Mais, que vois-je?
Ne serai-ce pas un nouveau chapitre?
Mais si!
Enfin, me direz-vous ;-)
J'ai de plus en plus de mal à trouver du temps pour écrire mais j'y arrive toujours et, après vos réponses enthousiastes, je ne pouvais pas vous faire attendre plus longtemps.
Kyssou: tu me diras si tu as trouvé ce chapitre marrant ;)
vanina63: alors tu auras du 3333333333333333333333333! Biz
Alex16: Ohlala, je suis désolée de t'avoir fait attendre! Mais voici un chapitre de réconciliation rien que pour toi (enfin presque, hi hi)
liz: J'ai adoré ta review! J'adore quand on prend le temps s'imaginer la suite, ça me booste énormément. Je ne réponds pas à toutes tes questions dans ce chapitre mais j'essaye.
so06: On ne sort pas dès le départ de la crise d'ado, tu vas voir, mais on passe vite en mode + de 18 ans obligatoire
flopy69: Phénoménal? Oula, mais comment vais-je faire pour continuer après ça? j'aurais toujours l'impression de faire moins bien. Merci Flopy! J'adore tous tes com! Et j'ai vraiment hâte d'avoir le tien sur ce chapitre. Gros bisous
Bérénice: Tu vas voir que je n'ai pas vraiment choisi entre les 3 propositions et que j'ai fait un mix. J'espère que ça te plaira.
Sama-66: Merci de m'avoir donné ton avis. C'est toujours très important pour moi. J'espère ne pas te décevoir.
meli: on est parti!
fan de twa: je te promets d'être moins sadique dans celui-là. On pourrait presque s'arrêter à celui-là... j'ai dit presque ;-)
Sandry: pas de Jane au menu de ce chapitre, par contre une belle réconciliation. biz
Unuggets: Tu me mets une pression de dingue! J'espère que ce chapitre va te plaire et que la réaction de Bella ne va pas trop te décevoir. De même, j'espère que tu ne vas pas trouver cette réconciliation trop gnan-gnan (il y a quand même 12 pages avant qu'ils ne soient plus fachés). Bref tu as compris que je vais avoir du mal à attendre ton avis, égocentrique ou pas ! bisous
Vous avez encore une fois été toutes géniales sur le dernier chapitre.
Certaines habituées n'ont pas donné leur avis, je me dis que c'est peut-être parce qu'elles n'ont pas aimé ma vision du comportement d'Edward mais je me dis que je ne peux pas plaire à tout le monde et que j'aime les review même quand elles sont plus négatives (merci à toi paulipopo pour ta franchise!).
Je me dis aussi que le chapitre que je vous livre aujourd'hui va peut-être susciter la controverse. Mais merci Marine de m'avoir donné le courage de ne pas le transformer!
Voici ma version de la réconciliation entre Edward et Bella. Il y a un peu de 1, un peu de 2, et beaucoup de 3.
J'avoue avoir un peu céder à sochic (tu vas vite voir pourquoi)pour mon plus grand plaisir et le vôtre j'espère.
Quoi qu'il en soit, voilà un chapitre un peu particulier, j'y alterne les 2 pov tout du long. Je pense que vous vous y retrouverez assez facilement et, pour une fois, je dois insister sur le fait qu'il est important d'être majeure pour lire ce chapitre.
Bonne lecture
Lily
Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer, je ne fais que leur faire faire n'importe quoi.
Chapitre 23- Flesh & blood
Je ne pouvais pas croire ce que je voyais à travers le rideau de mes larmes.
Il était là.
Etait-ce encore un mirage ?
Etais-je en train de devenir folle ?
Etais-je seulement certaine qu'il avait était présent, dans ce parking ? Je ne l'avais aperçu qu'à peine une seconde avant qu'il ne disparaisse comme par magie.
Pourtant ce type était mort. Celui qui m'avait fait rouler à terre. Il était bien vivant quand il avait déchiré ma veste mais il s'était écroulé au sol, la nuque brisée, avant même que je ne rouvre les yeux. Et l'ombre d'Edward le surplombait, sombre et menaçante. Puis plus rien.
J'avais cru devenir dingue, ne sachant plus ce que je pouvais croire ou non. La terreur avait pu me faire espérer qu'il était toujours là, quelque part, à veiller sur moi.
Tout ça pouvait aussi n'être qu'un cauchemar. La mort de Maria, celle de Laurent, celle de ce type dans le parking de l'hôpital. Edward.
Ce que j'avais vécu en Italie m'avait peut-être détruite encore plus que ce que je pensais.
Ça pouvait n'être qu'un cauchemar et j'allais me réveiller.
Mais me réveiller aurait signifié qu'il n'était pas à Seattle… J'étais prête à accepter toutes ces exécutions si cela me donnait une infime chance qu'Edward soit près de moi.
J'aurais dû me dégouter.
Mais j'en étais incapable.
Et là, maintenant que l'air frais de la nuit s'engouffrait par la baie vitrée ouverte et venait caresser mon visage, je sus que tout était réel.
Je ne l'avais pas rêvé !
Il était là…
L'air emplissait mes poumons et je pouvais enfin respirer. J'avais l'impression de revenir à la vie et que mon cœur battait enfin assez fort pour faire pulser un sang bouillant dans mes veines.
Il était là, vêtu d'un jean et d'une veste sombre sur un tee-shirt noir à col en V. Sa silhouette imposante se découpait dans l'encadrement de ma fenêtre, contrastant à peine avec la nuit noire derrière lui. Il était magnifique.
Avait-il toujours été si grand ?
J'étais accroupie sur le parquet de ma cuisine, le dos collé au mur, toujours dans la position de protection désespérée que j'avais adoptée pendant ma conversation avec Angela.
Angela…
J'eus une vague pensée pour mon amie qui devait toujours être à l'autre bout du fil, se demandant ce qui se passait. Puis je me souvins du bruit qu'avait fait le combiné en éclatant sur le sol dur.
Plus d'Angela.
J'aurais dû m'inquiéter de sa réaction. Une partie de mon cerveau était encore capable de réaliser que mon amie allait probablement flipper que nous ayons été coupées en pleine crise. Mais tout mon corps était en coton, incapable de se détacher de l'emprise des yeux noirs d'Edward sur moi. Même à cette distance, je pouvais discerner parfaitement que ses pupilles d'encre mangeaient littéralement ses iris.
Ses cheveux me paraissaient plus longs, dans un désordre complet causé par la puissance du vent à cette hauteur.
Il était passé par le balcon, par la fenêtre du sixième étage. Jamais je n'aurais pensé qu'il en était capable. Cela n'aurait pas était du meilleur effet pour ma santé mentale ces derniers jours de savoir que n'importe quel vampire pouvait s'introduire chez moi par là.
Mais il l'avait fait.
Il m'avait fui à l'hôpital mais il m'avait retrouvée ici. Il était venu à moi.
Il était venu pour moi.
Je ne parvenais plus à respirer correctement tant le soulagement faisait s'accélérer mon souffle mais je n'en avais rien à faire. Et, subitement, la stupeur laissa la place à l'euphorie.
Une chaleur familière se répandit dans tout mon corps et ma peau se mit à frissonner, réclamant son contact.
Je me levai en sentant à peine mes jambes, mes yeux toujours perdus dans les siens, toujours si sombres que je ne parvenais pas à y lire quoi que ce soit.
Le premier pas me parut difficile, comme si mon corps ne pourrait jamais aller assez vite pour que je me jette dans ses bras. C'était mon seul but : sentir qu'il était vraiment là, sentir la preuve de sa présence en me serrant contre lui.
Je n'avais parcouru qu'une infime partie de la distance qui nous séparait quand il me stoppa d'une voix dure et cassante qui fit dérailler mon cœur.
« Arrête. »
OoOoO
Ma gorge, mes poumons et même ma peau me brulaient.
Comme si mon corps tout entier se rappelait les sensations qu'il avait ressenti en sa présence. Quand j'avais touché chaque infime parcelle brûlante de sa peau d'humaine, quand j'avais respiré son odeur enivrante au plus près de sa gorge, quand j'avais gouté la saveur incomparable de son sang.
Ces sensations étaient trop puissantes. Elles m'avaient fait oublié un instant ma colère.
Tout comme le simple fait de l'avoir entendue pleurer quelques instants plus tôt avait fait voler en éclats mes bonnes résolutions de la protéger à distance.
Il avait suffi d'un sanglot, d'un mot prononcé avec des larmes dans la voix pour que mes instincts ne reprennent le dessus en jetant aux orties tous mes efforts, aussi dérisoires et inutiles eussent-ils été. Et j'avais escaladé ce putain de mur sans même en avoir réellement conscience !
Mais à peine étais-je entré dans cette pièce que tout avait commencé à dérailler.
Elle était pâle et fragile, assise sur le sol. Son visage était marqué par sa détresse, son mascara avait fait des trainées sombres sous ses yeux quand il avait coulé avec ses larmes sans qu'elle cherche à les retenir. Ses vêtements étaient salis, déchirés aux coudes et aux genoux par sa chute sur le bitume dans le parking tout à l'heure.
Ma première réaction avait été de vouloir me précipiter vers elle pour la prendre dans mes bras et la porter jusqu'à sa chambre, de la débarrasser définitivement de ses aillons qui dénaturaient sa beauté puis de l'accompagner sous la douche. Pas pour profiter d'elle, enfin pas dans un premier temps, mais pour effacer toute trace de sa tristesse et de sa douleur.
La première chose qu'elle m'avait fait ressentir était ce désir instinctif et primaire qu'elle éveillait en moi depuis le début.
Mais j'avais été incapable de bouger dès que ses yeux avaient croisé les miens, me projetant plus d'une semaine en arrière, dans le hall bondé de l'aéroport de Chicago, quand elle avait pleuré pour une autre raison : parce qu'elle m'avouait son mensonge et qu'elle me quittait.
La colère avait immédiatement repris le dessus, clouant mes pieds au sol, incapable d'avancer ni de fuir à nouveau par la fenêtre restée ouverte.
Les battements de son cœur emplissaient mes oreilles, mes yeux se repaissaient de son image, mais je me refusai à respirer. Car si je laissais son odeur me submerger, je savais que je perdrais complètement les pédales et que je serais incapable de contenir mes emportements, qu'ils soient motivés par ma colère ou mon désir.
J'aurais pu rester ainsi indéfiniment, les mâchoires verrouillées et les poings serrés. Mais elle s'était levée et avait commencé à marcher vers moi avec un tel espoir dans les yeux que je réagis encore une fois instinctivement, en ne prenant pas la peine de cacher la tension dans ma voix.
« Arrête. »
Elle sembla alors réaliser que quelque chose n'allait pas.
A quoi pensait-elle exactement ?
Elle m'avait quitté à Chicago. Elle m'avait menti en acceptant de devenir ma…
Je serrai les dents plus fort à cette pensée. De tout ce qu'elle avait pu dire où insinuer ce jour-là, qu'elle ne voulait pas devenir comme moi, que j'étais un monstre et qu'elle ne pouvait pas renier ce qu'elle était pour moi, ce mensonge était ce qui m'avait fait le plus mal.
Je ne pouvais m'empêcher de penser qu'elle avait menti pour pouvoir s'échapper de Volterra et seulement pour ça.
Je savais qu'elle m'aimait. Je l'avais lu en elle. J'aurais trouvé un moyen pour la faire sortir de là si elle m'avait dit non, si elle avait été honnête.
Mais non.
Elle m'avait laissé espérer.
Et, depuis, rien n'était plus pareil. Je ne parvenais plus à redevenir celui que j'étais avant elle.
Elle m'avait fait baisser ma garde. Elle m'avait changé.
Elle m'avait rendu faible.
Je ne pouvais pas lui pardonner ça.
Ses yeux s'écarquillèrent d'effroi alors qu'elle se figea à quelques mètres de moi. Elle avait du mal à respirer et je pouvais presque voir les pièces du puzzle s'assembler dans sa jolie tête. Et ce qu'elle découvrait dans mon expression semblait la paniquer au plus haut point.
A quoi s'attendait-elle exactement ?
Elle m'avait quitté !
Il fallait que je sorte d'ici au plus vite sinon j'allais faire une connerie.
Je fis donc un pas en arrière.
Bella haleta en levant un bras pour me retenir.
« Ne pars pas ! » s'écria-t-elle, comme à bout de souffle.
Je déverrouillai seulement à peine mes mâchoires pour lui répondre.
« Tu es celle qui est partie. » grommelai-je en lui tournant le dos, bien décidé à ne pas lui laisser l'occasion de foutre encore plus de merdier dans ma tête.
Pourtant, je fus stoppé dans mon élan quand un lourd vase en verre bleu vint s'écraser contre la fenêtre à seulement quelques centimètres de mon visage.
Un éclat se forma sur la vitre qui se fendit en étoile en un bruit sec et des morceaux tranchants vinrent me fouetter le visage. Je ne ressentis aucune douleur, évidemment, mais la stupeur me cloua sur place.
oOoOo
Il était en colère.
Cette noirceur dans ses yeux n'était pas le reflet de son désir mais celui de sa rage. Et elle était tournée vers moi.
Il allait m'échapper.
Je ne pouvais pas le laisser faire ça parce que j'étais persuadée que, si je le laissais partir maintenant, je ne le reverrais plus jamais.
J'avais commis l'erreur de ma vie en le quittant à Chicago. Je le savais maintenant. Tout comme je savais que je ne pourrais plus jamais vivre sans lui. Mon monde avait complètement changé à cause de lui, je n'y avais plus ma place car elle était auprès de lui.
Il fallait que je le lui dise, que je lui fasse comprendre et qu'il me pardonne.
Une terreur indicible se déversa dans mon corps quand il me tourna le dos. Je fis donc la première chose qui me passa par la tête. Il ne voulait pas m'écouter, j'allais l'y forcer.
Je ne pouvais certainement pas retenir un vampire contre son gré mais je pouvais peut-être le surprendre suffisamment pour le stopper. Je saisis donc le lourd vase en verre bleu que ma mère m'avait offert quand j'avais emménagé ici et je le lançai de toutes mes forces vers lui.
Je visai son dos, mais le vase vint s'écraser en mille morceaux contre la fenêtre à quelques centimètres de son visage. Je vis avec horreur les éclats colorés ricocher sur lui avant de me rappeler que je ne pouvais pas le blesser.
Il se figea suffisamment longtemps sous l'effet de la surprise pour que je saisisse ma chance.
« Ecoute-moi, Edward ! Tu me dois bien ça ! »
Il se retourna lentement, des éclats de verre brillant dans ses cheveux et sur ses pommettes, me rappelant à quel point il avait été magnifique sous les rayons du soleil. Cette pensée me redonna courage. Je ne pouvais pas laisser partir quelqu'un comme lui sans me battre.
J'avais déconné.
Je devais réparer.
Je n'avais jamais rien voulu autant de toute ma vie.
« Je ne te dois plus rien. » gronda-t-il. « Tu as retrouvé ta vie. Tu as eu ce que tu voulais. »
J'accusais le coup.
Il croyait vraiment que tout ça, c'était ce que j'avais voulu ?
Ne voyait-il pas dans quel état j'étais à cause de notre séparation ?
Il y avait tant de colère dans ses yeux que je me rendis compte que, non, il ne réalisait pas tout ça. Je me sentis alors encore plus forte et prête à me battre pour qu'il m'entende. J'étais donc déterminée et presque en colère moi-même quand je repris la parole.
« Si, tu me dois le droit de m'expliquer. Parce que, si je ne le fais pas maintenant, je sais que tu disparaîtras complètement, que tu m'oublieras et que je n'aurais plus jamais l'occasion de te dire que cette vie que je souhaitais tellement retrouver m'est impossible à présent. Parce que, si je te laisse partir maintenant, je devrai vivre jusqu'à la fin avec la certitude que j'ai moi-même gâché ma vie.»
Il croisa les bras sur sa poitrine massive. Les muscles de ses mâchoires étaient contractés à l'extrême. Je commençais à le connaitre assez pour savoir qu'il se retenait de réagir, probablement par peur de ce qu'il pourrait dire ou faire.
Ce silence me tuait.
J'aurais préféré qu'il crie, qu'il détruise mes meubles, voir même qu'il s'en prenne à moi, plutôt que ça.
Au moins, il semblait décidé à m'écouter, alors à moi de le pousser à me répondre.
« Je ne peux pas m'excuser pour la décision que j'ai prise à Chicago parce que j'étais vraiment décidée à essayer de reprendre ma vie où je l'avais laissée. Je devais penser à mes proches et rester rationnelle. C'est ce que je suis. »dis-je en paquant les mains sur ma poitrine. « Ce que nous avons vécu à Volterra était complètement insensé ! J'étais prisonnière, privée de mes repères et de ma liberté. Retrouver la civilisation a été un véritable électrochoc pour moi. »
Je fis un pas vers lui en secouant la tête, comme si j'étais moi-même atterrée d'avoir pu avoir ce genre de pensée mais il fallait que je poursuive.
« Tu es une chimère ! J'ai eu peur que tout ce que j'ai ressentis là-bas n'ait été tout aussi impossible. Tu as été mon geôlier, puis mon amant et dieu sait que je suis tombée plus profondément et passionnément amoureuse de toi que je ne l'ai été de qui que ce soit dans toute ma courte vie. Mais je te connais à peine. Je ne pouvais pas abandonner aussi facilement tout ce en quoi je croyais ! »
Ma voix grimpait dangereusement à mesure qu'il m'opposait toujours la même indifférence. Ce silence me devint subitement insupportable.
« Dis quelque chose ! » m'écriai-je avec la furieuse envie de lui jeter à nouveau quelque chose au visage.
Ses yeux vrillèrent les miens avec une flamme de colère pure que je ne lui avais encore jamais vue, même dans ses moments les plus sombres. Il décroisa les bras mais garda les poings serrés. Je pouvais nettement voir les muscles crispés de ses épaules et de son torse à travers ses vêtements.
« C'était réel pour moi. » gronda-t-il.
Sa voix, même dure et rageuse comme elle l'était, me fit un effet incroyable et j'adoucis mon ton pour poursuivre.
« J'ai réalisé très vite que ça l'était pour moi aussi… Mais il était trop tard.
- Il est trop tard. » dit-il, sans aucune autre émotion dans la voix que cette colère implacable.
La peur qui se répandit en moi était bien plus glaçante que tout ce que j'avais ressenti à Volterra. Car, là-bas, il avait été à mon côté. Ici, j'avais peur qu'il me quitte et qu'il disparaisse pour toujours.
Ça ne pouvait pas être trop tard.
Un poids énorme venait de s'écraser sur ma poitrine, m'empêchant à nouveau de respirer.
« Je ne te crois pas… » murmurai-je, à bout de souffle.
Ses lèvres s'étirèrent en une moue presque dégoutée.
« Je ne t'ai pourtant jamais donné une seule raison de douter de moi. » dit-il d'une voix acide. « Je suis peut-être un monstre mais je suis un homme de parole.
- Je sais…
- Pourtant on ne peut pas en dire autant de toi. » me coupa-t-il alors que je voulais lui rétorquer qu'il n'était pas un monstre.
Je restai sidérée. Ma tirade de tout à l'heure avait justement pour but de lui faire comprendre que c'était mon intégrité et l'importance de la confiance que d'autres avaient placée en moi qui m'avaient poussée à le quitter. Je n'avais jamais été malhonnête avec lui. C'était justement cette sincérité qui m'avait forcée à ne pas lui mentir et à partir.
« Je te promets que tu peux avoir confiance en moi. » dis-je doucement, en tentant de lui faire sentir que je ne comprenais pas qu'il ait cette impression de moi.
Je fermai les yeux sous la violence du choc quand il attrapa un des fauteuils en bois de mon salon pour l'envoyer brutalement contre le mur qui nous séparait de la chambre, y causant un renfoncement profond et une fissure qui courut en lézardant jusqu'au plafond.
« Tu m'as menti ! » hurla-t-il, laissant enfin libre court à sa colère.
Menti ?
Quand ?
Je ne lui avais jamais menti. C'était pour ne pas avoir à lui mentir que j'avais brisé ma promesse de devenir sa compagne…
Mon dieu.
Tout devint clair subitement. Il croyait que je lui avais menti en acceptant sa demande.
OoOoO
Le bruit de tonnerre que fit le fauteuil en s'écrasant contre le mur sembla être le signal pour laisser libre cours à ma colère.
Tout ce que j'avais refoulé ces derniers jours : la peine, la rage, la déception et l'envie. Tout se brouillait dans ma tête, noyé par tout ce que Bella venait de dire et que je n'avais pas été vraiment capable d'écouter parce que je luttais intérieurement contre les besoins contradictoires de m'enfuir et de la prendre dans mes bras pour la baiser contre un mur.
Je ne me reconnaissais plus et tout était sa faute.
A cause d'elle, je touchais le fond après avoir cru que j'avais enfin trouvé un bonheur que je ne savais même pas que je cherchais.
Chaque fois que je l'avais tenue dans mes bras, chaque moment où je m'étais fondu en elle, je m'étais senti entier et vivant. J'avais réalisé que je n'étais pas complet avant elle et elle m'avait replongé dans le vide en partant.
Elle fit deux pas vers moi, nullement effrayée par mon accès de fureur.
« Je ne t'ai jamais menti ! » s'écria-t-elle, une expression sidérée sur le visage.
« Tu m'avais dit oui. » grondai-je, incapable de retenir le feulement de rage animale qui m'échappa.
Bella trembla mais ne recula pas. Elle était dangereusement proche et je ne pouvais pas la laisser approcher plus près. J'avais beau être en colère, je ne me serais jamais pardonné qu'il lui arrive du mal par ma faute. En une fraction de seconde, j'étais donc à nouveau au bord de la fenêtre.
« Non ! Reste ! Je t'en prie ! » cria-t-elle, au bord du désespoir, en se précipitant vers la fenêtre.
La panique dans sa voix me déstabilisa un moment.
« Je n'ai jamais été aussi sincère de toute ma vie que quand je t'ai dit oui ! » s'écria-t-elle, profitant de ma stupeur.
Je secouai la tête. Je ne voulais pas la croire. Je ne pouvais pas la croire.
« Tu as lu en moi Edward ! Tu pouvais m'entendre à ce moment-là ! Tu sais que je ne t'ai pas trompé, tu sais que je désirais t'appartenir plus que tout.
- Pas plus que recouvrer ta liberté apparemment ! » la coupai-je, acerbe.
Elle leva les yeux au ciel en signe d'agacement. Et, une nouvelle fois, constater qu'elle n'avait absolument pas peur de moi fit courir ce qui ressemblait fort à de l'adrénaline dans mon sang.
« Non ! » s'énerva-t-elle. « Là-bas, j'étais prête à mourir depuis le premier jour. Je n'avais aucun réel espoir de pouvoir m'enfuir, même en étant ton humaine car j'étais déterminée à ne pas devenir l'une des vôtres… jusqu'à ce que tu me fasses entrevoir la possibilité d'une vie éternelle passée à tes côtés. Je sais à quoi ça ressemble et je comprends maintenant d'où vient ta colère mais je te jure que je n'ai jamais voulu te mentir. J'étais ta favorite. Ma vie reposait entièrement entre tes mains et pourtant je ne me suis jamais sentie aussi vivante… et entière que dans tes bras, Edward. »
Entière.
Ce mot était un parfait écho à ce que j'avais ressenti.
Malgré moi, les paroles d'Eléazar et ses explications concernant le lien qui m'unissait à Bella me revinrent en mémoire. Mais je m'efforçai de les repousser.
Je désignai l'ensemble de l'appartement d'un large mouvement de bras.
« Tu as pourtant eu ce que tu voulais et tu es retournée chez toi, là où ta vie ne repose plus entre mes mains. » dis-je, une douloureuse ironie perçant dans ma voix.
« Tu te trompes… » répondit-elle en plissant tristement les lèvres.
Mes bras retombèrent, inertes, à mes côtés. Elle semblait tellement fatiguée à cet instant.
« Ce n'est plus chez moi ici. »
Je restai muet, mes yeux durs plongés dans les siens, presque suppliants.
« Et ma vie n'a jamais reposé autant entre tes mains que depuis que je t'ai laissé à Chicago. »
De longues secondes s'étirèrent dans un silence douloureux. J'étais incapable de prononcer un mot.
Elle baissa les yeux la première.
« Je t'aime tellement… » murmura-t-elle, comme si elle rendait les armes.
Ce dernier coup fut pourtant le premier qui m'atteignit réellement. Un long frisson descendit le long de ma colonne vertébrale et réchauffa tout mon corps au passage.
Ainsi coupé de son regard sur moi, je me sentis vide et froid plus que jamais auparavant. Et, d'une façon contradictoire, ce fut comme si j'y voyais enfin clair car je pouvais me détacher de l'attraction hypnotique de ses yeux pour me concentrer sur mes autres sens. Et je ne pouvais nier ce que percevaient mes oreilles.
Son cœur avait cessé de battre la chamade.
J'avais beau tenter de me convaincre du contraire, toutes les preuves étaient là : sa voix, son odeur, son regard, sa tristesse, son cœur. Elle ne me mentait pas.
Je sentis une barrière céder en moi, laissant petit à petit se déverser tout l'espoir que je refoulai depuis des jours à toutes forces. Mais cela ne me suffisait pas. J'avais besoin d'être sûr.
En une fraction de seconde, j'étais devant elle, quelques centimètres à peine séparaient mon corps du sien. Elle ne sursauta pas ni même ne releva la tête.
« Je suis pourtant toujours un monstre. » murmurai-je d'une voix tendue par l'effort que je faisais pour ne pas la toucher.
« Ça m'est égal… » répondit-elle sans plus relever les yeux vers moi.
Sa voix était si faible qu'un humain n'aurait pu l'entendre, même à cette distance, pourtant je perçu parfaitement l'intonation dans sa voix. La résignation. L'acceptation. L'abandon.
Je sus que, si je partais maintenant, elle ne me retiendrait pas.
Elle avait joué toutes ses cartes et elle semblait épuisée.
Je te suivrais Edward, pour toujours et à jamais, si tu veux de moi.
Ces paroles, qu'elle avait prononcées il y avait une éternité, résonnèrent à mes oreilles. Leur sincérité. Le bien qu'elles m'avaient fait.
Tout me revint.
Et je me sentis alors comme le dernier des salauds.
Je m'étais laissé aveugler par ma colère et je n'avais pas écouté ses arguments, préférant rejeter sur elle toute la faute, préférant croire qu'elle m'avait menti et manipulé plutôt qu'il y ait eu une raison valable pour qu'elle me quitte.
Je regardai son beau visage marqué par la tristesse et la fatigue et je réalisai à quel point elle avait souffert durant notre séparation alors que je m'étais de mon côté appliqué à prouver que j'étais le monstre que je pensais qu'elle croyait que j'étais.
Elle avait été sincère tout ce temps, sincère avec moi, avec les autres et avec ses propres principes.
Et moi j'avais passé toutes ces dernières nuits à creuser le fossé entre nous de la pire des façons.
J'avais été un parfait connard.
Et il allait falloir que je le lui dise. Tout de suite.
« Bella… »
oOoOo
Sa bouche était toute proche de mon oreille et je frissonnai.
Je n'osai pas relever la tête vers lui parce que j'avais peur de ce que j'allais trouver dans ses yeux. Je n'avais plus la force d'y voir toute la colère qu'il ressentait envers moi.
Pourtant, sa voix était beaucoup plus douce quand il m'appela, presque tendrement.
« Bella… »
Mon pouls s'accéléra brutalement et j'inspirai une profonde goulée d'air où se mêlait son odeur enivrante. Je fermai les yeux, voulant m'imprégner de sa présence au cas où ce serait la dernière fois qu'il était si près de moi. Il ne bougea pas mais je gardai obstinément les yeux clos, pour ne pas le voir partir si jamais il le faisait.
« Bella, je… Quand tu m'as quitté… j'ai cru devenir fou… »
Ses mots me firent mal car je savais que tout était ma faute : sa souffrance, la mienne. Tout.
« Je suis désolée. » murmurai-je toujours sans ouvrir les yeux.
« Bella… j'ai fait… »
Il cherchait ses mots. Cela n'augurait rien de bon.
« Regarde-moi. » m'ordonna-t-il d'une voix ferme et douce.
Cette même voix qui m'avait tant de fois fait trembler dans ses bras, dans son lit, sur sa méridienne.
Je relevai immédiatement les yeux vers lui, comme un fichu réflexe conditionné d'accroc à cette voix que j'étais devenue.
Il y avait une nouvelle souffrance dans ses yeux. De si près, je distinguai le fin cercle rouge autour de ses pupilles… si fin que personne d'autre que moi n'aurait pu le remarquer. Mais, instantanément, je sus ce qu'il allait m'annoncer.
« J'ai fait des choses que je n'aurais pas dû faire. » dit-il.
« Ça m'est égal. » répétai-je.
Il avait bu du sang humain. Et alors ?
C'était un vampire. Un vampire que j'avais poussé dans ses derniers retranchements. J'avais toujours pertinemment su que ça serait sa façon de gérer sa colère comme les hommes se noyaient dans l'alcool.
Et je connaissais parfaitement ses méthodes, tout comme je savais qu'il ne s'en prenait qu'aux femmes. Je savais additionner deux et deux. J'ignorai donc le pincement que je ressentis dans la poitrine en pensant à ces femmes qu'il avait tenues dans ses bras alors que je me noyais dans mon propre chagrin.
« Bella, il faut que…
- Tu n'as pas à te justifier. » le coupai-je. « Je sais ce que tu es. Je sais ce dont tu as besoin pour survivre. »
Il secoua la tête avec dégout.
« J'ai largement dépassé les bornes. » dit-il sans me quitter des yeux.
Le froid se répandit en moi.
Avait-il tué quelqu'un ?
Qu'est-ce que ça voulait dire dépasser les bornes ?
Qu'il ne s'était pas arrêté à des caresses pour enivrer ses victimes ?
Contre mon meilleur jugement, j'avais besoin de savoir
« Tu t'es nourri… » commençai-je, pour l'inciter à poursuivre ma phrase.
Il laissa passer quelques secondes avant de reprendre la parole. Nous n'avions pas bougé. Nous ne nous touchions toujours pas malgré notre proximité. Et pourtant, un fourmillement lancinant faisait vibrer mon corps, le poussant vers lui.
« Je ne suis pas certain qu'on puisse appeler ça se nourrir. »
Je déglutis avec peine.
« Se saouler serait un terme plus proche, je pense…»
Je ne le jugeai pas. Une bouteille de Grey Goose presque vide sur ma table témoignait de mes propres penchants. Chacun sa drogue.
« Mais ce n'est pas le pire. » continua-t-il sans détourner les yeux.
« Tu n'es pas obligé de me le dire. » contrai-je immédiatement.
Il était sincère. Il m'avouait qu'il avait déconné pendant notre séparation. Je ne pouvais pas lui en vouloir, si ?
« Si je le suis. » objecta-t-il immédiatement. « Le sang ne me suffisait pas… Je ressentais en permanence ce manque. J'ai cru que c'était parce que j'avais besoin d'autre chose. »
Je sus parfaitement ce qu'il allait dire avant même qu'il n'ouvre à nouveau la bouche. Il allait m'avouer qu'il avait couché avec une autre femme, peut-être même plusieurs.
Une part de moi avait envie de hurler de désespoir. Mais une autre, celle qui s'était réveillée à Volterra, celle qui savait que, là-bas, il avait été avec des dizaines de femmes avant d'être avec moi, celle qui savait que j'étais la seule qui n'ait pas été un jeu, celle qui savait que j'étais la seule qui avait compté cette part de moi, réagit instinctivement au fait qu'il soit revenu vers moi. Et je me jetai sur ses lèvres pour le faire taire.
Mes mains passèrent autour de son cou et ma bouche se moula à la sienne, retrouvant la dureté et la froideur de sa peau avec délice.
Après une seconde de surprise, il passa ses propres bras autour de ma taille en grondant comme un animal pour me serrer contre lui aussi fort qu'il le put. Mais la douleur d'être ainsi pressée contre son torse de marbre s'estompa immédiatement quand il glissa sa langue dans ma bouche.
OoOoO
Comment avais-je fait pour survivre tant de jours sans sentir son corps vibrer sous mes doigts ?
Je m'apprêtais à devoir à mon tour me battre pour me faire pardonner mes actes de ces derniers jours et, au lieu de ça, Bella venait de se jeter sur moi.
L'espace d'une bienheureuse seconde, ce fut comme si rien de tout cela n'avait existé. Je retrouvais sa chaleur et sa saveur contre mes lèvres. Tant et si bien que ça ne me suffit pas et que je forçai le barrage des siennes pour venir gouter sa langue.
Je rugis tant la sensation était puissante.
Pourtant, quand je dus la relâcher pour qu'elle reprenne son souffle, mes fautes me revinrent en pleine figure.
Il fallait que je lui avoue que je l'avais presque trompée… plus que presque trompée.
Nous ne pouvions recommencer sur un mensonge. Et dieu sait que, là, avec elle, frémissante dans mes bras, j'avais envie de reprendre exactement là où nous nous étions arrêtés.
Que je sois capable de ne pas la dévorer ici, debout au beau milieu de son salon, relevait du miracle.
« Bella… Bella. » dus-je insister en me reculant légèrement quand elle se rapprocha à nouveau de moi.
Ses mains étaient toujours dans mes cheveux, déclenchant des frissons de pur plaisir jusque dans mes reins.
« Bella, je dois te dire quelque chose. »
Elle s'approcha si près que nos lèvres se frôlaient presque. Elle s'était dressée sur la pointe des pieds pour m'atteindre et pour plonger son regard dans le mien.
« Il y en a eu beaucoup ? » demanda-t-elle dans un souffle.
Elle avait compris. Elle savait que j'avais chassé et elle savait quel était mon gibier. Pourtant, elle ne semblait pas jalouse, ni furieuse, ni en colère.
Je n'étais tellement pas préparé à ça que je fus un instant surpris mais je me repris en une fraction de seconde. Je serais honnête, quitte à en payer le prix.
« Oui… » répondis-je sans ciller.
Elle marqua une pause, ses yeux dérivant sur ma bouche avant de revenir dans les miens, brillants d'une nouvelle lueur, presque sauvage. Qu'est-ce que c'était que ça ?
« Les as-tu séduites ? » murmura-t-elle en soutenant mon regard.
Evidemment, elle savait comment je procédais. Qu'avait-elle deviné d'autre ?
J'acquiesçai d'un mouvement de tête.
« Les as-tu embrassées ? » demanda-t-elle en se mordant les lèvres.
Légèrement honteux mais désireux de ne rien lui cacher, je hochai la tête une nouvelle fois.
A ma grande stupeur, elle ne relâcha pas son étreinte ni ne montra aucun signe d'agacement. Bien au contraire, la flamme dans ses yeux sembla s'embraser subitement.
« Est-ce que c'était meilleur que ça ? » souffla-t-elle en s'approchant suffisamment pour m'embrasser à nouveau.
Son baiser fut profond et intense et, quand elle saisit ma lèvre inférieure entre ses dents, je grondai de plaisir, mon corps tout entier s'éveillant pleinement à ce contact sensuel.
« Ça ne s'en approchait même pas… » gémis-je à même sa bouche.
Ses lèvres dérivèrent sur ma joue, ses dents effleurèrent mon menton, me faisant grogner à nouveau.
Elle avait niché son visage dans mon cou qu'elle picorait de baisers lascifs quand elle posa sa question suivante.
« Leur as-tu fait l'amour, Edward ? Les as-tu touchées comme tu m'as touchée ? »
S'en était trop pour moi. Si je voulais lui répondre, il allait falloir qu'elle cesse ça ou bien j'allais la renverser sur la table basse pour lui prouver à quel point elle seule me faisait assez d'effet pour en arriver là.
Mais elle méritait mieux que ça. Elle méritait une réponse honnête.
Je saisis donc son visage dans mes mains et me penchait pour être à son niveau.
« Je n'ai couché avec aucune de ces femmes, Bella. » dis-je sans détourner mes yeux des siens. « Mais j'ai cru devoir le faire… Je l'ai presque fait. Une fois. Mais je n'ai pas pu. »
Son souffle était saccadé alors qu'elle me vrillait d'un regard insondable. Que n'aurais-je pas donné pour lire en elle à cet instant, pour savoir ce qu'elle pensait vraiment de mon aveu.
« Qu'est-ce qui t'a retenu ? » demanda-t-elle d'une toute petite voix.
Je m'approchai encore plus près pour sentir son souffle sur mon visage.
« Toi… » murmurai-je. « Elle n'était pas toi… »
Elle se mordit les lèvres et son regard se perdit dans le vague.
Durant les secondes atroces qui suivirent, j'eus le sentiment qu'elle m'échappait, qu'elle se retirait dans un endroit de son esprit si loin de moi que je ne pourrais jamais l'y atteindre. Mais ses mains se crispèrent à nouveau dans mes cheveux quand elle refit le point sur moi.
« Parle-moi. » la suppliai-je en pressant ses hanches contre les miennes.
Son cœur battait à un rythme calme et régulier contre mon torse.
« Edward… »
Sa voix semblait hésitante et j'eus peur qu'elle ne s'apprête à me briser le cœur à nouveau. Elle en aurait eu le droit après avoir appris la façon dont j'avais agi ces derniers temps.
« J'avais peur de ce qui se passerait si je te suivais. » commença-t-elle. « J'ai toujours peur… Mais je suis aussi sûre d'une chose : c'est que, que ce soit pour ne plus avoir à supporter la vie sans toi ou bien pour pouvoir passer l'éternité à tes côtés si tu veux encore de moi, je suis prête à mourir. »
oOoOo
Il cligna brusquement des yeux, relâchant légèrement sa prise sur mes hanches.
« Qu'es-tu en train de me dire ? » souffla-t-il.
Ma main dériva de ses cheveux à sa pommette saillante, en dessinant les contours jusqu'à son nez puis jusqu'à ses lèvres. C'était comme si je caressais la statue d'un dieu.
Tant de perfection était impossible.
Ce que je ressentais pour lui était impossible.
Mais c'était là, me dévorant de l'intérieur. Et je savais que jamais je ne pourrais empêcher le vide de m'engloutir s'il n'était pas à mes côtés. Pour l'éternité.
Il n'y avait plus d'autre voie possible pour moi. Comme à Volterra, cette histoire mènerait inévitablement à ma mort. Mais, cette fois, je n'avais plus peur, car lui offrir ma vie humaine signifiait le laisser m'entrainer avec lui dans la sienne. Ce ne serait pas la fin mais un nouveau commencement.
« Je suis à toi… » murmurai-je. « Depuis la première fois que j'ai posé les yeux sur toi dans le gynécée… »
Cette fois, ce fut lui qui me coupa la parole en se jetant sur mes lèvres avec force.
Nos dents s'entrechoquèrent brutalement et il me fit tanguer jusqu'au premier mur à sa portée.
Mon corps claqua contre la cloison de plâtre et ses mains me retinrent fermement contre lui pour que je ne me fasse pas mal mais, bien vite, il vint les poser sur le mur, de chaque côté de ma tête, et j'entendis parfaitement le bruit que firent ses doigts quand ils le lacérèrent.
Il était toujours en contrôle.
Malgré la puissance de ce qu'il ressentait maintenant, il gardait toujours en mémoire qu'il devait se maitriser avec moi. Loin de m'effrayer, qu'il détruise ainsi mon intérieur enflamma encore plus mon désir pour lui.
Ses lèvres descendirent dans mon cou pour me laisser respirer. Elles étaient glacées mais le contraste avec ma peau brûlante était électrisant.
J'avais besoin de le sentir, partout.
Mes mains dérivèrent donc sur ses épaules, puis sur son torse qui se soulevait difficilement au rythme de sa respiration erratique. Il me humait comme un animal, s'enivrant de mon odeur. Je savais l'effet qu'elle produisait en lui, la faim qu'elle attisait. Mais je n'avais pas peur.
A cet instant, je réalisai que j'avais envie qu'il me morde car c'était la communion la plus intime que nous puissions avoir.
« Edward… » suplliai-je.
Mais il me musela à nouveau d'un baiser passionné, ses mains empoignant brusquement mes fesses pour me plaquer contre lui. Instinctivement, je pris appuis sur sa prise pour passer mes deux jambes autour de sa taille, mon dos reposant toujours contre le mur pour que je puisse passer les mains sous son tee-shirt.
Quand il recula pour me regarder, haletant, les mâchoires crispées, plus aucun cercle rouge ne venait colorer ses yeux. Ils étaient noirs, entièrement noirs.
« Tu es à moi ? » demanda-t-il.
« Oui. » gémis-je, me rendant compte que je le suppliai par mon ton de ne pas s'arrêter.
« Complètement ? » insista-t-il, un sourire en coin relevant les commissures de ses lèvres.
Mon dieu.
L'effet que ce sourire eut sur moi fut incroyable. A lui seul, il venait de signer ma perte, complète et totale, car j'allais lui accorder le droit de me faire tout ce qu'il voudrait, pourvu qu'il continue de me regarder comme ça.
« Complètement… » soufflai-je en me mordant les lèvres.
Il me regarda faire, son torse sous mes doigts vibrant sous un de ses grondements silencieux, puis, s'assurant que ma prise autour de ses hanches était suffisante, il lâcha mes fesses pour remonter ses mains le long de mes flancs, m'appuyant un peu plus contre le mur.
Entre mes jambes, je sentais parfaitement l'ampleur de son désir.
Ses mains effleurèrent mes seins, à peine plus d'une seconde, avant de remonter vers mon col et, en une seconde, mon vêtement fut déchiré en deux morceaux qui finirent sur le sol, lui révélant ma poitrine seulement couverte d'un vieux soutien-gorge.
« Magnifique » souffla-t-il en fondant sur ma gorge alors qu'une de ses mains reprenait sa place dans mes reins et l'autre sur un de mes seins.
Je haletai.
Le besoin de le sentir en moi était trop puissant. Mes propres mains cherchaient désespérément à atteindre sa peau mais il me coupait toute possibilité de mouvement, pressant ses hanches contre les miennes, exacerbant par une friction contrôlée la montée d'un plaisir insensé.
Quand j'agrippai furieusement l'arrière de son tee-shirt, il comprit enfin que j'étais au bord du gouffre et suspendit ses mouvements pour me porter, toujours contre lui, jusque dans le salon. D'un coup de pied rageur, il envoya balader la table basse qui se dressait sur son passage. Le bois craqua quand elle se renversa et la bouteille se brisa sur le sol mais je n'en avais rien à faire. Il pouvait détruire autant de meubles qu'il le voulait s'il continuait à me regarder comme ça.
Mon dos rencontra les coussins moelleux du canapé en même temps qu'Edward reprenait possession de ma bouche mais, cette fois, je réussis à saisir l'ourlet de son tee-shirt et à le tirer jusqu'à sa tête.
Avec un sourire, il se recula et fit passer son vêtement par-dessus sa tête à une vitesse hallucinante. Je gémis à la vue de son torse parfait et mes doigts coururent sur ses muscles saillants.
Il ferma les yeux en grondant doucement.
OoOoO
Je devais me contrôler.
Je devais ralentir.
Le manque avait tellement exacerbé mon désir que je savais que je risquais d'être brutal.
Mais ses doigts sur moi, ses gémissements dans mes oreilles, s'en était trop.
Quand je rouvris les yeux, ce fut pour plonger dans deux abysses bruns qui m'appelaient littéralement et, au diable mes bonnes résolutions, j'empoignai immédiatement son pantalon que je fis descendre un peu trop vite sur ses jambes.
La vue de son corps parfait, alangui et à moitié nu sa peau blanche contrastant avec le gris sombre du canapé, réveilla définitivement la bête en moi et je la couvris de mon corps.
Sa peau brûla la mienne, ses doigts cherchèrent à m'agripper alors que j'ondulai contre elle, cherchant toujours plus de contact. Et, quand elle toucha mes reins par-dessus mon pantalon, je grondai une fois de plus, me redressant pour l'enlever mais sans la quitter des yeux.
Cette pause me fut salutaire pour museler la bête une fois de plus.
En soutenant son regard, je posai mes mains sur ses genoux, les remontai lentement vers ses cuisses, jusqu'à effleurer son intimité avec un de mes pouces. Son corps s'arqua sur le coussin et elle projeta la tête en arrière.
J'embrassai son ventre, léchai son nombril, humai son odeur au plus près de son centre alors que mes doigts trouvèrent leur chemin pour commencer à jouer en elle.
Elle gémit lourdement, tendant tous ses muscles sous mes mains.
Je souris en remontant le long de son corps, encore plus excité par l'effet que lui faisait mes doigts sur elle, en elle. Sa peau ne brulait plus la mienne quand mon nez courut sur ses clavicules car le feu bouillonnait en moi.
Je laissai courir mes dents le long de son menton en accentuant les mouvements de mon intrusion.
Elle râla son plaisir sans aucune retenue, une main griffant mon épaule, l'autre agrippant le dossier du canapé derrière sa tête.
« Aucune femme n'est aussi belle que toi à cet instant » murmurai-je à son oreille, déclenchant un nouveau gémissement. « Aucune femme n'éveillera autant d'envie en moi, Bella. Tu m'as complètement soumis. »
Elle s'arqua contre moi une nouvelle fois, les yeux fermés.
« Je ne veux pas… te soumettre… » haleta-t-elle.
Je souris contre son oreille, adorant plus que tout le rythme haché de sa respiration, signe que son apogée était proche sous mes caresses.
« Que veux-tu alors ? » chuchotai-je en arrêtant un instant mes mouvements.
Elle gémit de frustration, cherchant à bouger sous mes mains pour retrouver cette sensation perdue.
« Dis-moi. Que veux-tu ? » insistai-je.
« Je veux… Je veux que tu restes exactement tel que tu es… »
Je m'allongeai sur son corps, l'empêchant de chercher à soulager sa frustration. J'étais le maitre de son plaisir. Et j'adorais ça. Comment avais-je pu me fourvoyer tant de jours en pensant que je pourrais me passer de ça ?
« Oh mon dieu… » gémit-elle quand je pressai une fois mes hanches contre les siennes.
« Mais ne suis-je pas un monstre ? » m'amusai-je à susurrer contre ses lèvres.
Elle me vrilla alors d'un regard perdu entre les affres du plaisir et de la frustration.
« Non. »
Il y avait une telle conviction dans ces yeux que je n'eus plus envie de jouer.
« Me suivras-tu ? » ne pus-je m'empêcher de demander.
J'avais besoin de savoir. Besoin qu'elle me confirme que j'avais bien compris ce qu'elle m'avait dit tout à l'heure.
« Sans plus aucune hésitation. » répondit-elle en soutenant mon regard.
Ma bouche se referma sur une de ses seins, la faisant gémir à nouveau mais, vite, je le relâchai pour faire courir mon nez à la base de sa gorge, enivré par sa réponse, imaginant déjà ce que ce serait que de la posséder sans plus aucune limite, sans peur de la briser.
« Tu me le promets ? » insistai-je en couvrant son cou de baisers rapides alors que je recommençai sans pouvoir m'en empêcher à onduler des hanches contre elle, réveillant notre plaisir à tous les deux.
Bella étendit alors la tête en arrière, étirant son cou, me révélant les marques que j'y avais laissé sans aucune vergogne.
« Mords moi. » gémit-elle.
Ce fut comme si j'avais été aspiré dans un trou noir. Tout disparut hormis ces deux mots et les palpitations de son cœur que je discernais parfaitement à travers la peau fine de sa gorge.
« Quoi ? »
Elle accentua son mouvement, approchant encore plus sa peau de la mienne.
« Mords-moi, Edward. » supllia-t-elle. « Lis en moi à quel point je désire te suivre. »
oOoOo
Ce n'était pas seulement une envie de lui prouver qu'il pouvait avoir confiance en moi.
C'était un besoin.
Je voulais qu'il me morde.
Je voulais cette possession.
Je voulais lui appartenir complètement.
Au-dessus de moi, le corps d'Edward me surplombait totalement.
Il embrassa ma gorge et je pensais avoir obtenu ce que je voulais mais, à ma grande surprise, il continua à descendre, embrassant la courbe de mes seins, léchant un de mes tétons dressés et déclenchant des spasmes électriques dans tout mon corps, faisant courir ses dents sur une de mes hanches.
De ses doigts agiles qui retrouvèrent une place entre mes cuisses, il me fit alors complètement oublier ma requête.
Mais, quand je sentis son souffle glacé sur mon aine, je ne pus m'empêcher d'ouvrir brusquement les yeux.
Pouvait-il faire ça ?
Pouvais-je le laisser faire ça ?
Nous n'avions jamais…
Oh mon dieu !
Toute pensée cohérente quitta mon esprit quand il effleura une première fois mes replis intimes de sa langue de glace. C'était presque douloureux.
Tant de plaisir allait probablement me tuer mais qu'importe, et je me laissai aller complètement contre les coussins du canapé alors qu'il commençait à me gouter, à jouer avec moi de la plus intense des façons.
Je perdais pied, je n'arrivais plus à trouver mon souffle, l'air me brûlait les poumons.
Dans la brume du plaisir montant, inexorablement, je n'entendis pas tout de suite sa voix m'appeler.
« Bella… Bella regarde-moi »
Il me fallut produire un effort énorme pour relever la têt mais, quand je croisai son regard alors que son visage était encore enfoui entre mes cuisse, je ne pus en détourner les yeux.
C'était d'un érotisme torride de le voir ici, presque à ma merci alors que c'était indubitablement moi qui était en son pouvoir.
Il sourit alors qu'il embrassait mon sexe, puis la pliure de ma jambe alors que ses doigts œuvraient encore leur magie en moi et que mes muscles intimes commençaient à se resserrer sur lui. J'étais proche et il le savait parfaitement. C'était son moment et je compris à son regard ce qu'il s'apprêtait à faire.
Fascinée, je le vis retrousser les lèvres alors que le premier spasme m'emportait et j'eus juste le temps d'apercevoir ses dents effleurer puis percer ma peau, juste en haut de ma cuisse, avant de m'effondrer à nouveau sur le canapé, en proie à des tremblements de plaisir incontrôlés.
OoOoO
Oohhh… Mon dieu, non…. Ce n'est pas possible…
Je souris en léchant sur sa peau la dernière goutte de sang. Je n'avais prélevé qu'une gorgée mais cela m'avait été suffisant. Et je n'avais pas besoin de regarder la plaie pour savoir que le venin avait afflué légèrement dans ma bouche, comme à chaque fois que je l'avais mordue.
Oh mon dieu… Faites que cela ne s'arrête jamais…
« Je te le promets » dis-je en remontant le long de son corps. « Je te promets de t'aimer ainsi aussi longtemps que durera notre vie. »
Ses pensées étaient toujours incohérentes mais je savais qu'elle m'avait entendue.
Ses yeux toujours fermés, sa tête renversée dans le canapé, elle était l'image même de la tentation. Une tentation à laquelle je comptais bien me laisser aller.
Le voir et la ressentir jouir ainsi de mes caresses avait mis mes nerfs au supplice. Je doutais que ce qu'il restait de la nuit suffise à étouffer la flamme de mon désir et, déjà, je cherchai mon chemin entre ses jambes.
Elle m'accueillit avec un nouveau râle, ses mains cherchèrent mon visage pour m'attirer à elle et elle m'embrassa avec passion, nullement dégoutée du gout de sel et de sang sur ma langue, parfaitement consciente que c'était les saveurs mêlées de son sang et de son plaisir.
Cette femme était parfaite.
« Tu es parfaite. » dis-je pour qu'elle entende chacune de mes pensées tout comme j'entendais les siennes.
Je ne serais parfaite que quand je ne serais plus si fragile entre tes bras.
« J'aime que tu sois fragile entre mes bras. » grondai-je en m'enfonçant en elle d'un seul long mouvement.
Elle râla à nouveau.
« Mais j'ai aussi hâte de pouvoir jouer d'égal à égal avec toi » murmurai-je à même ses lèvres alors que j'étouffai un premier de ses cris.
Comme pour me prouver qu'elle était plus forte que ce que je pensais, Bella vint à la rencontre de chacun de mes à-coups, appelant dans ses pensées plus de vitesse et plus de force.
Mais, quand je basculai légèrement les hanches pour prendre un angle différent, elle lâcha complètement prise. Ses pensées n'étaient plus qu'un chaos incohérent où se mêlaient des suppliques et mon nom, m'amenant moi-même au bord de la folie.
Je délaissai son corps, sachant pertinemment que ce qui s'annonçait dans mes reins risquait de la blesser si jamais je la tenais entre mes mains à ce moment-là. J'agrippai donc le dossier du canapé, ne réalisant que trop tard que ce nouvel appuis me donnait encore plus de force.
Bella cria son plaisir sous moi, abandonnée comme jamais elle ne l'avait été jusque-là et ce fut tout son corps qui convulsa en un dernier gémissement formidable qui me mena à ma perte, broyant le dossier sous mes doigts et éventrant le tissu qui le recouvrait.
Il me fallut une éternité pour me reprendre, pour réaliser où j'étais et à quel point cette soirée s'avérait différente de ce que j'avais prévu.
Je devais maintenir mes distances, lui laisser une chance de récupérer sa vie. Mais, au lieu de ça, je venais de lui faire l'amour sur son canapé et elle m'avait à nouveau accordé sa vie.
J'étais perdu, incapable de retrouver mon souffle, quand une main douce vint se poser sur ma joue, attirant immédiatement mon regard en contrebas.
Elle était échevelée et radieuse, les jambes toujours enroulées autour de ma taille.
« On ne change pas les vieilles habitudes. » se moqua-t-elle.
Je haussai un sourcil sous l'incompréhension.
Tu viens de détruire mon canapé.
Je souris en secouant la tête. Puis je me retirai doucement pour lui laisser plus d'espace mais vins me blottir à côté d'elle sur la large assise du canapé.
« Il n'est jamais bon de trop s'attacher aux biens matériels » dis-je, stoïque.
S'il avait fallu que je me catastrophe à chaque fois que j'avais démoli quelque chose, je n'aurais pas eu autant d'expériences grisantes avec elle.
« Et je compte bien ne pas m'arrêter à ton canapé… » soufflai-je à son oreille.
Elle rit.
C'était un vrai éclat de rire, joyeux et espiègle, comme je ne lui en avais jamais entendu jusque-là.
Elle s'allongea sur moi, la tête sur ma poitrine et je caressai longuement ses cheveux en pensant que je pourrais tuer pour entendre ce rire à nouveau. L'idée que l'avenir était maintenant certain, qu'elle serait avec moi, que je pourrais tout à loisir l'entendre rire ou gémir pour moi déversa dans mon corps un bien curieux apaisement. Comme si toutes les pièces du puzzle étaient enfin en place avec elle dans mes bras.
Je repensai à ce qu'avait dit Eléazar et je jugeai le moment opportun pour en parler à Bella. Mais un coup d'œil à son visage m'apprit qu'elle venait de s'endormir.
Je souris.
Que de temps perdu !
Vivement qu'elle n'ait plus besoin de ça.
Je me levai en la tenant dans mes bras et la portai jusqu'à sa chambre. J'aurais pu m'allonger près d'elle mais je n'étais absolument pas certain d'être capable de la laisser dormir. Je pris donc mes distances et, dans la pénombre de la chambre, m'assis dans un fauteuil pour la regarder dormir.
OOoOo
Le sommeil me quitta doucement.
L'espace d'un instant, je ne sus plus où j'étais... Je me concentrai donc sur mes sensations pour retrouver des repères. Je n'avais pas encore envie d'ouvrir les yeux car l'angoisse m'étreignit subitement comme à chaque fois que je me réveillais depuis plusieurs jours.
Il faisait nuit, aucune lumière ne filtrait sous mes paupières closes.
Et, l'espace d'un instant, je me demandai ce que j' allais trouver en les ouvrant : les murs clairs de ma chambre ou bien la lourde porte de bois de ma cellule à Volterra.
Sur ma peau nue, je ne sentais que la légère chaleur d'un drap qui recouvrait ma poitrine mais découvrait ma jambe droite jusqu'à mi-cuisse...
J'étais allongée sur le côté.
Le bruit assourdi d'une voiture s'éloignant me rappela l'endroit où je me trouvais : la chambre de mon appartement.
Je ne me rappelais pas quand je m'étais endormie. Je me rappelai juste qu'il m'avait épuisée, une fois de plus. Je me dis que les caresses et la tendresse dont il savait faire preuve après s'être montré si animal avaient dû faire le reste.
Le silence .
L'angoisse revint en même temps que je me demandai si tout cela n'avait pas été qu'un rêve mais les sensations persistantes dans tout mon corps me prouvèrent immédiatement le contraire.
Edward était revenu dans ma vie.
Pourtant, la chambre était étrangement silencieuse et je me sentais tellement seule que j'eus immédiatement peur qu'il ne soit parti.
Alors, prenant mon courage à deux mains, j'entre-ouvris les yeux.
Il me fallut quelques secondes pour m'habituer à la pénombre.
Mon regard finit par se poser dans un coin de la pièce. Attiré irrémédiablement vers l'ombre imposante assise dans mon fauteuil.
Il est là, assis, nu, immobile.
Quelques secondes de plus me permirent de capter dans ses yeux bien ouverts le reflet des phares d'un autre véhicule passant dans la rue. Il me regardait dormir.
Avait-il remarqué que je ne dormais plus ?
Je repensai alors à la caresse torride qu'il m'avait prodiguée, juste avant qu'il ne boive mon sang et que je ne perde complètement les pédales. Et, immédiatement, la chaleur se répandit dans tout mon corps à ce souvenir.
Mon corps bascula sur le dos, faisant glisser le drap et découvrant un de mes seins pendant que je passai un bras derrière ma tête pour accentuer ma cambrure.
Je bougeai doucement, l'observant toujours du coin de l'œil.
La lumière des phares d'une autre voiture me permit de voir qu'il ne ratait rien du spectacle que je lui offrais de mon plein gré et que son corps s'éveillait aussi pendant qu'il épiait chacun de mes mouvements.
J'eus brusquement envie de le rejoindre. Il m'avait fait vivre tant de choses extraordinaire cette nuit que j'eus envie de lui rien qu'en y repensant, rien qu'en ressentant mes muscles endoloris à chaque mouvement.
Je voulais tout de lui.
Pour lui, je voulais être différente, sûre de moi et sensuelle. Je voulais lui faire ressentir autant de plaisir qu'il m'en avait fait ressentir durant ces dernières heures.
Je me redressai donc et me levai, laissant le drap glisser au sol, et m'approchai de lui lentement.
Il me regarda venir, impassible, sérieux et ne me quitta pas des yeux quand je m'agenouillai devant lui.
Doucement, je posai mes mains sur ses genoux que j'écartai pour me rapprocher encore plus.
Je caressai ses cuisses lentement, prenant mon temps pour atteindre mon but.
Sa respiration profonde fit se tendre les muscles de son torse dans la pénombre, comme s'il savait ce que je m'apprêtais à faire.
Je réalisai alors qu'il savait exactement ce que je voulais entreprendre car mon sang lui en offrait la possibilité. Je croisai alors son regard et y lire l'excitation que cela créait en lui fit bouillir mon sang. Littéralement.
Il sourit.
Il frémit pourtant quand je posai enfin une main fraiche sur sa virilité dressée en soutenant toujours son regard pendant que je commençai à la faire coulisser entre mes doigts.
Il se pencha vers moi pour m'embrasser, emmêlant ses doigts dans mes cheveux encore ébouriffés par nos derniers exploits.
« Tu n'es pas obligé de faire ça… » murmura-t-il à même mes lèvres.
Je ne pris même pas la peine de lui répondre, lui faisant comprendre par mes pensées à quel point j'étais déterminée, à quel point j'en avais envie, presque besoin.
Il m'embrassa une nouvelle fois avec un élan de passion presque aussi violent que pouvait l'être sa fureur puis me regarda avec des yeux fiévreux alors que je descendais doucement vers lui pour le prendre dans ma bouche.
Ses mains lâchèrent mes cheveux pour s'accrocher aux bras du fauteuil et il gronda tel un fauve, tout son corps se tendant subitement.
Jamais je n'avais pris tant de plaisir à cette caresse. Jamais je ne m'étais senti si sensuelle et puissante, maitresse de son plaisir.
Au bout de quelques instants, ses doigts qui se crispèrent brusquement dans le cuir du fauteuil me firent comprendre qu'il était proche de son apogée. Alors, désireuse de faire durer le plaisir, je relevai la tête, la sienne était renversée en arrière et il avait fermé les yeux pour se concentrer sur son plaisir.
Je me relevai en silence et m'assis à califourchon sur lui pour l'embrasser langoureusement, comme si je voulais lui faire partager le gout de plaisir qu'il avait laissé sur ma langue tout comme j'avais ressentis le mien tout-à-l 'heure, mêlé à celui de mon sang.
Il me rendit mon baiser en empoignant mes fesses à pleine main. Je me rapprochai alors inexorablement pour finir par m'empaler sur lui lentement, maitrisant son avancée en moi et déclenchant dans sa poitrine un nouveau roulement de tonnerre qui se répercuta dans tout mon corps.
J'étais en contrôle, j'étais la seule responsable du plaisir indicible qui se peignait sur ses traits magnifiques.
« La seule… » grommela-t-il en réponse à mes pensées tout en rejetant sa tête en arrière.
Il se laissa aller ainsi quelques minutes, quelques délicieuses minutes hors du temps, seulement rythmées par les mouvements lents de mon bassin guidés par mon envie grandissante.
Mais, soudain, avec un rugissement, il reprit le contrôle des opérations.
« Tu me rends complètement dingue » souffla-t-il alors qu'il empoignait mes jambes pour que je les passe autour de sa taille pendant qu'il se levait à une vitesse inhumaine.
Je poussais un cri mais j'étais bien loin de vouloir me plaindre.
J'aimais inconditionnellement sa fougue et ses emportements. Et le nouvel angle que lui permit se déplacement déclencha en moi une véritable décharge de plaisir.
Alors que je m'attendais à ce qu'il me jette sur le lit, il me porta jusqu'au petit bureau placé sous la fenêtre. Il m'y assit en relevant mes jambes pour qu'elles reposent sur ses épaules. Mon dos se plaqua contre la vitre froide, ce qui m'arracha un second cri. Il reprit alors le rythme en accélérant puis ralentissant le mouvement quand il sentait que mon plaisir montait trop vite à son gout. Mes gémissements se transformèrent rapidement en râles incontrôlés quand je sentis son bas-ventre cogner de plus en plus fort contre mes cuisses.
C'était puissant et sauvage, presque brutal. La table cognait de plus en plus fort contre la vitre et j'eus un moment peur qu'on ne passe au travers.
Il ressentit ça et me souleva à nouveau pour me reconduire sur le lit, toujours profondément ancré en moi.
Quand nos corps heurtèrent la douceur du matelas, tout devint alors différent.
Edward gémit doucement en prenant un rythme plus lent, plus contrôlé et je répondis à ses élans avec la même douceur.
Il plongea les yeux dans les miens.
« Ça fait tellement longtemps que je t'attends… » murmura-t-il sans cesser de bouger ni de me regarder.
Cette phrase, prononcée à cet instant où nous n'aurions pas pu être plus connectés, me chamboula complètement.
« Désolée de t'avoir fait attendre. » réussis-je à articuler entre deux gémissements de plaisir.
Il enfouit sa tête dans mon cou, limitant encore plus l'espace entre nos corps.
« J'attendrais encore un siècle avec plaisir si c'est pour me retrouver ici » dit-il contre mon oreille dont il mordit doucement le lobe, déclenchant les prémices d'un orgasme qui s'annonçait fulgurant dans mes reins.
La vague monta, monta encore et j'étais plus qu'euphorique d'attendre qu'elle me brise.
Il ne lui fallut que deux assauts supplémentaires pour me faire littéralement exploser autour de lui. Et c'est à ce moment que tout fut enfin clair : il était fait pour moi, tout comme j'étais faite pour lui.
Allongée sur sa poitrine, peinant à reprendre mon souffle, je laissai cette idée s'ancrer profondément en moi.
L'univers avait probablement ses propres règles.
Mais je fus immédiatement convaincue que rien n'était arrivé par hasard. Il était écrit, quelque part, qu'Edward et moi devions nous trouver et nous aimer inconditionnellement. Une passion telle que celle-ci ne pourrait se satisfaire de la durée d'une vie humaine. Et j'avais la chance, en devenant comme Edward, de pouvoir la vivre plus longtemps.
« L'éternité… Nous aurons toute l'éternité. » murmura-t-il à mon oreille avant de m'embrasser en me serrant tendrement contre lui, juste avant que je ne sombre s'en pouvoir m'en empêcher dans les limbes du sommeil, certaine qu'il serait là à mon réveil.
Bon...
Voilà voilà...
Maintenant je stresse à mort.
Je vous en prie, dites moi ce que vous en avez pensé!
Je vous embrasse fort
Lily
ps: je m'excuse d'avance pour la future attente. Je pars pour une semaine et demi dans ma famille donc je ne pourrai pas écrire avant une quinzaine de jours. J'espère pouvoir publier le prochain chapitre dans 3 semaines au plus tard. Il en reste 2 normalement, plus un ou deux épilogues.
