Salut tout le monde!

Mille merci pour vos reviews nombreuses et variées sur le dernier chapitre! N'arrêtez surtout pas!

Pour rester dans le registre des remerciements, en plus de tous les MP que je viens d'envoyer, je voulais remercier celles d'entre vous qui n'ont pas de compte perso: fan de twa ( j'espère que le plaisir sera encore au rendez-vous cette fois); Sandry (merci à toi!), Sandrine (j'espère être à la hauteur de tes attentes dans les prochains chapitres) et, bien sûr, Flopy69 (je vais essayer de t'embarquer encore aujourd'hui)!

Avant que vous ne commenciez à lire, je vous préviens, il n'y a pas de tête à tête au menu aujourd'hui. J'espère que vous ne serez pas trop déçues mais je voulais prendre le temps d'entrer un peu dans la tête d'Edward. Je n'ai pas écrit de son POV depuis qu'il a commencé à voir Bella et je voulais rendre compte de ses bouleversements.

Je vous promets du croustillant pour plus tard!

Bonne lecture

A très vite

Lily


Chapitre 7- Enjoy the silence

Pov Edward

La paume de ma main n'était qu'un brasier incandescent et, figé comme une statue de sel, je tentais de m'accoutumer à la brûlure. Esquisser le moindre geste risquait trop de rappeler à la bête en moi que je n'avais qu'à défoncer cette porte et courir pour la rattraper et aller sentir contre mes lèvres, au plus près de sa gorge, la pulsation que j'avais ressenti en enserrant son poignet gracile.

Je l'avais touchée…

Je l'avais touchée et je ne l'avais pas brisée…

Je l'avais touchée et elle était toujours en vie…

J'aurais probablement pu me réjouir de cette victoire sur moi-même si rester ainsi immobile ne me coutait pas un tel effort.

Je ne pourrais pas résister comme ça longtemps.

Il fallait…

Il fallait que je boive.

Je n'avais pas besoin de me regarder dans un miroir pour savoir à quoi je devais ressembler à cet instant. Toute couleur avait dû déserter mes iris pour ne laisser la place qu'à la noirceur abyssale de la soif. La porte était grande ouverte à ma folie meurtrière.

Instinctivement, ma tête se tourna vers la porte.

Le monstre savait parfaitement où était sa proie.

J'avais beau m'être coupé intentionnellement de son odeur, le battement de son cœur ne quittait jamais mes oreilles. Comme si j'avais eu besoin de ça pour la pister ! Dans l'état dans lequel je me trouvais, je l'aurais débusquée quel que soit l'endroit où elle se serait cachée.

Je grognai sous le nouvel effort que je dus faire contre mes instincts pour leur imposer ma volonté et tourner la tête à l'opposé, vers la fenêtre.

Quelques pas me suffirent pour la gagner et, ouvrant largement les deux battants, je me laissai tomber à l'extérieur. Une chute de six étages qui ne me grisa pas assez pour remiser ma pulsion au second plan.

Je me mis donc à courir. Vite.

La plaine laissa place à la forêt puis la forêt à la montagne et je courrais toujours. Maintenant que je ne ressentais plus dans tout mon corps le battement du cœur de l'humaine, je me sentais vide et enragé, comme si la frustration causée par son absence était plus douloureuse encore que celle du désir inassouvi qu'elle suscitait en moi continuellement quand je sentais sa présence, même à l'autre bout de la forteresse.

Parvenu dans les Apennins, je me mis immédiatement en chasse de gros gibier, cerf ou loup, à défaut de pouvoir étancher ma soif avec une proie humaine.

Ma course avait beau être rapide, je percevais parfaitement tout ce qui m'entourait : le souffle puissant de l'air glissant sur mon visage et dans mes cheveux, mes vêtements plaqués sur mon torse par la vitesse, les arbres que j'évitais sans jamais les effleurer, les odeurs d'humus et d'humidité, la nervosité que suscitait mon intrusion parmi la faune locale. Les animaux ne décelaient pas réellement ma présence, mais ils sentaient la menace toujours une fraction de seconde avant que je n'approche. Loin de m'agacer, leur préscience m'amusait car elle les poussait à lutter pour leur survie.

Toute une nature grouillante et apeurée détalait sur mon passage mais je ne trouvais pas ce que je cherchais.

Il me fallut courir encore, m'enfoncer encore plus loin dans la montagne sauvage à la végétation luxuriante du centre de l'Italie pour qu'enfin un effluve particulier ne stoppe ma course.

C'était brut, animal, sauvage et imposant.

Je me figeai pour humer l'air avec délectation.

Il ne s'agissait pas de l'odeur fade des cerfs et des chevreuils mais bien d'un grand carnivore et, en précisant mon écoute jusqu'à entendre le souffle rauque et bas de l'animal, le poids de ses pas sur les feuilles et les brindilles jonchant le sol, je confirmai mon intuition : un ours.

Mon corps entier frissonna d'excitation car, en plus d'un sang fort et puissant, cette bête serait en mesure de faire jouer celle qui hurlait en moi, exigeant son assouvissement depuis des jours. Un combat à mort était exactement ce que je réclamais.

Sans un bruit, je m'approchais de ma proie, grimpant souplement sur un rocher surplombant une source où l'animal venait s'abreuver. Je m'aplatis à même la roche, crochetant mes doigts dans le granit, quand la bête leva le nez pour humer l'air comme je l'avais fait quelques instants plus tôt.

C'était un mâle adulte, fort et robuste.

Il se redressa sur ses pattes arrière en grognant et en retroussant les babines pour dévoiler ses crocs. Il ne savait pas encore d'où venait la menace mais il m'avait senti.

Je souris à l'idée que le combat serait un peu plus loyal, à défaut d'être équitable, puis je me redressais de toute ma hauteur pour qu'il me voie. Il poussa vers moi un grondement assourdissant qui devait surement avoir pour but de me faire fuir mais je me contentais de sourire un peu plus, dévoilant mes propres armes, avant de me jeter sur lui en un bond formidable.

Je le heurtai de plein fouet et nous roulâmes tous deux dans l'eau. D'un formidable coup de patte, il me repoussa et, emporté par mon élan, je glissai sur le côté mais repris rapidement mon équilibre. Les deux pieds fermement rivés au sol et m'appuyant sur une main, je fus immédiatement prêt à bondir. L'ours s'était lui aussi à remis à quatre pattes pour me charger. A cet instant, je n'aurais su dire lequel était le plus animal de nous deux mais j'étais certain qu'il n'y avait plus rien d'humain, que ce soit dans ma posture, sur mon visage ou dans le feulement rauque que j'émis inconsciemment.

Nous nous mîmes en mouvement en même temps mais, cette fois, ce fut moi qui l'emportais dans mon élan quand nos deux corps entrèrent en collision. Un petit arbre se brisa quand nous le heurtâmes de plein fouet. L'animal se débattait de toutes ses forces mais je savais déjà que je ne lâcherais plus prise maintenant. Ses griffes labourèrent ma poitrine et mon dos sans que je ne sente plus que des caresses sur ma peau de marbre.

Notre corps à corps dura encore à peine quelques secondes avant que je n'assure suffisamment ma prise sur la bête pour pouvoir planter mes crocs dans sa jugulaire et sentir enfin ma récompense couler dans ma gorge. La bête grogna et tenta de se libérer mais je ne lui en laissai aucune chance.

C'était comme si toute sa force se déversait dans mon corps à chaque gorgée. C'était un plaisir primaire, jouissif, fondamental. Là était mon rôle, au sommet de la chaine animale.

Je pus desserrer mon étreinte quand la bête se laissa enfin tomber au sol, soumettant sa vie à la mienne avec une acceptation presque sereine. Je fis alors en sorte que la mort vienne vite et sans souffrance puis relâchai ma victime.

Je me relevai lentement au-dessus de son corps qui reposait maintenant au sol comme s'il dormait.

J'étais échevelé et mes vêtements étaient en lambeaux, mais j'étais aussi bienheureusement apaisé et repus. J'inspirai profondément, savourant cette plénitude qui ne m'était pas coutumière.

Le soleil allait bientôt poindre à l'Est.

Il était temps de regagner Volterra.

« Merci. » murmurai-je à l'égard de la bête étendue qui s'était avérée un adversaire valeureux et une échappatoire salvatrice.

Puis je pris le chemin du retour, voyant à peine le paysage défiler à toute allure dans mon champ de vision alors que je m'autorisai enfin à penser à ce qui s'était passé cette nuit.

L'humaine avait répondu à toutes mes questions même si j'avais vite perdu de vue la raison première de sa présence à mes côtés. La mission que m'avait confiée Aro était vite passée au second plan face à cette envie, ce besoin viscéral de la comprendre, de la connaitre pour savoir enfin pourquoi ses pensées m'étaient tenues secrètes. Je n'avais rien appris qui m'avait permis de percer ses défenses. Rien.

Pourtant, chacune de ses réponses m'avait fasciné et je m'étais laissé prendre au jeu. J'avais laissé l'atmosphère se détendre.

Il fallait qu'elle se sente en confiance pour me laisser accéder à ses secrets mais jamais je n'avais prévu de baisser moi-même la garde. Elle n'était rien de plus qu'une humaine parmi tant d'autre. La traiter avec égards et politesse n'avait pour intérêt que de servir mon but. C'était une façade, un mensonge pour l'attirer dans mes filets.

Et j'avais senti la peur la quitter progressivement.

Elle s'était inquiétée pour Tanya au-delà de ce qui m'était compréhensible. Les favorites ne se supportaient pas les unes les autres car elles savaient que les places étaient chères à Volterra. Donc, même si j'avais bien compris que l'humaine n'avait pas pour but d'être transformée en cherchant Volterra (je doutai même qu'elle ait été réellement au courant de ce qu'elle cherchait vraiment avant d'être enfermée en nos murs), elle avait bien dû comprendre depuis que sa seule chance de « survie » était d'être à la place qui était la sienne maintenant. Son inquiétude pour Tanya et le sort qui l'attendait en bas était complétement incongru.

Mais elle l'avait aussi vite oubliée durant mon interrogatoire, répondant inlassablement à chaque question, me donnant les détails que je lui demandais, revivant ses souvenirs avec une lueur d'affection dans le regard qui m'avait au moins autant troublé que le silence de son esprit.

Et puis ça avait dérapé.

Inconsidérément et parce que je n'avais pas su me montrer assez prudent, je lui avais révélé que je venais la regarder dormir presque chaque jour.

J'aurais pu m'en tirer par une pirouette et lui mentir. Mais le fait d'avoir été pris en faute m'avait ramené à une colère froide et j'avais voulu réaffirmer ma place. Même si notre échange avait dérivé sans que j'arrive à me l'expliquer vers ce qui ressemblait trop à une conversation amicale et complice, elle était l'humaine et moi le vampire. Elle était la favorite et moi son maître.

Voir la colère dans ses yeux exempts de toute trace de peur m'avait surpris et agacé. Je n'étais pas habitué à ne pas être craint par les humains. Or, coupé de ses pensées qui auraient pu m'apprendre si elle était effrayée ou non, je ne pouvais me baser que sur ses manifestations physiques. Et avec ses yeux plissés, sa voix sèche et son pouls puissant et régulier, elle avait eu l'air vraiment offensée et en colère. Rien de plus.

Et, pour finir, elle avait eu la réaction la plus surprenant et stupide qui soit : elle avait voulu me gifler.

Entre le moment où elle avait amorcé son geste et le moment où j'avais stoppé sa main, il s'était écoulé une fraction de seconde durant laquelle mon propre esprit avait cessé de fonctionner normalement et je n'avais pas pensé à m'esquiver pour éviter tout contact.

Je l'avais saisie.

Je l'avais touchée.

Et la révolution qui avait soufflé dans tout mon corps à cet instant aurait pu signer notre perte à tous les deux.

La sentir.

Sentir pour la première fois sa peau brûler la mienne…

Je n'étais pas préparé à ça. Cela aurait pu virer à la catastrophe. J'aurais pu lui briser le bras ou, pire, la tuer et jeter ma famille aux oubliettes. Je le réalisai maintenant.

Pourtant il ne s'était rien passé.

J'avais réussi à me maitriser et cela était pour moi maintenant la plus grande incompréhension de toute cette soirée. Comment avais-je pu résister ?

Les arbres s'espacèrent petit à petit et il commençait à faire jour quand je parvins aux abords de la plaine derrière la cité. Je m'immobilisais à la lisière des derniers arbres pour m'assurer qu'il n'y avait personne pour repérer ma présence quand je traverserais l'étendue herbeuse. Puis je fixai ma fenêtre, prêt à escalader la façade pour regagner ma chambre.

La surprise me pris un instant au dépourvu.

La fenêtre était fermée. Dans mon départ précipité, j'étais pourtant certain de l'avoir laissée ouverte.

Une seule personne se permettait de troubler un peu trop souvent ma tranquillité.

« Alice… » grognai-je.

Il me fallut à peine plus de temps pour gagner une des entrées de la forteresse puis traverser les escaliers et les couloirs jusqu'à ma chambre que pour escalader le mur. Cela suffit cependant à accroitre considérablement mon agacement et je me retins à peine d'arracher ma porte de ses gonds pour entrer.

Ma sœur était négligemment assise sur l'un de mes fauteuils, les jambes croisées sur un des accoudoirs, ses pieds battants dans l'air la mesure d'une chanson qu'elle se jouait dans sa tête pour me cacher ses pensées. Elle ne leva même pas les yeux vers moi et continua à lire un magazine alors que je claquai la porte derrière moi.

Je ravalais les paroles peu amènes que je brûlais de lui dire et me dirigeai sans un mot vers mon armoire pour en sortir des vêtements neufs.

Alors que je fourrageai dans l'armoire, elle daigna enfin prendre la parole.

« Tu sais que les ours appartiennent à une espèce protégée, ici, non ? »

Je ne me retournai pas pour lui répondre.

« Peut-être… Tu aurais préféré que je tue l'humaine ? »

Elle partit de son petit rire de fée qui m'égayait toujours le cœur en temps normal.

« Non, idiot ! Enfin, vu l'état dans lequel ton adversaire t'a mis, j'espère au moins qu'il t'a donné du fil à retordre !

- Même pas. »

Je sortis une chemise et une paire de jeans de l'armoire et allai les poser sur la méridienne puis je retirai les lambeaux de vêtements qui me couvraient à peine avant de disparaître dans la salle de bain. Je restai une éternité sous la douche mais, quand je réintégrai la chambre, Alice était toujours là.

« Que fais-tu là exactement Alice à part me tourmenter avec tes blagues idiotes ? » demandai-je soudain très las.

« Mes blagues idiotes ? » s'étonna-t-elle avec une moue innocente.

« Oui, idiotes. Comme m'enfermer dehors par exemple.

- Excuse-moi Edward mais laisser une fenêtre ouverte à cette hauteur est d'une imprudence folle. N'oublie pas que tu reçois une visiteuse bien plus fragile que toi. »

Je grognai en réponse.

L'humaine était fragile, oui, même si elle avait un caractère impossible.

« Où est Jasper ? » demandai-je pour changer de sujet.

« Avec Eléazar » répondit-elle simplement. « Il progresse énormément ces temps-ci. Je pense que nous pourrons rentrer dans peu de temps.

- Et bien il est grand temps ! » bougonnai-je en enfilant mes vêtements.

« Je suis bien d'accord avec toi, cher frère. Je n'aurais jamais pensé dire ça un jour mais je crois bien que même Rosalie me manque. »

Alice éclata d'un rire communicatif qui m'arracha enfin un sourire. Nous avions laissé le reste de la famille aux Etats-Unis pour venir soutenir Jasper ici dans sa dernière tentative pour apprendre à brider ses instincts. Et je devais bien avouer qu'ils me manquaient aussi.

« Pourtant… » commença-t-elle avec une mine curieuse qui ne me dit rien qui vaille. « Je suis surprise. Je pensais que tu commençais à apprécier ton séjour. »

Voilà donc pourquoi elle était là. Elle était venue me tirer les vers du nez.

Qu'avait-elle vu encore ?

Je fronçai les sourcils.

« Qu'est-ce que tu veux dire, Alice ?

- Oh rien. Je me demandais juste comment tu avançais sur la mission d'Aro.

- Lentement. » soupirai-je. « Je ne veux pas la brusquer et elle est à peu près aussi tête de mule que toi.

- D'après ce que j'ai vu, je suis sûre que nous pourrions devenir de grandes amies. » dit-elle avec le sourire.

Je plissai encore plus le regard.

« Qu'as-tu vu de nouveau, Alice ? »

Tout en posant cette question, je sondais son esprit pour n'y trouver qu'une liste détaillée et chronologique des actrices ayant remporté un Oscar. Elle me cachait quelque chose.

Elle se leva alors précipitamment et me tendit un volumineux sac que je n'avais pas vu sur le côté du fauteuil.

« Entre autre, que Bella va avoir besoin de vêtements ! »

Je restai un moment ahuri avec le sac entre les mains. Nous parlions d'Aro sachant tous deux la menace qu'il impliquait sur notre famille et elle changeait de sujet pour me parler chiffons ?

« Alice ! » la réprimandai-je.

« Quoi ? » objecta-t-elle en levant les yeux au ciel. « Tu tiens vraiment à ce qu'elle se retrouve maintenant entourée des autres favorites pour faire sa lessive entre copines ?

- Tu as vu qu'elle courrait un danger là-bas ?

- Elles courent toutes un danger ici, Edward. Mais Bella plus que les autres dorénavant. Sa présence suscite déjà trop de curiosité dans notre monde. Et, maintenant que tu as répudié la blonde pour elle, elle s'est fait des ennemis. Irina est faible mais cette Victoria est une vraie vipère et elle verra un coup à jouer pour assurer sa place. Et je ne pense pas que nous avons fini d'entendre parler de Tanya. »

Je passai une main nerveuse dans mes cheveux.

« Tu dois faire vite Edward. Elle est intouchable pour l'instant tant que tu veilles sur elle mais cela ne durera pas éternellement. Aro veut des réponses et les favorites vivent dans un vase clos où macèrent les rancunes. Tu vas devoir prendre une décision rapidement. »

Je relevai la tête vers elle.

« Une décision ? »

Alice commença à faire un pas vers la porte.

« Bon, je crois que Jasper doit avoir fini. Je vais lui proposer d'aller faire un tour en forêt. Nous serons peut-être aussi chanceux que toi.

- Quelle décision, Alice ? » insistai-je.

Elle leva les deux mains en signe de défense tout en souriant. Apparemment, elle comptait me laisser seul avec mes questions.

Qu'elle était agaçante !

« Tu lui donneras les vêtements ? » demanda-t-elle, changeant une fois de plus de sujet.

Sachant que je n'obtiendrais rien de plus d'elle pour l'instant, j'abdiquai.

« Oui. Je lui donnerai. Merci Alice.

- Tu me remercieras plus tard. » répondit-elle avec une mine espiègle.

Elle fit volte-face et se dirigea à pas rapides vers la porte mais je captai tout de même une pensée avant qu'elle ne l'ouvre. Une pensée qui me cloua littéralement sur place.

« Tu lui as acheté des sous-vêtements ? »

Elle éclata de rire avant de se retourner et de savourer mon expression outrée.

« Voyons, Edward, c'est une femme et les femmes portent des sous-vêtements. »

Elle me prenait ouvertement pour un imbécile. Bien sûr que je savais que les femmes portaient des sous-vêtements. Mais l'idée de savoir lesquels elle porterait était…

Je fermai fortement les yeux sur cette pensée.

« Alice… » commençai-je en tentant de recouvrer mon calme. « Ne penses-tu pas que tu joues à un jeu dangereux là ? La vie de l'humaine n'est-elle pas trop importante pour l'instant pour que tu me malmènes ainsi ?

- Moi je te malmène ? » s'étonna-t-elle. « Il me semblait que tu te débrouillais très bien tout seul.

-Que veux-tu dire ? » demandai-je vaguement effrayé par la réponse qu'elle allait me donner.

« Tu te brides, Edward. Ce qui s'est passé cette nuit devrait te donner confiance en toi.

- J'aurais pu la tuer Alice !

- Mais tu ne l'a pas fait. Tu l'as touchée et elle est encore en vie. Tu ne l'as ni brisée ni même blessée. Et, plutôt que de passer tes nerfs sur n'importe laquelle des filles présentes ici, tu as renoué instinctivement avec ce que Carlisle t'a inculqué.

- Je n'ai jamais délaissé son enseignement, Alice. Je trouve simplement que le fait de ne se nourrir que de sang animal est du gâchis ! »

Elle me toisa d'un regard plein de défi et avança à nouveau vers moi.

« Depuis quand n'as-tu pas bu de sang humain, Edward ? »

Je restai muet.

« Alors laisse-moi reformuler » insista-t-elle. « T'es-tu nourri sur un humain depuis qu'elle est ici ? »

J'écarquillai les yeux de surprise.

Elle avait raison.

« Tu vois. Elle te change déjà sans même que tu t'en aperçoives. Peut-être devrais-tu te laisser un peu plus aller et voir où ça te portera.

- Tu le sais très bien où ça me portera.

- Non, Edward, je n'en sais rien. Tu es maitre de ton destin et tu es pour l'instant tellement indécis que ton avenir change constamment. Je sais simplement que c'est elle qui est à l'origine de ça. »

Je secouai la tête en signe de déni.

« Tu te trompes, Alice. L'humaine n'a pas ce pouvoir. Pas sur moi. »

Ma sœur sourit alors chaleureusement en penchant la tête sur le côté comme si elle regardait un enfant.

« Vois comme tu parles d'elle. » dit-elle d'une voix douce. « Tu ne l'appelles jamais par son nom parce que tu es trop bêtement fier pour la hisser à ton niveau. Mais pour toi elle est « l'humaine », comme si il n'y avait qu'elle, qu'elle était la seule. Inconsciemment tu ne la mets pas sur le même plan que les autres. »

Je restai soufflé par sa conclusion.

« Elle est importante, Edward. Et elle est forte. Ne la sous-estime pas.»

Elle reprit son chemin vers la sortie mais s'arrêta à nouveau, une main sur la poignée alors que j'étais toujours muet de stupeur.

« Suis-je la seule à me demander si le fait que tu ne puisses pas entendre ses pensées est le signe qu'elle est faite pour toi ? »

Et elle sortit, me laissant avec cet éléphant en plein milieu de ma chambre dont je me demandais maintenant comment j'avais fait pour ne pas le voir plus tôt.

Ce pouvait-il qu'elle ait raison et que le silence des pensées de l'humaine ne soit pas un mystère à résoudre mais une bénédiction ?

Depuis le début, j'étais solitaire.

Dans une famille où chacun avait trouvé sa compagne ou son compagnon d'éternité, je n'avais jamais ressenti l'envie ni le besoin de m'attacher. Mon don me révélait toujours à un moment ou à un autre les secrets les plus noirs de chacun, leur orgueil, leur méchanceté, leur bêtise. Comment trouver quelqu'un dont j'aimerais tout alors que chacun avait sa part d'ombre qui n'était normalement pas destinée à être connue. Sauf par moi.

Mais je n'avais jamais non plus ressentis cette pulsion qui m'avait poussé dès le premier instant vers l'humaine.

Vers Bella.


Allez, une petite review pour me faire plaisir ^-^

Bisous