Ho Ho Ho!

Contre toute attente, me voilà... échevelée et dopée à la caféïne pour tout gérer de front, mais me voilà ;-)

Je n'avais vraiment pas prévu d'écrire cette semaine mais, visiblement, je ne pouvais pas vous laisser comme ça. C'est étrange mais j'étais tellement focalisée sur la prochaine grande étape de cette histoire que je n'avais pas réalisé que la fin du chapitre précédent pouvait être un peu frustrante (voir beaucoup si j'en crois certaines reviews!).

Alors zou, entre deux courses de Noël et obligations professionnelles, je vous ai sorti Edward et Bella de ce sac de nœuds afin qu'on soit plus tranquilles pour les fêtes!

Par contre, du coup, ce chapitre est plus court que prévu à la base (je vous expliquerai pourquoi en bas) et je n'ai vraiment pas eu une minute pour répondre à vos reviews merveilleuses. 25 pour le dernier chapitre! Vous êtes extraordinaires!

Je vais essayer de répondre bientôt en MP, mais, au cas où je trainerais, je vous remercie toutes ici et maintenant: Karima rk, Nedwige Stew, Flopy 69, Puceron52, Grazie, Kinoum, Marine, Canada02, PatiewSnows, Estelle7, mmccg, Capie17, Berenice Julien, Mel Bay, Sandry, SO06, mli, Guest, Leensha12, Lily-Rose-Bella, BellouPattinson, Kyssou, Souriceaux, Sochic88... vous toutes qui m'avez laissé un commentaire après le chapitre 11, vous m'êtes INESTIMABLES!

je vous embrasse de toutes mes forces

Lily


Les personnages appartiennent à Stephenie Meyer


Chapitre 12- Time is running out

Pov Edward

Ça faisait dix heures maintenant que le soleil refusait obstinément d'accélérer sa course dans le ciel.

Putain de soleil et foutu protocole !

Si la règle à Volterra ne m'avait pas obligé à ne pas approcher les humains en plein jour, j'aurais déjà sorti Bella de son lit depuis longtemps au lieu de tourner en rond. Mais Aro et ses frères veillaient par leurs décrets à ce que les humains puissent bénéficier des heures du jour pour reprendre des forces. Cela permettait d'éviter qu'ils ne meurent trop vite et qu'ils ne découvrent en nous voyant exposés aux rayons du soleil le seul moyen infaillible pour nous démasquer.

En temps normal, je trouvais ces règles plutôt logiques quand elles ne m'indifféraient pas totalement mais là… Bordel !

Comme la veille, j'avais quitté la forteresse quelques heures pour chasser et essayer d'atténuer ma soif mais je n'étais pas allé loin.

J'avais bien fini par admettre que c'était uniquement parce que j e ne voulais plus m'éloigner d'elle plus que nécessaire.

Je me contentais donc depuis deux jours de me nourrir des quelques animaux qui peuplaient les forêts toscanes. Ça ne valait pas l'ours des montagnes et ce ne serait définitivement pas suffisant pour museler longtemps ma soif d'un sang plus fort. Mais c'était mieux que rien.

Mieux que le sang de Bella en tout cas.

Car, contre toute attente, cette humaine s'était petit à petit frayé un chemin en moi et je n'avais rien pu faire pour l'en empêcher.

Tout aurait peut-être été différent si j'avais résisté plus fort… si j'avais dit non…

Mais peu importait maintenant, elle était là, partout autour de moi, emplissant tout mon monde et occupant chacune de mes pensées, si forte, si déterminée… et si agaçante !

J'avais l'impression exaspérante d'avoir été le plus effrayé de nous deux depuis le début. Effrayé par moi et mes réactions. Pourtant maintenant, ce n'était plus la peur des représailles que pourrait exercer Aro sur les miens si je tuais l'humaine avant d'avoir pu lui obtenir tous les renseignements qu'il voulait. J'avais peur de la blesser, voire pire…

Ce changement en moi était incompréhensible mais je ne pouvais plus le nier et, même si j'avais senti en elle le même chambardement, j'étais surpris par l'intensité de mes sensations… presque des sentiments.

C'était totalement nouveau pour moi.

Et maintenant, fatigué d'essayer de démêler tout ça, les yeux perdus sur la ligne d'horizon, j'attendais impatiemment de voir l'astre du jour disparaitre et me rendre ma… quoi ? Comment la qualifier ? Ma favorite était un terme qui ne lui allait définitivement pas. Ma… Bella.

Onze heures.

Les ombres s'allongeaient doucement jusqu'à se fondre à l'obscurité. Je sentais le froid de la nuit s'insinuer en moi comme aucune créature de ce monde n'en était capable. L'heure était proche. Mon heure.

Plus que quelques instants.

Je l'entendais marcher dans sa chambre depuis de longues minutes.

Elle avait dormi tard.

Elle était épuisée… Je l'avais épuisée. Et j'avais laissé un sourire satisfait envahir mon visage en repensant à la nuit passée.

J'avais entendu l'eau couler et bandé tous mes muscles pour ne pas aller voir de mes propres yeux les perles d'eau rouler sur sa peau diaphane.

Puis il y avait eu ces bruissements de tissu et j'avais fantasmé comme un adolescent ce moment où je lui enlèverais ces vêtements.

J'étais ridicule mais j'aimais ça.

Le bruit avait cessé maintenant. Elle attendait. Comme moi.

Je sentais déjà grandir en moi ce mélange d'appréhension et d'excitation car je savais très bien ce qui se passerait cette nuit.

Même si je savais que la douleur de la soif serait atroce au matin, je ne pouvais plus me tenir éloigné d'elle. Elle était la drogue la plus addictive au monde et, dès que je serais près d'elle, je ne contrôlerais plus rien. Il faudrait que je la sente, que je la touche comme l'animal avide de sensations fortes que j'étais. Et, une fois mes plus bas instincts assouvis pour un temps, je l'écouterais encore me parler pendant des heures, juste parce que décrypter le mystère derrière ses silences, le sentiment derrière ses gestes, l'intention derrière ses regards était fascinant.

Mais il faudrait encore que j'attende qu'on la conduise en haut avant d'aller à elle car je ne voulais pas attirer l'attention en ayant l'air trop empressé.

Les favorites n'étaient que des chasses gardées.

Ce que je ressentais pour Bella allait déjà bien au-delà mais personne ne devait le savoir.

Elle n'était pas qu'une distraction, qu'un passe-temps. Son corps et son sang m'attiraient irrésistiblement, c'était un fait, mais je voulais plus que ça. Beaucoup plus que ça.

Je voulais tout d'elle, mais, cette fois, je ne voulais pas juste prendre de force. Je voulais apprendre tout ce qui m'était possible et qu'elle me donne le reste, de son plein gré.

De mon côté, je lui avais déjà donné plus qu'à quiconque. Elle savait maintenant sur moi et ma famille des choses qu'aucun humain n'avait jamais su sans mourir ou devenir l'un des nôtres…

Un attachement bien moindre était suffisant d'ordinaire pour motiver une transformation mais je refusais d'y penser pour l'instant même si je savais qu'il faudrait bientôt se poser les bonnes questions. J'étais peut-être aveugle, mais je n'étais pas fou. Je savais pertinemment que les choses ne pourraient pas durer ainsi indéfiniment.

Jasper allait beaucoup mieux et nous n'étions pas chez nous ni réellement en sécurité à Volterra.

Nous allions devoir repartir tôt ou tard…

Alice avait raison : il me faudrait bientôt prendre une décision. Une décision grave qui bouleverserait peut être notre vie à tous.

Une décision trop importante pour la prendre maintenant de toute façon, car après ces onze heures passées à combattre son attraction, l'envie de Bella était devenue un besoin et me rendait légèrement incohérent.

L'écouter ne me suffisait plus.

De lourds nuages s'amoncelaient au nord et un premier roulement de tonnerre me tira de mes idées noires, me faisant réaliser qu'une voix approchait de ma chambre. Une de celles que je bloquais autant que faire se peut, ce qui expliquait que je ne l'ai pas perçue plus tôt : Jane.

J'espérai, les mâchoires crispées, que son but ne soit pas ma porte mais tous mes espoirs s'envolèrent quand on y frappa deux coups secs.

Il me fallut beaucoup de volonté pour aller ouvrir en cachant sous un masque d'indifférence la rage que je ressentais à l'idée que je serais en retard ce soir. Car je savais déjà ce qu'elle allait dire avant même qu'elle n'ouvre la bouche.

« Aro te demande. »

Elle n'attendit même pas ma réponse pour me tourner le dos et repartir mais elle savais que je la suivrais. Et c'est ce que je fis, en serrant les poings, car on ne refusait rien à cette fille, sauf si on souhaitait le regretter amèrement par la suite.

Je marchais deux mètres derrière elle, les yeux prudemment rivés sur sa nuque.

Jane semblait peut-être fragile mais c'était l'une des créatures les plus dangereuses et hideuses que je connaisse. Elle devait être à peine entrée dans l'adolescence au moment de sa transformation mais, à cet âge déjà, son frère Alec et elle avaient eu plus de meurtres à leur actif que vous ne pouviez l'imaginer. Leur duo diabolique avait fait des ravages en Ecosse.

Et, contrairement à ce qu'on pourrait penser, ce n'était pas Alec qui tuait leurs victimes. Lui, se contentait d'user de son physique de jeune éphèbe pour aveugler et séduire de riches bourgeois ou des jeunes filles de bonne familles puis de regarder sa sœur prendre son pied à expérimenter sur eux les pires tortures dans le seul et unique but qu'ils souffrent le plus fortement et le plus longtemps possible avant de mourir.

Ils allaient être brûlés vifs pour sorcellerie quand Aro les avait trouvé et, aidé par Eléazar, avait découvert leur potentiel. Un don destructeur qu'il avait maintenant à sa disposition depuis plus de cinq cents ans et qui assurait sa suprématie dans notre monde.

Personne ne pouvait tenir tête aux Volturi avec Alec qui pouvait couper n'importe qui de toutes ses perceptions et Jane qui était capable de faire ressentir la douleur de mille morts en un seul regard. Je n'avais personnellement jamais expérimenté leurs talents mais je n'étais pas pressé d'y gouter. Cela motivait en partir ma décision de ne pas écouter ce qui se passait dans la tête de Jane… ça et le fait qu'elle était une punaise nuisible et que ses pensées étaient aussi noires que l'âme qu'elle avait perdu depuis longtemps.

De toute façon, je savais pourquoi Aro me faisait convoquer. J'étais même surpris qu'il ne l'ait pas fait plus tôt.

Il m'avait confié une mission et le fait qu'il me laisse ainsi les coudés franches était inhabituel.

Jane me guida directement vers le sanctuaire, suivant un chemin immuable que seuls pouvait parcourir les invités ou les condamnés. Et, pour une raison que je ne m'expliquais pas bien, j'avais l'impression ce soir d'appartenir à la deuxième catégorie…

Je n'avais pas grand-chose à apporter à Aro et il en serait fâché. C'était à prévoir.

Mais je n'en avais rien à foutre. Je craignais surtout qu'il ne lise en moi mon attachement à Bella et ne décide de s'en servir d'une manière ou d'une autre.

J'étais perceptiblement tendu quand j'entrai dans la grande pièce.

De hauts candélabres dispensaient une lumière diffuse et sinistre qui chassait à peine les ombres et l'orage qui grondait maintenant au-dessus de nos têtes n'égayait pas le tableau. Cette ambiance faisait partie de la mise en scène et j'aurais dû y être habitué depuis le temps mais un frisson me parcourut malgré moi. A l'extrémité opposée de la pièce, les trois imposants fauteuils de bois sombres étaient vides. Aro était assis à un bureau sur ma droite, adoptant une posture décontractée, lisant ce qui me semblait être un ancien traité chinois sur l'art de la guerre.

S'il n'était délibéré, ce choix de lecture avait au moins l'avantage d'être ironique.

Son garde du corps, si tant est qu'il en eut besoin, Félix, était debout, immobile, derrière lui et me regarda entrer d'un œil froid et distant. Je détestais ce type. Il était stupide et arrogant et n'avait nulle autre utilité ici que d'être une force de la nature. Ce qui ne lui serait cependant d'aucune utilité face à moi qui pouvait prédire le moindre de ses mouvement avant même qu'il ne l'amorce. C'est pour cela que, malgré son envie de me botter les fesses, il n'avait jusqu'à présent jamais essayé quoi que ce soit contre moi. Ce qui ne l'empêchait pas de penser aussi fort que possible toutes les saloperies qu'il crevait d'envie de me dire.

Mais je m'en foutais.

Une fille, humaine, était assise sur le bureau à côté d'Aro. Ses jambes hautement dénudées croisées avec assurance et le dos arqué en une posture sensuelle, elle affichait un regard avenant que démentaient ses pensées.

putain, encore un… je ne vais pas pouvoir tenir encore longtemps à ce rythme…

Je plissai le nez de dégout.

Il était peut-être courant ici qu'on partage le sang lors d'une entrevue mais il était hors de question que je goute cette fille. Qui sait qui l'avait eu avant ?

Remarque… celui-ci n'est pas mal…

Je secouai la tête en me retenant de grogner. Pourquoi était-ce si facile d'entendre toutes ces pensées insignifiantes ?

Jane fit encore quelque pas pour m'indiquer que je devais approcher.

Aro daigna enfin lever le nez de son livre et m'accueillit avec un large sourire.

« Edward ! » s'écria-t-il en se laissant aller en arrière contre le dossier de son fauteuil.

« Aro. » saluai-je sobrement en hochant la tête.

Puis je décidai de m'amuser un peu et saluai avec un sourire narquois et un signe de tête le cerbère derrière lui.

« Félix. »

trou du cul…

Je me retins d'éclater de rire. Ses insultes devenaient de moins en moins raffinées avec le temps. Je ne perdais pas l'espoir qu'il perde un jour le calme qu'il affichait déjà si difficilement et me fournisse enfin le parfait prétexte pour lui en coller une.

L'offense ne viendrait pas de moi ceci dit… enfin pas directement. J'avais une réputation à défendre et ne voulais pas que ma conduite entache celle de mon clan.

Aro suivit mon regard et, se tournant vers monsieur muscle, lui parla de sa voix mielleuse.

« Félix, laisse-nous s'il te plait. »

Mon sourire s'étira en voyant la crispation sur le visage de mon adversaire.

« Jane, ma chère, accompagne-le. Edward et moi avons des affaires importantes et secrètes à discuter. »

Mon sourire se figea quand l'agacement quitta les traits de Félix pour être remplacé par de la curiosité. Je n'aimais pas ça. Je ne voulais pas qu'il se pose de questions et ne découvre Bella. Je ne le laisserais jamais l'approcher, évidemment, mais je refusais l'idée même que cette andouille pense à elle.

Je suivis les deux silhouette alors qu'elles quittaient la pièce et me retournai de mauvais gré vers Aro quand il s'adressa à nouveau à moi.

« Alors, où en sont tes investigations ? »

Je fronçai les sourcils.

Il voulait que je lui dise de vive voix…

Il ne s'encombrait pas de paroles en général et, même si ça faisait bien mes affaires pour l'instant, je fus surpris et marquai un temps avant de répondre, son regard perçant fixé sur moi alors qu'il avait joint ses mains devant son visage cireux.

« Je n'ai pas appris grand-chose pour le moment…» commençai-je. « La fille est journaliste. Il semble qu'elle ait découvert quelque chose concernant les clubs. »

Je me tus un instant, réalisant que j'en savais effectivement bien peu. Tout le mystère de la raison de la présence de Bella ayant complètement été occulté de mes pensées depuis que je l'avais touchée pour la première fois.

« Elle m'a parlé d'une sorte de commerce du sang dont elle voulait faire un article. Ella a entendu, je ne sais pas comment, parler de Volterra mais je suis presque certain qu'elle n'avait pas entendu parler de vampires avant qu'on ne l'amène ici.

- Comment a-t-elle repéré les clubs ?

- Je ne sais pas… »

Aro plissa les yeux et sourit d'un de ses faux sourires, un peu tordus, qui ne présageaient rien de bon.

« Tu ne sais pas ? Tu as pourtant eu beaucoup de temps pour creuser la question. »

Je redressai le menton, n'appréciant pas du tout son ton mielleux et son insinuation.

« Cette fille ne savait pas pour nous. » répondis-je, catégorique. « Elle n'est pas une menace. J'ai donc pensé qu'il ne servait à rien de chercher plus loin et qu'il fallait la traiter comme les autres. »

Aro se tapota le menton avec ses doigts joints.

« Ce n'était pas à toi d'en décider, mon très cher Edward… Cette humaine résiste à ton don. Peut-être te cache-t-elle encore beaucoup de choses. »

Je me raidis.

« J'en doute, Aro. Cette fille est complètement subjuguée. J'en fais ce que je veux et je peux t'assurer qu'elle ne me cache rien. »

Je me dégoutai.

Je devais pourtant jouer cette carte pour convaincre Aro. Je n'étais pas réputé pour mon tact envers les femmes et il n'y avait pas de raison que j'ai changé.

Il m'observa en silence quelque seconde.

« Je te crois… » dit-il finalement en écartant les mains comme s'il venait de dénouer la tension de cette situation.

J'avais beau être soulagé, j'en restais tout de même surpris.

Il était trop rare qu'Aro ne vérifie pas par lui-même les choses. Un geste, un contact lui aurait suffi pour confirmer ma version. Je ne savais rien de plus de toute façon. Je détestai qu'il me touche mais je ne comprenais pas pourquoi il ne le faisait pas.

Un frisson descendit le long de mon dos, comme une sensation étrange qu'il se passait quelque chose.

« J'aimerais cependant que tu découvres ce qui l'a mise sur la piste de notre réseau. Quelqu'un a dû être indiscret quelque part et je veux savoir qui. »

Je hochai la tête pour lui signifier mon accord.

Je ne voulais pas que cet entretien s'éternise. S'il avait ce qu'il voulait, qu'il me laisse tranquille maintenant.

Mais il n'en avait visiblement pas fini avec moi. Il s'appuya à nouveau contre son dossier.

« D'où vient-elle ?

- Seattle. » répondis-je, de plus en plus pressé de sortir d'ici.

« Tiens donc… si près de chez toi… »

Où voulait-il en venir ?

Je plissai les yeux et crispai les poings.

« Quelle drôle de coïncidence, n'est-ce pas ? Retrouver une de tes compatriotes si loin … Le monde est terriblement petit. »

Son ton condescendant me donnait la nausée. Discuter du destin avec lui était la dernière chose dont j'avais envie.

« Je t'avoue tout de même que je suis surpris… et amusé.

- Pourquoi ? » demandai-je en essayant de garder mon calme.

« La dernière fois que nous nous sommes vus, je n'aurais pas parié cher sur la vie de cette humaine. Tu étais en colère et son sang avait un tel pouvoir sur toi que je m'attendais à ce que l'on vienne m'annoncer sa mort avant l'aube de la première nuit.

- Tu m'as donné un ordre. » grognai-je. « La tuer aurait laissé tes questions sans réponse.

- Et tu me vois heureux qu'elle soit toujours en vie ! » s'exclama-t-il joyeusement. « Je n'en suis néanmoins pas moins admiratif devant ton contrôle Edward. Gouter cette fille sans la vider entièrement doit te demander une volonté que je t'envie. Carlisle doit être très fier de toi.

- Probablement. »

Il sourit à ma réponse laconique.

« Ta résistance est bien plus élevée que celle de ton frère. » continua-t-il.

« Jasper fait de son mieux. » contrai-je. « Et la voie qu'il a choisi l'honore étant donné les difficultés qu'il rencontre.

- J'ai appris qu'il faisait beaucoup de progrès ceci dit. Eléazar les a emmenés, lui et son inestimable épouse, tester son contrôle à Rome ce soir… rien de tel qu'une métropole pour s'immerger dans toutes ces fragrances humaines envoutantes. »

Alice et Jasper avait quitté la cité ?

Première nouvelle.

Aro éclata d'un rire joyeux.

« Il est vrai que j'ai du mal à vous comprendre ! Ce cher Carlisle est un utopiste de la première heure et je l'accepte tel qu'il est mais je n'avais jamais imaginé qu'il ferait des émules ! Sa famille est pour moi un perpétuel sujet de fascination ! Enfin, presque toute sa famille, car nous savons toi et moi que tu en es un peu le mouton noir. Ce qui n'est pas pour me déplaire d'ailleurs. »

Je serrai les dents pour ne pas répondre.

Qu'il pense que j'avais déjà mordu Bella était à mon avantage. Je ne devais pas le démentir en laissant paraître ma tension dans mes paroles.

Il huma l'air.

« Son odeur est partout sur toi… » murmura-t-il, la mine gourmande. « Ta favorite sent vraiment très bon. Si elle n'était pas déjà à toi, j'aurais adoré faire sa connaissance. Elle doit avoir un gout incroyable n'est-ce pas ? »

Que cherchait-il exactement ? A me rendre dingue ?

Une nouvelle fois, l'idée désagréable qu'il aurait pu avoir un aperçu d'à quel point ma relation avec Bella était délicieuse rien qu'en me touchant, me traversa l'esprit. Aro était un voyeur invétéré d'habitude.

Il inspira encore profondément.

« Délicieuse… » fredonna-t-il en fermant les yeux. « Mais, heureusement pour moi, ce ne sont pas les jeunes femmes délicieuses qui manquent ! Vois-tu, ma chère Mary ici présente est un vrai trésor. »

Il se leva et enserra affectueusement le cou de la fille sur son bureau qui inspira brusquement. Elle était terrifiée…

« Je n'en doute pas. » dis-je en tentant de garder mon calme.

« Te plairait-il de te joindre à moi ? » demanda-t-il avec un demi sourire qui laissa entrevoir ses crocs.

Il était hors de question que je passe plus de temps ici.

Bella devait m'attendre depuis longtemps maintenant et cet entretien n'avait que trop duré. J'en avais ma claque de ces faux semblants ridicules ! Et mon malaise ne faisait que croitre.

« Non merci. » déclinai-je un peu rudement.

Aro sourit encore plus, une lueur de malice brillant dans ses yeux.

« Voyons Edward, juste un goutte pour célébrer notre entente. Je vois le sang animal danser dans tes yeux. Tu es tellement prudent avec ton humaine qu'elle ne te suffit pas. Mary est là pour remédier à ça… »

Mes yeux.

Merde !

Je n'avais pas bu de sang humain depuis cette soirée à Pise. Et la quantité était probablement insuffisante pour contrebalancer le sang des cerfs que j'avais chassé ces deux derniers jours. Mon regard, même s'il était continuellement assombri par l'envie inassouvie que j'avais de Bella, ne pouvait pas passer inaperçu d'un ancien comme Aro Volturi.

Il savait que je n'avais pas bu le sang de Bella. Pas dernièrement en tout cas…

Il jouait la comédie et son sourire factice n'avait pour but que de me duper, de me faire perdre mon temps.

Pourquoi ?

Un voile se leva alors brusquement et un son affolé empli mes oreilles. Ce son, ce battement sourd, je le connaissais parfaitement pour l'avoir laissé me bercer depuis une semaine, pour l'avoir cherché, analysé, espéré pendant des jours… le cœur de Bella.

Et il battait vite.

Elle avait peur.

Comment avais-je pu me laisser berner ainsi ?

Le sourire d'Aro s'élargit quand la rage traversa mon regard. Il savait. Il avait fait exprès de me maintenir ici pendant que quelque chose se passait qui mettait ma Bella dans cet état de panique. Le salaud !

Voilà pourquoi il ne m'avait pas touché ce soir.

Je me coupais généralement des pensées des Volturi pour éviter les ennuis et, quand bien même j'aurais essayé de lire en lui, Aro était assez fort pour me bloquer. J'en eus la preuve quand j'essayai de voir dans son esprit quel piège il m'avait tendu.

Mais, s'il m'avait touché pour connaitre mes pensées, il aurait dû baisser sa garde et j'aurais vu clair dans son jeu.

Mon sang bouillait littéralement dans mes veines comme si la fureur ramenait mon corps à la vie.

Les mâchoires verrouillées et les poings durement serrés pour m'empêcher de lui sauter à la gorge et de déclencher une guerre que je perdrais, je fixai cet être abject en commençant à m'approcher de la sortie.

« Je n'ai pas soif » grondai-je, au bord de la crise.

Aro haussa les épaules et se détourna de moi pour plonger ses yeux carmin dans le regard effrayé de l'humaine toujours assise sur son bureau.

« J'ai bien peur que ce ne soit que toi et moi, ma chère, ce soir. Edward est espéré ailleurs. C'est bien dommage… pour toi.»

Le cœur de la fille fit une embardée mais il ne parvint pas à couvrir celui de Bella qui, dans mes oreilles, battait un rythme de plus en plus frénétique.

Encore quelques pas et je serais dehors. Je pourrais courir et la rejoindre en à peine quelques secondes. Aro me tournait le dos. Il me donnait donc congé.

« Ne traine pas trop, très cher Edward » murmura-t-il encore alors qu'il se penchait vers la jeune fille en la tenant fermement par la gorge. « Tu connais le dicton, non ? Qui part à la chasse… »

Putain !

Il n'eut pas besoin de finir sa phrase.

J'étais déjà sorti.

J'aperçu fugacement Alec alors que je m'éloignais du sanctuaire à toute vitesse. Si ce fils de pute avait été dans les parages, je m'expliquai mieux pourquoi je n'avais pas perçu plus tôt la détresse de Bella. Je le tuerais pour ça. Mais plus tard car, pour l'instant, je devais courir.

On m'avait tendu un piège.

On avait voulu me couper de mon humaine.

C'était un putain de test et j'avais bien peur d'avoir échoué !

Je localisai rapidement Bella, sa voix m'étant parfaitement audible maintenant. Elle était encore dans le salon du haut. Il n'était pas trop tard.

« Il est hors de question que j'aille avec vous ! J'appartiens à Edward ! »

Sa voix était déterminée mais rauque. Je la connaissais assez maintenant pour savoir que c'était un signe de nervosité chez elle. Et n'importe quel vampire de ce château devait déjà savoir qu'elle était terrifiée rien qu'à entendre son rythme cardiaque.

La voix qui lui répondit confirma mes doutes et me fit courir encore plus vite.

« Mais il n'est pas là ma jolie. Et il va bientôt regretter de ne pas avoir marqué son territoire plus tôt. »

Félix.

Il était mort.

Ma vision se teinta de rouge sous l'effet de la fureur.

Bella poussa un cri.

« Lâchez moi ! »

S'il avait osé poser une main sur elle, j'allais causer un véritable bain de sang.

La porte du gynécée alla s'écraser contre le mur quand je l'envoyai valser sur mon passage et il me suffit d'une fraction de seconde pour embrasser la scène entière des yeux.

Le regard indifférent d'Heidi, les favorites toutes tournées vers l'entrée qu'elles dévisageaient tantôt avec cynisme, tantôt avec frayeur et, au centre, la main injurieuse de cette ordure de Félix refermée sur le bras de Bella qui se débattait comme elle pouvait.

Tous stoppèrent leur mouvement à mon approche.

Félix se redressa mais ne cessa pas de la toucher.

Le fait que je ne lui ai pas encore arraché le bras était purement incompréhensible.

« Elle t'a dit de la lâcher. » grondai-je.

Il me répondit avec un sourire suffisant.

« Tiens, voilà le trouble-fête… Je ne pensai pas te voir rappliquer si vite. »

Bella tentait encore de se dégager. Sa peau bleuissait déjà là où il la tenait serrée.

Je réprimai mal un grondement sourd.

Félix éclata de rire.

« Alors, Cullen, on ne serait pas jaloux par hasard ? Elle doit être très spéciale si tu te mets dans cet état pour elle. »

Il se tourna vers Bella est caressa son visage de sa main libre. Elle le gifla sans ménagement, ce qui amplifia son rire.

« Mais c'est une vraie tigresse ! J'ai hâte de voir ce qu'elle vaut.

- Tu ne verras rien du tout. » tonnai-je. « Cette fille est à moi.

- Ce n'est pas ce qu'on raconte. »

En une fraction de seconde, je revis dans sa tête Jane lui apprendre que le bruit courait que je n'avais pas mordu mon humaine. Il n'en avait pas fallu plus pour que ce débile se précipite ici pour tenter de prendre ce qui était à moi, persuadé qu'il y parviendrait.

Mais mon arrivée inopinée changeait ses plans.

Tant que Bella n'était pas sortie du gynécée avec lui, et tant qu'il ne l'avait pas mordue, elle ne lui appartenait pas. Il savait cela et envisageait maintenant de planter ici ses crocs dans sa gorge. Il s'imaginait déjà la tuer sous mes yeux juste pour voir l'effet que ça me ferait.

Ma vue se brouilla à nouveau sous l'effet de la fureur.

« Fais ça et tu es mort. » grondai-je.

Il me connaissait. Il savait très bien que j'avais lu ses intentions en lui.

« Et comment comptes-tu m'en empêcher ? » dit-il en souriant méchamment.

Je ne pouvais pas me jeter sur lui tant qu'il tenait encore Bella si serré. Elle serait blessée, inévitablement.

Il ne restait qu'une solution pour éviter le bain de sang. C'était quitte ou double.

Je n'espérais qu'une chose : que Bella me comprendrait et me suivrait sur ce coup-là.

Je me redressai et fourrai les mains dans mes poches pour ne pas qu'il voit mes poings serrés à l'extrême.

« Je ne t'en empêcherai pas. Je n'aurais pas besoin de me salir les mains. Tu connais les règles. »

Il cilla, son visage se crispant fugacement.

« Les règles ne protègent pas ces filles. » contra-t-il.

« Les favorites, si. » répondis-je, sûr de moi.

« Cette pute n'est pas ta favorite ! »

Il cherchait à me pousser dans mes derniers retranchements. Ses pensées, qu'il ne parvenait pas à me cacher, me firent comprendre que j'étais dans le vrai.

allez vas- y Cullen, rentre-moi dedans…Viens me chercher pour que j'ai enfin une excuse pour te démolir…

Je fis un pas vers lui. Il se redressa de toute sa taille, comme s'il croyait m'impressionner, ce con.

« Isabella Swan est à moi. » assénai-je, implacable. « Son sang m'appartient et je peux t'assurer que je n'ai jamais rien gouté de tel en plus de cent ans. Je suis libre de faire d'elle ce que je veux, de la baiser quand je veux, de la mordre où il me plait et je ne m'en suis pas privé. Celui qui t'a dit le contraire t'a menti. Touche-la encore et tu es mort. »

Je vis nettement sa détermination faillir. Suffisamment en tout cas pour qu'il desserre un instant sa prise.

Et il avait à peine lâché le bras de Bella que je le pris par surprise en lui rentrant dedans de plein fouet. Il alla s'écrouler contre le mur, quelques mètres plus loin, fracassant deux pots de fleurs sur son passage. Ma colère montait en flèche maintenant qu'il était accessible.

Il allait payer pour ce qu'il venait d'essayer de me faire.

Tant pis pour les conséquences.

Je le toisai de toute ma hauteur, savourant l'ahurissement et la confusion sur ses traits, les cris de frayeur dans la salle. J'aimais cet aura de panique qui galvanisait ma colère, la rendait légitime.

Il se releva rapidement, reprenant du poil de la bête.

« Tu n'aurais pas dû faire ça. » rugit-il, faisant un pas vers moi.

Viens salopard, je t'attends !

Heidi s'interposa alors.

« Messieurs, je vous en prie. Pas de ça ici. Il est interdit de se battre dans l'enceinte. Je vais devoir en référer à Aro. »

Non ! Pas maintenant !

Je voulais plus que tout réduire ce minable en charpie, le dépecer et bruler les morceaux, pour lui apprendre à respecter mes limites. Ma colère se détourna immédiatement vers l'intendante qui faisait obstacle à ma juste vengeance.

Mais, quand une main soyeuse et chaude s'enroula autour de mon biceps tendu, une onde d'apaisement me traversa immédiatement, me ramenant à la raison petit à petit. Et, quand Bella pressa son corps brûlant contre mon dos, je réalisai qu'elle était là, saine et sauve, qu'elle était la cause de cette situation mais qu'elle en était aussi le but.

J'étais là maintenant, et tant que ce serait le cas, personne ne me la prendrait.

C'est le nom d'Aro qui musela Félix. Il était bravache et belliqueux mais il craignait l'autorité et savait qu'il risquait gros s'il enfreignait les règles. Les favorites étaient protégées. Il avait toujours des doutes quant à la légitimité de mon lien avec Bella mais il pensa qu'il n'était pas entièrement sûr de son bon droit ici, les insinuations de Jane n'ayant été basées que sur la dénonciation faite par une autre humaine… Irina.

Je la cherchai du regard et la trouvai dans un recoin, observant la scène avec une mine dégoutée.

C'était la sœur de Tanya.

J'aurais dû m'en douter. Il fallait que quelqu'un ait mis la puce à l'oreille de mes congénères pour qu'ils aillent mettre ma parole en doute ainsi.

Irina blêmit quand elle remarqua que je la regardai avec autant d'insistance. Il faudrait que je règle son cas plus tard.

Elle paierait sa fourberie, d'une manière ou d'une autre, car elle avait voulu nuire à Bella pour venger sa sœur.

Mais, pour l'heure, seule comptait la chaleur de Bella qui se rependait doucement dans mon corps. Je passai un bras autour de sa taille et l'entrainai vers la sortie.

« Nous en avons fini ici. » dis-je d'une voix basse à l'intention de Félix qui me regardait toujours de son regard assassin. « Je compte sur toi pour expliquer toute cette merde à Aro.»

Il grogna mais j'étais déjà dehors, portant presque Bella pour l'éloigner vite d'ici.

Ce ne fut qu'une fois dans ma chambre que je relâchai un souffle crispé et nerveux. Silencieuse, Bella me regarda faire les cent pas quelques instants avant de prendre la parole.

« Tu vas bien ? »

J'éclatai d'un rire sans joie, me figeant face à elle en passant une main nerveuse dans mes cheveux.

« C'est plutôt à toi que je devrais poser la question. » rétorquai-je, posant les yeux sur son bras.

J'effleurai d'un doigt prudent la marque violette sur son bras droit et le grognement qui m'échappa n'avait rien d'humain.

« Je vais bien… » murmura-t-elle d'une voix rassurante.

Je sentis tout mon visage se crisper en une grimace de dégout. Comment pouvait-elle aller bien après ça ?

Je me détournai d'elle de peur d'avoir brutalement besoin de passer mes nerfs sur quelque chose. Mieux valait qu'elle ne soit pas trop proche de moi à ce moment-là.

Le silence s'étira à nouveau entre nous.

« Qu'est-ce qui s'est passé ce soir, Edward ? Où étais-tu ? » finit-elle par demander d'une toute petite voix.

Je soupirai de frustration. J'aurais dû être là. Tout ça n'aurait jamais dû arriver.

Ce ne serait pas arriver si…

« Dis-moi… » insista-t-elle.

« On m'a tendu un piège. » grondai-je bassement.

« Un piège ?

- Oui… Aro m'a convoqué à l'heure où j'aurais dû venir te retrouver et ça a laissé le temps à Félix de faire cette tentative stupide.

- Et Alice n'a pas vu ça venir ?

- Alice est partie pour quelques temps. Je pense que son absence a été provoquée à dessein. Ça faisait partie de leur plan.»

Bella semblait perdue.

Evidemment, elle ne connaissait pas les tenants et les aboutissants de cette histoire. Donc comment aurait-elle pu comprendre ? Je ne pensais pourtant pas que c'était maintenant le bon moment pour lui apprendre que sa présence ici était le fait d'Aro Volturi qui voyait en elle une hypothétique menace pour notre espèce et m'avait confié la mission de tirer d'elle toutes les informations possibles sur sa présence.

Il y aurait un temps pour faire cet aveu.

Plus tard.

« Pourquoi ont-ils fait ça ?

- Pour me tester. Pour me pousser à enfreindre les règles… Si j'avais tué Félix ce soir, il aurait fallu que je paye… »

Bella ne posa pas de question mais elle pencha la tête sur le côté pour m'inciter à poursuivre.

« Aro convoite mon don de télépathie depuis longtemps maintenant… »

Nouveau regard perplexe.

Si je voulais qu'elle comprenne, je devrais être plus clair.

« Il aime s'entourer d'alliés puissants. Quand il rencontre un des nôtres avec une aptitude qui pourrait lui être utile à asseoir son pouvoir, il l'enrôle dans sa garde. D'ordinaire, les vampires qu'il choisit sont honorés mais j'ai refusé son offre il y a longtemps. Il ne peut pas me forcer à quitter mon clan. Il a donc officiellement renoncé mais espère toujours me faire plier un jour. Il ne lui manque qu'un prétexte pour m'y obliger. Je ne doute pas qu'il aurait proposé mon engagement comme alternative à la mort au cours de mon procès.

- Des procès ? Les vampires ont des tribunaux ? » s'étonna-t-elle.

« Ce ne sont que des simulacres, Bella. Aro et ses frères manipulent la vérité comme ça leur chante. »

Je sentais ma colère remonter dangereusement maintenant.

« Mais pourquoi pensaient-ils que tu aurais tué ce Félix ? » demanda-t-elle, soudain plus sérieuse.

Je la fixais attentivement.

Elle venait de vivre une expérience éprouvante. Son corps portait les stigmates de ses rencontres avec mon espèce et son monde s'écroulait totalement, mais elle ne semblait pas s'en soucier le moins du monde. Elle semblait calme. Son souffle était régulier et son cœur battait la mesure habituelle qu'il avait en ma présence… du moins quand je ne la touchais pas ou quand je n'étais pas trop proche. Et je réalisai alors qu'il avait retrouvé ce rythme dès que j'étais entré dans le gynécée tout à l'heure.

Félix la tenait encore à sa merci mais elle s'était calmée… à ma venue.

Elle avait confiance, en moi.

Je lui devais la vérité. Ou tout du moins une partie.

« Parce qu'ils pensent que tu es importante pour moi… »

Elle écarquilla les yeux imperceptiblement et, cette fois, son cœur fit une légère embardée.

« Pourquoi ? » demanda-t-elle d'une voix étranglée.

Je secouai la tête en souriant ironiquement.

Elle voulait vraiment me le faire dire, hein ?

« Parce que je suis différent avec toi. Et parce qu'on leur a dit que je ne t'avais pas encore mordue… Ce n'est pas normal. Aro sait l'attrait que ton sang a sur moi. Il l'a ressenti car il en a le pouvoir. La seule explication au fait que tu sois encore en vie malgré notre…rapprochement, c'est que tu comptes suffisamment pour moi pour que je combatte mon instinct. Ils voulaient s'en assurer. Si j'avais perdu mon calme ce soir, ils auraient compris qu'ils avaient sur moi un moyen de pression. »

Elle déglutit péniblement.

« Moi. »

Je hochai la tête.

« Je suis une faiblesse… ta faiblesse… »

Ses yeux se perdirent dans le vague et j'y lus un mélange d'émotions extraordinaire : de la tristesse, du la colère, du dégout…

Elle venait de mettre le doigt là où ça faisait mal parce qu'elle avait raison et je ne savais pas comment réagir face à ça. Je devais la rassurer dans un premier temps.

« Mais j'ai su me contrôler ce soir.

- Tu as projeté ce type sur dix mètres ! » objecta-t-elle.

« Ce n'est rien ça, Bella. J'aurais pu faire bien pire, crois-moi. Ça passera pour une querelle de territoire. Il n'y a aucune preuve que ce soit plus. » tempérai-je.

J'étais à peu près certain de ça. J'avais beau me rejouer la soirée dans ma tête, je pensais que je n'avais rien dit ou fait qui puisse prouver mon attachement à Bella. J'étais égoïste et renfermé, c'était de notoriété publique. Il n'y avait rien d'extraordinaire à ce que je me batte si on voulait me défaire de ce qui était à moi.

« Mais ils recommenceront… » murmura-t-elle. « Parce que tu n'as pas été indifférent non plus. Je suis un moyen de pression, tu l'as dit. »

Je serrai les dents parce que je ne savais pas quoi répondre à ça.

Elle avait raison.

« A moins que… » commença-t-elle, le regard perdu à nouveau dans le vide.

« Quoi ? » insistai-je face à son silence.

Elle se redressa et prit une profonde inspiration comme pour se donner du courage.

« Il y a un seul moyen pour qu'ils ne m'utilisent pas pour t'atteindre… »

J'avais peur de voir où elle voulait en venir.

Je ne voulais pas entendre ces mots dans sa bouche car ils feraient à coup sûr voler en éclat le peu de volonté qu'il me restait.

Elle fit un pas vers moi et, comme lors de notre première nuit, je reculai d'autant, crispé au maximum.

« Ne le dis pas ». grondai-je entre mes dents serrées.

Elle était pourtant déterminée quand elle lâcha cette bombe entre nous deux.

« Fais en sorte que tout le monde voit de façon certaine que je t'appartiens… »

Je grondai férocement. Elle trembla mais ne recula pas.

« Mords-moi, Edward… Fais-moi tienne… complètement. »


Donc, là, ok, y a cliffhanger mais c'est fait exprès ;)

Comme je le disais plus haut, ce chapitre ne devait pas se terminer là mais je ne peux vraiment pas écrire la suite maintenant. Donc c'était soit ça soit attendre trois semaines...

Je pense que vous vous doutez toutes de ce qui vous attend au prochain chapitre et je ne veux pas bâcler cette scène qui est, à mon avis, bien plus importante que toutes les scènes de rapprochement ou tous les lemons que j'ai écris jusque là. Je veux que ce soit intense et parfait (enfin autant que possible) donc je vais prendre le temps de l'écrire.

Votre avis m'intéresse cependant encore une fois: de quel POV souhaiteriez-vous que je l'écrive?

On reste sur Edward?

Bella?

Les deux?

C'est le moment où jamais de me le dire, apès ce sera trop tard ^-^

Mon souhait pour Noël et la nouvelle année serait que ma fic dépasse les 200 reviews... Vous croyez que c'est possible?

Alors à vos claviers tout le monde!Oui oui, même vous qui ne l'avez jamais fait encore, je vous attends.

Joyeux Noël et bonne année à tous! Je vous envoie tous mes voeux de réussite et de bonheur.

On se retrouve en 2014.

Lily