Auteur : Youyoulita
Disclamer : Tous les personnages sont à Ryan Murphy & Co et l'histoire ne m'appartient pas je ne fais bien que m'inspirait de Stephanie Meyer.
Résumé : « Tu ne me reverras plus. Je ne reviendrais pas. Poursuis ta vie, je ne m'en mêlerais plus. Ce seras comme je n'avais jamais existé. » Rejeté par celui qu'il aime passionnément, Kurt ne s'en relève pas. Fasciné par un vampire, comment pourrait-il retrouver goût à la pâle existence humaine ? Kurt n'a le goût pour rien sinon le danger. Alors il attend la voix de Blaine, et éprouve l'illusion de sa présence. Comme s'il le l'avait pas abandonné. Kurt échappera-t-il à cette obsession amoureuse qui le hante ? A quel prix ?
Rating : T pour être sûre ^^
Note : Hey hey hey ! Je remercie mes fidèle lectrice(eur ?) comme Eleasasha pour ses reviews, je souhaite la bienvenue à Zariapotter ^^ qu'aux très nombreux anonyme de me lire. En Bref place au chapitre 22 ! ^_^ Bonne lecture !
Chapitre 22
Nicolas nous abandonna dans le joli et rassurant hall d'accueil, où Marion était toujours à son poste, derrière le comptoir lustré. Une musique joyeuse se déversait par des haut-parleurs invisibles.
- Ne partez pas avant la nuit, nous prévint-il.
Blaine acquiesça, et l'autre se dépêcha de retourner à son festin. Marion n'eut pas l'air surprise par l'échange, même si elle me parut jauger le manteau emprunté par Blaine d'un coup d'œil plein de finesse.
- Ça va ? s'inquiéta ce dernier auprès de moi, dans un souffle pour éviter que la femme nous entende.
L'anxiété rendait sa voix rocailleuse, pour peu que le velours puisse l'être. Il avait sans doute du mal à encaisser notre situation.
- Aide-le à s'asseoir avant qu'il défaille, intervint Rachel. Il n'en peut plus.
Ce n'est qu'à cet instant que je m'aperçus que je tremblais, si fort que mes dents s'entrechoquaient, et que la pièce donnait l'impression d'être floue et de tournoyer. Je me demandais brièvement si c'était ce que ressentait Elliott avant de se transformer en loup-garou. Un son me parvint, bizarre, sorte de contrepoint dissonant à la mélodie entraînante qui inondait la pièce. Focalisée sur mes tremblements, je n'aurais su dire d'où il provenait.
- Chut, Kurt, chut, murmura Blaine en m'entraînant vers le canapé le plus éloigné de Marion.
- Il est en train de craquer, tu devrais peut-être le gifler, suggéra Rachel.
Blaine la fusilla du regard. Je compris. Nom d'un chien ! C'était moi qui émettais ce bruit, des sanglots énormes qui montaient de ma poitrine, ceux-là mêmes qui me secouaient de la tête aux pieds.
- Ça va aller, tu es en sécurité, ça va aller, me répétait inlassablement Blaine.
Il me prit sur ses genoux et m'enveloppa dans son manteau de laine pour me protéger de la froideur de sa peau. J'avais conscience de réagir bêtement. Qui savait combien de temps encore j'aurais le loisir de contempler son visage ? Il était sauvé, moi aussi, et il pouvait m'abandonner sitôt que nous serions loin d'ici. Pleurer au point de ne plus être en mesure de me régaler de ses traits adorés était du gâchis, de la folie. Mais, derrière mes paupières, les larmes n'arrivaient pas à effacer l'image de la petite femme brune au rosaire.
- Ces pauvres gens ! m'exclamai-je.
- Je sais, marmonna-t-il.
- C'est atroce.
- Oui. Je regrette que tu ais assisté à ça.
J'appuyai ma tête contre son torse glacé, m'essuyai les yeux avec un pan du manteau, puis je respirai profondément pour essayer de me calmer.
- Désirez-vous que je vous apporte quelque chose ? s'enquit une voix polie.
C'était Marion, penchée par-dessus l'épaule de Blaine, l'air inquiet et cependant détaché. Elle n'était apparemment pas perturbée à l'idée d'approcher son visage à quelques centimètres d'un vampire hostile. Soit elle était complètement inconsciente, soit très professionnelle.
- Non, répondit-il froidement.
Elle opina, sourit et disparut.
- Elle est au courant de ce qui se passe là-bas ? demandai-je après m'être assurée qu'elle ne m'entendait pas.
Je commençai à me ressaisir, à présent.
- Oui.
- Se doute-t-elle qu'ils la tueront un jour ou l'autre ?
- Elle sait que c'est une possibilité.
Je tressaillis, ahuri.
- Elle espère seulement qu'ils décideront de la garder, continua-t-il.
- Elle désire devenir comme eux ? haletai-je.
Il hocha la tête, guettant ma réaction.
- Comment peut-elle souhaiter cela ? chuchotai-je, plus pour moi-même qu'en espérant une réponse. Comment supporte-t-elle de voir ces gens s'engouffrer dans cet endroit maudit et vouloir participer à la... fête ?
Blaine ne releva pas, mais une moue déforma ses traits, comme s'il réagissait à l'une de mes paroles. Je le scrutai en tâchant d'identifier sa grimace quand, brusquement, je me rendis compte de l'endroit où j'étais, blotti dans ses bras (même si ça ne durerait pas), et que je réalisai que, pour l'instant, nous ne risquions plus de mourir.
- Oh, Blaine ! m'écriai-je en me transformant une nouvelle fois en fontaine.
Quel imbécile ! Une fois encore, les larmes m'empêchaient de profiter de sa beauté, c'était inexcusable. Je n'avais que jusqu'au coucher du soleil. Comme dans les contes de fées, la magie finissait toujours par s'évaporer à un moment donné.
- Qu'y a-t-il ? s'inquiéta-t-il en me frottant le dos.
J'enroulai mes bras autour de son cou - que pouvait-il m'infliger ? Une rebuffade ? - et me serrai contre lui.
- Suis-je complètement dérangé d'être heureux en cet instant ?
Il ne me repoussa pas. Au contraire, il m'enlaça plus étroitement, au point de me couper presque le souffle.
- Non, murmura-t-il, je sais exactement ce que tu éprouves. Nous avons des tas de raisons de nous réjouir. Pour commencer, nous sommes en vie.
- Oui. C'est une bonne raison.
- Et réunis, souffla-t-il.
Son haleine était si douce que j'en eus le vertige. Je me bornai à acquiescer à sa dernière phrase, certain qu'elle n'était pas aussi lourde de sens pour lui que pour moi.
- Et, avec un peu de chance, nous serons encore vivants demain.
- Espérons-le.
- Les prévisions vont dans ce sens, intervint Rachel que j'avais presque oublié tant elle avait été discrète. Je dois voir Finn dans moins de vingt-quatre heures, ajouta-t-elle avec satisfaction.
Heureuse Rachel, elle qui pouvait avoir confiance dans son avenir. Quant à moi, je contemplais Blaine sans m'en rassasier, souhaitant par-dessus tout que le futur n'arrive pas, que cette heure dure toujours ou, si c'était impossible, que je meure au moment où elle s'achèverait. Lui me regardait aussi, ses yeux sombres empreints de douceur, et il eût été facile de me dire qu'il ressentait la même chose que moi. C'est donc ce que je fis - semblant -, histoire que l'instant fût plus doux.
- Tu as l'air épuisé, chuchota-t-il en caressant mes cernes d'un doigt.
- Et toi assoiffé, répondis-je en examinant les marques mauves sous ses iris noirs.
- Ce n'est rien.
- Sûr ? Sinon, je m'assois près de Rachel.
Proposition hypocrite s'il en était. J'aurais préféré qu'il me tu sur-le-champ plutôt que de m'éloigner d'un millimètre.
- Ne sois pas ridicule ! soupira-t-il en m'effleurant de son souffle. Je n'ai jamais eu un tel contrôle de cet aspect de ma personnalité qu'à cette heure.
J'avais des millions de questions à lui poser. L'une d'elles me brûlait les lèvres en cet instant même, mais je la gardai pour moi. Je ne tenais pas à gâcher ce moment, aussi imparfait fût-il, dans cet endroit qui me rendait malade et sous les yeux d'un futur monstre.
Dans ses bras, il était si simple d'imaginer qu'il voulait bien de moi. Je ne voulais pas réfléchir à ses motivations maintenant - agissait-il ainsi pour que je reste calme jusqu'à ce que nous fussions hors de danger ? Se sentait-il simplement coupable de nous avoir attirés ici et était-il juste soulagé que j'ai échappé à la mort ? Notre séparation avait peut-être été suffisamment longue pour que je ne l'ennuie pas encore. Tout cela ne comptait pas, j'étais bien plus heureuse de faire semblant. Blottie contre lui, muet, je gravais de nouveau ses traits dans ma mémoire, je jouais la comédie...
Lui me détaillait également - tentait-il de mémoriser mon visage ? - tout en discutant avec Rachel des modalités de notre retour. Ils parlaient si vite et si doucement que Marion ne les comprenait pas, j'en étais certain. Moi-même, je loupais la moitié de ce qui se disait. Je saisis cependant qu'un nouveau vol de voiture était au programme, et me demandai vaguement quand le propriétaire de la Porsche récupérerait son bien.
J'étais suffisamment fatigué pour tomber comme une masse, mais je luttais contre le sommeil. Il était exclu que je manque une seconde de ces retrouvailles avec lui. Tout en discutant avec sa sœur, il lui arrivait de se pencher brusquement et de m'embrasser - ses lèvres lisses comme le verre frôlant mes cheveux, mon front, le bout de mon nez. Chaque fois, mon cœur assoupi avait l'impression de recevoir une décharge électrique, et le bruit de ses battements paraissait alors emplir la pièce. C'était le paradis au beau milieu de l'enfer.
J'avais perdu toute notion du temps, si bien que, quand Blaine resserra son étreinte et que lui et Rachel se retournèrent, l'air inquiet, je faillis paniquer. Je me pelotonnai contre Blaine, alors que Jordan, ses prunelles désormais d'un rubis éclatant, franchissait la double porte. Il était cependant porteur de bonnes nouvelles.
- Vous êtes libres de partir, à présent, nous annonça-t-il avec une chaleur qui aurait pu laisser supposer que nous étions des amis de longue date. Nous vous prions juste de ne pas vous attarder en ville.
- Pas de souci, répliqua Blaine sans se donner la peine de dissimuler sa froideur.
Jordan sourit, hocha la tête puis disparut.
- Suivez le couloir de droite jusqu'au bout, vous trouverez des ascenseurs, nous informa Marion, tandis que Blaine m'aidait à me mettre debout. La sortie est deux étages plus bas. Au revoir.
Tout ça, avec une amabilité désarmante. Sa compétence suffirait-elle à la sauver ? En tout cas, Rachel lui lança un regard noir.
Je fus soulagé qu'il existe une autre façon de quitter les lieux. Je ne pensais pas être capable de repartir par les tunnels. Nous filâmes de l'édifice par un hall au luxe de bon goût. Je fus le seul à me retourner pour examiner le château médiéval que dissimulait l'apparente adresse professionnelle. Dieu merci, la tour était invisible de la rue.
Dehors, les festivités battaient toujours leur plein. Les réverbères venaient juste de s'allumer. Le ciel était d'un gris pâle, mais les immeubles étaient tellement collés les uns aux autres qu'on avait le sentiment qu'il faisait plus sombre. À l'instar des réjouissances, d'ailleurs. Le long manteau de Blaine ne jurait guère ce soir-là, contrairement à ce qui se serait passé tout autre jour. D'autres badauds arboraient des capes de satin noir, et les crocs en plastique que j'avais vu un enfant porter sur la place paraissaient très populaires auprès des adultes.
- Ridicule ! marmonna Blaine.
J'allais poser une question à Rachel, quand je constatai qu'elle s'était éclipsée.
- Où est ta sœur ? chuchotai-je avec anxiété.
- Elle est allée chercher vos affaires là où elle les a rangées ce matin.
J'avais oublié ma brosse à dents. Ce rappel me réconforta beaucoup.
- Elle va aussi voler une voiture ? devinai-je.
- Pas avant que nous ne soyons sortis de la ville, rit-il.
Le trajet jusqu'à l'extérieur de l'enceinte me sembla très long. Blaine se doutait que j'étais mort de fatigue, car il me porta presque tout le temps. Lorsque nous franchîmes la grande porte, je frissonnai. L'énorme herse antique qui était relevée m'évoqua la grille d'une cage susceptible de tomber à tout moment et de nous enfermer dans les remparts. Blaine me conduisit en direction d'une auto sombre qui nous attendait dans une flaque d'ombre à deux pas de là, moteur tournant. À ma grande surprise, il se glissa sur la banquette arrière avec moi au lieu d'insister pour prendre le volant.
- Désolée, s'excusa Rachel en désignant vaguement le tableau de bord, je n'ai pas eu beaucoup le choix.
- Ne t'inquiète pas, rigola son frère. On ne peut pas toujours rouler en 911 Turbo.
- Je devrais peut-être songer à m'en procurer une légalement, soupira-t-elle. C'était fabuleux.
- Je t'en offrirai une à Noël.
Rachel le regarda, aux anges, ce qui me flanqua la frousse, car elle dévalait déjà la route sinueuse et sombre.
- Jaune, alors, précisa-t-elle.
Blaine ne desserra pas son étreinte. À l'intérieur de son manteau, j'avais chaud, j'étais bien. Plus que bien.
- Tu peux dormir, maintenant, me murmura-t-il. C'est fini.
- Je ne veux pas. Je n'ai pas sommeil.
Seule cette dernière affirmation était mensongère. Il était hors de question que je ferme les yeux. L'habitacle n'avait beau être que faiblement éclairé par les lumières du tableau de bord, c'était suffisant pour que je visse son visage. Il m'embrassa sous l'oreille, insista.
- Essaie quand même.
Je secouai la tête.
- Tu es toujours aussi têtu, hein ?
Effectivement. Je me bagarrai avec mes paupières lourdes et emportai la bataille. La route nocturne fut le combat le plus difficile, l'aéroport illuminé de Florence plus aisé, d'autant que je profitai de la chance qui s'offrait à moi pour me brosser les dents et enfiler un change propre. Rachel acheta également des vêtements à Blaine, et il abandonna le manteau gris sur une pile d'ordures. Le voyage en avion jusqu'à Rome dura si peu de temps que la fatigue n'eut pas le loisir de me submerger. Je pressentais que le vol entre Rome et Atlanta serait une autre histoire, surtout que Rachel nous avait acheté, une fois encore, des places confortables en première classe. Voilà pourquoi je priai l'hôtesse de m'apporter un Coca.
- Kurt ! me morigéna Blaine.
Il connaissait ma faible résistance à la caféine. Installée derrière nous, Rachel marmottait dans son portable, en pleine conversation avec Finn.
- Je refuse de dormir, protestai-je. Si je ferme les yeux maintenant, des images horribles vont défiler dans ma tête. Je risque d'avoir des cauchemars.
Il ne discuta pas cette excuse à peu près plausible.
C'eût été un moment idéal pour parler et obtenir les réponses dont j'avais besoin - sans en avoir très envie cependant. La perspective de ce que je risquais d'entendre m'emplissait déjà de désespoir. Nous disposions de plusieurs heures devant nous ; il ne pourrait pas m'échapper, dans cet endroit confiné qu'était l'avion. Personne ne nous entendrait, excepté Rachel ; il était tard, la plupart des passagers éteignaient les lampes au-dessus de leur siège et demandaient des oreillers à voix basse ; bavarder m'aiderait à lutter contre l'éreintement.
Pourtant, manœuvre perverse, je retins mon flot d'interrogations. La fatigue amoindrissait sans doute mes capacités de raisonnement. N'empêche, j'espérais qu'en retardant le moment d'une explication, j'en retirerais quelques heures supplémentaires en sa compagnie, j'obtiendrais une autre nuit, telle Schéhérazade.
Bref, je ne cessai de boire des sodas et de lutter contre l'envie même de battre des paupières. De son côté, Blaine semblait pleinement satisfait de me serrer dans ses bras, ses doigts caressant encore et encore mon visage. Geste que je lui rendais, incapable de me retenir, alors que je craignais que cela me blesse, plus tard, quand je me retrouverais seul. Il baisait toujours mes cheveux, mon front, mes poignets... mais jamais mes lèvres, ce qui était bien. Après tout, pouvait-on espérer qu'un cœur estropié fût suffisamment solide pour résister à cela ? Ces derniers jours, j'avais beau avoir survécu à des incidents qui auraient dû m'achever, je n'avais pas l'impression d'être plus fort. Au contraire, je me sentais affreusement fragile, prêt à m'effondrer au moindre mot.
Blaine ne parlait pas, comptant peut-être que son silence m'amènerait à m'endormir. Ou alors, il n'avait rien à dire.
Je remportai mon duel contre le sommeil. J'étais éveillé quand nous arrivâmes à l'aéroport d'Atlanta, et je réussis même à contempler le lever du soleil au-dessus des nuages de Seattle avant que Blaine abaisse le volet. J'étais fièr de moi. Je n'avais pas loupé une minute de nos retrouvailles.
Si ni le frère ni la sœur ne parurent surpris par la délégation qui nous attendait à l'aéroport de Sea-Tac, je fus désarçonné. J'aperçus Finn en premier, alors que lui eut l'air de ne pas me voir du tout, n'ayant d'yeux que pour Rachel. Celle-ci le rejoignit vivement. Ils ne s'enlacèrent pas comme les autres couples qui étaient réunis autour d'eux, se bornant à se fixer l'un l'autre ; pourtant, cet instant fut si intime que je fus obligé de me détourner.
Antony et Sarah patientaient en silence dans un coin tranquille loin des portiques de détection des métaux, à l'ombre d'un grand pilier. Sarah m'attrapa et me serra très fort contre elle, bien que le bras de Blaine emprisonnant toujours ma taille ne facilitât pas la chose.
- Merci, vraiment merci, me chuchota-t-elle à l'oreille.
Puis elle se jeta au cou de son fils et, j'eus l'impression qu'elle aurait fondu en larmes, pour peu que cela lui eût été possible, s'entend.
- Ne me refais jamais ça ! lui lança-t-elle, en grognant presque.
- Désolé, maman, s'excusa Blaine avec un sourire repentant.
- Merci, Kurt, me dit Antony. Nous te sommes redevables.
- Mais non, marmonnai-je.
Tout à coup, le manque de sommeil me submergea, et j'eus le sentiment que ma tête et mon corps s'étaient séparés. Sarah gronda Blaine.
- Il dort debout, ramenons-la vite à la maison.
Guère persuadé que la maison était ce que je voulais à cette heure, je titubai, à demi aveuglé, à travers l'aéroport, Blaine me soutenant d'un côté, Sarah de l'autre. J'ignorais si Rachel et Finn nous suivaient, j'étais trop abruti de fatigue pour vérifier. Je pense que j'étais déjà endormi, mais je marchai quand même jusqu'à leur voiture. Mon ébahissement en découvrant Brittany et Santana appuyées contre la voiture noire sous la maigre lumière du parking souterrain me réveilla cependant quelque peu. Blaine se raidit.
- Du calme, murmura Sarah. Elle est très mal.
- Elle peut, répliqua-t-il sans baisser le ton.
- Ce n'est pas sa faute, intervins-je, la voix dénaturée par l'épuisement.
- Laisse-lui une chance de s'amender, le supplia sa mère. Nous monterons avec Rachel et Finn.
Blaine toisa sa vampire de sœur, brune à la beauté presque absurde.
- S'il te plaît, intercédai-je.
Je n'avais pas plus envie que lui de faire le trajet en compagnie de Santana, mais j'avais assez semé la pagaille comme ça entre les Anderson. En soupirant, il m'entraîna vers la voiture. Brittany et Santana s'installèrent à l'avant sans dire un mot. Blaine choisit la banquette arrière une fois encore. Conscient que je ne tenais plus, je rendis les armes et posai la tête contre son torse. La voiture démarra.
- Blaine, commença Santana.
- Je sais, répliqua-t-il sèchement.
- Kurt ? reprit-elle doucement.
Sous le choc, j'ouvris les paupières. C'était la première fois qu'elle s'adressait directement à moi.
- Oui ? dis-je, hésitant.
- Je suis vraiment désolée, Kurt. Je suis malheureuse comme les pierres depuis que cette histoire a commencé, et je te suis extrêmement reconnaissante d'avoir été assez courageux pour sauver mon frère après ce que j'ai fait. Je t'en prie, accepte de me pardonner.
Les paroles, guindées et maladroites, paraissaient sincères.
- Bien sûr, Santana, bredouillai-je.
J'étais trop heureux de saisir une perche qui, peut-être, me rendrait moins détestable à ses yeux.
- Tu n'y es pour rien du tout. C'est moi qui ai sauté de cette fichue falaise. Évidemment, que je te pardonne.
Mes mots me firent l'effet d'une véritable bouillie.
- Ça ne compte pas, il n'est pas conscient, rigola Brittany.
- Je suis parfaitement conscient, rétorquai-je dans un souffle de mourant.
- Laissons-le dormir, insista Blaine, en se dégelant un peu.
Du coup, le silence s'installa, seulement rompu par le ronronnement du moteur. Je dus m'assoupir, parce que, après ce qui me parut à peine quelques secondes, Blaine ouvrit la portière et me porta. Mes paupières refusèrent de se soulever, et je crus que nous étions encore à l'aéroport. C'est alors que j'entendis Burt.
- Kurt ! hurla-t-il.
- Burt, murmurai-je en m'efforçant de m'extirper de ma stupeur.
- Chut ! fit Blaine. Tout va bien. Tu es chez toi, en sécurité. Dors !
- Je suis estomaqué que tu aies le cran de te montrer ici ! beugla Burt au visage de Blaine.
- Arrête, papa, gémis-je.
Mes mots se perdirent dans sa vindicte.
- Qu'est-ce qu'il a ? poursuivit-il.
- Il est juste très fatigué, Burt, le rassura Blaine. Laissez-le se reposer, s'il vous plaît.
- Ne me dis pas ce que je dois faire ! Et donne-le-moi. Bas les pattes !
Blaine voulut me passer à Burt, mais je m'accrochai à lui comme un noyé. Mon père tirait sur mon bras de toutes ses forces.
- Ça suffit, papa ! lançai-je avec plus de force. Si tu dois être en colère, sois-le après moi, ajoutai-je en réussissant à le regarder. Nous étions devant chez lui, la porte était ouverte. Les nuages dans le ciel étaient trop épais pour qu'on pût déterminer l'heure qu'il était.
- Je te garantis que tu n'y couperas pas, me promit-il. Rentre à la maison.
- Bien. Pose-moi, soupirai-je.
Blaine me mit sur mes pieds. Je ne sentais plus mes jambes. Lorsque je tentai d'avancer, le trottoir se rua à ma rencontre, et Blaine me rattrapa avant que je heurte le béton.
- Autorisez-moi au moins à le monter dans sa chambre. Ensuite, je partirai.
- Non ! criai-je, en proie à la panique.
Je n'avais pas encore obtenu mes réponses. Il fallait qu'il reste jusque-là, non ?
- Je ne serai pas loin, me jura-t-il si bas que Burt ne s'en rendit pas compte.
J'ignore si Burt y consentit, mais Blaine m'accompagna à l'intérieur. Je parvins à garder les yeux ouverts jusqu'à l'étage. La dernière chose que je sentis, ce fut les doigts de Blaine qui détachaient les miens de sa chemise.
Et voilà je vous merci de m'avoir lu et vous retrouve Mardi pour la suite ^^
