Youhou ! C'est qui qu'est en avance ?

C'est lily ;-)

Enfin, vous le méritez amplement il faut dire parce que vous avez été encore une fois merveilleuses avec toutes vos reviews. On n'a pas atteint l'objectif des 600 mais j'ai bon espoir cette fois puisqu'il n'en manque que 20.

Brnice : je suis contente que tu aimes cette partie parce que, à l'origine, elle ne devait pas être aussi longue et, comme d'hab, je me suis laissée emportée. Donc ça fait plaisir de savoir que mes délires ne sont pas si mauvais. Merci à toi !

Jess : Merci ! La suite arrive.

Laau : Tu es en vacances alors ? Profites-en bien ^-^ Je suis contente de t'avoir surprise sur le dernier chapitre ! Quant à retirer ma fic du site, il n'en est pas question. Je considère qu'elle vous appartient autant qu'à moi car je ne serais jamais arrivée si près de la fin sans vous. Plein de bisous !

Julie : Merci. Pauvre Jessica effectivement… et encore…

Cel :j'espère apaiser ta frustration en publiant un peu plus vite ! biz

La voyeuse : côté dangerosité d'Edward, je crois que le chapitre qui arrive devrait te plaire (sinon j'ai loupé mon effet). D'ailleurs, tu verras que, autant le début de cette fic montrait effectivement le chemin qu'Edward était prêt à faire pour être plus sage et se rapprocher de Bella, autant la fin va montrer que Bella peut aussi assumer la part de violence qu'elle a en elle. J'espère que ça te plaira et j'ai hâte d'avoir ton avis, du coup. Biz

Flopy69 : ma Flopy ! Je suis contente que tu aies aimé le sort que j'ai réservé à Jacob :-) A bientôt. Bisous

Sandry : Oui, Edward va effectivement être très mal dans ce chapitre. J'espère que j'aurais réussi à faire passer ce que je voulais et que vous ressentirez son désarroi mais aussi sa rage. Biz

Celia : Merci pour ta review ! Bisous

Guest (1) : ça y est ! ça arrive :-)

Guest (Loriane) : tout lu en 3 jours ! Wahou ! Je te remercie vraiment sincèrement de l'intérêt que tu portes à mon histoire. C'est très important pour moi. J'espère avoir de tes nouvelles pour les prochains chapitres ! Biz

Crystal : Toi aussi tu es une nouvelle venue et je te souhaite la bienvenue dans cette histoire ! Merci à toi pour ta review. Par contre, ne lis peut-être pas ce chapitre non plus du coup…

J'adore répondre à vos reviews ! Merci pour tout !

Alors, après la ribambelle de remerciements, place à l'histoire.

Entrez avec moi dans la tête d'Edward (ça faisait longtemps). J'ai essayé de donner une atmosphère particulière à ce chapitre. Je voulais qu'on ressente la panique, mais aussi la folie qui vont l'envahir et faire ressortir certains de ses plus bas instincts (je sais que vous aimez ça les filles !). Alors j'espère que j'aurais réussi car ce n'est pas un pari facile à relever.

Par contre, autant que je vous avertisse tout de suite : toutes celles qui m'ont traitée de sadique sur le dernier chapitre, je pense que vous allez encore me détester.

Mais moi je vous aime quand même !

Bisous

Lily


Tous les personnages appartiennent à Stephenie Meyer.


Chapitre 26- Crawl

Pov Edward

« Comment cela a-t-il pu arriver, Alice ? »

Ma voix était tellement tendue à travers mes dents serrées que je ne la reconnus même pas.

Elle claqua pourtant dans le silence qui suivit le cri de rage que j'avais poussé en découvrant en même temps qu'elle la vision horrible qui venait de frapper ma sœur.

« Calme-toi, Edward ! » m'ordonna Jasper d'une voix plaintive, les émotions trop fortes qui me submergeaient l'engloutissant également.

« Alice ! » hurlai-je.

Elle était debout, immobile, le regard perdu depuis des secondes interminables, tentant de refouler les images mais elles l'assaillaient tout de même.

Bella…

Bella s'écroulant sur un sol sombre et suintant…

Bella se tordant par terre, sans défense…

Et ce sang… tout ce sang…

Ma tête allait exploser et l'air brûlait mes poumons.

Je reculai, frappé par chaque vision comme jamais je ne l'avais été par qui que ce soit. Et chaque coup faisait grandir en moi un sentiment atroce et nouveau : la panique.

J'avais déjà connu l'angoisse ou la peur mais ça…

La terreur circulait maintenant dans tout mon corps comme si elle avait remplacé mon sang, pulsant à travers mes veines jusque dans le moindre de mes nerfs.

Je saisis le dossier d'une chaise qui craqua sous mes doigts avant que je ne le réduise en miette en un fracas sans même m'en rendre compte.

Le bruit ramena à la vie Alice qui me jeta un regard effrayé et plein d'incompréhension.

« Edward… je ne comprends pas… » bredouilla-t-elle.

« Tu m'as assuré qu'elle ne risquait rien. » hurlai-je en faisant voler à travers la pièce un morceau de bois de la structure du siège qui alla percuter un mur avec un bruit de tonnerre.

« Elle ne devait courir aucun danger en plein soleil. » se défendit ma sœur, agrippant ses cheveux à pleine main. « Comment cela a-t-il pu arriver ? Comment cela a-t-il pu m'échapper ?»

Elle semblait aussi désemparée que moi mais sa peine ne pouvait pas même atteindre un dixième de ce que je ressentais à cet instant. Et cela empira quand le corps d'Alice plia sous le coup d'une nouvelle vision.

J'eus vaguement conscience que Rose venait la soutenir par les épaules avant que les images n'envahissent mon cerveau.

Il faisait sombre. Il faisait froid.

Bella était portée, inconsciente jusque sur une vieille chaise rougie à laquelle un homme l'attachait, marquant la peau si fine et délicate de ses poignets.

Un grondement de rage se construisit au plus profond de ma gorge et je n'eus conscience que mes genoux pliaient que quand l'un d'eux heurta le sol.

L'homme leva la main bien haut et l'abattit une première fois sur le visage de Bella. Sa tête partit tellement brusquement en arrière sous la puissance du choc qu'elle alla cogner contre le mur derrière elle.

J'entendis le son ignoble que cela fit comme si j'y étais.

Mon grondement se mua en un cri de rage et de souffrance.

L'homme leva la main encore une fois et l'abattit avec la même violence.

Cette fois, la lèvre inférieure de Bella se fendit sous le coup et elle ouvrit les yeux. Son regard vitreux sonda la pièce puis s'écarquilla de frayeur en découvrant l'homme en face d'elle. Il sourit d'abord puis éclata d'un rire sadique quand ma belle commença à essayer de se défaire de ses liens. Sans succès.

« Non ! » hurlai-je.

La vision stoppa immédiatement et je me retrouvai comme plongé dans le néant, coupé de toute autre sensation que celle de la terreur froide qui me broyait la poitrine.

« Edward ! »

Emmett me secouait de toutes ses forces et je ne m'en étais même pas rendu compte.

« Edward il faut que tu te reprennes ! »

Je mis une seconde à faire le point sur son visage tourmenté puis sur la scène derrière lui.

Alice, le visage caché dans les mains, était soutenue par Rosalie qui tentait aussi d'une main d'empêcher Jasper de s'effondrer.

« Je ne peux pas… » murmurait-il. « Je ne peux pas… trop de douleur… »

Il ferma fortement les yeux en prenant appui sur ses genoux et, dans la seconde, une vague d'apaisement m'envahit. Sauf que je ne voulais pas être apaisé.

Je voulais tout ressentir.

Bella était là-bas à cause de moi.

Et je voulais qu'ils ressentent aussi toute cette douleur.

Car Bella était dehors à cause d'eux.

Elle était à moi. Jamais je n'aurais dû accepter qu'elle s'éloigne.

Maintenant elle était seule, inaccessible à cette heure du jour. Seule avec cet homme.

Je ne pouvais tolérer qu'on la touche.

Je ne supporterais pas quonl lui fasse du mal.

Elle était à moi ! Et j'étais sien pour toujours.

Personne ne pouvait me l'enlever !

J'emmerdais les lois et le soleil. J'allais sortir et aller la chercher. Je la retrouverais où qu'elle soit et je la ramènerais.

Un nouveau hurlement de rage monta de ma gorge quand je constatai qu'Emmett me maintenait toujours fermement, m'empêchant de bouger, alors que je montrais clairement mon intention de franchir la porte.

« Ne déconne pas Edward. » gronda-t-il, tendu. « Tu ne peux pas sortir en plein soleil.

- Ce n'est pas toi qui va m'en empêcher. » répondis-je en me dégageant rapidement par un habile mouvement et en passant brutalement un de ses bras dans son dos pour l'immobiliser.

Mais Emmett était un adversaire redoutable et je n'étais pas en pleine possession de mes moyens. Il retourna donc à nouveau la situation en me projetant sur le côté puis en enserrant mon cou dans l'étau de son bras droit.

Il m'aurait assurément brisé la nuque si j'avais été plus fragile car il ne retenait plus sa force. Cela n'avait plus rien à voir avec les combats plus ou moins amicaux auxquels nous nous livrions couramment pour passer le temps. Il voulait vraiment me maitriser et me battre.

J'usai de toute ma puissance pour le déséquilibrer et réussir à me dégager en le faisant basculer par-dessus mon épaule, m'ouvrant ainsi un passage vers la sortie.

Je me précipitai vers la porte quand un poids me heurta de plein fouet dans le dos, me faisant m'écrouler de tout mon long sur le parquet de l'entrée. J'eus alors beau me débattre, plusieurs paires de mains s'emparèrent de mes jambes et de mes bras pour m'immobiliser, face contre terre.

Mais je n'avais pas dit mon dernier mot. Je ruai furieusement pour désarçonner celui de mes frères et sœurs qui pesait sur mon dos.

« Edward, stop ! » cria Rosalie à mon oreille. « Ton attitude n'aide en rien !

- Laissez-moi sortir ! » hurlai-je, me débattant toujours de toutes mes forces

« Te faire prendre ne la sauvera pas. » objecta Jasper qui semblait avoir repris un peu du poil de la bête.

Il n'avait pas vu ce que j'avais vu. Il ne pouvait pas savoir. Bella allait mourir dans cette cave si je ne partais pas à sa recherche sur le champ.

« Elle ne va pas mourir ! » s'écria Alice sur ma droite pour couvrir le vacarme de mes grondements et des râles d'efforts de ma famille.

Je m'immobilisai immédiatement.

Comment pouvait-elle dire ça ? Après ce que nous venions de voir tous les deux.

« Celui qui la retient ne compte pas la tuer… tout de suite » continua-t-elle. « Sinon j'en aurais eu la vision. Tu ne l'aideras pas si tu déclenches la panique en ville. »

Encouragés par mon immobilité, Jasper, Rosalie et Emmett me relâchèrent lentement et se redressèrent, ce que je fis aussi en prenant appui sur mes mains pour me relever souplement d'un bond. Mais mon regard se verrouilla immédiatement sur la porte.

Elle n'était qu'à quelques mètres.

« Edward… » me supplia Alice.

Je tournai alors vers elle un regard plein de rage et de rancœur qu'elle soutint sans ciller.

« Je suis désolée… » poursuivit-elle. « Vraiment désolée. Mais il est clair que Tanya et Alec ne sont pas responsables de l'enlèvement de Bella. Pas directement en tout cas… Je me concentrais uniquement sur eux.»

Elle avait raison. Dans un éclair de lucidité, je me souvins où j'avais déjà vu le visage du tortionnaire de Bella car il avait plané dans l'esprit de cette femme, Charlotte, quand elle avait évoqué un certain Viktor, grand patron de la mafia russe à Seattle.

Charlotte en avait peur et j'avais compris qu'il était un de ces dangers liés au métier de Bella et de ce qu'elle avait fait par le passé.

Un nouveau frisson de panique descendit le long de mon dos. Je n'avais pas su la protéger.

Pourtant, je ne pouvais pas croire que ce ne soit pas lié aux derniers évènements. La coïncidence aurait été trop grande. Ce Viktor aurait pu se venger de Bella, quoi qu'elle ait bien pu lui faire, à n'importe quel moment depuis son retour. Elle avait été vulnérable. Alors pourquoi maintenant ?

« Est-ce que quelqu'un veut bien enfin m'expliquer ce qui se passe. » intervint Rosalie.

Je réalisai alors à quel point la scène avait pu être étrange pour Emmett et elle. Tout allait bien il y avait encore quelques minutes à peine puis ça avait dégénéré.

« Où est Bella ? » questionna à son tour Emmett. « Que s'est-il passé ? »

Son ton montrait clairement son inquiétude.

Alice fit un rapide compte rendu de ses visions et tout mon corps trembla, de plus en plus fortement, à mesure qu'elle évoquait ces images insoutenables.

« Et nous sommes coincés ici encore combien de temps ? » s'inquiéta Emmett quand il eut toutes les informations.

Il me semblait qu'il m'aurait empêché de sortir avec beaucoup moins de vigueur s'il avait su ce qui me motivait. Il ne pouvait s'empêcher d'imaginer que quelqu'un s'en prenne à Rose alors qu'il était loin d'elle et cette comparaison le mit dans un état de fureur quasiment comparable au mien.

« Nous devrions pouvoir sortir dans moins d'une heure. » répondit Alice d'une voix faible.

« Une heure ! » hurlai-je. « Mais dieu sait ce qui peut se passer pendant ce temps-là !

- Mes visions ne décrivent jamais le futur immédiat, Edward » tenta Alice. « Ce que j'ai vu n'arrivera que dans quelques minutes… peut-être quelques heures, qui sait.

- Mais tu n'as pas vu que j'allais réussir à l'empêcher. » arguai-je d'une voix amère. « J'arriverais trop tard… »

Les faits étaient là.

Bella avait été enlevée. Son ravisseur allait la livrer à Viktor, car je ne pouvais imaginer que ce soit lui-même qui se soit chargé de cette besogne, et il allait lui faire du mal.

Et je ne pouvais rien y faire… pour l'instant.

Un gout âcre se déversa dans ma bouche.

J'avais été impuissant à la protéger et j'étais maintenant impuissant à la sauver. A la sauver d'un humain qu'il me serait si facile d'écraser comme un insecte, ce que je ferais… même s'il ne l'avait pas encore touchée, juste pour avoir osé y penser.

« Où est-elle ? » demanda Rosalie, visiblement inquiète.

Ma colère envers ma famille s'estompa immédiatement en constatant leurs visages et leurs pensées angoissés. Ils étaient concernés par le sort de Bella. Réellement concernés.

Alice croisa mon regard, me demandant silencieusement si j'avais reconnu l'endroit mais je secouai la tête. Je n'avais vu qu'un mur suintant d'humidité et un sol en béton rugueux, comme dans n'importe quelle cave.

Comme dans n'importe quelle foutue cave !

Je me mis à faire des allers et retour comme un lion en cage, contenant difficilement ma rage, laissant s'égrainer lentement les minutes, totalement conscient que, au même moment, quelque part, quelqu'un avait tout pouvoir sur Bella.

Ma Bella.

Cet simple idée allait me rendre dingue et il n'y aurait qu'un exutoire possible à ma folie.

Je ne tirais un maigre apaisement que dans la certitude que tous ceux qui s'en serait pris à elle allait mourir… et souffrir. De ma main.

Il était grand temps de renouer avec les anciennes habitudes. J'avais été trop sage ces derniers temps, trop négligeant. Et il faudrait que quelqu'un paye.

Il me sembla qu'une éternité s'était écoulée au moment où, enfin, le soleil glissa derrière le plus haut gratte-ciel, me laissant enfin le champ libre pour agir.

Je fus en bas de l'immeuble en une fraction de seconde et je ne pris même pas la peine de m'assurer que ma famille me suivait avant de prendre en courant la direction de Volunteer Park, le seul endroit où j'étais certain qu'elle avait été pour l'inauguration. Je courais tellement vite, évitant les passants sur mon passage, qu'aucun humain n'aurait pu me voir. Et, quand bien même, je n'en avais rien à foutre. Il était hors de question que je perde une seconde de plus en me trainant avec les modes de transport normaux.

Je fus au cœur du parc en à peine une paire de minutes et je m'immobilisai subitement sous un arbre aux abords de la grande esplanade qui avait servi à la cérémonie. Puis je marchai à allure plus humaine vers le centre de l'espace, me faisant violence pour ne pas aller trop vite face aux quelques promeneurs qui étaient toujours là, et je fermai les yeux en inspirant profondément.

L'odeur de Bella me frappa immédiatement, vaporeuse et ténue, mais bien présente. Et un pincement douloureux me vrilla la poitrine. Elle avait été là. Et quelqu'un me l'avais enlevée.

Quand je rouvris les yeux, Emmett et Rosalie étaient à mes côtés et ils m'apprirent que Jasper et Alice commençaient déjà à faire le tour du parc à la recherche de traces plus nettes.

Ils ne disaient pas les mots que leurs esprits ne pouvaient pourtant pas me cacher : Jasper cherchait du sang. Sa nature, toujours légèrement plus sauvage que la nôtre, le rendait particulièrement réceptif au sang. Et Alice en avait vu beaucoup dans sa vision…

Beaucoup trop.

Dans un flash, je revis la tache grandir sur le sol et un grondement m'échappa.

Emmett posa une main qu'il voulait rassurante sur mon épaule mais elle ne me fut d'aucun secours.

« Concentre-toi. » dit-il posément. « Cherche-la. Trouve-la. »

Il avait raison. Si quelqu'un pouvait retrouver Bella, c'était moi. Car son sang me parlait comme à aucun autre de ma race et que son odeur inimitable me mènerait jusqu'à elle. Il fallait que j'aie au moins foi en ça.

Je fermai donc à nouveau les yeux pour humer l'air, cherchant, comme en pleine chasse, où se trouvait ma proie, dans quelle direction elle était partie. Et, quand je fus certain du chemin à prendre, je me mis en marche, peut-être un peu trop rapidement mais c'était le cadet de mes soucis. J'allais encore trop lentement à mon gout de toute façon.

Rose et Emmett sur mes talons, je me mis à courir à travers les allées du parc, remerciant le ciel que cette partie de la ville soit limitée pour les voitures dont les gaz d'échappement auraient rendu ma traque bien plus difficile. Et nous arrivâmes sur Prospect Street.

Là, l'odeur de Bella était mêlée à beaucoup plus d'autres fragrances dégoutantes, mais elle était aussi plus récente, donc je pus la suivre jusqu'à un angle de la rue, devant la terrasse d'un café où là, malheureusement, le passage et la foule firent s'arrêter brusquement la piste.

Je jurai à haute voix et envoyai balader brutalement une chaise d'un violent coup de pied, ce qui me valut des regards apeurés des quelques clients que la tombée de la nuit n'avait pas encore fait rentrer à l'intérieur.

Emmett m'attira à l'écart.

« Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? » demanda-t-il d'une voix inquiète.

Pour toute réponse, j'agrippai furieusement mes cheveux à deux mains, cherchant peut-être à remplacer la panique par la douleur physique. J'étais incapable de réfléchir. Tout ce que je voulais, tout ce que mon corps réclamait, c'était Bella et la revanche, juste et implacable que j'exercerais sur ceux qui me l'avaient prise. Toutes mes pensées étaient tournées dans cette direction.

Bella.

Lesquelles des visions d'Alice étaient-elles déjà devenues réalité ?

J'allais arriver trop tard.

Cette inertie me tuait. Mon impuissance me rendait fou.

De rage, je frappai violemment le mur de brique de l'allée dans laquelle Emmett nous avait attirés mais cela ne me calma pas, je frappai donc encore une fois, puis une autre, lézardant dangereusement le mur.

Je n'entendis donc pas Jasper et Alice approcher à pas rapides.

« Nous avons trouvé quelque chose. » dit Alice, l'air grave.

Sans un mot, nous les suivîmes jusqu'à une ruelle reculée et, immédiatement, je fus assailli par l'odeur du sang.

« Est-ce celui de Bella ? » questionna Rosalie qui l'avait bien senti aussi, comme nous tous.

Tous les regards se tournèrent vers moi mais ils avaient déjà la réponse. Oui. C'était le sang de Bella.

L'odeur était légère, donc il n'y avait pas beaucoup de sang à avoir coulé sur le sol à cet endroit, mais il y en avait eu.

Elle était blessée.

« Jasper pense qu'il y avait une voiture garée à cet endroit et qu'on a dû faire monter Bella dedans.

« Est-ce qu'il peut la suivre. » s'empressa de demander Emmett, m'ôtant les mots de la bouche car j'étais incapable de prononcer un son. « Est-ce que quelques gouttes de sang seront suffisantes pour retrouver cette voiture ?

- La piste est très récente. » répondit Jasper calmement. « Quelques minutes tout au plus. Et le sang de Bella est vraiment particulier. »

Il me vrilla d'un regard incrédule avant de poursuivre.

« Ton odeur se mêle à la sienne, Edward. C'est vraiment étrange. Combien de fois as-tu réussi à la mordre sans la transformer ?

- Jazz ! Ce n'est pas le moment ! » le coupa Alice.

Jasper secoua la tête comme pour se remettre les idées en place.

« Bref. » continua-t-il. « Son odeur est puissante et le temps joue avec nous. Je pense pouvoir la retrouver, oui.

- Alors qu'est-ce qu'on attend ? » s'écria Emmett, tous ses muscles se tendant dans l'appréhension de la course à venir.

Et nous nous remîmes à courir.

Suivre le rythme, plus lent que le mien, de Jasper était une véritable torture. Mais seul lui avait la faculté de nous guider. Et je n'étais déjà plus assez lucide pour chercher la piste du sang de Bella. Je ne pouvais simplement pas penser que quelqu'un l'avait déjà blessée. J'allais devenir fou.

Autour de nous, les immeubles laissèrent peu à peu place aux entrepôts et les brillantes lumières du centre-ville aux éclairages glauques et diffus de la zone portuaire. Nous n'avions plus besoin de slalomer entre les véhicules car il n'y avait plus âme qui vive à cet endroit et à cette heure.

Jasper nous fit stopper contre un autre mur en briques rouges et, dès que le bruit du vent de ma course eut déserté mes oreilles, je l'entendis : le vrombissement bas et régulier d'une voiture à l'arrêt.

Elle était là, à quelques dizaines de mètres, tous feux éteints.

Un homme sortit du côté conducteur et, malgré la pénombre et la distance, je le reconnus parfaitement. C'était le compagnon d'une des amies de Bella, Jessica.

Il avait passé la soirée avec nous la veille mais il m'avait paru tellement insignifiant que je ne lui avais même pas prêté attention. J'avais été bien plus amusé et monopolisé par le petit jeu de Jacob. Je ne me rappelais même pas son nom.

Il était tendu, n'appréciant qu'on lui ait assigné la besogne qu'il s'apprêtait à accomplir : jeter le corps dans le Puget Sound.

Il n'avait pas encore fait le tour de la voiture pour ouvrir le coffre que je l'avais déjà saisi à la gorge pour le plaquer contre son véhicule.

« Mais, bordel, qu'est-ce que… » s'écria-t-il sous l'effet de la surprise.

Puis son regard s'écarquilla quand il me reconnut, même si, dans le noir, mes traits lui paraissaient étrangement différents.

« Edward ? »

Qu'est-ce qu'il fait là ? Comment a-t-il su ?

Je le repoussai brutalement, l'envoyant valser sur quelques mètres jusqu'à ce qu'Emmett l'immobilise à son tour.

Rien n'importait plus pour moi que ce qui se trouvait dans ce coffre devant lequel je n'étais plus capable du moindre mouvement.

L'odeur était là, mêlée à une autre, mais elle était là. Et aucun battement de cœur ne venait cogner à mes oreilles, pas même un très faible battement de cœur. La personne qui se trouvait là-dedans était morte.

Non…

Tous mes muscles se figèrent. La folie était là, prête à m'engloutir totalement, parce que c'était ce qui se passerait si jamais c'était le corps de Bella qui se trouvait là. Je mettrais cette ville à feu et à sang et rien ni personne ne pourrait m'en empêcher jusqu'à ce que les Volturi me tuent. Car il n'y aurait pas d'autre fin possible pour moi.

Il n'y aurait jamais rien d'autre, plus aucun avenir possible sans elle.

Je ne pouvais pas ouvrir. Je ne pouvais pas…

Alice me contourna doucement.

Dans mon dos, le prisonnier d'Emmett se débattait en gémissant. Ses pensées criant son incompréhension.

Ma sœur fit jouer la serrure sans difficulté et le haillon s'ouvrit lentement, révélant le corps exsangue d'une femme, jeune. Ses traits encore légèrement enfantin étaient déformés par de larges hématomes et des croutes de sang séché sur ses lèvres. Cette fille avait dû traverser un calvaire sans nom avant de mourir. Et elle avait dû voir la mort venir lentement alors que son sang s'échappait de son corps par la large coupure qui lui barrait la gorge.

Elle n'avait pas été tuée par quelqu'un de ma race.

On l'avait égorgée.

Le sang avait teinté de rouge sa chevelure blonde.

Blonde…

Jessica…

Je la reconnus malgré les marques infamantes que ses bourreaux avait laissées sur son visage.

Ce n'était pas Bella. Pas Bella…

L'air s'infiltra à nouveau dans mes poumons mais le soulagement que je ressentis fut de courte durée car je reconnus aussi les vêtements. On lui avait mis les vêtements de Bella, c'était de là que venait l'odeur.

On l'avait vidée de son sang pour affadir la sienne et on lui avait passé les vêtements de Bella, sur lesquels une large tâche de sang témoignait que quelqu'un l'avait blessée.

Tout cela était intentionnel. On avait voulu me piéger. On avait voulu m'entrainer sur une fausse piste.

Qui que ce soit qui était derrière tout ça savait pour nous et que le sang nous attirerait à la poursuite de cette voiture.

La rage se déversa à nouveau en moi quand je réalisai que j'avais été manipulé.

Mais j'avais encore une carte en main.

Je me retournai et allai arracher l'homme aux mains de mon frère. Il étouffa un cri quand je l'agrippai par le cou pour plonger mon regard dans le sien.

« Où est-elle ? » grondai-je. « Où est Bella ? »

Il chercha à se dégager de ma poigne, sans succès.

« Je ne vois pas de quoi tu parles… » tenta-t-il de se défendre.

Me prenait-il vraiment pour un con ?

Tu peux toujours courir pour que je te le diset. Je suis un homme mort si je dis quoi que…

Mes doigts se resserrèrent sur sa gorge, coupant le court de ses réflexions. Il sentit alors que quelque chose n'allait pas. Ma main avait trop de force, ma peau était trop froide, et mes yeux…

Qu'est ce qui se passe avec ses yeux ?

Comme pour confirmer ses soupçons, un grondement animal monta de ma poitrine.

L'effet fut immédiat, il se tendit brusquement et se débattit de toutes ses forces mais je le maintenais trop fortement.

« Que lui as-tu fait ? » feulai-je entre mes dents serrées.

La panique se déversait inexorablement en lui, exacerbant ma colère et mon besoin de vengeance.

Ses pensées étaient presque incohérentes maintenant.

Comment a-t-il… J'ai été discret… Qu'est-ce que c'est… oh mon dieu, il n'est pas humain !

« Ne me force pas à me répéter ! » hurlai-je. « Je vais broyer chacun de tes os jusqu'à ce que tu me répondes. Que lui as-tu fait ? »

A cet instant précis, je devins ce qui lui faisait le plus peur sur cette Terre.

« Viktor ! » gémit-il. « Il m'a demandé de la lui amener.

- Pourquoi ? » grondai-je.

« Je ne sais pas ! On ne demande pas à Viktor ses raisons. On lui obéit, c'est tout. »

Ses mains tentaient toujours de desserrer la mienne. Il commençait à manquer d'air. Je sentais avec une joie presque sadique la pression sanguine sous mes doigts.

Combien de fois avais-je plongé mes yeux dans un regard comme le sien : effrayé mais conscient que j'étais l'inévitable punition pour ses crimes ?

J'aurais pu le tuer maintenant mais il ne m'avait pas appris ce que je voulais savoir. On m'avait peut-être orienté intentionnellement vers lui mais c'était alors sans se douter que je pourrais lire en lui la moindre chose qu'il voudrait me taire. Les humains ne pouvaient pas résister à mon pouvoir.

« Où l'as-tu conduite ? » tonnai-je sans relâcher la pression sur sa gorge.

Je revis dans ses pensées la même pièce que dans les visions d'Alice, sombre et humide. Je revis Bella sur la chaise sur laquelle il venait à peine d'égorger son amie. Je vis qu'il n'avait amené Jessica à Viktor que parce qu'elle avait commencé à trouver louche le fait qu'il pose tant de questions sur Bella alors qu'il la raccompagnait chez elle la veille au soir. Je vis comme il avait décidé d'employer la manière forte pour qu'elle lui apprenne tout ce qui pourrait lui être utile à piéger Bella…

Il avait essayé de préparer son coup minutieusement mais avait revu ses plans au dernier moment quand il était tombé sur elle à l'inauguration. Il y avait vu une chance inespérée et avait contacté Viktor immédiatement qui lui avait donné l'adresse où la conduire sans qu'elle ne se doute de rien.

Il avait drogué son verre.

Il l'avait portée.

Il l'avait blessée.

Il l'avait déshabillée.

Il l'avait touchée.

Un autre grondement bestial roula dans ma poitrine et mes doigts se resserrèrent sans que j'en eu conscience. Il émit un râle de douleur et de panique qui me fit à nouveau focaliser mon attention sur lui.

« Je ne peux pas te le dire… » gémit-il, ses yeux commençant à se révulser dans ses orbites.

Ce fut pourtant à ce moment que vint l'image que j'attendais. Il ne voulait pas me dire où je pourrais trouver Viktor mais, alors qu'il regrettait de lui avoir obéit, il repensa à cette entrevue lors de laquelle le slave lui avait donné ses ordres. Il se revit dans cette alcôve sombre, assis sur un siège tapissé de velours noir, il ressentait encore le rythme de la musique et l'odeur de la fumée du cigare…

Je savais où trouver Viktor.

Je connaissais cet endroit car j'y étais déjà allé.

Comment avais-je pu ne pas faire le lien ?

« Le Breaking Dawn… » murmurai-je.

« Comment as-tu… » geignit l'humain.

Mais je le relâchai brusquement et il s'écroula en toussant sur le bitume à mes pieds

« Tu crois qu'elle est là-bas ? » demanda Emmett en s'approchant

Je hochai la tête.

Mais, déjà, toute mon attention se portait à nouveau sur la masse tremblante au sol. Si je voyais juste, Viktor n'était pas le seul ennemi contre qui je devrais me battre. La coïncidence aurait été trop grande que la menace vienne d'un club à vampires sans pour autant qu'aucun de ma race n'y soit mêlé. Il allait me falloir être fort et j'avais là l'occasion de faire d'une pierre deux coups.

Car il était hors de question que cet homme, cet insecte qui avait souillé ma Bella, sorte vivant de cette ruelle.

Alice agrippa le bras de Jasper pour le tirer en arrière au moment où je fis un pas vers l'homme à genou. Mon ombre, projetée au sol par l'unique réverbère dans mon dos, le recouvrit complètement.

« Tu n'aurais jamais dû t'approcher d'elle. » grondai-je.

Il se retourna en tremblant et leva une main comme pour m'empêcher d'approcher. Ses yeux passèrent sur chacun des membres de ma famille, cherchant un soutien qu'il ne trouva pas. Pas un ne bougea pour lui venir en aide.

« Ne m'approche pas ! » hurla-t-il. « Je vais tout te dire !

- Tu n'as plus rien à m'apprendre. »

Il n'eut pas le temps de se relever que je l'attrapai par le col pour le hisser à ma hauteur et l'immobilisai d'un seul geste. Je ne mis aucune douceur dans mes gestes quand je me jetai sur sa gorge et que je perçai sa peau avec mes crocs.

Le sang afflua dans ma bouche, pulsé violemment dans ses artères par la panique, chargé d'adrénaline, et j'affermis encore ma prise sur ses bras.

Un râle monta de sa gorge mais je ne relâchai rien, mes doigts meurtrissant sa peau alors que j'aspirai inexorablement sa vie hors de son corps.

Quand il trembla une dernière fois et que son corps s'affaissa finalement avec la dernière goutte, je le laissai glisser à terre et, d'un seul mouvement du pied, je le projetai jusque dans l'eau, sans aucun remords.

Je regardai une seconde l'onde se propager sur la surface du fleuve en essuyant du pouce une goutte que je sentais couler de mes lèvres puis je me retournai vers ma famille.

Je n'avais pas le souvenir qu'ils aient jamais été témoins d'une de mes exécutions mais il n'y avait aucun jugement dans leurs pensées. Ils avaient tous déjà tué et seraient tous prêts à le refaire pour protéger celui ou celle qui importait plus que tout.

C'était ce que Bella était pour moi et ils le savaient.

Le Breaking Dawn était à l'autre bout de la ville et il nous fallut quelques minutes pour l'atteindre.

« Il va falloir être prudent. » dit Alice en me retenant par le bras alors que j'avançai vers l'entrée d'un pas déterminé. « Nous entrons ici chez les Volturi.

- Ils sont loin. » objecta Emmett en commençant à avancer.

« Mais ce sont eux qui dirigent indirectement tous ces club. » contra Alice. « Nous devons donc garder à l'esprit que nous ne pouvons pas faire d'esclandre.

- On a enlevé ma compagne ! » grondai-je. « J'ai le droit de mettre cet endroit à feu et à sang si je veux.

« Pas au risque de dévoiler ta nature, Edward. » répliqua ma sœur. « Suis-je la seule à avoir peur que tout ça ne soit qu'un piège ? »

Je restai muet.

Evidemment j'y avais pensé.

J'y pensais depuis le départ.

Tanya et Alec s'en étaient pris aux proches de Bella puis on n'avait plus trouvé aucune trace d'eux. Sans le cliché que Bella avait pris, nous n'aurions jamais su qu'il s'agissait d'eux mais Tanya semblait presque poser sur cette photo. Elle s'était laissé photographier à dessein. Elle voulait qu'on sache qu'elle était là et que c'était elle qui avait tué Maria et Laurent.

Sa transformation si rapide puis son départ et celui d'Alec de Volterra pour venir spécifiquement à Seattle alors qu'elle était en pleine transition était forcément lié à ma compagne et à moi et aux conditions qui avaient entrainé notre départ de la cité interdite.

Nous avions défié Aro et froissé sa fierté.

Mais les lois de notre race étaient claires : aucun vampire, pas même Aro, ne pouvait s'en prendre à la compagne d'un autre vampire sans un motif valable, même si elle était encore humaine. Malgré son désir de nous soumettre, notre souverain était pieds et poings liés par ses propres règles.

J'avais cru que la menace viendrait de Tanya. Pourtant, elle n'avait pas été assez folle pour s'en prendre à Bella directement.

Faire entrer Viktor, un humain, dans l'équation était une façon détournée de s'en prendre à elle et de me faire commettre un faux pas. On ne pourrait pas me punir d'avoir tué cet humain, mais on me punirait si mon comportement mettait notre secret en danger, quelle qu'en soit la raison.

Aro aurait gagné.

Mais je n'allais pas être si bête pour me laisser piéger ainsi. Je ne commettrais aucun faux pas et toutes mes actions violentes seraient parfaitement justifiables. Surtout avec ma famille pour témoigner.

« Alec pourrait être à l'intérieur Edward. » renchérit Alice, visiblement inquiète. « Et, si c'est le cas, je ne verrai plus rien. »

Alec avait effectivement ce pouvoir de brouiller les perceptions, spirituelles et sensorielles. Il aurait donc aussi le pouvoir de nous séparer les uns des autres, ou de me cacher Bella, comme il l'avait fait une fois à Volterra. Mais il était hors de question que j'attende une minute de plus.

« J'entre Alice. Piège ou non. Bella est quelque part là-dedans. »

Le rythme lancinant des basses accompagna mes pas sous le porche du club et je n'eus pas besoin de me retourner pour sentir qu'ils me suivaient tous, prêts à supporter avec moi les conséquences de cette histoire.

A peine entré dans la grande salle, je sentis l'odeur capiteuse et persistante du sang venant des alcôves fermées sous les arcades. Plusieurs regards se tournèrent vers nous. Les lumières stroboscopiques éclairaient des visages, dessinaient des corps en mouvement sur la piste.

Le club était bondé, ce qui ne nous rendrait pas la tâche facile.

Il me fallait trouver Viktor ou bien un accès vers les sous-sols. Mais, pour ça, il allait me falloir traverser cette foule.

Un regard suffit à ma famille et moi pour comprendre qu'il nous fallait nous séparer. Emmett et Rosalie partirent vers les alcôves, Jasper et Alice entreprirent de longer le bar. Quant à moi, j'allais traverser la fosse pour atteindre les portes séparant la salle des locaux privés.

La musique était assourdissante et lascive, comme souvent dans ce genre d'endroit. J'évitai autant que possible les contacts avec les corps chauds et enlacés qui évoluaient sur la piste mais les regards et les pensées m'assaillaient de tous côtés. Je ne voulais pourtant pas m'en couper au cas où j'aurais perçu celles que je recherchais.

J'étais à peu près à mi-chemin quand une main froide s'enroula autour de mon biceps et m'immobilisa.

« Tu t'es fait attendre. » susurra une voix suave à mon oreille.

Et Tanya enlaça ses bras autour de ma nuque pour venir se coller à moi, son corps ondulant contre le mien au rythme de la musique.

Son regard était glacé et rouge carmin, tout comme ses lèvres qui s'étirèrent en un sourire lascif.

« Tu as l'air surpris de me voir. » minauda-t-elle. « Je pensais pourtant que tu avais repéré ma présence. Est-ce que rien n'est pas sensé échapper à cette jolie tête ? »

Elle accompagna ses mots d'une caresse dans mes cheveux.

Je saisis sa main pour la retirer. Elle resta un moment immobile puis, sans cesser de sourire, elle rapprocha à nouveau son bras, sans aucun effort visible alors que je mettais une grande partie de ma force à essayer de la maintenir éloignée.

Elle était forte. Plus forte que moi.

« Voyons Edward. Ne gâche pas nos retrouvailles.

- Où est Bella ? » grondai-je.

Elle sourit encore plus en approchant de moi pour souffler sur mon oreille. Son corps était trop proche du mien. Elle me dégoutait.

« Danse avec moi. » dit-elle en recommençant à onduler contre moi, m'entrainant contre mon gré dans un balancement lent.

« Où est Bella ? » insistai-je, ma tension parfaitement perceptible dans ma voix.

Elle rit d'un rire espiègle.

« On s'en fiche ! » s'exclama-t-elle joyeusement. « Ce n'est qu'une humaine.

- Ce que tu étais encore il n'y a pas si longtemps. » rétorquai-je d'une voix glaciale.

« Et dieu merci, Alec m'a enfin transformée. On ne peut pas dire que tu m'auras beaucoup aidée. Maintenant, on joue dans la même cour toi et moi. »

Une de ses mains dériva dans mon dos jusque sur mes reins et je me raidis.

« Et j'aimerais vraiment voir de quoi tu es capable quand tu n'as pas à te retenir de me briser. » continua-t-elle, la bouche toujours trop près de mon oreille.

« Tu es à Alec. » répliquai-je.

«Je ne suis plus la propriété de personne. Je suis libre de choisir qui je veux maintenant et il ne me plait pas autant que toi. Et je sais que tu as aimé chaque instant que tu as passé avec moi. On pourrait remettre ça… »

Je reculai d'un pas et elle me laissa faire, le regard amusé.

Je sondai la salle et ne vis aucune trace de mes frères et sœurs où que ce soit. J'espérai qu'ils aient trouvé un passage. Il fallait que je me débarrasse de cette folle, sans faire une scène, ce qui ne serait pas facile.

« Je suis à Bella. » dis-je calmement.

Elle éclata de rire.

« Comment ça ? Edward Cullen entiché d'une humaine fragile et insignifiante ? C'est trop drôle ! Alors c'est vrai ce qu'on raconte ? Tu t'es transformé en gentil petit chien pour elle ?

- Elle au moins ne s'est jamais prostituée pour devenir immortelle. »

Le regard de Tanya devint froid subitement.

« C'est bien dommage pour elle. » répliqua-t-elle froidement. « Trop attendre ne lui aura pas réussi.

- Où est- elle ? » demandai-je à nouveau, sentant la panique reprendre possession de moi à toute vitesse.

Tanya leva les mains innocemment.

« Comment le saurai-je ? N'est-elle pas intouchable ?

- Ne joue pas à ça avec moi ! » m'écriai-je par-dessus la musique. « Où est-elle ? »

Son sourire était cruel quand elle se remit à danser en se détournant de moi, attirant tous les regards masculins autour de nous. Je réalisai alors qu'elle avait été une diversion, une façon de me faire perdre du temps. Je fermai les yeux pour écouter, à la recherche de ce cœur que j'avais tant appris à connaitre.

Mais rien.

Soit Bella n'était pas là, soit, comme je le craignais, Alec me coupait d'elle.

Enragé, je sondai à nouveau la pièce du regard.

A travers la foule, j'aperçus alors la porte que je cherchai. Celle barrée d'un écriteau indiquant qu'on n'avait pas le droit de la franchir.

Au diable mes promesses, je me mis à courir, fendant la foule moins dense dans cette partie du club et ouvrit la porte rapidement pour m'engouffrer dans un couloir sombre.

Deux options s'offraient à moi. Une porte donnait directement sur le bureau de la direction mais je savais déjà que la pièce était vide. Il me restait l'escalier qui descendait vers le niveau inférieur et c'était exactement ce que je cherchais.

Je ne pris pas le temps de tenter de faire savoir à ma famille où j'allais. Si Bella était ici, elle serait en bas.

Je descendis donc les marches quatre à quatre vers la réserve, sombre et humide, encombrée de futs de bière et de bouteilles d'alcool en tout genre.

Le silence qui régnait là était anormal. Même la musique était assourdie comme si on avait emprisonné cette cave sous une immense cloche de verre.

Alec avait ce pouvoir. Et si j'en ressentais l'influence, c'est qu'il savait que j'étais là et que je me jetais probablement dans la gueule du loup.

Mais cela signifiait aussi que j'approchai du but, forcément. Bella était là, quelque part, et elle avait besoin de moi.

J'avançai jusqu'à la seule et unique porte qui fermait le fond de la réserve, reconnaissant déjà au sol le même béton que j'avais vu dans les visions d'Alice. Je brisai le verrou d'un geste brusque et fut immédiatement assailli par les effluves, métallique et capiteuse du sang.

Ma vue se brouilla, et je n'entendis subitement plus le moindre son, pas même celui de ma propre respiration erratique.

Le sens suivant dont je fus privé fut l'odorat, mais il était trop tard. Le souvenir de l'odeur du sang de Bella était imprégné en moi et je la cherchai en plissant les yeux.

Dans un coin sombre, appuyée contre un mur, la tête penchée en avant de telle manière que ses cheveux tombaient en un épais rideau sur son visage, Bella était assise sur une chaise en bois vermoulue. Les liens entravant ses bras nus avaient été desserrés, comme si elle n'avait plus besoin d'être attachée. Comme si il était déjà trop tard.

La brume obscurcissant ma vision s'intensifia.

Alec…

J'avais entendu raconter à quel point son don pouvait paralyser mais je n'avais pas imaginé un seul instant que me retrouver coupé de mes sensations m'affaiblirait autant. Privé de la majorité de mes repères, je ne m'accrochai plus qu'à la silhouette de Bella et au besoin urgent de la sortir de là.

Je fis un pas chancelant en avant.

« Bella… » réussis-je à appeler malgré ma désorientation, mais je n'entendais même plus ma propre voix.

J'avais beau résister de toutes mes forces, je ne distinguai plus que des formes maintenant. Mais je vis tout de même la masse de cheveux bruns se relever et deux prunelles brillantes de fièvre se poser sur moi.

La sensation de mon genou heurtant le béton dur et froid du sol fut la dernière que je ressentis avant d'être plongé dans le noir total.


Je vous en prie, ne me haïssez pas trop !

Vous me connaissez, je vous ai promis un happy end même s'il ne serait pas facile à obtenir.

Le prochain chapitre sera probablement le dernier avant les épilogues donc c'était normalement la dernière fois que je vous torturais :)

Quoi qu'il en soit, n'hésitez pas à évacuer vos émotions, quelles qu'elles soient, dans une petite review !

Je vous embrasse.

A très vite.

Lily