Houla mais qu'est-ce qui se passe!
Je suis à la limite de le crise d'hystérie là parce que je n'en reviens pas: le compteur à review à littéralement explosé!
On approche des 300, déjà! Et je ne compte pas le nombre de mises en alerte et en favoris depuis la semaine dernière.
Vous êtes... non mais je ne trouve pas les mots là tant je suis chamboulée.
Vous êtes tout bonnement exceptionnelles. Merci, merci mille fois d'être là et de me suivre dans mes délires.
Cette fois je souhaite aussi un bienvenue tout particulier à Lisa qui nous rejoint (je te l'ai déjà dit mais je suis vraiment ravie de te retrouver!). Merci aussi à Dreams-Twilight qui propose de référencer ma fic dans son blog (fais moi savoir quand ce sera fait, j'ai hâte de voir ce que tu en diras).
Aïe Aïe Aïe, comment vais-je réussir à gérer tout ce bonheur que vous m'apportez?!
Comme d'hab, je répond ici aux reviews de celles qui n'ont pas de compte:
Kyssou (battu et castré, vraiment? C'est ton droit ;) ), So06 (j'espère que tu auras assez chaud), alex16 (Moi aussi je l'aime bien cet Edward!), Cel (merci à toi!), Flopy69 (tu as raison, ce n'est pas encore gagné, mais j'espère que le chapitre qui vient sera assez intense pour toi), Sm33 (je suis contente que tu aies aimé ma façon d'écrire les choses).
Et allez hop, maintenant, en route pour le chapitre 17. Je vous retrouve en bas.
Marine, enlève le plaid!
;)
Bisous
Lily
les personnages appartiennent à Stephenie Meyer
Chapitre 17 – Just say yes
Pov Bella
Je regardai distraitement le paysage défiler par la fenêtre.
Le soleil brillait plus haut dans le ciel maintenant, baignant d'une chaude lumière le paysage féérique et verdoyant de la forêt toscane, et cela me paraissait totalement irréel. Comme si le monde, là dehors, n'était qu'un vague tableau, image utopique de ce qu'il avait été avant.
Depuis combien de jours n'avais-je pas vu le ciel bleu?
D'ailleurs, quand étions-nous exactement ?
J'avais été tellement déconnectée de la réalité ces derniers quoi… jours ? semaines ? … que j'avais perdu la notion du temps.
Nous devions être presque à la mi-septembre maintenant. L'automne serait bientôt là, et pourtant, la journée qui commençait promettait d'être magnifique. Mais je n'en avais rien à faire… car on me ramenait dans ma geôle où les rayons du soleil n'avaient pas leur place.
Détournant les yeux, j'observai un instant le profil parfait d'Alice, assise à côté de moi sur la banquette arrière de la Volvo. Elle se tourna vers moi et me sourit chaleureusement mais je fus incapable de lui sourire en retour. Alors elle posa sur ma cuisse une main apaisante.
Je fixai sa peau blanche, encore complètement chamboulée de ce que j'avais appris ce matin sur mes étranges compagnons de route.
Comme la plupart de mes contemporains ayant vu ou lu les œuvres de fictions qui avaient été réalisées sur les vampires, je m'étais imaginé que le soleil allait les faire brûler ou fondre, ou tout simplement disparaître… Je n'aurais pas pu être plus loin de la réalité.
J'avais vu la peau d'Edward se parer de mille reflets d'argent comme si elle avait été constituée du plus pur des diamants…
Et ce spectacle n'avait rien eu de terrifiant.
Il était magnifique… magique. Et j'avais été purement et simplement émerveillée.
C'est ce qui avait levé mes dernières défenses. Car je ne pouvais pas concevoir qu'un être tel qu'Edward, que j'avais connu si beau, impétueux et passionné, soit aussi monstrueux que j'avais voulu m'en persuader.
Cela aurait été plus simple, mais je n'avais pas eu la force de continuer à le haïr.
J'avais essayé, de toutes mes forces.
Pardonnez-moi, mon dieu, je vous jure que j'avais essayé.
Mais malgré toutes les atrocités auxquelles j'avais assistées ce soir et les crimes qu'il m'avait avoués sans la moindre trace de remords, je n'avais pas réussi à repousser mon amour pour lui.
Je n'étais plus la Bella que j'étais avant.
Elle était morte dans une ruelle à Florence et je ne connaissais pas l'étrangère qui avait pris sa place. Mais cette fille était prête à renier toutes ses valeurs pour un homme, et pas n'importe quel homme. Un vampire. Un meurtrier.
Edward m'avait peut-être ouvert les yeux sur la face cachée de mon monde et m'avait fait ressentir les sensations les plus puissantes de ma courte et misérable vie. Il m'avait fait comprendre avec ses mots qu'il ressentait quelque chose pour moi et que je n'étais pas follement tombée amoureuse sans rien pouvoir espérer en retour. Mais ça ne changeait pas ce qu'il était et ça ne le changerait jamais.
Pourtant, pour le plaisir incommensurable de pouvoir passer avec lui encore ce qui me restait à vivre de ma fragile existence d'humaine, même s'il ne s'agissait probablement maintenant plus que de quelques heures, j'étais prête à cracher sur tout ce en quoi j'avais cru jusque-là.
J'avais essayé de me battre. Mais il avait été plus fort que moi.
Je n'étais qu'une traitresse, une salope lâche et faible.
Dans le siège devant moi, Edward gronda et se raidit brusquement.
Merde, il avait probablement entendu ça.
… Tu m'entends encore ?... pensai-je en regardant ses yeux dans le rétroviseur central.
Il croisa mon regard en esquissant un sourire contrit.
Je soupirai de frustration, autant parce que je savais que je ne gagnerais pas à ce jeu contre lui que parce j'aimais inconditionnellement ce sourire qui le rendait presque humain, et je détournai à nouveau mes yeux vers la fenêtre.
… sors de ma tête…répétai-je une nouvelle fois, sans grande conviction ni espoir.
Edward émit un petit rire qui signifiait parfaitement qu'il n'avait l'intention de le faire pour rien au monde. J'aimai encore plus ce rire.
Dans le fauteuil passager, Jasper se tourna pour nous regarder alternativement, Edward et moi, avec un air surpris sur le visage, puis se fixa sur Alice qui affichait un air curieux et ravi.
« Tu me raconteras ? » lui demanda-t-elle, à la limite de la crise d'euphorie.
Jasper nous regarda à nouveau en fronçant les sourcils puis acquiesça d'un signe de tête qui rendit ma voisine encore plus électrique.
Qu'est-ce qui se passait au juste ?
J'avais l'impression que Jasper avait entendu ou senti quelque chose qui l'avait remué. Etait-ce possible ?
Encore un télépathe ?
Non !
Je commençais à en avoir ma claque de ces vampires et de leurs aptitudes pas naturelles !
« C'est plus compliqué que ça. » dit Edward, cryptique.
Un sourire illuminait toujours son doux visage, comme s'il était heureux pour une raison ou une autre.
Etais-je la seule à réaliser où nous retournions et ce que cela impliquait ?
Le sourire d'Edward se fana sur ses lèvres.
Non, je n'étais pas la seule…
L'ambiance s'alourdit perceptiblement dans la voiture et chacun garda le silence jusqu'à ce que les hauts murs de Volterra apparaissent au détour de la route.
Alice serra à nouveau doucement sa main sur ma cuisse quand mon cœur s'emballa et qu'une nausée me tordit le ventre. Je n'avais rien mangé depuis la veille dans l'après-midi et cela valait mieux car je crus bien que la peur m'aurait fait tout expulser.
J'étais terrifiée.
« Jasper… » murmura Edward entre ses dents.
Jasper ne répondit rien. Je ne l'avais pas entendu prononcer plus de deux mots de toute façon depuis que je l'avais rencontré. Il s'était présenté, poli, mais n'avais pas engagé la conversation et j'étais prête à jurer qu'il n'avait pas respiré depuis que nous avions fermé les portes de la voiture. Lui et Edward devait donc communiquer soit à travers les pensées de Jasper soit trop bas pour que je puisse les entendre.
Mais j'étais bien trop préoccupée pour me demander ce que signifiait leur discussion silencieuse. Nous nous rapprochions toujours de l'enfer.
Pourtant, un sentiment de résignation m'envahit à mesure que nous approchions de la forteresse, un curieux apaisement que j'accueillis cependant avec bonheur. J'étais bien trop épuisée pour me laisser gagner par la terreur et l'angoisse.
Cela ne m'empêcha pas de frissonner quand l'ombre des hauts murs de pierre nous engloutit littéralement. L'obscurité qui nous enveloppa alors signa la fin de mes derniers espoirs. Je ne voyais pas comment toute cette histoire pouvait bien se finir.
Je n'étais pas idiote.
Les mots n'avaient pas été clairement prononcés mais j'avais compris ce qui s'était joué là-bas.
Edward m'avait avoué qu'il avait souhaité me transformer. Dans un moment de plaisir intense, ok, et il avait dit qu'il avait agi inconsciemment, mais ce désir avait été là.
Et je n'étais pas folle, non plus. En tout cas pas assez pour continuer à croire que je pourrais ne serait-ce qu'espérer quitter Volterra vivante. Je n'avais que deux options : mourir ou bien devenir comme eux, comme Edward … un vampire.
C'était ma seule chance.
Celle dont il fallait que je décide si je voulais la tenter ou pas. Et, dans la balance, mes convictions pesaient bien léger face à ma peur de mourir et à mon envie d'être avec Edward…
Après avoir finalement accepté mes sentiments pour lui cette nuit, je n'avais même pas envisagé cette option comme possible puisque, à travers sa sinistre mise en scène, Aro avait été très clair : la décision finale lui revenait. Autant dire que retourner à Volterra équivalait à signer mon arrêt de mort car il n'autoriserait jamais ma transformation. J'avais bien plus de valeur pour lui mourante, si possible dans d'atroces souffrances d'ailleurs histoire de faire devenir Edward complètement fou, que vivante.
Et Alice était arrivée avec son aplomb, certaine que nous devions rentrer et annonçant qu'elle faisait venir Carlisle.
Je n'avais jamais pris le temps de me l'imaginer mais, maintenant que notre rencontre semblait imminente, j'étais inquiète. Edward me l'avais décrit comme une sorte de patriarche juste, généreux et profondément respectueux de la vie humaine, mais, pour garder sous son influence un électron libre comme Edward, je me doutai que Carlisle ne devait pas non plus être un enfant de cœur.
Je ne comprenais pas non plus très bien en quoi sa venue allait changer les choses mais Edward et Alice semblaient avoir retrouvé espoir.
La voiture s'engagea rapidement dans la cour d'enceinte puis dans les garages, les pneus crissant sur le béton au sol. Puis tout se passa très vite. Edward ne prit même pas la peine de couper le contact et sortit à toute vitesse pour venir ouvrir ma portière. Il me mena ensuite au pas de course dans l'escalier de pierre qui montait en colimaçon dans les étages. Nous courrions presque et je le soupçonnais d'avoir eu plusieurs fois envie de me porter pour aller encore plus vite mais il ne le fit pas, se contentant de me soutenir d'un bras passé autour de la taille.
Je reconnus son couloir et, quelques minutes à peine après être entrés dans la cité, il refermait sur nous la porte de sa chambre puis s'appuya lourdement, le dos contre le chambranle, semblant presque à bout de force tant il était soulagé.
« Au moins, nous n'avons croisé personne… » souffla-t-il. « Mieux vaut remettre à plus tard l'heure de rendre des comptes pour notre petite escapade. »
Je restai immobile, plantée là au milieu de la pièce, sans trop savoir quoi faire de mon corps. Nous avions beaucoup à discuter. Trop probablement aux vues de ma fatigue nerveuse et physique.
Edward me regarda d'un œil prudent en fronçant les sourcils.
« Il faut que tu manges. Et que tu te reposes. » dit-il en sortant de sa poche son téléphone sur lequel il commença à pianoter à toute vitesse. « Alice va t'apporter quelque chose. »
Je regardai la pièce autour de nous, les tableaux chaleureux aux murs, les lourds rideaux et le tapis moelleux, le lit majestueux malgré le pilier plié, et les fauteuils. Cette pièce avait été jusqu'ici pour moi le symbole même du paradis tant j'y avais vécu des expériences grisantes. Mais tout me semblait étranger maintenant, et je ne me sentais pas à ma place.
« Je ne devrais pas regagner ma propre chambre ? » demandai-je. « N'est-ce pas ce que vos esclaves humains sont censés faire dès que le jour se lève. »
Edward passa une main nerveuse dans ses cheveux.
« Il est hors de question que je te quitte des yeux ne serait-ce qu'un instant. » répondit-il. « Et puis… les choses ont changé… »
Je croisai maladroitement les bras sur ma poitrine, comme si j'avais froid mais c'était finalement plus une manœuvre pour occuper mes mains.
Edward se redressa brusquement et se déplaça si vite que je ne perçus pas ses mouvement mais, une seconde plus tard, il m'enveloppait doucement dans une couverture en laine soyeuse.
« Merci… » murmurai-je.
« Je t'en prie. »
Nous étions maladroits et gauches. Tant de choses avaient été dites cette nuit, tant de secrets avaient été dévoilés que nous ne savions ni l'un ni l'autre comment nous devions nous comporter face à ça.
Je décidai de m'asseoir dans un des fauteuils. Au moins, de cette façon, je n'aurais plus à me demander quoi faire de mes jambes. Edward marcha jusqu'au lit et s'appuya contre un des piliers, les bras croisés, les yeux prudemment plongés dans les miens.
Il avait suivi mes débats intérieurs toute la nuit. Et maintenant il semblait attendre que je prenne la parole réellement.
Alors je me lançai.
« Qu'est-ce qui a changé ? »
Il baissa les yeux, comme si, soudainement, soutenir mon regard devenait trop difficile.
« Tu n'es plus seulement ma favorite, Bella… Enfin, si tu le veux, tu peux être plus que ça. »
J'avalai difficilement.
« Et comment appellerais-tu ce que je serais alors ? »
Il hésita. Suffisamment longtemps pour que nous soyons interrompus par des coups frappés à la porte.
… sauvé par le gong…
Il sourit en se dirigeant vers la porte.
Quand il l'ouvrit, Alice entra, portant un plateau remplit de tout ce qu'elle semblait avoir pu trouver de mangeable : des fruits, du pain, du fromage, ce qui ressemblait à de la viande séchée et une étrange bouillie marron dans une terrine. Elle déposa le tout sur la table basse devant moi et repartit immédiatement en sens inverse, s'arrêtant seulement un instant devant Edward qui lui tenait la porte.
« Merci, Alice » dit-il avec un sourire triste.
Puis il referma la porte et vint reprendre sa place, l'épaule appuyée contre un des piliers du lit, les deux bras croisés de façon très virile sur sa poitrine.
Concentre-toi Bella.
« Tu n'as pas répondu à ma question. » le relançai-je.
« Mange d'abord. »
Certainement pas ! Il ne se défilerait pas comme ça !
« Je veux une réponse, Edward.
-Je te répondrais si tu manges. » insista-t-il, catégorique.
Je choisis donc un bout de pain que je commençai à déchirer en morceau que je portai à ma bouche. C'était bon et je ne réalisai que maintenant que j'étais affamée, mais je voulais ma réponse. Je reposai donc la nourriture après avoir avalé ma première bouchée, faisant clairement comprendre à Edward que c'était donnant-donnant.
Il leva les yeux au ciel en signe d'exaspération.
« Que suis-je maintenant ? »
Il laissa échapper un souffle prudent entre ses lèvres avant de répondre.
« Ma compagne… je suppose… si c'est ce que tu veux. »
Les mots restèrent coincés dans ma gorge. Il avait semblé tellement apeuré en disant cela. Il craignait que ce ne soit pas ce que je voulais aussi.
Oh oui, c'était ce que je voulais. Etre avec lui. Loin de tout ça, mais avec lui.
C'était ce que cela impliquait d'autre qui me posait problème.
Il pinça les lèvres. Il avait encore entendu ça.
J'avais hâte que les effets de mon sang s'estompent car, même si je ne prévoyais plus de lui cacher quoi que ce soit, je n'étais pas à l'aise de savoir qu'il entendait tout ce que je pensai.
« Et ça change quoi ? » demandai-je pour cacher mon trouble.
« Ça change que tu pourras rester avec moi aussi longtemps que nous le voudrons. Si je te fais cette proposition, cela impliquera que nos liens sont tellement forts que je t'ouvre mon monde. Tu peux tout voir de moi et je peux tout te donner. Si tu acceptes, tu n'auras plus à te conformer aux règles qui régissent les humains puisque, avec la permission d'un ancien, tu deviendras comme moi. »
Ce discours semblait froid et factuel, mettant de côté le plus important : mes sentiments et mes doutes.
« Tu ne m'as fait aucune proposition. » murmurai-je, ma voix trahissant encore une fois mes émotions.
« Non. »
Ses yeux sur moi me brûlaient littéralement. Mon cœur battait frénétiquement dans ma poitrine et mon souffle s'emballait de plus en plus dans ce silence pesant.
« Tu m'aimes ? »
Je ne cillai pas sous sa question murmurée. C'était mon instant de vérité.
« Oui. »
Il soupira en fermant les yeux sous une émotion visiblement trop forte. Ses lèvres bougèrent comme si il se murmurait quelque chose à lui-même mais j'étais trop loin pour l'entendre. Et son visage se crispa dans une expression douloureuse.
Il ne me croyait pas ?
« Si je te crois. » répondit-il à ma question muette. « C'est ce que ce simple mot éveille en moi que je n'arrive pas à croire. »
Il rouvrit les yeux brusquement et la flamme que j'y vis me fit chavirer et fit bouillir mon sang.
« Tu dois comprendre, Bella, que jamais personne, de toute mon existence, ne m'a fait ressentir ce que je ressens pour toi en ce moment. Jusqu'à aujourd'hui, je n'avais jamais envisagé la possibilité de… faire ça. »
Il fit rapidement les quelques pas qui le séparaient de moi et s'agenouilla devant moi.
Mon cœur menaçait sérieusement de s'échapper de ma poitrine s'il continuait à me regarder comme ça.
« Tu es la première, la seule pour qui je serai prêt à tout sacrifier. Tu as complètement pris possession de moi et je ne laisserais plus jamais quelqu'un d'autre te toucher ou te faire du mal. Si tu me demandais de t'emmener loin, maintenant, je le ferai. Malgré la folie et la certitude que nous n'en sortirions vivant ni l'un ni l'autre, je le ferai parce que, pour la première fois en plusieurs décennies, j'ai l'impression de me sentir en vie. Grâce à toi. »
Mon dieu.
Il s'approcha encore. Son souffle glacé balaya mon visage, en excitant chaque parcelle.
« Ou bien je peux te demander de me suivre… Je peux t'offrir l'éternité à mes côtés. Mais quel que soit le temps qu'il nous reste, je ne suis pas prêt à en perdre une seconde donc il est hors de question que je te renvois là-bas. »
Il se pencha pour embrasser ma main qui tremblait, crispée sur ma cuisse.
« Sois à moi, Bella. Pour toujours ou pour le temps que durera notre fuite, sois à moi. »
Je dus me mordre les lèvres presque jusqu'au sang pour me retenir de lui dire oui tant sa déclaration m'avait touchée et troublée. Mais je ne pouvais pas me permettre de laisser mes pulsions décider.
Il gronda de frustration, me sentant lui échapper.
« Tu as des doutes… sur moi. » affirma-t-il d'après ce que mes pensées lui avaient fait comprendre. La rage latente était tout à fait perceptible dans sa voix, signe que, même s'il m'aimait comme il le prétendait, je ne le domestiquerais jamais.
Evidemment que j'avais des doutes !
Infimes, certes. Mais j'aurais été complètement irresponsable de ne pas en avoir.
Il se leva brusquement, me tirant à lui pour que je me dresse aussi.
« Alors partons, maintenant, parce que tu cours trop de dangers ici en restant une simple humaine. »
Une sonnerie résonna dans sa poche de pantalon mais il l'ignora.
« Tu es complètement fou, » m'offusquai-je. « Si nous fuyons maintenant, c'est toi qui est perdu. Je ne peux pas accepter ça. »
Je me relaissai tomber lourdement dans le fauteuil, arrassée par le poids qui me broyait le cœur. Il fallait que j'extériorise mes craintes, que je les exorcise.
«Comprends-moi… Tu me dis que tu m'aimes. Mais je ne te connais presque pas. J'ai vu de toi autant de côtés effrayants que complètement désarmants. Tu me fais me sentir plus vivante que je ne l'ai jamais été, tu éveilles une passion en moi que je n'arrive pas à comprendre, tu peux être tendre et chaleureux et, mon dieu, je jure que tu sais jouer avec mon corps comme un putain de virtuose mais j'ai vu aussi que tu pouvais être froid, violent, intraitable et cruel… »
Il crispa les mâchoires sous la dureté de mes paroles. Les muscles de ses joues se contractèrent de la façon que je trouvais si sexy mais je ne me laissai pas distraire.
Son portable retentit une nouvelle fois dans sa poche.
« Je ne m'explique pas mes sentiments pour toi. Mais ils sont là, je ne peux rien y faire et j'ai envie de te suivre mais… ce que tu évoques, ça ne revient pas seulement à renier ce que je suis, ça revient à renier mon espèce entière et à dire adieu à tout ce que je connais et à tous ceux que j'aime… pour toi. »
Il me vrillait de son regard perçant sans dire un mot et, franchement, je n'aurais su dire si mes paroles l'affligeaient ou le mettait en colère.
« Je veux te croire. Plus que tout je veux te croire. Mais…c'est difficile. »
Il était toujours immobile et silencieux face à moi, me dominant de toute sa hauteur alors que je devais lever la tête vers lui depuis mon fauteuil. Je me sentis tellement fragile tout à coup, maintenant que je lui avais tout avoué.
Le bip d'un message résonna pour la troisième fois dans la poche de son pantalon.
« Tu ne vas pas répondre ? » demandai-je, plus pour briser ce silence insoutenable que par réel intérêt.
Il lui fallut encore une bonne minute avant de se mettre en mouvement pour sortir son téléphone. Son visage refléta au fur et à mesure de sa lecture, d'abord l'agacement, puis la résignation et, pour finir l'amusement, ce qui éveilla finalement ma curiosité.
« Le dernier est pour toi. » dit-il en me tendant le portable.
Je me levai pour prendre l'appareil et je fis défiler les messages. Tous trois venaient d'Alice.
Vous enfuir ! Non mais ça ne va pas ! Aro vous traquera et vous tuera. Edward, je t'interdis de me laisser seule avec Emmett et Rosalie !
Evidemment, elle avait vu les plans de son frère. Je ne pouvais qu'être d'accord avec elle sur ce point de vue, il était hors de question que je fuis toute ma vie, qui serait trop courte de toute façon.
Je passai au deuxième message.
Vous êtes adorables mais vous perdez du temps. Elle t'aime, tu l'aimes. Prouve le lui, bon sang !
Je ne pus retenir un sourire. Et je sentis mes doutes flancher doucement. Je lus tout de même le dernier message, celui qui avait été envoyé au moment où je disais justement à Edward que j'avais du mal à croire à son attachement réel.
Bella, si tu ne crois pas mon frère, tu ne peux pas mettre Jasper en doute. Le pauvre est encore traumatisé de ce qu'il a perçu chez Edward tout à l'heure.
Je fixai l'écran sans comprendre.
« Jasper est doué d'une empathie exceptionnelle… » commença doucement Edward, sa voix basse roulant dans le silence.
Mes yeux ne quittaient pas l'appareil dans ma main pendant que je mettais ensemble les pièces du puzzle.
« Il ressent, littéralement, les émotions des personnes qui l'entourent. »
Sa voix était plus proche maintenant, très proche.
La mienne était éraillée quand je repris la parole.
« Tout à l'heure, dans la voiture…
- Il a senti en moi une chose à laquelle je ne l'avais pas habitué. »
Un nouveau message s'afficha à l'écran sous mes yeux avec un bip retentissant.
Je vous laisse maintenant. Je regarde ailleurs, promis
Un smiley !
Quel âge avait-elle pour faire ça ?
« Tu me croiras si tu veux mais elle est plus vieille que moi. » dit Edward en m'enlevant doucement l'appareil des mains.
Je fixai maintenant le vide, incapable de lever les yeux vers lui alors que je sentais son corps dangereusement proche du mien.
« Ce que Jasper a senti… » commençai-je
« Oui.
- Tu m'aimes.
- Oui. » chuchota-t-il à mon oreille.
L'air quitta subitement mes poumons et la chaleur qui envahit mon cœur à cet instant aurait pu me consumer totalement.
« Tu m'aimes. » répétai-je, comme pour finir de me convaincre.
« Oui ».
Et ses lèvres étaient déjà dans mon cou, embrassant doucement ma peau frémissante pendant qu'il enroulait un bras autour de ma taille pour me rapprocher encore plus de lui, comme si cette prise de conscience rendait insupportable la distance entre nous.
Je réalisai alors que j'avais besoin de ça aussi. De cette communion. De lui plus près… tellement plus près.
Après toute la tension de ces dernières heures, mon corps le réclamait à grands cris. J'avais juste était trop folle et trop sourde pour ne pas l'entendre.
« Tu m'aimes vraiment… » haletai-je en penchant la tête en arrière pour lui livrer un meilleur accès à ma gorge.
« Oui vraiment… » dit-il en faisant courir son nez le long de ma clavicule tout en me renversant sur le fauteuil. Il était tellement doux que j'aurais pu me laisser surprendre si je n'avais connu parfaitement l'intention derrière chacun de ses gestes. Il me voulait autant que je le voulais…
« … irrésistiblement… »
Ses mains avaient commencé à relever mon haut le long de mon buste et sa bouche se posa directement entre mes seins, embrassant ma peau si fine à cet endroit et électrisant chacun de mes nerfs, comme si toutes mes sensations s'éveillaient sous ses lèvres. Je gémis longuement en remontant sans la maitriser une jambe le long de sa hanche.
« … terriblement… »
Il saisit fermement ma jambe pour serrer encore plus son corps contre le mien, pressant directement nos deux bassins l'un contre l'autre. Sa passion était bien là sous la douceur et jamais je n'aurais voulu changer ça. Il m'avait montré tout de lui. L'évidence de son désir fit exploser le mien et je tentai par tous les moyens de me raccrocher à la réalité en agrippant des deux mains le dossier du fauteuil au-dessus de ma tête.
« … et dangereusement. »
Ce dernier mot mourut sur mes lèvres quand il m'embrassa, d'abord doucement puis de façon de plus en plus possessive , et je basculai encore plus le bassin vers lui, ce qui eut pour effet de faire raisonner une nouvelle fois son corps d'un de ces grondements rauques et primaires qui semblaient s'adresser directement à la bête en moi.
Comment avais-je pu remettre en question une telle connexion ?
Il était fait pour moi et j'étais faite pour lui, comme si son destin avait été de devenir immortel juste pour pouvoir parvenir jusqu'à moi.
Je n'étais ni meilleure que lui ni pire car rien d'autre n'aurait plus d'importance que ces instants où son corps mettait le mien au diapason. Même désir, même passion, même bestialité.
Je fus rapidement à bout de souffle. Il dessina donc une ligne de baisers brûlants le long de ma mâchoire jusqu'à enfouir complètement son visage dans mon cou.
J'en voulais plus. Tellement plus, que mes doigts commencèrent à s'acharner sur les boutons de sa chemise puis glissèrent sur ses épaules sculptées pour le dénuder. Que n'aurais-je donné pour voir encore les rayons du soleil jouer sur sa peau ! Je me penchai pour embrasser son épaule puis la mordre, ne maitrisant plus les impulsions de mon désir, et il gronda encore.
Je relevai la tête, haletante et plongeai dans son regard. Je me noyai alors dans le noir de ses pupilles et, voir dans ses yeux le désir brut qui coulait dans son corps mêlé cette fois à cet amour qu'il venait de m'avouer finit d'enflammer mes sens. Je me redressai complètement pour monter à califourchon sur ses genoux et il nous fit glisser doucement jusque sur le tapis.
J'aimais tout de lui. Sa tendresse mais aussi la façon dont ses yeux trahissaient sa différence. Il avait toujours le rouge de mon sang dans le regard, mais ce n'était plus la marque de mon esclavage, c'était la preuve que je faisais partie de lui.
Un sourire presque enfantin illumina son visage mais c'est d'une poigne de fer qu'il mit en lambeaux mon haut. Une victime de plus à ajouter au massacre méticuleux qu'il s'appliquait à faire avec ma garde-robe. Mais j'étais bien loin de m'en plaindre à l'instant.
Toujours assise sur lui, mon visage était parfaitement à la hauteur du sien, concentré et magnifique, et je le sentais déjà, frémissant, entre mes cuisses.
Mon pantalon était maintenant mon pire ennemi.
Il sourit encore alors que je le suppliai mentalement de me l'arracher, comme le reste. Mais il en avait visiblement décidé autrement et, quand je commençai à onduler sur lui, il posa une main ferme sur mes hanches tandis qu'il saisissait mon menton de l'autre. Son regard se fit immédiatement plus sérieux alors qu'il me regardait sans ciller.
« Suis-moi » murmura-t-il.
La tentation pure coulait de ses paroles. Il était le serpent et moi juste la femme, attirée et corruptible, se laissant séduire irrésistiblement par ses charmes et sa voix de miel. A la différence que je savais exactement ce qu'il me proposait et que j'étais prête à le suivre en était parfaitement consciente de ce que cela signifiait.
Il déposa sur mes lèvres un baiser tendre et passionné, fermant durement les yeux et les garda ainsi quand il s'écarta légèrement. Sa main maintenait toujours ma nuque pour ne pas que je m'éloigne et son souffle laborieux coulait sur mon visage.
J'étais déjà à la limite de l'incohérence tant j'avais envie de lui.
Ce besoin ne me quitterait jamais. Je le savais.
Et jamais plus personne ne serait capable de me faire ressentir ça.
J'étais définitivement perdue car, je ne serais plus jamais capable de le quitter.
Son visage se tordit sous l'effort qu'il faisait pour garder entre nous une distance suffisante pour qu'il puisse prononcer ces mots.
« Je t'offre l'éternité à mes côtés, Bella. Suis-moi… »
L'éternité…
Il m'était impossible d'envisager la portée de ce mot mais, à cet instant, cela me semblait le minimum pour avoir la chance de vivre avec lui assez longtemps pour ne rien gâcher de ce sentiment immense, de cet amour infini qui emplissait mon cœur au point de le faire exploser.
Edward sourit et je lus un bonheur pur sur son visage.
Je vivrais éternellement à ses côtés juste pour avoir la chance de revoir cette expression. Oui je le suivrais…
« Je veux l'entendre… » ordonna-t-il à même mes lèvres en ouvrant ses yeux brillants d'allégresse. « Dis le… à voix haute. »
Ma voix était tremblante mais je n'hésitai plus. C'était maintenant une évidence, la vie ne méritait pas d'être vécue si cela signifiait sans lui, même pour quelques heures.
« Je te suivrais Edward, pour toujours et à jamais, si tu veux de moi. »
Il fondit sur mes lèvres et son baiser fut plus profond qu'aucun de ceux que nous avions échangés jusque-là parce qu'il signait notre engagement l'un envers l'autre.
Il nous fit rouler au sol pour prendre position au-dessus de moi.
Enfin.
Son torse massif cloua ma poitrine contre le tapis soyeux mais il ne me serait pas venu à l'idée de m'en plaindre car là était ma place, dans ses bras, quitte à mourir, si c'était dans l'étau de son étreinte, je mourrais comblée.
« Il n'y aura pas de retour en arrière possible. » dit-il, ses yeux sombres toujours plongés dans les miens.
« Je sais »
Mes sens limités d'humaine absorbèrent chacune de ses caresses sur ma peau quand sa main descendit le long de mon flanc pour glisser dans la ceinture de mon pantalon.
Mes yeux enregistrèrent chacun des mouvements des muscles de ses épaules quand il se redressa pour me retirer mon dernier vêtement avant de déchirer le sien sur ses hanches de pierre.
Ma langue goûta la sienne quand il étouffa mon premier cri sur ses lèvres et mon corps subit avec délice chacun de ses assauts.
Ma gorge me brûla quand je lui hurlai que le voulais toujours plus fort et plus loin.
Et il accéda à chacune de mes demandes, déchiffrant dans mon esprit incohérent la moindre de mes envies, le plus infime de mes besoins; repoussant mes limites et m'entraînant inexorablement dans des abysses de volupté pure.
Et le plaisir dura des heures infinies et délicieuses, avant que les limbes du sommeil ne m'engloutissent, assouvie et apaisée car il m'avait communiqué sa toute nouvelle foi.
Sa foi en moi.
Sa foi en nous.
Pour toujours.
Je n'avais plus froid.
Je n'avais plus peur.
J'avais la foi.
Mon avenir serait avec Edward ou ne serait pas.
Cette idée accompagna mon sommeil et était toujours là quand le voile se leva lentement sur ma torpeur et que je repris conscience doucement de mon corps endolori mais heureux, du drap posé sur mon dos, de l'oreiller contre ma joue, de l'odeur d'Edward partout autour de moi, même si je sentais parfaitement qu'il n'était pas à mes côtés.
J'entendais l'eau couler au loin.
J'avais les yeux toujours fermés et mes lèvres s'étirèrent dans un sourire alors que j'imaginai Edward sous la douche.
Peut-être pourrai-je l'y rejoindre…
Après tout, je n'avais plus à avoir peur de lui. Il n'y avait plus aucune limite. Plus maintenant. Plus après cette nuit.
Je me mordis doucement la lèvre inférieure alors que la langueur reprenait inexorablement possession de moi.
« Brune, hein ? J'aurais juré qu'Eddy préférait les blondes. »
Cette voix, basse et moqueuse, m'était totalement inconnue. Et avant même que je n'en sois pleinement consciente, je m'étais redressée et recroquevillée à l'extrémité opposée du lit, le drap serré contre ma poitrine.
La panique se déversa dans mon corps à une vitesse hallucinante quand mes yeux se posèrent sur l'inconnu qui me toisait au pied du lit.
Il faisait sombre car le jour déclinait déjà mais je pouvais parfaitement voir qu'il était immense. Sa carrure imposante aurait fait passer Félix pour une femmelette.
Il me regardait avec un sourire narquois qui me rendait encore plus confuse.
Qui était ce type ?
« Qui êtes-vous ? Sortez d'ici tout de suite ! » hurlai-je, à la limite de la crise d'hystérie.
J'eus à peine le temps de voir le sourire du colosse s'étirer encore plus avant qu'il ne soit projeté sur plusieurs mètres par un Edward ruisselant et seulement couvert d'une serviette qui prit une position de fauve près à l'attaque entre moi et l'intrus.
Bon alors, je sais, j'avais dit que Carlisle arrivait dans ce chapitre mais j'ai changé mes plans (privilège de l'auteure, hi hi!)
Je trouvais ça bien de couper ici donc je m'excuse si vous êtes un peu frustrées. Je vais me rattraper!
Carlisle sera là au prochain chapitre, promis. En plus, comme ça, je vais vraiment pouvoir écrire l'entrevue avec Aro puisque la suite sera en pov Edward. Vous comprendrez au prochain chapitre pourquoi je n'aurai pas pu le faire si j'avais continué celui ci.
J'espère que ce que vous avez lu vous à plu!
En bonus, je vous mets le lien vers une vidéo qui me remue et qui colle parfaitement à ce que je voyais de cette scène. Le lemon est peut-être un peu moins citronné que d'habitude mais c'est ce que je voulais... Je voulais laisser la part la plus importante à l'amour cette fois. J'espère que j'ai réussi.
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Rappelez-vous, rien ne me récompense plus que vos commentaires, donc à vos claviers! Vous en profiterez pour me dire ce que vous pensez du nouveau venu, si vous avez deviné qui sait (j'en suis certaine).
Je vous embrasse.
Lily
