Bonjour,

Tout d'abord, j'espère que vous avez passé de bonnes vacances et que vous êtes frais et dispos pour la rentrée, pour ceux qui n'ont plus qu'une semaine de vacances comme moi! Personnellement, j'ai passé deux mois à me baigner, à marcher et à lire des livres passionnants que je vais m'empresser d'ajouter à ma bio!

En théorie, j'aurais dû poster ce chapitre - pas très long qui plus est - il y a déjà quinze jours, mais faignantise oblige, je n'en ai pas eu le courage, préférant à ma grande honte jouer aux sims et voir mes amis! xD

Voilà, tout de même la suite, qui va permettre je crois de lancer enfin l'histoire et notamment la relation de Fred et Sereine!! Je pense que le prochain chapitre sera plus long!! J'ai pas mal d'inspirations!

Maintenant, je passe aux reviews qui m'ont fait extrêmement plaisir, je ne m'en lasse pas!!

Mercii beaucoup à Celestine, Callie, Myley, Shaeline, Kelindra et Mel925!

J'vous aime, mes lecteurs!

Sur ce, je vous laisse lire, en espèrant que ça vous plaise!!

Bisous

Lissoue


CHAPITRE 3

Le soleil se levait à peine quand Fred transplana sur le chemin de Traverse. Immédiatement, il remarqua que quelque chose n'allait pas. Une foule trop nombreuse amassée dans la rue pour l'heure matinale, des voix anormalement sonores, une ambiance presque morbide. La sensation était imperceptible mais réellement présente… Une gêne dans l'air… Son intuition lui soufflait qu'il s'était produit quelque chose d'inhabituel. Toute la rue le clamait, teintait d'une horreur muette, étouffait par une chape d'angoisse irrépressible… Tâchant d'ignorer ce sentiment de malaise omniprésent, il s'approcha rapidement de sa boutique endormie… Il s'apprêtait à tourner la clé dans la serrure quand son regard fut inexorablement attiré vers une masse compacte rassemblée dans une rue adjacente… Un essaim d'abeilles bourdonnant… Petites bêtes qui s'agrippaient, se bousculaient, se disputaient… Avides… Curieux, il se détourna de son cher magasin et se dirigea vers la source cause de cette frénésie. Il avançait à grandes enjambées avec la grâce féline qui lui était propre et le sourire rieur qui ne quittait jamais ses traits, exempts de tout défaut. Son corps était à son service, en parfaite osmose avec son cerveau ambitieux. Il semblait complet, indéniablement et irrémédiablement entier…Quiconque aurait posé son regard sur le jeune homme à la chevelure d'un roux flamboyant en cet instant, où tout son corps frémissant d'impatience se tendait avec ardeur vers la provenance de ses questionnements, aurait été frappé par cette évidence, cette assurance affichée, cette confiance en soi qui n'était pas souillée par la vanité… Son pas ralenti sensiblement avant de pénétrer l'amas compacte de personnes et son regard averti, à la lueur prédatrice saisit au vol l'éclat singulier d'un anneau d'or pendillant nonchalamment d'un lobe d'oreille joliment ébène. Une voix grave s'éleva du physique imposant à qui elle appartenait incitant la foule à reculer…

Il bouscula des gens sur son passage, sans vraiment s'en soucier, ignorant les quolibets rageurs qu'on lui lançait, et se retrouva bientôt près de l'auror connu sous le nom de Kingsley Shacklebolt. Il ne pouvait toujours pas apercevoir la scène qui causait tout ce remue-ménage, mais son intuition lui soufflait avec force, que les mangemorts n'étaient pas innocents dans cette histoire qui s'annonçait sordide, pour attiser ainsi l'intérêt d'une foule à l'inconscient morbide.

- Que s'est-il passé ?

Sa question fut emportée par la clameur assourdissante des sorciers qui se faisaient plus nombreux, les minutes passant, pour se rendre à leur lieu de travail. Mais la tête au port fier, le visage impassible, le danger qui courait dans les yeux de cet homme noir se tournèrent vers la peau blanche tachetée, l'expression mutine, le haussement espiègle des sourcils… Une ombre d'étonnement passa dans le regard de l'auror :

- Fred ? Que fais-tu ici ?

- J'allais travailler quand toute cette pagaille a attiré mon attention. On peut dire que vous gérez merveilleusement bien les crises.

Le ton ironique, l'attitude désinvolte du jeune homme arrachèrent un sourire crispé à Kingsley mais il se ressaisit vite, effaçant toute trace de sentiment de ses traits, se contentant de secouer la tête, insondable :

- Voldemort encore… Tu t'en doutes… Une gamine cette fois-ci…

- Morte ?

S'il y avait un sujet sur lequel Fred ne parvenait pas à rire, c'était bien la mort, particulièrement en cette époque troublée, rythmée par les massacres perpétrés par des mangemorts. Aux mots de l'auror, toute trace de nonchalance avait disparu de sa physionomie et on ne pouvait plus y lire que de l'accablement ainsi qu'une touche de curiosité.

- Miraculeusement non… Elle n'a pas reçu le sort de mort… J'ai comme l'impression que les mangemorts ont de plus en plus confiance en eux. Ils ne prennent même plus la peine de vérifier l'absence de vie chez leur victime… Et n'ont-ils pas de fortes raisons de ne plus craindre grand-chose de nous ?

- Je ne vous avais jamais entendu aussi défaitiste.

Dans sa voix, il n'y avait aucune trace d'émotion, c'était le vide profond, l'indifférence… C'en était troublant… Et malgré lui, la phrase qui suivit, le glaça jusqu'à la moelle des os :

- Je ne suis pas défaitiste… Juste réaliste… Regarde les conséquences de leurs actes… Regarde ce qu'ils ont été capable de faire subir à cette fille, à peine sortie de l'enfance…

A ces mots, son bras puissant, à l'apparence inébranlable, se tendit pour désigner une masse informe qui était apparut quand ses collègues s'étaient écartés pour les laisser passer. Fred aurait préféré ne jamais voir ce corps disloqué, ensanglanté, couvert d'hématomes autour duquel s'activaient des médicomages aux gestes froids, méticuleux, professionnels… Qu'il y ait encore le moindre souffle d'air en elle semblait hautement improbable.

- Qui est-ce ?

La question eut à peine franchi ses lèvres que déjà il savait qu'elle était hors de propos, stupide, inutile. Cette fille était méconnaissable et elle n'aurait pu être identifiée aussi rapidement. Tout ce que l'on devinait c'était des boucles blondes encroûtées d'un sang noirâtre, une petite taille bien tournée et un visage juvénile… Son âge sûrement… Peut-être plus jeune encore… Cette constatation, plus que tout autre chose, le bouleversa… Et pour la première fois de sa vie, Fred Weasley, beau parleur, baratineur, blagueur ne sut que dire et resta muet de stupeur et d'horreur. Kingsley parut comprendre le trouble qui habitait le jeune homme :

- Impressionnant, n'est-ce pas ?

Il ne put répondre à cette question que par une autre :

- Vous croyez réellement qu'elle a des chances de survivre ?

- Les médicomages semblent confiants… C'est un peu une miraculée…

Fred ne put se retenir, il avait besoin de savoir, d'en avoir la certitude, alors il demanda :

- Que lui ont-ils fait ?

Le grand noir tourna ses yeux crépuscules vers le rouquin effronté et déclara d'une voix posée, où il avait gommé toute intonation émotionnelle :

- Elle aurait subi un doloris, peut-être plusieurs… Et ensuite, elle a été violée, les hématomes entre ses cuisses le prouvent, nous en aurons la confirmation après examen… Ils n'y sont pas allés de main morte… Ils lui ont fracturé plusieurs os, des côtes ainsi qu'au niveau des jambes et des bras. Sans oublier les coups à la tête…

- Cette fille est faîte d'acier ?

- Les humains ont parfois des ressources inexploitées en eux. Mais même si elle survit, elle mettra du temps à s'en remettre. Physiquement, bien sûr mais surtout mentalement. Tout ce que je peux lui souhaiter, c'est de s'être évanoui assez tôt.

Les deux hommes restèrent encore quelques secondes, silencieux devant le corps que l'on emmenait à l'hôpital Saint-Mangouste. Durant ce laps de temps, où ni l'un, ni l'autre ne parlait, Fred observait la fille torturée… Il fronça les sourcils… Quelque chose le gênait, une impression de déjà vue… Ce corps, cette chevelure ne lui semblaient pas inconnus. Etait-il possible qu'il connaisse cette femme ? Il chercha désespérément dans le fin fond de sa mémoire… aucune piste… Il se massa les tempes, scrutant ses souvenirs avec avidité mais rien n'y fit… Elle restait une totale inconnue dans son esprit…

- Il va falloir que je l'accompagne… Préviens l'Ordre de cette affaire !

Sans plus de précisions, Kingsley Shacklebolt s'éloigna dans un envol de cape, plus digne que jamais… Fred poussa un petit soupir... Lui, qui pensait naïvement avoir une journée de répit pour s'occuper de son magasin…

OoOoOoOoOoO

Elle avait l'impression de voler, son corps était dans un cocon chaud et sécurisant… Disparue cette douleur lancinante qui la torturait... Disparue cette plaie béante en elle… Disparue, la honte, l'humiliation… Elle avait à peine conscience de ces choses… Il n'y avait plus que son bien-être qui comptait… Elle se sentait libre… Elle n'avait plus de limite que son imagination, de frontière que son audace… Elle était bien, atteignant une plénitude insoupçonnée, un bonheur transcendant… Elle aurait voulu ne jamais quitter cet endroit merveilleux, cet instant éphémère entre vie et mort... Elle dansait, dansait comme une enfant gracieuse, joliment folle, s'étourdissant d'une paix bienvenue… Tout son être se tendait pour ne pas revenir à la dure réalité… Mais cette réalité, existait-elle encore ? Avait-elle jamais existé ? N'était-ce pas un simple cauchemar ?... Elle riait, gamine babillant joyeusement… Perdue consciemment dans un monde merveilleux, factice… Sa solitude ne lui pesait pas… Aucun mal ne pouvait l'atteindre… Le mal n'existait plus… Ce monde ne laissait place qu'à l'insouciance… Elle était en sécurité, enveloppée d'une douce chaleur embaumant les fleurs printanières… Elle était entourée de tout ce qu'elle aimait… Le goût du chocolat qui fondait sous sa langue, les caresses d'Abigail sur sa peau, sa mère en pleine santé lui fredonnant des berceuses, ses livres favoris qui avaient su la transporter, remplis de ces histoires oniriques… Rhett Butler la fixait de son regard pétulant d'insolence, Valmont riait, Edmond Dantès lui souriait… et Lui… Toujours Lui… Entier, omniprésent… Indissociable de son bonheur… Fred Weasley… Il n'était pas vraiment là, c'était surtout comme une présence vaporeuse aux contours éthérés… Il y avait bien l'aile droite et taquine de son nez, son regard rieur, sa bouche envoûtante et ses bras protecteurs tendus vers elle avec amour… Mais ce n'était pas vraiment Lui… Elle fronça son joli petit nez, sentant tout à coup, comme une gêne, l'impression impalpable d'être tiraillée… Elle perçut des sons murmurés dans le lointain qui l'appelaient… Elle tenta de les ignorer pour se concentrer sur Fred, mais les chuchotements se firent plus insistants :

- Sereine… Je t'en supplie, réveille-toi…

- Abigail ?

Que faisait-elle là ? Pourquoi ne la laissait-elle donc pas tranquille ?… Elle était enfin en osmose parfaite avec elle-même et il fallait que la jeune fille vienne pervertir ses pensées. Qu'elle s'en aille et la laisse avec « son Fred »…

- Ma chérie, ma puce, mon amour, mon bébé, maman est là, s'il te plaît, écoute-moi !

Sa mère ? Avaient-elles donc décidé toutes les deux de la rendre malheureuse ? De la ramener à une réalité bien trop cruelle pour être affrontée ? Cette idée fit jour dans son esprit… Quelle était donc cette réalité qu'elle avait inconsciemment évoquée ? Elle ne parvenait pas à mettre le doigt dessus, ce n'était pas tangible pourtant il y avait bien eu un élément perturbateur dans son existence… Un élément qui l'avait amenée ici ? Ça ne pouvait qu'être positif non ? Dans ce cas, pourquoi refuser de répondre à leurs appels ? Si sa mère avait besoin d'elle, elle se devait de l'aider… Peut-être pourrait-elle revenir dans ce lieu paisible quand elle en aurait fini avec toute cette histoire… Sans réfléchir plus longtemps, pour ne pas renoncer, elle s'arracha violemment à l'étreinte amoureuse de ce monde et une douleur intolérable afflua en elle, rafale inexorable de souffrance… A ce tourment physique s'ajouta bientôt la conscience aigüe, la souvenance de ce cauchemar qui n'en était pas un… Elle hurla d'horreur…

OoOoOoOoOoO

Il pénétra dans l'hôpital Saint-Mangouste au beau milieu de l'après-midi, avançant avec la désinvolture qui lui était coutumière, les plis de sa bouche exprimant le rire, la lueur dans ses yeux la vivacité... Les membres de l'Ordre avaient été mobilisés pour surveiller le réveil de la dernière victime en date des mangemorts… Sereine James… Il avait joué des pieds et des mains pour obtenir son tour de garde, avant d'apprendre qui était réellement la jeune fille… Il se rappelait assez bien de cette petite blonde, dont il n'était pas rare qu'il croise le regard cérulé… Apprendre qu'il la connaissait et savoir qu'il avait eu à une époque un lien involontaire avec elle, l'avait troublé… Et il avait voulu s'assurer par lui-même qu'elle allait bien. Peut-être qu'un visage connu la réconforterait plus que tous ces aurors impassibles. Il se sentait responsable d'elle… Il se devait de protéger sa fragilité… George avait eu du mal à comprendre, quand il avait tenté de lui expliquer ce sentiment ambigu qui l'attachait à cette histoire… Fred eut un petit sourire sarcastique… Ou alors il ne voulait pas comprendre car cela signifiait qu'il resterait tout l'après-midi seul, pour s'occuper de leur boutique…

Il montait les étages, suivant les indications de Kingsley, quand une jeune infirmière à la peau hâlée et à la mine avenante l'accosta :

- Je peux vous aider ?

Fred s'arrêta et, passant une main insouciante dans ses cheveux répondit d'un ton badin :

- La chambre 184…

- Oh, oui, c'est juste là.

Elle désigna une porte, au bout du couloir et alors que Fred s'apprêtait à la remercier pour reprendre sa route, elle ajouta :

- Vous êtes de la famille ?

- Non, je suis chargée de l'interroger à son réveil.

Visiblement, cette jolie jeune femme avait envie de papoter… Fred décida d'en prendre son parti… Sans être un Don Juan en puissance, il ne refoulait pas son goût prononcé pour la gent féminine :

- Oh, oui, bien sûr, quelle terrible histoire. La pauvre petite…

Elle secoua la tête, en signe de compassion et continua :

- Ils lui ont ressoudé les os et heureusement aucun organe vital n'a été touché.

- Elle gardera des séquelles physiques ?

- Non, les bleus et les hématomes finiront par disparaître et les médecins ont fait du beau travail. Non, moi, c'est surtout pour sa santé mentale que je m'inquiéterais. Peut-être aurait-il mieux fallu pour elle qu'elle ne survive pas.

Elle poussa un petit soupir auquel Fred répondit, ironique :

- Oui, je pense aussi qu'on aurait dû la laisser mourir plutôt que tenter de la sauver, ça aurait été préférable. C'est de notoriété publique que les gens préfèrent mourir.

L'infirmière lui lança un coup d'œil choqué, affichant une mine déconfite. Fred ferma les yeux une fraction de seconde… Cet humour noir commençait à le ronger… La jeune femme se défendit :

- Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire mais parfois…

Un hurlement déchirant l'interrompit… Instantanément, leurs deux visages se tournèrent vers la source du trouble et ils se précipitèrent vers la chambre 184. Le cri inhumain bourdonnait violemment aux oreilles du jeune homme. Il en suintait une douleur sans nom, absolue, intolérable, égoïste… Il ne sut pas vraiment comment cela arriva mais la porte blanche fut brusquement ouverte et son regard tomba sur une famille réunie autour d'un lit sur lequel se tenait Sereine. Sa voix perdit tout à coup toute puissance et se transforma en sanglots bruyants que rien ne semblait pouvoir stopper… La scène avait une aura déchirante… Personne ne pouvait l'aider pour le moment… Elle était seule, seule avec ses pleurs et ses souvenirs trop vivaces…

OoOoOoOoOoO

Sereine observait les gens qui l'entouraient d'un air placide, désintéressée… Cela faisait déjà un moment qu'ils discutaient et elle entendait la colère montante dans la voix de son père… Face à lui, Fred Weasley, gardait son calme mais cela allait-il durer ? Peu importait, ce n'était pas son soucis… Sa mère lui tenait la main en pleurnichant, son visage prématurément vieilli était marqué par les sillons de ses larmes. Et puis il y avait Abigail… Elle était assise sur une chaise étroite et la regardait fixement depuis un bon moment maintenant. Ses yeux étaient exempts de toute larme mais on pouvait lire dans son regard une profonde tristesse. Elle ne soufflait pas un mot… Sereine n'en avait que faire… Elle tâta son cœur avec circonspection… Non… Rien, pas le moindre sentiment… Juste une sincère indifférence… Elle s'était réveillée et avait hurlé en revivant ce qu'elle avait vécu, puis elle avait pleuré, longtemps, elle ne parvenait plus à se contenir… Et puis, il y avait eu tout à coup, cette salvatrice apathie… Sa mémoire était toujours complète, bien sûr… Mais ces souvenirs semblaient lointains, détachés… Comme s'ils appartenaient à une autre… Elle commençait à s'apercevoir que cette insensibilité s'adresser aussi à tout ce qui l'entourait… Avant son agression, elle savait avoir ardemment aimé Weasley… A présent, l'idée la faisait rire… Enfin pas véritablement… Rire… Elle n'en avait plus le désir, ni même la capacité… Pas plus qu'elle ne pouvait pleurer… C'était comme si toute émotion s'était écoulée d'elle… C'était une sensation étrange… Elle était à présent imperméable… Plus rien ne pouvait l'atteindre… Plus rien… Jamais…

Sereine reporta son insouciante attention sur le débat qui avait lieu au pied de son lit…

- Monsieur James, vous n'avez pas le choix. Votre fille est peut-être en danger de mort. C'est pour son bien que nous souhaitons qu'elle vienne habiter quelque temps au QG de l'ordre. Pour qu'elle soit en sécurité.

Son père se mit à ricaner, sarcastique, une artère pulsant violemment à son coup :

- Parlons-en de votre pseudo protection. Pas très efficace pour le moment !

- Ecoutez…

- Non, vous, écoutez-moi ! Pour se remettre, ma fille a besoin d'être entourée de gens qu'elle aime et qui l'aiment, de sa famille en somme.

- Votre fille a besoin non seulement d'être surveillée mais il lui faudra aussi une personne constamment à ses côtés durant les mois qui vont suivre. Je suppose que vous travaillez, vous ne pourrez pas être continuellement à son chevet.

Sky, qui n'avait pas pris part à la conversation jusqu'à présent, s'exprima de sa voix douce, qui en cet instant avait perdu toute connotation enfantine :

- Alan, je veux que ma Sereine aille avec ce jeune homme. Tu es tellement obsédé par ton boulot, que tu serais capable de la négliger et je n'ai pas envie de la perdre parce que tu n'auras pas voulu t'en séparer pendant quelque temps.

L'homme se tourna vers son ex femme et cracha, distillant son venin :

- Toi, la folle, ferme-là, on ne t'a rien demandé. Essaye déjà de t'occuper de toi-même et ensuite tu pourras peut-être émettre un soupçon d'avis.

Tout le monde se tut, choqué… Sereine vit du coin de l'œil, Abigail se tourner vers elle, espérant une réaction de sa part, une protestation, un signe de colère, n'importe quoi, pourvu qu'elle réagisse, elle qui était toujours prête à défendre sa mère… Mais rien ne vint… Sky répondit alors d'un ton très froid :

- Sereine est autant ma fille que la tienne et je ne veux pas qu'elle reste avec toi !

Alan essuya la sueur qui lui coulait sur le front, tremblant d'une fureur mal contenu et tendit un doigt accusateur vers la femme avec qui il avait été marié à une époque tellement lointaine qu'elle semblait n'avoir été qu'un rêve :

- Ah, c'est ça ! Tu te fiches bien de Sereine, ce que tu veux, c'est qu'elle ne reste pas avec moi ! Dis-le ! Avoue ! Tu ne penses qu'à toi !

- C'est toi qui ne pense qu'à toi, Alan ! Le temps ne t'a pas bonifié… Mais pourquoi ne pas laisser le choix à la première concernée ?

Elle était restée parfaitement calme mais Sereine connaissait assez sa mère pour savoir qu'elle souffrait de ce que lui avait dit son père. Ils se tournèrent tous vers elle, interrogateurs, anxieux pour certains, curieux pour d'autres… Mais elle se contenta d'hausser les épaules en dégageant une mèche de son visage, en songeant, que ses cheveux étaient tout emmêlés. A quoi bon leur répondre ? Dans quel but ? Elle n'avait que faire de toute cette histoire frivole… Elle aurait juste voulu qu'on la laisse en paix. Elle avait mal à la tête et le moindre mouvement lui coûtait… Elle voulait qu'ils sortent…

- Pourquoi ne parles-tu pas ma chérie ?

Sereine détourna le regard du visage suppliant de sa mère… Ne pouvait-elle pas comprendre, qu'il n'y avait tout simplement rien à dire ? Qu'ils l'emmènent où bon leur semblerait, ça ne changerait pas grand-chose pour elle…


La suite? Bientôt en théorie, avec l'apparition d'un nouveau personnage!! :D