Auteur : Youyoulita
Disclamer : Tous les personnages sont à Ryan Murphy & Co et l'histoire ne m'appartient pas je ne fais bien que m'inspirait de Stephanie Meyer.
Résumé : « Tu ne me reverras plus. Je ne reviendrais pas. Poursuis ta vie, je ne m'en mêlerais plus. Ce seras comme je n'avais jamais existé. » Rejeté par celui qu'il aime passionnément, Kurt ne s'en relève pas. Fasciné par un vampire, comment pourrait-il retrouver goût à la pâle existence humaine ? Kurt n'a le goût pour rien sinon le danger. Alors il attend la voix de Blaine, et éprouve l'illusion de sa présence. Comme s'il le l'avait pas abandonné. Kurt échappera-t-il à cette obsession amoureuse qui le hante ? A quel prix ?
Rating : T pour être sûre ^^
Note : Hey hey hey ! Je remercie mes fidèle lectrice(eur ?) ^^ ainsi qu'aux très nombreux anonyme.
Eleasasha : Et voilà finalement j'ai pu la poster et je suis très fier de moi je l'avoue (ok ok j'arrête de me jeter des fleur)
Minxy 12 : Je suis très contente que cette fiction te plaise en espérant qu'elle le continue ^^
Je remercie ceux qui continue de me rajoutée dans leur favoris je vous adore ! En Bref place au chapitre 24 le dernier avant l'épilogue! ^_^ Bonne lecture !
Chapitre 24
Il n'était pas content, aucun doute là-dessus. Mais, sans tergiverser davantage, il me prit dans ses bras et sauta agilement par la fenêtre. Il atterrit en bas avec une souplesse de chat. (Bon, à la réflexion, le bond était un peu plus important que je l'avais jaugé.)
- Allez, grimpe sur mon dos, grommela-t-il, rageur.
Sitôt que je fus installé, il décampa. Malgré les mois écoulés depuis la dernière fois, cela ressembla à une routine. Facile. Apparemment, c'était comme le vélo, ça ne s'oubliait pas. Il s'enfonça dans la forêt lourde de silence et d'ombres, le souffle lent et régulier. Seul le vent fouettant mon visage laissait deviner la vitesse à laquelle nous progressions. L'air humide ne me brûlait pas les yeux comme le vent l'avait fait sur la place principale de Volterra, et c'était un soulagement. À l'instar de la nuit d'ailleurs, après cette trop violente clarté italienne. Pareille au plaid épais sous lequel j'avais joué, enfant, l'obscurité était familière et protectrice. Je me rappelai combien courir ainsi dans les bois m'avait effrayé au point d'avoir dû fermer les paupières. À présent, ma réaction me paraissait bête. Menton sur son épaule et joue contre son cou, je gardai les yeux grands ouverts. La vitesse était enivrante. C'était cent fois mieux qu'une moto. J'appuyai mes lèvres contre sa peau à la froideur de pierre.
- Merci, dit-il, tandis que les silhouettes vagues des arbres défilaient autour de nous. Dois-je comprendre que tu as décidé que tu étais bien éveillé ?
Je ris, un bruit aisé et naturel. Juste.
- Pas vraiment, répondis-je. D'ailleurs, je n'essaie pas de me réveiller. Pas cette nuit.
- Un jour ou l'autre, je regagnerai ta confiance, murmura-t-il. Même si ça doit être ma dernière action.
- J'ai confiance en toi, affirmai-je. C'est en moi que je ne crois pas.
- Pardon ?
Il avait ralenti pour se mettre à marcher, maintenant - ce dont je me rendis compte uniquement parce que le vent avait cessé de souffler -, et je devinai que nous n'étions plus très loin de la villa blanche. J'eus même l'impression d'entendre la rivière qui bouillonnait, tout près de nous, quelque part dans la pénombre.
- Eh bien... disons que je ne suis pas sûr d'être... à la hauteur. De te mériter. Rien en moi ne devrait être capable de te retenir.
Il s'arrêta et me remit debout, m'enlaçant tendrement contre lui.
- Ton emprise sur moi est définitive et incassable, chuchota-t-il. N'en doute jamais.
Comment cela était-il possible ? Il reprit.
- Tu ne m'as toujours pas dit...
- Quoi ?
- Quel était ton plus grand souci.
- Devine.
Je caressai son nez du bout du doigt.
- Je suis pire que les Volturi, finit-il par lâcher, morose. J'imagine que j'ai mérité ça.
Je levai les yeux au ciel.
- Le pire que les Volturi puissent faire, c'est me tuer. Toi, tu as le loisir de me quitter. En comparaison, les Volturi, Bree... ce n'est rien.
Malgré l'obscurité, je vis que l'anxiété déformait ses traits, comme quand Claire l'avait torturé des yeux. Je frissonnai, regrettant d'avoir lâché la vérité.
- Ne sois pas triste, chuchotai-je en effleurant son visage.
Il m'offrit un demi-sourire contraint.
- Si j'avais le moyen de te convaincre que je ne t'abandonnerai jamais ! souffla-t-il. J'imagine qu'il ne me reste plus qu'à compter sur l'œuvre du temps, pour ça.
- D'accord, acquiesçai-je, séduit par la perspective des années à venir avec lui.
Comme il paraissait encore malheureux, je passai à une chose plus anodine.
- Puisque tu restes, me rendras-tu mes affaires ? demandai-je en adoptant le ton le plus léger possible.
Il rit - ma ruse avait fonctionné - bien que la mélancolie de son regard persistât.
- Elles sont toujours chez toi. Je t'avais promis la paix et l'oubli, et ça n'a pas été très fair-play de ma part, c'était infantile et idiot même, mais je voulais laisser une trace de moi. Le CD, les photos, les billets d'avion sont dans ta chambre, sous une latte du plancher.
- Quoi ?
Il hocha la tête, visiblement rasséréné par le plaisir que cette annonce me procurait. Cela ne suffit pas cependant à gommer toute trace de chagrin sur ses traits.
- J'ai le sentiment, bien que je n'en sois pas certain, que je m'en doutais depuis le début.
- De quoi donc ?
Je n'avais souhaité, au départ, qu'effacer la tristesse de ses iris, mais je me rendis compte que ma réponse était vraie.
- Une part de moi, mon subconscient peut-être, n'a jamais cessé de croire que tu ne te fichais pas entièrement que je vive ou meure. C'est sûrement pourquoi j'entendais ces voix.
Il y eut un silence.
- Des voix ?
- Juste la tienne. Ce serait un peu long à raconter.
Sa soudaine inquiétude me fit regretter d'avoir abordé le sujet. Allait-il me juger fou, comme tous les autres ? Ceux-là n'avaient-ils d'ailleurs pas raison ? Heureusement, il parut recouvrer son calme.
- J'ai du temps à revendre ! répondit-il.
- C'est aussi assez minable.
Il patientait.
- Tu te souviens de ce que Rachel a dit des sports extrêmes ?
- Tu as sauté d'une falaise pour t'amuser.
- Euh... oui. Avant ça, il y a eu la moto...
- Plaît-il ?
Je le connaissais suffisamment pour deviner que, derrière sa retenue, il bouillait.
- Ah. Il faut croire que Rachel ne t'a pas mis au courant.
- En effet.
- Eh bien... figure-toi que j'ai découvert que... quand je me mettais dans une situation dangereuse ou stupide, mes souvenirs de toi étaient plus clairs, avouai-je en me faisant l'effet d'un débile profond. Je me rappelais ta voix quand tu étais en colère, je l'entendais comme si tu t'étais tenu juste à côté de moi. En général, je m'efforçais de ne pas penser à toi, mais ça, ça n'était pas trop douloureux. Comme si tu ne voulais pas que j'ai mal. Et je me demande si la raison pour laquelle j'arrivais à te percevoir aussi clairement n'était pas, malgré les apparences, que j'avais toujours su que tu n'avais cessé de m'aimer...
Une fois encore, au fur et à mesure qu'elles se dévidaient, mes paroles prenaient une force de conviction réelle. Une authenticité. Au fond de moi, quelque chose reconnaissait la vérité.
- Tu... tu as risqué... ta vie pour... m'entendre ? bégaya-t-il.
- Chut ! Une seconde. Il me semble que je suis en train d'avoir une révélation, là.
Je repensai à la nuit passée à Port Angeles, lorsque j'avais eu ma première hallucination. Deux options s'étaient alors imposées à moi - folie ou expression du désir. Je n'en avais pas envisagé de troisième. Et pourtant... Et si, quand on croyait forcément avoir raison, on passait à côté de la vérité ? Celle-ci était-elle alors réduite au silence ou tentait-elle de s'exprimer malgré tout ? En ce qui me concernait : Blaine m'aimait. Le lien nous unissant ne pouvait être brisé par l'absence, la distance ou le temps. Il avait beau être plus intrigant, plus beau, plus intelligent et plus parfait que moi, il avait lui aussi changé de manière irréversible. Comme je lui appartiendrais toujours, il serait à jamais mien.
Qu'étais-je en train d'essayer de me dire ?
- Oh !
- Kurt ?
- Oh ! D'accord ! Je vois.
- C'est ta révélation ?
- Tu m'aimes ! m'émerveillai-je.
Une fois de plus, la force et la justesse de cette conviction me submergèrent. Malgré l'anxiété de son regard, Blaine me décocha le sourire en coin auquel je ne résistais pas.
- Oui, je t'aime.
Mon cœur enfla au point qu'il parut vouloir échapper à ma cage thoracique, emplissant ma poitrine et bloquant ma gorge si bien que j'en eus le souffle coupé. Il me désirait vraiment comme je le désirais - pour l'éternité. Seule sa crainte pour mon âme, pour l'élément humain qu'il ne voulait pas m'arracher, le rendait aussi désespéré de me maintenir à l'état de mortel. Comparé à la peur qu'il ne veuille pas de moi, cet obstacle - mon âme - semblait presque insignifiant. Il prit mon visage entre ses mains et m'embrassa jusqu'à ce que j'en aie le vertige. Puis il posa son front contre le mien - je n'étais pas le seul à respirer plus fort que d'habitude.
- Tu as été meilleur que moi, à ce petit jeu, finit-il par souffler.
- Quel jeu ?
- Survivre. Toi, au moins, tu as fait des efforts. Tu t'es levé le matin, as essayé de te comporter normalement avec Burt, tu as suivi le canevas bien ordonné de ton existence. Moi, quand je ne partais pas en chasse, j'étais complètement... bon à rien. Je ne pouvais pas être en compagnie des miens, de personne. À ma grande honte, je suis obligé d'avouer que je me suis plus ou moins roulé en boule en laissant le chagrin me ballotter de toutes parts. C'était autrement plus minable qu'entendre des voix.
Je fus immensément soulagé qu'il comprenne, que tout cela ait un sens à ses yeux. Au moins, il ne me considérait pas comme un malade. Il me regardait juste comme si... comme s'il m'aimait.
- Une voix, le corrigeai-je.
Il s'esclaffa, me serra contre lui et repartit en m'entraînant.
- Tu sais, avec ça, je me borne à te faire plaisir, annonça-t-il soudain en désignant du geste la forêt devant nous et une vaste masse pâle que je reconnus comme la maison. Ce qu'ils diront ne comptera pas.
- Ils sont aussi concernés que toi.
Il haussa les épaules, indifférent, puis me fit franchir le seuil de la villa sombre et appuya sur un interrupteur. La pièce était telle que je m'en rappelais - le piano, les divans blancs et l'immense escalier clair. Ni poussière, ni draps de protection sur les meubles. Blaine héla chacun des Anderson sans pour autant élever la voix, sûr qu'il serait entendu.
Soudain, Antony fut à côté de moi, comme s'il y avait toujours été.
- Bienvenue, Kurt, me lança-t-il aimablement. Que pouvons-nous pour toi, ce matin ? Vu l'heure, j'imagine qu'il ne s'agit pas d'une simple visite de courtoisie ?
- J'aimerais parler à tout le monde en même temps, si ça vous convient. C'est important.
Tout en m'expliquant, je ne pus me retenir de jeter un coup d'œil à Blaine. Il arborait une expression critique mais résignée. Quand je me retournai vers Antony, je constatai que lui aussi dévisageait son fils.
- Naturellement, acquiesça-t-il. Installons-nous dans la pièce d'à côté.
Nous précédant, il partit à travers le salon, allumant les lampes au fur et à mesure, pour gagner la salle à manger. Là aussi, les murs étaient blancs et les plafonds élevés. Au milieu de la pièce, sous un lustre bas, se trouvait une table ovale entourée de huit chaises. Antony en tira une et m'invita à m'asseoir. Je n'avais jamais vu les Anderson utiliser cet endroit - inutile, puisqu'ils ne mangeaient pas chez eux. Alors que je m'installai, je constatai que nous n'étions plus seuls. Sarah avait suivi Blaine. Derrière elle arriva la famille, en file indienne. Antony s'assit à ma droite, Blaine à ma gauche. Les autres se répartirent les sièges restants en silence. Rachel m'adressa un clin d'œil complice, Finn et Brittany avaient l'air intrigué, et Santana me gratifia d'un sourire timide que je lui retournai avec tout autant de réserve. Je n'étais pas encore habitué à un tel comportement de sa part.
- La parole est à toi, m'indiqua Antony avec un signe de tête.
Je déglutis. Leurs regards attentifs me rendaient nerveux. Sous la table, Blaine me prit la main, mais il contemplait les siens avec une férocité nouvelle.
- Bien... J'espère que Rachel vous a tout raconté de ce qui s'est passé à Volterra ?
- Je n'ai rien omis, me jura-t-elle.
- Et ce que je t'ai confié en chemin ?
- Aussi.
- Parfait. Alors, nous sommes tous sur la même longueur d'onde.
Ils attendirent patiemment, tandis que je rassemblais mes idées.
- Bref, j'ai un problème, repris-je. Rachel a promis aux Volturi que je deviendrais l'un des vôtres. Ils comptent envoyer quelqu'un pour s'en assurer, et je suis à peu près certain que ce n'est pas une bonne nouvelle, et qu'il vaudrait mieux l'éviter. Vous voici donc tous impliqués, et j'en suis désolé.
Je détaillai un à un leurs visages magnifiques, gardant le plus beau pour la fin. Les lèvres de Blaine étaient déformées par une grimace.
- Cependant, repris-je, si vous ne voulez pas de moi, je n'ai pas l'intention de m'imposer, quelle que soit la volonté de Rachel à ce sujet.
Sarah ouvrit la bouche, je l'arrêtai d'un geste.
- Laissez-moi terminer, s'il vous plaît. Vous savez tous ce que je souhaite. Et je suis persuadé que vous êtes également au courant de ce qu'en pense Blaine. J'en conclus que la seule façon juste de nous décider est de voter. Si vous choisissez de ne pas m'accueillir... j'imagine que je retournerai seul en Italie. Il m'est impossible de les laisser approcher d'ici.
J'ignorai le grondement sourd qui secoua le torse de Blaine.
- Sachant donc que, quoi qu'il arrive, je ne vous mettrai pas en danger, je vous demande de voter oui ou non à la proposition suivante : puis-je devenir un vampire ?
Ce dernier mot m'arracha un demi-sourire. De la main j'indiquai à Antony de commencer.
- Une minute, intervint Blaine.
Je le toisai, mais il se contenta de lever un sourcil en resserrant sa prise autour de ma paume.
- Je tiens à ajouter quelque chose avant que vous vous prononciez.
Je soupirai.
- Pour ce qui est du danger auquel fait allusion Kurt, j'estime qu'il est inutile de s'angoisser outre mesure.
Il s'anima, se pencha en avant et posa sa main libre sur la surface lisse de la table.
- Voyez-vous, ce n'est pas pour rien que j'ai refusé la poignée de main de Russel à la fin de notre entretien. Ils n'ont pas pensé à tout, et je ne tenais pas à les mettre sur la voie.
Il sourit, l'air satisfait.
- Et ? s'enquit Rachel, aussi sceptique que moi.
- Les Volturi sont beaucoup trop sûrs d'eux, non sans raison. Quand ils veulent retrouver une personne, cela ne leur est jamais très difficile. Tu te rappelles Nicolas ? précisa-t-il à mon intention. (Je frémis, ce qu'il prit pour un oui.) Son talent est de mettre la main sur les gens, c'est pourquoi ils le gardent. Durant tout notre séjour là-bas, j'ai scanné le cerveau de chacun afin d'y déceler ce qui pourrait nous sauver. C'est comme ça que j'ai vu la façon dont fonctionnait le don de Nicolas. C'est un traqueur, un chasseur mille fois plus talentueux que l'était Sebastian. Ses aptitudes sont bien supérieures aux miennes et à ce que Russel lui-même est capable de faire. Il attrape la... saveur ? je ne sais trop comment décrire ça... la teneur de l'esprit de sa proie, et il la suit. Ça marche sur des distances inimaginables. Sauf qu'après la petite expérience de Russel avec Kurt...
- Tu penses qu'il ne sera pas en état de me localiser, terminai-je à sa place.
- J'en suis sûr, se rengorgea-t-il. Il se repose entièrement sur ce sens-là. Quand il ne réussira pas avec toi, ils seront tous aveugles.
- En quoi cela résout-il le problème ?
- C'est évident ! Rachel saura me prévenir de leur visite, je te cacherai, ils n'arriveront à rien, s'enthousiasma-t-il. Ce sera comme chercher une aiguille dans une botte de foin.
Il échangea un ricanement complice avec Finn. C'était insensé !
- Il n'empêche qu'ils te trouveront, toi ! lui rappelai-je.
- Je sais me défendre.
- Génial, le plan ! s'exclama Finn en rigolant.
Les deux frères entrechoquèrent leurs poings, fiers comme des paons.
- Non ! siffla soudain Santana.
- C'est hors de question ! renchéris-je.
- Pas mal, approuva Brittany.
- Imbéciles ! maugréa Rachel.
Sarah se borna à fusiller Blaine du regard. Je me redressai sur ma chaise, me concentrai. Il s'agissait de ma réunion, nom d'un chien !
- Très bien, repris-je. Blaine vous a suggéré une alternative. Votons.
Cette fois, je me tournai d'abord vers Blaine - autant être débarrassé de ses réticences absurdes.
- Veux-tu de moi dans ta famille ?
- Pas comme ça, répliqua-t-il, les prunelles dures et noires comme du charbon. Tu resteras humain.
Je hochai la tête en affichant une indifférence de femme d'affaires.
- Rachel ?
- Oui.
- Brittany ?
- Oui, accepta-t-il gravement.
Je fus un peu surpris, car je n'avais pas été certain d'obtenir son accord, mais je me maîtrisai et poursuivis mon tour de table.
- Santana ?
Celle-ci hésita en mordillant ses lèvres parfaites.
- Non.
Je ne réagis pas et tournai légèrement la tête pour continuer, mais elle leva la main.
- Laisse-moi m'expliquer, plaida-t-elle. Mon vote ne signifie pas que je répugne à t'accepter comme frère. C'est juste que... cela n'est pas la vie que je me serais choisie, et j'aurais aimé que quelqu'un ait pu me l'épargner.
J'opinai lentement, fis signe à Finn.
- Pour sûr ! s'exclama-t-il. On trouvera bien une autre occasion de flanquer une trempe à ce Nicolas !
J'accueillis cette opinion avec une moue désapprobatrice, puis indiquai à Sarah de se prononcer.
- C'est oui, Kurt, naturellement. Je te considère déjà comme un membre de la famille.
- Merci, murmurai-je en pivotant vers Antony.
J'étais nerveux, tout à coup, regrettant de ne pas lui avoir demandé de se prononcer le premier. J'étais certain que sa voix était celle qui comptait le plus, quelle que soit la majorité exprimée. Il ne me regardait pas.
- Blaine, dit-il.
- Non, gronda ce dernier, mâchoires serrées, lèvres retroussées sur ses dents.
- C'est la seule solution sensé, insista son père. Tu as décidé de ne pas vivre sans lui, et cela ne me laisse pas le choix.
Blaine lâcha ma main, se leva brutalement et sortit à grands pas de la pièce sans cesser de grommeler.
- Tu as deviné ma réponse, Kurt, soupira Antony.
- Merci, marmonnai-je, tourné dans la direction qu'avait prise Blaine.
Un fracas assourdissant retentit dans le salon. Je tressaillis.
- C'est tout ce que j'avais besoin de savoir, m'empressai-je de conclure, ému jusqu'aux larmes. Merci à vous. Merci de vouloir me garder. Sachez que je ressens exactement la même chose pour vous.
En un instant, Sarah fut à mes côtés, m'enlaçant dans ses bras froids.
- Très cher Kurt, souffla-t-elle.
Je l'embrassai moi aussi. Du coin de l'œil je vis Santana qui baissait la tête, et je me rendis compte que mes paroles pouvaient être interprétées de deux manières différentes.
- Bon, Rachel, décrétai-je ensuite, où souhaites-tu que nous nous installions ?
La jeune femme me contempla, les yeux agrandis de terreur.
- Non ! Non ! NON ! rugit Blaine en revenant à fond de train dans la salle à manger.
Il se planta devant moi avant que j'aie eu le temps de ciller, me dominant de toute sa taille, le visage tordu par la fureur.
- Tu es fou ? me hurla-t-il. As-tu complètement perdu l'esprit ?
Je reculai, les mains sur les oreilles.
- Hum..., marmonna Rachel. Kurt ? Je ne pense pas être déjà prête pour ça. Il faut que je me prépare...
- Tu as promis ! lui lançai-je, en cédant à la colère à mon tour.
- Je sais, mais... Sérieusement, Kurt ! Je n'ai pas la moindre idée de la façon de ne pas te tuer !
- Tu en es capable. J'ai confiance en toi.
Blaine gronda. Sa sœur secoua la tête, paniquée.
- Antony ? appelai-je.
Blaine attrapa mon menton d'une main et me força à le regarder tandis qu'il arrêtait son père de l'autre.
- Je suis à même de le faire, répondit Antony en l'ignorant. (Quel dommage que je ne puisse voir son expression !) Il n'y aurait aucun risque que je perde le contrôle.
- Bien, marmottai-je, le mot déformé par la poigne de Blaine.
- Un instant ! s'interposa celui-ci. Il n'y a aucune raison de s'y mettre tout de suite.
- Et il n'y en a aucune de retarder les choses non plus, contrai-je.
- Pour ce qui me concerne, j'en vois plusieurs.
- Ça ne m'étonne pas ! crachai-je. Et maintenant, lâche-moi.
Il libéra ma figure et croisa les bras sur la poitrine.
- Dans environ trois heures, railla-t-il, Burt sera ici, te cherchant. Et il est bien capable de débarquer avec toute son escouade.
- Ce qui ne fait jamais que trois quidams, rétorquai-je, en fronçant les sourcils néanmoins.
C'était toujours le plus difficile. Burt, Elisabeth. Et maintenant, Elliott. Ceux que j'allais perdre, ceux que j'allais blesser. J'aurais aimé être le seul à souffrir mais je savais que ce n'était pas possible. En même temps, je leur nuisais plus en restant humain. Ma proximité soumettait Burt à des dangers constants. C'était encore pire pour Elliott, puisque j'attirais ses ennemis héréditaires sur les terres qu'il se sentait obligé de défendre. Quant à Elisabeth... je ne pouvais même pas risquer une visite à ma propre mère, de peur d'entraîner mes mortels problèmes avec moi ! J'étais un aimant à dangers ; j'avais accepté cette fatalité depuis longtemps. J'avais conscience qu'il me fallait prendre soin de moi tout en protégeant ceux que j'aimais, même si cela signifiait ne pas être avec eux. C'était à moi d'être forte pour tous.
- Dans l'intérêt général, la discrétion s'impose, gronda Blaine.
Ses dents étaient toujours serrées, mais il parlait à son père à présent.
- Je suggère que nous remettions cette conversation à plus tard, au moins jusqu'à ce que Kurt passe son bac et quitte la maison de Burt.
- C'est une requête raisonnable, Kurt, commenta Antony.
Je songeai à la réaction de Burt s'il se réveillait pour découvrir mon lit vide. Après tout, la vie ne l'avait pas épargné, ces derniers temps, entre le décès de Rupert la semaine précédente puis ma disparition inexpliquée. Il ne méritait pas ça. Juste un peu plus de temps. La fin de l'année scolaire n'était plus si loin...
- Je vais y réfléchir, décrétai-je avec une moue.
- Je te ramène, annonça Blaine en se détendant aussitôt. Juste au cas où Burt se lèverait tôt.
- Après le bac ? lançai-je à Antony.
- Tu as ma parole.
Inspirant un bon coup, je souris et me tournai vers Blaine.
- Très bien, tu peux me raccompagner.
Il obtempéra à toute allure, peut-être pour éviter de donner à son père l'occasion de formuler d'autres promesses. Comme nous empruntâmes la sortie de derrière, je ne sus pas ce qu'il avait cassé dans le salon. Ce fut un trajet silencieux. J'étais satisfait de moi, presque triomphant, effrayé aussi, bien que je m'efforce de ne pas penser à cet aspect-là des choses. M'inquiéter de la douleur - physique ou émotionnelle - que je ressentirais ne servait à rien, donc je me l'interdis. Pas tant que ce ne serait pas absolument nécessaire.
Quand nous arrivâmes chez moi, Blaine ne ralentit pas. Il escalada le mur et la fenêtre en un rien de temps, dénoua mes bras de son cou et me posa sur le lit. Je pensais avoir une assez bonne idée de ses cogitations, pourtant il arriva à me surprendre : au lieu d'être en colère, il affichait un air calculateur. Il fit les cent pas sans mot dire sous mes yeux de plus en plus soupçonneux.
- Quoi que tu sois en train de comploter, l'avertis-je, ça ne marchera pas.
- Chut. Je réfléchis.
- Pff ! soupirai-je en me laissant aller sur le lit et en tirant la couette sur ma tête.
Je n'entendis aucun bruit, mais soudain, il fut à côté de moi, ôtant la couverture pour me regarder.
- Si ça ne t'embête pas, je préférerais que tu ne caches pas ton visage. Il m'a manqué plus que je ne suis capable de le supporter. Et maintenant... dis-moi quelque chose.
- Quoi ?
- Si tu pouvais avoir ce que tu désires le plus au monde, n'importe quoi, qu'est-ce que ce serait ?
- Toi.
- Je te parle de quelque chose que tu n'as pas déjà, s'impatienta-t-il
Ne sachant trop où il voulait en venir, je préparai soigneusement ma réponse. J'en trouvai une qui était à la fois vraie et impossible sans doute.
- Je voudrais que... ce ne soit pas à Antony de s'en charger. Je voudrais que tu me transformes.
Je guettai sa réaction, un peu anxieux, craignant encore plus de fureur que celle dont il avait fait preuve chez lui. Étonnamment, il ne broncha pas, resta pensif.
- Quel prix serais-tu prêt à payer pour ça ? finit-il par demander, me désarçonnant complètement.
- N'importe lequel ! m'exclamai-je sans réfléchir.
- Cinq ans ? suggéra-t-il en plissant la bouche.
Je fus partagé entre le dépit et l'horreur.
- Tu as dit n'importe lequel, me rappela-t-il.
- Oui, mais... tu profiteras de ce délai pour trouver une façon de t'esquiver. Il faut que je batte le fer tant qu'il est chaud. Et puis, être humain est trop dangereux, pour moi en tout cas. Alors, tout sauf ça.
- Trois ans ? contra-t-il en plissant le front.
- Non !
- Ce sacrifice ne vaut donc rien à tes yeux ?
À quel point avais-je envie de devenir vampire ? Tout bien considéré, mieux valait bluffer et ne pas lui montrer combien c'était important. Ça me laisserait une marge de manoeuvre.
- Six mois ?
- Tu peux faire mieux ! soupira-t-il en levant les yeux au ciel.
- Un an, alors. Je n'irai pas plus loin.
- Deux.
- Pas question. Dix-neuf ans, je devrais le supporter, mais il est exclu que j'approche des vingt. Si tu dois rester ado toute ta vie, alors moi aussi.
- Très bien, admit-il au bout d'une minute de réflexion. Oublions les délais. Si tu veux que je me charge de... alors, j'émets une condition.
- Laquelle ?
Ses yeux étaient très prudents quand il répondit, et il s'exprima avec une lenteur délibérée.
- Épouse-moi d'abord.
Je le contemplai, attendant des explications. Rien ne vint.
- O.K., soupirai-je, suis-je censé rire ?
- Tu m'offenses, Kurt, bougonna-t-il. Je te demande ta main, et toi, tu prends ça pour une plaisanterie.
- Sois sérieux, Blaine.
- Je le suis à cent pour cent, protesta-t-il en me vrillant d'un regard effectivement dénué d'humour.
- Arrête tes âneries ! objectai-je en sentant la panique monter. Je n'ai que dix-huit ans.
- Et moi, presque cent dix. Il est temps que je me range des voitures.
Je me tournai vers la fenêtre obscure, tâchant de contenir mon angoisse avant qu'elle me trahisse.
- Écoute, repris-je, le mariage n'est pas franchement en tête de liste de mes priorités. Pour Burt et Elisabeth, ça a été une expérience plutôt fatale.
- Très intéressant, cet adjectif.
- Tu m'as compris.
- Ne me dis pas que tu as peur de t'engager ! s'écria-t-il avec des accents incrédules.
Je compris ce qu'il sous-entendait par-là.
- Ce n'est pas ça, esquivai-je. J'ai... c'est Elisabeth, qui m'inquiète. Elle a des préjugés plutôt ancrés sur ce qui est du mariage avant la trentaine.
- Elle préférerait que tu sois damné à jamais plutôt que tu te maries, c'est ça ? ricana-t-il sans joie.
- Je ne rigole pas.
- Kurt, comment peux-tu comparer le degré d'engagement qu'impliquerait un mariage à la perte de ton âme ? Si tu n'as pas le courage de m'épouser, alors...
- Très bien, l'interrompis-je. Et si je l'avais, ce cran ? Si je te demandais de m'emmener à Las Vegas sur-le-champ, deviendrais-je pour autant vampire dans les trois jours ?
Il sourit, et ses dents éclatantes étincelèrent dans la pénombre.
- Bien sûr, affirma-t-il en ne marchant pas dans mon coup de bluff. Ne bouge pas, je vais chercher la voiture.
- Oh mon Dieu ! marmonnai-je. D'accord, je te donne dix-huit mois.
- Non, non, s'esclaffa-t-il. Je tiens à ma condition.
- Dans ce cas, je prierai Antony de s'y coller après mon bac.
- Si c'est vraiment ce que tu veux !
Il haussa les épaules et me gratifia d'un sourire absolument angélique.
- Tu es impossible ! grommelai-je. Un vrai monstre !
- C'est pour ça que tu ne veux pas te marier avec moi ?
Je grognai. Il se pencha sur moi, et ses yeux de nuit se firent lave, réduisant en cendres ma détermination.
- S'il te plaît, Kurt ? chuchota-t-il.
Un instant, j'oubliai de respirer. Quand je recouvrai mes sens, je m'empressai de secouer la tête afin de m'éclaircir les idées.
- Aurais-tu mieux accueilli ma demande si j'avais eu le temps d'acheter une bague ?
- Non ! Pas de ça ! criai-je presque.
- C'est malin ! Tu as réveillé Burt !
- Houps !
- Il faut que je me sauve.
Mon cœur s'arrêta de battre, et il me scruta un instant.
- Serait-ce infantile de ma part si je me cachais dans le placard ?
- Bien sûr que non, chuchotai-je. Reste. Je t'en supplie.
Il sourit et s'évanouit. Furieux, je guettai dans le noir l'instant où Burt débarquerait pour vérifier que tout allait bien. Blaine savait exactement ce qu'il faisait, et j'étais prêt à parier que sa feinte surprise participait du stratagème. Certes, il me restait l'option Antony. Sauf que, maintenant que j'avais une chance que Blaine procède en personne à ma transformation, j'en avais terriblement envie. Quel sale tricheur ! On entrebâilla ma porte.
- Bonjour, papa.
- Oh, salut, Kurt, répondit-il, gêné. Je ne savais pas que tu étais réveillé.
- Si. J'attendais justement que tu te lèves pour prendre une douche.
Je sautai du lit.
- Une seconde ! lança-t-il en allumant.
Je clignai des yeux, aveuglé, en évitant de regarder le placard.
- Parlons un peu, d'abord, enchaîna-t-il.
J'eus du mal à ne pas grimacer. J'avais oublié de demander une excuse à Rachel.
- Tu es dans de sales draps, poursuivit-il. J'imagine que tu le sais ?
- Oui.
- Ces trois derniers jours, j'ai failli devenir dingue. Je suis rentré de l'enterrement de Rupert pour m'apercevoir que tu n'étais plus là. Elliott n'a rien pu me dire, sinon que tu étais parti avec Rachel Anderson, et qu'il pensait que tu avais des ennuis. Tu n'as pas laissé de numéro où te joindre, j'ignorais où tu étais et quand - ou si - tu reviendrais. As-tu la moindre idée de...
Il s'interrompit, respira profondément.
- Donne-moi une seule raison valable pour que je ne t'expédie pas immédiatement à Jacksonville, termina-t-il.
Je fulminais. Ainsi, il cherchait à m'intimider par des menaces ? À ce jeu-là, nous serions deux. Je me rassis et m'enveloppai dans la couette comme si j'avais froid.
- De toute façon, je n'irai pas, répliquai-je.
- Dis donc, jeune homme...
- Écoute, papa. J'endosse entièrement la responsabilité de mes actes, et tu as le droit de me punir autant de temps que tu voudras. Je ferai le ménage, la lessive et la vaisselle jusqu'à ce que tu estimes que j'ai appris ma leçon. Et tu es sans doute en droit de me jeter dehors... pour autant, ne compte pas sur moi pour aller en Floride.
Il devint écarlate et eut besoin de quelques bonnes inspirations avant de répondre.
- Daignerais-tu m'expliquer où tu étais passé ?
Zut !
- J'ai eu... une urgence.
Il souleva les sourcils, très impressionné par ma brillante défense.
- Pff ! soufflai-je. Je ne sais pas quoi te dire, papa. Pour l'essentiel, ce n'était qu'un malentendu. Machin a dit, truc a dit, et le tout s'est emballé.
Pas un mot.
- Bon. Figure-toi que Rachel a raconté à Santana que j'avais sauté de la falaise...
Je me débattais pour trouver quelque chose qui fût aussi près que possible de la vérité, histoire que mon inaptitude totale à mentir de manière convaincante ne sape pas l'excuse que j'allais inventer. Mais, avant que j'aie eu le temps de poursuivre, je compris, à l'allure de Burt, qu'il n'était pas au courant de cet exploit. Remerde ! Comme si je n'avais déjà pas suffisamment d'ennuis.
- Euh... j'ai dû oublier de t'en parler, m'étranglai-je. Ce n'était rien. On s'amusait seulement, avec Elliott... Bref, Santana a vendu la mèche à Blaine, il a été bouleversé. Sans le faire exprès, elle a laissé entendre que j'avais essayé de me suicider, une bêtise de ce genre. Comme il ne répondait pas au téléphone, Rachel m'a emmenée en... à L.A. de façon à ce que je puisse m'expliquer de vive voix.
Je croisai les doigts pour que la révélation involontaire de mon plongeon soit oubliée. Il s'était figé.
- Es-tu en train de m'annoncer que tu as tenté de te tuer, Kurt ?
- Non, bien sûr que non ! Rien d'aussi dramatique. C'était pour se marrer, avec Elliott. En plongeant des falaises. Les gars de La Push le font tout le temps.
Le visage de Burt passa du froid polaire à une fureur incandescente.
- Pourquoi cette inquiétude envers Blaine Anderson ? aboya-t-il. Alors qu'il t'a laissée tomber comme une mer…
- Un autre malentendu, le coupai-je.
- Il est de retour, alors ? s'empourpra-t-il.
- Je ne sais pas trop quels sont leurs plans. Il me semble qu'ils ont tous décidé de revenir ici.
Une veine battait sur son front.
- Je t'interdis de l'approcher, Kurt, compris ? C'est un con. Il ne te mérite pas. Je ne lui permettrai pas de te démolir une deuxième fois.
- Très bien, rétorquai-je sèchement.
- Ah ! marmonna-t-il en se balançant d'avant en arrière. Je pensais que tu serais plus réticent.
- Et tu as raison, répliquai-je en le toisant. Puisque c'est comme ça, je déménagerai.
Je crus que les yeux allaient lui sortir de la tête. Le pourpre de son visage passa au mauve, je craignis pour sa santé, et ma résolution vacilla. Après tout, il n'était pas plus jeune que Rupert.
- Écoute, papa, je n'ai pas envie de m'installer ailleurs, tempérai-je. Je t'adore. Je comprends que tu t'inquiètes, mais je te demande de me faire confiance. Tu vas juste devoir te calmer envers Blaine si tu souhaites que je reste. La question est donc : veux-tu que je vive ou non avec toi ?
- Tu es injuste, Kurt. Tu sais bien ce que je veux.
- Alors, sois sympa avec Blaine, parce qu'il sera là où je serai.
J'avais asséné cela avec une conviction rare - ma révélation fonctionnait toujours.
- Jamais sous mon toit ! tonna Blaine.
- Je n'ai pas l'intention de te poser d'autres ultimatums cette nuit... enfin, ce matin. Réfléchis-y seulement pendant quelques jours, d'accord ? Mais n'oublie pas que Blaine et moi, c'est à prendre ou à laisser.
- Kurt...
- Penses-y, insistai-je. Et, en attendant, voudrais-tu bien m'accorder un peu d'intimité ? J'ai vraiment besoin d'une douche.
Violet de fureur, il ne protesta pas plus avant cependant et quitta la pièce en claquant la porte derrière lui. Je l'entendis descendre l'escalier comme un éléphant. Je me débarrassai de ma couverture, Blaine était déjà installé dans le rocking-chair, comme s'il y avait été assis depuis le début de la conversation.
- Désolé, murmurai-je.
- Sa colère contre moi est légitime, chuchota-t-il. S'il te plaît, ne te brouille pas avec lui à cause de moi.
- Ne t'inquiète pas, soufflai-je en rassemblant les affaires dont j'avais besoin pour me laver et des vêtements propres. Je ferai ce qu'il faut, sans pousser le bouchon. À moins que tu sois en train de suggérer que je n'ai nul endroit où aller ?
J'écarquillai les yeux, l'air faussement alarmé.
- Tu serais prêt à vivre dans une maison pleine de vampires ?
- C'est sûrement l'endroit le plus sûr pour quelqu'un dans mon genre. De plus, ajoutai-je en riant, si Burt me jette dehors, le délai du bac n'aura plus lieu d'être.
Sa mâchoire se serra.
- Toujours aussi avide de tomber dans la damnation éternelle, hein ?
- Tu sais que tu ne crois pas à ces histoires.
- Vraiment ?
- Non.
Furibond, il me vrilla du regard, mais je repris la parole la première.
- Si tu pensais avoir perdu ton âme, alors, à Volterra, tu aurais immédiatement saisi ce qui se passait au lieu de t'imaginer que nous étions morts tous les deux. Ce qui ne s'est pas produit, puisque tu as marmonné « Antony avait raison ». Tu n'as pas renoncé à tout espoir ! conclus-je, triomphant.
Pour une fois, je lui avais coupé la chique.
- Alors, enchaînai-je, continuons d'espérer ensemble. Même si ça n'a pas beaucoup d'importance pour moi. Si tu restes, je n'ai pas besoin de paradis.
Lentement, il se leva et vint prendre mon visage entre ses paumes, me forçant à plonger dans ses prunelles.
- À jamais, jura-t-il, un peu chancelant.
- Je n'en demande pas plus.
Sur ce, il se hissa sur la pointe des pieds afin de poser ses lèvres sur les miennes.
Et voilà je vous retrouve Samedi pour l'épilogue ! N'hésitez surtout pas à me laisser vos avis^^ ;)
