Houlala, je suis en retard en retard en retard!

Je vous avais habituées à un chapitre par semaine alors je m'excuse si certaines espéraient ce chapitre la semaine dernière mais, pour ma défense, j'avais dit au départ qu'il pourrait parfois se passer un peu de temps entre deux chapitres et celui-ci est TRES long.

J'espère que ça suffira à me faire pardonner.

Avant toute chose merci à vous tous pour vos merveilleuses reviews. Si vous ne le saviez pas déjà, c'est vous le moteur de cette histoire donc n'arrêtez surtout pas de me laisser des petits mots, j'adore ça!

A celles à qui je n'ai pas pu répondre en MP, je vous fais mes mille merci ici, comme toujours: Alex16 ( je suis définitivement contre le fait de faire 3 pas en arrière, tu vas voir ^-^), Guests (Arrète, tu vas me faire rougir! Merci merci merci pour cet incroyable compliment!), So06 (Bella est têtue, c'est vrai. Je suis ravie de ne pas t'avoir déçue en tout cas et j'espère continuer comme ça), Flopy69 ( Alors là, du long chapitre, en veux tu en voilà! En espérant te retrouver très vite pour une de ces super review dont tu as le secret), Laau ( Je suis confuse de t'avoir fait attendre. J'espère que ce long chapitre t'aidera à me pardonner.)

Donc, en route pour le chapitre 11 dans lequel il se passe pas mal de choses.

On en apprend un peu plus sur nos personnages.

Bonne lecture

Bisous

Lily

PS: Marine où es-tu? Tu m'as manqué sur le chapitre précédent!


Les personnages appartiennent à Stephenie Meyer.

Chapitre 11 – one night is not enough

Pov Bella

Mes pieds nus résonnaient bien plus fort sur le sol que les talons hauts de la vampire bondissante qui me précédait dans les couloirs. Mais, avec une sensation d'irréalité totale, je la suivais sans un mot.

J'avais froid.

Je resserrai donc le drap autour de moi et le relevai un peu plus pour ne pas que les plis me fassent trébucher.

Qu'est-ce qui venait de se passer au juste ?

J'avais couché avec Edward.

J'avais. Couché. Avec. Edward.

Bordel !

Je resserrai un peu plus fort le drap sur ma poitrine.

« Nous y voilà ! » pépia joyeusement la vampire. « Mademoiselle est arrivée à sa chambre ! »

Elle m'ouvrit la porte et s'effaça pour me laisser passer. J'entrai et réalisai une fois à l'intérieur que je ne lui avais pas encore adressé la parole.

« Hum… Merci… » dis-je d'une voix enrouée et indécise.

Je pris le temps pour la première fois de détailler mon interlocutrice. Elle était sensiblement de la même taille que moi mais elle était perchée sur au moins huit centimètres de talon, j'étais donc plus grande qu'elle. Elle était fine et semblait fragile comme une poupée de porcelaine. Elle en avait d'ailleurs la pâleur, même si je savais que ce n'était là qu'une apparence trompeuse. Ses cheveux ébènes étaient coupés courts et lui donnait un air d'adolescente un peu survoltée qu'accentuait son regard et son sourire mutins. Et c'est en voyant ses yeux que je compris un peu mieux certaines choses qu'Edward m'avaient expliquées… Il me semblait qu'il y avait de cela des mois.

Ils étaient d'une couleur ambrée lumineuse et chaude, presque dorée.

Edward ne m'avait donc pas menti : sa famille était différente, même s'il ne partageait pas entièrement leur philosophie. J'étais donc face à une vampire qui ne se nourrissait pas de sang humain.

La crispation qui quitta mes épaules me fit réaliser que j'avais été instinctivement tendue en sa présence jusqu'à ce que je fasse ce constat.

Elle entra dans la chambre et ferma la porte derrière elle.

« Il n'y a pas de quoi, je m'en serais voulu que tu ne parviennes pas ici saine et sauve.» dit-elle du même ton enjoué qu'elle avait utilisé depuis le départ.

Une ombre traversa néanmoins son regard et je fronçai les sourcils. Je devenais de plus en plus douée quand il s'agissait de décrypter les infimes réactions de ces créatures. Ce que j'avais réussi à obtenir d'Edward la nuit dernière me le prouvait parfaitement. Cette fille n'était pas aussi détachée qu'elle voulait le laisser paraitre…

Mon instinct de fouineuse me poussait toujours à vouloir tout savoir mais là, je n'avais tout simplement pas le courage de chercher ce qu'elle me cachait. A chacun ses problèmes, et j'avais déjà bien assez à débrouiller avec mes propres émotions et pensées qui foutaient le merdier dans ma tête. Je me contenterais donc pour le moment d'être reconnaissante envers elle de m'avoir gardée de croiser un vampire alors que j'étais à moitié à poil.

« Tu es bien installée ? » me demanda-t-elle. « N'hésite pas à me faire savoir si il te manque quelque chose. »

Elle semblait véritablement concernée.

Qu'est-ce que ça pouvait bien lui foutre ?

« Je ne vois pas de quoi je pourrais bien manquer dans cette cellule. » répondis-je, sarcastique. « A part de l'air peut-être. »

Son regard se fit grave.

« Je sais que la situation n'est pas facile pour toi Bella.

- Vraiment ? » la coupai-je plus brutalement que je ne l'aurais voulu.

Mais, après tout, j'étais prisonnière ici. Toute cette prévenance et ces attentions étaient ridiculement déplacées.

Alice me scruta sérieusement.

« Oui. Vraiment. » répondit-elle posément, comme si elle parlait à une enfant. « Je n'ai peut-être jamais été captive ici mais je sais ce que c'est que d'être enfermée contre son gré, Bella. Tu es perdue et en colère. Je veux seulement essayer de te rendre les choses plus faciles.

- Pourquoi ?

- Parce que tu es importante pour mon frère. Ce qui signifie que tu es importante pour moi aussi. »

Elle avait répondu sans réfléchir, sans prendre le temps de déguiser ses pensées, et cette réponse avait un écho de sincérité qui fit retomber mon indignation comme un soufflé.

« Je ne comprends pas…

- Qu'est-ce que tu ne comprends pas ? » demanda-t-elle en avançant vers le lit sur lequel elle s'assit souplement comme si elle était chez elle.

N'eussent-été les circonstances, on aurait pu croire qu'elle était une bonne copine à la recherche d'une bonne séance de potinage complice. Et, curieusement, j'avais beau ne connaitre cette fille que depuis quelques minutes, je me sentais à l'aise avec elle. De plus, elle était une proche d'Edward… peut-être pourrait-elle m'éclairer sur certains points.

C'est ce qui me poussa à répondre à sa question.

« Tu dis que je suis importante… Pourquoi ? Je ne suis qu'une simple humaine. »

Elle éclata d'un rire fluté qui emplit l'espace de façon totalement incongrue.

« C'est exactement ce dont Edward a longtemps tenté de se convaincre alors que son attirance se voyait comme le nez au milieu de son visage ! »

Je restai muette.

Edward m'avait bien dit que je l'attirais… deux fois cette nuit… avant que…

Bref ! J'avais déjà eu du mal à le croire lui, mais ça faisait un effet encore plus drôle d'entendre cette idée énoncée par quelqu'un d'autre.

« Il a fallu que je le mette le nez dans ses contradictions pour que monsieur daigne enfin voir les choses telles qu'elles sont.

- Et qu'en est-il maintenant ? » insistai-je.

Alice repris un ton plus sérieux même si elle ne cessait pas de me sourire amicalement.

« Il y a quelque chose entre vous deux. Une connexion… »

Je me détournai pour ne plus sentir son regard inquisiteur vriller le mien.

« Bien sûr ! » me moquai-je. « Il y a une connexion entre Edward et moi comme il y a dû en avoir avec plusieurs autres filles avant mon arrivée ici.

-Tu te trompes, Bella. »

Je la regardai à nouveau prudemment.

« Mon frère est fier et orgueilleux, il est capable de se montrer débauché à l'extrême et têtu comme une mule quand il s'y met mais je le connais parfaitement. Je mentirais en disant qu'il n'a pas usé des avantages d'être ici avant ton arrivée. Tu le sais. Tu as rencontré ces filles. Mais il n'est plus le même depuis que tu es là car l'attirance qu'il ressent en ta présence est incontrôlable.

-Il est attiré par mon sang… » soufflai-je, ne voulant pas entendre ce qu'elle me disait.

« T'a-t-il touchée intimement, Isabella ? T'a-t-il embrassé. » demanda-t-elle tout à trac.

Je rougis jusqu'aux oreilles. Bon dieu, elle était très indiscrète. Et ma tenue aurait déjà dû l'informer qu'il s'était passé bien plus que ça entre son frère et moi. Mais quand je croisai son regard à nouveau, je compris qu'elle savait exactement ce qui était arrivé et qu'elle ne m'avait posé là qu'une question purement rhétorique.

Je ne pris donc pas la peine de répondre.

« Et t'a-t-il mordu ? »

Je fis non de la tête.

« Ce n'est donc pas ton sang qui l'attire le plus, crois-moi. »

Je regardai fixement le plancher de la chambre. J'avais la tête vide et j'étais épuisée. Je ne voulais pas penser à tout ça maintenant.

Alice se pencha vers moi et me parla d'une voix douce.

« Mais tu as raison, il désire ton sang aussi… ardemment. Et c'est cette pulsion qui m'effraie. »

Je m'esclaffai tristement sans lever les yeux.

« N'est-ce pas à cela que servent les favorites ?

- Ne dis pas ça, Bella. Une favorite se relève d'une morsure si son maitre sait se maitriser. Mais l'effet que ton sang a sur Edward est trop fort. Il vous faudra être très prudents. Edward ne sera pas le seul à en payer le prix s'il t'arrive malheur. »

J'étais choquée.

« Tu penses qu'il va me mordre ? »

Alice me regardai très sérieusement maintenant.

« Cela me parait assez inévitable, Bella. Mais il est encore trop tôt. Edward n'est pas prêt. »

Et moi non plus !

J'avais envie de hurler mais ma gorge restait serrée par l'angoisse.

« Il vaudrait mieux d'ailleurs que personne ici ne sache que ce n'est pas déjà fait… » poursuivit la jeune femme. « Le sang est l'enjeu principal dans ce type de relation. La morsure signe le lien entre la favorite et son maître et tant qu'Edward ne t'a pas goutée, il n'est pas réellement ton maitre.

- Ce qui signifie ? » parvins-je à articuler malgré la nausée qui me nouait l'estomac.

« Ça signifie que n'importe quel autre vampire peut te prendre, Bella. »

Non. S'en était trop là…

Il fallait qu'elle parte. Il fallait que je mange. Il fallait que je dorme.

J'étais au bord de la crise de nerfs.

Alice dû ressentir quelque chose car elle posa une main froide mais rassurante sur mon épaule toujours nue.

« Mais tu n'as pas de soucis à te faire pour l'instant. Je veillerais à ce qu'il ne se passe rien de ce genre et Edward ne laisserait jamais quiconque te toucher. »

Elle se leva lentement.

« Tu devrais essayer de dormir. Je t'apporterai un repas plus tard dans la matinée. »

Je me passai les mains sur les yeux. Elle avait raison, je devais me reposer. Rien de bon n'arriverait si j'étais à bout de force.

« Merci Alice… » murmurai-je.

Elle me sourit gentiment et ouvrit la porte.

« Et merci pour les vêtements ! »me souvins-je avant qu'elle ne sorte. « Ils sont super.

- Ca m'a fait plaisir. D'ailleurs, ce soir, tu devrais porter quelque chose qui dégage ton dos et ton cou…

- Pourquoi ? » m'étonnai-je.

Même moi j'entendais la fatigue et la lassitude dans ma voix.

« Juste une intuition. » répondit-elle avant de disparaitre.

Enfin seule.

Je me laissai tomber sur le lit et roulai sous l'édredon. Tant pis pour les voyeurs, je dormirai nue cette fois car je n'avais pas la force nécessaire pour passer des vêtements.

Il ne me fallut pas longtemps avant de sombrer dans les limbes.

Je me réveillai au crépuscule.

J'avais dormi toute la journée !

J'avais la bouche pâteuse et les idées en vrac mais le pire survint quand je tentai de me redresser dans le lit. Mon corps entier était perclus de courbatures. Il me fallut un moment avant d'avoir le courage de m'extirper du lit pour me rendre à la salle de bain.

Sur le chemin, mon regard fut attiré vers la table sur laquelle reposait un plateau débordant de nourriture. C'est à ce moment que je réalisai que j'étais affamée.

« Dieu bénisse Alice ! » m'exclamai-je en me jetant sur le pain, le fromage et la charcuterie italienne. Elle avait même pensé à se procurer des fruits et quelques pâtisseries. Je dévorai tout, ramassant même les miettes avec mes doigts quand j'eus terminé. Je me sentais donc un peu mieux quand je pénétrai enfin dans la salle de bain.

Cela ne m'empêcha pas de pousser un cri en découvrant mon reflet dans la glace.

Mes cheveux ressemblaient à un nid de corbeaux. Ils étaient regroupés en amas de nœuds de part et d'autre de ma tête, le tout retenu tant bien que mal par l'élastique que j'avais mis pour me coiffer la veille et que je n'avais pas pris le temps d'enlever avant qu'Edward ne me saute dessus.

Enfin…

Je l'y avais bien poussé. Je devais me l'admettre.

Avec un soupire de résignation, je m'installai sous la douche pour tenter de remédier au problème puis me laver entièrement. C'est alors que je les vis : de larges marques sur chacune de mes hanches. Il ne fallait pas aller y regarder de très près pour y voir les marques de doigts laissées sur ma peau par des mains fortes et puissantes. Examinant plus minutieusement mon corps, j'en repérai une plus légère sur mon bras gauche, au niveau du poignet.

Edward ne m'avait peut-être pas mordue mais il m'avait marquée autrement.

Je sortis de la douche pour observer plus attentivement mon reflet dans le miroir.

Je n'avais pas de marque visible sur le visage mais mes lèvres étaient plus rouges et gonflées. Mes yeux étaient brillants maintenant qu'ils n'étaient plus fatigués. J'avais l'air d'aller bien, merveilleusement bien. A dire vrai, j'avais tout l'air de sortir de la meilleure baise de ma vie.

Il n'y avait que ces marques…

Je repensai au presse-livres et à la facilité avec laquelle Edward l'avait réduit en une masse informe et me demandai quelle résistance pourraient bien opposer mes os à sa poigne d'acier. Il aurait pu me briser, voire pire. J'en prenais pleinement conscience maintenant même si je m'en étais douté avant.

Cela ne m'avait pas retenue la veille cependant. Ce qui s'était passé était une pure folie à mettre sur le compte de mon état de fatigue nerveuse ou bien de mon enfermement qui me faisait perdre petit à petit toute notion de bon sens. Mais une fois que j'avais été lancée je n'avais plus été capable de faire machine arrière. Je m'étais empêchée de réfléchir jusqu'à ce que j'ai demandé à Edward de me montrer ce qu'il avait fait à cette fille mais je me rappelai parfaitement ce qui s'était passé en moi quand il m'avait dit non.

La frustration.

Un sentiment que je n'avais pas été prête à ressentir. Et, alors que j'aurais dû prendre mes cliques et mes claques et regagner ma chambre vite fait, j'avais complètement déconné. Ça avait été comme si tout ce en quoi je croyais jusque-là n'avait jamais existé. Il ne m'était resté que cette crispation au fond de mon ventre et ce besoin de lui, seulement lui.

Cette escapade à Pise m'avait ouvert les yeux sur une chose : le monde réel était là, dehors, mais il ne serait plus jamais pour moi. Même si je parvenais à m'enfuir d'ici, ce ne serait plus jamais pareil maintenant que je savais qu'un être tel qu'Edward existait quelque part. Je ne serais plus jamais libre ni en sécurité. J'avais clairement vu l'inextricabilité de ma situation et j'avais voulu, avant de choisir l'un ou l'autre des destins qui s'offrait à moi, lâcher prise et laisser mes désirs s'exprimer.

C'était Edward que je désirais.

Alors à quoi bon lutter.

Et cette nuit avait été extraordinaire au-delà de tout ce que j'avais pu imaginer. Edward avait été parfait. Mon corps n'aurait pas mieux réagi à ses caresses s'il avait eu la capacité de lire dans ma tête. Sa façon de me toucher, de m'embrasser m'avait complètement fait perdre pied. J'avais alors voulu qu'il me traite comme les autres. J'avais voulu savoir ce qui motivait ces filles à ce point. Et je devais bien avouer qu'aucun de mes amants humains n'arrivait à la cheville d'Edward Cullen.

Mais il n'y avait pas que ça. Edward était particulier.

Il m'avait d'abord repoussée, arguant de mon propre bien. Puis j'avais senti sa retenue malgré sa fougue. Il m'avait ménagée.

Je n'étais pas certaine que ses congénères fassent autant de manière. Et les marques qui marbraient mon corps étaient bien moins importantes que celles que j'avais vues sur Kate.

Et il ne m'avait pas mordue…

Comment devais-je comprendre cela ?

J'en étais bien contente évidemment parce que je ne tenais vraiment pas à explorer ce versant de la relation vampire/humaine, mais, à la lumière des révélations d'Alice ce matin, je ne comprenais pas pourquoi il ne l'avait pas fait.

J'avais envie d'éclaircir ce point mais je n'étais pas tout à fait sûre de vouloir mettre le sujet sur le tapis quand je le verrai ce soir.

Ce soir….

Un frisson descendit le long de ma colonne vertébrale et mes cuisses se resserrèrent d'instinct comme pour contenir la vague d'excitation qui me soulevait à cette idée.

Putain Bella, c'est quoi ça ?

Les yeux dans les yeux avec mon reflet, je tentai de me sermonner mentalement sans grand succès.

Il fallait que je me rende à l'évidence, ce que m'avait fait vivre Edward la nuit dernière avait été tellement intense que je ne pourrais plus le regarder sans y penser. Le plus raisonnable serait de revenir au dialogue que nous entretenions jusque-là mais en serais-je seulement capable maintenant que le sexe était entré dans l'équation ?

Une nuit serait-elle assez ?

J'avais bien peur de connaitre déjà la réponse.

Je secouai la tête pour me remettre les idées en place et décidai qu'il était grand temps de m'habiller. Le problème ne serait pas moins épineux si j'étais déjà nue quand il viendrait me chercher.

« Déjà nue »

Tu vois. Tu pars déjà du principe que tu finiras nue à un moment ou à un autre.

J'allais vite devenir irrécupérable à ce stade !

Je choisis ma tenue pour le soir : un jean brut slim et un débardeur fluide en lin crème avec un large décolleté dans le dos. Je terminai de me préparer en enfilant les chaussures rouges et un collier sautoir dont les perles noires descendaient quasiment jusqu'à mon nombril. Pour finir, je retournai dans la salle de bain pour me coiffer et me maquiller. Je découvris alors de nouvelles marques sur ma nuque.

Troublée, je me rappelai parfaitement le moment où mon amant me les avait faites quand, alors que j'étais déjà proche de laisser exploser mon plaisir, Edward m'avait soutenue pour me replacer contre le dossier de la méridienne. C'était juste avant qu'il ne brise le mobilier dans son propre emportement de jouissance…

Je voyais très nettement la marque ronde du pouce sur le côté gauche de mon cou et les traces de ses quatre autres doigts à droite. Que ce serait-il passé s'il avait tenu mon cou dans sa main de cette façon quelques minutes plus tard ?

Je réalisai alors que, lors de nos ébats, les mains d'Edward avaient été partout sur moi à chaque moment, sauf à celui-là.

L'idée saugrenue qu'il avait intentionnellement changé de position pour me protéger de lui me traversa l'esprit .

Etait-ce possible ?

Perdue dans mes réflexions, je fus prise par surprise et sursautai quand on frappa à la porte. Mon cœur se mit à battre à tout rompre car je m'attendais à voir Edward faire son entrée mais mon sang se glaça quand je constatai qu'il s'agissait de ce vampire qui m'avait conduite plusieurs fois à lui. Pourquoi Edward ne venait-il pas me chercher lui-même ?

« Je dois te mener au salon du haut » dit-il d'une voix froide. « Dépêche-toi. »

Merde !

Je ne m'étais pas attendue à ça et je n'étais pas franchement ravie de me retrouver au milieu de ces filles qui devaient avoir eu le temps de ruminer leur colère contre moi. Pourtant, le ton du vampire ne laissait pas de place au dialogue et je le laissai donc me conduire.

Rien n'avait changé depuis ces trois jours dans le gynécée de Volterra. Toujours le même luxe, la même chaleur, la même ambiance de boudoir confortable et accueillant… Que cet endroit soit en telle contradiction avec sa fonction réelle me donnait la nausée.

Fidèle au poste, Heidi attendait à l'entrée et m'accueillit avec un sourire affable.

« C'est un réel plaisir de te voir Isabella. Entre, je t'en prie. »

Je me contentai de hocher la tête pour lui répondre sans avoir l'air trop impolie et fit mon entrée dans la grande pièce circulaire, respirant calmement pour me préparer à affronter des humaines, pour changer.

Je fus soulagée de constater que la pièce était presque vide. Je reconnus la brune Carin et une autre fille avec laquelle je n'avais jamais eu l'occasion de parler qui lisaient tranquillement, assises dans des fauteuils en velours gris sombre. On les aurait crues dans la salle d'attente d'un quelconque salon de beauté de luxe tant elles avaient l'air sereines et détachées.

« Salut ! Bella c'est ça ? »

Je me retournai pour faire face à la jeune femme qui m'avait interpelée. Kate.

« Bonsoir Kate. » répondis-je prudemment.

Je n'avais eu l'occasion de lui parler qu'une seule fois et, après, la situation avait vite dégénérée… Il s'était passé trois nuits depuis durant lesquelles les autres favorites avaient très bien pu lui dire tout et n'importe quoi sur moi.

Elle avait l'air en meilleure forme, les marques sur son cou et ses bras s'étant atténuées avec le temps. Et elle me scrutait d'un œil curieux sans cesser de me sourire amicalement.

Peut-être qu'elle ne pensait pas de mal de moi après tout…

« Tu as l'air… en forme. » dis-je pour briser le silence.

Ce qui eut l'effet d'ouvrir grand les vannes.

« Tu trouves ? C'est très gentil de ta part ! C'est vrai que le fait d'être une favorite n'a rien à voir avec ce qui se passe en bas. Tu te rends compte que j'ai ma chambre et ma salle de bain à moi ? J'ai enfin pu dormir ! Il me semble que je n'avais pas fermé les yeux depuis mon arrivée ici. Et puis Eléazar me traite vraiment bien. Il y va très doucement avec moi pour que je puisse me remettre complètement. Il m'a à peine touchée depuis que je suis montée et il ne veut pas boire toutes les nuits pour ne pas que je m'affaiblisse…

- C'est… très prévenant de sa part » parvins-je à placer alors qu'elle reprenait son souffle.

« Oui, j'ai vraiment eu de la chance. Je ne sais pas ce qui me serait arrivé s'il ne m'avait pas choisie. »

Son regard s'était fait plus sombre tout à coup et je profitai de son silence pour nous diriger vers le salon central.

« Comment c'était ? » demandai-je prudemment. « En bas ? »

Kate tentait de continuer à sourire mais je voyais bien que ça sonnait faux.

« Ce n'est pas une sinécure. Ca on peut le dire…

- Tu y as été longtemps ?

- Six jours. » répondit-elle en étouffant un rire sans joie. « J'ai du mal à me rendre compte que j'étais encore chez moi il y à peine deux semaines de ça. »

Je voyais très bien ce qu'elle voulait dire. Le temps passait à une allure différente ici. Ou bien était-ce ce qu'on y vivait qui était trop intense et nous donnait l'impression étrange que notre vie d'avant était à des années lumières.

« Comment es-tu arrivée à Volterra ? » demandai-je, curieuse.

Kate sembla se perdre un instant dans ses souvenirs.

« Je prépare… Enfin je préparais, il me semble que le passé est plus de rigueur en l'occurrence. Je préparais une thèse d'anthropologie à Cambridge. » commença-t-elle. « Et, un soir, j'ai rencontré ce mec… Garrett, à une soirée donnée sur le campus. Il était différent, mystérieux… et beau à tomber, forcément.

- vampire… » complétai-je comme une évidence.

Kate hocha la tête.

« Il m'a fait voir les étoiles » continua-t-elle avec un sourire. « Je savais qu'il y avait quelque chose de pas clair chez lui mais je m'en foutais alors, quand il m'a mordue la première fois, je n'ai même pas été surprise. »

Elle rit à nouveau faiblement. Elle était encore entichée de ce type, c'était évident.

« Je ne suis pas idiote et je sais additionner deux et deux. J'ai vite compris ce qu'il était… Et puis il a disparu. »

Son sourire la quitta définitivement. Je pouvais sentir sa peine latente sous cette façade enjouée. Je lui laissai donc le temps de continuer son histoire même si je commençai à en deviner la fin. Kate regarda un instant ses mains puis secoua la tête énergiquement avant de remettre son sourire en place.

« Alors, bêtement, je l'ai cherché, sans vouloir croire qu'il pouvait très bien ne plus avoir envie de… Bref ! J'ai fini par trouver quelqu'un qui connaissait quelqu'un qui connaissait quelqu'un… et on m'a parlé de Volterra. Alors j'ai profité des vacances pour prendre l'avion. Et me voilà. »

Elle accompagna ses derniers mots d'un haussement d'épaule désinvolte mais c'était encore un mensonge. Cette fille n'était pas folle comme les autres.

« Et il n'est pas là… » constatai-je.

Elle serra les dents et ne répondit rien.

Putain…

Cette fille n'avait pas été amenée ici par un désir malsain et insensé de devenir immortelle. Elle avait été portée là par l'amour et l'espoir. Et qu'est-ce qu'elle avait trouvé en échange ? L'enfer sur Terre, où on l'avait livrée en pâture à ces vampires dégénérés !

« Je ne m'attendais pas à ça. » avoua-t-elle à mi-voix. « Tu n'es pas passée par le salon du bas, si j'ai bien compris. Ici c'est le paradis en comparaison. Là-bas, les filles dorment dans un dortoir et doivent partager une salle de bain commune. Les repas sont servis de façon totalement aléatoire et le confort est minimum. Et la nuit… »

Elle dut faire une pause pour déglutir péniblement. En ce qui me concernait, je tentai de cacher mon indignation. Quand elle reprit la parole, sa voix était rauque et basse alors qu'elle regardait fixement ses mains.

« La nuit, tu attends. Si tu as de la chance, tu ne seras choisie qu'une fois et par un seul à la fois. Et tu te consoles en espérant que ce sera la dernière, que quelqu'un viendra te chercher et te transformera car il n'y a pas d'autre issue possible. Alors c'est chacune pour soi car il faut être la meilleure, la plus sensuelle, la plus experte, la plus désirable et la plus endurante. Tu n'as pas le choix. Et tu fermes les yeux quand des filles disparaissent en te disant qu'elles ont enfin été choisies… Mais aucune de celles que je n'ai pas vu revenir depuis mon arrivée n'est ici. »

Je laissai courir mon regard sur la grande pièce. Effectivement, je n'y avais jamais vu plus d'une demi-douzaine de filles à la fois. Il ne fallait pas chercher trop longtemps pour deviner ce qui était à l'origine de ces disparitions. Des humains mouraient à Volterra… En fait, tous les humains qui y entraient mourraient à Volterra…

Cette idée finit de ruiner mon moral et nous restâmes ainsi, silencieuses, chacune perdue dans ses pensées pendant de longues minutes.

« Tiens. Tiens. Une revenante… » dit une voix trainante dans mon dos.

Je n'eus pas besoin de me retourner pour reconnaitre le ton suffisant de Victoria. Elle entra dans mon champ de vision d'une démarche chaloupée presque indécente et vint s'asseoir près de Kate. Celle-ci cligna plusieurs fois des yeux pour revenir à la réalité puis remis son masque de jeune fille heureuse de son sort. A la lumière de ce qu'elle venait de m'apprendre sur elle, j'eus un désagréable pincement au cœur. Elle ne méritait pas d'être ici.

« Ravie de voir que tu es toujours vivante, Bella. » continua la rouquine, sans se rendre compte de l'ambiance lourde qui régnait ici avant qu'elle ne nous interrompe.

Je lui souris froidement.

« Craignais-tu vraiment pour mon bien-être, Victoria ? Si c'est le cas, je m'excuse de t'avoir inquiétée. »

Elle me vrilla de son regard émeraude.

« Il faut nous comprendre, Bella » nous interrompit Kate. « Cela fait trois nuits que nous n'avions aucune nouvelle.

- Et, en général, quand une fille ne réapparait pas pendant si longtemps… » ajouta Victoria sans finir sa phrase mais en l'accompagna d'un regard lourd de sous-entendu.

« Et bien, non, je vais bien. » répliquai-je.

« C'est ce que je constate. » dit Victoria. « Tu as donc passé tout ce temps chez Edward ?

- Oui. »

La rouquine s'esclaffa en haussant les sourcils.

« Alors je suis d'autant plus surprise de te voir aussi bien portante. Trois nuits complètes avec Edward Cullen auraient dû te laisser sur les genoux ! Tanya nous a assez parlé de ses exigences et tu n'as pas l'air d'avoir la moitié de sa condition physique ! »

Le pincement que je ressentis à l'évocation de Tanya me surpris moi-même car il ressemblait furieusement à de la jalousie.

« Je cache peut-être bien mon jeu. » contrai-je

Victoria me sourit malicieusement.

« C'est effectivement probable parce que ça ne doit pas être facile de mettre le grappin sur Edward Cullen.

-Je n'ai mis le grappin sur personne. » m'offusquai-je. « Je n'ai jamais voulu ça, tu te rappelles ?

- Oui, oui… » répondit-elle en s'affalant sur le dossier du canapé et en croisant sensuellement les jambes. « Mais après tant de nuits avec ton maitre, je suis certaine que tu ne le regrettes plus maintenant. Je me trompe ? »

Je ne répondis pas mais je ne pus me retenir de rougir, ce qui fit sourire les deux jeunes femmes.

« Qu'est-ce que je disais ? » triompha Victoria.

« C'est vrai que ce type est superbe. » renchéri Kate. « Je n'ai jamais eu l'occasion d'entendre parler de lui par Tanya, alors raconte, Bella ! »

Je les regardai à tour de rôle, incrédule.

Que voulait-elle que je leur raconte exactement ?

Je ne pouvais pas leur dire que j'avais passé un accord trouble avec Edward Cullen dans le but irréalisable d'écrire un article. Je ne pouvais pas non plus leur dire qu'il m'en avait plus appris sur les vampires que ce qu'elles sauraient jamais, tout comme je ne pouvais pas leur parler de notre escapade hors des murs de la forteresse…

A voir leurs mines gourmandes, je me doutai parfaitement qu'elles attendaient du croustillant.

Je réalisai alors que j'avais besoin de parler de ce qui s'était passé la nuit dernière parce que je m'étais interdit d'y penser jusque-là.

« C'était… Il est… » bredouillai-je sans trop savoir par où commencer.

Victoria éclata une nouvelle fois de rire.

« Bon sang, Bella ! Tu fais tellement sainte nitouche que j'aurais parié qu'il ne t'avait pas touchée si je ne pouvais voir les marques !

- Les marques ? Quelles marques ?

- Dans ton cou, ma belle. » répondit la rouquine avec un clin d'œil. « On dirait que ton maitre a eu besoin de te maintenir… C'était pour te soutenir ou pour que tu te tiennes tranquille ? »

Je me rappelai les conseils d'Alice ce matin. C'est elle qui m'avais dit de dégager mon cou ce soir et je comprenais pourquoi : les traces laissées sur ma peau par la main d'Edward étaient une preuve que nos rapports étaient consommés.

« Un peu des deux je crois. » répondis-je en reprenant de l'assurance. « Edward semble apprécier que je lui tienne tête… jusqu'à un certain point.

- C'est vrai qu'il ne doit pas être habitué à ça. » dit Victoria, visiblement déçue que toute trace de gêne m'ait quittée.

« Pourquoi dis-tu ça ?

- Parce que avant de faire de toi sa dernière lubie, ma jolie, ton maitre s'est tapé tout un tas de nanas qui étaient plus que prêtes à satisfaire le moindre de ses désirs. Même les plus tordus. »

Cette fois, je restai sans voix.

Tordus ?

Tordus comment ?

Victoria profita de mon silence pour développer.

« Je me rappelle d'une nuit dont même Tanya a eu beaucoup de mal à se remettre. Il lui avait proposé une version améliorée d'une partie de poker. Il l'a baisée à la fin de chaque manche, la mordant en plus quand elle avait perdu… Ella a tenu dix-huit tours avant de demander grâce. »

Dix-huit !

Putain de merde !

Victoria semblait se pourlécher les babines de l'expression d'incrédulité sur mon visage.

« Et malgré ça, elle n'a pas manqué de nous faire savoir le lendemain que ça avait été la meilleur nuit de baise de sa vie. » ajouta-t-elle.

C'est Kate qui m'ôta les mots de la bouche.

« Dix-huit ? Tu déconnes !

- C'est un vampire, Kate. Il n'a besoin ni de dormir, ni de se reposer, ni même de respirer, techniquement… Il pourrait te sauter jusqu'à ce que tu t'évanouisses. »

La rouquine reposa alors son regard scrutateur sur moi.

« Mais Bella vient de passer trois nuits complètes avec lui, elle a sûrement des tas de choses à nous apprendre. »

Je redressai les épaules pour ne pas perdre contenance. La nuit que j'avais passée avec Edward m'avait déjà paru plus intense que tout ce que j'avais vécu jusque-là et je devais bien avouer que je ne serais pas contre l'idée de recommencer. Mais je doutai fort d'être capable d'endurer ce qu'avait vécu Tanya…

Et il y avait toujours cette épineuse question de la morsure qui me posait problème.

« Nous n'avons pas joué au poker, si tu veux le savoir. » dis-je en m'efforçant de ne pas rougir, sans grand succès d'après la chaleur que je sentais se répendre sur mes joues. « Mais s'il y a bien un point sur lequel je ne peux qu'être d'accord avec Tanya, c'est qu'Edward est prétentieux et qu'il peut être un vrai salaud quand il s'y met mais il baise comme un dieu.

- J'en étais sûre ! » triompha Kate.

Victoria et moi la regardâmes avec étonnement après cette sortie inattendue.

« Excuse-moi, Bella » se justifia-t-elle. « Je m'en doutai déjà depuis l'autre soir quand j'ai vu comment tu as réagi quand il est venu te chercher mais là c'est évident : tu en pinces sérieusement pour lui.

- Quoi ? Non ! » m'offusquai-je. « Comment… Comment j'ai réagi de toute façon ? »

Je bafouillai et ça semblait la réjouir au plus haut point cette idiote !

« Tu semblais complètement hypnotisée, Bella. Edward est magnifique, je dois bien l'avouer, et ça me paraissait une excuse suffisante pour que tu sois à la limite de baver devant lui l'autre soir…

- Je… Je ne bavais pas ! » la coupai-je furieusement, ce qui ne lui fit ni chaud ni froid.

« Kate a raison, tu n'en étais pas loin » ajouta Victoria avec condescendance.

« Et là tu rougis comme une midinette, Bella. Tu craques pour ton maitre ! »

Qu'est-ce que c'était que ces conneries ?

J'avais envie de les envoyer se faire foutre, de leur crier qu'elles se fourraient le doigt dans l'œil complètement, qu'Edward Cullen était un sujet d'article, une aberration de la nature et qu'il me laissait totalement indifférente, que…

Et merde…

Les mots refusaient de sortir parce que je savais déjà au plus profond de moi qu'ils étaient faux. Edward n'était plus un sujet d'article depuis longtemps déjà. J'avais déjà donné de ma personne pour un sujet mais jamais au point de ne plus me sentir maîtresse de moi-même. Hors il m'avait fait perdre pied complètement.

Et cette nuit avec lui, j'avais totalement perdu de vue tout ce qui n'était plus lui et moi car ce qu'il m'avait fait vivre était à la limite du supportable. Je n'avais jamais pensé qu'on puisse mourir de plaisir mais je m'en étais sentie terriblement proche.

« Tu comprends probablement mieux ce qu'on fait là, maintenant » ironisa Victoria. « Même si toutes les favorites ne tombent pas amoureuses de leur maitre, le sexe avec un vampire vaut le détour, non ?

- Si. » concédai-je de bonne grâce.

« Je suis surprise pourtant qu'il t'ait marquée ainsi… » continua la rouquine. « Ils aiment bien ne pas trop dénaturer la marchandise en général quand il s'agit des favorites. Les morsures suffisent bien.

- J'ai d'autres marques… sur les hanches » ajoutai-je parce que je voulais vraiment en savoir plus.

Victoria haussa les sourcils.

« Edward n'a jamais marqué Ta nya comme ça. Elle disait toujours qu'il savait parfaitement maitriser sa force même quand il jouissait… » se dit-elle comme pour elle-même alors que je réprimai une pulsion de rage. « Soit tu l'as particulièrement énervé, soit tu l'as excité au point qu'il n'arrive plus à se maitriser totalement. »

Je me rappelai le dossier en miette de la méridienne.

Edward n'avait définitivement pas su contrôler sa force à ce moment-là même si il avait su ne pas la tourner vers moi. Qu'est-ce que ça voulait dire ?

Je m'efforçai de garder un air détaché alors que la rouquine m'observait de plus en plus curieusement.

« Je ne vois pas de morsure d'ailleurs… » finit-elle par ajouter.

Je me souvins des paroles d'Alice qui me prévenait qu'il valait mieux que personne ne sache qu'Edward ne m'avait pas encore mordue.

« Je ne t'apprendrai pas qu'il y a de nombreux endroit faciles à cacher pour ça. » répliquai-je en tentant de paraitre aussi pleine d'assurance que possible. « Tu ne vas tout de même pas me demander de me dessaper pour te montrer.

- Non, évidemment… » répondit-elle en plissant les yeux.

A cet instant, Heidi m'appela depuis l'entrée.

« Isabella ! »

Me retournant, je découvris avec toujours la même stupeur la silhouette parfaite d'Edward se découpant dans l'encadrement de la porte.

Il se tenait là, droit et immobile, et jaugeait la pièce d'un regard fier et froid. Il était encore une fois vêtu d'un jean sombre et d'une chemise plus claire. Les manches relevées dévoilaient ses avant-bras croisés sur son torse puissant. Le fait de savoir ce qui se cachait sous cette chemise, de me rappeler que j'avais dessiné de mes mains la peau incomparable de ses bras et de son dos, de sentir encore sous mes doigts le soyeux de ses cheveux qui étaient ce soir tout aussi désordonnés qu'au matin quand je l'avais quitté déclencha en moi un vertige soudain qui me fit serrer l'accoudoir du canapé.

Putain, il ne m'avait pas encore touchée et je me languissais déjà !

Il affichait toujours se léger sourire en coin qui lui donnait l'air à la fois suffisant et irrésistible.

Quand mon cœur se mit à accélérer sa course dans ma poitrine, son sourire s'élargit encore plus. Je secouai la tête sans pouvoir me retenir de lui sourire en retour.

Foutu vampire arrogant !

« Putain, il est hot… » entendis-je Kate murmurer dans mon dos.

Mais je ne lui prêtai plus aucune attention. Attirée comme un papillon par une flamme, je m'étais levée et marchai lentement vers la tentation faite homme, appréciant les fourmillements qui me parcouraient déjà le corps à mesure que je m'approchai de lui.

« Bonsoir Bella » me souffla-t-il de sa voix aussi douce que du velours.

S'il me restait encore une once de bon sens jusque-là, l'effet que me fit mon nom dans sa bouche en eut définitivement raison.

« Edward… » parvins-je à articuler d'une voix rauque.

Ses yeux étaient plongés dans les miens, me faisant oublier où nous étions et la présence des deux commères derrière moi qui ne devaient pas perdre une miette de ce qui se passait maintenant. Voyaient-elles cette force invisible qui me tirait vers lui ? Entendaient-elles les saccades de ma respiration ? Remarquaient-elles que, les poings serrés, je suivais les yeux de mon maitre alors qu'ils descendaient lentement vers mes lèvres entrouvertes ?

Edward fit alors le dernier pas qui me séparait de lui et, dans un élan que je ne pus combattre, passa dans mon dos une main qu'il plaqua sur mes reins pour me coller à lui et l'autre dans mon cou pour attirer mon visage vers le sien. Il hésita à quelques centimètres de mes lèvres comme s'il cherchait à se raisonner lui-même mais, fermant les yeux, il s'empara de ma bouche en un baiser profond et féroce qui fit fléchir mes jambes.

S'il ne m'avait pas tenue si serrée, je me serais probablement effondrée alors que là, dans un état second, je retrouvais la sensation indescriptible de mouler mes lèvres souples et brûlantes sur sa bouche dure et glacée. Et ce contact à lui seul suffit à embraser mon désir comme s'il n'avait jamais été assouvi. Mes mains partirent d'elles-mêmes à la recherche de ses cheveux pour approfondir encore notre baiser et, quand sa langue trouva la mienne, je tirai durement sur ses mèches cuivrées tant j'en voulais plus.

J'étais à bout de souffle quand il me relâcha et m'offrit son sourire de séducteur alors qu'il me savait visiblement tendue d'envie pour lui.

« Je t'ai manqué ? » murmura-t-il.

« A peine… » soufflai-je péniblement.

Son sourire s'accentua.

« Peut-être devrais-je me faire désirer un peu plus longtemps alors. » se moqua-t-il.

Ma réaction dut le satisfaire amplement car je sentis sa poitrine rouler sous l'effet d'un de ces grondements sourds qui m'avaient tant remuée la veille quand je saisis brusquement sa manche alors qu'il tentait de s'éloigner.

« Vilaine petite menteuse… »

Sa voix était rauque à présent et il fixait toujours ardemment mes lèvres que je mordais pour ne pas le supplier de m'embrasser encore quand, soudain, il leva les yeux pour regarder par-dessus ma tête comme attiré par quelque chose que je n'avais pas entendu.

« Nous serions mieux ailleurs, je crois. » murmura-t-il. « Il y a trop de monde ici qui se demande si je ne vais pas te dévorer en public. »

La vague de chaleur qui m'enveloppa me fit écarquiller les yeux et, saisissant la main qu'il me tendait, je le suivis au pas de course vers ses quartiers. J'étais pantelante et sans aucune volonté.

Putain Bella, ça te va bien de te donner des grands airs !

Tu ne vaux pas mieux que les autres !

Mais je devais bien avouer qu'Edward Cullen m'avait complètement ensorcelée.

J'entrai dans sa chambre dans un état déjà proche de la transe. J'avais froid. J'avais chaud. Et sa présence derrière moi ne faisait qu'amplifier le phénomène. Me retrouver dans cette pièce ne faisait que raviver des souvenirs qui mettaient mes nerfs à vif.

Pourtant, il y avait quelque chose de différent : la méridienne avait été remplacée par un immense lit à baldaquin en bois noir paré de draps aux reflets dorés.

« Tu as installé un lit… » constatai-je d'une voix tendue.

« J'avais de la place. »

Il était loin de moi. Trop loin. Sa voix exacerbait mon envie de lui et je crevais d'envie qu'il me touche.

« Les vampires ne dorment pas… » haletai-je.

« Il n'est pas fait pour dormir. »

Oh mon dieu. Je ne me retournai pas mais sa voix avait été plus proche cette fois.

« Tu n'as pas peur qu'il subisse le même sort que ta méridienne ? »

Je suffoquai. Et cela empira quand il me fit sa réponse, directement dans le creux de mon oreille.

« Au contraire… Avec ce que j'ai en tête, j'espère qu'il n'en restera plus rien au petit matin. »

Bordel de merde !

Son souffle courait sur mon cou, électrisant ma peau à l'extrême, et je penchais la tête pour lui livrer un meilleur accès, pensant que, quelques minutes plus tôt à peine, j'étais en train de me questionner sur ce qui s'était passé la nuit dernière et si j'étais prête à recommencer.

Je pouvais maintenant affirmer de façon catégorique qu'une nuit n'était pas suffisante.

Il passa alors ses doigts froids à l'endroit exact où ils avaient meurtri ma peau la veille et un frisson me secoua entièrement. Il remplaça rapidement ses doigts par ses lèvres.

« Je suis désolé. » murmura-t-il entre deux baisers.

Je n'entendais plus rien que les battements assourdissants de mon cœur.

« Mais je ne peux pas te promettre que cela ne se reproduira pas. »

Quoi ?

Je sortis momentanément de ma transe.

« De quoi tu parles ? »

Il ne comptait pas me faire croire qu'il allait essayer de ne plus me toucher, si ?

Ses mains qui dérivaient vers mes seins tendaient à me prouver le contraire.

« Je parle des marques, Bella. Je me retiens déjà suffisamment… »

Sa voix était presque un feulement qui irradia toute ma moelle épinière. Je me foutais des marques pourvu qu'il aille jusqu'au bout de ce qu'il venait de commencer.

« Je me fous des marques, Edward…

- Alors tant mieux… parce qu'avec toi j'ai envie de… »

Il ne finit pas sa phrase mais, agrippant mon haut par le devant, il le déchira en deux brutalement pour accéder à ma peau. Je poussai un cri de surprise qui s'étrangla dans ma gorge quand il s'empara de mes seins en une caresse intense et voluptueuse, agaçant mes pointes de ses pouces à travers le coton de mon soutien-gorge.

« Tiens-tu beaucoup à cette lingerie ? » feula-t-il à mon oreille.

« C'est ta sœur qui me l'a offerte.

- je fais mon affaire d'Alice » dit-il en disloquant également mon sous vêtement qu'il remplaça par ses paumes glacées.

Je gémis tant sensation était intense et je sentis la peau tendre de mes mamelons se durcir immédiatement. La façon dont mon corps répondait au moindre de ses effleurements était incroyable.

Est-ce que c'était toujours comme ça entre un vampire et une humaine ?

J'en doutai. D'ailleurs, Victoria avait semblée surprise tout à l'heure… J'eus envie de questionner Edward à ce sujet, mais c'était trop tard car il s'était agenouillé derrière moi et m'arracha un cri en même temps que mon pantalon et ma culotte.

J'aurais peut-être pu reprendre mes esprit s'il n'avait pas alors fais courir ses doigts déjà plus chauds le long de mes mollets puis sur l'arrière de mes cuisses jusqu'à mes fesses.

J'aurais peut-être pus prononcer une parole cohérente si, une fois à nouveau debout derrière moi, il n'avait pas collé son corps contre le mien pour que je réalise qu'il avait déjà retiré tous ses vêtements.

J'aurais peut-être pu retrouver mon souffle s'il n'avait insinué lentement une main entre mes cuisses tout en me maintenant fermement pour que je sente sa virilité durement dressée contre mon dos.

Peut-être…

Mais la vague de plaisir qui me submergea dès qu'il toucha mon clitoris gonflé de ses doigts agiles me fit définitivement perdre conscience. Me retenant par un bras à sa nuque, je me laissai envahir par un orgasme phénoménal, accentué par le rugissement qui se construisait lentement dans le torse d'Edward, faisant vibrer mon corps à l'unisson du sien.

C'était tellement animal, tellement primaire…

« J'adore t'entendre crier, Bella… » susurra-t-il à mon oreille alors que je reprenais difficilement mon souffle. « Tu n'as pas idée de ce que ça me fait.

- Montre-moi… »

Il grogna contre ma joue, ses mains toujours posées sur mon ventre, à la lisière de ma poitrine.

« Encore ces mots… »

Il me retourna brusquement pour que je voie son visage. Son regard était d'un noir d'encre et me scrutait comme s'il allait me transpercer. Je commençais à connaitre ce regard. C'était celui de l'envie. Celui de l'envie de mon sang mais je savais aussi que c'était celui de l'envie de moi, tout simplement.

Alice avait été très claire. Mon sang n'était pas ce qui attirait le plus mon ténébreux amant pour l'instant. Alors je n'avais pas peur et, tout juste remise de mes émotions, j'osai le défier du regard.

Il sourit malicieusement.

« Recule. » m'imposa-t-il.

Et, comme dans mes rêves, j'obéis à cet ordre. Il m'avait complètement transformée. Dès que j'étais avec lui, j'avais beau m'en défendre, je me comportais comme une… favorite. J'étais languissante. Je voulais être sensuelle. Je voulais l'exciter. Je voulais le satisfaire… C'était aussi nouveau pour moi que complètement irrésistible.

Deux pas me suffirent pour avoir une vue d'ensemble. Et, malgré la lumière diffuse d'une lampe posée à même le sol à quelques mètres, je ne ratai rien du spectacle. Et il me laissa le regarder, sans se défaire de son regard hardent et de son sourire arrogant. Mes yeux affamés détaillèrent ses larges épaules, ses pectoraux et ses abdominaux bien dessinés puis suivirent la fine ligne plus sombre de poils qui les guida directement à son sexe fièrement dressé vers moi.

Mon dieu.

Je ne pouvais en détacher les yeux. A cette distance, j'en évaluai déjà parfaitement la dureté même si je n'imaginai pas encore l'effet que ça me ferait de le toucher là. Chaque contact avait jusqu'ici été une découverte enivrante car sa peau d'aspect si parfaite était aussi douce et dure que le marbre.

« Si tu continues à te mordre la lèvre ainsi je ne réponds plus de rien, Bella. » dit-il d'une voix rauque.

Une brusque inspiration me fit ouvrir la bouche.

Relevant les yeux vers son visage, je remarquai alors la crispation de sa mâchoire. Il avait vraiment l'air inquiétant et dangereux en cet instant. Et ça m'excitait terriblement…

C'était lui le prédateur mais c'était moi qui le mettais dans cet état.

« Je ferai tout ce que tu voudras… » murmurai-je.

A cet instant, j'étais réellement prête à tout.

« Assis-toi sur le lit. »

J'obéis à nouveau, grimpant souplement sur les draps et allant m'asseoir au centre du lit avec une grâce qui me surprit moi-même. Et là, prenant appuis sur mes mains posées derrière moi, j'attendis, le cœur battant à tout rompre qu'il fasse un geste. Mais il ne bougea pas pendant un temps qui me sembla infini et qui exacerba encore plus ma tension nerveuse si c'était possible.

De là où j'étais, j'étais très consciente qu'il avait cessé de respirer et son regard fixé sur moi me brûlait littéralement. Il fallait qu'il bouge, maintenant, où j'allais mourir de combustion spontanée. Je décidai donc de tenter le diable et, très délibérément, je mordis doucement ma lèvre inférieure.

Il prit une brusque et profonde inspiration, tous les muscles de son corps se contractant au passage de l'onde de choc que lui provoqua mon odeur puis, en trois pas rapides, il fut au pied du lit, agrippa ma cheville gauche et m'attira à lui.

Je basculai sur le matelas en poussant un cri mais sa bouche était déjà sur ma cuisse et remontait dangereusement plein nord. Il inspira profondément quand son nez passa sur mon aine mais continua à parsemer mon ventre de baisers, déclenchant dans tous mon corps des décharges de plaisir brut.

« Tu es une tentatrice diabolique »

La tête renversée sur le matelas, je tentai de survivre à la sensation de sa langue sur un de mes seins.

« Edward ! » suppliai-je en empoignant le drap de chaque côté de ma tête.

Sa langue était maintenant dans mon cou.

« Oui, ma belle ? »

J'entendais le sourire dans sa voix. Sa main droite sur ma taille remonta sur mon flanc pour venir enserrer mon cou et me forcer à tourner mon visage vers le sien. Son regard brûlait d'une lueur sauvage qui me fit gémir.

« Je t'en supplie… »

J'ondulai inconsciemment du bassin, à la recherche d'un contact qu'il me refusait alors que son corps surplombait totalement le mien.

« Qu'est-ce que tu veux Bella ? »

Je râlai de frustration.

C'est toi que je veux, putain ! Je n'ai voulu quelqu'un de cette façon ! Je veux que tu me prennes, Edward, que tu me baises jusqu'à ce que mon corps explose en un milliard d'étincelles comme la nuit dernière !

Voilà ce que j'avais envie de lui crier mais les mots se bousculaient dans ma tête et refusaient de se coller ensemble. Il m'avait rendue totalement incohérente.

« Toi… Edward… prends-moi… maintenant ! »

Il gronda à nouveau en prenant possession de ma bouche avec violence et ce baiser musela le cri de volupté que je poussai en le sentant s'enfoncer en moi lentement et profondément. Il prit appuis sur ses bras pour amorcer son mouvement, lent et implacable.

Mon dieu !

C'était encore meilleur que dans mon souvenir. Et le plaisir monta, une fois encore, en quelques minutes à peine, me prenant complètement par surprise quand il éclata dans ma tête en faisant convulser mon corps autour de lui alors que je criais son nom.

Dans la demi-conscience qui suivit cet orgasme fulgurant, je réalisai à peine qu'Edward me redressai pour que je vienne m'assoir à califourchon sur lui, toujours profondément ancré en moi. Et cette nouvelle position m'arracha un nouveau râle.

Ce n'était pas possible, je venais déjà de jouir deux fois ! Il ne pouvait pas réveiller mon corps si vite ! Et pourtant…

Une de ses mains quitta mes fesses pour balayer mes cheveux de mon visage en sueur.

« Encore, Bella… Crie pour moi encore une fois. »

Ce type était une bête. Je ne lisais aucune fatigue sur ses traits magnifique mais toujours la même faim dans ses yeux et cela me galvanisa au point que je commençai à onduler des hanches, créant un frisson délicieux au creux de mon ventre. Je contractai volontairement mes muscles intimes autour de son sexe et il gronda.

« J'aime quand tu grondes comme ça » dis-je entre deux soupirs alors que j'avais commencé à monter et descendre en rythme sur lui. « C'est diablement sexy…

- Peut-être est-ce parce que je suis le diable » souffla-t-il, la voix déformée par le plaisir avant de reprendre ma bouche d'assaut.

Les bras autour de son cou, j'écrasai mes lèvres contre les siennes et ma poitrine contre son torse.

« Tu ne me fais pas peur. » gémis-je quand je repris mon souffle.

Il gronda à nouveau, déclenchant les prémisses des spasmes d'un orgasme qui s'annonçait encore plus dévastateur que les précédents. Le sentir ainsi sous moi, sentir que j'étais en contrôle, me faisait perdre la tête.

« Crois-moi Bella, te faire peur est la dernière chose que je souhaite faire en ce moment. »

Il accompagna cette réplique d'un violent coup de bassin qui me fit crier. Je fermai les yeux sous la violence de cette sensation. Non, ça ne pouvait pas être possible de ressentir de telles choses. Je devais rêver.

« Encore… » râlai-je.

Et il accéda à ma demande en reprenant les rênes pour me mener à ma perte à son rythme.

Je n'étais plus qu'un corps dont il faisait ce qu'il voulait, ma raison m'ayant définitivement quittée et je laissai se construire en moi le plaisir le plus intense que j'ai connu de ma vie, l'appelant de toutes mes forces en des cris incohérents. Et, quand la vague m'emporta, ce fut comme si le ressac me secouait, encore et encore dans un vacarme assourdissant, et me laissait brisée.

J'étais morte…

Je ne voyais pas d'autre explication.

On ne pouvait pas ressentir une chose pareille sans y laisser sa peau.

Le noir complet qui m'entourait en était bien la preuve. J'étais morte ce soir. Morte de plaisir. Il y avait pire façon de mourir.

Pourtant, une caresse légère et froide sur ma joue me tira doucement de ma torpeur.

« Ouvre les yeux, ma belle… »

Cette voix… C'était à elle seule un véritable délice pour les sens et un appel à la luxure.

Je dus lutter de toutes mes forces pour obliger mes paupières à s'ouvrir. Edward était penché sur moi, affichant ce sourire plein d'arrogance qui me fascinait.

« Je ne veux pas que tu t'endormes. »

Malgré moi, je partis d'un éclat de rire incontrôlable.

« Qu'est-ce qui te fait rire ainsi ?

- Toi.

- Moi ?

- Oui Edward ! Il va falloir que tu me laisses me remettre là. Tu ne dois pas oublier que je ne suis ni immortelle ni même une vraie favorite. Ce que tu viens de me faire défie toutes les lois de l'espèce humaine et j'ai besoin de temps, là. »

Il sourit encore plus franchement.

« Je défie toutes les lois de l'espèce humaine ? » se moqua-t-il.

« Oui ! » répondis-je toujours à la limite du fou rire.

Je n'avais jamais connu meilleur anti dépresseur qu'une baise avec Edward Cullen.

« Et bien ça tombe bien, mademoiselle Swan, car je ne suis pas humain.

- J'avais remarqué. »

Soudain plus sérieuse, je réalisai que je n'étais plus assise sur lui mais allongée en travers du lit et qu'il avait pris place à mes côté, appuyé sur un coude. Un coup d'œil derrière lui me permit de voir qu'un des piliers du baldaquin avait été brisé et que le ciel de lit penchait maintenant dangereusement à droite.

Je levai une main prudente vers la joue d'Edward. Il plissa les yeux mais se laissa faire quand mes doigts caressèrent sa peau.

« Tu as encore détruit le mobilier. » constatai-je.

Il crispa la mâchoire. Le voir était une chose mais sentir cette contraction sous mes doigts en était une autre.

« Ca commence à devenir une habitude… » répondit-il dans un murmure, son regard fuyant inexplicablement le mien. « Au moins, cette fois, je pense que je ne t'ai pas blessée d'une manière ou d'une autre. »

Je pris le temps de penser ma réponse.

« Ça ne me fait rien… Tu sais. Que tu me marques de cette façon ».

Il me scruta en plissant les yeux et je sentis qu'il fallait que je sois plus clair.

« On m'a dit que ce n'était pas une habitude chez toi…

- Qui ça 'on' ?

- Les filles… là-haut. Alors j'ai pensé que… si tu t'étais laissé aller comme ça la nuit dernière c'est que tu avais vraiment apprécié ce qui s'était passé entre nous mais que tu ne me ferais pas de mal intentionnellement… »

Ma remarque sembla le plonger dans une profonde réflexion parce que ses yeux sérieux sondaient les miens comme pour y lire quelque chose.

« Enfin, je me trompe peut-être. » ajoutai-je plus aussi sûre de moi maintenant qu'il me regardait de cette façon.

« Non… C'est ta perspicacité qui m'étonne, Bella. »

Je relâchai un souffle de soulagement.

« Contre toute attente, j'ai apprécié tout ce qui s'est passé entre nous depuis que je t'ai vue dans ce club… » murmura-t-il. « Et te faire du mal est la dernière chose que je souhaite mais…

- Mais ? »

Une moue de dégout déforma son visage parfait et je ne sus pas comment prendre ça.

« Mais c'est dans ma nature de faire du mal aux filles comme toi, Bella… »

Tout s'éclaira alors. A la lumière de ce que m'avait révélé Alice ce matin, je voyais parfaitement où il voulait en venir. Il voulait mon sang… et c'est ça qui le dégoutait !

« Je ne t'ai pas vu faire de mal à cette fille la nuit dernière, Edward.

- Cette fille n'était rien ! » s'emporta-t-il comme si je ne comprenais pas ce qu'il voulait me dire.

Il avait l'air en colère et dangereux en cet instant. Je choisis donc de ravaler ma fierté et de me taire, pour une fois.

« Tu n'es pas comme cette fille, Bella ! Tu n'es comme aucune de ces filles ! »

Sa colère semblait monter en flèche sans que je sache exactement vers qui elle était tournée. Il fallait que je trouve un moyen de la désamorcer.

« Je ne comprends pas…

- Evidemment ! Comment le pourrais-tu ?

- Alors explique-moi. »

J'avais parlé d'une voix douce et calme, confiante et cela sembla l'apaiser quand il osa enfin me regarder à nouveau dans les yeux d'y lire la même confiance en lui.

« Ton sang m'attire, Bella.

- Je sais ça.

- Non tu ne sais pas ! » me coupa-t-il brusquement avant de se calmer aussi vite. « Ce soir-là, à Florence, je t'ai sentie, toi, parmi toutes les autres et ton odeur a failli me faire perdre la tête. J'aurais pu te saigner au beau milieu de cette foule et ainsi mettre toute mon espèce en danger si Alice ne m'avait pas rattrapé à temps. »

Je restai muette. Qu'était-il en train de me dire ?

«Tu me fascinais tellement que j'ai voulu en savoir plus sur toi et, petit à petit, Je me suis habitué à ton odeur jusqu'à ce que je réalise que tu m'attirais toi, tout simplement, comme jamais aucune femme, humaine ou vampire, ne l'avait fait avant mais ton influence sur moi et ma volonté est encore trop grande… »

Il voulait me dire quelque chose d'autre. Je le sentais.

« Je ne veux pas que tu t'endormes parce que j'ai besoin que tu sois pleinement consciente avec moi, Bella… Pour que tu puisses me résister si jamais je dérapais…

- Mais tu es venu me regarder dormir plusieurs fois et pourtant tu ne m'as jamais mordue ?

- Cela n'a rien à voir ! » s'emporta-t-il à nouveau. « Tu n'es jamais plus désirable qu'en cet instant. »

Ah oui, je me rappelai 'après la chasse ou après l'amour '…

S'il était attiré par mon sang aussi fortement qu'il le disait, j'imaginais que l'appel de la soif devait être encore plus grand maintenant. J'avais du mal à imaginer ce qu'il pouvait ressentir… En ce qui me concernait, je pensais sincèrement qu'il aurait pu me mordre sans que je m'en rende compte tant ce que j'avais ressenti était puissant. J'en étais certaine, même si je n'étais pas encore très à l'aise avec cette idée.

Je décidai alors de me jeter à l'eau et de laisser s'exprimer la peur qui me taraudait depuis le matin.

« Alice m'a parlé ce matin. » commençai-je.

Il me regarda avec prudence, comme s'il savait déjà ce que j'allais lui dire.

« Elle m'a dit que, si on apprenait que tu ne m'avais pas encore mordue, n'importe quel vampire pourrait me prendre à toi.

- C'est exact.

- Je ne veux pas que ça arrive. »

Voilà. Je l'avais dit.

« Et cela n'arrivera jamais » grogna-t-il. « Je ne le permettrai pas. »

L'expression de rage qui traversa fugacement son beau visage me surpris terriblement. Je ne comprenais pas cette réaction. Etait-ce de la colère face à mon entêtement à poursuivre cette conversation sur mon sang ou bien était-ce l'idée qu'un autre me prenne qui le mettait dans cet état ? Je penchais instinctivement pour la deuxième raison. S'il avait été en fureur contre moi, il n'aurait pas si vite effacé cette expression de ses traits.

Mais alors, qu'est –ce qui motivait cette tension ?

Un sentiment de propriété ?

De la jalousie ?

Ou bien était-il… attaché à moi d'une quelconque façon ?

Non ! Je ne pouvais pas croire à ça.

« Pourquoi ? » demandai-je.

Il se redressa, le regard froid et dur. J'eus l'impression désagréable que l'intimité, la confiance qui s'était installée entre nous ces dernières minutes avaient disparues. Et sa voix claqua dans le silence qui régnait dans la chambre.

« Parce que tu es à moi. »

Il était assis à présent et je me sentais vulnérable toujours étendue, nue, devant lui. Je me redressai donc et tirai doucement le drap pour le serrer contre ma poitrine. Son regard s'adoucit immédiatement, comme s'il comprenait l'intention derrière chacun de mes gestes. Or, à cet instant, je me sentais perdue. Tout ce que je ressentais pour lui se bousculait dans ma tête. Il y avait toujours de la colère et mon penchant naturel à la rébellion, mais ce qui dominait surtout, c'était de la confusion parce ces sensations raisonnables qui auraient dû primer sur toutes les autres étaient passées bien loin derrière mon désir et un autre sentiment, indéfinissable, qui me remuait complètement. S'y mêlait de la reconnaissance pour m'avoir évité tous les ennuis que j'aurais dû connaitre ici et pour la retenue dont il faisait preuve avec moi, un désir ardent dès qu'il était là et qui était remplacé par le manque dès qu'il s'éloignait, une attirance irrépressible qui me poussait vers lui sans que je puisse m'en défendre… et de la tristesse, là, maintenant qu'il réinstallait cette distance entre nous.

« Et tu ne partages pas… » complétai-je pour lui, en baissant les yeux.

Il se passa quelques secondes avant qu'il ne redresse mon menton d'une main douce pour que je le regarde dans les yeux. Ils étaient toujours aussi sombre, le liseré ocre autour de ses iris étaient tellement mince que je ne l'aurais pas distingué si nous n'avions été si proches. Mais l'expression dans son regard me troubla plus que tout.

« Tu te trompes. » dit-il en me regardant intensément. « Enfin… Il est exact que je n'aime pas partager mais, en temps normal, il m'aurait été égal de te laisser à un autre. Ce qui ne serait pas arrivé parce que je t'aurais marquée comme mienne depuis longtemps déjà. »

Voilà où été le nœud du problème.

Je ne comprenais pas pourquoi il n'avait toujours pas tenté de me mordre. Il en avait eu plusieurs fois l'occasion et je me doutai qu'il ne faisait pas tant dans la finesse habituellement.

« Pourquoi ne l'as-tu pas fait alors ? »

Il plissa à nouveau les yeux pour contenir son énervement. Il était toujours penché vers moi et le sentir si proche alors que la tension dans son corps irradiait littéralement était très déstabilisant.

« Tu aurais préféré que je le fasse ? » demanda-t-il d'une voix crispée.

La mienne s'étrangla quand je lui répondis.

« Non… Mais je ne comprends pas ce qui te retient. »

Il relâcha mon menton et s'éloigna à nouveau pour s'asseoir dos à moi, au bord du lit. Pourtant, je ne me sentis pas rejetée comme quelques instants plus tôt. Il s'éloignait parce que notre proximité semblait lui être de plus en plus difficilement supportable.

Alors j'attendis, immobile, qu'il décide s'il voulait me parler ou non. Le silence s'installa, m'enveloppant dans sa froideur mais je ne voulais pas bouger pour me couvrir plus.

Sa voix était très basse et rauque quand il parla à nouveau.

« Tu ne comprends pas pourtant je t'ai donné tous les indices nécessaires, Bella… Ton sang m'attire plus que celui de n'importe quel humain ayant croisé ma route depuis le début de mon existence. Si je commençais à… »

Une minute passa encore avant qu'il ne pousse un profond soupir et poursuive.

« Je ne pourrais pas m'arrêter à et tu mourrais. »

C'était donc ça. Il avait peur de me tuer.

Qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire ?

Les règles de Volterra n'impliquaient-elles pas que j'allais mourir ici de toute façon ? En tout cas si je n'arrivais pas à m'enfuir.

Et il avait déjà montré qu'il était capable de tant de retenue.

« Tu n'as pas tué cette fille à Pise. » tentai-je de plaider. « Et tu n'as profité d'aucun des moments où j'étais vulnérable. Pourtant tu en as causé beaucoup. »

J'entendis un nouveau soupir et vis ses épaules s'affaisser légèrement. Ce qu'il s'apprêtait à me dire semblait particulièrement pénible.

« Je t'aurais mordue hier si Alice ne m'en avait pas empêché. Et tu serais morte. »

Quoi ?

J'étais sonnée, choquée par cette révélation. Je restai donc muette et immobile, ce qui lui donna le temps de poursuivre.

« Tu étais là, étendue, endormie… tellement belle… tellement tentante…Je te regardai dormir et elle était là… cette soif abjecte. Je ne me rendais même pas compte de ce que je m'apprêtais à faire. Cela semblait évident. Ça me contrôlait totalement. »

Sa colère envers lui-même perçait nettement dans sa voix.

Comment se faisait –il qu'il soit si certain qu'il m'aurait fait du mal si l'idée lui était si insupportable ?

« Je t'aurais tuée… »

J'osai m'approcher, à genou sur le lit.

« Comment peux-tu en être si sûr ? » demandai-je.

« Alice l'a vu…

- Elle a quoi ? »

Il se retourna alors doucement et je retrouvai cette expression de profonde réflexion sur son visage, là même que j'avais déjà vue avant qu'il ne se décide à me faire des confidences sur sa famille.

« Alice peut voir l'avenir… en quelque sorte. » dit-il d'une voix prudente.

« Comme une voyante tu veux dire ? » demandai-je sans trop savoir s'il se moquait de moi.

« On peut dire ça…

- Et elle t'a vu me mordre ? »

Il hocha la tête lentement.

« Et me tuer ? »

Nouveau hochement grave.

Ok.

Comment devais-je prendre ça exactement ?

Il avait l'air tellement sérieux que j'étais bien tentée de le croire.

Pourquoi me mentirait-il de toute façon ? Le monde dans lequel je vivais et que je croyais connaitre renfermait des mystères qui défiaient l'entendement. Si les vampires existaient, pourquoi n'auraient-ils pas en plus des supers pouvoirs ?

Je me rassis sur le lit, les yeux perdus dans la pénombre qui m'entourait, incapable d'aligner deux pensées cohérentes.

« Et ta sœur ne se trompe jamais ? »

La voix d'Edward était douce comme du velours quand il s'adressa à moi à nouveau.

«Rarement. Mais ses visions ne sont pas immuables. La fatalité n'existe pas, Bella, chacun est maître de son destin. Et le mien n'arrête pas de changer depuis que je te connais. »

Je levai vers lui un regard plein d'interrogation.

« Je suis capable de te toucher… Je suis capable de t'embrasser… Je n'aurais pas cru ça possible il y a encore quelques jours.

- Qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ?

- Alice » répondit-il simplement. « Elle m'a montré une autre voie possible.

- Comment ? » insistai-je.

Je ne comprenais pas comment Alice pouvait être à l'origine à la fois du rapprochement entre son frère et moi, et du fait qu'il ne puisse pas être aussi proche de moi qu'il l'était des autres femmes.

Edward se figea, son regard se perdit un instant, comme si il écoutait quelque chose ou qu'il se plongeait dans ses souvenirs et de longues secondes passèrent avant qu'il ne reprenne le parole.

« Elle m'a fait comprendre que ta différence n'était peut-être pas un hasard…

- Ma différence ? »

Il laissa courir ses yeux sur mon corps en échappant un soupire résigné.

« Il y a une chose que tu ignores encore sur moi, Bella. »

Je me mordis les lèvres pour ne pas le questionner et lui laisser le temps de finir sans l'interrompre.

« Je suis télépathe. »

J'écarquillai les yeux de stupeur. Télépathe ? Qu4est-ce que c'était encore que ce délire ?

OK, Bella.

Garde l'esprit ouvert.

Edward est télépathe.

Un télépathe entendait les pensées.

Mon dieu… Est-ce que ça voulait dire… qu'il entendait ce que je pensais? Depuis le début ?

Tous mes mensonges, tous mes espoirs de fuite, toutes mes peurs, tous mes… fantasmes ? Merde !

Je resserrai le drap sur moi en reculant comme pour afficher une pudeur qui semblait bien inutile maintenant. Mais, à cet instant, je me sentis plus nue que jamais. Pire, vulnérable et trompée.

Edward me regarda d'abord sans comprendre mais il finit par lever vers moi une main apaisante.

« Ne me fuis pas, Bella. » demanda-t-il d'une voix douce.

« Tu es télépathe ? » m'écriai-je, outrée.

« Oui.

- Tu entends ce que les gens autour de toi pensent ?

- Pas seulement ceux qui sont près de moi. » précisa-t-il.

Putain ! Donc, même quand j'étais enfermée dans ma chambre, pensant être seule et tranquille pour décortiquer l'embrouillamini de ce qu'il me faisait ressentir, il avait pu se glisser dans ma tête !

C'était de pire en pire.

« Donc tu sais tout ce que je pense depuis le début ! » m'exclamai-je, au bord de la crise de nerfs.

Il écarquilla les yeux, comme s'il réalisait enfin ce qui me mettait ainsi en fureur.

« Non, Bella. Non, justement. C'est ce qui fait toute ta différence. »

Je ne comprenais plus rien.

Je restai prostrée, le plus loin possible de lui. Il garda cette distance entre nous mais sa posture changea. Il se détendit en se penchant vers moi pour me parler d'une voix douce, comme on le ferait à un animal qu'on voudrait apprivoiser.

C'était lui qui avait les crocs, pourtant !

« Je n'entends pas tes pensées, Bella. En presque un siècle d'existence, c'est la première fois qu'une telle chose m'arrive. C'est pour ça que tu m'intriguais autant.

- Je n'étais donc qu'un sujet d'étude, alors ?!

- Non ! »

Son exclamation semblait si sincère qu'elle commença à fissurer le mur que je venais de construire entre lui et moi.

« Non, Bella… Enfin, peut-être un peu, au début. » continua-t-il de sa voix douce et calme. « Je t'en ai voulu. Tu n'étais qu'une humaine insignifiante et tu défiais mon aptitude. L'attrait irrésistible de ton sang et les réactions incontrôlées qu'il déclenchait en moi étaient aussi comme une insulte. Tu dois me comprendre, dans mon monde, jamais un humain ne pourrait nous mettre ainsi en défaut sans périr. Mais toi… »

Il crispa les mâchoires en secouant la tête, comme si il luttait pour me faire cette confession.

« Tu me fascinais… Je ne comprenais pas pourquoi et ça me rendait dingue. J'avais prévu de te percer à jour et de t'abandonner à ton sort ensuite… »

Cet aveu semblait lui couter terriblement.

Il ne pouvait pas lire en moi… Il ne l'avait jamais pu.

J'aurais certainement dû chercher à savoir pourquoi mais, pour l'instant, ce qui me chamboulait complètement c'était ce dernier aveu. Il avait prévu de me traiter comme n'importe quelle trainée de Volterra et de me tuer. C'est ce qu'il venait de m'avouer.

Mais, quelque part en cours de route, il avait changé d'avis.

« Qu'est-ce qui a changé ? » parvins-je à demander d'une petite voix. « Qu'est-ce qu'Alice t'a dit ?

- Elle pense que tu n'es pas apparue sur mon chemin sans raison. »

Un nouveau silence s'étira entre nous.

« Je suis un solitaire, Bella. C'est le prix que je paye pour avoir cette… aptitude particulière. Personne ne veut savoir ce qu'il y a dans les pensées les plus secrètes de ses proches. Ton silence que j'avais d'abord trouvé offensant est en fait une bénédiction pour moi. »

Mes yeux perdus dans les siens, je sentis une toute nouvelle chaleur m'envahir.

« Et que penses-tu de tout ça, maintenant ? » demandai-je.

Il me scruta intensément sans ciller pour répondre.

« Je pense que je n'ai jamais ressenti avant ce que tu me fais ressentir depuis le début. Tu me fascines totalement…

- Je ressens la même chose. » murmurai-je en soutenant timidement son regard.

Jamais déclaration ne m'avait remuée autant.

Edward venait de laisser tomber son masque devant moi et je lui avais répondu avec la même honnêteté. Cet être fantastique, ce vampire dangereux, venait de m'avouer que je le troublais et que j'étais importante pour lui, différente, que je n'étais pas du bétail comme toutes les autres filles parce qu'il y avait entre nous un lien unique scellé par le silence de mes pensées pour lui.

« Tu es certain que tu ne peux pas entendre ce que je pense ? » insistai-je.

Il opina de la tête.

« Sûr et certain. Crois-moi, j'ai tout essayé. » répondit-il avec un léger sourire.

Pour être certaine, je plissai les yeux en pensant très fort que je n'attendais que la première occasion de botter le cul du premier vampire qui se dressera entre moi et une sortie possible, juste pour être sûre qu'il ne pouvait pas entendre mes pensées.

Un sourire en coin se dessina sur ses lèvres devant mon expression concentrée.

« Qu'est-ce que tu fais ? » demanda-t-il.

« Je vérifie.

- Quoi ?

- Que tu ne me mènes pas en bateau. A quoi, je pense là ? »

Il éclata d'un rire qui fit s'envoler des papillons dans le creux de mon estomac.

« Je n'en sais rien, Bella. Et, même si je le savais et que je t'avais effectivement menée en bateau, je ne te le dirais pas ! »

Pas faux.

« Et puis… je n'ai pas besoin d'entendre ce que tu penses parce que ton cœur te trahit trop souvent et qu'aucun des mots que tu as prononcé depuis ton arrivée ne m'a échappé. » dit-il, plus sérieusement en approchant doucement.

L'air se chargea d'électricité tout à coup. Adossée à un montant du lit, je ne pouvais pas reculer et il continuait d'approcher. Je n'avais pourtant plus aucune envie de le repousser, toute colère ayant déserté mon esprit quand il avait recommencé à poser sur moi son regard de prédateur.

Je resserrai le drap comme un maigre rempart entre mon corps déjà frissonnant et le sien.

« Et qu'as-tu appris ? »

Il approcha encore. Je sentais son souffle sur moi et il électrisait délicieusement ma peau.

« J'ai appris à reconnaitre le trouble que tu ressens quand je suis près de toi. » murmura-t-il en me vrillant de son regard noir.

« Frimeur… » haletai-je.

Il sourit ironiquement.

« Je ne fais qu'interpréter ce que j'entends, Bella. Et, d'après ce que j'ai entendu ce soir, il parait que je baise comme un dieu. »

J'étais déjà à bout de souffle. Le drap me glissa des mains, dévoilant ma nudité à son regard qui se fit encore plus vorace sur moi. Je n'avais plus envie de parler.

J'usai donc encore une fois de ces deux mots qui nous avaient déjà conduits si loin.

« Montre-moi. »

OoOoO

De longues heures s'étaient écoulées avant qu'Edward ne me porte lui-même jusque dans mon lit. J'étais tellement épuisée qu'il ne me fallut pas cinq minutes pour m'endormir et, quand je m'éveillai, le soleil était déjà presque couché.

J'avais encore dormi toute la journée.

Au moins, si le rythme s'avérait aussi soutenu les nuits prochaines que les nuits précédentes, je n'aurais pas à me morfondre dans ma chambre durant les heures du jour. Et le temps passerait plus vite jusqu'à ce que je retrouve Edward.

Je devais bien avouer que cette perspective m'était beaucoup moins désagréable maintenant.

Cela ne résolvait pas mon problème et je ne devais pas perdre de vue que j'étais prisonnière ici. Mais ce qui s'était passé la nuit dernière, ce qui avait été dit, me donnait le secret espoir que tout n'était pas complètement perdu.

Il m'avait dit que j'étais différente et, dans sa bouche, ça n'avait pas sonné que comme un simple compliment. Il y avait plus que ça dans ses yeux. Et, j'en avais bien peur, de plus en plus plus que ça dans mon cœur…

Les nuits prochaines seraient déterminantes, je le sentais. Parce qu'il y avait quelque chose que je ne savais pas, quelque chose d'important qu'on me cachait, la raison de la prudence d'Edward envers moi et de la surveillance d'Alice.

Il fallait que je découvre ce que c'était.

Je m'étirai pour sortir de mon lit et masser mes muscles endoloris.

Edward était…

Je n'étais pas du tout certaine que j'arriverais à le suivre ainsi longtemps. J'étais humaine, moi, et j'avais mes limites. Pourtant, ce fut avec un soin tout particulier que je me préparais ce soir-là.

Je ne fus pas surprise qu'on vienne me chercher pour me conduire au salon du haut encore une fois. Edward m'avait expliqué que c'était l'usage et qu'il ne voulait pas attirer l'attention sur moi plus que nécessaire. Cette histoire avec Tanya avait déjà fait beaucoup de bruit, je devais donc me montrer parmi les favorites pour qu'on ne se pose pas de questions. Trop d'intérêt porté à mon égard tant que je n'étais pas encore complètement à lui pourrait susciter des convoitises.

Je m'étais satisfaite de cette explication mais je me sentis tout de même mal à l'aise en franchissant les portes de le grande salle circulaire.

Mon malaise s'accentua encore quand j'aperçu Irina installée dans un des fauteuils et le regard noir qu'elle me lança. Je choisis de l'ignorer et allai m'asseoir dans un canapé de l'autre côté de la pièce, tournant le dos à Victoria et à la sœur de Tanya qui s'étaient mises à parler à voix basse dès mon entrée. Kate me rejoint et nous discutâmes pendant un moment de sa famille et de sa thèse mais je me retrouvai seule quand elle fut appelée par Heidi pour rejoindre son maitre.

Je n'avais jamais vu Eleazar.

Il était grand et brun, paraissait avoir la quarantaine et affichait un sourire avenant qui devait mettre immédiatement ses interlocuteurs en confiance. Kate ne m'en avait dit que du bien et j'étais contente qu'elle soit tombée sur lui, même si son destin ici n'était pas plus assuré que celui de n'importe laquelle d'entre nous.

C'est quand elle fut partie que je réalisai que quelque chose n'allait pas.

Il était tard.

Edward m'avait promis que je ne passerais que quelques minutes dans le gynécée. Et, si j'en croyais ses révélations sur ses aptitudes exceptionnelles, il savait que j'étais là depuis longtemps déjà.

Mais il ne venait pas.

De longues minutes passèrent pendant lesquelles je tentais de ne pas laisser paraitre la tension qui s'accumulait dans mes veines, comme la sensation que quelque chose de mauvais était imminent.

Je feuilletai sans le lire un magazine italien quand la voix d'Heidi couvrit les murmures qui m'entouraient.

« Isabella ! »

Soulagée, je me levai pour me diriger vers la porte mais je me figeai après quelques pas.

A ma grande surprise, je n'étais attendue ni par Edward ni par Livio mais par un homme que je n'avais jamais vu.

Il était immense, brun et baraqué. Son regard rouge carmin m'informa immédiatement sur sa nature et me glaça le sang quand il parcourut mon corps de haut en bas.

« Ainsi c'est toi cette humaine dont on parle tant ? » dit-il d'une voix grave qui me fit frémir.

Je ne répondis pas, paralysée par une angoisse qui prenait directement naissance dans mes tripes. Je ne savais pas qui était ce type mais j'avais le pressentiment que je n'allais pas aimer ça.

Le colosse sourit d'un air mauvais en approchant de moi jusqu'à ce que je sente sur mon visage son souffle glacé.

« Je suis Félix, ma belle. On va bien s'amuser tous les deux. »


Alors verdict?

Est-ce qu'il vous a plu ce chapitre? Dites-moi! Considérez-ça comme mon cadeau de Noël: allez hop, une petite review pour Lily!

Et j'en profite pour faire un petit sondage d'opinion. J'ai déjà ma petite idée sur la question mais, vous, vous avez envie qu'Edward la morde ou pas?

Tapez 1 pour oui

Tapez 2 pour non

La réponse au prochain chapitre (qui viendra peut-être lentement aussi parce que j'ai un travail dans lequel la fin d'année est toujours hyper chargée, ajoutez à ça les fêtes à préparer... bref, j'espère pouvoir écrire un chapitre la semaine prochaine mais il n'y a rien de sûr. Raison de plus pour me pousser avec un petit mot!)

Je vous embrasse.

Lily