Chapitre II. Adolescent : ce vent qui t'enchante
Quand il fait voltiger sa jupe et qu'elle s'empresse de la maintenir, les joues rouges de cette candeur qui est sienne, tu trouves cette couleur rosée tout aussi jolie que la peau ivoire de ses jambes. Mais si tu ne te détournes pas assez rapidement et que ses yeux émeraudes s'en aperçoivent, c'est ta peau bien trop pâle qui se colore légèrement.
Quand il emmêle ses cheveux flamboyants et les fait danser autour de son visage de porcelaine, tout en cachant ses yeux merveilleux, tu as l'irrésistible envie d'attraper l'une de ses mèches de feu pour la caler derrière l'une de ses oreilles. Ce regard est la porte de ton paradis, rien ne devrait t'empêcher d'y plonger.
Quand sa douceur mène à toi son parfum délicat, tu aimerais pouvoir emprisonner sa fragrance dans une fiole en verre. Pour toi, l'Amortentia n'a pas d'autres senteurs que la sienne. Quand elle s'approche de toi pour plaquer ses lèvres rosées sur ta joue, tu réalises que tu détestes l'odeur de son shampoing, quelque chose à la framboise qui lui correspond si peu. Tu préfères l'odeur envoutante de son cou, légèrement plus corsée, comme celle de l'armoise.
Quand il accompagne la chaleur d'un été passé en sa compagnie, ton corps glacé se réchauffe sensiblement et chaque minute t'éloigne de cette froide enfance qui a été la tienne. Tu oublies ces nuits solitaires où la terreur te paralysait, car sa simple présence chasse les ténèbres de ton coeur.
Quand il la bouscule soudainement et qu'elle perd l'équilibre, tu la rattrapes aussitôt et profite de la douceur de sa peau. Elle se plaint de ce vent chahuteur, tu lui réponds par un sourire moqueur. Elle ignore que tu l'aimerai maladroite, elle, si semblable à une biche sauvage et gracieuse.
Quand il fait résonner son rire charmant sur les pierres anciennes de l'école, tu ne peux t'empêcher de sourire à ton tour. Si elle découvre cette expression sur ton visage, tu en es quitte pour une gentille moquerie. Ta mimique vexée la fait rire davantage tu as l'impression - non, la certitude - que tu ne vis que pour l'entendre. Et ça t'enchante.
