Coucou!
Voilà le chapitre 8 tout nouveau, tout beau, tout chaud ;-)
Une fois n'est pas coutume, je commence par des excuses: je n'ai pas eu un moment pour répondre à vos review mais je m'y attelle de suite! Je ne savais pas trop combien de temps j'aurais pour écrire donc j'ai préféré avancer sur le chapitre avant. Je m'excuse, je m'excuse, je m'excuse!
Surtout que vous avez été formidables et fidèles au rendez-vous, comme toujours.
Donc, je fais ici mes réponses à celles qui n'ont pas de compte perso et après je réponds par MP: Merci FLOPY69 ( j'ai fait un chapitre plus long juste pour toi! J'espère que ça te plaira, bisous!), Merci Sandry (J'aime bien Alice aussi et, côté tentation, on n'est pas près d'en avoir fini, hi hi!), merci Sandrine (J'espère encore une fois répondre à tes attentes) et merci Guest (Je ne vais pas dévoiler la fin tout de suite mais, sans dire que ça va finir mal, tout ne va pas être rose pour Bella).
Enfin, je tenais à saluer l'effort de Karima (trop contente que tu sois là!) et de Kinoum qui ont lu tous les chapitres en un temps record. Je vous adore!
Allez zou, en route pour un chapitre 100 % Edward et Bella!
Bonne lecture
Je vous embrasse
Lily
Chapitre 8- Fuel to the fire
Pov Edward
Je passai une grande partie de cette journée à prendre la direction de la chambre de Bella puis à rebrousser chemin.
Je ne parvins jamais jusqu'à son couloir.
Ma conscience me rattrapait à chaque fois avant, me sermonnant et me rappelant les principes qu'avaient depuis toujours tenté de m'inculquer Esmée et ma mère humaine avant elle. Il suffisait que je me remémore le visage de Bella, sa fureur quand elle avait appris mes visites, pour que je réentende leurs leçons.
« Une femme a besoin qu'on la respecte. »
« Jamais un gentleman ne considèrerait une jeune fille comme inférieure. »
« Il est important de respecter les limites de l'intimité »
« chacun a droit de garder privé son jardin secret. »
Je faisais alors demi-tour jusqu'à ce que, revenu dans ma chambre je retrouve du poil de la bête et trouve le seul mot pour qualifier ces préceptes : conneries !
Je maudissais alors Alice d'avoir ainsi foutu le bordel dans ma tête.
Tout était simple jusque-là : Bella était juste une humaine, à peine une énigme à résoudre, une tentation qui était devenue une distraction. Mais les choses étaient claires pour moi : elle m'amuserait le temps que durerait son mystère puis je la tuerais car c'était ce que je j'étais sensé faire.
C'était ce que j'étais.
Au grand dam de Carlisle dont je ne parvenais pas à partager l'esprit vertueux malgré le respect filial que j'éprouvais pour lui.
Durant mes premières années, je m'étais strictement conformé à son régime animal, trouvant parfois un maigre apaisement à ma soif quand je me permettais d'attaquer un grand carnivore, ours ou puma, malgré les dommages que cela pouvait causer à l'espèce dans certaines régions. Mais j'étais continuellement frustré.
J'avais donc pris mon indépendance par rapport à ma famille en m'offrant régulièrement des entorses aux règles sans autre remords que la déception que je lisais dans le regard de mon père quand je rentrais à la maison avec dans mes yeux la couleur de mon infraction à ses principes. Je n'avais pourtant jamais loupé une occasion depuis.
Et là, ici, dans l'endroit du monde où je pouvais le plus facilement satisfaire mes besoins primaires, j'avais sans m'en rendre compte complètement changé mes habitudes. Pourquoi ?
Un seul coup d'œil dans un miroir après le départ d'Alice m'avait mis face à cette nouvelle réalité : mes iris s'étaient éclaircis. Du rouge sombre qu'ils avaient pris depuis mon arrivée à Volterra et la rencontre de Tanya, ils viraient maintenant vers l'ocre rouge. Et je savais qu'ils allaient encore s'éclaircir dans les prochaines heures sous l'influence du sang de l'ours que j'avais tué cette nuit.
Qu'est-ce qu'elle m'avait fait ?
En fin d'après-midi, après des heures passées à ruminer et à m'arracher les cheveux, je fus pris d'une rage tellement forte qu'elle me poussa une dernière fois dans les couloirs de Volterra.
Je ne laisserais jamais une humaine insignifiante me dicter ma façon de vivre !
Elle allait mourir. Maintenant.
Je faisais mon affaire d'Aro.
De toute façon, j'en savais assez : Bella était venue de Seattle pour écrire un article sur Volterra mais je pouvais mettre ma main à couper qu'elle ne cherchait pas des vampires. Comment elle en était venue à chercher la cité était le cadet de mes soucis. Quelqu'un aux Etats-Unis avait dû merder et commettre une erreur qui avait mis la puce à l'oreille de cette journaliste entêtée. Ce n'était plus mon problème mais celui des Volturi.
Une fois qu'elle serait morte, personne ne pourrait vérifier que je n'avais pas poussé mes investigations au plus loin.
Je fus stoppé dans mon élan à quelques mètres de sa porte par un cri qui me glaça le sang, en extirpant ma rage pour la remplacer par l'angoisse.
« Non ! »
Bella…
Quelqu'un tentait de lui faire du mal.
Je me ruai vers sa porte et l'aurais sans doute réduite en miette si sa voix n'avait à nouveau rompu le silence.
« Edward… »
C'était un murmure étouffé, presque un gémissement.
Ce son réveilla une sensation nouvelle en moi. Un frémissement qui trouvait sa source directement dans mon épine dorsale et se répandit dans mes membres en me rendant fébrile.
Appuyé au chambranle dans la même position que quelques jours plus tôt, je fermai les yeux pour sentir et écouter.
Elle était seule.
J'entendais son souffle saccadé et le bruissement des draps.
Elle dormait.
Elle dormait et elle rêvait de moi.
Le frémissement se mua en véritable décharge électrique.
C'est ce qui me remit définitivement les idées en place.
Elle rêvait de moi… et j'aimais ça.
Alice avait raison.
Cette humaine était différente. L'impact qu'elle avait sur moi était indéniable et irrésistible.
Comment était-ce possible ? J'étais bien incapable de l'expliquer mais les faits étaient là et, j'aurais beau tout faire pour m'en défendre, je ne voulais plus réellement lui résister.
Le frémissement était maintenant devenu un besoin.
Quand je rouvris les yeux, je remarquai que mes doigts n'avaient cette fois pas laissé de marques dans le bois. Fort de ma nouvelle résolution, j'étais parfaitement en contrôle.
J'inspirai une fois, m'imprégnant de l'odeur douce et fruitée de Bella. Puis je quittais son couloir sans bruit et regagnai ma chambre pour l'attendre car, qu'elle soit en colère ou non, elle restait ma favorite et elle devrait me rejoindre ce soir. Je ferais même en sorte qu'elle n'ait pas à aller dans le salon ce soir afin de ne pas donner aux autres l'occasion de s'en prendre à elle de quelque manière que ce soit.
Je ne pourrais pas l'y soustraire éternellement. Alice avait raison : une décision devrait être prise.
Une décision qui impliquerait obligatoirement la mort de Bella puisqu'on ne sortait pas vivant de Volterra. Mais, pour la première fois, l'idée m'effleura que, peut-être, Bella n'était pas vouée à disparaître définitivement.
Ce choix m'appartenait.
Mais il attendrait car, ce soir, j'allais honorer ma part du contrat et répondre à ses questions comme elle avait répondu aux miennes.
Il ne faisait pas encore totalement nuit quand, conformément aux ordres que j'avais donnés, on la conduisit à moi.
Je l'écoutai venir. Elle semblait calme.
Trop calme en comparaison de la fureur qui l'animait quand elle m'avait quitté la veille…
Ah, que n'aurais-je donné pour savoir ce qui se tramait dans sa jolie tête !
Je me mordis la lèvre tout en secouant la tête en souriant devant mon impuissance. La frustration face à son silence cesserait-elle un jour ?
Je constatai cependant que, d'une façon surprenante, la colère m'avait quitté.
Qu'était-elle en train de me faire ?
Je n'eus pourtant pas le loisir de poursuivre plus longtemps mon introspection puisque la porte s'ouvrit brusquement, poussée par une Bella au regard glacial et à la mine pincée qui s'avança d'un pas décidé dans la chambre. Sans aucun signe d'intérêt pour mon regard intrigué qui ne la quittait pas, elle traversa la pièce et alla directement s'asseoir dans le fauteuil qu'elle avait occupé les nuits précédentes. Elle croisa les jambes et, se tenant bien droite, daigna enfin me lancer un regard plein de dédain et de défiance.
Je n'avais pas bougé, me contentant d'observer comme si j'étais au spectacle cette humaine magnifique qui n'affichait pas la moindre peur ni le moindre trouble en ma présence.
Tout ceci était totalement inédit pour moi…
Si je n'avais parfaitement entendu son cœur qui martelait rapidement dans sa poitrine, signe que son attitude désinvolte n'était bien qu'une façade, j'aurais pu la croire sincèrement ennuyée d'être ici.
Elle portait les mêmes vêtements que la veille. Son dos était largement découvert par son haut pourpre qui contrastait avec la blancheur de sa peau. Le temps qu'elle avait mis à traverser la chambre, me tournant le dos, j'avais pu à loisir observer les lignes fragiles de sa nuque et de ses épaules, le creux entre ses omoplates descendant le long de sa colonne vertébrale vers la cambrure de ses reins. Je repensai de façon totalement mal venue aux sous-vêtements qu'Alice avait achetés et que j'avais eu un mal de chien à ne pas aller regarder dans le sac. Je pouvais parier que, ce soir, Bella ne portait rien sous son haut léger qui glissait sans entrave sur sa peau que je devinais si douce et souple…
Cette fois, c'était moi qui étais troublé.
Un point pour elle.
Ce fut elle qui brisa le silence d'une voix tranchante.
« Bien, commençons, je n'ai pas que ça à faire. »
Entendre sa voix me tira de ma torpeur méditative et j'esquissais un sourire. Elle n'avait nulle part d'autre où aller. Je le savais et elle savait que je le savais. Elle ne cherchait donc qu'à être désagréable et cela m'amusait.
C'était très curieux comme sensation…
« Bien sûr. » répondis-je avec une moue entendue en venant, cette fois, prendre place plus près d'elle que les autres nuits.
Je devais m'habituer à sa proximité si je voulais… Je ne savais pas exactement ce que je voulais mais mieux valait parer à toutes les éventualités !
Elle écarquilla les yeux quand que m'assis à l'extrémité de la méridienne la plus proche d'elle. Une fois que j'eus pris place, nos jambes n'étaient qu'à quelques centimètres les unes des autres. Je pouvais déjà sentir sa chaleur irradier vers moi et me réchauffer délicieusement.
Dieu, qu'est-ce que ce serait de pouvoir la sentir d'encore plus près !
Bella se recula un peu plus sur son fauteuil pour reprendre constance.
« C'est moi qui pose les questions ce soir. » commença-t-elle.
Elle avait dû se racler la gorge avant de parler et sa voix était légèrement rauque. Elle avait beau faire la fière, elle était troublée. Je ne pouvais peut-être pas lire dans ses pensées mais je pouvais apprendre à lire son corps et ses réactions…
J'allais adorer ce jeu !
« C'est exact… » répondis-je avec un sourire en coin.
Ses yeux s'élargirent encore une fois une infime fraction de seconde et elle inspira brusquement quand je lui souris.
Un point pour moi !
« Sur quoi ai-je le droit de t'interroger ? »
Cette fois, ce fut à moi d'être surpris.
« Donc on ne se vouvoie plus ?
- C'est bien comme ça que les choses fonctionnent ici, non ? » répondit-elle en levant les épaules avec désinvolture. « Tanya te tutoyais. Je ne vois pas pourquoi je devrais agir différemment. »
Je ne répondis pas alors que je fus très tenté de lui répliquer que, si elle souhaitait que je la traite comme j'avais traité Tanya, me tutoyer ne serait pas la seule chose qu'elle aurait à faire.
« Comment va-t-elle ? » poursuivit-elle, toujours aussi hargneuse.
« Qui ça ?
- Tanya ! Tu sais, cette fille que tu as renvoyée en enfer sans même un battement de cil ? »
Mais c'est qu'elle mordrait !
« Pourquoi est-ce que cela t'importe autant ? » demandai-je, sérieusement curieux.
Elle leva les yeux au ciel comme si je venais de sortir l'énormité du siècle et je n'en revenais pas de ne pas lui avoir encore fait ravaler son arrogance. Personne ne m'avait jamais traité comme ça et pourtant, je m'amusais énormément.
« J'ai un cœur qui bat, moi ! » répliqua-t-elle.
Je considérai un instant sa réponse.
Elle ressentait de la compassion pour Tanya parce qu'elle était humaine.
Elle était sensible et douée d'une empathie dont j'étais incapable …
J'acceptais pour la première fois de concevoir l'idée que le sort des autres humains lui soit réellement important et ce constat réveilla en moi une sensation étrange. Un sentiment qui me poussa à vouloir la satisfaire, la rassurer. Et, pour la première fois depuis que je l'avais répudiée, je laissai porter mon écoute plus loin, jusqu'au rez de chaussée, à la recherche de Tanya.
Sa voix ne fut pas difficile à trouver. Elle était en vie, vindicative et en colère… et elle n'était pas seule.
Je n'eus pas envie d'en entendre plus donc je me fermai à elle.
« Elle va bien. » dis-je.
« Comment peux-tu en être aussi sûr ? » rétorqua Bella avec mépris. « Je suis prête à parier que tu l'as oubliée à la seconde où elle est sortie de ton champ de vision et que tu n'es pas une seule fois allé t'assurer qu'elle était toujours en vie !
- C'est vrai… Mais elle est vivante et en pleine forme. Je le sais parce que je peux l'entendre. »
Elle resta bouche bée quelques seconde à assimiler ma réponse.
« Tu peux l'entendre ? » souffla-t-elle. « Comment ça l'entendre ?
- Nous avons une ouïe très fine. » répondis-je en souriant de mon propre euphémisme.
« Tu veux dire que, là, maintenant, tu l'entends à l'autre bout du château ?
- Oui. »
Elle s'affaissa sur le dossier de son fauteuil, en proie visiblement à un léger état de choc.
« De quoi d'autre es-tu capable ? »
Je pesais un instant ce que je pouvais lui dire ou non. Mais après tout, ces informations n'étaient pas sensées sortir d'ici puisque Bella ne pourrait jamais les confier à personne.
« Je suis rapide.
- Rapide, comment ?
- Très rapide… et fort. »
Je l'observai avec prudence en même temps que je commençais à dévoiler mon jeu devant elle. La tête légèrement inclinée sur le côté et les sourcils froncés, elle respirait rapidement et semblait prendre le temps d'assimiler ce que je lui disais.
« Tu m'as portée jusqu'ici depuis Florence… » murmura-t-elle.
Elle ne réalisait pas l'étendue de ce dont j'étais capable. Comme l'aurait-elle pu ? Mais elle cherchait visiblement à comprendre.
« Oui. Et cela m'a été facile. »
Elle brisa brusquement notre contact visuel, se leva et se dirigea vers la bibliothèque.
« Tu sais voler ? » demanda-t-elle en me tournant le dos tout en regardant les livres sur les rayonnages.
« Non.
- Te changer en chauve-souris ?
- Non. » répondis-je en étouffant un rire.
« Tu peux devenir invisible ?
- Non. Mais je peux aller à une vitesse que tes yeux ne peuvent pas percevoir. »
Elle se retourna et me toisa avec défi.
« Je suis certaine que tu bluffes. »
Rien ne valait la preuve par l'exemple.
Je me levai et la rejoignis à une telle vitesse que je savais parfaitement qu'elle n'avait pas pu suivre mes mouvements. Pour elle, je venais de disparaitre de la méridienne pour réapparaitre face à elle. Elle hoqueta de surprise.
Pour appuyer mon argument, je passai donc une main dans un des rayonnages, tellement près de sa tête que j'aurais pu la toucher si je l'avais voulu, et me saisis d'un presse-livre en bronze. Je le ramenai lentement devant ses yeux et, sans un mot et sans efforts, je le réduisis en une seconde en une masse informe. On aurait dit de la pâte à modeler entre les mains d'un enfant.
Bella regardait fixement la boule de métal qui reposait sur ma paume. Son souffle semblait difficile et son cœur battait à tout rompre.
« Je ne sais peut-être pas voler mais en ai-je vraiment besoin pour te faire peur ? »
Elle releva les yeux vers moi.
« Je n'ai pas peur… »
Elle voulait tellement paraitre courageuse. Tout son corps me prouvait pourtant le contraire.
« Tu mens… Ton cœur s'affole et je sens l'odeur de l'adrénaline se déverser dans ton sang… » dis-je en penchant légèrement ma tête vers son cou, incapable de réfréner cet instinct.
Son cœur s'emballa davantage à mon approche et elle semblait à bout de souffle quand elle répondit.
« Il doit pourtant bien exister des moyen pour que je me défende… »
Son odeur délicieuse emplit mes poumons, tellement tentatrice, tellement enivrante…
Je devais m'écarter. Je devais m'écarter, vite !
Caressant toujours sa peau de mes yeux, je parvins à me redresser au prix d'un effort insurmontable. Je cessai immédiatement de respirer et fis quelques pas en arrière qui me ramenèrent à la méridienne où je me rassis. Bella reprenait son souffle près de la bibliothèque et le silence s'étira.
Je devais parler, détourner mon attention de l'envie grandissante de la rejoindre pour… Quoi ? L'éventail de possibilités était énorme.
« Il en existe très peu. »
Bella se racla à nouveau la gorge et je l'entendis secouer la tête comme pour remettre ses idées en place. Pour l'instant, j'étais incapable de la regarder.
« Très peu de quoi ? » demanda-t-elle.
« De moyen de nous combattre. »
D'un pas prudent, elle regagna son fauteuil et s'installa dans une posture digne. Mais toute trace de défi avait quitté son regard. La leçon m'avait couté mais elle semblait avoir porté ses fruits.
« Est-ce que je peux te tuer en t'enfonçant un pieu dans le cœur ?
- Non. Aucune de vos armes ne peut nous blesser.
- Pourquoi ? » demanda-t-elle prudente mais intéressée.
« Parce que notre corps est trop… solide. Aucun humain ne pourrait transpercer ma peau pour enfoncer quoi que ce soit dans ma poitrine.
- Vous êtes indestructibles ? » poursuivit-elle, incrédule.
« Non. Nous pouvons être détruits, mais pas par vous. »
Elle mit quelques instants à assimiler cette réponse.
« Par le soleil, alors ? » rétorqua-t-elle.
« Encore un mythe » répondis-je en écartant les mains comme pour m'excuser. « La lumière du soleil ne nous fait aucun mal, même si nous l'évitons en public…
- Pourquoi ?
- Parce qu'elle a un effet… intéressant sur nous. Les humains verraient que nous sommes différents. »
Elle réfléchit une seconde.
« C'est pour ça que je n'ai vu personne dehors durant la journée ? Vous ne dormez pas mais vous ne sortez pas en plein jour pour ne pas être démasqués.
- On peut dire ça.
- Qu'est-ce que la lumière vous fait ? »
Elle était curieuse. C'était la journaliste que j'avais devant moi maintenant. Toute trace de peur l'avait quittée et elle ne cherchait plus qu'à aller au fond des choses.
« C'est difficile à expliquer. » répondis-je. « Je te montrerais peut-être un jour. »
Quoi ?
D'où ça sortait ça ?
Lui montrer ?
Jamais nous ne laissions les humains découvrir cette faiblesse, la seule chose qui pouvait leur prouver notre nature. Pourtant, cela m'avait frappé comme une évidence, j'avais envie de lui montrer, de voir comment elle réagirait. Je voulais la tester.
Elle était venue pour ça, non ?
Je repoussai ce débat intérieur pour plus tard.
« En ce qui me concerne, j'aime assez sentir la chaleur du soleil. » dis-je pour détourner ma propre attention.
Bella plissa les yeux et se mordit la lèvre.
Qu'est-ce que j'avais dit ?
Merde. A quoi pensait-elle ?
« Tu es froid… » murmura-t-elle.
Nous nous étions touchés. Ce contact m'avait tellement bouleversé que je ne m'étais pas un instant posé la question de comment elle l'avait perçu, elle.
Elle m'avait trouvé froid. Evidemment.
J'avais dû la dégouter…
Pourquoi est-ce que cette idée me déplaisait-elle autant ?
« Je ne suis plus vivant, Bella. Mon cœur ne fait plus circuler un sang chaud sous ma peau comme c'est le cas pour toi. Pour moi tu es brûlante… »
Elle rougit et baissa les yeux.
Elle n'était pas dégoutée, non. Elle semblait… troublée ?
« La température de votre peau est donc aussi un moyen de vous repérer. » poursuivit-elle comme pour détourner la conversation du chemin dangereux qu'elle prenait.
« Encore faut-il pouvoir nous toucher. Il est rare que nous laissions les humains approcher de si près. »
Ma voix n'était plus qu'un murmure. Je l'avais laissée approcher si près l'autre nuit…
« Et il existe des façons de réchauffer ma peau si je veux donner le change. Certaines sont plus durables que d'autres. » ajoutai-je, plus détaché.
« Lesquelles ? » demanda-t-elle sans lever les yeux de ses mains.
« L'exposition au soleil, justement, ou bien une immersion dans l'eau chaude sont assez efficaces mais éphémères. Se nourrir, par contre… Le sang de nos victimes nous confère durablement sa chaleur. Et puis il y a… »
Merde, avais-je vraiment envie de suivre cette voie ?
J'avais beau essayer de remettre la conversation sur des rails plus sécurisants, elle semblait toujours vouloir revenir sur un terrain glissant.
Bella releva vers moi un regard interrogateur, m'encourageant à poursuivre. Tant pis pour elle… ou pour moi.
« Il y a le contact. »
Elle écarquilla les yeux sans comprendre.
« Le contact ? » demanda-t-elle.
Bon sang ! Elle le faisait exprès ?
« Oui… Si je te touchais suffisamment longtemps, ta peau réchaufferait la mienne… »
Je crois bien que son cœur eut un raté et entendre ainsi l'effet de mes paroles sur elle amplifia encore ma propre attirance.
La toucher.
Oui.
Elle m'avait trouvé froid alors que nous ne nous étions qu'effleurés mais je savais bien ce qui se passerait si je la touchais plus longtemps. Si je partais à la découverte de sa peau. Mes mains deviendraient vite brûlantes, tout comme elle.
Et ce serait la fin de tout.
Nous restâmes une éternité à nous dévisager.
Que je reste assis sur la méridienne sans me jeter sur elle m'apparut comme un exploit.
« Je pourrais toujours te repousser avec de l'ail. » haleta-t-elle en se mordant les lèvres.
C'était bien. Elle avait raison. Il fallait désamorcer cette tension tout de suite sinon je ne répondais plus de rien.
« L'ail a seulement une odeur nauséabonde, comme toute la nourriture infecte que vous ingurgitez. » répondis-je en me reculant pour m'éloigner d'elle.
« Tu ne manges jamais de nourriture … Humaine ? » demanda-t-elle d'une voix hésitante.
Elle était encore trop proche. Je me levai donc pour aller m'appuyer contre la fenêtre. Si nous devions parler nourriture, je devais prendre mes distances. Même si il m'apparaissait maintenant que ce n'était plus son sang qui m'attirait le plus chez elle.
Quel revirement stupéfiant !
« C'est comme si je te demandais de manger de la terre ou du sable. » répondis-je, pragmatique. « Je peux en manger mais cela ne m'apporte rien. Et mon corps le rejette presque systématiquement.
- Seulement du sang alors ? »
Je haussai les épaules pour accompagner ma réponse.
« Je suis un vampire. »
Elle plissa les yeux, pensive. Je remarquai que, tout comme moi, elle semblait plus maitresse d'elle-même maintenant que je m'étais éloigné.
« Tu as dit l'autre jour que la plupart des vampires buvaient du sang humain. C'est donc qu'il y a une autre alternative ?
- Oui.
- Laquelle ? »
Nous étions revenus en mode interrogatoire.
Je marquai une pause car je ne pourrais pas répondre à cette question sans évoquer des détails plus personnels me concernant. Etais-je près à ça ?
Bella m'observait avec un regard curieux et tranquille, presque confiant.
Cette soirée n'aurait pas pu être plus changeante. Il y a une heure à peine, elle semblait prête à m'arracher les yeux et, maintenant, elle attendait tranquillement que je lui parle de mon régime alimentaire. Qu'est-ce qui s'était passé entre temps ?
Je ne comptais plus le nombre de fois où j'avais failli lui sauter dessus depuis son entrée dans cette pièce. J'étais certain qu'elle les avait toutes perçues.
Pourtant je ne l'avais pas fait…
Je m'étais approché dangereusement mais je ne l'avais pas touchée. Pas une fois.
Voilà d'où venait cette subite confiance et, dans ce climat nouveau, il me sembla juste de répondre honnêtement à sa question.
« Un petit nombre de membres de mon espèce considèrent que la vie des humains est trop importante. Le sang animal est l'alternative qu'ils ont choisie. »
Elle plissa les yeux et pencha la tête sur le côté en m'observant.
« En fais-tu partie ? » demanda-t-elle.
Je me redressai, surpris par sa question.
« Pourquoi cette question ?
- Tu es différent… » murmura-t-elle. « Tes yeux sont différents. »
Je restai sans voix un instant. Elle avait remarqué ça.
Personne ne nous regardait suffisamment en face pour remarquer ce détail.
Devant mon silence presque choqué, elle poursuivit d'une voix hésitante, le regard baissé sur ses mains.
« J'ai remarqué… Les yeux des autres vampires sont rouges. Les tiens ont toujours été plus clairs, et ils s'éclaircissent chaque soir sauf quand…
-Quand quoi ?
- Quand tu as envie de … Quand tu as soif je pense… »
Non, Bella, pas seulement quand j'ai soif, quand j'ai envie de toi, dans tous les sens du terme.
Je ne pouvais pas lui dire ça.
« Tu es très observatrice. » dis-je.
Elle dut entendre le sourire dans ma voix car elle releva la tête et m'adressa un petit sourire presque contrit. On était très loin de la furie qui avait fait irruption dans ma chambre tout à l'heure.
« Mon père, enfin le vampire qui m'a créé, Carlisle, est un fervent défenseur de la vie humaine. » dis-je comme si cela expliquait tout.
Mais l'intérêt qui s'alluma dans le regard de Bella me fit comprendre qu'elle ne se contenterait pas de ça.
« Il t'a transformé pourtant… » commença-t-elle pour m'inciter à poursuivre.
« Il était seul depuis bien longtemps. Quand il m'a trouvé, je n'avais plus rien, plus personne à qui tenir ou qui s'inquièterait pour moi. J'étais mourant. Il m'a offert un choix, une opportunité que j'ai saisie.
- Quand était-ce ? » demanda-t-elle d'une voix douce.
« En 1918. » répondis-je. « Je mourrais de la grippe espagnole dans un hôpital militaire. Il a fallu plusieurs siècles à Carlisle pour se décider à rompre sa solitude. J'ai été son premier… enfant, si je puis dire. »
Bella avait les yeux écarquillés de stupeur quand je croisai à nouveau son regard.
« Plusieurs siècles… »bredouilla-t-elle.
J'éclatai de rire tant elle était comique dans sa surprise choquée. La façon dont les humains percevaient le temps qui passe m'avait toujours amusé.
« Et oui, il a été très patient ! » me moquai-je.
Bella porta ses deux mains à son visage et son regard se perdit dans le vide.
Puis elle ferma fortement les yeux en secouant la tête en murmurant pour elle-même.
« Du calme Bella… accepte… plusieurs siècles. Ok. »
Je souris mais me retins de faire le moindre commentaire. Et, quand elle redressa la tête, elle semblait avoir repris la maitrise de ses nerfs.
« D'accord. Reprenons. » dit-elle d'un ton professionnel qui me fit encore sourire. « Donc Carlisle ne se nourrit pas d'humains…
- C'est exact. Je ne connais personne qui ait autant de retenue que lui. Il n'a jamais fauté, jamais failli. Et il a transmis sa façon de penser à notre clan.
- Votre clan ? Tu n'es donc pas ici chez toi ?
- Non. Je viens des Etats-Unis. Comme toi. »
Nouvel arrêt surpris.
« Pourquoi es-tu ici alors ? » demanda-t-elle, prudente.
« J'accompagne ma sœur, Alice et son compagnon qui avait besoin de faire un séjour à Volterra.
- Ta sœur ?
- Elle ne l'est pas au sens propre du terme. » rectifiai-je. « Mais les liens que nous avons noué au sein de notre clan sont un peu particuliers. Nous nous considérons plus comme une famille.
- Combien êtes-vous ? »
Je répondis honnêtement, comme elle l'avait fait pour elle. Je lui parlais donc d'Esmée qui, peu de temps après moi, avait été transformée par Carlisle et était devenue sa compagne, tous deux incarnant au sein de notre famille les figures aimées et respectées du père et de la mère. Ensuite je racontais comment Carlisle avait trouvé Rosalie qui avait rejoint notre famille puis rencontré Emmett qui était devenu son partenaire. Chacun avait été transformé par Carlisle alors qu'il était à l'article de la mort car jamais mon père n'aurait arraché un humain à sa vie. Et, enfin, je lui narrais l'arrivée un soir parmi nous de Jasper et d'Alice qui furent immédiatement acceptés par la famille. Il n'aurait pas pu en être autrement de toute façon. Alice ne l'aurait pas permis.
« Vous semblez très unis. » commenta Bella.
« C'est le cas, » répondis-je. « Même si nous ne partageons pas tous à 100% la philosophie de Carlisle.
- Que veux-tu dire ? »
C'était le moment d'être honnête.
« Esmée et Carlisle ne font qu'un, donc tout naturellement, ma mère a adopté sa vision des choses. Alice, Rosalie et Emmett aussi parce qu'ils se plaisent à se mêler aux humains de temps en temps. Tu as un bon sens de l'observation : nos yeux sont effectivement le reflet de notre régime alimentaire. Quand on ne se nourrit que de sang animal, nos yeux sont plus clairs, vaguement dorés… C'est plus commode pour se fondre dans la foule.
-Mais les tiens ne sont pas de cette couleur. »
Elle énonçait les faits et je pouvais presque voir les pièces du puzzle s'assembler toutes seules dans sa tête.
« Parce que je ne me nourris pas que de sang animal. » dis-je, guettant sa réaction.
« Mais tu ne te nourris pas que de sang humain non plus. »
Je souris de sa répartie.
Elle semblait espérer quelque chose. Mais quoi ?
« Je n'ai jamais été capable de me cantonner au régime de mon père, Bella. Ce n'est pas ma nature. »
Elle resta silencieuse un instant.
« Et que pense ta famille de ton choix de vie ? » demanda-t-elle.
« Ils acceptent. Et, dans la mesure du possible, j'essaye de ne pas pousser le bouchon trop loin.
- C'est-à-dire ?
- Que je ne tue généralement pas mes victimes humaines. »
Quelle était cette émotion qui traversa son regard ? Du soulagement ?
J'aurais tout donné pour savoir ce qu'elle pensait à cet instant !
« Mais tu as déjà tué. » chuchota-t-elle le regard plongé dans le mien.
« Oui. C'est ce que je suis. »
Nos regards restèrent accrochés l'un à l'autre. Je lisais comme une sorte d'acceptation dans le sien alors que j'avais l'impression de m'excuser auprès d'elle d'être ce que j'étais. C'était la première fois que je me justifiais de mes actes et c'était un acte vraiment troublant de me livrer ainsi à elle.
Ce fut elle qui détourna les yeux en premier, laissant son regard faire le tour de la pièce.
« C'est donc pour ça que tu es ici ? » demanda-t-elle finalement. « Je veux dire : dans ce genre d'endroit où les humains sont en libre-service. C'est un peu comme un séjour de vacances avec buffet compris.»
Je retrouvais avec plaisir son esprit mordant et étouffait un rire.
« On peut dire ça…
-Et il y a beaucoup d'endroit comme ça de par le monde ? »
Je ne voyais pas bien où elle voulait en venir.
« Non, Volterra est la seule cité.
- Mais il y a tous ces clubs en Europe et aux Etats-Unis où vous pouvez aller vous fournir. » dit-elle en me vrillant du regard.
Comment savait-elle ça ?
« C'est comme ça que tu as entendu parler de Volterra ? » demandai-je.
« Oui, même si j'étais loin de me douter que tout ce trafic était le fait de vrais vampires ! » répondit-elle en lâchant un rire ironique.
« Que pensais-tu trouver ? » demandai-je surpris à mon tour.
Elle haussa les épaules en faisant la moue.
« Je ne savais pas trop… Je savais qu'il était question de sang… et de sexe… »
Elle rougit une nouvelle fois et cela réveilla en moi une autre pulsion que je dus maitriser. Je devenais de plus en plus fort à ce jeu.
« Il y en a un peu partout, effectivement. » dis-je pour répondre à la question qu'elle avait posée plus tôt. « C'est ce qui permet de limiter au maximum les accidents. »
Elle fronça les sourcils. Qu'est-ce qu'elle me cachait encore ?
J'en savais plus sur les raisons de sa présence ici mais je devinais qu'il y avait encore des choses à découvrir.
« Cela n'empêche que je ne comprends pas que des humains acceptent de se laisser mordre ! » s'exclama-t-elle en se levant, me tirant de mes propres pensées.
« C'est un commerce un peu particulier, je te l'accorde mais chacun y trouve son compte, Bella.
- Les pauvres filles que j'ai vues jusque-là étaient soit complètement paumées soit complètement folles. Je ne vois pas en quoi elles y trouvent leur compte. » répliqua-t-elle, butée.
« Folles ? » m'amusai-je à répéter.
« Oui, folles ! Ces filles ici, les favorites, s'imaginent qu'elles vont devenir immortelles alors elles acceptent de subir toutes ces horreurs.
- Il n'y a pas que des horreurs qu'elles subissent, Bella, crois-moi. » contrai-je avec un sourire en coin.
Elle sembla troublée une fraction de seconde mais se repris en croisant les bras sur sa poitrine et conserva une mine déterminée, comme si elle était parfaitement sûre de son fait.
« Non. Il n'y a aucune excuse, Edward . Ce que je crois c'est que vous avez une sorte de pouvoir pour influencer la volonté de ces pauvres filles et que vous les persuadez qu'elles ont choisi d'être ici. »
Elle accompagna cette nouvelle théorie d'un geste vague de la main.
« Un pouvoir ? » me moquai-je. « Comme quoi ? De l'hypnose ? »
« Pourquoi pas ? » répondit-elle. « Comme ça vous n'avez pas besoin de vous fatiguer à chercher vos proie et à les attraper. Une personne en pleine possession de ses moyens ne se laisserait jamais faire comme ça ! »
Je ris de bon cœur tant elle semblait sûr d'elle. Elle était pourtant si loin de la vérité.
« Je n'ai besoin d'aucun don de persuasion pour trouver à me nourrir, Bella
- C'est facile à dire quand il y a open bar pour les vampires dans un night-club sur deux ! » rétorqua-t-elle avec mauvaise foi.
Un frisson me parcouru le dos en même temps qu'une idée se frayait un chemin dans ma tête…
Je m'approchai à nouveau d'elle lentement et elle perdit un peu de son assurance. Je me délectai un instant de l'accélération de son rythme cardiaque à mon approche.
Combien de temps m'aurait-il fallu pour la séduire le premier soir dans ce club ?
Jamais aucune de mes proies ne m'avait résisté.
Que n'aurais-je donné pour la mettre ainsi à l'épreuve…
« Il nous faut pourtant parfois encore recourir aux bonnes vieilles méthodes » murmurai-je sans la quitter des yeux tout en continuant d'avancer.
Instinctivement, elle commença à reculer. Je penchai la tête sur le côté, amusé par sa réaction. J'étais le chat et elle la souris et j'avais peur de beaucoup trop aimer ce jeu.
« Et tu n'as pas peur de te fatiguer ? » répliqua-t-elle sur un ton de défi.
Mais sa voix était rauque, assourdie.
« Je ne suis jamais fatigué, Bella.
-Jamais ? » demanda-t-elle d'une petite voix.
Je secouai lentement la tête de gauche à droite en continuant d'avancer.
Quand elle heurta la porte avec son dos, elle prit une brusque inspiration qui emballa son souffle bien qu'elle essayât de le maitriser.
Son odeur m'enveloppa totalement quand je fis les derniers pas qui nous séparaient.
Je m'immobilisai face à elle, lui bloquant toute possibilité de fuite.
Elle était à moi.
Sans la quitter des yeux, je pris une inspiration prudente. Réprimant un grognement appréciateur, je souris quand je réalisai que la peur n'était plus là, remplacée par une fragrance grisante de fébrilité et d'envie.
La vague déferla en moi avec la même intensité mais c'est un autre besoin qui prit le pas sur ma soif. Un besoin que je pouvais assouvir si je me maitrisais suffisamment et si elle restait ainsi sans bouger.
Guidé par les battements frénétiques de son cœur, je levai une main vers son visage.
Nous avions tous deux cessé de respirer mais elle ne fit pas un geste pour me fuir et, quand mes doigts frôlèrent sa joue, ce fut comme si le temps s'était arrêté. Je suspendis mon geste le temps de maitriser la brûlure qui se diffusait dans tout mon corps, mettant le feu aux poudres.
J'en voulais plus. Tellement plus.
Ma paume se posa sur sa joue et mon pouce effleura sa lèvre inférieure.
Elle haleta et je sentis mon regard s'assombrir.
Elle voyait cela. Elle voyait l'effet qu'elle avait sur moi mais je n'en avais que faire.
Seul comptait pour l'instant la douceur de sa peau sous la mienne et ce contact que je ne voulais pas briser.
Je ne pouvais pourtant pas aller plus loin.
Pas maintenant.
Ce que j'éprouvais était trop puissant.
Je lui ferais du mal.
Je me penchais alors vers elle.
« Je n'ai jamais eu besoin de forcer qui que ce soit, Bella… » murmurai-je. « Et, si tu veux une preuve, je pourrais te la donner. »
Mes doigts se glacèrent dès que laissait retomber mon bras le long de mon corps en serrant les poings.
Contre la porte, Bella se tenait bien droite mais elle était tremblante et reprenait son souffle difficilement. La voir ainsi troublée par ce premier contact volontaire allait avoir raison de ma bonne volonté si elle ne partait pas immédiatement.
« Mais il se fait tard et tu dois être fatiguée. Tu devrais regagner ta chambre. Maintenant. »
Elle hocha la tête sans un mot et fit un pas pour tourner la poignée.
« A demain, Edward. » murmura-t-elle en partant.
Cette femme était incroyable.
Elle m'avait défié, elle m'avait résisté et j'avais aimé ça.
Je la désirais et pourtant elle était encore en vie.
Et je la troublais aussi. Je l'avais senti.
Alice avait raison : Bella était différente.
Elle était différente parce qu'elle éveillait en moi une envie, un besoin que je n'avais jamais ressenti.
Elle voulait savoir. Elle voulait comprendre… J'allais l'y aider, voir jusqu'où elle était capable d'aller.
Or, si je voulais qu'elle me connaisse, elle devait voir tout de moi.
Alors j'allais lui montrer le vampire…
Petite annonce de Lily: j'ai trop hâte de commencer à écrire le chapitre suivant car c'est celui qui m'a donné envie d'écrire cette fic. Donc je ne vous raconte pas la pression que je vais me mettre...
Alors ne soyez pas déçues si je mets un peu plus de temps.
Mais en attendant, qu'avez-vous pensé de celui là? Est-ce que les choses bougent comme vous le vouliez? trop vite? trop lentement?
Et est-ce que Edward vous plait toujours autant (Marine, cette question est pour toi! mais les autres peuvent répondre aussi )?
Et puis, je vous le fait comment le vampire: soft ou bien dark?
Bisous
