mon lit : grand et noir. Un magnifique baldaquin datant du XVII ème siècle, la tête de lit reposant contre un de mes murs. Les voiles qui l'entouraient, étaient eux aussi en noirs, assortis au reste. En revanche, les draps de sois et les oreillers étaient rouge sang. Les rideaux épais étaient d'ailleurs eux aussi du même rouge et ne laissaient que peu de lumière traverser. De chaque coté se trouvaient une table de nuit noire. Discrètes, elles me permettaient d'y poser un livre ou deux, certains bijoux et photos.
En tournant un peu, on pouvait voir un bureau sur lequel reposait des tas de dessins. C'était une passion. Je pouvais passer des jours à dessiner.
Ils étaient éparpillés sur le meuble, la plupart en noir et blanc. Certains représentaient mon enfance, ma famille, d'autres étaient les souvenirs de mes voyages, des paysages marquants.
Juste à coté, une petite bibliothèque ou se trouvait mes livres favoris, mes journaux intimes achevés et, au milieu, une chaîne hi-fi, seul objet de technologie ressente dans la pièce, avec des CD de musiques classique.
Je me dirigeais vers celle ci pour la mettre en marche. Une douce mélodie de violon commença alors et me donna le sourire.
La musique était bien la seule chose qui ne changerait jamais mais qui me donnerait toujours le sourire. Parfois légère, parfois triste mais toujours extraordinairement apaisante.
J'allumais ensuite deux grande bougies, seule lumière dans la chambre, pour me diriger vers mon armoire. Elle était en bois, couleur cerise foncée et imposante. Elle datait de l'air baroque et je l'aimais beaucoup. J'ouvris les deux portes et pris des vêtements. Je n'avais pas besoin de passer des heures à chercher ce que j'allais porter. Pour moi, cela n'avait pas vraiment d'importance.
J'allais alors à l'une des deux portes de la pièce. L'une menant vers l'endroit où je voulais aller, la salle de bain. L'autre menant à l'extérieur.
La salle de bain étant rattachée à mon antre, elle n'avait pas de fenêtre, ça ne me dérangeait pas. J'appuyais sur le bouton pour qu'une faible lumière s'allume, éclairant un endroit entièrement blanc.
Le sol était du carrelage, sans motif, ainsi que les murs. Il y avait deux grands lavabo avec des poignets en or. En dessous, deux meubles de rangements. J'y pris une grande serviette et y posa avec celle ci mes affaires.
Je me déplaçais ensuite vers ma baignoire. Magnifique et grande. Beaucoup pourrait me l'envier. Elle n'avait pas de forme distincte. Elle faisait partie du carrelage par terre mais était sur-élevée. Pour entrer dans celle-ci, je devais monter trois marches larges.
Je m'assis au bord de ces dernières tout en tournant le robinet au maximum, mettant de l'eau chaude et froid, un mélange doux que je ne sentirais pas sur ma peau.
Une fois remplie, je retirais ma nuisette et m'installais dans l'eau. Le bain pouvait au moins accueillir 3 personnes mais bien sur, il n'y aurait que moi.
Je m'allongeais, mis ma tête sous l'eau et fermai les yeux.
Je ne sentais peut-être pas la chaleur mais je sentais l'eau bouger doucement et cela me détendait. Je restait ainsi une heure. La musique de ma chaîne hi-fi en fond sonore.
Je m'habillais ensuite et séchais mes cheveux. Tout ça fait, je m'observais dans le grand miroir contre le mur de la pièce. J'y vis alors une jeune femme à la peau pâle, des yeux de biche couleur chocolat, un fin cercle doré entourant les pupilles. Le contour des yeux semblait foncé, tirant même vers le noir, sans aucun maquillage. Cela donnait un regard envoûtant et profond. Sa bouche était fine, ni trop grande, ni trop petite, d'un rose brillant. Une bouche qu'on aurait envie d'embrasser pour toujours.
Le visage n'avait aucun défauts, comme le reste du corps d'ailleurs. Les cheveux foncés formaient de légères boucles et descendaient jusque la poitrine. Parfois on pouvait même apercevoir des reflets cuivrés.
Cette femme n'était ni trop petite, ni trop grande, elle faisait 1 mètre 65. Elle était mince mais avait de belles formes.
Les habits étaient de style ancien mais simple. Une robe noir à fines bretelles en dentelles, qui descendait jusqu'au pied. Et pour guise de chaussure, de simple ballerines.
Les autres de son espèces qu'elle avait déjà croisé l'enviaient particulièrement bien qu'elle ne sache pas vraiment pourquoi. Elle ferma les yeux et s'éloigna du reflet.
- Ce n'est que moi. Dis-je tout haut.
Après ce petit moment, je retournais dans ma chambre, éteignis la musique ainsi que les bougies, pour ensuite sortir de la pièce.
Tout était calme dans le manoir, comme d'habitude à cette heure ci. Je partis tout de suite vers la chambre de ma petite sœur. C'était la plus près et je le faisais toujours. J'entrouvris la porte et la vis allongée, en trin de dormir. Elle était magnifique. Un vrai visage d'ange, des yeux bleus une fois ouvert, des cheveux étonnamment longs et blonds. Elle n'était encore qu'une enfant avec son apparence de jeune fille de douze ans et pourtant, elle aussi en avait vécu des choses durant des centaines d'années. Elle restait cependant la même petite sœur capricieuse que j'avais toujours connu et elle le resterait sans doute encore longtemps.
- bonjour Sunniva. Lui dis-je tout en l'embrassant sur le front.
Elle bougea mais ne répondit pas. Autant la laisser encore dormir quelques heures, elle avait bien fait la fête la veille.
Je souris tout en partant vers la grande pièce commune d'un pas lent.
Hakkon, un de mes frères, était déjà présent un papier à la main. Il était très beau avec ses cheveux noirs retombant légèrement d'un coté sur son visage. Quand à ses yeux, deux magnifiques puits verts émeraude avec ce même cercle doré. Un regard à s'y perdre, du moins les autres, moi j'étais habituée. Il était habillé d'une chemise verte et d'un pantalon en toile noir. Il n'était pas beaucoup plus grand que moi mais musclé comme il faut. Il me vit et se leva pour m'enlacer. C'était toujours ainsi que lui et moi nous disions bonjour.
Nous avons toujours été proches, il était doux et calme avec moi. Lui me comprenait et savait écouter.
- Bien dormi Signi ?
- Comme toujours.
- Que faisais-tu ?
- Je lisais l'invitation que nous avons reçu il y a quelques temps.
Il se rassit dans le canapé et me tendit le papier. Je commençais à la lire.
« Les rois Aro Caïus et Marcus Volturi, seigneurs du monde vampirique,
et leur clan,
vous invite à une réception célébrant la venue de leur tout nouveau membre :
Heïdi Volturi.
Cet événement aura lieu ce 27 Octobre 2006 à Volterra, dans la demeure des maîtres vampires. »
Une fois ma lecture terminée, je me demandais bien à quoi tout ça pouvait bien servir. Je rendis même mon questionnement à voix haute :
- Ces vampires et leurs cérémonies ! Je ne comprendrais jamais pourquoi ils ont besoin de ces fêtes.
- C'est pour montrer leur puissance et aussi un peu pour s'amuser !
Je me retournais pour voir la personne qui avait répondu à mon interrogation. Mon autre frère, Adalrick.
Il était le plus vieux de la famille, figé dans ses 24 ans. Adalrick était grand et fort. Deux prunelles noires avec un reflet rouge en guise de regard et des filaments dorés mi-long pour chevelure. Si sa beauté était jalousée de tous, son caractère en revanche, n'avait rien à envier. Toujours imposant et possessif, le dialogue était assez difficile avec lui. Surtout entre nous deux. D'ailleurs, Hakkon jouait souvent le rôle de médiateur.
Pourtant, ils nous arrivaient de rire et passer des moments tous les deux. Et une chose que jamais je ne contesterais par rapport à lui, c'est qu'il tenait à moi ainsi qu'aux autres membres de notre famille. Il ferait tout pour nous et ça, peu de gens pourraient en dire autant.
Il ne prit pas la peine de saluer Hakkon et vint directement vers moi pour m'embrasser la tempe s'attardant quelques secondes de plus que les autres, montrant ainsi son affection toute particulière pour moi. Je le savais que, pour lui, j'étais spéciale. Allait savoir pourquoi. Mais je ne m'attardais jamais beaucoup sur son affection pour moi. Après tout, nous étions frères et sœurs, il allait de soit que j'étais importante pour lui et l'inverse était réciproque, malgré son caractère abusif.
J'étais assez étonnée qu'il soit déjà réveillé. D'habitude, après une nuit de 'fête', il ne sortait de son lit qu'à partir du début de l'après midi.
- Déjà là ?
- Et oui, il m'arrive aussi de me lever tôt. Tu m'a manqué à la fête d'hier soir.
Fête ! Tu parles d'une fête ! Il savait que je n'aimais pas sa manière de s'amuser et d'ailleurs, cela se voyait sur mon visage avec la grimace que j'affichais.
- Es-tu vraiment obligé de faire ce genre de chose ?
- C'était très amusant !
- Je ne vois pas en quoi hypnotiser des humains et leur faire faire tes quatre volonté est amusant !
- Je me divertis comme je peux.
- Ton divertissement consiste à torturer des gens et à les tuer !
- Tu y va fort tu ne trouves pas ? Je ne les torture pas, ils ne sont même pas conscient de ce qu'ils font, trop obnubilé par moi.
Son ricanement me fis froid dans le dos. Contrairement à moi qui jugeais la vie humaine importante, mon frère lui, ne pensait pas qu'ils soient d'une quelconque valeur et parfois,il en amenait quelque uns dans notre demeure pour jouer au marionnettiste avec eux et, une fois ennuyé, s'abreuvait d'eux.
Je me souvins même d'un jour où il avait ordonné à un jeune homme de sauter de la première fenêtre qu'il voyait en criant « je suis le roi du monde ». En entendant cette phrase dite difficilement de l'homme dans les airs, Adalrick ne put empêcher un fou rire. Moi, j'avais été horrifié du bruit de la chute de cette personne et surtout des craquements de ses os une fois au sol.
Je clignais plusieurs fois des yeux histoire de me débarrasser de ce souvenir et repris la conversation qui devenait tendu.
- Ce sont des êtres humains, ils pensent, ils ont des émotions. Tu ne peux pas leurs faire ça.
- Voyons, ma belle, ils sont faibles et ne représentent rien tu le sais. Nous leurs sommes tellement supérieurs.
- Sans eux, tu serais déjà mort !
- Pfff. Je veux bien leur accorder le statut de garde-manger mais je n'irais pas plus loin.
- Toi aussi tu étais comme eux avant, ne l'oublies pas !
- Et toi n'oublies pas que j'ai changé, que NOUS avons changés. Maintenant je suis tellement plus, je suis...
- Un être cruel dépourvu de toutes émotions ?
Je savais qu'il n'aimait pas ça mais je n'aimais pas non plus ses agissements. Nous ne faisions que nous disputer sur ce sujet la. Il y en avait d'autres où les conversations étaient houleuses mais celui ci restait le principal.
Il resta silencieux un moment puis se rapprocha de moi.
- Ne redis plus jamais que je n'ai pas d'émotions. Tu ne sais pas ce que je ressens !
- Certes je ne sais pas tout et je n'ai pas du tout envie de savoir ce que tu ressens car je vois dans tes yeux ce plaisir quand tu tortures un humain, quand tu lui prends la vie et ça, je ne le supporterais pas.
- Je ne te demandes pas de le supporter ni même de regarder !
- Parfait tu comprendras donc les raisons de mes absences à tes cotés pendant une durée indéterminée !
- Parfait !
Nous nous fusillâmes du regard. Chacun ne voulant baisser les yeux avant l'autre. C'est à ce moment la que mon petit frère, Eïnar, arriva.
Il avait l'apparence d'un adolescent de 15 ans avec des cheveux brun courts et des yeux marrons foncés, la même lueur rouge dans les yeux que ceux d' Adalrick. Il avait la même taille que moi et avait toujours un sourire malicieux sur son visage. D'un naturel taquin et fonceur, rien ne le perturbait dans sa bonne humeur. Il avait, comme nous, des centaines d'années, et pourtant, son caractère restait le même : impulsif et bagarreur. Jamais il ne réfléchissait avant d'agir et ce serait toujours ainsi.
- Salut tout le monde ! Oh, encore une dispute ? C'est quoi cette fois ci ? Hum... il ne faut pas jouer avec la nourriture ?
Sa plaisanterie ne faisait rire que lui mais j'appréciais qu'il ait prit la parole. Je coupais mon regard de mon grand frère et vint vers lui. Je l'embrassais rapidement sur la joue tout en lui soufflant un léger bonjour et partis vers la bibliothèque. Sans un regard pour les autres.
Je n'aimais pas me disputer comme ça mais il ne comprenait rien et cela m'exaspérait qu'il joue ainsi avec la vie d'innocents.
Il pensait qu'être éternel lui valait un statut supérieur à l' Homme et pensait avoir tout les droits. Je n'étais pas d'accord mais chacun avait déjà essayé de faire valoir son point de vue à l'autre sans aucun résultat. J'étais épuisée de me battre avec lui à ce sujet.
Une fois arrivait dans la pièce, je partis dans mon siège habituel. Un rocking-chair en bois clair installé devant une cheminée. Je l'allumais et commençais un livre tout en me balançant. Je pris « Bel Ami » de Maupassant. Histoire que je trouvais assez divertissante en soit parlant d'un homme prêt à tout pour réussir, un arriviste enivré par son pouvoir grandissant aussi bien de séduction que politique.
Pour une fois, ce n'était pas une femme que l'on montrait charmeuse et manipulatrice mais le genre masculin. Une chose était cependant frappante dans ce livre, Le personnage principal n'était pas considéré comme abjecte de par ses actes mais on le disait opportuniste. Une femme mise en avant dans ce rôle aurait été affublé de bien des noms péjoratif mais jamais d'opportuniste.
Avec les siècles, la différence entre les hommes et les femmes s'était rétrécie mais des préjugés restaient encore persistants. J'avais moi-même était éduquée dans cet esprit que la femme n'était qu'un instrument pour mettre au monde de beaux et forts hommes. Mais j'avais toujours eus une mentalité avancée. Trouvant que la femme devait avoir des droits et pouvait vivre sa vie comme elle l'entendait.
C'était d'ailleurs pour cette liberté de penser que ma génitrice ne me vouait aucune affection. Elle avait toujours voulu faire de moi une bonne épouse mais son manque de sentiments à mon égard se voyait fortement aussi bien dans sa manière de parler que d'agir. Je me rappelais même de ce jour en particulier...
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524- Hedelaï, Suède
Il faisait beau aujourd'hui, la neige brillait avec les reflets du soleil chaud. Malgré le froid du pays, il était agréable de se promener en ce jour.
C'est ce que j'avais décidé de faire. Je devais normalement rester à la maison et regarder mère faire le repas mais je ne voulais pas devenir la parfaite petite ménagère. A quoi bon ? Puisque j'avais décidé de partir du village dans un an ou deux. La vie d'épouse ? Trop peu pour moi. Je ne serais pas un objet utile à la procréation et au maintien d'un foyer !
Je marchais tout sourire, observant les oiseaux chanter magnifiquement bien. Leur chant s'élevant dans le silence apaisant de la forêt. J'aimais ça, j'étais dans mon élément là dehors parmi cette végétation et ces animaux. Soudain, j'entendis un cris.
- Sunniva !
Je courus jusque ma petite sœur, dont le cris m'alarmait. Que se passait-il ? J'allais aussi vite que je pouvais mais trébuchais souvent à cause de ma robe bleu clair. Ce n'était pas l'idéal pour parcourir les bois à pleine vitesse mais je ne pouvais pas ralentir, trop affolée qu'il arrive quelque chose à l'une des personnes les plus précieuses pour moi.
J'entendis alors un bruit sourd derrière des buissons non loin de moi. Je les poussais et ma vue accrocha alors un troupeau impressionnant d'élans courant à toute vitesse dans la prairie. Je balayais le paysage du regard et vis une chose qui me glaça le sang. Ma petite Sunniva au milieu de cette même prairie, les animaux non loin d'elle, près à la piétiner.
Oh non !
Je ne pouvais pas laisser faire ça, il fallait que je l'aide ! Sans réfléchir, j'allais à sa rencontre.
- Sunniva !
La petite, terrorisée, me regarda avec une expression de pure terreur mais paradoxalement de soulagement.
- Signi !
Je courrais encore, tendant les bras pour l'attraper.
Une fois à sa hauteur, je la pris dans mes bras, souleva ma robe comme je le pouvais et me mis à sprinter comme jamais. Je savais pourtant que ça ne suffirait pas mais il fallait au moins que je m'éloigne assez pour la mettre à l'abri.
Les arbres !
C'était le seul moyen qu'elle soit sauve, il fallait la mettre en hauteur. Les élan se rapprochaient de plus en plus alors que je venais d'arriver au pied d'un arbre assez haut.
- Sunniva, grimpe aussi haut que tu peux je vais t'aider allez !
Tremblante, elle fit ce que je demandais mais avec ses petites mains et ses bras frêles, elle n'arrivait pas à grand chose. Je ne pouvais pas monter et la poussait en même temps, il fallait que je l'aide et ensuite que je monte.
Je savais cependant que je n'aurais pas le temps de tout faire mais qu'importe, ma petite sœur passait avant tout.
Je l'aidais comme je pouvais à grimper alors que les animaux fous n'étaient plus qu'à quelques dizaines de mètres de nous. L'arbre tiendrait le choc j'en étais sur, elle serait en sécurité, c'est ce qui comptait.
- Signi !
J'avais l'impression qu'on m'appelait mais je n'avais pas le temps de regarder autour. Je devais continuer de l'aider.
D'un seul coup, on tira Sunniva vers le haut alors que quelqu'un me mit sur son dos. Je m'agrippais en reconnaissant la personne, Adalrick.
Il grimpa à l' arbre et nous nous retrouvâmes sur une branche juste à temps pour éviter le troupeau. J'avais du mal à respirer mais j'étais heureuse car nous étions en sécurité, nous avions évité le pire.
Mon regard s'attarda vers le haut et j'y vis Sunniva dans les bras d' Hakkon, Eïnar les tenait aussi.
Nous attendîmes quinze bonnes minutes avant d'être sur qu'aucun autre élan soit dans les parages. Une fois au sol, Adalrick me tint dans ses bras et je serrais moi aussi son étreinte. Sunniva se jeta sur moi et mes deux autres frères se mirent chacun d'un coté. Nous étions tous sauvés.
C'est alors que mère descendit de la colline en compagnie d'autres villageois. Certainement alertés par les bruits des bêtes.
-Adalrick !
- Tout va bien mère.
- Oh par Odin ! Tu n'as rien ? Hakkon, Eïnar, vous n'êtes pas blessés ?
- Non mère. Répondirent mes frères.
Son regard apeuré se tourna vers Sunniva et toute expression disparut de son visage. Elle ne montra rien envers la petite.
Elle eut alors les yeux remplient de colère quand elle arriva à moi.
- à quoi pensais-tu pour agir ainsi !
- à sauver ma petite sœur !
- Mais pourquoi ? Imagines-tu que tes frères sont intervenus pour vous deux. Si tu n'avais rien fais la perte n'aurais pas été grande quand bien même tu t'y serais mêlée cela importe peu mais tes frères sont si précieux, cela serait tragédie de perdre pareil hommes !
Comme toujours elle n'avait que colère envers moi. J'avais l'habitude. Pour elle, ce n'était pas le fait que Sunniva et moi avions failli mourir qui l'importait mais plutôt que mes frères faillirent mourir pour nous sauver toutes les deux.
Je n'étais plus touchée par ce genre de remarque. En revanche, j'avais de la peine pour ma petite sœur. Elle avait besoin d'une mère, je ne pouvais lui apporter que l'affection d'une sœur. Mais j'espérais tous les jours que ça suffise...
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- Signi ?
Je revins à la réalité quand Hakkon s'installa dans l'autre fauteuil près de moi.
- Tu étais tellement dans tes pensées que tu ne m'as pas entendu. J'ai dus m'y prendre à deux fois avant d'avoir ton attention.
- Excuse moi.
- J'ai l'habitude maintenant !
Je savais pourquoi il était là, autant ne pas tourner autour du pot.
- Adalrick est encore en colère ?
- il s'est calmé. Il ne comprend pas la sympathie que nous avons envers les humains.
- Il ne comprendra jamais.
- Il a quand même promis de se calmer au niveau fête.
Je le regardais sceptique. Lui se calmer ?
- Ne me regarde pas comme ça ! Il me l'a dit et je crois qu'il tiendra parole. Il n'aime pas se disputer comme ça avec toi.
- Vraiment ?
- Oui bon d'accord, il aime vos petites disputes mais sur ce terrain là, tu sais que ça le blesse quand il vois comment tu le vois lui.
- Je sais mais que veux-tu il ne changera pas d'avis et moi non plus.
- Arrêtez de parler de ce sujet alors.
- Plus facile à dire qu'à faire. On en reviendra inévitablement à ce sujet et connaissant nos caractères respectifs, tu sais que ça sera toujours ainsi.
- Deux têtes de mules ! Bon en attendant il faut quand même que tu viennes, il veut nous parler.
- Génial !
- Allez ! Vous êtes tous les deux comme ça mais vous vous adorés non ?
- Oui oui. Allons y.
Il me sourit et m'offrit son bras. Je le pris, comme d'ordinaire. Hakkon était d'un naturel apaisant. Il savait comment me calmer, comment me parler. J'aimais bien être avec lui.
Nous entrâmes de nouveaux dans la salle commune. Sunniva était réveillée et vint se jeter dans mes bras tout en poussant, pas très délicatement, Hakkon.
- Signi !
- Bonjour ma chérie, bien dormis ?
- Oui mais tu aurais pus rester avec moi ce matin, je t'ai sentis près de moi mais pas longtemps.
Elle avait cette mine boudeuse qui ferait fondre n'importe quel iceberg. Comment résister à cette moue ?
- Je voulais te laisser dormir mais la prochaine fois je resterais.
Son visage s'illumina, son sourire s'étira et ses yeux se remplirent de milliers d'étoiles. J'aurais pus trouver ce tableau magnifique si je n'avais pas vu les reflets rouges se mêlant à son océan bleu.
Mon sourire, bien malgré moi, se flétrit. Et j'eus un regard mauvais envers Adalrick qui m'observait sans rien dire. À l'instant où mon regard croisa le sien, il baissa automatiquement le sien vers le sol. Il savait que ça, je ne le tolérais pas ! Ma colère remontait en flèche.
- Tu l'as laissé boire aussi !
- Signi...
- Réponds !
- Il faut bien qu'elle se nourrisse quand même !
- Le sang dans notre cuisine peut la nourrir. Tu sais bien qu'elle ne doit pas boire de sang humain et toi tu la laisses faire sans agir. Quel exemple lui
donnes-tu !
Je ne pouvais pas accepter ça. Je détestais l'idée qu'elle boive du sang humain, qu'elle prenne la vie d'un humain, elle qui est encore si jeune !
- Signi, ce n'est pas sa faute. J'ai sentis le sang alors je suis venue et quand j'ai vue le liquide sur l'homme je ne me suis pas retenue.
- Ne le défend pas Sunniva ! Il aurait pus s'interposer, t'empêcher de faire ça mais au contraire, il t'a laisser faire et je suis même sur que ça lui a fait plaisir n'est ce pas Adalrick ! Un repas en famille c'est ça ?
- il lui faut de la force et elle aime ça où est le mal ?
- Elle est trop jeune pour boire du sang humain et elle le sera toujours. C'est trop dangereux tu le sais !
- Je peux faire attention Signi je t'assure, cette fois ci je n'ai pas été prise de frénésie.
- Quand bien même Sunniva, prendre la vie de quelqu'un ne t'importe pas ? Tu n'a aucun remord pour ça ?
- pourquoi en aurais-je ?
Son questionnement si honnête me statufia. Elle ne réalisait pas. La notion du bien et du mal que j'essayais tant de lui inculquer disparaissait à chaque gorgée de sang qu'elle prenait à un humain. Deviendrait-elle un être où la morale n'existerait plus ?
- Signi ? Tu es en colère ?
Sa question et son ton remplit d'appréhension me sortirent de ma torpeur. Cependant je ne savais quoi répondre. Je n'étais pas en colère contre elle mais contre mon frère. J'étais quand même déçue envers elle. Elle devrait savoir depuis le temps ce que je pensais de ce comportement.
- Je ne suis pas en colère contre toi juste...
J'avais tellement de mal à lui dire, pourtant il le fallait. Je devais parfois me montrer distante, voir même froide, envers elle car sinon, elle ne deviendrait qu'une petite fille gâtée, n'accordant d'importance d'aucune sorte à rien ni personne sauf à elle.
Je pris alors un ton plus dur et la regardais dans ces yeux océan terni par cet infime fil rouge circulaire.
- je suis déçu. Toute vie est importante, sans elle, nous ne serions pas ici. Le sang nous maintient en vie, le sang c'est la vie. Et négligé l'être qui le porte en lui est sacrilège. Ils ne sont pas de la simple nourriture pour nous. Si jamais il n'existerait plus, nous les suivrions dans leur perte. La personne à qui tu as pris la vie a sûrement de la famille, des amis. Imagines un instant que je meurs à cause d'une personne. Imagines même que le bourreau ait pris grand plaisir à m'ôter la vie sans le moindre remord, que je ne sois rien à ses yeux, cela ne te serait-il pas horrible à tes yeux ? Crois-tu que cet être pensant et aimant méritait tel traitement ?
J'avais utilisé le « nous » bien que je ne suive pas le même régime alimentaire et Hakkon aussi, nous étions une famille, je devais m'inclure. De plus, je savais que la comparaison avec moi la ferait réfléchir, elle commençait à baisser les yeux, signe qu'elle comprenait enfin son geste. Je poursuivais encore un peu plus durement pour elle mais aussi pour les autres.
- Les humains, que vous considérez comme faible, vous leur devez la vie ! Chaque fois que vous ouvrez les yeux, que vous êtes en santé, fort, c'est grâce à eux et à leur sang précieux. Vous les pensez inférieur? Pourtant, ils sont capables de tellement de choses qui nous sont impossibles. Leur cœur battant, leur corps changeant, le repos éternel se faisant facilement. Sommes-nous capables de ça ? Non. Je ne dis pas non plus qu'ils nous sont supérieurs mais ils n'en sont pas moins inférieur. Les humains doivent être considérés comme des êtres importants, leur vie est précieuse non seulement pour maintenir les vampires en vie, mais également pour que le monde tourne encore. Sans eux, le monde s'éteindrait. Ne sous estimez jamais la race humaine.
Personne ne prit la parole pendant un long moment. Finalement, c'est Sunniva qui m'approcha timidement et qui commença :
- Je suis désolé Signi.
- Je sais Sunniva mais même sans parler des humains. Imagines-tu combien il peut être difficile pour toi de t'arrêter ? Souviens toi de la première fois que tu as pris du sang humain d'un corps chaud. Souviens toi combien il t'as été difficile d'arrêter. Un village entier à été décimé par ta soif. Et même après des centaines d'années, ta soif est toujours dur à assouvir une fois que tu goûtes au sang des mortels. Tu es devenu vampire très jeune, certains besoins ne se manifesteront jamais en toi mais d'autres, par ton âge infantile, seront multipliés par rapport à nous. Si tu ne pouvais te contrôler, nous n'aurions d'autres choix que de t'enfermer. Comprends-tu ?
J'avais adouci ma voix. Je ne voulais pas qu'elle soit terrorisée mais je voulais qu'elle prenne conscience de ce qui pouvait l'attendre si son contrôle n'était pas suffisant. Apparemment, Sunniva comprit car elle hocha la tête et se blottit contre moi.
Adalrick vint vers moi. Je ne voulais pas encore me disputer avec lui mais au vue de son visage, lui non plus ne le voulait pas. J'attendis donc qu'il parle, ne sachant pas ce qu'il comptait faire.
- Tu as raison, la prochaine fois je ferais plus attention à Sunniva.
Il était d'accord par rapport à notre petite sœur ? Voilà au moins un point sur lequel nous ne nous disputerions pas. Mon argumentation sur son contrôle et son enfermement l'avait certainement fait réfléchir. Il n'était peut-être pas d'accord pour tout mais pour ça il me soutenait et je l'en remerciais. Je lui souris et l'embrassais rapidement sur la joue.
Je partis ensuite m'installer dans le canapé, Sunniva sur mes genoux.
- Bon, cette discussion close, que voulais-tu nous dire ?
Il me souris, apparemment ravi du changement de sujet et enchaîna.
- Je voudrais aller à la réception.
- Celle des Volturi ?
- Oui. Cela fait longtemps que je n'ai pas vu mes premières créations.
- Engendrer ces trois frères n'est certainement pas la plus brillante de tes idées. De plus, tu ne t'es jamais soucié d'eux jusqu'à présent, pourquoi maintenant ?
J'étais très perplexe. Je ne comprenais pas cet intérêt soudain pour eux. Lui qui n'avait fais ça que par ennuie. C'était peut-être pour ça qu'il voulait les voir, il s'ennuyait de nouveau.
- Tu t'ennuies donc ici ?
Il eut un sourire satisfait.
- Tu me comprends mieux que personne Signi. Cela fait longtemps que nous ne sommes pas sortis tous ensemble du château. Cet évènement est l'occasion de nous amuser un peu en famille. De plus, les Volturi continuent à faire circuler la rumeur que nul vampire ne peut les vaincre, qu'ils sont les plus puissants. Je voudrais leur rappeler que ce n'est pas tout à fait vrai et ainsi nous présenter aux autres vampires. Beaucoup de clan ont du voir le jour depuis et ils ne nous connaissent pas. Cela serait fâcheux qu'ils croient vraiment que les Volturi sont leur maître. Il y a pire qu'eux, Nous.
- On dirait que tu en es fier !
- Que veux-tu, je suis Adalrick, fils de HENNING, le grand fondateur et célèbre Viking, cela doit se voir dans ma personnalité, j'aime être puissant et craint.
Je souris malgré moi. Oui, la ressemblance entre lui et notre père était flagrante. Mon frère était aussi fier et conquérant que lui. Alexandre lui même aurait pâli devant Adalrick et son pouvoir.
Sans compter son don pouvant manier la Terre. En son jeune temps, il avait d'ailleurs aimé créer des tremblements de terre. Je me rappelais surtout celui d'Éphèse au début du VI ème siècle. Une ville magnifique dans l'ancien temps mais qui subit - à cause de mon frère entre autre - de graves dommages. Il était encore plus joueur avant et prenait plaisir à faire paniquer des villes entières. Ils apparentait ces foules à un nid de fourmis sur lequel on aurait marché et il s'amusait de leur panique. Heureusement qu'il c'était un temps soit peu calmé depuis.
- Je suis contre, l'Italie c'est ennuyeux. Qu'est ce que je vais bien pouvoir faire entre ses murs. En plus, il y a plein de monde, on ne peut pas sortir tranquille !
Eïnar aurait du mal à rester la-bas ça c'était sur. Lui toujours taquin et rieur. Le maintenir enfermé serait de la torture pour lui.
- Moi je suis pour. Il y a beaucoup de boutique de vêtements, on va s'amuser en Italie, je pourrais m'acheter tout ce que je veux.
- Depuis quand t'intéresses-tu à la mode Sunniva ?
J'étais curieuse, elle ne montrait pas autant d'intérêt à être dans la tendance.
- J'ai vu une fille très bien habillée l'autre jour en ville et bien que je ne sache pas comment cela s'appelait, c'était très beau, j'ai commencé à me renseigner sur les vêtements de nos jours et je dois avouer qu'ils font de très belles choses; De magnifiques robes de balles entre autre. On ira ensemble Signi tu veux bien ? Une sortie entre fille.
Elle ressemblait tellement à une petite fille comme ça. On ne pouvait pas se douter qu'elle était plus vieille que tout les vampires qui pouvaient exister.
Cependant j'hésitais à dire oui. Cela n'avait rien à voir avec les Volturi mais mon dernier souvenir de l'Italie était encore douloureux, c'était dans ce pays que je l'avais rencontré, dans ce pays que cette personne m'avait choisi le plus beaux prénom qu'on puisse donner. Avec elle, j'avais été juste Bella, jeune fille aimant lire et profiter du paysage que pouvait offrir l'environnement. Je n'étais pas la plus dangereuse des créatures, j'étais juste moi, grâce à elle. Pourtant elle n'était plus là. Je l'avais perdu et retourner en ces lieux seraient difficiles.
C'est pour ça que je me tournais vers Hakkon. Je voulais savoir ce qu'il en pensait. Il connaissait aussi mon histoire tout comme le reste de la famille mais elle avait oublié. Ma famille ne comprenait pas ma tristesse ni même mon attachement nouveau pour cette personne. Ils m'avaient soutenu cependant quelques temps et ensuite, le temps avait adouci ma peine, ne devenant plus qu'une sensation désagréable dans mon cœur mort quand je pensais à elle ou à ce pays. Mes frères et sœurs ont cru que j'avais oublié. Je n'ai rien oublié.
Seul Hakkon comprenait car pour lui, perdre une personne à laquelle il tient serait très difficile à gérer. Il m'avait aidé à gérer ma tristesse et ma solitude nouvelle depuis cette perte.
Il me regarda tristement et je savais ce que ce regard signifier.
- Je pense que nous devrions y aller. J'avoue que leur comportement m'inquiète quelque peu. Ils se croient invulnérables, supérieurs à tous. Sans compter qu'ils arrangent leurs règles à leurs manière en inventant des lois que eux même enfreignent. Il faudrait leur rappelez les vrais règles.
Maintenant c'était Eïnar qui me regardait suppliant. Il voulait s'amuser et rester ici. Mais il me connaissait et savait que je me rangeais presque toujours du coté de Hakkon.
Je soupirais et acquiesçais à mon tour.
- Bien la décision à la majorité, nous allons en Italie. Nous partons se soir, je m'occupe de réserver l'avion.
- génial ! Gromela Eïnar.
Je me dirigeais vers lui et lui ébouriffais les cheveux.
- Ne fais pas cette tête. Hakkon n'a pas tort, il vaut mieux s'occuper de ça tout de suite. Et puis si je me souviens bien, un des membres des Volturi, un certain Félix je crois, à la réputation d'être un très bon bagarreur. Tu pourras peut-être t'amuser avec lui.
- Tu crois ? Bon bin puisqu'il faut y aller...
Et voilà, son humeur avait déjà changé. Je savais que dans sa tête, il cherchait déjà comment défier ce Félix. Incorrigible celui là !
Sunniva partit rapidement pour faire ses valises. Il ne resta alors que mon dernier frère et moi.
- ça ira pour toi ?
- Je crois. Après tout il vaut mieux s'assurer de ce qui ce passe à Volterra et puis, cela fait si longtemps que je ne lui ai pas rendu visite. Il me manque...
- Je sais. Tout ira bien. Nous y allons, nous clarifions certains points et nous repartons. Souviens-toi juste des bons souvenirs que tu a eu aussi.
Hakkon me pris dans ses bras pendant un long moment. J'étais sereine maintenant. Je pouvais partir vers ma chambre et faire ma valise dans le calme à présent.
Je l'embrassais au coin des lèvres et le remercier d'être là pour moi.
- Ne t'inquiète pas, je serais toujours là.
C'est ainsi que nous partîmes chacun dans nos quartiers pour préparer notre voyage.
Ma valise fut rapide à faire. Je n'emmenais pas beaucoup de choses. Quelques vêtements et mes photos. Je n'avais pas besoin de plus. Je trouverais bien des livres et de la musique sur place. Si bien sur j'avais le temps de chercher car avec Eïnar et Sunniva que j'aurais à surveiller, je n'aurais pas beaucoup de temps pour moi.
Je dus ensuite repartir dans la salle de bain. Il était convenu, comme à chaque présentation de notre famille entière, que nous portions nos tenues traditionnelles de cérémonie. Aujourd'hui ne faisait pas exception. Le voyage ne durerait que peu de temps avec le jet et nous arriverions donc la nuit même. Ainsi, nous serions habillés convenablement pour notre arrivée.
Après un court passage dans la baignoire, je m'occupais, comme ce matin, de mes cheveux. Ensuite vint ma tenue.
La robe était bleu nuit, une couleur qui, selon ma famille, m'allait parfaitement. Elle formait un décolleté en V pas très prononcé mais laissant les épaules dénudées. Les manches étaient longues et évasées à partir du coude, argentées.
Elle arrivait à terre et possédait une légère traîne.
La robe était en velours et avait quelques fins motifs argentés qui suivait mon col ainsi que le tour de ma taille.
Pour les chaussures, je mis de petites ballerines noires.
Marcher avec cette robe n'était pas un problème car même si elle était longue, mon adresse pour avancer avait des centaines d'années d'expérience, sans compter la grâce habituelle vampirique.
Je finis alors par mettre ma cape en guise de manteau. Elle aussi était en velours et noire. La capuche était grande, large. J'aimais cette cape, l'une des rares affaires que j'avais gardé de ma vie d'humaine.
J'avais terminé mes préparatifs pour le voyage, il me restait encore du temps devant moi alors je décidais de boire. Je savais que ça ne suffirait pas pour la durée du séjour et que je devrais chasser la-bas. Rien qu'à ça je grimaçais. Je n'aimais pas chasser, ma famille non plus d'ailleurs. Que ce soit des humains ou des animaux, nous étions tous d'accord pour dire que c'était barbare et sans intérêt.
C'est pourquoi j'arrivais à me procurer du sang animal en bouteille que je rangeais dans une pièce assez chaude, histoire que le sang reste à bonne température.
Ce n'était pas que nous ne savions pas traquer, au contraire, mais nous voulions par bien des égards, rester civilisés. C'est donc pour cela que la plupart du temps, nous avions moi et Hakkon, un verre de sang à la main.
Pour les autres c'était différent. Sunniva était comme nous le plus souvent mais il lui arrivait des dérapages comme cette nuit. Eïnar ce nourrissait de sang humain avec Adalrick. Bien qu'il aime jouer, je m'étais un point d'honneur à ne pas les laisser tourmenter ces humains d'où les disputes incessantes entre mon grand frère et moi.
Adalrick aimait chercher quelques jeunes hommes ou jeunes femmes, les ramener au château en utilisant ses charmes et ensuite passer un moment avec eux. Une fois remplit d'une dévotion inébranlable, les humains offraient leur corps et leurs vie au vampire avec joie.
J'arrivais dans la pièce ambiante, pris un verre de vin et le remplit de sang de puma, mon préféré.
C'était facile pour nous de boire comme ça sans avoir le besoin incessant de s'abreuver. Autre constatation, malgré que nous buvions, nous n'étions pas pris dans un tourbillon d'ivresse. Nous avions toujours un pied dans la réalité. Il en allait de même pour mes frères se nourrissant d'humains. Certains, c'était un peu plus dur pour eux que moi, Hakkon mais ils arrivaient à s'arrêter sans lutter à chaque instant. C'était peut-être l'âge qui jouait en notre faveur ou tout simplement le fait que nous ne voulions pas ressembler à des animaux. Bon nombres de vampires devenaient trop bestiaux, trop sauvages, quand ils buvaient, nous détestions ça.
Je le bus tranquillement, tout en allant de nouveau dans la bibliothèque. Je tenais à finir mon livre avant le départ. Chose aisée avec ma rapidité et ma connaissance parfaite de l'histoire.
Ce n'était pas un de mes livres préférés mais j'aimais les nombreux passages descriptifs. C'était aussi ce livre qui m'avait donné envi de voyager en France.
Je n'étais pas particulièrement admirative de ce pays mais j'avoue que leurs esprits plus libérés que d'autres me plaisaient. La France étant connu notamment pour sa gastronomie, cela ne changeait rien pour moi. Cependant, j'eus un coup de cœur pour le château de Versailles. Ainsi que pour leur parc fleuri comme jamais.
Mais rien ne pourrait remplacer mon pays, ma magnifique Suède.
La lecture achevée, je décidais de retourner dans ma chambre. Je ne croisais aucun membre de ma famille en chemin. Ils étaient encore en trin de préparer leurs affaires je suppose. Je profitais donc des derniers moments qui me restaient dans mon petit paradis.
Je m'installais à ma fenêtre, les pieds se balançant dans le vide. J'observais l'horizon et constatais qu'une journée venait encore de s'achever. Le soleil se couchait doucement pour laisser place à une nuit glaciale. Étrangement, c'était le moment que je préférais, la nuit. Je m'étais toujours sentie bien. Qu'elle soit chaude ou froide, de toute façon, je ne sentais pas la différence de température.
Une chose positive.
Tout avait l'air paisible dans l'immense forêt qui m'entourait. Pourtant, avec mon ouïe sur-développée, j'entendais le moindre bruit : les oiseaux et leurs battements d'ailes, les rares animaux encore debout qui courraient à travers les arbres, les craquements des branches, le vent qui sifflait entre les arbres.
Mais tout ses sons mis ensemble, cela amenait une ambiance relaxante. Une ambiance d'une douce nuit.
Ce que j'aimais aussi dans ce cadre c'était qu'aucun humain était présent à des kilomètres à la ronde. Les premières habitations étaient assez loin. La ville la plus proche se situait à environs 100 kilomètres, c'était Kiruna.
Je sortis de mes pensées quand j'entendis frapper à ma porte.
- Signi, on part dans 5 minutes.
Sunniva était heureuse de partir. J'espérais que ça irait pour elle. Je lui souris alors qu'elle s'occupait de ma valise.
– Très bien, je descends.
Je n'avais pas envie de partir. J'aimais ma maison, j'aimais ma forêt et surtout, mes souvenirs de la dernière époque où je me trouvais dans ce pays me faisaient mal. Mais je devais y aller. Mon frère avait besoin de moi pour le soutenir dans ses décisions ainsi que toute la famille. Et même si je préférais ne pas quitter mon environnement, il fallait cependant que je le fasse. La situation ne me plaisait pas non plus. Nous devions voir ce qu'il en était.
Je regardais une dernière fois la vue. Une aurore boréale se dessinait maintenant dans le ciel éclairant la nuit bleue marine de magnifiques éclats verts. Les étoiles ajoutant une touche argent. Je fixai le ciel pour mémoriser le moindre détail de l'évènement. Comme une photographie mentale, un portrait que j'emportais avec moi pour ce voyage.
Il était maintenant temps de partir. À cette pensée, un corbeau arriva vers moi. Il se posa sur mon épaule.
– Tu crois vraiment que je devrais partir ?
L'animal me regarda un moment dans les yeux puis, dans un grand battement d'aile, partit plus loin tel une ombre se dirigeant vers le dessin du ciel.
Par son regard, je sus que je devais y aller. Je ne savais pas pourquoi mais c'est ce que je ressentais. J'avais toujours eu une affinité avec les corbeaux, animal me guidant toujours dans les choix qui s'offraient à moi. Ce n'était pas pour rien que j'étais une Valkirie!
Sans plus attendre, je sautais alors dans ce vide, atteignant rapidement le sol pour ensuite rejoindre la voiture que le petit aéroport nous avait envoyé.
Direction l'Italie.
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C'est tout pour ce chapitre. Avez-vous aimé?
Vous devez vous posez pas mal de questions, les réponses viendront tout au long de l'histoire.
J'espère que vous avez pris plaisir à lire ce premier chapitre.
A bientôt pour la suite.
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B-ness
