Oyé Oyé braves et magnanimes lectrices !

Je vais commencer par m'excuser platement pour le cliff du dernier chapitre (même si j'ai adoré chacune des réactions qu'il a suscitées chez vous !) et, pour être sûre que vous me pardonniez, je vous annonce : LA SUITE.

Crystal : le hasard fait donc bien les choses -) et je suis ravie qu'il t'ait menée jusqu'à ma fic. Voilà le dernier chapitre. Du coup, tu n'auras pas attendu trop longtemps. Biz

La voyeuse : Tu me mets la pression ! J'espère que la réaction d'Edward sera à ton gout. Bisous .

Sandry : toutes les réponses à tes questions arrivent ! biz

Flopy69 : Non, je n'ai pas pris de cours, ça me vient tout seul Tu crois que je devrais m'inquiéter ? lol. Je t'embrasse !

Cel : y a vraiment pas de quoi me remercier. Ça me semble naturel de répondre à celles qui prennent le temps de me laisser un message. Ça fait partie aussi du plaisir de l'écriture. Et oui, la fin arrive, snif !

So06 :oui oui, j'accepte les gros mots comme les petits -) Bisous.

Guest : Tu es la seule à ne pas m'avoir trouvée trop sadique sur le dernier chapitre. Ça change ! Merci à toi. Biz

On approche dangereusement de la fin mes amies…

Donc je profite encore de l'occasion pour vous envoyer des tonnes de bises et de remerciements pour tout ce que vous avez fait pour cette histoire !

Allez hop !

On se retrouve en bas.

Je vous embrasse.

Lily

Les personnages appartiennent à Stephenie Meyer


Chapitre 27- Follow me down

Pov Bella

Un flash de douleur dans ma tête me fit ouvrir les yeux. Et, en même temps que mes sens se remettaient doucement à fonctionner, je sentis le gout du sang dans ma bouche, métallique et écœurant.

Puis la douleur se diffusa dans mes bras jusqu'à mes poignets qui me brûlaient.

J'ouvris péniblement les yeux.

Le monde était flou, tinté de rouge et de noir. Ma tête vacillait car j'avais du mal à la porter. J'avais l'impression qu'elle pesait des tonnes et que ma bouche était remplie de coton.

Mais, petit à petit, les formes incertaines devant moi devinrent plus nettes et, à travers la brume de mon réveil, je fixai sans le reconnaitre le visage face à moi, mes yeux tentant de faire le point sur son sourire et la dent en or bien visible sur le devant. J'avais déjà vu ce sourire qui me donnait froid dans le dos.

Viktor.

La compréhension me tira brusquement de ma torpeur et je me raidis sur mon siège, essayant de me lever. Mais la douleur cuisante dans mes poignets me fit comprendre que chacune de mes mains était solidement attachée par un câble qui avait déjà entaillé en partie ma peau. Je sentais le sang gouter lentement dans mes paumes engourdies. Mais je me débattis tout de même, faisant dangereusement trembler la vieille chaise en bois sur laquelle j'étais assise.

Le sourire abjecte de mon bourreau s'élargit encore plus.

« Enfin de retour parmi nous… » ironisa-t-il avec son accent slave à couper au couteau.

« Laisse-moi partir ! » crachai-je, ce qui lui fit échapper un éclat de rire.

« Tu me connais mieux que ça, Isabella. » répondit-il en caressant ma joue que je reculais vivement, déclenchant une nouvelle décharge de douleur dans ma tête. « Et j'attends ce moment depuis si longtemps. »

Je serrai les dents.

J'avais toujours eu vaguement peur qu'il s'en prenne à moi après ce que mon article lui avait fait perdre. Mais je savais aussi qu'il n'était pas assez fou pour ça. Les soupçons se seraient immédiatement tournés vers lui.

« Tu seras le premier suspect quand on se rendra compte que j'ai disparue. » menaçai-je, sachant bien que ça ne m'aiderait pas vraiment.

Il sourit encore plus franchement.

« La donne a changé ma jolie… Tu as énervé des gens beaucoup plus puissants que moi. » dit-il en caressant mes lèvres de son pouce au gout de tabac froid. « On ne punit pas le messager. »

Prise d'un élan de rage à son contact, je ruai furieusement de mes jambes qui n'étaient pas attachées, espérant l'atteindre dans un endroit qui lui ferait particulièrement mal. Mais il se recula en riant, m'évitant facilement.

Je réalisai alors que mes jambes étaient nues. Elles étaient nues parce que je portais une jupe.

J'étais certaine d'avoir mis un pantalon pour me rendre à l'inauguration… et cette jupe m'était curieusement familière, tout comme le logo du tee-shirt rouge que je découvris en baissant les yeux, même si je n'en reconnaissais pas la couleur.

« Mais… Qu'est-ce que… » bredouillai-je, refusant de comprendre ce que mon cerveau venait de réaliser.

« Tu aimes ta nouvelle tenue ? Te dévêtir a été une vraie partie plaisir. » se moqua Viktor. « Bien plus que de dessaper ta copine. »

Jessica…

Mon souffle se fit court et une terreur glacée se répandit dans mes membres.

Jessica. J'entendais encore ce cri horrible qui avait percé mes oreilles avant que je ne m'évanouisse pour de bon.

Ce sadique avait échangé mes vêtements avec ceux de Jess. Pourquoi ?

Et pourquoi… pourquoi son tee-shirt était-il rouge maintenant ?

Je me mordis durement les lèvres pour ne pas hurler quand je sentis plus nettement l'humidité du tissu sous les mouvements saccadés de ma poitrine.

« Que lui avez-vous fait ? » soufflai-je, au bord d'un nouvel évanouissement.

Viktor me toisa d'un regard mauvais.

« Je l'ai saigné comme une truie. » dit-il d'un ton sec.

Une nausée me tordit le ventre et je fermai durement les yeux.

Jess était morte… à cause de moi… encore une de mes amies était morte à cause de moi.

A cause de moi !

Un cri de rage déchira ma gorge et je tirai une nouvelle fois de toutes mes forces sur les liens qui me maintenaient captive. Viktor s'approcha alors de moi d'un pas rapide et saisit mes cheveux à pleine main pour les tirer en arrière, bloquant mon cri dans ma gorge.

Son visage était trop proche du mien. Son souffle balaya mon visage avant qu'il ne se penche à mon oreille.

« Débats-toi tant que tu veux, ma belle. Personne ne t'entendra crier là où nous sommes. J'ai encore de longues minutes à partager avec toi avant que la nuit ne tombe et que je doive te remettre à mes commanditaires. J'adore les femmes expressives. »

Il relâcha brutalement ma tignasse en envoyant ma tête en avant.

La bile me monta à la gorge. S'il faisait encore jour, j'étais fichue. Edward ne me retrouverait pas à temps.

Edward…

Alice avait déjà dû voir ce qui se passait. Edward devait être au courant…

Sa sœur ne lui cacherait aucune de ses visions. Je fus prise d'un haut le cœur en imaginant dans quel état cela plongerait mon amant de me voir dans cet état… Il allait être dévasté… et enragé.

Viktor eut un sourire pervers en découvrant mon air paniqué, ce qui raviva la colère en moi.

Je savais que j'allais passer un sale quart d'heure. Mais je n'allais pas donner à ce connard la satisfaction de me voir le supplier.

Et je ne voulais pas qu'Edward voit ça.

Je crachai au sol un mélange de salive et de sang.

« J'aurais dû me douter que tu n'avais pas les couilles de t'en prendre à moi tout seul. » persiflai-je, lui faisant ravaler une seconde son sourire.

Je ne récoltai pourtant en échange qu'une formidable gifle qui envoya une nouvelle fois ma tête cogner contre le mur et déclencha un nouveau vertige.

J'étais trop faible. Je ne tiendrais pas longtemps à ce rythme.

J'étais presque essoufflée quand je plongeai à nouveau un regard déterminé dans le sien.

Sans me quitter des yeux, il déboutonna la veste de son costume et la retira pour la poser sur une autre chaise dans un coin. Il sortit également une arme d'un holster qui ceignait sa poitrine et la tourna un instant dans sa main.

J'étais une fille de flic. Je savais reconnaitre un Beretta 9 millimètres quand j'en voyais un.

J'éclatai donc d'un faible rire sans joie.

« Je t'imaginai plus créatif. » me moquai-je, consciente que je ne faisais que jeter de l'huile sur le feu.

Il me renvoya un regard mauvais et posa son arme sur sa veste avant d'approcher de moi.

« Tu sais que j'ai imaginé des centaines de fois comment je pourrais m'y prendre pour te faire payer, Isabella ? »

Ma bouche se plissa de dédain.

« En ce qui me concerne, je n'ai plus pensé à toi une seule fois. » crachai-je.

Il s'agenouilla à côté de moi, son odeur m'écœurant encore plus que ne le faisait sa simple vision.

« Je n'y crois pas une seule seconde… » murmura-t-il à mon oreille. « N'est-ce pas toi qui a envoyé la cubaine poser des questions un peu partout ? »

Maria.

Je fermai les yeux en serrant les dents pour ne pas hurler ou me mettre à pleurer. Je savais bien que c'était également ma faute si elle s'était retrouvée mêlée à cette histoire.

Viktor attrapa une mèche de mes cheveux qu'il replaça derrière mon oreille.

« J'ai regretté de ne pas pouvoir la saigner moi-même. » continua-t-il. « Mais je ne peux rien refuser à certains de mes associés et je la leur ai laissée. Tout comme je vais devoir te livrer à eux tout à l'heure. »

Ses associés ?

Maria avait été tuée par un vampire.

Viktor était au courant de tout !

Evidemment. Il gérait le Breaking Dawn… Comment avais-je pu être aussi conne ?

J'avais pensé être à l'abri en sortant en journée sans protection mais je n'avais pas pensé aux alliés humains que pouvaient trouver Alec et Tanya dans cette ville.

J'étais sonnée, dégoutée et ma rage redoubla en pensant que, si j'avais été plus prudente, si je l'avais écouté, je serais encore dans les bras rassurants d'Edward à l'heure qu'il était.

Edward…

De quelle folie serait-il capable quand il découvrirait ce qui m'était arrivé ?

« Heureusement pour moi, ils n'ont pas précisé que je devais te remettre en bon état. » souffla-t-il contre mon oreille.

Il allait me livrer à Alec et Tanya qui pourraient faire de moi ce qu'ils voudraient sans témoins puisque les Cullen ne seraient pas là pour m'aider et ne les auraient pas vus m'enlever…

Tout était gâché.

J'avais tout gâché.

Malgré moi, une larme roula le long de ma joue que mon bourreau essuya d'un doigt en appuyant un peu trop fort sur ma peau. Je grimaçai de dégout.

« C'est ça, pleure Isabella. Et crie autant que tu veux. Ne me fais pas regretter de ne pas avoir le droit de te tuer. »

J'eus beau m'y être préparée, le premier coup me pris par surprise.

Dans mon malheur, j'avais au moins la chance que Viktor soit un homme vigoureux, car au sixième, je sombrais à nouveau dans l'inconscience.

oOoOo

La sonnerie d'une alarme de téléphone.

Le bois d'une chaise qui racle contre le béton.

Mon cerveau enregistra ces bruits les uns après les autres sans les comprendre à travers la douleur lancinante dans ma tête et dans mes bras.

Puis cette voix détestable.

« Il est l'heure… Dodo soleil. »

Et puis à nouveau, plus rien.

oOoOo

« Vous l'avez salement amochée… dommage… » dit une voix masculine veloutée et séduisante au fort accent britannique.

J'essayai sans succès de relever la tête. J'avais mal… tellement mal…

« Cette salope m'a poussé à bout. » répliqua le slave. « Je n'ai pas réussi à lui arraché un cri, ni même une supplique. Rien. »

Un léger rire raisonna en écho dans la pièce.

« Ça ne m'étonne pas. De bien des manières, mademoiselle Swan est une femme à la fois surprenante et horripilante… Mais je vous en prie, continuez. Nous avons encore un peu de temps devant nous avant que tous les acteurs de notre petite comédie ne se mettent en place. Je vais m'installer ici.»

J'entendis distinctement le cliquetis d'un zippo puis sentis la fumée âcre du cigare.

Les semelles des chaussures italiennes résonnèrent dans le silence, s'approchant dangereusement de moi.

Une main releva ma jupe et la brûlure sur ma cuisse me fit trembler de tous mes membres.

Je n'avais plus la force…

Alors je sombrai à nouveau.

oOoOo

La porte s'ouvrit dans un fracas qui perça les brumes de mon coma.

Et une odeur très particulière vint chatouiller mes narines.

Je rêvais, forcément. Comment m'aurait-il retrouvée ? Il ne pouvait pas être là… J'allais mourir ici.

Pourtant…

« Bella… »

Sa voix était faible mais je l'entendis parfaitement et elle me redonna courage. Il était venu me chercher. Il m'avait retrouvée.

Il me fallut beaucoup de force pour repousser les limbes qui embrumaient mon esprit et redresser la tête.

Je croisai son regard mais il devint immédiatement flou alors qu'il s'écroulait au sol, comme s'il était un pantin dont on aurait brusquement coupé les fils.

« Edward… » appelai-je faiblement.

Mais il ne réagit pas. Ses yeux ouverts fixaient le vide et il restait immobile comme si on l'avait privé de tous ses sens et de toute son énergie d'un seul coup.

« Edward ! » criai-je, la panique réveillant immédiatement mon corps endolori.

Un éclat de rire attira mon attention sur le côté. Viktor regardait la silhouette au sol d'un air à la fois incrédule et craintif.

« Dites-donc, c'est très au point votre truc ! » s'exclama-t-il.

Il alla pousser du pied le torse d'Edward qui s'écroula sur le dos, sans réaction.

D'un coin sombre de la pièce, un autre éclat de rire se fit entendre mais je ne parvins pas à distinguer qui que ce soit.

De toute façon, mon attention fut immédiatement détournée par un mouvement près de la porte. Viktor, visiblement effrayé, recula lentement pour s'éloigner car notre petite réunion comptait maintenant une nouvelle participante.

Tanya.

Elle me vrilla de son regard écarlate avant de me gratifier d'un sourire et d'enjamber sensuellement le corps d'Edward.

« Bonsoir, Bella. »

Je plissai les lèvres pour ne pas laisser voir mon désespoir.

Je devinais parfaitement ce qui était en train de se passer. Alec était là, caché dans l'ombre de cette cave et venait de rendre Edward impuissant, le coupant totalement du monde extérieur. Et je me doutais que, de la même manière, il devait nous soustraire aux radars d'Alice ou à la perception des Cullen.

Nous étions seuls.

J'étais seule face à cette folle qui me toisait, le sourire aux lèvres.

Tanya était déjà une belle femme de son vivant, mais je devais bien admettre que, n'eussent été ces yeux flippants, elle était à couper le souffle, comme si sa transformation avait naturellement exacerbé sa beauté et sa perfection. Mais je n'étais pas dupe une seconde, c'était la beauté du diable et j'étais à sa merci.

« Tu ne me dis pas bonjour ? » demanda-t-elle d'un air faussement attristé. « Tu n'es pas heureuse de me voir ? »

Je déglutis avec peine tant ma gorge était sèche et le gout du sang répugnant dans ma bouche.

« Bonsoir Tanya. » répondis-je d'une voix rauque. « Tu as l'air en forme.

- J'aimerais en dire autant de toi. » dit-elle en affichant un sourire carnassier. « Mais, ma pauvre, tu es affreuse. »

Je souris faiblement.

« Tu m'excuseras mais les conditions d'accueil ici sont vraiment déplorables. » ironisai-je, ne sachant pas trop où je trouvais la force de ne pas juste m'évanouir à nouveau pour ne plus la voir.

Mes yeux se posèrent sur le corps étendu d'Edward.

Elle me venait de là.

Je ne voulais pas qu'il souffre plus que nécessaire. Si je devais mourir ici et qu'il se réveillait pour trouver mon cadavre, il deviendrait fou et je le savais assez irréfléchi pour être capable de vouloir exercer sa vengeance jusqu'à Volterra. Ce serait alors la fin de tout.

Je devais soit essayer de trouver un moyen de nous sortir de là, soit pousser Tanya suffisamment à bout pour qu'elle me tue elle-même et que mon meurtre soit clairement l'œuvre d'un vampire. Nous avions avec mes photos des preuves de sa présence à Seattle. Si ma mort était liée à un vampire, les Cullen pourraient peut-être obtenir justice et Edward une sorte d'apaisement.

Mon cœur saignait à l'idée de ce qu'il ressentirait à son réveil.

Je ne voulais pas qu'il souffre.

Mais je ne voyais pas comment l'éviter.

« Pauvre chérie… » se plaignit Tanya, ramenant mon attention sur elle. « Ça doit être vraiment difficile de se rendre compte qu'on n'a pas été à la hauteur.

- Je ne vois pas ce que tu veux dire… » murmurai-je.

« Regarde-nous ! » s'exclama-t-elle en embrassant l'espace entre nous avec ses bras graciles. « Qui aurait cru il y a quelques semaines, quand tu as enjôlé Edward et que tu m'as replongée en enfer, que nous en serions là aujourd'hui ? Moi vampire et puissante, toi tremblante et faible. »

Un sourire mauvais étira ses lèvres carmines.

Bon sang, elle était toujours aussi folle. Je n'avais jamais souhaité ce qui lui été arrivé. Mais j'étais fatiguée de le répéter.

« J'avais plus de valeur que toi en tant qu'humaine. » la contrai-je. « Devenir vampire t'a simplement rendue plus forte, pas plus intéressante. »

Son sourire se fana et sa bouche se crispa en un rictus de colère. Cela me poussa à continuer.

« C'est moi qu'Edward a choisie. Tu voulais l'immortalité ? Grand bien te fasse. Tu as eu ce que tu voulais. Mais je suis celle qui a vraiment gagné dans cette histoire. »

Tout son corps trembla sous l'effet de la colère et elle fit un pas vers moi.

Un grondement de désapprobation nous parvint depuis le coin sombre dans lequel je supposais qu'Alec se tenait invisible et Tanya se figea mais son regard meurtrier ne me quittait pas.

Pourquoi son maitre ne se montrait-il pas ?

« Tu vas crever Swan. » gronda-t-elle d'une voix menaçante. « Et ton cher Edward regrettera tellement de ne pas avoir pu te sauver à temps que ça le perdra. Une fois qu'il sera prisonnier à Volterra, j'aurais l'éternité pour l'aider à t'oublier. »

Je me crispai sur ma chaise.

« Il ne pardonnera jamais. » répondis-je d'une voix tendue.

Elle éclata de rire, ne voulant pas entendre ce que je lui disais.

Il m'avait fallu du temps mais j'avais fini par comprendre ce lien qui m'unissait à Edward et je savais qu'il ne se briserait pas, même à travers la mort.

J'étais « la sua cantante », unie à lui par une sorte de force mystique. L'amour que je lui portais et qu'il me rendait était plus fort que nous et ne serait jamais égalé.

Je savais que je n'aurais plus été capable de survivre sans lui maintenant que j'avais réalisé cela et, subitement, alors que mon regard perdu se posait une nouvelle fois sur son corps, je priai intérieurement pour que lui en soit capable.

Il fallait que je lui dise qu'il ne devrait pas se venger, qu'il devrait se préserver, se protéger, survivre.

Mais comment ?

Serrant les dents, au bord des larmes tant ma frustration était grande de ne pas pouvoir lui dire ces mots, de ne pas pouvoir le serrer dans mes bras avant que tout ne s'arrête, je recommençai à tirer furieusement sur les liens qui retenaient mes poignets, indifférente à la douleur dans mes bras et dans mes mains.

Tanya rit à nouveau, se repaissant de ma souffrance et de ma peine que je ne pouvais plus cacher.

« Détache-la ! » ordonna-t-elle alors à Viktor qui était allé se faire oublier dans un coin, le plus éloigné des vampires qui étaient probablement trop nombreux à son gout.

Il mit un temps à réagir.

« Tu es sourd ? » s'impatienta Tanya. « Je t'ai dit de la détacher. Elle semble avoir envie de se dégourdir les jambes. Et elle ne m'échappera pas de toute façon. »

Viktor s'approcha d'un pas tremblant et, faisant jaillir la lame d'un couteau à cran d'arrêt, trancha les câbles d'un coup sec.

« Tu sais qu'ils te tueront aussi, n'est-ce pas ? » murmurai-je alors qu'il était tout près de moi.

Je ne voulais pas lui offrir une échappatoire, mais seulement lui faire comprendre l'évidence. Si le plan de mes bourreaux était de me tuer sans être ouvertement impliqués, ils supprimeraient sans remords tous les témoins.

Le regard du russe, paniqué, croisa le mien, résigné.

La tête basse, je massai mes poignets. Les liens avaient entaillés ma chair et du sang séchait déjà à l'intérieur de mes mains mais mes doigts retrouvèrent petit à petit leur mobilité. Pour mes jambes, c'était une autre histoire. Le froid et l'immobilité m'avaient complètement engourdie

« Lève-toi » m'imposa pourtant Tanya « Je veux voir une dernière fois à quel point tu es insignifiante. »

Sans lever les yeux vers elle, mes cheveux faisant un rideau devant mon visage, je pris appuis sur ma chaise pour me redresser et je perdis l'équilibre.

Tanya rit encore une fois de ma faiblesse. Cela me galvanisa et mon orgueil reprit le dessus. Comme avec Viktor, je ne lui donnerais pas la satisfaction de me soumettre. Jamais.

Chancelante, je me redressai donc complètement puis relevai le menton pour la regarder sans peur ni honte.

Elle écarquilla les yeux et cessa de sourire. Ce fut alors à mon tour d'avoir la satisfaction de la surprendre.

Regarde-moi, poufiasse. Vois comme je n'ai pas peur de toi.

Un grondement monta de sa poitrine, auquel répondit immédiatement un autre rugissement venant de la pénombre. Je réalisai alors l'évidence : Alec ne voulait pas qu'elle me tue. C'était probablement la raison pour laquelle Viktor était encore en vie. Pour que leur plan réussisse, il fallait que je meure de la main d'un humain. Ils ne m'avaient maintenue en vie jusqu'à la nuit que pour satisfaire le besoin sadique de Tanya et pour mener les Cullen jusqu'ici, pour qu'ils confirment que le russe serait responsable de ma mort.

Mais Tanya ne me toucherait pas.

Elle ne pouvait pas me toucher car son maitre lui tenait la bride et l'en empêcherait.

Forte de cette nouvelle certitude, je me ruai sur le corps d'Edward et enserrai ses épaules, caressai son visage, plongeai dans son regard vide.

« Edward ! Edward, je t'en supplie. Si tu m'entends, tu dois me promettre de ne pas chercher à me venger. Edward, tu dois vivre. Ne les laisse pas gagner. Edward ! »

Ses paupières battirent une fois mais son corps resta immobile.

Je tenais toujours sa main quand une poigne forte me tira en arrière par les cheveux.

Je hurlai et me débattis comme je pouvais, mais je refusai de le lâcher. Il était ma seule raison de me battre. Je ne laisserais personne me l'arracher.

Tout se passa alors très vite.

En une fraction de seconde, mon corps fut soulevé dans les airs et je me retrouvai enveloppée dans l'ombre protectrice qui se dressa entre moi et Tanya dont le corps, brutalement projeté en arrière, alla s'écraser contre le mur du fond.

Le souffle coupé, je posai mes deux mains à plat sur le tissu du tee-shirt noir que j'avais moi-même passé sur le torse d'Edward ce matin.

Je ne savais pas comment c'était possible. Mais je l'avais réveillé.

OoOoO

Pov Edward :

Cette voix.

Ce fut la première à traverser le mur qui me retenait captif à l'intérieur de moi-même, tout à fait conscient que je devais être complètement vulnérable au milieu de cette cave. Mais ce n'était pas ce qui me rendait dingue.

Piégé dans mon propre corps, incapable de bouger, de voir, d'entendre, de ressentir physiquement, la folie prenait petit à petit possession de moi car j'avais vu Bella. Elle était là, à quelques mètres, blessée et je ne pouvais pas l'atteindre !

Mais cette voix.

« … Edward ! Edward, si tu m'entends… »

Je t'entends ma belle. Je t'entends !

Mon corps refusait toujours de m'obéir et la rage grandissait en moi.

« … Ne les laisse pas gagner Edward ! »

Les images parvinrent alors subitement à nouveau jusqu'à mon cerveau. Je vis le visage marbré de larmes et de traces de coups de Bella, et je ressentis la chaleur de ses doigts, enserrant furieusement ma paume.

Puis vinrent les cris qui finirent définitivement de me sortir de la transe hypnotique dans laquelle me plongeait le pouvoir d'Alec.

Je ne savais pas comment c'était possible, mais c'était là. Bella m'avait ramené à elle et je rugis en détachant brutalement la main qui lui maintenait les cheveux, envoyant valser le corps de son assaillante à travers la pièce.

Les pensées furent alors les suivantes à envahir ma tête.

comment est-ce possible ? Jamais personne n'a résisté à mon pouvoir…

Alec.

Je sentais sa présence et je sentis aussi l'effort qu'il fit pour tenter de me soumettre à nouveau à sa volonté, mais, enveloppé dans la chaleur que diffusait dans tout mon corps les mains de Bella posées dans mon dos, son pouvoir s'avéra encore une fois inefficace.

impossible…

Le dôme invisible qui enveloppait la cave sembla s'effilocher d'un coup sous l'effet de sa surprise, m'ouvrant alors immédiatement d'autres esprits, affolés. Ceux de ma famille qui ne comprenait pas comment j'avais pu tout simplement disparaitre.

« Nous sommes en bas ! » m'écriai-je, sachant pertinemment qu'ils allaient m'entendre malgré les voix et la musique qui parvenaient de nouveau jusqu'à nous.

Maintenant j'allais faire mon affaire d'Alec et de Tanya. Ils allaient payer pour ce qu'ils avaient osé faire à Bella.

Quant à l'humain tremblant et transpirant qui se terrait dans un coin et portait sur les mains l'odeur du sang de ma belle, il verrait bien assez vite son tour venir. Je le vrillais d'un regard noir en grondant tout en dévoilant mes crocs, ce qui eut pour effet qu'il se recroquevilla encore plus sur lui-même.

Personne ne quitterait cette cave vivant.

Tanya me prit pourtant au dépourvu en se jetant sur moi et je roulai au sol, loin de Bella, emporté par la violence du choc.

Elle était forte, mais j'étais rapide. Je ne devais surtout pas la laisser m'enlacer sinon j'étais perdu.

Je me redressai donc en une fraction de seconde et l'envoyai reculer sur quelques mètres d'un violent coup de pied.

Profitant de la confusion, je sentis sans le voir Alec quitter la pièce à toute allure.

« Non ! » hurlai-je, ne voulant pas le laisser s'échapper avant l'arrivée de ma famille qui pourrait ainsi témoigner de son implication.

Pourtant, le geste que j'amorçai pour le retenir fut stoppé par une nouvelle attaque furieuse de Tanya. Rugissante, elle se jeta sur moi, toutes griffes dehors et je parvins à l'éviter une première fois en roulant sur une chaise qui se fracassa sous mon poids.

« Edward ! » cria Bella, complètement paniquée.

Je levai la main vers elle pour lui faire comprendre de rester éloignée le plus possible mais cette seconde de distraction me perdit. D'un formidable coup porté à ma poitrine, Tanya me projeta contre le mur de pierres puis se jeta à nouveau sur moi alors que je tombai à genou sur le sol dur. Il lui suffit d'une fraction de seconde pour enjamber mon corps et saisir mon cou qu'elle compressa entre son bras replié et une main ferme qui fit plier ma tête dans un angle douloureux.

Le fin craquement caractéristique résonna dans mes oreilles.

Non. Ça ne pouvait pas se terminer comme ça.

Je ne pouvais pas la laisser gagner si facilement.

Je tentai de me redresser, de lui faire perdre l'équilibre mais rien n'y fit. Elle était trop forte pour moi et raffermit encore sa prise sur ma tête. Je savais qu'il lui suffirait de tirer un coup sec pour la détacher de mon corps et tout serait fini.

« Quel dommage, Edward… » susurra-t-elle à mon oreille. « Tu vas mourir pour une humaine. »

Je me débattis encore sans plus de succès.

« J'espère au moins qu'elle en valait la peine.

- Plus que tu ne l'auras jamais fait. » grondai-je, les mots ayant du mal à franchir mes lèvres tant elle comprimait ma gorge.

Elle feula de colère et commença à tirer ma tête en arrière, me faisant ressentir, pour la première fois, une réelle douleur et une émotion que je ne connaissais pas : la peur de la mort. La peur de mourir et de laisser Bella toute seule.

Je ruai désespérément encore une fois mais je savais que c'était inutile. Elle ne lâcherait pas prise.

Et ce fut là que je la sentis, forte et irrésistible.

L'odeur du sang.

OoOoO

Pov Bella :

Je distinguai à peine les mouvements, percevant les grondements animaux et les fracas plus que les images mais tout se figea soudain.

Contre le mur, près de la porte, Edward venait de tomber et Tanya enserrait son cou dans une étreinte meurtrière.

Elle se pencha pour murmurer à son oreille des paroles que je ne pus entendre, tout comme je n'entendis pas les mots qui franchirent les lèvres d'Edward mais je compris au regard qu'il me lança qu'il s'apprêtait à être vaincu, même s'il se débattait toujours comme un beau diable.

Tanya était trop forte. Elle allait le tuer.

Non !

Je savais que les nouveaux nés étaient plus forts que les vampires matures. Je savais que leur étreinte était fatale la plupart du temps. Mais je savais aussi qu'il y avait un besoin qui dominait tous les autres.

Celui du sang.

Je pouvais lui faire lâcher prise.

Le sentiment d'urgence qui se déversa en moi fit s'envoler toutes mes peurs et je retrouvai le couteau à cran d'arrêt que Viktor avait laissé au pied de la chaise où j'avais vécu mon supplice et, sans réfléchir, j'entaillai profondément mon bras.

Je ne ressentis aucune douleur, juste la chaleur du sang qui coula abondamment le long de ma peau. Il en fallait beaucoup pour couvrir les effluves persistants qui devaient déjà stagner dans la pièce.

Tanya se figea et siffla entre ses dents, ses lèvres se retroussant immédiatement sur ses canines alors qu'elle fixait son regard noir sur moi.

Ce fut la porte de sortie que j'offris à Edward et il en profita pour la faire basculer violemment par-dessus sa tête.

Le corps de la blonde percuta le sol avec un bruit sourd.

Au même moment, la porte s'ouvrit à la volée et Emmett apparut sur le seuil. Il ne lui fallut qu'un regard à peine pour comprendre la situation et il alla immédiatement aider Edward qui maintenait Tanya au sol tant bien que mal. Dans la seconde qui suivit, ils furent rejoints par Jasper et Rosalie qui se saisirent chacun d'un bras de Tanya qui hurlait et ruait dans tous les sens.

Alice se matérialisa à mes côtés et soutint mes épaules tout en levant mon bras pour examiner ma blessure. Elle arracha rapidement un lambeau à son tee-shirt hors de prix et banda serré ma plaie pour stopper l'hémorragie.

Je sentis la douleur et la pression, mais j'étais hypnotisée par la scène qui se jouait devant moi.

Les Cullen avaient redressée Tanya sur ses jambes. Elle grondait et se débattait comme une furie mais, malgré toute sa force, elle ne faisait pas le poids contre ses quatre adversaires qui, le regard grave, ne prononçaient pas un mot mais semblaient répéter un balai parfaitement maitrisé.

Rosalie et Jasper maintenait les bras de la vampire. Emmett la fit plier vers l'avant sans aucun effort et elle tomba à genou devant Edward qui, droit et distant, s'approcha sans aucune émotion visible sur son visage autre qu'un profond dédain. Puis il se saisit de la tête de sa victime, comme elle l'avait maintenu quelques secondes à peine plus tôt, et fit brutalement volte-face.

Il y eut un bruit de métal brisé puis le choc, sourd et répugnant, de la tête qui roula sur le sol.

Les Cullen lâchèrent prise et le corps suivit le même chemin, s'affalant sur le béton, soudain flasque et fragile.

Je n'arrivais plus à respirer et mon cœur battait à tout rompre alors que je fixai la chevelure blonde d'un regard vide.

« Bella… » m'appela tout doucement la voix d'Edward dans le silence pesant.

Je restai sans réaction.

« Bella, est-ce que ça va. »

Il ne m'approchait pas. Tout s'était figé comme si chaque personne présente dans cette pièce s'attendait à ce que je fasse une crise. Moi la pauvre petite humaine fragile qu'on venait d'enlever, de torturer et qui venait d'assister à l'exécution de celle qui avait menacé de la tuer à peine quelques minutes plus tôt.

Tous attendaient, comme suspendus dans l'espace, que je fasse quelque chose, que je m'enfuis en hurlant.

Enfin presque tous.

Du coin de l'œil, je vis Viktor se redresser et tenter d'atteindre la sortie pour s'enfuir comme le rat qu'il était.

Il me suffit de tendre le bras pour saisir le flingue qui était resté posé sur la chaise, miraculeusement rescapée du combat qui s'était déroulé ici. Je visai sans hésiter et Viktor s'écroula avant d'avoir atteint la porte, touché à la jambe.

Serrant l'arme dans ma main, je marchai d'un pas assuré vers lui, sous l'œil circonspect des Cullen qui ne firent pourtant rien pour me retenir.

Je me figeai devant Viktor qui, tremblant et gémissant, tenait son mollet par-dessus son pantalon qui se teintait déjà de sombre. Il releva un regard fiévreux vers moi, puis sur les quatre vampires immobiles derrière moi.

« Isy… » supplia-t-il. « Tu n'es pas ce genre de fille… Tu ne me feras pas de mal. »

Mon poing se crispa sur la crosse du revolver. Il fut un temps où il aurait eu raison.

« Tu as tué Jessica. » murmurai-je, le souffle difficile, à travers mes dents serrées. « Tu as fait tuer Maria. Tu allais me tuer, moi. Tu es une pourriture.»

Il tenta de ramper un arrière mais fut bloqué par un mur.

Il leva alors les deux mains en signe de reddition.

« Alors livre-moi aux flics ! » s'écria-t-il, pris de panique. « J'avouerais tout ce que tu voudras ! »

Il était pathétique.

« Et je ne dirais jamais rien de ce qui s'est passé ici. » ajouta-t-il, suppliant, en reportant son regard sur mes camarades, ma famille.

La main d'Edward vint se poser sur mon épaule.

Il était là, avec moi. Il était sauf.

J'avais tout vu de lui le bon comme le mauvais. Et j'étais prête à le rejoindre car quelque chose venait de changer en moi.

Un calme apaisant se répandit alors dans tout mon corps et, contre toute attente, je souris, ce qui sembla rassurer Viktor un instant.

« Je pourrais faire ça… » dis-je. « C'est ce que celle que j'étais avant aurait surement fait. Mais je sais que je ne pardonnerais jamais ce que tu as fait. »

Son regard refléta une panique sans nom quand je levai l'arme sans trembler vers son visage.

« Je serais revenue pour te tuer de toute façon. Et, crois-moi, tu souffriras moins si tu meurs aujourd'hui. »

Et je pressai la détente.

Son corps s'affaissa brusquement.

Viktor était mort.

Tanya était morte.

Et Isabella Swan était morte.

Elle était morte dans cette cave où j'avais enfin pleinement accepté celle que j'allais devenir et ce que cela impliquerait.

Et, en me retournant pour plonger mon regard dans celui, sérieux et amoureux du vampire qui m'avait choisie, j'étais certaine d'être prête à affronter la nouvelle vie qu'il m'offrait. Une vie où il n'y aurait plus ni douleur ni peine mais seulement lui et moi, impitoyables et éternels.


Holala le pied que j'ai pris à écrire ce chapitre, moi!

Du coup j'espère vraiment qu'il vous aura plu!

Ce n'est pas encore la fin. Il reste encore un chapitre et un épilogue, donc, à celles qui se réjouissent déjà de la fin de cette aventure, vous allez encore devoir me supporter un petit peu ^-^

Alors, qu'avez-vous pensé de cette délivrance? Pas déçues?

Dites-moi, dites-moi, dites-moi!

Vos reviews sont vraiment importantes pour moi, c'est un cadeau magnifique que vous me faites à chaque fois.

Bisous

Lily

PS: Je ne sais pas si vous avez remarqué que chaque titre de chapitre est un titre de chanson? La musique a une part importante très pour moi dans cette histoire parce que j'ai toujours choisi la bande son de chaque chapitre avant de commencer à l'écrire. Ça participe beaucoup à l'ambiance. Alors, pour celles que ça intéresseraient, voici le lien vers la playlist. I chaque fois 2 morceaux par chapitres. Et, en plus, ça peut vous donner des indices sur les 2 chapitres à venir ;-)

http-:/-/www.-deezer.-com/-playlist-/-894404385 (enlevez les tirets)