Youhou quel accueil!

Merci merci merci mille fois!

Je n'ai pas encore eu le temps de répondre à toutes les reviews mais je promets de le faire au plus vite. C'est une règle: vous prenez la peine de m'écrire alors je prends la peine de vous répondre.

A celles qui n'ont pas compte, je laisse tout de même un petit mot ici: Flopy 69 quel plaisir de te retrouver! Lily et Lizs bienvenue à voue et merci pour votre gentil commentaire!

Quoi qu'il en soit, je suis ravie que ce début vous ait plu alors voilà la suite qui répondra déjà à certaines questions que vous m'avez posées.

Pour le premier face à face, il faudra patienter jusqu'au prochain chapitre mais voilà une première petite confrontation.

Je vous souhaite une bonne lecture.

Bisous

Lily

Les personnages appartiennent à SM

Chapitre 3- New Slaves

Pov Bella

Non, non,non,non,non,non…

Non !

Tout ça ne pouvait pas être vrai !

Si ?

Elle portait forcément des lentilles…

Cette fille. Jane.

Qui voudrait passer l'éternité avec des yeux aussi flippants, hein ?

Et puis personne ne me ferait croire que les vampires avaient sillonné le monde depuis des siècles avec un regard pareil sans se faire repérer et faire la une d'au moins un magazine à scandales.

Si ?

Non ! C'était une mauvaise blague, une mascarade stupide et grotesque destinée à me faire peur et à me faire lâcher prise !

Je n'avais pas été assez discrète à New York.

On m'avait suivie et monté ce bateau minable dans … cette forteresse perdue au milieu de dieu savait où… avec ce mobilier d'époque… et cette adolescente effrayante et au déguisement si…

Merde, merdre, merde, merde !

Qui je croyais duper là ? Ce n'était pas un déguisement !

Cela faisait plusieurs heures que je tournais et retournais la scène dans ma tête et non, ce n'était pas un déguisement.

Je l'avais su à la minute où cette chose avait ouvert la porte : elle n'était pas humaine.

Malgré la douceur de sa voix, son maintien de jeune fille sage et sa peau de porcelaine, elle était dangereuse.

Mortellement.

Ça m'avait frappé comme une évidence en même temps qu'une furieuse envie d'aller me terrer dans un trou.

Appelez-ça l'instinct de survie ou l'expression de mon cerveau reptilien, peu importe.

Et depuis, je marchais de long en large dans ma cellule en m'arrachant les cheveux.

Merde ! Merde ! Merde !

Dans quel pétrin j'étais allée me fourrer ?Moi et mes putains d'obsessions !

Les vampires existaient.

Je me figeai brutalement quand mon cerveau parvint enfin à formuler cette pensée entièrement.

« Les vampires existent. »

Ça faisait encore plus peur de prononcer ces mots à voix haute. Mais il fallait bien que je me rende à l'évidence. Tous ces soupçons que j'avais refoulés au nom de mes foutus principes rationnels étaient en fait fondés.

Comment avais-je pu être aussi bornée et ne pas voir l'évidence ?

Ces types qui se volatilisaient mystérieusement, les marques de canines sur le corps d'Anianka à Seattle et de Gianna à New York, tout ce sang…

Des vampires se baladaient parmi nous sans que nous en soyons au courant. Ce qui ne me semblait plus si étonnant maintenant à la lumière de tout ce que j'avais mis au jour dernièrement : ces sales sangsues s'étaient constitué un réseau qui leur permettait de se nourrir sans tuer leurs victimes et, quand un accident se produisait comme à Seattle, cela devait être tellement isolé que nous avions vite fait de classer ces décès dans la catégorie « attaque animale ».

Qui voudrait voir la vérité en face de toute façon ?

Ces créatures étaient organisées.

Et puissantes.

Les êtres humains que j'avais croisés dans mes investigations étaient clairement au fait de ce qui se passait et n'en avait jamais rien révélé. Ceci dit, constatant comment avait fini Gianna Santiago, je comprenais pourquoi. Cela n'empêchait que les vampires semblaient avoir suffisamment de pouvoir pour s'offrir des clubs et la loyauté de nombreuses personnes.

Dans ce sens, cela ressemblait assez aux organisations mafieuses auxquelles je m'étais déjà frottée jusqu'à présent.

Ce constat me redonna courage. On ne m'avait pas fait tomber jusque-là. Je ne me laisserais certainement pas abattre si facilement.

J'étais terrorisée.

Mais j'étais aussi forte et déterminée.

J'étais toujours immobile au milieu de la chambre alors que je rassemblai tous les éléments que je connaissais du mythe vampirique.

Mes connaissances me venaient de la littérature et du cinéma mais, de « Dracula » à « Buffy », il pouvait y avoir des choses qui me serviraient.

Premièrement, les vampires étaient des créatures nocturnes. Cela expliquait probablement que je n'ai perçu aucune présence la veille durant la journée et que cette fille soit venue avant l'aube. Je ne risquais donc surement rien tant qu'il faisait jour.

Instinctivement, je me rapprochai de la fenêtre qui déversait sur le sol les chauds rayons du soleil de cette mi-journée.

Points faibles ?

Si on en croyait les livres, de l'ail ou un crucifix repoussaient ces choses. Malheureusement, je n'avais ni l'un ni l'autre. Pas même une médaille de baptême pour me protéger.

On pouvait les tuer d'un pieu enfoncé en plein cœur. Là encore, je doutai que le crayon à papier que j'avais dans mon sac ne soit d'un quelconque secours et je n'étais pas assez forte ni outillée pour réduire en morceau les montants du lit.

Bref, je n'avais pas grand-chose.

Ne me restait que la fuite, en espérant que je courrais assez vite.

Tant pis, même si je devais échouer, au moins je tenterais ma chance, quitte à mourir en essayant.

Il ne me restait qu'à attendre.

Assise sur le parquet sous la fenêtre, je pris mon mal en patience. Paniquer ne servirait plus à rien maintenant. J'étais calme et résignée.

Les heures passèrent et je me forçais à ne pas laisser la peur empirer à mesure que le jour déclinait, réduisant implacablement mon fragile espace de lumière.

Quand le soleil eu définitivement disparu à l'ouest, ma tension était à son comble.

Je n'attendis pourtant pas longtemps avant d'entendre des pas derrière la porte.

Je me relevai, adoptant une posture détendue et fière. Il était hors de question que je montre la terreur qui me rongeait littéralement de l'intérieur.

La porte s'ouvrit et la fille, Jane, entra, affichant le même sourire avenant que la veille. Elle me dévisagea un instant puis laissa trainer son regard sur la pièce et avisa le sandwich et la bouteille d'eau auxquels je n'avais pas touché. Son sourire s'étira en une mine moqueuse, la rendant encore plus terrifiante. Tous les poils de mon corps se hérissèrent et la voix dans ma tête me hurla à nouveau de m'enfuir à toutes jambes. Mais cette chose se dressait entre moi et l'unique issue.

« Il est l'heure. » dit-elle de sa voix douce.

Je la défiai du regard.

« L'heure de quoi ? » demandai-je, surprise d'être capable de sortir un son audible.

Elle sourit à nouveau et la lueur qui traversa son regard déversa à nouveau dans mon corps la liqueur glaciale de la peur.

« L'heure de payer le prix de ta présence parmi nous. Suis-moi. »

Elle fit volte-face, laissant la porte grande ouverte et commença à avancer d'une démarche légère et gracile.

Je restai figée sur place, incapable du moindre mouvement.

« Crois-moi, Isabella, tu n'aimerais pas que je vienne te chercher moi-même. »

Elle ne s'était ni arrêtée de marcher, ni retournée mais je sentis parfaitement la menace malgré son ton affable de communiante. J'ordonnai donc à mon corps de bouger malgré la terreur qui me plombait les jambes.

Je m'engageai pour la première fois en dehors de la chambre.

Je suivis Jane dans un long couloir aux murs de pierre claire, passant devant plusieurs portes identiques à celle de ma cellule. Je laissai intentionnellement la distance entre nous s'agrandir, prête à ma propulser à toutes jambes dans le premier escalier ou par la première porte qui me semblerait une sortie envisageable.

La créature devant moi émit un petit rire cristallin et moqueur.

« Tu ne comptes tout de même pas sérieusement essayer de me fausser compagnie, Isabella ? »

Elle s'était arrêtée de marcher. J'en fis de même, subitement clouée au sol.

Comment diable pouvait-elle savoir ça ?

Avait-elle lu dans mes pensées ?

Elle se retourna. Un sourire inquiétant flottait sur son visage parfait et ses yeux écarlates me scrutaient avec amusement.

« Si il y a une chose dont tu peux être certaine, c'est que, quelle que soit la façon dont tu quitteras cet endroit, il n'y aucune chance pour toi que tu sois encore vivante à ce moment-là. »

Ma respiration se bloqua dans ma gorge. Mon cœur se mit à battre un rythme désordonné et je crus bien que la créature réussit à le percevoir car son sourire s'étira encore d'avantage. Elle pencha la tête vers son épaule comme si elle parlait à une enfant ou à une attardée mentale.

« Tu vas mourir, Isabella. D'une façon ou d'une autre. Maintenant allons-y, tu es attendue.»

Mon air choqué sembla la satisfaire au-delà de toute expression. Puis elle se retourna et reprit sa marche, ma laissant plantée là.

Il me fallut quelques secondes pour assimiler ces mots. Une colère sourde remplaça alors la peur. Je doutai sérieusement de pouvoir aller contre mon destin mais, si on avait décidé pour moi de quelle serait ma fin, je ne rendrais certainement pas la tâche facile à mes bourreaux et je ne leur donnerais pas la satisfaction de me voir me laisser faire sans résister.

Je ne pouvais pas m'échapper, bien.

Cela ne m'empêcherait pas de me défendre.

Je me remis à marcher, suivant la vampire dans un autre couloir puis dans un escalier qui nous amena au niveau inférieur. Le décor était toujours le même et je me rendis compte que j'étais dans une vraie forteresse aux murs épais de pierre dure et au sol de marbre sombre. Les salles devant lesquelles nous passâmes étaient immenses et vides, l'éclairage était insuffisant pour disperser les ombres qui s'étiraient, dissimulant je ne savais quels monstres de cauchemars. Tout me semblait possible maintenant que j'avais admis que le surnaturel était réel.

Nous nous arrêtâmes devant une nouvelle lourde porte de bois sombre. La créature l'ouvrit et me fit signe d'entrer.

Nous y étions.

J'allais finalement savoir ce qui m'attendait et à quelle sauce j'allais être mangée. Je me serais frappée d'oser penser avec un humour aussi déplorable dans un moment pareil.

J'inspirai un bon coup et passai la porte.

A ma grande surprise, je ne pénétrai pas dans une pièce mais sur une coursive qui surplombait une immense salle circulaire.

« Avance et regarde. » m'ordonna ma geôlière.

Je m'approchai prudemment de la rambarde et laissai mon regard ébahi détailler la scène qui se déroulait sous mes yeux en contrebas. Une lumière tamisée dispensée par un imposant lustre en cristal qui pendait du plafond au-dessus de moi éclairait un décor de boudoir élisabéthain ou des couples s'enlaçaient sur des canapés de velours sombres ou à même le sol sur des tapis épais. Une musique diffuse qui provenait de je ne savais où finissait de faire de tout ça une scène digne d'un film érotique sinistre.

Je restai un instant stupéfaite.

Qu'est-ce que c'était que ce cirque ?

Je me concentrai un peu plus et parvint à dissocier de la musique un concert de gémissements et de … quoi ? De grognements ?

Ce son grave et rauque tenait plus du feulement animal que du grognement de plaisir et interpela encore plus mon inconscient. Mes yeux s'accrochèrent à un couple étendu sur une des méridiennes. L'homme me tournait le dos. Il portait encore des vêtements sombres alors que sa compagne était déjà à demi dévêtue, la tête renversée en arrière avec une expression de plaisir et de douleur mêlée. Sa peau était trop blanche, presque maladivement pâle et, m'habituant à l'obscurité, je pus finalement y remarquer les marques violacées d'hématomes et rouges des morsures.

Mon cerveau sembla ne plus vouloir fonctionner alors que je fixai les plaies multiples sur son corps. Ce n'est que quand je vis un long filet de sang couler sur sa peau le long de son bras depuis l'endroit où son partenaire paraissait l'embrasser avec ferveur que je reculai brusquement pour me soustraire à l'emprise de cette vision morbide.

« Tu ne sembles pas apprécier la vue» constata la vampire.

Je réprimai un hoquet de panique. Etait-ce à cela qu'on me destinait ?

Pas moyen !

Jamais je ne laisserais quiconque me faire ça !

« Il va pourtant falloir que tu t'y fasses » continua Jane avec un sourire amusé.

Je respirai de plus en plus fortement en serrant les dents pour ne pas crier sous l'effet de la rage qui me submergeait à cette idée. Je préférais me jeter tout de suite d'une fenêtre plutôt que de me laisser conduire en bas. Ces créatures ne poseraient pas leurs sales pattes sur moi !

J'étais sur le point de répliquer quand une voix masculine nous parvint depuis un coin sombre de la coursive.

« Tiens, tiens, une nouvelle… »

Mon sang se glaça. Si je doutai déjà de pouvoir échapper à un vampire, je n'avais aucune chance contre deux.

L'expression soudain agacée de Jane me surpris cependant.

« Alec » se contenta-t-elle de répondre avec une mine pincée.

Qu'est-ce qui pouvait bien la contrarier à ce point ?

Un jeune homme sortit de l'ombre et s'approcha de nous. Il était brun, élancé et, physiquement, ne paraissait pas être plus vieux que Jane. Je me doutai pourtant bien qu'il ne fallait pas se fier aux apparences. Qui savait depuis combien de temps ces deux-là arpentaient le monde ?

Les yeux de l'adolescent ne me quittaient pas. Il me détailla avec une ouverte convoitise et je ne pus réprimer un frisson.

Je reculai d'un pas et il sourit, visiblement satisfait de la peur que je ne pouvais contenir entièrement.

« Peut-être pourrais-je prendre le relais à partir d'ici, petite sœur ? » demanda le garçon.

Petite sœur ? Ces deux-là étaient de la même famille ?

« Cela fait une éternité qu'il n'y a pas eu de sang neuf ici » continua-t-il avec le même sourire de délectation. « Je me ferai un plaisir de conduire notre nouvelle invitée parmi les autres. »

Il s'approcha et ce fut comme si toute volonté m'avait quittée. J'étais incapable de faire un pas.

Il avait beau paraitre jeune, il n'en était pas moins plus grand que moi d'au moins vingt centimètres. Cette supériorité physique aurait déjà suffi à m'inquiéter si n'était venue s'y ajouter sa nature.

Arrivé à ma hauteur, il se pencha vers moi et laissa courir son nez le long de ma joue. J'étais pétrifiée.

« Tu sens incroyablement bon… Quel est ton nom ? »

Les mots restèrent coincés dans ma gorge et je ne savais par quel miracle je pouvais encore tenir debout.

« Laisse-la, Alec » dit Jane d'une voix dure.

Le jeune homme sourit alors qu'il se penchait à nouveau vers ma gorge.

« Ne sois donc pas jalouse, Jane » répliqua-t-il. « Tu sais que je ne répugne jamais à partager avec toi. »

Je sentais son souffle sur ma peau comme une brise glacée qui hérissait tous mes sens, toujours incapable de m'enfuir ou de répliquer. Toute retraite m'était coupée.

« Elle n'est pas pour toi. » poursuivit Jane. « Je dois la conduire là-haut. »

Alec stoppa brusquement sa progression vers ma peau puis se redressa lentement, toute trace d'humour ayant déserté ses traits. A ma plus grande surprise, il fit même un pas en arrière qui le ramena à la hauteur de sa sœur. Il me dévisageait maintenant avec un regard curieux, voir même vaguement inquiet.

Là-haut ?

C'était quoi ça là-haut ?

J'hésitai un instant entre le soulagement à l'idée de ne pas devoir descendre dans cette salle qui n'était ni plus ni moins qu'un garde-manger pour vampires et l'inquiétude que suscitait cette nouvelle inconnue dans l'équation.

« Qui l'a ordonné ? » questionna l'adolescent sans cesser de me scruter. « Elle aurait dû descendre d'abord.

- Cela ne te regarde pas, mon frère » répliqua Jane.

Il se tourna vers elle avec un regard incrédule.

« Que fait-elle ici, alors ? »

Jane eut un rire sans joie avant de répondre.

« Je voulais simplement lui montrer ce qu'elle rate. »

Ainsi c'était ça. Cette salope m'avait amenée ici pour me faire peur. Je comprenais mieux maintenant sa colère quand Alec était arrivé. Il avait gâché son petit plaisir.

Le jeune homme se joignit au rire de sa sœur puis se tourna vers moi et me salua en inclinant la tête. Qu'il fasse autant de manière était ridicule. Pour qui se prenait-il ?

« Et bien, chère et mystérieuse demoiselle, vous me voyez navré que nous ne puissions poursuivre notre entretien. »

Un sourire carnassier se dessina sur son visage.

« Mais un autre jour peut-être… »

Il se redressa tout à fait et enjamba la balustrade avant de se laisser tomber gracieusement. Il fit une chute de plus de trois mètres mais se réceptionna avec l'élégance et l'agilité d'un chat. Ce premier aperçu des capacités de ces monstres me stupéfia.

Il leva un regard vers moi avant de rejoindre le couple que j'observais quelques minutes plus tôt. Sans un mot, il saisit le poignet de la fille et le porta à ses lèvres. La pauvre poussa un faible cri quand les dents acérées du vampire percèrent sa peau. Je réprimai un tremblement et détournai les yeux, incapable d'en voir plus de ce supplice.

Jane s'esclaffa à mes côtés.

« Tu en as assez vu ? Alors allons-y. » dit-elle.

« Où ? » demandai-je, surprise d'avoir retrouvé l'usage de ma voix.

Elle me sourit mystérieusement sans répondre et commença à traverser la coursive vers la sortie. Mon regard survola une dernière fois les corps en contrebas. Combien survivraient à cette nuit ?

Je n'avais pas la force nécessaire pour penser à la réponse. Tous mes efforts me servaient à garder ma dignité en cet instant.

Je ne donnerais pas à ces monstres la satisfaction de me voir paniquer ou supplier.

Jane avait essayé de me faire réagir, de me faire peur en me montrant cet endroit. Que cherchait-elle hormis son propre plaisir sadique ? A me tester ? Pourquoi ?

Nous parvînmes devant les portes d'un ascenseur. Cela paraissait totalement incongru dans ce décor médiéval.

Quand les portes se refermèrent sur nous, je me demandai si ce n'était pas encore là un moyen de me mettre à l'épreuve. Mon cœur battait à tout rompre et je pouvais presque en entendre la pulsation rapide et sourde emplir l'espace restreint.

Jane gardait le silence mais un sourire cruel flottait toujours sur ses traits, signe qu'elle était parfaitement satisfaite de ma réaction.

Les portes s'ouvrirent et je me retrouvai plongée dans un autre univers.

La pièce dans laquelle j'entrai était immense et circulaire comme la première mais elle éclairée d'une lumière douce et chaleureuse. De magnifiques tableaux ornaient les murs et les meubles étaient clairs et modernes. Des plantes luxuriantes finissaient de faire de cet endroit un grand salon très accueillant et agréable.

C'était quoi ce délire ?

J'étais à mille lieues d'imaginer un endroit pareil. Surtout après ce que je venais de voir. Mais je ne devais pas me fier aux apparences. Il ne pouvait s'agir du paradis car c'était bien dans l'antichambre du diable que je me trouvais.

« Heidi, voici Isabella Swan. » dit Jane, interrompant ainsi mes pensées lugubres.

Une magnifique jeune femme brune s'avança avec un sourire avenant. Elle paraissait avoir à peine une vingtaine d'années et portait une robe moulante assortie à ses yeux : rouge.

Vampire.

« Je suis enchantée de vous rencontrer, Isabella » dit la nouvelle d'une voix douce comme du velours. « Bienvenue dans le salon du haut. »

Encore une façade à laquelle il ne fallait pas se fier. Elle avait beau officier dans un décor de rêve, cette créature n'en était pas moins un monstre, comme les autres.

« Je vous en prie, mettez-vous à l'aise. » continua-t-elle. « Joignez-vous à nos autres invitées, profitez de tout ce que vous pourrez trouver ici. »

Elle accompagna ses paroles d'un geste de la main pour m'inviter à avancer dans la pièce.

Je n'avais d'autre choix pour l'instant que d'obtempérer. J'avançai donc en n'accordant aux deux vampires femelles plus un seul regard. Qu'elles aillent se faire foutre !

J'observai l'endroit plus attentivement. D'imposantes arcades soutenaient le plafond. Je supposais donc être au dernier étage de la bâtisse. Des fenêtres immenses et sans barreaux s'ouvraient sur la nuit d'un noir d'encre. Les murs étaient faits de la même pierre presque blanche que j'avais vu partout jusqu'à présent mais le sol était recouvert d'épais tapis de laine pourpre qui rendaient l'atmosphère étrangement douillette et chaleureuse.

Il fallait descendre trois marches pour atteindre le centre de la pièce où étaient disposés des canapés confortables sur lesquels étaient assises trois femmes. Je comptais quatre autres femmes installées sur des méridiennes dans le fond de la pièce, occupées à lire ou même semblant dormir. Je ne voyais aucune peur sur ces visages et, mis à part la vampire à l'entrée, toutes les personnes ici étaient humaines.

Une des filles du salon central se leva et vint à ma rencontre avec un sourire. Je la regardai avancer, consciente que je fronçais durement les sourcils et que ma méfiance devait être palpable. Cela ne déstabilisa pourtant pas la jeune femme qui me tendit une main avenante.

Je la détaillai avant de tendre la main en retour. Elle devait avoir environ mon âge. Elle était blonde et de fines taches de rousseur soulignaient le relief de ses pommettes hautes et bien dessinées. Un regard bleu lagon complétait son visage parfait. C'était indéniablement une belle femme.

« Bonsoir, je suis Irina. » dit-elle sans cesser de sourire.

A en juger par son accent, je devinai qu'elle venait d'Europe du nord.

« Bella. » répondis-je toujours soupçonneuse.

« Je suis ravie de faire ta connaissance, Bella. Viens. Je vais te présenter aux autres. » enchaina Irina en posant une main dans mon dos pour m'entrainer vers ses compagnes.

Je descendis prudemment les marches et m'approchai des jeunes femmes qui me regardaient avec une curiosité à peine voilée.

Irina me désigna la magnifique rousse à ma droite.

« Je te présente Victoria. »

Victoria inclina la tête dans un salut vaguement hautain mais ne bougea pas de sa position bien étudiée : un bras à la peau d'albâtre posé sur le dossier de son fauteuil et les jambes, que son jean moulant cachait à peine, sensuellement croisées.

Je portais toujours les vêtements que j'avais quand on m'avait enlevée. J'avais donc au moins la satisfaction de ne pas faire tâche auprès de ces trois beautés. Car la troisième était de loin la plus belle des toutes.

« Et voici ma sœur, Tanya. » poursuivit Irina, en parfaite maitresse de maison qu'elle n'était probablement pas.

Tanya partageait les traits nordiques de sa sœur mais elle aurait très bien pu faire la une d'un magazine de mode. Elle était altière et sensuelle. Qu'est-ce qu'elle faisait là ?

Qu'est-ce que tous ces humains faisaient là ?

« Assieds-toi, je t'en prie » me proposa Tanya.

J'hésitais un moment. Je n'avais pas la moindre idée de quel était cet endroit et je laissai courir un nouveau regard inquiet autour de moi.

« Tu es surprise, c'est normal » dit Tanya. « Ça nous a fait ça à toutes la première fois. La différence est tellement saisissante avec le salon du bas. »

Je la regardai en prenant enfin place sur un fauteuil.

« Effectivement. » répondis-je, laconique.

« Qui t'a choisie ? » demanda Irina avec une mine curieuse.

Je tournai la tête vers elle. Je ne comprenais pas ce qu'elle me demandait. Comment ça choisie ?

« Pardon ? » m'étonnai-je.

« Quel vampire t'a choisie ? De qui es-tu la favorite ? » insista-t-elle gentiment.

Favorite ? C'était quoi cette histoire ?

Alors que je pensais que les choses n'auraient pas pu être pires, j'envisageai maintenant un scénario qui me plaisait encore moins…

« Je ne comprends pas... » commençai-je, perdue.

Les trois femmes échangèrent un regard interloqué.

« Tu dois bien savoir lequel d'entre eux t'a sortie de là-bas. » s'étonna la rouquine.

Je plissai les yeux car je n'étais pas certaine d'apprécier le ton suffisant que celle-ci employait avec moi.

« Je n'ai été sortie de nulle part et je n'ai pas la moindre idée de ce que je fais ici. » répliquai-je froidement.

« Attends » intervint Tanya. « Tu veux dire que tu ne viens pas d'en bas ? »

Elle s'était redressée et me scrutait avec une expression de réelle surprise.

« Non, je viens de Seattle. J'étais en vacances à Florence, on m'a agressée et je me suis réveillée ici. »

Je cachai volontairement les véritables raisons de ma présence en Italie car dieu seul savait ce que ces femmes faisaient dans ce nid à vampires où elles avaient l'air d'être traitées comme des invitées de marque.

« Qui t'a conduite dans cette pièce ? » insista Tanya.

« Une blonde qui se fait appeler Jane » répondis-je. « Et elle m'a offert un petit crochet par la salle des réjouissances du rez-de-chaussée avant de m'amener ici sans m'expliquer quoi que ce soit. »

Tanya se laissa retomber contre le dossier du canapé.

« Jane ? » demanda Victoria. « Ce n'est pas la disciple d'Aro ?

- Si » répondit Tanya.

Les trois femmes me regardèrent cette fois avec un réel intérêt, comme si j'étais une bête de foire ou s'il m'était poussé subitement un troisième œil.

« Est-ce qu'on va enfin m'expliquer ce qui se passe ? » m'énervai-je.

Ce fut encore une fois Tanya qui prit la parole.

« Tu es à Volterra.

- Je sais ça. Je ne sais juste pas pourquoi !

- Tu ne cherchais pas la cité ? Vraiment ? » s'étonna une nouvelle fois la jeune femme.

Je levais les yeux au ciel pour rendre mon mensonge plus crédible. Je devais en apprendre le plus possible si je voulais avoir une chance de me tirer d'ici. Et, qui sait, si j'y parvenais, autant avoir de quoi faire un article sensationnel. Des vampires, excusez du peu !

« Mais tu as compris de quoi il est question ici… » poursuivit Tanya.

« Oui. J'aurais préféré ne pas voir ce que j'ai vu mais je dois bien me rendre à l'évidence que les vampires existent » répondis-je en tentant de garder mon calme. « On vous a enlevée aussi ? Et pourquoi sommes-nous ici et pas en bas avec les autres ? Qu'est-ce qu'on va faire de nous ? »

Je ne pouvais empêcher ma voix de monter dans les aigus à mesure que j'extériorisais toutes les questions qui me consumaient la cervelle. Je pouvais me donner des grands airs mais j'avais aussi besoin de savoir.

Irina vint s'asseoir près de moi et posa une main rassurante sur mon bras.

Tanya secoua la tête en souriant aimablement. Elle ne se moquait pas de moi. Au pire, elle semblait vaguement amusée mais elle continua à me parler d'une voix calme et apaisante.

« Non, Bella, nous n'avons pas été enlevées. Ton histoire semble plutôt inédite. En général, ceux qui arrivent à Volterra l'ont cherché longtemps. Irina et moi venons de Stockholm, Victoria nous vient d'Angleterre. Je préparai une thèse d'anthropologie quand j'ai découvert que l'existence des vampires n'était pas un mythe et c'est devenu pour moi une évidence : je devais les trouver et devenir l'une des leurs. Volterra est le lieu pour ça. Irina m'a suivi dans cette folie car je ne pourrais jamais passer l'éternité sans elle. C'est notre destinée. »

Les deux sœurs échangèrent un regard d'affection profonde. Cela ne les rendit pas moins folles à mes yeux. Ces filles voulaient devenir des mortes-vivantes et elles ne voyaient pas où était le problème !

Quoi qu'il en soit, je gardai mes réflexions pour moi. Ce n'était pas le moment de me les mettre à dos.

« Cependant, quand on a la chance de trouver la cité, il faut d'abord faire ses preuves. » continua-t-elle. « Le salon du bas est là pour ça. Si tu as de la chance, l'un d'entre eux décèlera en toi quelque chose qui lui donnera l'envie de te choisir comme compagne puis de t'offrir l'immortalité.

- Qu'est-ce qui peut bien rendre quelqu'un différent des autres dans ce purgatoire ? » l'interrompis-je, encore sous le choc de ce que j'avais vu là-bas.

« Le sexe, ma belle » répondit-elle avec un sourire. « En plus de ton apparence, le sexe peut être une arme puissante. »

Je lâchai un soupir incrédule. Cela ne la déstabilisa pas le moins du monde et elle poursuivit son monologue.

« Et quand tu as de la chance, comme nous, tu peux même être remarqué par quelqu'un d'important, un vampire qui ne voudra pas te partager avec ses congénères et qui te choisira parmi les autres pour t'accorder ses faveurs. Ce salon est le salon des favorites. »

Je parcouru une nouvelle fois la pièce d'un regard circulaire, cherchant où pouvait être la caméra car, ce n'était pas possible, on me jouait forcément un dernier coup tordu. Personne ne pouvait être dérangé à ce point.

Puis je fermai les yeux pour rassembler mes idées.

« Tu veux dire… » commençai-je prudemment. « Tu veux dire que vous êtes venues de votre plein gré à Volterra pour y être transformées en vampires, que vous avez d'abord fait vos preuves dans ce bordel abominable puis qu'un de ces suceurs de sang vous a choisi pour être sa réserve de sang personnel ?

- Je comprends ton point de vue, Bella. » dit Irina. « Tu n'as pas choisi d'être ici mais, oui, c'est une façon de présenter les choses.

- Et, si tu es ici avec nous, c'est que tu as été choisie, que ça te plaise ou non » ajouta Victoria avec dédain.

« Par qui ? » demandai-je, inquiète.

Tanya se pencha à nouveau vers moi.

« Ton cas est surprenant, Bella. Tu as été amenée directement ici… Cela veut dire que tu as été remarquée par quelqu'un de particulièrement important. Aro n'aurait jamais accepté qu'on amène une novice parmi nous. Or, si c'est Jane qui t'a amenée ici, il est forcément au courant

- Qui est Aro ?

- Il est le maitre ici. Nous finissons toutes par le rencontrer un jour ou l'autre. C'est lui qui prend toujours la décision finale de laisser un humain être transformé ou non. »

Je pris ma tête dans mes mains et fermai les yeux pour calmer mes émotions qui menaçaient à nouveau de me submerger.

Quand je relevai les yeux, je ne pus que souligner l'évidence.

« Mais je n'ai jamais rencontré aucun vampire…

- Tu as pourtant été repérée. Tu sauras vite par qui à mon avis. »

J'avais la nausée.

C'était donc à cela qu'on me destinait ? A devenir la chose d'une de ces créatures répugnantes ?

Il n'en était pas question !

Je n'étais pas une de ces filles, je ne me laisserais pas faire. Plutôt mourir.

Je me redressai sur mon siège.

« Il est hors de question qu'un seul vampire me touche » formulai-je à voix haut.

Victoria éclata d'un rire moqueur.

« Parce que tu penses vraiment que tu auras le choix ? »

Au même moment, une porte s'ouvrit et un homme blond de haute stature pénétra dans la salle.

« Victoria. » appela Heidi d'une voix enjôleuse.

Elle se leva et planta son regard de jade dans le mien.

« Alors accroche-toi car tu t'apprêtes à monter dans le grand huit. Il se pourrait même que tu y prennes du plaisir avant de t'écraser au sol. »

Elle s'éloigna d'une démarche chaloupée et rejoignit l'homme autour du cou duquel elle passa ses bras. Il enfouit son nez dans le cou de la jeune femme puis releva le visage en se léchant les lèvres, vrillant son regard carmin dans celui de Victoria.

Ils quittèrent la pièce enlacés comme l'aurait été un couple fougueusement amoureux.

« C'était James » m'éclaira Irina. « Il est le maitre de Victoria depuis quelques semaines maintenant. Elle est persuadée qu'il va la transformer bientôt mais ce n'est pas le bruit qui court.

- Que se passera-t-il s'il ne la transforme pas ?

- Il la répudiera. Et elle mourra. C'est un risque que nous sommes toutes prêtes à courir»

La boule de nausée était de retour dans ma gorge.

Ces filles jouaient consciemment leur vie à pile ou face et j'allais devoir prétendre être l'une des leurs si je voulais une maigre chance de m'enfuir.

Je réfléchissais à toute vitesse, assemblant ensemble les pièces de ce puzzle insensé. Un vampire m'avait choisie. Je ne doutai pas un seul instant que mon enquête ait motivé ce choix.

Peut-être pourrais-je me faire passer pour une de ces groupies qui cherchaient Volterra…

On m'avait pris mes papiers et on avait mis à sac ma chambre à New York mais je savais qu'il n'y avait nulle part une trace de mon article puisque je n'avais pas encore commencé à l'écrire. Mes notes étaient conservées dans la mémoire de mon téléphone mais elles étaient codées. Donc, même si on découvrait qui j'étais, je pouvais me faire passer pour ce que je n'étais pas et prétendre être l'une de ces filles.

« Comment ça se passe ici exactement ? » demandai-je à Irina.

« On nous conduit ici au crépuscule et on attend. » répondit-elle en haussant les épaules comme si elle me parlait d'un sujet aussi banal que la météo.

La soumission qu'acceptaient ces filles me révoltait intérieurement mais, jusque-là, cela semblait dans mes cordes.

« Heidi est la maitresse de cérémonie, ici » continua la suédoise. « C'est elle qui te fait appeler quand ton maitre requière ta présence. Parfois il se déplace en personne, parfois tu dois le rejoindre toi-même.

- Et il se passe quoi ensuite ? »

Je tentai de garder un ton aussi désinvolte que possible.

Irina sourit d'un air entendu.

« Ça dépend de si tu as de la chance ou non… Mais généralement, quand tu as atterri ici c'est que le vampire que tu sers n'est pas attiré que par ton sang. »

Je frissonnai malgré moi. Tanya avait été très claire tout à l'heure : le sexe faisait partie de cette équation.

« Quoi qu'il en soit, je te garantis une expérience au-delà de tout ce que tu as pu connaitre jusqu'à présent. » minauda Irina.

Je revis dans un flash l'expression de la fille dans le salon du bas, son regard révulsé, ses traits déformés par le plaisir malgré l'abomination qu'on lui faisait subir… Si ces humains cherchaient Volterra c'était pour espérer y gagner l'immortalité mais la prime ne se limitait pas à ça apparemment. Le sang n'était pas le seul enjeu…

J'avais déjà joué ce rôle avant, simulé le désir pour parvenir à mes fins.

Oui, je pouvais faire ça…

Et, une fois que j'aurais un billet pour sortir de cette pièce, je trouverais bien un moyen de prendre mes jambes à mon cou.

Je n'avais pas le choix.

Je devais juste m'efforcer pour l'instant de ne pas penser à ce qui m'attendait quand celui qui m'avait choisie viendrait me chercher. J'avais bien assez à m'angoisser pour l'instant avec une seule question : qui était-ce ?

J'avais beau fouiller dans ma mémoire, je ne rappelai pas avoir croisé une seule personne qui aurait pu ressembler de près ou de loin à un vampire depuis mon arrivée en Italie. C'était pourtant forcément quelqu'un que j'avais croisé ici…

A tout bien réfléchir, je préférais aussi mettre cette question de côté. Mon cœur menaçait sérieusement de me sortir par la gorge si il continuait à battre si fort.

La porte s'ouvrit à nouveau et un trio pénétra dans la pièce : une femme et deux hommes.

Mon sang se mit à battre frénétiquement à mes tempes sous l'effet de l'appréhension. Je me calmai en m'obligeant à regarder les nouveaux arrivants avec un œil critique et impartial.

Les vampires comme sujet d'étude ou comment tout faire pour ne pas devenir folle et faire une crise d'hystérie dans l'instant.

La femme était petite et brune. Ses cheveux courts étaient coiffés en épis fous autour de sa tête, lui donnant l'apparence d'une fée ou d'un lutin. Ses traits étaient harmonieux et fins. Elle tenait le bras d'un des deux hommes. Celui-ci était grand et bien charpenté. Ses cheveux blonds mi- longs me cachaient son regard mais l'expression de son visage était tendue, presque douloureuse. Ces deux-là formaient visiblement un couple à en juger par leur posture.

Le troisième se tenait légèrement en retrait, c'est donc sur lui que je portai mon attention en dernier et je crois bien que mon cœur loupa alors un battement. Ce type était…

Jamais je n'avais vu de me yeux un tel spécimen de beauté masculine. Il était grand, athlétique et sa chemise sombre ajustée ne cachait pas grand-chose de sa musculature qu'on devinait parfaite. Son visage était figé dans une expression sérieuse et son regard était dur mais on aurait pu le croire taillé dans le marbre pour rendre hommage à un dieu. Ses lèvres étaient pleines et charnues, sa mâchoire carrée et son regard perçant et profond. Une épaisse et folle chevelure cuivrée venait compléter le tableau.

Je regardais, hypnotisée, le plus bel homme qu'il m'eut été donné de voir.

Sauf que ce n'était pas un homme.

Cette pensée me frappa avec une telle force qu'elle me fit immédiatement reprendre conscience de ce qui se passait autour de moi.

« Carin » appela Heidi depuis l'entrée.

Une brune sculpturale se leva du fond de la salle et se dirigea vers le couple.

Tanya se leva ensuite puis fit quelques pas vers le groupe.

« La femme, c'est Alice » me chuchota Irina à l'oreille. « Carin est la favorite de son compagnon, Jasper, le grand blond. On ne les voit jamais l'un sans l'autre. Le troisième c'est Edward, la fierté de notre Tanya. »

Tout se passa alors très vite. Carin disparu avec le couple alors que Tanya continuait à avancer en roulant des hanches vers l'entrée. L'adonis leva les yeux vers elle et, sans laisser paraitre la moindre marque d'intérêt sur son visage, hocha la tête de droite à gauche puis sortit.

Tanya se figea, stupéfaite.

Un long moment se passa avant qu'elle ne revienne sur ses pas et ne reprenne sa place parmi nous comme si de rien n'était. Pourtant, aucune d'entre nous ne pris l'initiative de rompre le silence gêné qui s'était installé. J'étais peut-être nouvelle mais je n'étais pas stupide. Tanya venait de se faire rejeter.

Les heures passèrent lentement, mettant mon sang froid à l'épreuve. Chaque fois que la porte s'ouvrait, mon cœur faisait des embardées. J'avais beau me convaincre que j'étais prête à affronter le pire, j'étais proche de l'évanouissement à chaque appel d'Heidi.

Pourtant, personne ne vint pour moi cette nuit-là et je me laissais reconduire à ma cellule au petit matin, épuisée autant nerveusement que physiquement.

Une fois seule dans ma chambre, je pris l'édredon et l'oreiller pour me rouler en boule sous la fenêtre. Il fallait que je dorme et je ne pourrais le faire que si j'avais une illusion de sécurité.

Tout ce cirque recommencerait la nuit prochaine et je ne pouvais pas espérer qu'il ne m'arrive rien. Irina avait été claire : quelqu'un viendrait me chercher et je n'aurais d'autre choix que de me plier à ses volontés si je voulais avoir une chance de me tirer d'ici.

Dieu seul savait de qui il s'agirait.

Derrière mes paupières closes alors que je cherchais désespérément le sommeil passèrent les visages des vampires que j'avais croisés jusqu'à présent : Jane, Alec, Heidi, James, Alice, Jasper…

Ils avaient tous en commun d'être une beauté stupéfiante mais aussi effrayante et je ne savais comment je parviendrais à surmonter face à mon futur maitre la terreur et le dégout que j'avais ressenti en croisant le regard de chacun d'eux.

Enfin, de tous sauf un…

Car, je n'avais rien ressenti à part un profond trouble quand le regard de l'un d'eux avait plongé dans le mien l'espace d'une fugace fraction de seconde avant qu'il ne disparaisse.

Edward…


Vos impressions?

J'ai hâte de savoir car ce chapitre m'a donné du fil à retordre.

;)