Coucou,

Voilà le deuxième chapitre, j'espère qu'il vous plaira et mercii pour les reviews à Soma Kibi et Puky!

La fin du chapitre pourrait choquer les âmes sensibles, on ne sait jamais!!

J'ai pris beaucoup de plaisir à écrire ce chapitre alors j'espère que vous en prendrez autant à le lire!

Bisous


Chapitre 2

Sereine posa son regard embrumé sur les gens qui l'entouraient. Son visage délicatement ciselé reposant avec douceur sur sa paume ouverte, elle dégagea de sa main libre une boucle dorée un peu trop aventureuse. Le temps semblait comme arrêté, uniquement troublé par le cliquetis des couverts s'entrechoquant sur les assiettes en porcelaine. Elle se laissa délicieusement bercer par ce discret fond sonore… Elle s'abandonna même à esquisser un léger sourire… Si léger qu'il parut n'être qu'un rêve éthéré aux accents imperceptibles… Quatorze mois… Cela faisait quatorze mois qu'elle ne s'était pas repue de la vision de son être, quatorze mois qu'elle ne pouvait qu'imaginer le rire dans ses yeux, les intonations sensuelles dans sa voix grave, le sourire moqueur sur ses lèvres minces… Elle n'avait pas cherché à penser à lui, son image était apparue dans son esprit comme une évidence, sans crier gare. Il était là, ne voulant sortir de son crâne, ricanant devant ses efforts pour l'extirper une bonne fois pour toute de ses pensées, pour en finir avec Fred Weasley. Ses traits juvéniles se brouillèrent un instant, plongés dans la circonspection et une ombre de culpabilité passive passa… l'incitant à lever son regard vers la jeune femme qui lui faisait face : Abigail… Elle dégustait consciencieusement son muffin au chocolat, affichant un visage à la mine innocente devant le père et la belle-mère de son amie tandis que son pied nu caressait lascivement la jambe de son amante. Leurs regards se croisèrent, s'aimantèrent et ne se lâchèrent plus. Dans l'un, une flamme brûlante de désir concupiscent, dans l'autre, la lueur du doute, de l'incertitude…

- Sereine, tiens toi convenablement !

La tête de la jeune fille se tourna calmement vers son père… S'il savait… S'il connaissait la véritable nature de sa relation avec la si gentille Coleman. Lui sourirait-il ? L'inviterait-il à rester manger et dormir sous son toit ? Lui, qui se voulait un sorcier tolérant… Son regard sur sa petite fille chérie ne changerait-il pas ?... Le pli sévère sur son front déjà dégarni s'accentua quand il vit que sa progéniture n'obtempérait pas. Ses doigts se resserrèrent autour de sa petite cuillère et sa moustache fièrement dressée frémit d'agacement… La voix chantante de sa femme s'éleva alors dans la Salle à Manger :

- Ma chérie, obéis à ton père…

Sereine se redressa lentement et posa ses mains à plat sur la jolie nappe blanche, ses joues rosissant légèrement. Parfois, la douce folie de sa mère était reposante… Peut-être devrait-elle aller la voir d'ailleurs… Cela faisait un moment qu'elle ne lui avait pas rendu visite dans son minuscule appartement sur le Chemin de Traverse… Abigail coupa court à ses réflexions… Avec sa finesse habituelle, elle voulut dissiper le malaise ambiant en prenant la parole :

- Merci pour ce délicieux repas madame James, je vais devoir y aller cependant…

- De rien Abigail, ce fut un plaisir. Tu sais que tu es toujours la bienvenue ici !

La jeune femme se leva après avoir jeté un imperceptible coup d'œil à son amie… Sereine la suivit en dehors de la pièce de son pas dansant, ses pieds semblant ne pas toucher le sol. Joli songe enfantin… Jolie gamine dans un corps de femme… La porte se referma sur les James qui finissaient leur repas dans un silence apaisant…

Arrivée sous le porche, à l'abri des regards indiscrets, Abigail se retourna sur la silhouette tentatrice dont une robe épurée ne cachait rien de ses courbes gracieuses… Elle se rapprocha lentement de la jeune fille, lui laissant ainsi le temps de se dérober… Mais Sereine ne bougea pas… Apathique comme à son habitude… Elle abandonna un petit soupir dans l'air étouffant… Son besoin d'Elle était trop grand… Elle aspirait tellement à enlacer son corps, à la sentir près d'elle,… tout près d'elle… Ses bras se glissèrent derrière sa nuque, son menton se posa sur son épaule d'albâtre… Elle embaumait la fleur d'oranger, exhalait ce doux parfum de printemps somnolent qu'elle aimait tant… Ses lèvres s'emparèrent des siennes… Et alors que tout son être hurlait de frustration de n'obtenir qu'un chaste baiser, elle ne se fit pas pressante, gardant sagement ses mains dans le dos de la jeune fille. Sereine pouvait être si prude…

- Arrête Abigail, quelqu'un pourrait nous voir…

La remarque lâchait avec désinvolture, à l'apparente candeur, blessèrent cette dernière bien plus qu'elle n'aurait voulu l'avouer. Elle le savait, depuis le début… C'était le prix à payer si elle voulait Sereine James… Avoir cette désagréable sensation, de ne pas vraiment compter, que ta présence n'a rien d'indispensable… Il n'y avait qu'avec Fred Weasley, il n'y avait que pour Fred Weasley qu'elle se métamorphosait… Elle perdait alors son masque de gentille indifférence… Ah, comme elle pouvait l'abhorrer cet homme, ce rival qui l'avait vaincu sans combattre et qui avait dédaigné son butin… Depuis qu'elle avait quitté Poudlard, ce penchant de sa personnalité atypique s'était accentué… Abigail se raccrochait à l'idée tenace en elle que la jeune fille l'aimait… A sa manière bien particulière, oui, elle l'aimait…

- Tu as honte de moi ?

- Bien sûr que non…

Son regard était fuyant, sa bouche paresseuse contre la sienne… Personne ne savait... Pour tous les autres, elles n'étaient que des amies… De simples amies… Abigail ferma les yeux l'espace d'un bref instant… Profitant de ce petit corps serré contre le sien… Pourquoi avait-elle cette soudaine impression que les moments de bonheur qu'elle passait avec elle étaient éphémères ? Que bientôt tout serait fini ? Que la jeune fille allait partir, pour ne plus revenir ? Son rêve merveilleux allait lui échapper, l'abandonner… La guerre… Toujours la guerre… La gazette du sorcier clamait tous les matins que Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer le nom réunissait ses fidèles, qu'une époque noire s'annonçait, que les sorciers devaient s'apprêter à combattre… Elle secoua la tête avec perplexité… Leur destin serait donc entre les mains de cet Harry Potter ?… Cet avorton tout juste bon à attraper une baballe dorée au Quidditch ?... Profiter était alors le maître mot…

- Sereine, que dirais-tu qu'on aille faire un tour sur le Chemin de Traverser et tu pourrais dormir chez moi, ce soir…

- Je voulais aller voir ma mère, et mon père n'aime pas trop que je découche par les temps qui courent…

- Tu ne découcherais pas, tu serais chez moi, si tu n'as pas envie d'être avec moi, dis le, ce sera plus clair. Tu ne te rends pas compte que tu me fais du mal ?

Abigail avait parlé sans réfléchir… Elle savait pourtant qu'il ne fallait jamais brusquer Sereine qui pouvait se montrer d'une grande susceptibilité… La lueur froissée dans son regard azur confirma son inquiétude… Il n'y eut pas de grimace, pas de colère infantile juste un air angélique sur le visage et cette petite phrase placide :

- Je vais aller chez ma mère… Après je verrai… Je viendrai peut-être…

Abigail haussa les sourcils ne pouvant retenir un rictus d'agacement. La jeune fille était très douée pour éviter les conflits, pour contourner les problèmes… Elle se refusait à affronter le moindre obstacle et se renfermait de jour en jour dans un cocon de tranquillité et de sécurité... Que se passerait-il quand tout cela volerait en éclats ? Aucune chose de la vie n'était immuable… Sereine n'allait-elle pas l'apprendre à ses dépens ?...

OoOoOoOoOoO

Fred s'étira avec une paresseuse nonchalance dans son grand lit à baldaquin. Des rayons de soleil taquins perçaient les volets en bois d'un autre âge venant réchauffer son corps encore bouffi de sommeil. Il se leva et sortit de la chambre avec discrétion, évitant de faire grincer le parquet pour ne pas réveiller son jumeau. Quelques mois plus tôt, encore, il ne se serait pas fait prier pour le tirer du lit en fanfare mais aujourd'hui, c'était différent… Très impliquée dans les missions pour l'Ordre du Phénix, dès qu'elle disposait d'un petit moment de repos la famille Weasley en profitait pleinement… Cela ne voulait pas dire que ça en était fini des Farces et Attrapes pour sorciers facétieux… Oh non sûrement pas… Le magasin continuait d'ouvrir tous les matins et la gaieté, la vivacité, la joie de vivre ne les quittaient pas pour autant. Ils avaient pris leur quartier au 12 square Grimmaurd et l'époque où ils devaient utiliser des oreilles à rallonge pour entendre les réunions de l'Ordre semblait bien lointaine… Mais en bon Gryffondor qu'il était, fidèle à lui-même Fred ne ressentait que de l'excitation devant le tournant que prenait sa vie…

Alors qu'il descendait les escaliers du manoir Black, il se surprit à penser à Poudlard… Le temps où il faisait enrager le personnel enseignant avec son frère, lui paraissait à présent n'être qu'un rêve, un instant factice de sa vie… Il se sentait à des années-lumière de cette époque d'inconscience salvatrice... Il entra dans la cuisine qui pour une fois n'était pas surpeuplée. Sa mère était au fourneau, cuisinant d'arrache-pied pour sustenter tous ses hôtes, son front et ses joues rougis par la chaleur. Elle lui adressa un sourire indulgent, qu'elle ne réservait qu'à ses fils jumeaux et s'exclama d'un ton qui démentait ses paroles :

- Ce n'est pas trop tôt, j'ai bien cru que vous n'alliez jamais vous réveiller ! Ton frère arrive ?

- Il dormait encore quand je suis descendu.

Il ne s'amusait plus à taquiner sa génitrice sur son côté protecteur et sur la peur permanente qu'elle éprouvait pour ses enfants.

- Tu as bien fait de ne pas le réveiller. Assieds-toi, je t'ai gardé à manger !

Fred prit place face à Rémus Lupin qui lisait avec une attention soutenue la gazette du sorcier, un air las sur le visage.

- Du nouveau ?

Le lycanthrope soupira et secoua la tête avant de poser son journal près de lui pour reporter son attention sur son vis-à-vis.

- Non, attaques de mangemorts par-ci, par-là… Et aucune nouvelle d'Harry…

Un lourd silence s'appesantit sur la pièce, les trois occupants plongés dans leurs pensées respectives…

OoOoOoOoOoO

- Maman ?

Sereine s'avança dans le petit appartement dévasté avec prudence, jetant des regards désabusés sur les vêtements sales jetés à terre, les détritus traînant sur le sol, mutins. Les larmes finirent par perler à ses paupières devant le spectacle de cette pièce, symbole de la décadence maternelle.

- Sereine ? Ma chérie, c'est toi ?

Un corps alangui, aux côtes saillantes, se prélassait dans un canapé crème à l'origine et dont la couleur n'était à présent plus vraiment identifiable. La jeune fille s'approcha de cette femme aux cheveux blonds, au sourire candide et au regard transi d'amour qui lui était seul destiné. Elle tendit une main décharnée vers son enfant, son si précieux petit trésor…

- Oui, c'est moi, maman…

Sereine embrassa le visage émacié de sa mère, culpabilisant de n'être pas venue la voir depuis plusieurs jours.

- Tu sais que je t'aime, mon amour ? Je suis si contente que tu sois là ! J'ai eu peur que tu me fasses la tête, que tu ne veuilles plus me voir !

La jeune femme s'agenouilla près de Sky Lewis et tenta de l'apaiser :

- Pourquoi je ne voudrais plus te voir, maman ? J'ai juste eu du travail au pub et j'ai eu du mal à me libérer.

Elle ignora la petite voix dans sa tête qui lui hurlait qu'elle mentait. Elle se mordit les lèvres pour retenir les pleurs qui lui brouillaient la vue et menaçaient à tout instant d'échapper à son contrôle.

- Au pub ?

- Mais oui, je t'en avais parlé, j'ai trouvé un petit boulot de serveuse au Chaudron Baveur.

- Je ne m'en souviens plus…

Elle s'agita et ses yeux bleus, semblables à ceux de sa fille se troublèrent…

- Et tes études ?

- Tout se passe bien… La justice est un domaine qui me passionne.

Sa mère détourna alors son regard pour le planter dans le dossier de son canapé. Sereine sentit l'inquiétude poindre en elle devant cette scène… Assistait-elle encore une fois à une des crises lunatiques de Sky ? Elle posa sa main sur son épaule avec méfiance.

- Maman ?

- Tu m'en veux ! Je me suis énervée contre toi la dernière fois ! C'est pour ça que tu n'es pas venue pendant si longtemps !

Un sanglot contenu dans sa voix aux accents puérils, elle s'exprimait comme un enfant puni par ses parents… Sereine n'eut pas le temps de se défendre que déjà, sa mère s'était brusquement retournée vers elle et la questionnait :

- Ta petite copine va bien?

- Abigail va très bien. Elle viendra te voir bientôt. Elle te fait plein de bisous.

Sky se renfonça dans son lit improvisé pour s'installer confortablement et sourit de contentement :

- Elle est gentille. Je lui ferai un gâteau…

L'ancienne Poufsouffle émit un inaudible soupir devant cette femme aux rides marquées, aux cheveux sales plaqués sur son front… Son regard glissa sur son haut tâché et froissé… Elle allait repartir tard avec tout le travail qui l'attendait… Instantanément, elle s'en voulut d'avoir de telles pensées… Elle était là pour sa mère, elle aurait dû se sentir heureuse et ne pas vivre ça comme une obligation, un calvaire…

- Je vais nettoyer un peu l'appartement, d'accord ?

- Oh non, pas la peine, je l'ai fait hier ! Dory m'a félicitée quand elle m'a amené à manger !

Le visage illuminé de fierté de Sky, dissuada Sereine de la contredire. Il faudrait qu'elle pense à remercier madame Carter pour tout ce qu'elle faisait pour sa mère.

- Oui, maman, mais tu sais comme je suis maniaque !

- Oh oui, je te connais bien, ma chérie, depuis toute petite tu es comme ça. Tu ne supportes pas la moindre trace de poussière !

La femme s'était redressée et tenait ses genoux calleux serrés contre elle. Elle observait sa fille, affichant une expression enfantine, satisfaite…

OoOoOoOoOoO

Sereine quitta l'appartement de sa mère, tard dans la soirée. La nuit avait déjà étendue sa robe sombre sur la ville. Les rues étaient désertes mais la jeune fille aimait ce calme ambiant, ce silence reposant. Elle n'avait pas envie de transplaner pour rejoindre son père et sa belle-mère et Abigail voulait qu'elle passe chez elle… Elle n'avait qu'à marcher un peu, cela lui ferait le plus grand bien après cet après-midi passé à ranger, laver, récurer et à s'occuper de Sky. Elle inspira un air frais aux senteurs estivales avant de frissonner dans sa robe légère qui dénudait ses épaules frileuses. Elle apercevait dans le noir, les enseignes des boutiques et écoutait ses pas qui claquaient sur le sol telle une marche funèbre, au rythme lent… Quel plaisir de savourer Londres enfin apaisée… Elle se délectait de cette nuit au parfum enivrant toujours aussi merveilleusement fascinante et charmeuse, qui tendait ses bras étoilés vers elle et l'étreignait avec fermeté. L'obscurité dominait avec orgueil et la lune dispensait avec parcimonie sa douce lueur sur la ville anesthésiée. Sereine l'admirait, cette nuit ambigüe et cynique qui se riait des hommes et de leur vanité emphatique…

Alors que son esprit se trouvait loin, très loin de Lui, son regard se posa sur une enseigne clignotante, seule à troubler une parfaite unité et qui affichait effrontément : « Weasley, Farces pour sorciers facétieux ». Curieuse et troublée, Sereine s'avança vers la vitrine colorée. Elle ne s'était jamais approchée de son magasin, de peur de Le croiser. A la sortie de Poudlard, elle avait tenté de faire une croix sur lui. Elle était une fille raisonnable après tout… Boîtes à flemme, fausses baguettes, oreilles à rallonge, plumes en tout genre, pralines longues langues, toutes ces inventions étaient mises à la vue des clients avec orgueil. Son cœur se serra… Cette boutique lui faisait bien trop penser à Fred… Il fallait qu'elle s'éloigne, si elle ne voulait pas replonger… Si elle n'était pas dans son état normal quand elle arriverait chez Abigail, celle-ci se rendrait compte de quelque chose et cela, elle ne le voulait surtout pas…

Elle se détourna lentement et reprit sa route calmant les soubresauts de son âme. Elle effaça de son esprit cet instant de grâce, où toute la splendeur de l'être autrefois aimé, s'était engouffrée en elle, inexorable, comme-ci ce n'était qu'un mirage, une folie à ne pas renouveler. Perdue dans ses pensées les plus intimes, elle ne sentit pas l'air se faire plus lourd, elle n'entendit pas les bruits de pas sur le sol… Et ces paroles qui s'élevèrent, qui auraient dû lui permettre de fuir avant qu'il ne soit trop tard :

- Regardez, une petite imprudente a visiblement oublié que de grands méchants loups rodaient la nuit, dans les rues.

Un rire gras répondit à cette phrase prononcée d'un ton narquois. Il fut le signal sonore qui alerta Sereine et la fit se retourner brusquement,… apeurée. Elle tomba alors nez à nez avec un petit groupe encagoulé, tout de noir vêtu. Au vu de ce qu'elle savait, elle avait à faire à des mangemorts. Un filet de sueur froide coula le long de son dos. La terreur grondait en elle. Elle oublia alors qu'elle était une sorcière, trop terrifiée pour réfléchir intelligemment et elle se mit à courir, à courir comme-ci le diable était à ses trousses, à courir comme-ci sa vie en dépendait… Or, c'était bien le cas… Elle fut stoppée en plein élan par un puissant stupéfix. Elle les entendit s'approcher et une femme s'exclama, agacée :

- Nous n'avons pas de temps à perdre avec une petite idiote. Tuez là rapidement, qu'on en finisse.

- Moi, au contraire, j'ai bien envie de m'amuser un peu avec elle, Bella !

La femme lança un regard dédaigneux à son compagnon et déclara d'une voix suintante de mépris :

- Je n'ai pas envie de subir les conséquences de tes actes !

- Le Seigneur des Ténèbres a clairement stipulé qu'il fallait semer la terreur chez les sorciers et les moldus, que personne ne se sente à l'abri…

- N'est-il pas suffisant de mettre fin à sa vie ?

Les deux mangemorts qui dialoguaient se tournèrent vers un troisième au nez crochu qui affichait une moue suffisante.

- Si elle porte des marques de tortures sur le corps, cela montrera, ce dont nous sommes capables !

La femme et le deuxième homme, visiblement les meneurs de la bande se consultèrent du regard et l'un finit par murmurer :

- Bien, mais dépêche toi alors !

Sereine sentit qu'on la trainait dans une ruelle adjacente. Elle était prise au piège… Pourquoi avait-elle eu la stupide idée de se promener seule pas les temps qui couraient ? La notion même de mort lui faisait horreur… Elle sentait tous ses muscles se contractaient sous l'effet de la peur et des frissons d'effrois la parcourir. Elle suffoquait, oppressée par l'angoisse. Elle voulut supplier, se débattre mais le sortilège qui la paralysait l'en empêchait. Elle ne pouvait qu'attendre et espérer inéluctablement…

L'un des mangemorts la délivra du sort qui l'avait neutralisée et ricana :

- Vous ne trouvez pas qu'elle ressemble à un ange ?

Un autre lui répondit sur le même ton :

- Qui veut être le premier à souiller sa pureté ?!

Sereine hurla, espérant naïvement que ses cris attireraient l'attention et qu'on viendrait la sauver. Mais Ils devaient avoir jeté un sort d'insonorisation car ils ne cherchèrent pas à la faire taire, ils se contentèrent de rire, de rire, de rire… Elle pleura, sans pouvoir se retenir, les larmes coulèrent sur ses joues et elle geignit :

- S'il vous plaît… Laissez-moi… Je vous en supplie…

- Oh, regarde comme c'est choux… Elle me ferait presque pitié…

L'ironie, la cruauté de ces paroles transpercèrent la jeune fille bien plus profondément que le violent coup de pied qui s'enfonça dans ses côtes la faisant tomber à terre. Elle se recroquevilla sur elle-même, dans un geste de protection, désirant ardemment que tout cela ne fut qu'un horrible cauchemar…

- Endoloris !

La panique qui l'avait habitée jusqu'à présent se métamorphosa en une torture abjecte, qui la fit se tordre d'une douleur intolérable. Une main brûlante prenait un malin plaisir à retourner tout son être, s'enfonçant toujours plus profondément en elle, agrippant ses organes, les arrachant férocement. Elle courait de la plante de ses pieds au sommet de son crâne et ne laissait que tourments derrière elle. L'air n'arrivait plus jusqu'à ses poumons et la raison la quittait peu à peu. Et elle hurlait, hurlait, hurlait, alors que cette main, ces doigts habiles et précis continuaient leur besogne avec une méticulosité implacable. Son corps était à vif, il n'était plus que souffrance infâme, un champ de bataille sanglant, il ne connaissait plus que cet imparable déchirement, cette inapaisable abomination… Quel homme pouvait être assez barbare pour faire souffrir ainsi l'un de ses semblables ?... Elle voulait mourir, cesser cette lutte perdue d'avance, mettre fin à cette explosion de douleur… Comment pouvait-elle résister, pourquoi son cœur ne s'arrêtait-il pas de battre ? Plus rien ne fonctionnait dans son organisme… La main fouaillait son être indéfiniment... Puis, tout à coup, il n'y eut plus rien… Comme elle était arrivée, brusquement, la souffrance disparut… Elle se tourna vers ses tortionnaires, haletante… Une lueur d'espoir dans le regard…

- Vas-y Lucius, elle n'attend que toi. Si elle en avait la force, elle te tendrait les bras !

Le dénommé Lucius s'avança vers la masse informe couchée au sol et s'agenouilla près d'elle. Elle sentit ses doigts glissaient de sa poitrine vers son bas-ventre et l'évidence la frappa avec violence… Elle allait se faire violer… Mais l'homme semblait vouloir prendre son temps… Il lui caressa le visage avec une douceur feinte avant d'arracher brutalement sa robe, dernier rempart entre le prédateur et sa victime… Elle se retrouvait presque nue sous leurs yeux et la honte s'empara d'elle, dominant toute terreur… Comme au ralenti, elle vit le mangemort baisser son pantalon et sa virilité dressée frôla sa cuisse. Il finit de la dévêtir sans la moindre délicatesse et la força à écarter les jambes. Elle ne criait plus. A quoi bon ? Elle ne se débattait plus. Dans quel but ? Elle se contenta de fermer les yeux avec force quand il colla son corps au sien et qu'il la pénétra violemment. La douleur l'irradia alors qu'il commençait ses vas et vient. Sa virginité s'envola sans plus de cérémonie et les larmes qui s'étaient taries revinrent tandis qu'il la chevauchait. Elle ne parvenait plus à penser de façon cohérente. Elle n'était plus qu'horreur. Une douleur sourde battait en elle… Elle se sentait mal… Elle allait perdre connaissance… Mais quand le premier eut fini d'autres suivirent. Ils passèrent tous sur elle en riant, commentant leurs actes. Ils la sodomisèrent quand l'ennui les gagna et l'obligèrent à exécuter leurs ordres… Entre leurs mains, elle n'était plus qu'un jouet sexuel, sa vie ne valant pas mieux que celle d'un insecte, ses sentiments n'étant que des détails anodins. La démence s'insinuait en elle, perverse… Elle n'était plus qu'une pauvre âme perdue dans le brouillard le plus complet… Elle se sentait avilie, impure… Elle n'avait plus qu'un désir, que tout s'arrête, qu'elle meurt, qu'elle ne les sente plus en elle, que la souillure sur son corps disparaisse… C'était la seule issue pour s'échapper et oublier… En finir avec cette humiliante dégradation. Il n'y avait plus de Sereine James. Cette fille n'existait plus, elle avait été profanée, elle était morte. Elle avait quitté son corps et s'était réfugiée au fin fond de son esprit déraisonné. Elle cadenassa sa cachette et jeta la clé là où personne ne pourrait la retrouver…

Dans le prochain chapitre, Fred sera beaucoup plus présent!... Alors ça vous a plu?

Lissoue