Salut tout le monde!
Et oui, me revoilà déjà! Alors je vous préviens tout de suite: ce chapitre est un des plus courts de l'histoire mais il est (selon moi) important et a son unité donc ceci explique cela ^-^
Petit flashback pour resituer: Edward vient de mordre Bella et ça a eu des conséquences inattendues (mais qui vous ont plu, youhou!), à commencer par le fait qu'il puisse entendre ses pensées. Donc, avant de rentrer dans les prochains ennuis, il me semblait important de se pencher un peu là-dessus et sur ce que ça change entre eux.
J'espère vraiment que vous ne serez pas déçues.
Je veux maintenant crier mes remerciements à karima rk qui a patienté devant son ordi depuis des semaines pour pouvoir signer la 200ème review. Je t'adore ma belle et ne te remercierai jamais assez du soutien que tu me donnes depuis déjà si longtemps!
Halay, Kinoum, Puceron52, Marine, Estelle7, Little-Library, Kyssou, Kadronya, mmccg, Lily-Rose-Bella, Mel Bay, Canada02, Bellou Pattinson et Sochic88, merci les filles d'être toujours là fidèles au poste. Mes petits mots sont dans vos boites perso.
A celles qui n'ont pas de compte: Laau (contente de te retrouver!Ta review super enthousiaste m'a fait sauter de joie), so06 (ce chapitre là tu peux le lire en journée sans problème!), sm33 ( toujours pas d'apparition de la famille Cullen dans ce chapitre mais on commencera à en parler bientôt), Flopy69 (salut! Ce chapitre répondra à ta question. J'espère qu'il te plaira), et Guest (merci de m'avoir laissé un mot. Recommence quand tu veux!)
Et, pour une fois, je vous embrasse aussi, vous tous qui lisez (fidèlement ou pas) ma fic sans laisser de trace de votre passage après.
Bisous
Lily
Les personnages appartiennent à Stephenie Meyer
Chapitre 14- The way we fall
Pov Edward
Je croyais être passé maître dans l'art de décoder ses regards.
J'avais tort.
Les mains de Bella étaient toujours crispées dans mes cheveux, son regard était vide.
Mais ses pensées…
…tu ne peux pas entendre mes pensées ! Tu m'as dit que tu ne pouvais pas entendre mes pensées ! Putain de télépathe ! Je te jure que si tu m'as menti je te coupe les…
C'était trop drôle. On ne me menaçait jamais.
Je ne pus retenir un éclat de rire. Ce qui eut pour effet que Bella roula subitement sous moi pour sortir précipitamment du lit.
Surpris, je ne cherchai même pas à la retenir et la regardai, amusé ramasser par terre les lambeaux de ses vêtements avant de se rendre compte qu'elle n'en tirerait pas une pièce suffisamment large pour se couvrir et ne commence à tirer de toutes ses forces sur le drap sur lequel j'étais toujours allongé, la tête appuyée nonchalamment sur mon bras replié.
J'écoutais les injures fuser dans son esprit et une colère outrée enfler en elle. Et j'étais bien trop fasciné pour réagir et l'aider à obtenir ce qu'elle voulait en me levant.
Je pouvais lire ses pensées… Après des heures et des heures à avoir essayé sans succès, je pouvais maintenant savoir exactement ce qui se passait dans sa tête et ça m'émerveillait littéralement.
Elle cessa finalement ses efforts et croisa furieusement les bras sur sa poitrine, adoptant une position fière et distante malgré sa nudité. Ainsi nue et ébouriffée, le regard luisant de colère, elle était la créature la plus belle que j'ai jamais vu.
« Comment as-tu pu ? » demanda-t-elle en tentant de maitriser sa voix.
Elle aurait voulu crier mais était encore assez raisonnable pour savoir qu'il ne fallait pas trop attirer l'attention sur nous. A Volterra, les murs avaient des oreilles.
« Je ne sais pas… » commençai-je, sincère, mais elle m'interrompit immédiatement.
« Comment as-tu pu me mentir comme ça, Edward ? »
Je restai une seconde soufflé par son cri. Lui mentir ? Quand ?
Elle pensait que je pouvais lire dans ses pensées depuis le départ. Je voyais maintenant se dessiner dans sa tête une théorie selon laquelle j'avais tout inventé de toute pièce en un jeu tordu pour tromper mon ennui et boire son sang avec son consentement.
Je fus désagréablement surpris qu'elle pense ça et qu'elle ne m'accorde pas plus de crédit mais, ce qui me surprit le plus fut le sentiment qui m'envahit alors. J'étais déçu, vexé, quelle pense que j'avais pu lui faire ça. J'aurais dû ne rien en avoir à foutre mais non. Je ne voulais pas qu'elle pense ça de moi, je ne voulais pas qu'elle me croit capable de la duper volontairement.
Je voulais qu'elle ait confiance en moi.
Je me redressai brusquement, la faisant sursauter.
… putain de vampire !...
« Je ne t'ai pas menti. » répondis-je calmement.
Elle leva les yeux au ciel en poussant une petite exclamation incrédule puis replanta son regard directement dans le mien.
… Tu entends parfaitement mes pensées… j'aurais dû m'en douter… tu m'as menti !...
Cette fois ça suffisait. Il allait falloir qu'elle me laisse en placer une ou bien j'allais l'y forcer. J'avais toujours eu du mal à ce qu'on ne me laisse pas m'exprimer et à ce qu'on me tienne tête. Bella le faisait là ouvertement, dans ses paroles, dans ses actes et dans ses pensées, sans la moindre peur alors qu'elle s'en prenait à un vampire, bordel.
Agaçante et horripilante petite humaine fragile !
« Ne me force pas à répéter, Bella. » dis-je d'une voix plus froide que je ne l'avais voulu.
Mon foutu caractère avait repris le dessus et, malgré son attitude inchangée, je sentis clairement une onde de peur traverser son corps. Cela me calma immédiatement.
Je me tenais debout, nullement gêné par ma propre nudité face à elle, mais ne fit pas un pas pour m'approcher. Elle venait de se mettre sur la défensive car, instinctivement, elle avait toujours un peu peur de moi.
Je me radoucis alors, car je ne voulais pas lui faire peur… plus depuis un certain temps en tout cas.
« Je te jure que je ne t'ai pas menti, Bella. »
Elle plissa les yeux et frissonna. Elle avait froid.
La température de la pièce n'était qu'une information pour moi mais la nuit était maintenant bien avancée et la chaleur de la journée avait déserté la forteresse de pierre. La fraicheur faisait se dresser les poils de son corps là où sa peau avait été baignée de sueur durant notre étreinte passionnée. Mes yeux voyaient parfaitement cette manifestation de son inconfort et je voulus m'approcher pour l'envelopper dans le drap que je tirai rapidement du lit mais elle recula.
… explique-toi…
Je poussai un profond soupir.
Que voulait-elle que je lui explique ?
Je n'étais pas certain de comprendre moi-même ce qui se passait exactement.
« Je ne sais pas ce qui se passe. » commençai-je. « J'ai simplement commencé à t'entendre dès que j'ai… dès que je t'ai mordue. »
Elle fronça les sourcils mais ne détourna pas les yeux. Elle me jaugeait, elle essayait de lire dans mon regard si je lui mentais ou non et, quand ses épaules se détendirent imperceptiblement, j'eus la confirmation que ce qu'elle voyait la troublait.
… mon sang te donnerait accès à mes pensées ? C'est possible ?...
« Je ne sais pas ? » répondis-je en haussant les épaules. « Et je ne peux pas l'expliquer, mais tu es là. »
Je portais un doigt à ma tempe pour accompagner mes paroles.
Elle regarda mon doigt, puis mon bras, mon épaule et s'arrêta quand ses yeux se posèrent sur mon torse. Je ressentis alors un pincement en elle. Un curieux mélange de tristesse et de frustration.
« Qu'est-ce que c'était que ça ? » ne pus-je m'empêcher de demander.
Elle releva brusquement les yeux vers mon visage.
… Non ! Je n'aime pas ça ! Je ne veux pas qu'il entende tout ce que je pense…
Je crispai les mâchoires.
Elle me cachait quelque chose et j'avais une furieuse envie de découvrir ce que c'était.
… Je ne veux pas qu'il sache…
« Tu dois arrêter ça ! » s'exclama-t-elle, me coupant la fin de cette pensée.
Que ne voulait-elle pas que je sache ?
« Tu ne peux pas te balader comme ça dans ma tête, Edward !
- Je suis incapable de l'arrêter, Bella. Ce n'est pas comme ça que ça marche. »
Elle regarda désespérément autour d'elle.
… il faut que je me couvre, je ne peux pas rester là, je dois partir avant…
Je ne voulais pas qu'elle parte.
« Mais je peux ne pas écouter. » dis-je précipitamment en saisissant son poignet avant qu'elle ne s'éloigne. « Si tu ne veux pas que j'écoute, je n'écouterai pas. »
Elle ne savait pas si elle pouvait me croire sur ce coup-là mais je savais qu'elle le voulait. Elle ne voulait pas partir non plus mais elle avait peur. Et ce n'était pas de moi dont elle avait peur. Elle craignait que je ne découvre quelque chose sur elle.
Ma curiosité se disputait à mon envie d'elle.
Mais l'envie était la plus forte.
Je me coupai doncimmédiatement de ses pensées. Le vide qui m'envahit alors me parut immense.
Elle prit une profonde inspiration. Un long moment de silence passa sans que l'un de nous deux ne bouge.
« Tu ne peux vraiment plus m'entendre ? » demanda-t-elle et je regrettai tout de suite d'avoir loupé ce qu'elle avait dû penser à l'instant pour me mettre à l'épreuve.
Je secouai la tête lentement pour toute réponse et elle parut soulagée, même si elle me regardait toujours avec méfiance. Je pouvais presque sentir les barrières qu'elle essayait de dresser entre son esprit et moi, au cas où.
Elle me prit doucement le drap des mains et l'enroula autour de ses formes parfaites et, pour la deuxième fois en quelques minutes, je me sentis comme un enfant qu'on viendrait de priver de son jouet préféré. Elle s'assit sur le lit.
« C'est mon sang qui a fait le lien… » dit-elle à voix basse.
Je hochai la tête.
« Comment s'était ? » demanda-t-elle prudemment.
J'avais encore son gout sur ma langue. Aucun mot ne serait assez fort pour décrire ce que j'avais ressenti en la goutant.
« Incomparable… » répondis-je.
Elle laissa trainer son regard sur le lit et avisa les draps déchirés et le matelas éventré. Il ne fallait pas analyser la scène longtemps pour déduire que les sensations que j'avais ressenti avaient été dévastatrices.
« Je vois… » se contenta-t-elle d'ajouter.
« Tu es extraordinaire. »
Les mots m'avaient échappé sans que je puisse les retenir et je les aurais peut-être regrettés si le cœur de Bella n'avait fait une nouvelle embardée. Alors je continuai.
« Ton sang est ce que j'ai gouté de plus délicieux au monde, Bella… Je ne me serais jamais arrêté … tu n'aurais jamais réussi à me stopper. »
Son regard se fit lourd sur moi. Elle réalisait pleinement le risque qu'elle avait couru.
« Et puis je t'ai entendu. » murmurai-je.
Elle rougit.
Que n'aurais-je donné pour savoir ce qui la faisait rougir ainsi. Mais j'avais dit que je n'écouterais plus.
Merde !
« Qu'as-tu entendu exactement ? »
Irrésistiblement attiré par elle, je m'assis à ses côtés. Très près. Et effleurai son épaule d'un doigt léger qui la fit à nouveau frissonner.
« Mon nom, d'abord… » soufflai-je près de son oreille et je sentis sa chaleur irradier contre moi. « Puis tu m'as supplié. »
Elle tourna la tête vers moi, ses lèvres n'étant plus qu'à quelques centimètres des miennes.
« Je ne supplie jamais personne. »
Je souris et son cœur s'emballa à nouveau.
« Tu m'as supplié, moi. » contrai-je, entendant parfaitement le sourire dans ma voix. « Tu ne voulais pas que j'arrête… et l'appel de ton esprit a été plus fort que le reste.
- Plus fort que l'attrait de mon sang ? » demanda-t-elle, approchant encore.
« Bien plus fort. » répondis-je. « Tu n'as pas la moindre idée de ce que ça m'a fait d'entendre ce que tu attendais de moi.
- Ca explique bien des choses. »
Je plissai les yeux en penchant la tête sur le côté. Où voulait-elle en venir ?
Elle sourit malicieusement. La tension qui la rongeait quelques minutes auparavant semblait avoir complètement disparu.
« J'aurais dû me douter qu'il y avait quelque chose de pas normal. Ce n'était pas naturel que tu fasses exactement ce dont j'avais envie quand j'en avais envie. »
Je reculai le visage avec une mine faussement outrée.
« Dois-je en déduire que je lis ton corps moins bien que je ne le pensais ? Si c'est le cas, ma chère Bella, tu seras probablement la première déçue de m'avoir interdit de lire en toi. »
Contre toute attente, c'est elle qui ferma la distance entre nous en grimpant rapidement à califourchon sur mes cuisses et en passant ses bras autour de mon cou.
« Tu n'as pas besoin de lire dans mon esprit, Edward.
- C'est pourtant un plaisir rare. » murmurai-je à même sa bouche.
Elle m'embrassa furieusement, pressant sa poitrine nue contre mon torse, jusqu'à ce que le souffle lui manque puis passa une main dans mes cheveux.
« Tes yeux… » commença-t-elle sans finir sa phrase.
Elle n'en avait pas besoin car je savais exactement ce qu'elle voyait. Même si je n'avais tiré d'elle qu'une seule et fantastique gorgée, le cercle autour de mes pupilles avait certainement rougi. Son sang était puissant et neuf.
Je caressai doucement la blessure sur son cou.
« Plus personne ne pourra remettre en doute notre parole, maintenant. » dis-je, légèrement amer.
Toute cette histoire aurait pu tourner à la catastrophe mais, finalement, jamais je n'aurais connu la volupté de me noyer dans son esprit si je ne l'avais pas mordue.
Mes doigts s'égarèrent sur sa nuque, maintenant sa tête alors que je m'approchai encore pour l'embrasser.
« Je suis à toi maintenant. » murmura-t-elle avant que mes lèvres ne prennent possession des siennes.
Et, comme si ces mots n'avaient pas été suffisants, je passai le reste de la nuit à m'assurer qu'elle m'appartenait totalement.
Aux premières lueurs de l'aube, allongé sur le dos, je l'observai alors qu'elle venait de sombrer dans un sommeil profond. Je l'avais laissée s'endormir mais je savais que je devrais la réveiller bientôt. Elle ne devait pas rester là. Les humains regagnaient leurs quartiers pendant les heures du jour. C'était la règle.
Et je pouvais la laisser repartir là-bas sans risque maintenant qu'elle portait la marque de mes crocs bien visibles sur sa peau.
Elle était superbe. Allongée sur le ventre, le drap ne la couvrant que jusqu'à la taille, je pouvais admirer tout à loisir la peau parfaite de son dos, de la courbure de ses reins jusqu'à ses épaules à moitié cachées par des cascades de cheveux bruns épars.
Son odeur était toujours aussi capiteuse, surtout après une nuit pareille, mais j'y résistais facilement. Car, curieusement, la soif m'avait quitté. Et, même si je savais que ce n'était que temporaire, je savourai ce répit que m'accordait le fait de l'avoir enfin goutée.
Une gorgée m'avait suffi et rassasié.
C'était rassurant et cela me serait utile de savoir qu'il m'était tout compte fait facile de me satisfaire de ne pas la vider jusqu'à la dernière goutte pour les prochaines fois.
Les prochaines fois…
Je n'aurais pas parié lourd là-dessus à peine quelques heures plus tôt.
Mais tout était différent maintenant. J'avais bu son sang et je ne l'avais pas tuée. Mieux encore, je savais dorénavant qu'il existait un plaisir encore plus puissant que de me désaltérer à sa gorge : entendre son esprit pendant l'amour.
J'avais été fort le reste de la nuit. Je m'étais retenu de l'écouter. Même si j'avais malencontreusement capté quelques bribes incohérentes par moments. Mais personne, pas même moi, n'était capable de garder un contrôle complet au moment de la jouissance. Je n'étais pas un surhomme !
Et le plaisir avait été bien trop intense dans ses moments pour que je sois capable d'analyser ce que j'avais entendu, voir même de faire la part des choses entre ce que Bella disait réellement ou pensait.
Donc ça ne comptait pas !
Pourtant, là, alors qu'elle ne pouvait plus m'opposer aucune résistance, je pouvais avouer une furieuse envie de tenter l'expérience.
De quoi pouvait-elle rêver ?
Elle semblait maintenant si paisible.
Je cédai donc à ma pulsion et fis tomber les barrières que j'avais dressées entre elle et moi.
Je ne captai rien dans un premier temps. Puis il y eut quelques flash, à peine quelques mots… Je devais donc me résigner à ma constatation : elle m'échappait déjà.
Je me doutais bien depuis le départ que ce ne serait pas permanent. Elle avait raison : son sang avait fait le lien. Et l'effet s'en dissipait maintenant que mon corps l'assimilait doucement.
Je n'en avais pas bu assez pour que l'effet soit long.
J'étais frustré, évidemment, mais aussi bizarrement soulagé. Et cette sensation de soulagement confirmait que les choses avaient changé sans que je m'en rende vraiment compte. Plus rien de ce qui avait motivé mon intérêt pour Bella au départ n'avait d'importance.
La raison de son enquête ? Je m'en foutais royalement.
Percer le mystère de son esprit ? Ça n'avait plus la moindre importance tant qu'elle ne le désirait pas.
La posséder et la jeter ensuite? Cette idée me révoltait.
J'avais changé.
Elle m'avait changé.
J'étais dans de beaux draps !
OoOoO
Pov Bella.
…Laissez-moi tranquille !
Je suis si fatiguée…
Je flottai dans une boule de coton, n'ayant plus la moindre conscience de mon corps ni d'où et dans quel état il pouvait bien être.
Mais une douce fraicheur se diffusait dans mon dos. Ça chatouillait et ça me faisait frissonner de plaisir en même temps.
J'avais envie de grogner mais je ne savais plus très bien si c'était pour que ça s'arrête ou que ça continue.
Et cette voix à mon oreille :
« Bella… Bella, ma belle… »
Hum… Aussi douce que du velours…
…Encore… parle-moi encore…
« Bella… tu ne peux pas rester ici. Tu dois te réveiller. »
Nooooooonnnnnn…
J'ouvris péniblement un œil. Il faisait encore sombre.
« Il fait nuit. » bredouillai-je. « Encore quelques minutes s'il te plait. »
Il rit doucement et ce son fit s'envoler des papillons de bonheur dans mon estomac.
« L'aube se lève. Je peux la sentir.
- Et tu dois regagner ton cercueil d'urgence ? » marmonnai-je dans l'oreiller.
Nouveau rire. Nouvelle envolée de lépidoptères.
« Non ! Mais je pense que nous avons déjà enfreints suffisamment de règles depuis quelques jours sans avoir envie d'en rajouter. »
Les règles…
Je pensais que nous avions bien rectifié les choses cette nuit. Il m'avait mordu.
Dans les brumes de sommeil qui s'estompaient tant bien que mal de ma tête, je repensai au fait que je n'ai rien senti. Edward avait réussi à rendre cette expérience excitante et grisante. Je m'étais sentie en connexion avec lui comme avec personne.
Ça avait été difficile pour lui, très difficile. Pourtant il l'avait fait et il y avait mis les formes. Pour moi.
Seulement pour moi.
Il n'avait pas voulu me faire de mal. Car j'étais importante pour lui.
Et il était important pour moi.
Sa main décrivait toujours des cercles concentriques dans mon dos, me berçant dans une torpeur bienheureuse et je pensais à quel point il avait pris possession de moi, totalement, corps et âme. Car ce que je ressentais ressemblait de plus en plus à une passion dévorante.
Je ne pouvais plus me passer de lui tout comme je ne pouvais plus rester en colère contre lui.
Il n'y avait qu'à voir la rapidité avec laquelle j'avais accepté le fait qu'il puisse lire dans mes pensées.
Lire dans mes pensées…
Merde !
Tout à fait réveillée, je me redressai à genou sur le lit, les cheveux me tombant dans les yeux et serrant contre moi le drap comme un bouclier bien fragile entre ses ondes cérébrales intrusives de télépathe sournois et moi.
Les yeux écarquillés, complètement paniquée à l'idée qu'il ait entendu tout ce que je venais de me dire en moi-même, je le fixai sans rien dire pendant une éternité.
« Quoi ? » finit-il par demander, la main toujours suspendue en l'air là où se trouvait mon corps quelques instant plus tôt.
Je repoussai nerveusement une mèche de cheveux de devant mon visage.
« Tu entends toujours ce que je pense ? » demandai-je, le cœur au bord des lèvres.
Il plissa les yeux en me regardant d'un air sérieux.
« Non… » répondit-il. « Enfin plus vraiment. Si je me concentre vraiment, je peux saisir des impressions mais c'est très vague. Ton sang se dissipe déjà. »
Je lâchai un soupir de soulagement mais Edward eut l'air vraiment déçu.
« C'est mieux comme ça. »dis-je. « Tu l'as dit toi-même : personne n'a envie de savoir ce qui se passe dans la tête de ses proches. »
Il grogna mais finit par acquiescer.
Il se leva et enfila rapidement un jean. Je le regardai faire, hypnotisée par la fluidité de ses gestes.
« A quoi penses-tu ? » me demanda-t-il face à mon silence contemplatif.
Je souris, pensant que, si je n'avais pas été certaine qu'il ne pouvait plus entendre mes pensées, cette question en était la preuve.
« Je me demandais juste si c'était ta condition de vampire qui te rendais si à l'aise dans tes gestes ou si tu étais déjà comme ça quand tu étais humain. »
Il approcha lentement, toujours torse et pieds nus, le sourire aux lèvres.
« J'ai très peu de souvenir de ma vie humaine, Bella. Mais je ne me rappelle pas avoir eu à souffrir de mon apparence.
- Evidemment ! Tu devais déjà être un beau gosse arrogant à l'époque. Je doute qu'un siècle d'immortalité ait suffit à te façonner tel que tu es. Tu devais avoir pris de l'avance. »
Avec un sourire amusé, il se pencha sur le lit en prenant appui sur ses avant-bras. Les muscles de ses épaules roulaient sous sa peau et j'eus du mal à déglutir.
« Je vais regretter de ne plus pouvoir lire en toi si tu penses sérieusement que je suis un beau gosse.
- N'oublie pas que j'ai aussi dit arrogant. » contrai-je d'une voix rauque.
Satisfait de m'avoir miss dans tous mes états en si peu de temps, il se remit debout et croisa ses bras puissants sur sa poitrine.
« Je sais avoir l'oreille sélective. La prochaine fois, je n'écouterai que ce qui me fera plaisir.
- La prochaine fois ? » demandai-je.
Il devint subitement plus sérieux.
« Je crois que le phénomène se reproduira si je bois à nouveau ton sang, Bella. Et nous ne pourrons pas faire autrement si nous ne voulons pas voir la scène d'hier se répéter prochainement. »
Je le savais mais l'entendre dire était autre chose.
Il devrait me mordre encore. Pourtant, alors que je m'attendais à ressentir un frisson de peur, c'est de l'excitation qui me traversa à cette idée. Car je ne pouvais pas nier que jamais je n'avais vécu une expérience aussi intense de toute ma vie.
Ça ne faisait pas de moi une folle tordue, si ?
« Mais je crois que tout se passera bien maintenant. » murmura-t-il, lui aussi visiblement troublé à l'évocation de notre prochain… quoi ?... diner ?
C'était bizarre tout de même. Il s'était nourri de moi. Il avait bu mon sang par plaisir et parce que c'est ainsi qu'il survivait… et j'avais aimé ça.
J'étais peut-être bien devenue complètement folle en fin de compte.
Il se racla la gorge, nous tirant de nos rêveries respectives.
« Je vais te raccompagner. » dit-il pour briser définitivement le silence. « Je vais te prêter de quoi te couvrir. »
Mais, alors qu'il s'écartait pour aller vers la grande armoire, il s'arrêta brusquement.
« Merde » l'entendis-je maugréer alors qu'il me tournait le dos.
Une vague de panique m'envahit en sentant bien la tension dans sa voix. Quelque chose n'allait pas.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » demandai-je d'une petite voix.
« Nous allons avoir de la visite. » répondit-il froidement.
Puis, se tournant vers moi, il me dévisagea puis me détailla des pieds à la tête. J'étais entièrement nue à l'exception du drap que j'avais maladroitement drapé autour de moi.
« Vas dans la salle de bain. » dit-il durement.
Il était en colère mais je ne savais pas pour quoi ni contre qui et ça me faisait peur. Il le sentit, comme à chaque fois.
« S'il te plait. » ajouta-t-il alors d'une voix plus douce en me désignant la porte dans le fond de la chambre.
Je me précipitai dans la salle de bain sans demander plus d'explication. Qui que ce soit qui avait décidé de venir troubler notre tranquillité, j'étais persuadée de ne pas avoir envie de le croiser. Je tirai la porte derrière moi sans la fermer totalement. J'avais beau être effrayé, je n'en restais pas moins curieuse. On ne se refaisait pas.
J'entendis deux coups secs frappés à la porte et les pas d'Edward sur le parquet. Il ouvrit la porte lentement et il ne se passa rien, pas un mot, pas un bruit pendant plusieurs longues secondes. Puis la voix d'Edward s'éleva dans le silence.
« Jane. »
Un frisson me parcouru la colonne vertébrale. Je détestais cette pétasse !
Qu'est-ce qu'elle faisait là ?
« La fille est toujours là ? » s'étonna-t-elle.
Evidemment, elle pouvait me sentir. Foutu vampire !
« Il est encore temps de la raccompagner. » contra Edward d'une voix qui ne souffrait pas de reproche.
« Son odeur est différente. » continua Jane. « Qu'est-ce qui a bien pu changer ?
- Qu'est-ce que tu veux Jane ? »
Edward semblait à bout de patience, même moi je l'entendais. Mais cela ne semblait pas impressionner du tout son interlocutrice qui avait même l'air plutôt de s'en amuser.
« Tout doux, mon cher Edward. Je ne fais que montrer un intérêt poli envers ta nouvelle… lubie. Combien de temps durera-t-elle celle-ci ? »
Edward gronda et Jane émit un rire fluté de petite fille.
« Je venais te porter ceci. » finit-elle par concéder. « Ta présence et celle de ton humaine sont fortement attendues et…espérées. »
Il se passa encore quelques instants avant que la porte ne se referme puis que j'ai rassemblé assez de courage pour sortir de la salle de bain.
Edward se tenait toujours près de la porte, lisant un papier qu'il serrait dans sa main droite. Une enveloppe d'épais papier ivoire avait glissé au sol. Un sceau en cire rouge en avait été déchiré.
« Qu'est-ce que c'est ? » demandai-je quand je ne fus plus qu'à quelques pas de lui.
Il me répondit sans lever les yeux.
« Aro réunit quelques personnes la nuit prochaine et nous sommes… invités. »
Je déglutis péniblement.
Aro.
Cet Aro même qui avait tenté pas plus tard que la veille de me faire tomber entre les pattes d'un autre vampire qui aurait certainement mis moins de tact qu'Edward à me faire sienne.
Cet Aro qui, si j'avais bien compris, convoitait par tous les moyens les plus bas les talents d'Edward.
Je ne pouvais qu'imaginer les « personnes » qu'il allait réunir.
Je n'avais pas la moindre envie d'y aller !
Mais avais-je le choix ?
Edward était crispé, ses poings étaient serrés et la lettre n'était plus qu'une boulette de papier informe dans sa main, les muscles de ses bras et de ses mâchoires été contractés à l'extrême.
Il n'avait plus rien d'humain en cet instant. Il ressemblait à une statue de marbre qu'on aurait placée là dans une pause improbable, bloquant le passage vers la sortie.
Il fallait que je le calme. Je pouvais faire ça.
J'approchais doucement et posai une main sur son avant-bras. Il était dur et glacé. Comment un être aussi inflexible pouvait-il également être aussi souple dans mes bras ? C'était incompréhensible.
« Nous n'avons pas le choix ? » demandai-je.
« Non. » grogna-t-il.
Je pris une profonde inspiration.
« Et bien nous irons, alors. Je ne risque plus rien maintenant. Si ce Félix m'approche à moins de dix mètres tu auras le droit de le faire passer par la fenêtre en toute légitimité. »
Un léger sourire adoucit ses traits.
« Tu as raison… » maugréa-t-il. « Mais ce n'est pas ça qui me fait peur. »
Mon cœur s'emballa un peu sous l'effet de l'adrénaline.
« Voyons, ça ne peut pas être si terrible. » essayai-je de dédramatiser, bien peu convaincue moi-même.
Il se tourna à peine vers moi.
« Crois-moi, Bella. Ce genre de petite sauterie est le dernier endroit où tu aurais envie d'aller. »
Donc vous l'aurez compris, ça va commencer à craindre sérieusement au prochain chapitre. Je vous prépare des trucs, j'vous dis pas! Âmes sensibles, s'abstenir!
Le chapitre 15 est commencé et j'aurais du temps pour écrire ces prochains soirs donc...
A bientôt pour la suite.
Laissez-moi un petit mot!
Biz Lily
