Salut tout le monde!
Vous avez encore battu des records avec vos reviews sur le chapitre précédent. Vous êtes fantastiques!
Comme d'habitude, j'ai envoyé ma reconnaissance sans borne directement dans les boites perso de celles qui ont un compte et, cette fois, je prends aussi le temps de remercier celles qui n'en ont pas:
sm33: merci! J'spère que tu vas continuer à apprécier comment leur relation évolue dans ce chapitre.
sandry : comme tu dis, la parenthèse enchantée est terminée. Il fallait bien que ça arrive, malheureusement, même si je vous réserve encore quelques moments chauds avant le fin
So06 : ravie de t'avoir scotchée!
Maintenant, me revoilà avec le chapitre 16.
La plupart d'entre vous avez estimé qu'Edward allait avoir du mal à rattraper le coup avec Bella après ce qu'elle a vécu dans le chapitre précédent. Et, vous allez voir qu'il a une façon bien particulière de s'y prendre mais, c'est plus fort que moi, j'aime son côté salaud... je trouve ça très sexy!
Donc j'espère que ma vision des choses vous séduira encore une fois.
Bonne lecture
Lily
les personnages appartiennent à Stephenie Meyer
Chapitre 16 – Wicked game
Pov Edward
Il me fallut à peine cinq minutes pour gagner les garages.
Et, pendant tout ce temps, Bella n'avait pas desserré les dents. Elle n'en avait pas eu besoin car son esprit me hurlait dessus… littéralement.
Elle semblait avoir encore assez conscience de ce qui l'entourait pour garder pour elle ses cris et ses pleurs. Et, malgré les circonstances, elle continuait tant bien que mal à jouer le jeu. Mais je la savais au bord de la crise de nerfs. Ses pensées n'étaient déjà plus cohérentes, mêlant cris de désespoir, lamentations et images des deux mises à mort auxquelles elle avait assisté ce soir et auxquelles venaient s'ajouter d'autres visages livides que je n'avais jamais vu.
Il fallait que je la sorte de là au plus vite, alors j'allai directement à ma voiture car il vaudrait mieux que nous soyons loin quand les vannes lâcheraient. Et tant pis si il ne restait au plus qu'une heure avant le lever du soleil.
J'emmerdais les règles !
Bella se débattit quand je voulus la faire entrer dans la Volvo mais nous n'avions pas le temps pour ça. Elle me considérait déjà comme un monstre de la pire espèce et, en elle, la haine se disputait à la peur. Ma cause serait donc déjà difficile à défendre, alors je n'étais plus à ça près. Il fallait qu'elle monte dans cette putain de voiture au plus vite.
Je me penchai dangereusement sur elle en maintenant fermement son bras pour l'empêcher de bouger. Ma fureur n'était pas tournée vers elle cependant elle tendait mon corps à l'extrême. Mon regard devait être complètement obscurci et ma voix ressemblait plus à un rugissement mais tant pis.
« Monte. » ordonnai-je.
Je sentis la terreur se répandre en elle et dominer un instant toutes ses pensées. Je me dégoûtai pour ça mais, au moins, ça eut le mérite de la faire monter dans la voiture.
Elle n'attacha pas sa ceinture et enfouit son visage dans ses mains en s'appuyant contre la vitre.
Le moteur vrombit furieusement quand je démarrai sur les chapeaux de roues, n'attendant pas que la haute porte coulissante soit entièrement relevée pour fuir cette forteresse de malheur. Le bruit assourdissant ne suffit pourtant pas à couvrir le sanglot qui déchira sa gorge.
Mes mains se crispèrent dangereusement sur le volant.
Elle craquait.
Après tout ce que je lui avais montré et malgré toutes mes précautions, Bella avait atteint ses limites. Comment aurait-il pu en être autrement alors que le vampire le plus puissant au monde avait sciemment tout mis en œuvre pour la faire plier. Même si ce n'avait pas été Bella sa cible principal. C'était moi qu'il voulait.
Jamais je n'aurais dû accepter l'invitation d'Aro !
Comment avais-je pu être aussi con ?
Je m'étais laissé piéger comme un foutu lapin au fond de son terrier et Aro était maintenant pleinement au courant de ce qui me liait à Bella, dans les moindres détails.
Cette seconde où il m'avait effleuré lui avait tout appris.
Tout.
Même ce dont je n'avais pas eu conscience avant qu'il ne me le renvoie en pleine face.
Comment avais-je pu être aussi aveugle et ne pas voir l'évidence ?
J'avais eu sous les yeux toute la soirée la preuve que j'avais fait inconsciemment quelque chose qui aurait pu être bien plus grave que toutes les bourdes que j'avais accumulées jusque-là.
Quel con !
Le volant se tordit à nouveau dans mes mains. Je ne tiendrais plus longtemps avant que ma rage n'explose. Encore quelques kilomètres et je devrais m'arrêter sinon nous courions à un accident dont je me relèverais sans heurt. Ce qui n'était pas le cas de ma compagne.
Ma compagne…
Etait-ce que je voulais ?
Tous les signes étaient là.
Je risquai un regard vers la frêle silhouette de Bella roulée en boule sur le siège passager. Ses épaules étaient secouées de sanglots muets.
J'avais fermé mon esprit à ses pensées et à sa douleur.
Je n'étais qu'un lâche. Elle était là à cause de moi. Tout était ma faute.
Je n'étais qu'un putain de lâche !
Une plainte déchirante monta à côté de moi. Je risquai donc un geste vers elle mais je l'avais à peine effleurée qu'elle se tendit brusquement, relevant vers moi un visage marbré de larmes.
« Arrête-toi ! » dit-elle.
« Bella, je ne…
- Arrête-toi ! » hurla-t-elle.
Une dizaine de kilomètres à peine nous séparaient de Volterra. Nous n'étions pas encore assez loin à mon gout mais je ne voulais pas la bouleverser encore plus. Je m'arrêtais donc sous les arbres sur le bas-côté d'une route de campagne, les bois nous encerclaient encore de toute part et aucune lumière ne venait percer la pénombre.
Je n'avais pas encore coupé le moteur que Bella s'échappa de la voiture aussi vite qu'elle put et se mit à courir.
Immobile, je gardai les yeux rivés sur la nuit devant moi, laissant le bruit de sa course envahir mes oreilles. Ses pieds foulant le sol de plus en plus vite, sa respiration saccadée et sifflante, l'accélération de son cœur.
En d'autre temps, ce son aurait empli mon cœur d'une excitation malsaine car elle me fuyait.
Elle aurait pu être ma proie et la chasse aurait été grisante.
Je ne me rappelais pas à quand remontait ma dernière fois car l'époque était maintenant plus propice à des tactiques plus subtiles. Mais j'avais aimé ça, ce sentiment de toute-puissance, l'anticipation de la traque, puis la peur dans les pensées et les yeux de ma victime au moment ultime. J'avais été un redoutable prédateur, chassant parmi les humains des monstres presque aussi abjects que moi, leur faisant payer moi-même ce pour quoi la justice des hommes avait été impuissante à les punir.
Rattraper Bella ne me prendrait qu'une seconde. La tuer une de plus.
Je pouvais faire en sorte que tout s'arrête ici.
Et, si je ne voulais pas m'en charger moi-même, je pouvais tout aussi bien laisser Aro s'en charger. Averti de la fuite d'un humain de la forteresse, il enverrait après elle un de ses meilleurs traqueurs. Démétri probablement. Et il devrait se conformer à ses propres lois et punir la fuyarde en lui prenant la vie.
Tout serait fini.
Aro me ferait payer la fuite de mon humaine, certes. Et je devrais abandonner mon clan.
Mais, continuer à survivre ici ou ailleurs, quelle importance ?
La tristesse passée, chacun retournerait à sa vie et la mienne reprendrait son cours…
Sans Bella et le frisson de vie qu'elle avait éveillé en moi.
Vide.
Je pouvais faire que tout s'arrête ici…
C'était tellement simple…
Je tournai la tête pour regarder la nuit par la portière que Bella avait laissée ouverte. Je ne pouvais plus la voir, disparue derrière les arbres, mais je l'entendais toujours parfaitement. Elle maintenait le rythme de sa course malgré ses pleurs, courant comme si elle avait le diable aux trousses. Et était-ce si loin de la vérité ?
Je sortis lentement de la voiture, semblant étrangement calme maintenant.
Et je me mis à mon tour à courir.
Le monde devint flou autour de moi et, comme je l'avais prévu, il ne me fallut qu'une seconde pour rattraper Bella qui, parvenue dans une clairière bordée d'arbres mais aveuglée par ses larmes, ne me vit pas à temps pour m'éviter. Elle me heurta de plein fouet mais j'eus tout de même la présence d'esprit d'accompagner le choc pour qu'elle n'ait pas l'impression de foncer dans un mur.
Elle en eut tout de même le souffle coupé mais réalisa vite ce qui se passait et, quand je la saisis par les épaules, elle se débattit de toutes ses forces en hurlant.
Elle était échevelée et ses mains avaient été écorchées par ses chutes et les arbustes épineux qu'elle avait écartés sur son chemin. Ainsi rugissante, elle ressemblait à un animal blessé luttant pour sa vie.
Son courage me surprit encore une fois car elle était visiblement à bout de forces moralement et physiquement, mais elle luttait encore aussi fort qu'elle le pouvait. Ne voyait-elle pas qu'elle n'avait aucune chance ?
Pourtant elle se battait comme une furie, labourant mon torse avec ses ongles, me giflant de toutes ses forces, expulsant sa rage, sa colère et sa peine avec tant de détresse et de désespoir qu'elle ne remarqua pas que j'avais cessé de la maintenir et que je la laissais faire. Les bras maintenant ballants sur mes côtés, je la laissai me frapper en y mettant tout son cœur, attendant que le souffle lui manque. Et, quand ce fut le cas, quand la force commença à lui faire défaut, je l'enserrai dans une étreinte protectrice pour l'accompagner alors qu'elle se laissait glisser au sol, laissant enfin des sanglots déchirants la secouer toute entière, le visage enfouit dans ma chemise.
Il ne lui fallut pourtant que quelques secondes, quelques bienheureuses secondes durant lesquelles je retrouvais sa chaleur, avant de me repousser à nouveau.
« Non ! » hurla-t-elle. « Laisse-moi ! Va-t-en ! »
Serrant les dents, je la relâchai et me relevai lentement.
« Va-t-en ! » cria-t-elle à nouveau. « Tu n'es qu'un monstre, Edward ! Comme les autres ! Une aberration de la nature sans aucun respect pour la vie ! Laisse-moi ! »
Comme les coups quelques instant plus tôt, je la laissai maintenant déverser sur moi toute sa hargne, la regardant reprendre contenance alors que la fureur reprenait le dessus. Elle était convaincue de la véracité de ses paroles et, malgré ça, elle continuait à se battre.
Jamais une humaine ne m'avait paru si courageuse, si entière… et si magnifique. Car, quand elle se releva, les yeux brillant de cette colère incommensurable, les cheveux flottant dans la brise, elle était l'image même de la beauté, une déesse fière et effrayante à la fois.
« Tu m'as enlevée ! Tu m'as dupée ! Tu t'es insinué en moi comme une maladie mais tu n'es qu'un mensonge ! Tout ce que tu m'as dit n'était qu'un mensonge!»
Pouvais-je la blâmer de se sentir trahie ? De ne pas avoir plus foi en moi ?
Quelle preuve lui avais-je donné de ma sincérité ?
Aucune.
Et, au vue de ce que j'avais lu en elle cette nuit, avant que tout ne chavire, je comprenais qu'elle se sente à ce point trompée. Notre relation naissante avait remis en cause tout ce en quoi elle croyait, toutes ses valeurs. Et elle avait été prête à l'accepter avant…
« Je ne suis qu'une mission ! Je n'ai jamais été rien d'autre pour toi !» cracha-t-elle. « Et tu n'es qu'un assassin et un menteur ! Combien de temps encore comptais-tu t'amuser avec moi avant de me tuer, hein ? Mais c'est fini maintenant. Tu peux tout aussi bien me tuer tout de suite car tu ne poseras plus jamais tes mains sur moi ! Jamais, tu m'entends ! »
Je restai impassible, accusant le coup.
Mon immobilité et mon silence n'eurent pourtant pas le mérite de la calmer.
« Réponds-moi ! »
Elle accompagna son cri d'un nouveau coup porté de toutes ses forces sur ma poitrine.
« Tue-moi, qu'on en finisse ! Je ne serais plus ton jouet ! Tue-moi ! »
Une dernière gifle claqua dans le silence qui s'en suivit.
Mais je restais toujours immobile, ne la quittant pas des yeux. Ses larmes avaient cessé de couler et elle me faisait face maintenant, fière et forte, attendant que je la tue et que je mette ainsi fin à cette mascarade, appelant cette issue de tous ses vœux car elle ne voyait pas comment cela pouvait finir autrement.
Je laissai passer un instant pour voir si la tempête était passée, mais à moitié conscient que nous n'étions probablement que dans l'œil du cyclone et que ce que je m'apprêtai à dire allait remettre le feu aux poudres.
« Tu as fini ? »
Même à moi, ma voix me parut amère et glaciale. Je n'étais pas habitué à me laisser ainsi battre sans rien faire.
Bella croisa les bras fièrement en relevant la tête, me défiant toujours mentalement de mettre un terme à tout ça.
« Tu as raison » poursuivis-je, testant par un nouveau silence son attention à mes paroles.
Mais elle ne m'interrompit pas. Je continuai donc, la voix toujours dure et acerbe.
« Je suis un vampire, Bella. Tu l'as dit, je suis un monstre. Durant mon existence, j'ai tué plus d'humains que ce que tu peux probablement imaginer et je le referai parce que c'est ce que je suis. »
Son cœur fit une embardée.
« Et même si, contrairement à d'autres, je ne le fais pas que pour le plaisir et je tente de limiter au maximum le nombre de mes victimes humaines, je ne peux pas nier ce que je suis. Et rien ne pourra changer ma nature. »
Je me redressai encore, conscient que ce que je faisais était bien loin du mea culpa.
« Je suis un solitaire. Je ne m'attache à personne parce que personne à part mon clan n'éveille assez d'intérêt à mes yeux. Surtout pas parmi les humains qui sont au mieux un divertissement et au pire du bétail que les miens mènent à l'abattoir. En presque cent ans d'existence, je n'ai suivi que les règles qui m'arrangeaient car je suis le seul maitre de mon destin. »
Les yeux de Bella étaient le parfait reflet de ses pensées, me renvoyant l'image du parfait salaud que j'étais… avant.
« Mais toi… »
Je dus serrer les dents pour ne pas laisser les mots sortir trop vite.
Je devais les choisir soigneusement.
Je fermai les yeux et pris une profonde inspiration. Je me sentais faible et empoté. J'avais horreur de ça !
« J'ai tué plus d'humains depuis que tu es entrée dans mon existence que durant la dernière décennie. »
Elle eut un hoquet mais je devais poursuivre. Il n'y aurait plus de mensonge.
« Aro m'a envoyé à Florence cette nuit-là parce que tu avais attiré son attention sur toi avec ton enquête. Il comptait sur mon don pour découvrir rapidement et exactement ce que tu savais et ce que tu cherchais. Si tu avais été une menace, il aurait envoyé un autre pour te tuer avant que tu n'aies la chance de révéler tes découvertes à qui que ce soit. Et, quand bien même tu en aurais parlé à quelqu'un, il l'aurait fait tuer aussi. Je savais parfaitement tout ça et je m'en foutais. Tu n'étais qu'une mission… Tu n'étais rien. J'aurais très bien pu te tuer moi-même s'il me l'avait demandé, juste pour tromper mon ennui, si ça n'avait pas été contre mes principes profonds de satisfaire ainsi Aro.»
Elle expira brusquement, manifestant son dégout de moi.
« Mais tu as contrecarré tous mes plans sans même le savoir cette première nuit. »
Je marquai une nouvelle pause car j'entendis la question dans sa tête : elle ne savait pas que je l'avais déjà observée avant la nuit durant laquelle je l'avais amenée à Volterra. Je sentis alors nettement la curiosité refaire surface mais elle la combattit de toutes ses forces, remettant sa colère contre moi au premier plan. D'autant plus que ce que je lui apprenais maintenant ne faisait que confirmer ce qu'elle pensait.
« Je n'arrivais pas à lire en toi et cette anomalie m'était une véritable insulte. J'aurais pu te tuer rien que pour laver cet affront. Puis j'ai senti ton sang… Il m'appelait littéralement, gouvernant tous mes sens et annihilant mon jugement. Tu le sais déjà, sans Alice, tu serais morte ce soir-là, car tu avais éveillé en moi ce besoin… J'ai réussi à le combattre. Mais c'est une autre qui est morte à ta place cette nuit-là. Cette fille avait été assez proche de toi pour garder sur elle un peu de ton odeur. Je n'ai pas eu la retenue nécessaire pour m'arrêter à temps et je l'ai vidée jusqu'à la dernière goutte sans aucun remords.»
Elle haleta en se rappelant la jeune femme blonde avec laquelle elle avait longuement discuté lors de sa première soirée Florence. Elle devina tout de suite que je parlais d'elle et que cette fille était morte d'avoir juste été là au mauvais moment. Son aversion envers moi grimpa encore d'un cran. Elle me détestait avec tellement de force à cet instant que ce sentiment me transperça les tripes. Mais j'étais déterminé à aller jusqu'au bout.
« Je suis revenu le lendemain soir car telle était ma mission. »
J'avais de plus en plus de mal à dire ces mots et à garder mon masque d'indifférence parce que rien ne me semblait être plus mensonger que de continuer de dire qu'elle était une mission. Elle l'avait été à peine quelques minutes… juste le temps que je pose les yeux sur elle et que je laisse mon attirance prendre le dessus.
« Mais je n'ai pas plus réussi ce second soir à lire en toi. Tu me refusais l'entrée… Je ne sais pas ce que j'aurais fait si tu n'étais pas partie précipitamment du club par la ruelle… Une ruelle en pleine nuit, bon sang, Bella ! »
Elle frissonna, se rappelant les types qui l'y avaient suivie.
Mais il se passa quelque chose ensuite, une prise de conscience. Elle réalisa que, si je connaissais cet épisode, ça voulait dire que j'avais été là. Elle se rappelait parfaitement les intentions de ses soulards et qu'ils ne lui avaient rien fait malgré son évanouissement. Elle n'avait jamais pensé au fait que, s'il ne lui été rien arrivé, c'était parce que, justement, j'avais été là.
« Ils t'auraient violée puis ils t'auraient laissée pour morte. » me contentai-je de confirmer à ses suppositions muettes.
Elle écarquilla les yeux, surprise pendant une fraction de seconde, mais refusa de laisser un sentiment de reconnaissance l'éloigner de sa colère.
« J'aurais pu les laisser faire. Cela aurait marqué la fin de mes problèmes : plus de sang anormalement attirant, plus de porte close vers ton esprit, plus de mission. Tu n'étais qu'une humaine insignifiante. Je n'avais qu'à passer mon chemin. Mais je n'ai pas pu… »
Un grondement sourd s'éleva de ma poitrine au souvenir de ce que j'avais vu dans les esprits de ces hommes
« Ces salauds sont morts pour ce qu'ils ont osé imaginer te faire. Ils l'avaient déjà fait à d'autres et auraient pu s'en prendre à une autre fille sans que je lève le petit doigt mais je ne pouvais pas supporter l'idée qu'ils te touchent. Ils étaient morts avant même que je ne réalise ce que je venais de faire. »
Bella pensa que, quelque part, j'avais ainsi sauvé des filles innocentes qui auraient pu être des futures victimes de ces violeurs et que leur mort était peut-être moins condamnable que les autres mais elle s'efforça de repousser vite cette idée.
« Après ça, je n'avais plus le choix. Aro avait envoyé un traqueur me surveiller. J'avais tué cinq hommes à cause d'une humaine. Je devais faire croire que ces victimes en valaient la peine car tu avais plus de valeur vivante que morte sinon il m'aurait fallu rendre des comptes. Je ne pouvais plus te laisser là. Je t'ai donc transportée jusqu'à Volterra.»
Nouvelle pause.
Le moment de vérité était venu.
Personne ne me haïssait plus que Bella en cet instant. Je venais de lui confesser mes derniers pêchers, les crimes que j'avais commis depuis qu'elle était entrée dans ma vie. Mais c'était nécessaire. Au point où nous en étions, elle devait tout savoir pour prendre ensuite la décision qui scellerait son destin.
Elle me regardait droit dans les yeux, à la fois choquée et effrayée par tout ce qu'elle venait d'apprendre.
« Mais je sais maintenant que ce n'était qu'un prétexte. Ces hommes et cette fille sont tous morts simplement pour que tu vives parce que je ne supportais déjà pas l'idée que tu disparaisses. Parce que, à ce moment déjà et depuis que j'avais posé les yeux sur toi, tu n'étais plus une mission. J'étais trop con et borné pour m'en rendre compte mais tu n'étais pas insignifiante… »
Elle émit une petite exclamation outrée mais quelque chose dans mon ton l'intriguait malgré tout.
« … et tu m'avais déjà changé. J'avais déjà enfreint mes propres règles pour toi et remis en cause ce en quoi je croyais. Rien ni personne en presque un siècle n'avait eu cet effet sur moi. »
Elle détourna les yeux.
Sa colère l'empêchait d'entendre la sincérité dans ma voix pourtant une part d'elle avait envie de me croire.
« Tu m'as menti. » cracha-t-elle, s'accrochant à sa fureur.
« C'est vrai. Au début je t'ai menti, comme j'ai menti à tout le monde : à Aro en lui faisant croire que tu étais là parce que je pensais pouvoir te soutirer des informations dont je n'avais rien à foute, à Alice en lui disant que tu n'étais qu'une humaine parmi tant d'autres, à toi en te faisant croire que je voulais seulement en savoir plus sur toi et ta présence en Italie, mais surtout à moi en cherchant à me convaincre que tu n'étais rien. »
Mes mots l'ébranlèrent plus que ce qu'elle voulait bien laisser paraître. Elle plongea à nouveau un regard froid dans le mien.
« J'ai vu l'indifférence dont tu étais capable, ce soir, Edward. La façon dont tu as regardé ses filles mourir sous tes yeux. Quelqu'un d'aussi froid ne ressent rien. Pour personne. »
J'accusai le coup.
La distance entre nous me tuait mais je ne voulais pas approcher. Il fallait que je la gagne par mes mots, que je la laisse venir. Si elle le voulait.
« Tu te trompes. » répondis-je calmement. « Tu as vu ce soir celui que j'étais il y a encore quelques jours. Tout ce que tu as vu de moi depuis que tu es ici est tout aussi nouveau pour moi mais c'est ce que je suis maintenant.
- Tu es toujours un monstre ! » objecta-t-elle avec véhémence.
« C'est exact. Mais ça tu le savais déjà… Pourtant, jusqu'à ce soir, tu me faisais confiance.
- J'avais tort !
- Tu ne peux pourtant pas nier ce que tu as ressentis pour moi, Bella. Ces sentiments que tu as combattu si fort et que tu as essayé de me cacher. Ils étaient bien là malgré tout ce que tu savais sur moi. » plaidai-je.
Elle me vrilla d'un regard blessé.
« Sors de ma tête ! »
Je fis un rapide pas vers elle et la saisit par le bras. Elle tenta immédiatement de se dérober à ma poigne.
« Hors de question ! » répliquai-je, à bout de patience. « Je refuse de ne pas prendre en compte ce que j'ai entendu de toi. Tu as peur et tu es perdue. Mais ne renie pas ce que tu as ressenti, Bella. »
Elle était épuisée. Sa colère l'avait littéralement vidée et elle était proche de rendre les armes.
Je me penchais doucement pour être à sa hauteur et, quand mes yeux plongèrent enfin dans les siens, elle cessa de se débattre et la tristesse que je vis dans son regard me déchira le cœur.
Elle était dans cet état à cause de moi.
J'étais un parfait salaud !
« Sors de ma tête… » supplia-t-elle, les larmes à nouveaux au bord des yeux.
Elle ne savait plus quoi penser. Je la plaçais là consciemment face à ses contradictions. Sa colère face à cette histoire de mission n'était qu'un prétexte. Elle savait ce que j'étais, elle l'avait toujours su. Elle avait vu de moi certains de mes pires côtés depuis qu'elle était ma favorite et elle pensait que j'étais le seul responsable de son enfermement à Volterra. Mais, malgré cela, elle avait laissé grandir en elle d'abord la fascination, puis l'attirance, pour arriver à ce que j'avais ressenti ce soir pendant que nous dansions et qui m'avait frappé de plein fouet : l'amour.
« Tu m'aimes… » murmurai-je.
Elle gémit en fermant les yeux et son visage se tordit en une expression douloureuse.
…Non, non, non… Je ne peux pas… Je ne dois pas…
« Ne le combats pas, Bella. »
… Sors de ma tête…
« Non. » répondis-je, catégorique. « Et tout ce que je regrette maintenant c'est que tu ne puisses pas entrer dans la mienne. »
Elle ouvrit lentement les yeux, posant un regard prudent sur moi.
« Qu'est-ce que j'y trouverais ? » demanda-t-elle.
J'étais toujours penché vers elle. Je me redressai alors mais je savais bien que toute arrogance avait déserté ma posture. Mes bras retombèrent, inertes à mes côtés. Comment étais-je supposé dire ça ?
J'inspirai profondément, laissant son odeur emplir mes poumons.
Courage Edward.
« Tu y verrais que jamais personne n'a eu autant d'importance que toi dans ma vie… Tu y verrais que je ne peux pas supporter l'idée que tu t'éloignes de moi pour plus d'un instant… Tu y verrais que je suis prêt à tuer le premier qui voudrait te faire du mal et que je ne regrette pas un seul des crimes que j'ai commis car je les ai commis pour toi… Tu y verrais que… »
Je fus interrompu par les battements de son cœur.
Bella me scrutait avec un regard nouveau, comme si elle voulait se convaincre que je lui mentais mais qu'elle n'y arrivait plus.
J'approchai d'elle sans pouvoir m'en empêcher et ma main trouva toute seule le chemin de sa joue, brûlante et douce sous mes doigts.
« Tu y verrais que, si jamais j'en suis capable, ce que je ressens au plus profond de moi ressemble à s'y méprendre à de l'amour… »
Elle haleta brusquement.
« Tu mens. » souffla-t-elle, cherchant encore une once de colère à laquelle se raccrocher.
Il était temps de lever le dernier secret.
Je laissai ma main descendre sur son cou, à l'endroit même où la trace de ma première morsure commençait à disparaître, bien trop vite pour une blessure infligée la veille.
« Je crois pourtant que mon corps m'envoyait depuis longtemps des signes que j'étais trop fou pour voir. » dis-je.
Elle fronça les sourcils.
Je plongeai à nouveau dans son regard.
« Depuis que je te connais, je ne me maitrise plus. Tu as eu sur moi et mes réactions les effets les plus inattendus et les plus délicieux… mais les plus dangereux aussi. Cette morsure, par exemple. »
Elle porta instinctivement les doigts à sa gorge, effleurant sa blessure, se demandant ce que je voulais dire.
« Elle guérit bien trop vite, Bella. »
La main toujours sur son cou, elle m'interrogea du regard.
« Mon venin a ce pouvoir. »
Elle écarquilla les yeux et je lus dans ses pensées ce qu'elle se rappelait de sa conversation avec Alec ce soir. Il lui avait parlé d'échange. Il lui avait expliqué dans les grandes lignes comment se passait une transformation.
« Tu veux dire que tu as… que tu m'as injecté de ton venin ? » demanda-t-elle, incrédule.
« Non ! »répondis-je, entendant parfaitement la crainte dans sa voix. « Je ne peux pas le faire sans le décider… enfin, en théorie, je ne peux pas en produire sans le vouloir non plus et pourtant…
- Et pourtant, quoi ?
- La seule explication à ta cicatrisation rapide, et à ce changement de ton odeur que les anciens ont senti, c'est que j'en ai sécrété une infime quantité au moment où je t'ai mordue. Pas assez pour te causer de douleur mais assez pour régénérer plus rapidement les tissus autour de ta blessure. »
Bella me regardait, ne comprenant pas bien la portée de cette révélation.
« Qu'est-ce que ça veut dire ? » demanda-t-elle dans un souffle.
Je pesai bien mes mots avant de répondre, baissant les yeux car je n'avais pas assez de courage pour lui faire cet aveu de ma faiblesse et voir sa réaction en même temps.
« Ça veut dire que j'ai voulu te transformer, Bella. Ça veut dire que, pendant une seconde, tu as été tellement importante que j'ai été prêt à faire de toi ma compagne et que cette envie a dépassé mon propre jugement... Ça veut dire que je suis prêt à tout pour te garder à mes côtés. »
Le cœur de Bella battait à tout rompre, sa main crispée froissait le tissu léger de son haut et mes yeux refusaient de quitter la peau blanche de ses doigts pour remonter vers son visage parce que j'avais peur de ce que j'allais y voir. Ils se découpaient sur la soie grise comme les pétales délicats d'une fleur gracile et se déployèrent soudain quand, passant par-dessus les collines à l'Est derrière moi, un rayon de soleil vint les éclairer de sa douce chaleur.
« Tu peux continuer à ne pas me croire. Tu peux continuer à penser de moi que je suis un monstre. Mais la preuve est là…Pour la première fois, je me retrouve face à quelque chose de plus fort que moi… Je t'aime… Bella. »
Elle porta ses deux mains devant ses lèvres. Son souffle était court et ses larmes avaient recommencé à couler mais, cette fois, c'était différent. Elle ne pleurait plus de rage ou pour la perte de vies humaines. Elle pleurait sur son monde qui s'était écroulé mais qui laissait place à un nouvel ordre des choses.
Et elle ne savait pas encore ce qui allait se passer maintenant et elle était terrifiée mais…
Un sanglot la secoua. Un seul. Comme un spasme de délivrance. Comme si elle acceptait enfin de ne plus se battre.
Elle m'aimait.
Oui, elle m'aimait.
Je la laissai me regarder, demeurant parfaitement immobile à un mètre d'elle, lui laissant le temps.
Elle m'aimait.
Ces mots tournaient dans ma tête et je me demandais comment c'était seulement possible.
Je regardai ses yeux brillants et ses traits purs et parfaits.
Elle était un ange.
Elle était une bénédiction divine et la voie vers un salut que je n'avais jamais imaginé possible mais que j'envisageai enfin.
J'avais toujours été Edward, seulement Edward, évoluant seul à travers l'éternité et ne pensant pas un instant qu'un autre destin pouvait s'ouvrir à moi. Mais elle était là…
Et la chaleur qui m'avait envahi dès que j'avais posé les yeux sur elle, cette passion que j'avais ressentie dès que je l'avais tenue dans mes bras, ce frisson de vie qu'elle avait éveillé en moi était le sentiment le plus incroyable que j'avais éprouvé de toute mon interminable vie.
Elle avait été la première.
Elle serait la seule et l'unique. Car elle seule avait pu m'atteindre et m'abattre.
Amour n'était pas un mot assez fort…
L'air se réchauffa imperceptiblement et ses cheveux se parèrent de magnifiques reflets roux.
Mon ange.
« Edward ! » s'exclama-t-elle en écarquillant les yeux.
Je mis une seconde à comprendre sa frayeur.
Le soleil se levait et lui révélait la dernière chose qu'elle ne savait pas sur moi.
Aucun humain ne connaissait ce détail, pas même les favorites de Volterra. Les arbres et leur ombre protectrice n'était pas loin et j'aurais facilement pu aller m'y cacher. Mais je ne le voulais pas. Ce serait le dernier test. Si elle acceptait ça, elle accepterait tout.
Déjà je voyais se refléter sur sa peau et dans ses yeux effarés le scintillement surnaturel de ma peau, preuve ultime que je n'avais d'humain que l'apparence, et encore.
Ses mains tremblaient devant son visage et ses yeux ne me quittaient pas. Son cœur tambourinait si fort dans sa poitrine que je craignais presque qu'elle ne s'évanouisse mais, après un instant, elle approcha prudemment.
Elle leva une main timide et tremblante vers mon visage mais dut faire une pause à quelques centimètres de ma peau, trop choquée encore pour me toucher.
« Tu sais maintenant tout ce que je suis » murmurai-je.
Elle resta muette mais reporta son regard dans le mien. Elle semblait tellement troublée.
« Il n'y a que toi… » soufflai-je. « Que toi qui sache tout. »
Elle avança alors définitivement sa main et la posa sur ma joue. Je fermai les yeux sous la brûlure délicieuse qui irradia mon visage et un souffle nouveau secoua mon corps.
« C'est… »
Sa voix s'éleva, faible et incertaine dans le silence de l'aube. Pour rien au monde je ne l'aurais interrompue. Je voulais juste qu'elle continue à me parler et qu'elle ne me lâche plus jamais.
« C'est impossible… »
Impossible.
Pas exactement le mot que j'espérais.
« … et magnifique. »
J'aimai mieux et ne pus empêcher un sourire d'aise d'étirer mes lèvres.
Ses doigts coururent sur mon visage et mon cou comme des plumes légères et douces. Je la laissai faire quand elle déboutonna lentement ma chemise pour exposer mon torse aux rayons du soleil mais je gardai les yeux clos car je voulais apprécier l'instant. Cet instant incroyable où elle m'acceptait enfin entièrement, en toute connaissance de cause. Je frémis pourtant quand ses doigts caressèrent mes épaules puis ma poitrine.
Je ne les rouvris que quand elle se précipita dans mes bras, enfouissant son visage aux joues humides dans le creux de mon épaule. Je refermais alors mes bras autour de sa frêle silhouette, caressant ses cheveux soyeux en un geste d'apaisement qui me vint naturellement. Tout semblait si évident maintenant.
Là était sa place. Avec moi.
« Je ne sais pas comment faire ça. » dit-elle, comme si, pour une fois, c'était elle qui avait lu dans mes pensées.
« Moi non plus… »
- Qu'est-ce qui va se passer maintenant ? » demanda-t-elle d'une voix étouffée.
Le moment n'était probablement pas bien choisi pour lui dire que le plus dur était à venir car Aro avait vu notre lien et que j'avais lu en lui sa détermination à le briser.
La seule chose dont j'étais certain c'est que je mourrais plutôt que de laisser ce tiran lui faire du mal.
Je resserrai mon étreinte sur elle, incapable de trouver les mots pour lui dire qu'il nous fallait regagner la cité, me sentant complètement impuissant alors que mon seul désir était de la mener loin, là où aucun monstre de mon espèce ne pourrait lui faire du mal. Mais on nous traquerait pour avoir enfreint les règles de mon monde.
Il n'y avait qu'une seule option pour que Bella survive et que nous puissions quitter Volterra ensemble.
Mais étais-je prêt pour ça ?
Et comment y parvenir ?
Car Aro ne donnerai jamais son consentement… Et, sans son accord, Bella mourrait, à cause de moi, de ma folie et de l'obsession d'Aro à me faire sortir de mes gonds.
La nature autour de nous semblait parfaitement inconsciente de la tempête dans ma tête. La vie reprenait son cours avec le lever du jour, les sous-bois s'éveillant sous les pas des centaines d'espèces qui peuplaient cette région, trompées par mon immobilité. Je n'étais pas là pour tuer. Je n'étais pas le prédateur.
Qu'étais-je au juste ?
Je me sentais juste un homme… serrant dans ses bras la femme fragile qu'il avait choisi et qui l'avait choisi.
Un envol d'oiseaux attira subitement mon attention au sud.
Quelque chose avait changé dans l'air, un sentiment d'urgence et de panique secouait la faune. Cela me frappa une fraction de seconde avant d'entendre les foulées rapides venant dans notre direction. Trop rapides.
Quelque chose venait à moi et cette chose était de mon espèce.
Je distinguai alors deux pas différents, l'un lourd et l'autre plus léger. Merde ! Ils étaient deux !
Je grondai inconsciemment et Bella releva la tête, ressentant la tension dans tout mon corps.
« Qu'est-ce qui se passe ? » demanda-t-elle, apeurée.
S'en était fini de notre moment. La réalité nous rattrapait de plein fouet.
Je n'étais pas prêt.
Mais si quelqu'un osait s'approcher de nous, je ne donnai pas cher de sa peau.
Je me plaçai immédiatement entre Bella et les nouveaux venus, me préparant à un affrontement si cela s'avérait nécessaire.
… Du calme Edward, ce n'est que nous…
Alice.
Je me détendis mais gardai ma posture défensive. Jasper était là également et, même si j'avais le plus grand respect pour mon frère, je connaissais ses faiblesses.
« Edward, qu'est-ce qui se passe ? » insista Bella.
« Alice arrive. » répondis-je.
Bella souffla mais s'accrocha toute de même à mon bras en demeurant derrière moi. Elle sentait que je n'étais pas encore parfaitement serein.
Il ne fallut que quelques secondes pour que mon frère et ma sœur ne parviennent à la lisière de la clairière. Ils restèrent à l'ombre des arbres.
Alice afficha un sourire ému en nous voyant mais Jasper fut incontestablement surpris de me voir ainsi, à demi dévêtu et révélé en pleine lumière en compagnie d'une humaine. Alice lui avait parlé de Bella mais il ne s'attendait pas à ça. Tout comme il ne s'attendait pas à ce que provoqua en lui son odeur, seule fragrance humaine au milieu de ce désert.
Je grondai.
Bella était à moi. Il n'avait pas le droit de la désirer comme ça, même si c'était involontaire de sa part.
Il leva les mains en signe d'apaisement et fit un pas en arrière, sans rien dire mais s'excusant dans ses pensées de cette pulsion qu'il ne pouvait pas contrôler, même si elle ne le dominait plus.
Alice déposa sur sa joue un léger baiser avant d'avancer à son tour dans la lumière. Sa peau s'illumina de mille reflets dorés dès que le soleil l'enveloppa et Bella réprima un nouveau hoquet de surprise.
« Il était temps. » grognai-je, de mauvaise humeur, alors qu'elle parvenait à notre hauteur.
« Je suis désolée » répondit-elle simplement. « Il était trop tard quand j'ai vu les plans d'Aro, nous ne pouvions plus faire marche arrière. C'est lui qui a convaincu Eléazar de nous emmener à Rome pour tester Jasper. Il savait que le lâcher ainsi au milieu des humains mobiliserait toute mon attention. Je suis désolée. »
Comment aurais-je pu lui reprocher de mettre son compagnon au sommet de ses priorités maintenant que Bella était entrée dans ma vie.
Je regardai à nouveau Jasper. Toujours sous les arbres, il nous observait de loin mais ne perdait rien de notre échange. Ses iris étaient d'un doré identique à celui qu'ils avaient deux jours auparavant, ce qui signifiait qu'il n'avait pas cédé à la tentation. Il devenait fort. Et, dans d'autres circonstances, j'aurais été fier de lui. Mais je me contentais de hocher la tête vers lui. Il me répondit de même. Cela suffisait, nous nous étions compris.
« Nous sommes rentrés dès que nous avons pu et avons couru directement ici. » continua Alice. « Vous devez retourner à Volterra. »
Bella se crispa derrière moi et un tremblement la saisit brusquement.
Je passai un bras autour de ses épaules.
« Hors de question. » grondai-je en sachant pourtant pertinemment que nous n'avions pas d'autre choix.
"Vous devez rentrer, Edward." insista-t-elle. "Il y a du nouveau."
Une image me traversa alors l'esprit. Bella, pâle et magnifique, se tenait devant moi, une atroce lueur teintant de rouge son regard alors qu'elle me souriait amoureusement.
Je secouai la tête puis regardai, choqué, Alice qui venait de me faire voir le futur qu'elle voyait pour Bella et moi.
« C'est impossible » murmurai-je.
Alice fit un pas vers nous.
« C'est pourtant très clair, Edward. C'est ce que tu veux. Tu as déjà choisi. Tu ne peux plus rien contre ça. »
Quand bien même cela aurait été le cas. On ne me laisserait pas choisir cette voie. La vision d'Alice n'était qu'un rêve irréalisable.
« Tu oublies Aro. » contrai-je en ne pouvant m'empêcher de montrer les dents à la seule évocation de son nom.
« Je ne l'ai pas oublié. » répondit Alice très sereinement. « Mais il n'aura plus aucun pouvoir sur toi quand Carlisle sera là. »
Carlisle.
Mon démon de petite sœur avait appelé Carlisle.
Alors?
Vous l'auriez pardonné, vous?
J'espère que vous n'avez pas trouvé ça trop simple...
Mais vous étiez nombreuses à me réclamer de l'amour alors voilà, c'est dit!
Ce chapitre est plus court que ce que j'avais prévu mais le prochain s'annonce intense.
Qui serait partant pour un petit lemon de réconciliation avant que ça se corse?
Je vous embrasse et attends vos reviews avec impatience (c'est ma plus belle récompense).
Lily
