Salut!

J'ai essayé de faire vite pour ce chapitre parce que j'ai bien senti dans vos review qu'il ne fallait pas que je tarde trop. Donc voici encore un long chapitre, bien plus long que ce que j'avais prévu au départ mais je me suis laissée emporter...

Avant tout, en route pour la valse des remerciements face à vos messages nombreux et inestimables!

Halay, Puceron52,Nedwige Stew, Missstardustphoto, Karima, Kinoum, Estelle7, Sandmabe, Grazie, mmccg et sochic88, mes cris de joie et mes remerciements sincères sont dans vos boites mail ;)

Pour les autres que je n'oublie pas: Laau (désolée de t'avoir frustrée! Tu as vu, je respecte les délais pour ce chapitre et j'espère que j'aurais réussi à me faire pardonner), Cel (Bienvenue chez moi! J'espère que j'aurais encore la chance de lire un de tes commentaires sur un prochain chapitre), Alex16 ( La jalousie n'est pas toujours un vilain défaut ^-^, je peux comprendre que le fait qu'Edward ait touché une autre fille soit déplaisant, mais moi je trouve ça sexy parce que, au fond, on sait déjà que c'est Bella qu'il veut vraiment. Et puis, j'avais prévenu qu'il n'était pas un ange. J'espère qu'il te plait quand même comme ça. Biz), Eva (j'adore que tu adores!), Flopy69 (Edward s'est fait prendre à son propre piège mais ce n'est pas pour nous déplaire, si? Tu verras que le dark vampire n'est jamais bien loin... bisous!), Sandrine ( Ce qui m'a fait le plus plaisir dans ta review, c'est de voir que j'ai réussi à te surprendre. J'espère que la suite te plaira aussi.), So06 ( va-t-il se dégonfler? Tu préfèrerais quoi toi? J'ai hâte de lire ton commentaire), et Guest ( je suis ravie d'avoir réussi à faire grimper la température!).

Vous êtes merveilleuses!

Edward va-t-il se laisser tenter... hum, voyons ça!

Bonne lecture

Je vous embrasse

Lily


Les personnages appartiennent à Stephenie Meyer

Chapitre 10- connected

Pov Edward

Une seconde de blackout total.

J'expérimentai cette étrange sensation une nouvelle fois, réalisant avec philosophie quand mon cerveau daigna se remettre à fonctionner que ça commençait à devenir une habitude ces derniers temps.

Je m'étais toujours considéré comme quelqu'un de réfléchi et de rationnel, parfaitement maitre de mes pensées et de mes réactions en toutes circonstances.

Mais cette humaine… Bella… remettait sérieusement ce prérequis en questions parce qu'elle arrivait toujours à me prendre par surprise au moment où je m'y attendais le moins.

Il y avait bien sûr eu la première fois où je l'avais vue, seule et unique tentation parmi toutes ces femmes ordinaires à Florence.

Ensuite, quelques nuits plus tard, elle avait tenté de me gifler. Jamais personne n'avait osé sans avoir à en payer le prix fort. Pourtant j'avais maitrisé ma colère et ça m'avait existé… terriblement…

Puis elle avait rêvé de moi. Deux fois.

Je ne pouvais m'empêcher de l'écouter depuis qu'elle m'avait interdit de venir la visiter pendant son sommeil. Aujourd'hui, c'était d'abord sa respiration qui m'avait alerté. Elle était devenue lourde et saccadée, comme si elle souffrait. J'avais alors tendu un peu plus l'oreille. Puis elle avait gémit et ce son à lui seul avait réveillé un appétit féroce dans mon ventre. Et enfin elle avait parlé… supplié dans son sommeil… mais pas pour que quelqu'un mette fin à sa souffrance. Ce que j'avais entendu dans sa voix était du désir, douloureux et intense, qui avait distillé sa chaleur dans tous mes membres.

De qui rêvait-elle ?

La jalousie s'était emparée de mon âme à l'idée qu'un humain occupe ses pensées. Peut-être avait-elle quelqu'un dans sa vie… un mortel insignifiant qui l'attendait quelque part pour la souiller de ses attentions dégradantes… un insecte qui pourrait la toucher sans risquer de la blesser…

Et elle avait crié mon nom au moment le plus intense de son rêve.

Edward.

Moi.

Le trou noir qui m'avait englouti cette fois avait été le plus long à dissiper. Et ce qui l'avait rempli ensuite était terrifiant.

J'avais eu envie d'elle, seulement et dangereusement envie d'elle.

Coupé de son odeur, la faim n'avait, pour la première fois, plus fait partie de l'équation.

Oh mon dieu ce que j'avais imaginé lui faire…

J'aurais pu être près d'elle en une seconde à peine, profiter de la confusion de son réveil pour faire de son rêve une réalité.

Mais, dieu seul sait comment, j'avais résisté jusqu'à ce que je sois assez redevenu maitre de moi-même pour la voir sans nous mettre l'un ou l'autre en danger. Cette fille tenait la destiné de mon clan accrochée au fil fragile de sa vie. Je ne devais pas l'oublier.

De plus, j'avais un plan que je voulais vraiment mener à bout.

Je voulais qu'elle me voit tel que j'étais, jauger sa réaction face à mon côté sombre. Je voulais savoir s'il y avait réellement une explication à ce qu'elle était, elle. Or il était peu probable qu'elle soit « faite pour moi » comme l'avait dit Alice, si le vampire en moi la révulsait.

J'avais donc décidé de jouer mon va-tout et de le lui montrer quitte à ce qu'elle s'enfuit en hurlant car je ne lui cacherais rien.

Et une part de moi avait sincèrement espéré qu'elle le fasse. Tout aurait été tellement plus simple. Mon orgueil aurait repris facilement le dessus et j'aurais pu me convaincre que Bella Swan n'était qu'une mission qu'Aro m'avait confié.

Mais elle avait contrecarré mes plans encore une fois.

Ça avait commencé avec le choix de sa tenue. Comment aurais-je du interpréter le fait qu'elle choisisse précisément celle qui avait ma préférence ?

Je ne l'avais d'ailleurs pas interprété du tout dans un premier temps, passant sur la poignée de sa porte toute la tension qui m'avait envahi en la découvrant si… tentante. Son corps superbe était tellement harmonieusement moulé dans ses vêtements que j'en distinguais chaque contour. Et, comme pour accentuer mon supplice, elle avait relevé ses cheveux. Pour l'amour du ciel, avait-elle oublié qu'elle était dans un repère de vampires ?

Voir sa nuque ainsi dégagée avait réveillé ma soif et un furieux sentiment de propriété : si nous croisions un de mes congénères et qu'il osait ne serait-ce que penser à sa nuque gracile, je ne répondrais plus de moi.

J'avais donc choisi des couloirs déserts pour nous mener au garage.

Et j'avais mis mon plan en branle en prenant la route de Pise.

Ce que je n'avais pas anticipé c'était l'effet que cela me ferait de me retrouver enfermé avec elle dans l'habitacle minuscule de ma voiture. Nous n'avions jamais été si proches pendant si longtemps et je dus me retenir de respirer pendant tout le trajet, me concentrant sur la tension que je ressentais aussi chez elle pour me rappeler à quel point elle était fragile et comme ce serait une très mauvaise idée de me garer dans un chemin creux pour aller à la découverte de ce qui se cachait sous la soie de son haut.

Elle ne portait rien dessous... encore une fois... Si je n'avais déjà été mort, cette pensée m'aurait tué!

Cela avait été plus facile quand nous avions retrouvé la civilisation. La multitude de fragrances diverses et variées parvenaient un peu à me détourner de la sienne. C'est ce qui m'avait permis de pousser le bouchon si loin ce soir.

Je l'avais touchée. J'avais caressé la peau fine de ses épaules. Et ce contact à lui seul avait déjà éveillé en moi une pulsion difficile à réprimer, même au milieu de ces humains qui nous entouraient et dont certains avaient déjà trop remarqué notre présence.

J'étais accoutumé aux pensées mi effrayées - mi fascinées sur mon passage. Les humains, sans réellement se rendre compte de ma nature, sentaient qu'il y avait quelque chose de différent chez moi et, selon les personnalités, cela éveillait soit un intérêt langoureux soit une angoisse diffuse. Cela m'indifférait totalement.

Mais je supportais plus difficilement le regard de certains hommes sur ma compagne. Leurs pensées étaient inacceptables face à la beauté de Bella et son corps parfaitement mis en valeur ce soir. Elle était à moi! C'est ce qui avait motivé mon geste et m'avait poussé à la marquer comme mienne en la déshabillant moi-même et me penchant à son oreille pour la troubler encore plus qu'elle ne l'était déjà. Cela avait été si facile... un véritable délice.

Puis je m'étais délecté de sa réaction face à sa prise de conscience, quand elle avait réalisé la raison de notre présence ici. Elle avait eu vraiment peur sur le coup. Mais pas un instant je n'avais imaginé ce soir me détourner de mon plan. Alors j'étais allé jusqu'au bout, la poussant même dans ses derniers retranchements en lui demandant de choisir pour moi. C'était pousser le vice à son paroxysme, je le savais. Mais j'étais là pour la tester et je voulais voir jusqu'où elle pourrait me suivre.

Elle aurait pu fuir, hurler, me frapper, faire un scandale… C'était ce que j'attendais.

C'est ce qu'elle aurait normalement dû faire.

Mais elle n'avait même pas esquissé un geste et, même si elle avait refusé de prendre part à mon choix, elle m'avait laissé faire quand j'avais choisi cette fille, cette brune dont j'avais déjà oublié le nom car il n'avait aucune importance pour moi. D'ordinaire, je préférais les blondes, c'est ce qui expliquait Tanya… Mais ce soir, j'avais envie de sentir les longs cheveux bruns de l'italienne sous mes doigts et sur mon visage, pour imaginer ceux de Bella, même si je me doutais bien que ce ne sera qu'un pâle substitut.

Pourtant, ressentir sa présence et son regard pendant ma manœuvre avait été pour moi une expérience excitante au possible.

Je n'avais senti que son trouble. Je n'avais pensé qu'à elle.

C'était son cœur que j'avais entendu tambouriner alors que je caressais le corps d'une autre, sa respiration saccadée qui avait assourdi les soupirs de plaisir de ma proie, et l'odeur capiteuse de son sang que j'avais sentie alors que je me désaltérais à la gorge de ma victime.

Elle n'avait pas détourné les yeux.

Mieux encore, elle ne m'avait pas repoussé quand je l'avais ensuite rejointe, grisé par cette connexion que j'avais senti avec elle, et que je l'avais invitée à danser, ce qui m'avait permis de découvrir une nouvelle odeur sur elle.

J'avais déjà senti sa peur, son angoisse et sa colère, mais ça…ça n'avait plus rien à voir.

Elle avait été plus que troublée. C'était l'envie maintenant qui dominait tout le reste.

Qui était cette fille ?

Elle était novice dans notre monde, elle n'en connaissait pas les horreurs et les abominations. Elle n'avait pas non plus de désir d'immortalité qui la pousserait à ressentir cette attirance. Et pourtant, à cet instant, j'avais su qu'elle avait envie de moi malgré tout ce que je lui avais montré. Ça avait été plus fort que moi, il avait alors fallu que je sente cette odeur d'encore plus près.

Dieu seul sait ce qui se serait passé si elle ne m'avait pas fui à cet instant car j'étais déjà parti loin, mais je ne pouvais que lui en être reconnaissant. Car je ne me sentais pas encore assez fort pour aller jusqu'au bout de cette pulsion sans nous mettre tous en danger.

Ce n'est qu'une fois rentré dans mes appartements à Volterra que j'avais mesuré l'ampleur de ce qui venait de se produire. Tout ce qui s'était passé ces derniers jours avait mis mes nerfs à rude épreuve. J'étais furieux encore une fois, en colère contre Alice d'avoir foutu le merdier dans ma tête, contre Jasper qui était la cause de notre présence ici, contre Aro et sa mission à la con, contre Bella d'être là tout simplement et contre moi et mes pulsions animales. Putain de faiblesse !

Tournant en rond, j'avais envisagé les options raisonnables qui s'offraient à moi pour passer mes nerfs : partir en chasse et me repaitre de sang et de mort violente jusqu'à plus soif, aller choisir en bas une ou deux filles pour passer ma frustration… reprendre Tanya peut-être, au moins je savais déjà ce dont elle était capable.

Mais je savais déjà que rien ne serait vraiment efficace. J'étais complètement obsédé, envouté par Bella.

Putain !

Un des montants de la bibliothèque ne survécu pas à ma rage et tout un pan de rayonnage s'effondra au sol dans un bruit sourd qui me calma un instant. J'envisageais alors très sereinement l'idée de saccager totalement cette chambre quand je l'entendis.

Comment avais-je pu ne pas m'en rendre compte plus tôt ?

Elle était sortie de sa chambre et elle approchait, rapidement. Elle venait ici.

Et elle était à peine entrée qu'elle m'avait lancé cette bombe en pleine face.

« …montre –moi… »

Je clignai des yeux. Deux fois.

C'est le temps qu'il me fallut pour formuler ma réponse.

« Non. »

Bella écarquilla les yeux comme si elle ne comprenait pas ce que je venais de lui dire.

« Quoi ? Pourquoi ? » s'offusqua-t-elle en faisant un pas en avant.

J'en fis un en arrière.

Nom de dieu, elle ne voyait pas dans quelle situation elle allait nous mettre ?

« Je ne peux pas, Bella… Je te tuerais. » grognai-je, frustré de lui avouer ma faiblesse.

« Tu as bien touché cette fille ce soir. Et d'autres avant elle. » objecta-t-elle avec dans les yeux de la détermination et presque… de l'espoir.

Je secouai la tête en serrant les mâchoires. Je ne voulais pas avoir cette discussion avec elle mais quelque chose me disait qu'elle ne se laisserait pas détourner si facilement.

« Tu es différente. » murmurai-je.

J'aurais probablement obtenu d'elle la même réaction si je l'avais frappée. Elle recula d'un pas et plissa les yeux de colère.

« Pourquoi ? Qu'est-ce que ces filles avaient de plus que moi ? »

Mon dieu , Bella, ne vois-tu pas que c'est tout le contraire ? Et que ça aurait mieux valu pour toi ? J'étais effaré de constater qu'elle venait presque me supplier de la prendre, de la traiter comme les autres, sans se rendre compte des efforts que je faisais pour la garder en vie.

« Ce n'est pas ça, Bella…

-Qu'est-ce que c'est alors ? » me coupa-t-elle, vindicative au possible. « Je ne suis pas assez grande ou bien foutue ? Ou peut-être pas assez écervelée, c'est ça ? »

J'avais toujours eu du mal à supporter qu'on me parle sur ce ton, je ne maitrisai donc pas ma réponse qui fusa, coupant net son élan de colère jalouse.

« Aucune femme ne m'a jamais attiré autant, je ne pense pas que j'arriverais à me maitriser avec toi, Bella ! »

Elle baissa la tête et me lança un regard à travers ses cils.

« Je t'attire ?

- Terriblement… »

Elle redressa le menton, affichant une assurance que démentait son cœur qui battait à tout rompre.

« Alors montre-moi. » répéta-t-elle.

Je soufflai de frustration.

« Tu ne comprends pas. Je ne peux pas te toucher de cette façon. Pas encore. Je te briserai. »

Mon ton était catégorique et je ne cillais pas alors qu'elle ne détournait pas les yeux des miens. Une éternité sembla passer avant qu'elle ne reprenne la parole.

« Alors laisse-moi le faire. »

Quoi ?

« Quoi ? »

Nouveau blackout, putain !

Qu'est-ce qu'elle voulait dire par là ?

« Je veux comprendre, Edward. J'en ai besoin. Je suis enfermée ici depuis des jours. Mon monde a complètement basculé. Les vampires existent. Je peux l'accepter. Mais ce que je ne parviens pas à concevoir c'est ce qui se passe entre vous et les humains… »

Elle chercha ses mots un instant, se mordillant la lèvre dans sa réflexion et cela seul suffit à faire voler en éclat ma détermination.

« Je n'ai aucune chance de sortir d'ici… Je le sais… à moins que d'accepter ce qui s'y passe. C'est ma seule chance, Edward. J'ai vu ce que tu as fait à cette fille ce soir et tu avais raison même si ça me rend dingue de l'admettre : ça m'a plu. Je ne devrais pas dire ça mais c'est vrai. Elle n'a pas souffert, bien au contraire, et tu ne l'as pas tuée. Je pense que personne mieux que toi ne pourrais me montrer comment ça se passe, pour la première fois. »

Je me crispai une nouvelle fois. Elle ne voulait pas comprendre.

« Je refuse de laisser un autre me faire ça. Mais tu ne veux pas essayer… Alors laisse-moi essayer de comprendre par moi-même. Laisse-moi te toucher Edward. »

Je n'étais plus qu'une statue de sel, incapable de bouger ni de prononcer la moindre parole.

Qu'étais-je sensé répondre à ça ?

Mes bonnes résolutions pesaient bien léger dans la balance quand la tentation faite femme s'alliait à mon manque total de moralité pour me faire fléchir.

Bella fit un pas timide vers moi et je retrouvai l'usage de mes jambes pour reculer d'autant. J'aurais grogné pour l'avertir si je ne m'étais retenu à temps. Je me faisais l'effet d'un fauve acculé dans le fond de sa cage. Les dents serrées et le visage crispé, je la dévisageai avec méfiance car je ne pouvais pas la laisser approcher.

Mon petit jeu s'était retourné contre moi de la pire des façons. Jamais je n'aurais dû laisser Alice entrer dans ma tête et y semer la pagaille comme elle l'avait fait. Alice qui devait bien avoir vu ce qui arrivait maintenant et brillait pourtant par son absence. Qu'attendait-elle pour venir se mettre en travers de mon chemin comme elle en avait l'habitude ?

A moins que…

Je prêtai l'oreille. Pas de course précipitée dans les couloirs. Pas de sonnerie de téléphone.

Alice savait, forcément, mais elle n'intervenait pas. Elle n'intervenait pas parce qu'elle avait vu ce qui allait se produire et qu'il n'y avait pas de danger.

Cela signifiait donc que...

Pouvais-je faire cela ?

Vraiment ?

Bella me regardait toujours avec prudence. Quelques mèches folles s'étaient échappées de se queue de cheval et venaient maintenant balayer ses épaules. Mes yeux en suivirent une jusqu'à sa clavicule droite puis remontèrent en s'attardant sur ses lèvres pulpeuses avant de retrouver le brun abyssal de son regard.

J'inspirai une fois, profondément, laissant son odeur envahir mes sens, puis bloquai complètement ma respiration. Je ne devrais ni bouger ni respirer si je voulais la laisser faire. Je me redressai légèrement, la toisant de toute ma hauteur mais quittant peu à peu la posture défensive que j'avais adoptée jusque-là.

Son cœur s'emballa à nouveau quand elle comprit mon acceptation silencieuse et il lui fallut quelques secondes avant d'oser avancer, jaugeant dans mon regard la portée de chacun de ses gestes et s'assurant qu'elle avait bien compris.

Je la laissai approcher, sentant l'air se réchauffer imperceptiblement autour de moi. Putain, je ne le supporterais pas !

Je verrouillai solidement mes mâchoires quand elle leva une main tremblante vers ma poitrine et étouffai un nouveau grognement quand elle la posa à plat au niveau de mon sternum.

La brûlure était délicieuse. La sentir me toucher là était déjà une sensation indescriptible… Alors qu'en serait-il si elle me touchait ailleurs? L'envie me vrilla les tripes brutalement.

Je la regardai observer sa main et retenir son propre souffle quand elle replia ses doigts pour apprécier la dureté de mon torse, froissant le tissu de ma chemise. Elle écarquilla les yeux, visiblement surprise. Ça leur faisait souvent ça la première fois. Mon corps s'apparentait plus à un bloc de pierre que tout ce qu'elle avait touché auparavant.

« Ok… » murmura-t-elle en lâchant une profonde expiration.

Elle releva un regard timide vers moi qui ne la quittais pas des yeux, m'accrochant à tout ce que je pouvais lire sur son visage pour ne pas céder à mon envie de la renverser à l'instant sur le tapis.

Sa main se déplaça doucement jusqu'à mon épaule droite qu'elle empauma, surprise une nouvelle fois par sa rigidité. Puis revint lentement vers mon cou.

J'avais beau avoir tenté de me préparer, je réagis par réflexe quand sa peau effleura la mienne pour la première fois par-delà le col ouvert de ma chemise : je grondai. Elle sursauta face à ce roulement sourd qui fit trembler ma poitrine.

« Qu'est-ce que… »

Son souffle était erratique et sa main un instant avant sur mon cou était maintenant sur le sien. Je ressentis à nouveau sa peur, même si elle ne se lisait pas sur son visage.

Et oui, ma belle, comme si ce que tu avais appris jusque-là ne t'avais pas suffi, voilà une preuve que je suis plus animal qu'humain.

Pourtant, à ma grande surprise, elle reprit rapidement contenance et, prudemment, reposa sa main exactement là où elle était quelques secondes plus tôt. Mais, cette fois, je me retins, la laissant sagement s'accoutumer à ma froideur. Et elle se remit en mouvement. Ses doigts, légers et chauds, remontèrent vers mon menton, effleurèrent mes joues, dessinèrent mon nez puis mon front, électrisant ma peau sur leur passage. Pour y arriver plus facilement, elle s'était hissée sur la pointe des pieds et s'était encore approchée. Je sentais sa chaleur et son souffle m'envelopper totalement.

C'était trop pour moi. Je fermai les yeux.

Mais quand ses doigts redescendirent vers ma bouche, s'approchant bien trop près de mes armes les plus dangereuses, je grondai à nouveau en ouvrant brusquement les yeux. Elle m'observait et ne retira pas sa main.

« Tu ne me fera pas de mal. » murmura-t-elle, la voix rauque.

« N'en sois pas si sûre… » répondis-je d'une voix basse et tendue.

L'espace entre nous était réduit au minimum. Il m'aurait été si facile de la saisir...

« Tu es dur et froid. » constata-t-elle.

« Tu le savais déjà. » répondis-je.

« Tu es magnifique.

- Tout cela n'est qu'un artifice, Bella.

-Laisse-moi en juger, s'il te plait. » souffla-t-elle à quelques centimètres à peine de mon visage.

Et, joignant le geste à la parole, elle posa ses deux mains sur le col de ma chemise pour commencer à en défaire le premier bouton.

Tout cela était tellement nouveau pour moi. Je n'avais pas l'habitude d'être aussi passif, encore moins de laisser une femme plus vêtue que moi. J'étais le lion, elle l'agneau fragile et j'avais déjà une trop grande envie de la croquer... Qu'en serait-il une fois que je serais presque nu devant elle? Il serait trop tard pour faire marche arrière alors.

Je la stoppai en empoignant brusquement ses poignets.

Elle poussa un cri de surprise.

Nos regards s'accrochèrent. Je savais le mien déjà noir de désir et le sien était légèrement fiévreux. Elle le voulait vraiment… Alors soit.

« Sois prudente. » soufflai-je en relâchant ses mains.

En tremblant, Bella défit un à un, lentement, chaque bouton de ma chemise, se gardant bien de toucher ma peau au passage. Mais, quand elle put enfin en écarter les pans, elle ne put se retenir de se mordre la lèvre en laissant son regard courir sur mon torse de marbre et je ne contins pas un sourire de satisfaction.

J'aimais qu'elle aime ce qu'elle voyait.

J'aimais qu'elle soit troublée.

J'aimais cette odeur de désir mêlée aux battements assourdissants de son cœur.

Elle releva les yeux vers moi quand elle passa ses deux mains sur mes épaules pour faire tomber ma chemise au sol et je me retrouvais à demi-nu devant elle.

Que comptait-elle faire maintenant ?

En ce qui me concernait, je débattais furieusement avec moi-même du bien fondé de lui arracher tout ce qu'elle portait. Le fait que je sois toujours immobile était déjà extraordinaire. Je commençais donc à croire que je pouvais aller plus loin. Beaucoup plus loin…

Face à moi, Bella me regardait en penchant la tête sur le côté et, me prenant par surprise une nouvelle fois, effleura mon ventre de ses doigts, ce qui fit se tendre tous mes muscles sans exception. Puis, sans rompre ce contact, elle se déplaça sur le côté, traçant une ligne bouillante le long de mon flanc puis dans mon dos quand elle me contourna pour se placer derrière moi. De ses deux mains, elle dessina mes omoplates et la ligne de ma colonne vertébrale et je me sentis fléchir. Ce contact éveillait trop de sensations en moi.

Je n'avais jamais été très doué pour repousser mes envies. A dire vrai, je n'en avais jamais eu besoin avant. Elle était la première avec qui je devais me brider autant.

« Tu es fort. » dit-elle dans mon dos.

« J'aimerais l'être plus en ce moment » grognai-je pour moi-même.

« Pourquoi ? » demanda-t-elle en venant se repositionner devant moi, tournant le dos à la bibliothèque. Enfin ce qu'il en restait.

Elle ne me touchait plus. Et le manque qui se répandait en moi était une véritable souffrance physique.

« Parce que je pourrais ainsi te faire sortir d'ici de force. »

Son souffle s'emballa.

« Mais tu ne le fais pas… »

Je confirmai d'un geste lent de la tête que la réponse à sa question était non. Et je fis un pas vers elle. j'avais décidé de lâcher le lion.

« Manifestement non…

- Pourquoi ?

- Parce que vous êtes trop attirante, Bella Swan.

- Tu me trouves attirante ? »

J'acquiesçai de la tête en avançant à nouveau. Cette fois, c'est elle qui fit un pas en arrière, mais la bibliothèque l'empêcha de reculer davantage.

Je n'avais plus envie de lui résister.

J'avais envie de jouer.

A mon tour, très lentement pour apprécier l'anticipation dans son regard, je levai une main vers son visage. Je la posai sur sa joue. Tout allait bien pour le moment, j'étais encore en terrain connu. Mais je laissai ma main descendre, le long de son cou, puis caressai sa clavicule et le creux sous son épaule, juste au-dessus de sa poitrine qui soulevait en de rapides mouvements désordonnés.

Elle semblait manquer d'air.

Moi, j'avais tout bonnement cessé de respirer.

« Je pense que je ne te laisse pas indifférente non plus.. » murmurai-je en approchant mon visage de son cou avant de, comme plus tôt ce soir, laisser courir mon nez sur sa peau douce à l'odeur enivrante. Cette fille était une friandise rare.

« Tu es bien sûr de toi. » haleta-t-elle et je souris à même sa peau.

Ma main contourna lentement son sein. Je pouvais en sentir la rondeur et la douceur à travers le fin tissu de son haut et je dus étouffer un nouveau grognement et une furieuse envie de déchirer ce bout de tissu. Mais je poursuivis mon chemin vers sa hanche sur laquelle je m'attardai, parfaitement conscient que, si je la contournai, j'allai empoigner ses fesses pour la coller contre moi et que tous mes efforts pour être raisonnable auraient alors été vains.

« Parce que je lis en toi comme dans un livre » la taquinai-je en remontant la bouche vers son oreille.

« Vantard… » tenta-t-elle de rétorquer.

Cela aurait eu plus d'effet si elle n'avait pas été à ce point à bout de souffle. Je souris à nouveau en effleurant son menton de mes lèvres. Il aurait été tellement facile de l'embrasser à cet instant. Mais je n'en avais pas fini avec elle.

« Votre espèce est simple à comprendre Bella… »

Je remontai ma main de sa hanche vers sa poitrine et m'autorisai à aller la toucher au plus près de son cœur affolé pour appuyer mon propos.

« Votre cœur vous trahit toujours. J'ai beaucoup écouté le tien, Bella. » murmurai-je à son oreille. « Je sais reconnaitre son rythme particulier quand tu as peur, ou quand tu es en colère. Mais là… ».

Son sein était lourd et chaud dans ma main alors qu'elle commençait à trembler imperceptiblement. Encore un signe.

« Et tu trembles. Pourtant tu n'as pas peur. »

Je laissai ma main redescendre jusqu'à s'insinuer sous son haut pour caresser la peau de son ventre.

« Tu es brûlante…

- J'ai dû attraper froid tout à l'heure » essaya-t-elle d'objecter.

Je relevai donc les yeux vers elle pour lire dans les siens un désir que j'avais déjà lu dans le regard de tellement de femmes que j'aurais pu en être habitué. J'aurais pu me satisfaire de ça en me disant qu'elle avait enfin eu ce qu'elle était venue chercher car j'aurais facilement pu me nourrir d'elle maintenant si je l'avais voulu. Mais cette fois, ce désir était un tel écho du mien que cela finit d'embraser tous mes sens.

« Tu mens mal, Bella… Tu as envie de moi… avoue-le…

- Parce que tu ne ressens rien toi peut être ? » haleta-t-elle.

« Je n'ai jamais rien dit de tel… » rétorquai en saisissant enfin le creux de ses reins pour la coller contre moi de manière à ce qu'elle sente la dureté de mon désir pour elle. « Voilà l'effet que tu me fais. »

Elle écarquilla les yeux et son cœur s'emballa un peu plus alors que ses joues s'embrasaient d'une délicieuse couleur rosée.

« Avoue-le… » insistai-je alors.

Je voulais entendre ces mots dans sa bouche. J'en avais besoin.

Elle se mordit une dernière fois la lèvre. Dieu que j'avais envie de mordre cette lèvre moi aussi !

« Oui…

- Oui quoi ?

- Oui Edward, j'ai envie de toi… »

Ce fut l'ultime étincelle qui mit le feu aux poudres. Et, avant que j'aie eu le temps de réfléchir aux conséquences de mes actes, mes lèvres fondirent sur les siennes.

J'en goutai pour la première fois la douceur et la souplesse contre ma bouche de pierre, buvant son souffle chaud et humide, et le feu se propagea en moi jusqu'au creux de mes reins qui basculèrent vers elle.

Elle gémit dans ma bouche et empoigna mes cheveux dans lesquels elle crispa ses doigts.

C'était puissant. Dévastateur.

Mes mains dérivèrent dans son dos jusque sur ses fesses que je caressai avidement. Son corps était moulé au mien, en épousant parfaitement les courbes comme du lierre. Nous n'aurions pas pu être plus proches.

Ou plutôt si. Mais cela nécessitait que…

Il me suffit d'une fraction de seconde pour réduire son haut en lambeaux. Et, quand sa poitrine nue vint s'écraser contre mon torse, le rugissement qui s'échappa de ma gorge en dit long sur l'état dans lequel cela me mit. Tout ça allait trop vite et je risquai de faire une connerie si je ne me maitrisais pas un peu plus.

Rompant notre baiser, Bella, essoufflée, me regarda d'un air prudent. Je sentais bien que je lui faisais peur, mais son désir semblait plus fort que son appréhension et elle laissa ses mains dans mes cheveux.

J'étais crispé, les dents serrées, alors que je m'accoutumai doucement à la sensation de son corps contre le mien. Elle prit donc son appui sur ma nuque pour s'approcher lentement de moi et embrasser ma mâchoire. Je fermai les yeux sous la puissance du choc : elle était si douce, si tendre, si courageuse.

"Je suis ta favorite, Edward..." gémit-elle à mon oreille. "Traite-moi comme tu traitais les autres. Je n'ai pas peur..."

Il était hors de question que je me comporte avec elle comme avec les femmes que j'avais connues avant elle mais je pouvais être aussi fort qu'elle.

Je pouvais la toucher sans la blesser. Je l'avais déjà fait avant.

Avec un grondement bas et sourd, je l'approchai à nouveau de moi et repartis à la découverte de son corps. Son dos, ses courbes… J'en voulais tellement plus. Sa bouche rejoignit la mienne et le baiser dans lequel nous nous perdîmes alors fit s'envoler mes derniers doutes. La soutenant d'un bras, je la soulevai pour qu'elle passe ses jambes autour de ma taille et la menai sans effort jusqu'à la méridienne.

Son regard n'était que flamme et désir brûlant quand je l'y allongeai.

« Tu es tellement belle. »

La pièce n'était éclairée que par une lampe de chevet que j'avais allumée en arrivant mais je ne ratai aucun détail de son corps parfait. J'aurais été capable de l'admirer même dans une pénombre presque totale.

A genou et penché au-dessus d'elle, je caressai sa cuisse jusqu'à son genou puis jusqu'à son pied que je libérai facilement de l'escarpin hors de prix que lui avait offert ma sœur puis répétai mon manège sur son autre jambe. Je fis tout cela sans la quitter des yeux. Elle respirait lourdement, se mordant la lèvre sous la tension car elle savait très bien où je voulais nous mener.

Elle poussa cependant un cri quand j'usai de toute ma rapidité pour lui retirer son pantalon en toile.

J'étais pressé. Je ne pouvais plus attendre pour la découvrir entièrement.

Sa culotte ne fut rapidement plus qu'un lointain souvenir.

Et, quand elle fut nue, ce fut à mon tour de me tendre devant ce spectacle. Je humai une nouvelle fois son odeur envoutante. Elle était partout mais elle n'éveillait plus de souffrance tant mon désir était grand.

Face à mon immobilité, Bella se redressa.

Nous nous retrouvâmes face à face sur la méridienne et elle posa ses deux mains sur mon torse puis les laissa glisser, m'apprivoisant tout doucement comme l'animal sauvage que j'étais. Et, quand elle m'embrassa à nouveau, je la laissai monter sur mes genoux.

J'étais tellement tendu que j'avais bien peur de ne pas tarder à déchirer mon propre pantalon. Elle devait bien le sentir car elle commença à onduler contre moi, s'arrachant à elle-même de doux gémissements de plaisir. J'en voulais toujours plus et, mes mains sur ses fesses, je l'aidais à amplifier son mouvement pour notre plus grand plaisir à tous les deux. Mes paumes s'accoutumèrent vite à sa chaleur car il était hors de question que je la lâche ne serait-ce qu'une seconde.

Puis vint le moment où je ne pus en supporter d'avantage.

Je la basculai rudement en arrière pour la couvrir de mon corps et, en un rien de temps, je fus nu moi aussi, la surplombant totalement, quêtant dans ses yeux une dernière autorisation avant de prendre ce qui, je le croyais jusqu'à présent, me revenait de droit mais n'était en fait qu'un cadeau formidable qu'elle m'accordait. Elle poussa son corps contre le mien et bascula la tête en arrière en fermant les yeux.

J'accédai donc à sa demande silencieuse et plongeai en elle en un seul long mouvement.

La sensation de pénétrer ainsi en son corps brûlant fut tellement grisante que je dus me faire violence pour me rappeler qu'elle était humaine et fragile. J'avais envie d'être brutal mais je ne le pouvais pas. Je n'étais pas en mesure de réfréner correctement ma bestialité avec elle. Il me faudrait être doux, du moins que j'en étais capable.

« Edward… »

Sa douce supplique me ramena sur terre. Elle me voulait moi. Elle voulait que je la libère.

Je me retirai donc doucement pour plonger à nouveau en elle avec la même lenteur, encore et encore, ressentant pour la première fois le plaisir d'une telle union tendre et intense. Sous moi, Bella gémissait et ondulait en parfait accord avec mes mouvements tandis que mes mains vagabondaient sur son corps et que ma langue goutait chaque parcelle de peau qui passait à ma portée.

Trop vite, son corps fut parcouru des frissons annonciateurs de son plaisir. Mais je n'étais pas prêt à laisser partir si vite. J'avais besoin de plus de temps. Je n'étais pas encore rassasié. Je passai donc une main sous sa nuque pour la redresser et nous relever tous les deux. Elle plongea les yeux dans les miens et accrocha ses bras à mon cou pour suivre le rythme que je nous imposai, légèrement plus rapide, plus profond.

Elle râla une première fois son plaisir quand je basculai le bassin plus brutalement, ses yeux se révulsant en arrière et sa tête partant en arrière pour me dévoiler sa gorge. Je réitérai donc l'expérience, une fois, puis une autre, sentant mon propre plaisir monter à la contempler ainsi soumise à ma volonté. Le feu dans mes reins me fit alors accélérer encore la cadence et elle commença à proférer des propos incohérents.

« Edward, je… Oh mon dieu !... c'est pas possible…Edward ! »

J'embrassai sa gorge, y respirai avidement l'odeur de son sang qui pulsai à toute vitesse dans ses veines. Il était à ma portée, si facile à atteindre si je l'avais voulu. Mais à cet instant, ce n'était qu'un délice de plus à ajouter aux sensations inouïes que cette femme me faisait ressentir.

Mes mains sur ses hanches se firent pressantes mais Bella ne semblait pas en souffrir. Elle gémissait sans discontinuer, les ongles profondément enfoncés dans mes épaules. Il fallait pourtant que je fasse attention. J'étais trop proche de ma propre délivrance et je savais que, à ce moment-là, je ne maitriserais plus rien. Dans un dernier sursaut de lucidité, je bougeai rapidement pour adosser Bella au dossier de la méridienne, ses chevilles jointes dans mon dos et agrippai le bois du dossier pour ne plus la toucher de mes mains.

Ce nouvel angle d'attaque eut définitivement raison d'elle. Elle se crispa brusquement, resserrant autour de moi tous les muscles de son corps en un cri magnifique. La voir ainsi, renversé par la jouissance, le corps secoué de spasmes de plaisir désordonnés, splendidement nue, offerte, mienne, totalement, me mena moi-même à ma perte et le bois céda sous mes mains quand le dossier de la méridienne se brisa dans un bruit sourd sous la puissance dévastatrice de mon propre plaisir.

Blackout total encore une fois.

C'était…

Jamais je n'avais ressenti un tel raz de marée. La vague ne semblait pas vouloir refluer et le plaisir dura, encore et encore.

Je tins Bella contre moi le temps que ses frissons cessent.

Je nous fis alors rouler sur le tapis, à même le sol, où , couchée sur mon torse, elle semblait peiner encore à reprendre ses esprits. Son cœur battait tellement fort que j'eus presque l'impression qu'il battait dans ma propre poitrine. Et, mon nez enfoui dans ses cheveux, curieusement apaisé et assouvi, je jouissais pleinement de ce moment, incapable pour l'instant de tenter d'analyser ce qui venait de se passer, envisageant déjà la possibilité de remettre le couvert.

« Je crois que je comprends maintenant. » dit-elle avec un sourire dans la voix au bout de quelques longues minutes.

Je ne répondis pas mais me contentais de sourire fièrement.

J'approchais les cent ans et j'affichais toujours ce sourire débile quand une femme me faisait comprendre que je l'avais satisfaite. C'était pathétique ! Mais je m'en foutais.

Bella releva la tête pour me regarder. Elle était décoiffée, ses joues étaient roses et ses yeux brillants.

« Tu en auras mis du temps. » me moquai-je.

« C'est que j'avais un très mauvais professeur. » contra-t-elle en plissant le nez d'une façon adorable.

Adorable ?

Depuis quand trouvai-je des choses adorables ?

Bella détourna le regard et découvrit l'état dans lequel était la méridienne. Elle écarquilla les yeux de stupeur, me prouvant une nouvelle fois qu'elle n'avait pas eu conscience de ce qui l'entourait pendant quelques instants… et qu'elle n'avait pas réalisé avant ce à quoi elle s'exposait.

« J'espère que tu n'as pas dû déposer une caution en arrivant » dit-elle sur un ton d'ironie feinte.

Je me crispai à nouveau.

« Mieux vaut le mobilier que toi, tu ne crois pas ? »

Elle replongea son regard sérieux dans le mien.

« Si. »

Si ?

Pas de réplique cinglante ? Pas de moquerie ?

D'où lui venait cette docilité ?

Je n'eus cependant ni l'opportunité ni l'envie de chercher à savoir pourquoi car elle reposa la tête sur ma poitrine.

« Quel silence… » murmura-t-elle.

Il me fallut un instant pour comprendre ce dont elle parlait.

L'oreille collée à mon torse, elle ne percevait que le silence.

« Je n'ai pas de cœur, Bella. »

Elle étouffa un bâillement.

« Pendant un moment, j'aurais pourtant été prête à jurer le contraire. » répliqua-t-elle d'une voix ensommeillée.

Elle était épuisée. J'avais trop tendance à oublier qu'elle était humaine et qu'elle avait des besoins que je ne pouvais plus concevoir. L'aube pointait déjà, je pouvais la sentir. Et depuis quand n'avait-elle pas fait un vrai repas ?

J'allais lui proposer d'y remédier mais je m'arrêtai net quand je réalisai que sa respiration était devenue profonde et régulière.

Elle s'était endormie !

Dans mes bras !

Depuis quand laissai-je ce genre de chose se produire ?

Je restai de longues minutes ainsi, abasourdi par ce qu'impliquait le fait que Bella se soit endormie là, sur moi. Elle n'avait plus du tout peur de moi et j'avais laissé faire ça. Je ne l'avais pas congédiée à peine mon plaisir pris. Et, plus que tout, maintenant, je ne souhaitais pas réellement qu'elle s'en aille.

Au bout d'un certain temps, elle commença cependant à frissonner d'être ainsi en contact avec ma peau glacée. Il allait falloir que je bouge et que je la couvre, même si l'idée de la soustraire à mes mains et mon regard était difficilement supportable.

Je roulai doucement sur moi-même afin de la poser délicatement sur le tapis puis tirai un drap qui recouvrait un des fauteuils pour la protéger de la température plus fraiche à cette heure de la nuit… et de moi.

Allongé près d'elle, je l'observai.

Elle était belle. Ça je le savais déjà.

Mais elle m'avait surpris ce soir. J'avais voulu la tester et, finalement, c'était moi qui avais l'impression d'avoir passé un examen. Avec succès semblait-il.

Cette nuit avait été une expérience si intense que je n'en revenais toujours pas moi-même. Jamais je n'avais eu cette impression d'être connecté avec une femme. Pourtant, je n'avais pu lire dans son esprit ni ses attentes ni son ressenti. C'était ainsi que je fonctionnais d'ordinaire. Les pensées de mes partenaires m'informaient toujours et en toutes circonstances de ce qu'elles désiraient et, que j'en tienne compte ou non, leur plaisir explosait dans ma tête en même temps que le mien.

Mais ce soir, j'avais dû agir au feeling, lire les frissons de sa peau, les contractions de son corps, ses cris et ses soupirs comme autant de signes pour me guider. Je l'avais comprise et menée si loin que nous avions eu tout deux du mal à redescendre. Ça avait été tellement grisant, tellement puissant…

Je doutai d'être capable de ressentir ça avec quelqu'un d'autre un jour car c'était le silence de son esprit qui avait créé entre nous cette connexion incroyable, alors j'attendrai avec impatience la prochaine fois.

Car il y aurait une prochaine fois.

J'avais envie d'aller tellement plus loin avec elle. Il y avait tant de choses que je pouvais lui faire découvrir…

De toute façon, il était hors de question maintenant que quelqu'un d'autre la touche, immortel ou non.

Elle s'agita dans son sommeil. Elle s'étira, soupira et ses lèvres se plissèrent en une moue boudeuse qui fit à nouveau bouillir mon sang.

Elle ne semblait pas ressentir de douleur.

J'avais réussi à être aussi proche d'elle sans la blesser. Du moins, je ne voyais ni hématome ni contusion se dessiner sur sa peau blanche là où elle m'était encore visible.

Je décidai cependant d'en avoir le cœur net et soulevai doucement le drap pour détailler son corps à la recherche de traces de mon passage.

Il ne me fallut pas une seconde pour me détourner de ma tâche, le désir se réveillant brutalement dans mon ventre à la simple vue de ses courbes parfaites.

Je n'avais pas pris le temps de la regarder tout à l'heure mais là… elle était toute à moi.

Mes yeux affamés détaillèrent ses jambes de ses chevilles fines jusqu'à la toison brune entre ses cuisses et la bête en moi rugit une nouvelle fois, se demandant quel effet cela ferait d'aller la gouter là…

Ses hanches étaient fines et gracieuses. Un grain de beauté venait souligner le creux de son aine et je me retins à grand peine de l'embrasser pour remonter ensuite sur son ventre plat, m'attarder sur son nombril puis partir à l'assaut de sa poitrine dont j'adorerais mordre les pointes tendres et sensibles.

Je suivis ensuite des yeux la ligne de son sternum jusqu'à ses clavicules, puis sa gorge…

J'inspirai profondément et l'envie explosa dans mon crâne en même temps que le feu de la soif me ravageait la gorge. Son sang, déjà si tentateur d'ordinaire, était devenu le plus envoutant des nectars après les décharges de plaisir pur qui étaient venues s'y mêler. Je fermai les yeux pour savourer la sensation piquante que cette odeur déclenchait sur ma langue et, déjà, une de mes mains enserrait la taille de Bella par-dessus le drap. Je me penchai sur elle pour laisser courir mon nez à la base de son cou, m'imprégnant de son odeur délicieuse, me léchant les lèvres par avance.

Putain, ça allait être…

Je fus tiré de ma torpeur par des coups violents frappés à la porte.

Bella se redressa en sursautant, fit le tour de la pièce des yeux, cherchant à se rappeler où elle était et, quand elle réalisa qu'elle était avec moi, nue, et que quelqu'un s'apprêtait à entrer, elle resserra le drap sur sa poitrine.

« C'est bon, j'entre ! » dit Alice avant d'ouvrir la porte et de faire son entrée, comme si de rien n'était.

« Alice ! » grondai-je, cherchant moi-même quelque chose pour couvrir ma nudité. Je trouvai rapidement mon pantalon que j'enfilai si vite que Bella sursauta une nouvelle fois mais pas assez pour empêcher que ma sœur se rince l'œil.

Tu sais bien que tu n'as pas besoin de faire autant de manières avec moi, Edward. Je viens d'en voir tellement que tu pourrais te balader nu toute la journée sans me choquer…

Je réagis à ses pensées déplacées par un grondement sourd auquel Alice se contenta de répondre par un haussement d'épaule.

« Tu dois être Bella ? » dit-elle en s'approchant joyeusement de Bella qui semblait chercher un trou au fond duquel elle pourrait aller se cacher. « Je suis Alice. Ravie de te rencontrer.

-Heu… enchantée » bredouilla Bella.

« Qu'est-ce que tu fais là, Alice ? » m'énervai-je.

je suis venue t'empêcher de faire une connerie, petit frère…

« L'aube se lève et je pensai te trouver seul. » répondit-elle innocemment. « J'allais te proposer de venir chasser avec Jasper et moi. Mais je ne voulais pas vous déranger

- Non… Ce n'est rien.» dit Bella en secouant la tête. « Il est temps que je regagne ma chambre de toute façon. »

Elle ramassa ses affaires à la va-vite mais ne pris pas la peine de les enfiler. Elle allait traverser les couloirs nue, enroulée dans un de mes draps ! Je ne pouvais pas laisser faire ça…

Pourtant je restai figé sur place.

« Je vais te raccompagner » proposa Alice. « Ça t'évitera des mauvaises rencontres.

- Merci… » répondit Bella, visiblement secouée par ce réveil brutal et l'intrusion de ma sœur.

Elle se tourna vers moi et esquissa un sourire timide.

« A plus tard ? »

Je parvins à hocher la tête mais aucun mot ne voulut encore franchir mes lèvres. Je bouillais littéralement de rage à l'intérieur. Et, quand les deux jeunes femmes eurent quitté ma chambre, je la laissai éclater, ruinant les étagères restantes de ma bibliothèque et fracassant une lampe pour exprimer toute ma fureur.

Cette fureur qui n'était pas tournée vers Alice et son intrusion dans ma vie privée. Mais contre moi et seulement moi.

Car ma sœur m'avait montré ce qui serait arrivé si elle n'était pas intervenue.

J'aurais mordue Bella.

Et je l'aurais tuée.


Ce que j'ai eu envie de vous torturer sur ce chapitre ;-) !

Comment auriez-vous réagi si je m'étais arrêtée sur un "non"?

Je suis très curieuse de connaitre la réponse à cette question. Dites-moi tout!

Mais, finalement, j'ai suivi mon idée première et vous ai livré la première scène hot entre Bella et Edward.

Vous en avez pensé quoi?

Je suis restée très soft je trouve. Parce que n'oublions pas que ce n'est pas encore facile pour Edward d'être si proche d'elle. J'espère que j'ai bien rendu ça.

Mais "première" signifie forcément...

A bientôt

Lily