Chapitre III. Mangemort : ce vent qui te bouscule

Quand il gonfle ses robes noires de sorcier, tu inclines servilement la tête. Tu rêves secrètement de croiser son regard rubis et de te plonger dans ces incandescentes ténèbres qui t'attirent inexorablement.

Quand il porte vers toi sa voix sifflante et envoutante, gages de gloire et de pouvoir, tu ne doutes pas un instant de ton choix. Ses paroles prennent racines en toi et tu écoutes avec avidité chacun de ses discours.

Quand il se faufile entre les rangs serrés que tes camarades et toi formez, un sentiment d'appartenance jusqu'ici inconnu t'anime soudainement. Tu fais parti d'une élite et cette toute puissance te grise. L'engagement qui te brûle l'avant-bras est ta promesse d'espérance.

Quand il souffle violemment et s'écrase contre ton masque blanc, tu t'agrippes avec force à ta baguette magique. Tes sortilèges sont précis et tu ne rates presque jamais ta cible. La violence de la bataille t'empêche de penser aux crimes que tu commets et les encouragements de tes pairs te poussent à continuer malgré tout.

Quand il fouette ton visage et renforce la violence de la pluie qui s'abat sur toi, tu ne ralentis pas l'allure. Tu cherches depuis longtemps un moyen de te démarquer des autres Mangemorts et la prophétie que tu te dépêches de lui rapporter sera ton tremplin. Tu ignores cependant que tu cours à ta perte.

Quand il te fait perdre l'équilibre, tu as l'étrange impression de te tenir au bord d'un gouffre inquiétant. Il en faudrait peu pour que tu bascules dans ce funèbre abîme. Et pourtant, il continue de te bousculer, encore et encore.