AAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHH!
ça a encore été la folie des reviews sur le chapitre précédent et on a allègrement dépassé les 300!
Je ne sais encore pas quoi vous dire à part que je suis vraiment VRAIMENT touchée par tous vos messages de soutien et que, franchement, vous être un vrai bonheur pour moi.
Cel: j'ai adoré ta review, ce chapitre sera peut-être moins intense mais il fait avancer l'histoire donc j'espère qu'il te plaira aussi. Bisous
So06: j'espère continuer à te régaler longtemps :) biz
sm33: il faut attendre encore un peu pour l'annonce à Aro et la transformation de Bella. Mais on y vient doucement.
Flopy69: et oui, quelle surprise comme tu dis! Bisous
Laau: Quel plaisir de te retrouver! Tu me manquais!
Et vous toutes, les autres à qui j'ai déjà répondu en MP, je vous aime, tiens!
Donc, vous aviez bien toutes deviné qui était le malotru à la fin du chapitre précédent alors on repart la dessus. Rappelez-vous, nous avions laissé Edward ruisselant et presque nu en mode bestial... vous resituez?
On se retrouve en bas.
Lily
Les personnages appartiennent à Stephenie Meyer
Chapitre 18 – Father and son
Pov Edward
La rage se déversait inexorablement dans mes veines comme l'eau glacée sur ma peau quelques secondes plus tôt.
Quelqu'un s'en était pris à Bella.
Quelqu'un lui avait fait peur.
Mes yeux verrouillés sur ma proie, une seule rapide inspiration me suffit à m'assurer que Bella n'était pas blessée car je ne sentais pas l'odeur de son sang. C'était déjà ça mais cela n'empêcherait pas cet intrus de payer cher le fait qu'il l'ait affectée. L'idée même que quelqu'un la perturbe d'une façon ou d'une autre réveillait en moi de furieuses envies de meurtre.
Je sentis rouler dans ma poitrine un grondement rauque, seul avertissement à mon adversaire pour lui faire comprendre qu'il ferait mieux de rester au sol parce que mes muscles bandés à l'extrême ne demandaient qu'à se détendre. Je ne donnais alors pas cher de sa peau.
Un éclat de rire s'éleva de la masse imposante vautrée sur le sol.
Emmett ?
La surprise me fouetta un instant avant d'être remplacée par une acceptation presque résignée.
Evidemment, qui d'autre ?
Personne à Volterra n'aurait sciemment essayé de pénétrer dans ma chambre à mon insu. Seul mon abruti de frère avait se toupet. Et cela me semblait tellement la seule option logique que je ne pris même pas le temps de m'étonner du fait qu'Emmett était normalement sensé être à des milliers de kilomètres d'ici.
« Bordel, Eddy, quel accueil ! » se moqua-t-il en se remettant rapidement debout, me dépassant de presque une tête.
Le cœur de Bella battait encore à tout rompre dans mes oreilles et, même si je n'entendais plus ses pensées depuis quelques heures déjà, je pouvais parfaitement sentir sa peur et son trouble, ce qui me remit les nerfs en pelote.
Le sourire d'Emmett s'étira qu'il regardait par-dessus mon épaule.
Je captai alors une pensée qu'il ne pris même pas la peine de me cacher.
… je préfère nettement être accueilli par cette jolie brunette à moitié nue…
Je poussai immédiatement un feulement de rage brute en me jetant sur lui. Il avait beau être ce qui se rapprochait le plus d'un frère pour moi, il n'avait aucun droit de poser les yeux sur elle. Elle était à moi.
Il ne vit pas le coup arriver et nous roulâmes ensemble au sol quand je le ceinturai pour le bloquer sous moi et commencer à le rouer de coup, faisant trembler les meubles. Il tenta de me saisir par le cou pour reprendre le dessus mais, malheureusement pour lui, il avait beau être le plus fort de nous deux, j'avais toujours été le plus rapide et le contournai rapidement en une prise d'étranglement pour le maintenir à genou et j'envisageai sérieusement de le jeter dehors à travers la porte de bois massif. Il ferait un bel effet, ainsi encastré dans le mur en pierre du couloir et, au moins, il n'aurait plus loisir de souiller ma compagne de son regard dégradant.
« Ca suffit, Edward. Lâche-le. »
Tout mon corps obéit de lui-même à cet ordre dit d'une voix douce et calme et je relâchai Emmett dans la seconde, laissant retomber mes bras le long de mon corps.
Comment avais-je pu ne pas me rendre compte de la quatrième présence dans ma chambre ?
Je n'étais pourtant cette fois ni irrité ni en colère et me tournai légèrement vers le fauteuil près de la fenêtre. L'homme qui y était assis était tel que je l'avais toujours connu : blond, grand, charismatique et impeccable dans son costume gris.
Rien ne transparaissait sur son visage impassible, ni plaisir de me revoir ni colère face à mon emportement et, bizarrement, je me sentis soudain idiot d'avoir laissé Emmett me pousser à bout comme il le faisait si souvent. Je devrais être capable de passer au-dessus de ça depuis le temps !
Devant moi, Emmett se massait le cou en maugréant mais je ne lui portai plus aucune attention, suivant du regard mon mentor se lever lentement de son siège.
« Carlisle. » dis-je simplement en hochant la tête dans un salut respectueux.
Toujours aussi serein et inexpressif, il s'approcha de moi jusqu'à être à portée de bras. Son regard ambré ne me quittait pas, sondant le mien de longues secondes silencieuses.
Il me cachait ses pensées et je ne savais pas comment le prendre.
Etait-il contrarié d'avoir dû faire le voyage jusqu'ici pour me sauver la mise ?
Je ressentis un pincement à cette idée car, s'il y avait bien quelqu'un que je n'appréciais pas de décevoir, c'était lui. Je l'avais déjà fait suffisamment.
Mais, contre toute attente, il tourna la tête vers Emmett.
« Excuse-toi. » lui ordonna-t-il.
Emmett grogna. Carlisle ne savait pas ce qui avait déclenché ma colère mais connaissait assez mon frère pour deviner.
« Emmett. Excuse. Toi. » répéta-t-il plus froidement.
Je ne pus m'empêcher de sourire comme un gamin. Emmett était dans la merde. Carlisle avait horreur de se répéter et il le savait.
« Excuse-moi, Edward. » maugréa-t-il à contre cœur et je hochai la tête en souriant.
La colère passée, j'étais maintenant foutrement content de les voir et mes épaules se détendirent immédiatement quand Carlisle posa sur l'une d'elle une main bienveillante.
« Je suppose que cette charmante demoiselle est la raison de ma présence ici ? » interrogea-t-il sans regarder Bella. « Et je présume que vous préfèreriez vous changer avant que nous ne fassions plus ample connaissance. »
Carlisle m'ouvrit alors son esprit pour me faire comprendre qu'il ne souhaitait pas m'offenser en n'accordant pas plus d'attention à Bella mais qu'il ne voulait simplement pas la mettre trop mal à l'aise en la regardant tant qu'elle était à ce point dévêtue.
Je réalisai alors que Bella était toujours debout sur le lit, seulement enroulée dans mon drap et regardait vers nous avec les yeux écarquillés, alternant entre l'incompréhension et la peur. Quant à moi, je ne portais toujours qu'une serviette mais cela m'était bien égal tant son inconfort à elle était palpable.
Evidemment qu'elle était gênée, bon dieu d'imbécile !
Pourtant, désespéré, je fis un tour rapide de la pièce du regard et repérai son haut en lambeaux sur le tapis, ses sous-vêtements éparpillés sous le lit et son pantalon qui avait renversé une lampe… il n'y avait rien de récupérable ou que je puisse prendre sans m'attirer les sarcasmes d'Emmett.
Merde.
Je ne pouvais tout de même pas la laisser ainsi.
Lui prêter une de mes chemises peut-être ?
L'idée de la voir déambuler dans la pièce seulement vêtue de l'une d'elles me paraissait autant attirante que carrément déplacée car elle éveillait déjà trop d'envie en moi.
Re-merde !
La porte s'ouvrit alors à la volée, laissant entrer la tornade brune qu'était ma sœur. Comme si j'avais besoin d'un spectateur supplémentaire, là, maintenant !
« Ma chambre se serait-elle transformée en un putain de moulin ? » m'offusquai-je.
Alice ne se formalisa pas du tout de mon exclamation outrée et entra pour se diriger directement vers Bella. Elle la prit doucement par la main et la traina, toujours visiblement choquée, vers la porte de ma salle de bain.
« Tiens, Bella. Je t'ai amené tout ce dont tu vas avoir besoin. » dit-elle en lui tendant un sac noir.
Toujours muette, Bella hocha confusément la tête et me chercha du regard. Je lui souris chaleureusement pour la rassurer et elle finit par fermer la porte sur elle.
Alice m'adressa un clin d'œil complice et je ne pus qu'éprouver de la gratitude envers elle pour avoir eu les réflexes dont je m'étais montré incapable. Je lui souris donc en secouant la tête, incrédule de pouvoir être à la fois si exaspéré et si reconnaissant en même temps.
Dans la seconde qui suivit cet échange muet, Alice reporta son attention sur Emmett et elle lui sauta brusquement dans les bras en criant, enroulant ses bras autour de son cou et ses jambes autour de sa taille. Emmett n'eut que le temps de la saisir au vol.
« Emmett ! » se mit-elle à jubiler. « Je suis tellement contente de te voir ! Ça fait si longtemps ! Où est Rose ? Elle est venue avec vous, non ? Et Esmée ? Oh mon dieu, je ne peux plus attendre pour les voir ! »
Emmett semblait dépassé par les évènements et bafouilla quand il eut enfin l'occasion d'en placer une.
« Hey p'tit lutin ! Je suis content de te voir aussi… Enfin je crois… »
Un rire narquois nous parvint de la porte contre laquelle Jasper se tenait appuyé nonchalamment, discret comme à son habitude.
« Alice, laisse ce pauvre Emmett respirer. » dit Carlisle en contenant son propre rire.
Alice descendit prestement des bras d'Emmett. Comme nous tous, je savais qu'elle était toujours légèrement confuse et intimidée d'être prise en faute par Carlisle. Elle baissa même les yeux sous son regard moqueur. Je ris franchement de sa confusion. Voir Alice mise au pas me faisait toujours un plaisir immense.
Carlisle s'amusa un instant de cet état de fait mais finit par lui ouvrir les bras.
« Et où est mon câlin ? » lui demanda-t-il avec un sourire bienveillant.
Sans en demander plus, Alice s'illumina d'un sourire et se jeta dans ses bras en souriant et, quand elle s'écarta, Carlisle garda un bras autour de ses épaules mais invita Jasper à entrer et lui tendit sa main libre qu'il serra chaleureusement.
Je retrouvai plus que mon clan. Je retrouvai une famille. Et la différence était tellement flagrante entre le groupe uni que nous formions et tous les autres clans que j'avais croisés jusqu'à présent que je m'en étonnai une nouvelle fois.
« Où sont Rosalie et Esmée ? » persista Alice, plus calme maintenant qu'elle était sous l'emprise de Carlisle.
« Elle sont restée à la maison » répondit Carlisle simplement en me regardant droit dans les yeux.
Je haussai un sourcil incrédule. Ça n'avait pas dû être facile de les convaincre de rester là-bas alors que tout le reste de la famille était ici.
… Tu n'as pas idée… pensa Carlisle en levant les yeux au ciel.
Il avait toujours eu la faculté extraordinaire de lire et comprendre parfaitement mes regards, mes gestes et mes attitudes. C'était une des choses qui rendaient nos liens si forts, plus forts probablement que ceux qu'il avait noué avec chacun de ses « enfants ». Après tout, j'avais été le premier.
« Bon alors, est-ce qu'on va enfin m'expliquer pourquoi j'ai été obligé de sauter dans le premier avion ? » demanda Emmett sans se départir de sa bonne humeur.
Carlisle lâcha Alice et reporta son regard sur moi, me regardant de la tête au pied, me rappelant encore une fois que je ne portais qu'une mince serviette autour de la taille.
« Peut-être souhaites-tu passer quelque chose de plus… approprié, avant que nous ne commencions ? » demanda-t-il en faisant une moue amusée.
« J'aime assez la serviette ! » se moqua Emmett.
« C'est très mignon. » ajouta Jasper.
Je levai les yeux au ciel et me dirigeai sans un mot vers l'armoire où j'attrapai rapidement une paire de jeans et un tee-shirt noir et je m'apprêtai à entrer dans la salle de bain quand je me ravisai au dernier moment. J'hésitai un instant, conscient que ce que j'allais faire allait mettre une première fois la puce à l'oreille à ma famille, mais je ne me voyais pas faire irruption comme ça dans la pièce où Bella se changeait. Elle avait été assez secouée comme ça pour aujourd'hui.
Je frappai donc doucement au panneau de bois.
Emmett émit un petit rire en se laissant tomber dans un fauteuil.
« Oui. » dit une toute petite voix derrière la porte.
J'entrai donc et détaillai ma belle d'un regard prudent.
Elle était appuyée contre le lavabo, les bras croisés comme une protection sur sa poitrine. Elle avait passé les vêtements que lui avait apportés Alice : un jean clair et une chemise cintrée noire. Nous allions être parfaitement assortis. J'aurais pu parier qu'Alice l'avait fait exprès !
Mais ce qui me préoccupait le plus était la confusion dans les yeux de Bella. Je m'approchais alors doucement pour caresser son épaule. Elle frissonna avant de se jeter dans mes bras, son nez courant sur mon torse.
« Ça va ? » demandai-je doucement.
Elle soupira.
« Je suppose que oui. » finit-elle par répondre.
Je soupirai de soulagement.
« Je suis désolé que tu aies fait connaissance avec eux de cette façon. » ne pus-je m'empêcher d'ajouter. « Emmett peut être un vrai trou du cul quand il veut. »
« Hey ! J'ai entendu ça ! » cria une voix venant de la chambre.
Bella rit contre mon torse puis releva la tête vers moi.
« Il allait bien falloir que je le rencontre un jour ou l'autre, non ?
- Oui. » concédai-je de mauvaise grâce.
Ses yeux brillants levés vers moi ne reflétaient plus aucune peur mais peut-être un léger amusement. Dieu que j'aurais aimé pouvoir lire en elle encore.
« Ils sont là pour nous aider ? » demanda-t-elle en mordillant sa lèvre inférieure.
« Oui. » répétai-je en retenant tant bien que mal le grognement que son geste appelait dans ma gorge.
« Alors je suis contente qu'ils soient là…
- moi aussi » répondis-je en la serrant un peu plus contre moi, éveillant un désir fulgurant dans mon corps à la sentir si proche alors que j'étais presque nu. « Même si j'aurais adoré te garder pour moi seule encore un certain temps. »
Ses lèvres n'étaient qu'à quelques centimètres des miennes. Il me suffisait de me pencher pour les embrasser. Il me suffirait d'un mouvement pour la faire asseoir sur le lavabo et lui retirer tous ses vêtements. Ce serait si simple…
« Edward ! Emmett et Carlisle ont fait 9000 kilomètres ! Tu ne penses pas qu'ils ont assez attendu comme ça ? » cria Alice de l'autre côté de la porte.
Evidemment…
Pas moyen d'être tranquille ! Même ici !
Je me reculai et passai une main rageuse sur mon visage sous le regard rieur de Bella qui n'avait rien manqué de mon trouble.
Tu vas voir ma belle. On peut être deux à jouer à ce jeu.
Sans la quitter des yeux, je dénouai donc d'un geste la serviette qui ceignait mes reins, exposant sans aucune pudeur ma virilité dressée pour elle et n'accordai pas la moindre attention à son hoquet de stupeur quand je me penchai pour attraper mes vêtements. Elle ne me quitta pas des yeux quand j'enfilai mon jean, fermant lentement chaque bouton en la vrillant d'un regard brûlant et j'appréciai la façon dont elle se mordit à nouveau la lèvre quand je roulai des épaules pour enfiler mon tee-shirt d'un mouvement lent et presque lascif.
Quand je fus enfin vêtu, la pièce était entièrement remplie par les battements assourdissants de son cœur et l'odeur délicate de son désir pour moi.
Je souris et elle secoua la tête en fermant les yeux.
« Ok. Tu as gagné. » souffla-t-elle.
« Et quel sera mon prix ?» demandai-je en l'attirant à moi par l'ourlet de sa chemise.
Elle passa ses deux bras autour de mon cou et ses mains se retrouvèrent immédiatement dans mes cheveux, griffant mon cuir chevelu quand ses lèvres s'emparèrent des miennes.
La chaleur de son corps contre le mien, la douceur de ses cheveux glissant entre mes doigts auraient suffi à me faire encore une fois tout oublier mais…
« Edward ! » s'écria à nouveau Alice en tapant furieusement à la porte cette fois.
Je me détachai donc à contre cœur de Bella.
« Prête ? » lui demandai-je.
Elle se contenta d'inspirer un grand coup et de hocher la tête rapidement.
J'ouvris la porte et regagnai la chambre, Bella derrière moi, pour me confronter au regard à la fois surpris et amusé d'Emmett et celui, prudent, de Carlisle, tous les deux assis dans les fauteuils.
Alice et Jasper prirent place, elle sur le lit, lui appuyé contre un des piliers ayant survécu à mes pertes de contrôles.
Ainsi, tous installés et parfaitement immobiles à l'exception de leurs yeux qui suivaient notre approche, on aurait pu croire être face à une de ces photos promotionnelles pour un film de gangsters : le parrain, les deux gardes du corps et la jolie fille dans un décor de luxe.
Carlisle était assis, bien droit et fier dans son fauteuil, les jambes croisées et les mains posées sur les accoudoirs. Je reportai alors mon attention sur lui, exclusivement, car c'était lui qu'il allait falloir convaincre. Alice ne lui avait donné que les grandes lignes de mon problème et je voyais parfaitement à son regard qu'il attendait de moi la preuve que ce qu'il avait compris était juste : je m'étais attaché à une humaine. Vraiment attaché. Il avait été tellement de fois témoin de la façon dont je traitais les femmes que je m'attendais à ce qu'il ait besoin de preuves de ma sincérité cette fois.
Après tout, j'allais lui demander de tenir tête à Aro. Il ne le ferait pas sans certaines garanties.
« Carlisle. » commençai-je. « Laisse-moi te présenter Bella. »
D'un geste, je saisis doucement la main de Bella et l'attirai à mon côté, face à mon père.
Carlisle se redressa en levant le visage vers elle.
« Je suis ravi de te rencontrer, Bella. » dit-il d'une voix avenante mais toujours pleine de retenue.
Je fronçai les sourcils, légèrement irrité qu'il soit si froid avec elle.
« Bonjour. » murmura-t-elle timidement en retour.
« C'est donc toi la raison de ma présence ici ? » interrogea Carlisle sans la quitter des yeux.
Je pouvais clairement sentir à quel point il la mettait mal à l'aise et je raffermis ma prise sur sa main. Carlisle regarda un instant nos deux mains jointes avant de relever les yeux vers son visage, puis vers moi.
« Alice m'a appelée pour que je vous vienne en aide. Que se passe-t-il exactement ? »
J'inspirai lentement, ne sachant trop par où commencer. Puis je me lançai. Je ne voulais rien lui cacher.
« Bella était ma favorite ici. » commençai-je, ignorant volontairement la moue contrariée de mon père.
Il n'avait jamais approuvé les mœurs de Volterra. Lui-même ayant toujours été exclusivement seul jusqu'à ce qu'il trouve Esmée, ne pouvait pas concevoir le commerce qui se jouait ici.
Je me raidis en comprenant qu'il croyait que j'avais profité d'elle. C'était tellement loin de la vérité.
La petite main de Bella quitta la mienne pour remonter le long de mon bras jusqu'à mon biceps en un geste apaisant, ce qui me ramena le calme nécessaire pour poursuivre.
« Mais les choses ont changé. Malgré tout le mal que je lui ai fait… elle m'aime… et je l'aime aussi. »
J'avais détourné mes yeux de mon père pour plonger dans le regard brûlant de ma compagne, perdant une fraction de seconde la notion de réalité.
« Je ne veux pas la laisser ici. Elle m'a changé. Je ne peux pas exister sans elle… Alors je lui ai proposé de devenir… ma compagne. »
Je reportai mon regard dans celui, troublé, de Carlisle. Il ne s'était pas attendu à cet accent de sincérité dans ma voix.
Il se pencha en avant en portant une main à son menton. A son côté, Emmett semblait un peu perdu. Il n'en revenait pas de me voir si… sentimental !
« Je suis ravi que tu aies enfin trouvé quelqu'un qui ait percé ta carapace, Edward. Mais cela n'explique pas pourquoi vous m'avez fait venir. Les lois sont claires. Aro pouvait te donner ce que tu voulais. » dit Carlisle, énonçant les faits.
Alors je lui racontai tout, à commencer par la mission qu'Aro m'avait confiée et l'intérêt qu'il avait porté à Bella, puis la fascination qu'elle avait exercée sur moi et la façon dont Aro s'en était rendu compte et avait tenté d'en user pour me pousser à la faute.
« Il ne me laissera jamais la transformer. » finis-je. « Il la tuera de ses propres mains juste pour me pousser à bout. »
Carlisle écouta mon discours religieusement et hocha la tête quand j'eus terminé. Il était au courant du fait qu'Aro souhaitait depuis longtemps me soustraire à ma famille et que seules les règles qu'il avait lui-même édictées il y a des siècles l'empêchaient de commettre ouvertement toutes les bassesses qui lui permettraient d'y parvenir.
« Tu attends donc de moi que je t'accorde ma permission ? » demanda-t-il.
Je hochai la tête.
« Tu es le chef de mon clan. » répondis-je. « Je ne fais pas partie de sa garde et je ne suis pas un simple nomade de passage. Toi ici, Aro n'a plus d'ascendant sur moi. La décision te revient et il ne pourra pas la contester. »
Il me regardait avec son regard perçant qui cherchait à lire en moi et de longues secondes passèrent.
« Edward… Je te l'ai dit, je suis vraiment ravi pour toi. Mais, quelle preuve peux-tu me donner que tu es certain de ce que tu veux. Si je te donne ma permission, tu ne pourras pas revenir en arrière.
- Je le sais. » dis-je en me redressant encore pour donner plus de poids à mes paroles. « Et je suis certain de mon choix. Rien ni personne ne me détournera plus jamais d'elle. Soit tu m'accordes le droit de faire de Bella ma compagne, soit je mourrais ici avec elle parce que Aro la tuera et que je me battrai pour elle… et que je perdrai. »
Carlisle prit une grande inspiration et, finalement se tourna vers Alice.
« Tu peux le croire, Carlisle. » dit-elle, un sourire dans la voix. « Il est carrément accro, son avenir est limpide et Bella en fait définitivement partie. »
Alors, pour la première fois, Carlisle posa un regard plus doux sur l'humaine à mes côtés. Je l'avais convaincu mais je savais maintenant qu'il avait besoin qu'elle le convainque à son tour car jamais il ne sacrifierait une vie humaine sans une bonne raison.
« Bella ? » appela-t-il doucement, lui faisant relever les yeux vers lui. « Es-tu bien consciente de ce qu'implique le choix que tu fais ? »
Bella déglutit avec peine.
« Oui…
- Et c'est vraiment ce que tu veux ? Devenir l'une d'entre nous ? Cela peut paraitre séduisant par bien des aspects, mais tu seras aussi vouée aux ténèbres le temps infini que durera le reste de ta vie. »
Je grondai sous le sous-entendu et ne pus m'empêcher de répondre, acerbe :
« Elle n'est pas comme toutes ces filles ici ! Bella n'a jamais voulu être là. Elle est dans cette situation par ma faute et moi seul peut la sortir de là. »
Carlisle haussa un sourcil face à mon soudain emportement.
Objectivement, je ne pouvais le blâmer de se demander si Bella n'était pas comme tous ces fous qui arrivaient à Volterra, prêts à tout pour devenir immortels. Je savais qu'il n'accorderait jamais ce don sans la garantie d'un réel attachement. Ses principes l'autorisaient à transformer un humain par amour, non par intérêt personnel.
« Je ne veux pas… vraiment devenir comme vous. » dit Bella d'une voix timide, nous coupant dans notre échange muet. « Mais je veux Edward. Et le temps d'une vie humaine ne sera jamais assez long. »
Elle avait parlé avec plus d'assurance, serrant toujours mon bras contre elle. Et je sentis son amour se déverser en moi, réchauffant tous mes membres.
Je pouvais sentir aussi que Carlisle était ébranlé mais il voulait lui faire passer un dernier test. J'eus envie de gronder mon désaccord mais je me retins car je savais qu'il faudrait en passer par là et, finalement, j'étais bien content que ce soit lui qui s'en charge.
Il se leva et s'avança vers nous.
« Soit. » dit-il, comme s'il acceptait notre demande mais je savais que ce n'était pas encore gagné. « Edward t'a donc expliqué à quoi tu t'exposes. »
Bella écarquilla les yeux quand il s'approcha encore. Elle n'était pas à l'aise entourée de tant de membres de mon espèce et Carlisle était tout sauf rassurant à l'instant.
« Que voulez-vous dire ? » demanda-t-elle.
« Je parle de la façon dont se passera la transition. »
Bella bafouilla.
« Je sais… Je sais vaguement comment cela se déroule. Mais Edward n'est pas entré dans les détails. »
Je m'en voulus brusquement de ne pas l'avoir préparée à ça car je voyais dans son esprit que Carlisle ne lui cacherait rien, juste pour tester sa détermination.
Il laissa courir ses yeux sur le cou de ma belle et avisa les morsures.
« Est-ce Edward qui t'a mordue ? » demanda-t-il.
« Oui. » répondit-elle simplement, légèrement à bout de souffle.
« Je suis certain qu'il ne t'a pas fait souffrir.
- C'est exact. »
Les yeux de Carlisle vrillèrent les miens.
« Je sais que mon fils sait se montrer prévenant et ne pas causer plus de douleur que nécessaire… même si je désapprouve certains de ses choix de vie. »
Je baissai les yeux.
« Et je suis persuadé, si son amour pour toi est si fort, qu'il répugnera à te faire du mal. Mais il n'aura pas le choix s'il te transforme. »
Bella inspira brusquement.
Voilà le sujet que nous n'avions pas abordé : la douleur, atroce et paralysante. Comment aurais-je seulement la force de lui faire endurer ça.
« Je ne comprends pas…» murmura-t-elle.
Carlisle nous contourna pour regagner son fauteuil.
« Ton corps mourra, Bella. » répondit-il, marquant une pause pour laisser le temps à la panique de traverser ma belle. « Quand le venin entrera massivement dans ton organisme pour détruire tout ce que tu as été et te rendre dure comme la pierre, ton corps fera tout pour le rejeter, causant les pires douleurs que tu n'auras jamais connu, enflammant tout ton être à tel point que tu souhaiteras probablement être déjà morte et que tout s'arrête. »
Le cœur de Bella battait à tout rompre et elle serrait furieusement mon bras mais, malgré cela, Carlisle continua, implacable.
« Tes veines se dessècheront et chacun de tes organes vitaux cèdera l'un après l'autre, te procurant à chaque fois une douleur plus profonde et insupportable que rien ne pourra apaiser. Pas même la présence d'Edward à tes côtés. »
Bella était livide et elle semblait avoir du mal à respirer mais elle restait bien droite accrochée à moi. J'en voulais à Carlisle d'être si dur mais je ne pouvais plus revenir en arrière.
« Et cela durera des jours avant que ton cœur ne lâche définitivement en te donnant l'impression d'imploser dans ta poitrine. Des jours de souffrance atroce qui seront ensuite remplacés par la douleur de la soif de sang qui te lacèrera la gorge pendant de très longs mois avant que tu ne parviennes à la dominer. »
La main de Bella sur mon bras commença à trembler.
« Es-tu prête à ça ? »
Elle serra mon bras un peu plus fort.
« Oui. » répondit-elle, déterminée.
« Tu ne pourras jamais redevenir celle que tu étais ni revoir tes proches. » insista-t-il.
« Ça m'est égal. »
Son ton était sans appel malgré la faiblesse de sa voix et, même moi, je fus impressionné.
« Putain, tu es vraiment accro parce que moi je me serai sauvé en courant » souffla Emmett, résumant les pensées générales.
Comme la plupart d'entre nous, Emmett n'avait pas eu le choix, ayant été transformé à l'article de la mort. Mais je pensais, comme lui, qu'après un tel discours, j'aurais peut-être révisé mon jugement. Bella semblait tellement sûre d'elle que je n'en revenait pas moi-même. Je passai un bras autour de ses épaules pour la serrer contre moi.
Elle esquissa un pauvre sourire.
Carlisle nous regarda alternativement, l'un et l'autre, toujours incrédule.
Jamais en plus d'un siècle il ne m'avait vu ainsi mais il devait bien admettre que notre attachement semblait sincère. Il finit par nous sourire et je compris que j'avais son accord.
« Esmée sera aux anges quand je vais lui apprendre la nouvelle. » dit-il.
Je m'autorisai alors enfin à partager son sourire, sentant la pression quitter petit à petit mes épaules. Carlisle, le chef de mon clan, m'autorisait à faire de Bella ma compagne pour l'éternité et personne ne pourrais maintenant me contester ce choix.
Simplement heureux pendant une fraction de seconde, j'embrassai les cheveux de Bella, calant sa tête contre mon épaule et ses mains enserrèrent ma taille. La raideur de son étreinte me ramena malheureusement à la réalité. Le discours de Carlisle l'avait chamboulée. Normal.
Qui ne l'aurait pas été ?
Le plus dur était à venir pour elle et je me maudissais déjà d'être celui qui lui infligerait cela.
Inconscient de ses états d'âme, Emmett se leva de son siège pour venir nous emprisonner dans une étreinte digne d'un ours des montagnes.
« Je suis content pour toi frangin ! Et, Bella, tu as l'air cool. J'ai hâte de faire mieux ta connaissance. »
Carlisle nous observait d'un œil amusé alors que Bella semblait clairement gênée de cette soudaine proximité.
Jasper rit, suivit par Alice. La bonne humeur ne dura cependant pas longtemps et ce fut Alice, contrairement à son habitude, qui la brisa.
« Ne vous réjouissez pas si vite. La partie n'est pas complètement gagnée. N'oubliez pas Aro.
- Il n'a rien à dire si Carlisle a décidé d'offrir une place à Bella dans notre clan. » contra Emmett en s'écartant.
Alice secoua la tête.
« Bella l'intrigue. » ajouta-t-elle.
« Tu penses qu'il pourrait tenter quelque chose contre elle ? » demanda Jasper. « Tu as vu quelque chose ?
- Il ne projette pas de s'en prendre directement à elle mais ça reste flou et je n'aime pas ça. Je pense qu'il faut que nous partions le plus tôt possible. »
Carlisle sembla réfléchir un instant.
« Pourquoi s'intéresse-t-il tant à toi ? » demanda-t-il à Bella.
« Je ne sais pas » répondit-elle sincèrement.
Je repensais alors à ce dernier contact que j'avais eu avec Aro, et à ces dernières paroles quand nous avions quitté sa fête.
« Il sait que je ne peux pas lire les pensées de Bella… Sauf si je bois son sang. » murmurai-je comme pour moi-même.
« Tu veux dire que son sang te permet de lire en elle ? » s'étonna Carlisle.
J'avais dû omettre ce détail quand je lui avais fait le récit de ces derniers jours.
« Oui. Et il reste persuadé que Bella est une sorte de menace car elle est la première novice à avoir cherché ouvertement Volterra. Peut-être pense-t-il qu'elle cache quelque chose ? » demandai-je en me tournant vers Alice pour avoir une réponse mais elle haussa les épaules car son don ne lui permettait pas de voir ce qu'Aro avait dans la tête.
Seul le mien le pouvait et je n'avais pas eu accès à cette information jusqu'à présent.
« Je lui ai tout raconté ! » dit Bella comme pour se défendre. « Je n'ai parlé de cette histoire à personne ! Votre secret mourra avec moi. »
Les mots se coincèrent dans sa gorge mais elle resta fièrement debout.
Ma courageuse Bella.
Elle parlait de sa mort prochaine avec un tel aplomb !
« Ne dis pas ça… » soufflai-je en passant une main rassurante sur son visage. « Tu vivras… nous donnerons simplement une autre définition à ce mot. »
Elle me sourit, semblant subitement apaisée, et posa une main sur la mienne.
« Je n'ai pas peur, Edward. Entre mourir ici ou dans tes bras, mon choix est fait depuis longtemps. »
Alice émit un gloussement heureux derrière moi et Emmett siffla entre ses dents.
Je me contentai de lever les yeux au ciel en reprenant Bella sous mon bras, encerclant doucement ses épaules.
« Quoi qu'il en soit, » dit Carlisle, coupant court aux sarcasmes qui brûlaient la langue de mon frère. « Je peux convaincre Aro de te laisser transformer Bella en me basant sur nos lois d'allégeance. Mais je ne pourrais pas la protéger longtemps s'il la soupçonne d'avoir trahi nos secrets. Il va falloir le convaincre qu'elle ne cache rien et que la transition ait lieu rapidement. »
Je me tendis.
Et je réalisais brusquement que je n'étais pas prêt, pas encore. Transformer Bella, signifiait renoncer à lire les battements de son cœur, les altérations de son souffle et ses rougissements. Et, plus que tout, me fermer définitivement les portes de son esprit.
« Comment le persuader que je dis vrai ? » demanda Bella.
« Il ne peut pas lire ses pensées. » ajoutai-je.
« Non, mais il peut lire les tiennes, passées et présentes. » dit mon père et j'avais trop peur de voir où il voulait en venir.
« Il ne se satisfera jamais de ça ! » m'offusquai-je.
« Si. Si tu as un témoin. » rétorqua-t-il.
Je levai les yeux au ciel en poussant un juron.
« Qu'y a-t-il ? » demanda Bella, soudain inquiète que je la lâche.
Je vrillais une dernière fois Carlisle d'un regard rageur pour m'assurer que j'avais bien compris ce qu'il voulait.
Alice se leva, trainant Jasper par la main. Elle avait vu ce qui se préparait et mieux valait que Jasper ne soit pas là à ce moment-là.
« Nous allons vous laisser. Emmett, viens donc chasser avec nous. Edward a tué un ours la semaine dernière. »
Emmett hésita un instant mais, ressentant la tension ambiante, décida de les suivre.
« Nous reviendrons avant la nuit. » dit-il avant de sortir de la pièce.
Je n'aimais pas l'idée qu'il s'éloigne trop ni trop longtemps car une entrevue avec Aro était inévitable et je serais plus à l'aise avec Emmett à nos côtés. Mais, pour l'heure, j'étais content qu'il sorte.
« Qu'y a-t-il ? » répéta Bella d'une voix plus aigüe.
Je soupirai.
« Carlisle va te poser des questions sur ton enquête, pour être sûr que tu ne caches rien…
- Mais je vous ai déjà tout dit ! » s'énerva-t-elle.
« Je sais, » dis-je doucement pour essayer de la calmer. « Mais Aro aura besoin de preuve pour n'avoir aucun prétexte pour nous empêcher de partir. Je peux lui donner si…
-Si quoi ? » s'écria-t-elle, vraiment en rogne cette fois.
« Si je peux lire les réponses dans tes pensées. Les pensées ne mentent pas Bella et je capterai tout. »
Elle resta muette un instant.
« Tu m'entends toujours ? » demanda-t-elle, pleine d'espoir.
Je secouai la tête de gauche à droite en signe de négation et elle paniqua légèrement.
Ni elle ni moi ne voulions particulièrement ce qui allait arriver mais nous n'avions pas le choix. Pour mettre toutes les chances de notre côté, il nous fallait un témoin. Carlisle serait ce témoin.
J'allais devoir boire son sang et nous ne serions pas seuls. C'était horriblement gênant !
« Je suis vraiment désolé, Bella. » temporisa Carlisle. « Mais c'est la seule solution que je vois pour assurer Aro que tu n'es pas un danger pour lui et l'obliger à nous laisser t'emmener. »
Je savais que Carlisle ne pouvait complètement approuver cette solution mais, comme il le disait, c'était la seule.
Les yeux de Bella passèrent de moi, à Carlisle, puis au lit et c'était comme si je pouvais entendre les pensées se bousculer dans sa tête. Il était hors de question que nous nous laissions aller à un comportement déplacé devant mon père.
Elle passa une main nerveuse dans ses cheveux, puis ferma les yeux, longtemps, en respirant lentement et profondément pour se calmer..
« D'accord. » dit-elle. « Mais j'ai une requête à formuler avant.
- Tout ce que tu voudras ! » m'empressai-je de lui répondre.
Elle plongea un regard implorant dans le mien.
« Ma… transformation…Je ne veux pas qu'elle ait lieu ici. A Volterra. Vous me dites que je vais souffrir pendant plusieurs jours. Ça veut dire que je serai vulnérable, et toi aussi. Je veux que tu le fasses, mais pas ici. »
Je me tournai vers Carlisle, quémandant sa réponse. Il n'y aurait eu que moi, je l'aurais déjà emmenée à des milliers de kilomètres depuis longtemps. Lui était la voix de la raison.
Il hocha la tête.
« Si Aro lit en nous la sincérité de nos projets, il ne pourra pas s'opposer au fait que nous te ramenions chez nous pour ça. Je te promets de le convaincre. »
Bella soupira de soulagement.
« Alors allons-y ! » dit-elle avec un faux entrain en étirant son cou vers moi.
Je ne pus m'empêcher de sourire, me rappelant comment elle avait tenté de me persuader de la mordre la première fois en faisant ce même geste.
Je m'approchai doucement d'elle.
« N'aies pas peur. » murmurai-je.
« Je n'ai pas peur. » souffla-t-elle.
« Menteuse. Ton cœur bat la chamade. » dis-je en caressant doucement sa joue.
Elle leva les yeux au ciel en esquissant un sourire sous ma caresse.
« Vivement que je sois comme toi ! Je serai peut-être alors capable de te cacher quelque chose de ce que je ressens !
- J'aime comprendre tout ce que tu ressens. » contrai-je en embrassant sa joue.
Oubliant la présence de mon père dans la pièce, je collai mon corps contre le sien, m'imprégnant de sa chaleur. Dieu que j'aimais ça !
Ma bouche trouva la sienne avec bonheur et je me délectai de ses lèvres un moment, comme si je reprenais mon souffle.
Comme plus tôt dans la salle de bain, ses mains se serrèrent dans mes cheveux, me rapprochant encore plus d'elle. J'avais besoin de ça et elle aussi, visiblement. Elle avait besoin de se perdre et d'oublier et cela semblait si facile.
Plus de menace, plus de douleur, plus de Carlisle, plus que la sensation euphorisante de sa langue contre la mienne et de la peau de son dos sous mes mains.
Je m'accrochai autant que possible à l'idée que nous n'étions pas seuls pour me retenir de la basculer sur le lit alors que je sentais parfaitement mon envie d'elle grossir et prendre toute la place, bouffant mes principes et éradiquant toute retenue.
… Concentre-toi Edward…
Merde !
J'avais tellement envie de…
Elle était déjà tremblante entre mes bras et ma main gauche se faufilait insidieusement sous la ceinture de son pantalon pour venir caresser le haute de ses fesses.
Bella était à bout de souffle, pressant son corps contre le mien, je délaissai donc sa bouche et embrassai langoureusement la ligne de sa mâchoire pour descendre dans son cou alors qu'elle agrippait toujours mes cheveux avec force. Il me fallut un instant pour trouver le bon endroit, celui où je pourrais planter mes crocs sans la blesser gravement et je fis courir mes dents sur sa peau, déclenchant des frissons incontrôlés dans le bas de son dos, là où mes mains revendiquaient toujours leur prise implacable.
Elle émit un gémissement rauque quand mes dents percèrent sa peau si fine et fragile, juste au-dessus de l'épaule et elle trembla furieusement dans mes bras.
Son sang délicieux coula sur ma langue, irradiant tout mon être d'un plaisir sans nom alors que la vie envahissait mon corps en un millier de décharges électriques. Une fraction de seconde, je la serrai si fort contre moi que j'aurais pu la briser mais l'envie de la faire mienne entièrement était trop forte et je sentis rapidement le venin affluer.
Je retirai alors rapidement ma tête de son cou, effaré et effrayé.
J'étais à bout de souffle sous l'effort que je venais de faire pour me détacher d'elle et plongeai immédiatement dans ses yeux, les trouvant malheureusement fermés. Mais, quand elle les ouvrit, ils étaient embués de plaisir et l'orgueil gonfla ma poitrine.
… encore…
J'émis un petit rire, à la fois fier et soulagé qu'elle n'ait pas trouvé l'expérience déplaisante.
Elle écarquilla alors les yeux.
… tu m'entends là, n'est-ce pas ?...
Je plissai les lèvres pour ne pas sourire mais hochai la tête. Elle frappa alors mon torse rageusement en se retenant elle-même de sourire.
… putain de vampire arrogant…
J'éclatai franchement de rire.
Ce fut un raclement de gorge gêné qui me ramena sur terre.
Merde, Carlisle !
« Je suppose que c'est bon ? » demanda-t-il d'une voix prudente.
Bella se recula immédiatement, plongeant mon corps dans un état de manque insupportable.
Je me massai rudement la nuque en hochant la tête vers Carlisle pour lui faire comprendre que nous étions prêts.
Nous nous assîmes alors dans les fauteuils et Carlisle commença son interrogatoire méticuleux.
« Je m'excuse d'avance, Bella, si certaines de mes questions sont indiscrètes mais je connais Aro. Je préfère vraiment qu'Edward sache tout. De cette manière, Aro ne pourra pas prétexter que nous lui cachions quoi que ce soit.
- Allez-y, je suis prête. Je n'ai rien à cacher. » répondit-elle, résignée.
Pendant l'heure qui suivit, Carlisle interrogea Bella sur sa vie à Seattle, sur l'article qu'elle avait voulu écrire, sur les endroits qu'elle avait trouvés, les personnes qu'elle avait rencontrées et qui l'avaient mise petit à petit sur la piste italienne puis sur ces dernières soirées à Florence avant que je ne l'amène ici. Je n'appris rien de plus que ce je savais déjà et j'étais de plus en plus convaincu que nous n'avions à nous inquiéter de rien car Bella n'était vraiment pas une menace. Mais quelque chose semblait encore troubler Carlisle.
« Tu as dit que c'était la mort d'une prostituée qui t'avais mise sur la voie. Tu connaissais cette fille ? » demanda-t-il.
Bella eut soudain l'air gêné et fuit mon regard un bref instant.
« Non. »
Qu'est-ce qui la rendait nerveuse ainsi ? Je plissai mon regard comme pour préciser mon écoute.
Elle pensait à… une femme… Maria, qui lui avait donné des informations sur cette fille. Mais elle voulait ne pas y penser car ça n'avait rien à voir avec toute cette affaire. C'était autre chose…
Ma curiosité était piquée. Il y avait quelque chose dans le passé de Bella qu'elle ne voulait pas que je sache.
Elle sentit mon regard insistant sur elle.
« Ne me regarde pas comme ça ! » s'écria-t-elle. « Je n'arrive plus à me concentrer. »
Mais je ne pouvais me détourner de ces pensées. Je voyais cette Maria et deux autres filles très légèrement vêtues déambuler sur une avenue. Des prostituées, sans aucun doute. Elles avaient été proches…
Sans le vouloir, Bella pensa à ce qu'elle avait ressenti en arpentant elle-même cette même avenue avec elles.
J'écarquillai les yeux brusquement et arrêtai de respirer.
Non !
Bella ?
Non !
Elle sentit ma brusque tension.
« C'était juste pour un article ! » s'écria-t-elle. « Je n'ai jamais vraiment été… »
Elle ne finit pas sa phrase et enfouit son visage rougissant dans ses mains.
Ma Bella ?
Comme ça ?
Non !
Les images défilaient dans ma tête sans que je puisse les arrêter et j'en vis bien plus que ce que je voulais. J'étais bien mal placé pour la juger, ayant fait bien pire au cours de mon existence mais, pour la première fois depuis que je la connaissais, j'étais obligé d'envisager le fait que Bella avait eu une vie avant Volterra. Une vie dans laquelle elle avait eu des expériences… fortes. Et que des hommes avaient posé leurs yeux et leurs sales pattes sur elle.
Je ne pus retenir le grondement qui se forma dans ma poitrine alors que mes poings se contractaient furieusement sur les accoudoirs du fauteuil, faisant craquer le bois sinistrement.
Carlisle se tourna vers moi avec un regard courroucé. Je n'aidais pas du tout, là.
Je respirai profondément pour me calmer en me promettant que jamais plus personne ne la toucherait à par moi. Jamais.
Au moins, Aro ne pourrait pas me reprocher de ne pas avoir cherché à tout savoir d'elle…
« Bella ? » appela-t-il doucement.
Elle releva lentement la tête et me lança un regard ennuyé. Je lui souris pour m'excuser d'être ainsi entré dans ses secrets.
« Cette fille, Bella, si tu ne la connaissais pas, pourquoi t'es-tu intéressée à sa mort particulièrement ?
- Parce qu'elle ressemblait beaucoup à d'autres morts dont on avait parlé à Seattle quelques temps auparavant. » répondit-elle.
Je sentis le froid se répandre en moi doucement.
« Laurent, mon contact à la morgue, a fait le rapprochement et c'est lui qui m'a appelée. Des SDF avaient été retrouvés morts en périphérie de la ville et les autorités avaient parlé d'attaques d'animaux sauvages mais cette fille avait les mêmes marques, dont certaines plus anciennes, et elle avait été trouvée en plein centre-ville. Ça ne pouvait pas être un animal. La police s'était trompée concernant les premiers meurtres. C'est ce qui a déclenché mon intérêt pour la mort de cette fille. »
Merde.
Carlisle se retourna vers moi car nous savions tous les deux que ce n'était pas bon.
Bella sentit notre brusque tension.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-elle avec une légère frayeur dans la voix.
Nous savions maintenant ce qui avait déclenché la traque de Bella et attiré l'attention sur notre espèce car nous savions parfaitement ce qui était arrivé à ces SDF.
« Dites-moi !» s'exclama Bella, de plus en plus effrayé par notre silence.
Carlisle baissa les yeux, cherchant déjà comment nous sortir de ce guêpier.
« Edward… » me supplia-t-elle.
J'inspirai un grand coup avant de répondre.
« Ce qui a tué ces SDF à Seattle… ce n'était effectivement pas un animal sauvage. »
Elle attendait, le cœur battant, que j'ai la force de terminer cet aveu.
« … c'était Jasper. »
Voilà, vous avez fait connaissance avec Carlisle et un secret a été révélé.
J'ai vraiment hâte de savoir ce que vous en avez pensé parce que ce chapitre m'a donné du fil à retordre. Je ne voulais pas que Carlisle soit trop facile à convaincre, après tout, c'est lui le chef! J'espère que j'aurais réussi...
Alors n'hésitez pas à me laisser une petite review, vous savez que c'est ma plus belle récompense.
Au prochain chapitre, ça va commencer (ou continuer à c**er sérieusement avec Aro et Tanya) mais il faudra attendre un peu car, vacances oblige, je prends 2 semaines loin de toute technologie ;)
Je vous retrouve mi-mars!
Je vous embrasse
Lily
