Bonjour ou Bonsoir! :)
Beaucoup de choses à dire! Déjà je tiens à m'excuser d'avoir arrêté la publication de ma fic sans prévenir... Manque de motivation, concentrée sur une autre fic... Mais depuis le début de l'été j'avais envie de la reprendre et le petit mot de Kelindra m'a définitivement décidée - Merci beaucoup! - Du coup, j'ai écrit ce chapitre en trois jours et tout est en place pour la suite! :)
Je remercie celles qui m'avaient laissé des reviews pour le chapitre 7 : Kelindra et Myley.
Autre nouvelle, j'ai créé mon LiveJournal sous le nom d'IlyeBlack où vous pourrez vous tenir au courant de l'avancée de mes histoires, de mes projets, etc. Il n'est pas encore très rempli mais ça va se faire petit à petit. J'y ai mis notamment des photos de mes personnages (disons des photos d'acteurs qui se rapprochent de comment j'imagine mes personnages. ^^) - .com. N'hésitez pas à aller y faire un tour et me dire ce que vous en pensez. Je serais curieuse de savoir si c'est comme ça que vous imaginiez les personnages.
Voilà. Bisous & Bonne lecture! :)
CHAPITRE 8
Certains évènements de notre vie nous font prendre conscience de sa fragilité. On s'installe généralement dans une routine qui peut nous plaire ou non... Des rêves peuplent notre imagination. On essaye d'être heureux à notre manière malgré la guerre, malgré la peur qui rôde... Jusqu'au jour où survient l'élément perturbateur... Voire destructeur... Et Sereine James ne savait comment son petit monde avait pu passer de sa sérénité lassante à ce chaos monstrueux : elle était enceinte de l'un de ces hommes qui l'avait violée... Dans ses cauchemars elle les revoyait, la jouissance perverse, la cruauté sadique brûlant dans leurs yeux... Elle se demandait pourquoi elle n'était pas morte, pourquoi elle avait survécu à ce carnage...
Et personne n'était là pour lui offrir de réponse...
Sereine s'était levée et habillée. Elle avait mangé dans la cuisine puis avait attendu sagement qu'on l'emmène à Sainte-Mangouste. Elle avait effectué tous ces gestes quotidiens de manière encore plus machinale que d'habitude. Son esprit était comme déconnecté de son corps. Deux entités séparées l'une de l'autre par cette nouvelle qui semblait réduire tous les efforts, qu'elle avait fourni depuis ces derniers mois pour s'en sortir, à néant : elle était enceinte... Junie avait tenté de la rassurer en lui disant qu'ils allaient la débarrasser de cette chose qu'elle portait dans son ventre, que ça ne prendrait que quelques heures et qu'ensuite tout serait fini... Mais Sereine n'était pas naïve, elle savait que rien n'était jamais fini, que les souvenirs eux restaient et qu'elle ne redeviendrait pas comme avant... Surtout pas après ça... Une part d'elle, son innocence sans doute, s'était enfuie dans la bataille.
« Tu es prête, Sereine? » Questionna Molly d'un ton très doux.
La jeune fille aimait beaucoup Molly qui la dorlotait et se montrait beaucoup plus compatissante que Junie. Elle se comportait avec elle comme une mère, chose qu'elle avait très peu connu.
« Oui. Où est Junie?
_ Elle va arriver d'un instant à l'autre. »
Molly caressa les cheveux de la petite blonde et déposa un baiser sur sa joue. Elles étaient seules dans la cuisine mais elle n'osa pas la serrer dans ses bras de peur de la brusquer. Sereine pouvait être si imprévisible...
Junie apparut enfin dans l'encadrement de la porte, le visage sombre, visiblement pressée d'en finir avec cette histoire.
« Comment ça impossible? Vous voulez que je vous apprenne à faire correctement votre métier? Ça ne doit pas être dur de lui extirper cet embryon du corps! Qu'est-ce qu'il vous faut pour que vous fassiez ce foutu boulot? De l'argent? Une promotion? Tout ce que vous voulez mais faites ce que je vous demande Docteur Fergesson! »
Junie s'était exprimée de la voix basse et sifflante qu'elle utilisait lorsqu'elle était furieuse. Elle ne perdait jamais son calme habituellement mais son sang-froid était mis à rude épreuve. Elle tapota la carte que portait le docteur sur la poche de sa blouse sur laquelle on pouvait lire son nom, avec mépris. C'était le troisième médecin qu'elle voyait de la matinée et il disait la même chose que les autres : Sereine ne pouvait pas avorter. Elle avait exigé, tempêté, menacé mais rien n'y avait fait...
« Mademoiselle Moore, il faut que vous compreniez que votre protégée est trop faible tant physiquement que moralement pour effectuer cette opération. Vous la mettriez en danger. Elle est déjà à trois mois de grossesse.
_ Vous imaginez, j'espère, que cette gamine s'est faite violée. Qu'allons-nous faire de cet enfant? Quelle vie va-t-il avoir?
_ Je comprends tout à fait, ce n'est pas la première fois que je me retrouve face à ce genre de situation mais il n'y a pas d'autre solution. Mademoiselle James pourra faire adopter son enfant ou le garder si elle en a le désir malgré la situation. Lui avez-vous au moins demander son avis? Répliqua calmement le médecin.
_ Son avis, cracha Junie, mais quel avis une pauvre fille à moitié folle pourrait-elle bien avoir? »
Junie cessa de parler en voyant le regard de Fergesson changer brusquement. Ne comprenant pas sa réaction, elle se retourna pour voir ce qui l'avait perturbé. Sereine se tenait derrière elle, la fixant de ses grands yeux bleus remplis de désarrois, de rancoeur et de honte... Elle lui avait demandé de l'attendre un peu plus loin, le temps qu'elle s'explique et ne l'avait pas entendu approcher. A l'inverse, d'après l'expression de son visage la jeune fille n'avait quant à elle rien perdu de la conversation.
« La pauvre fille à moitié folle a un avis. Elle va garder ce gosse et va l'élever que tu le veuilles ou non. »
Sereine planta ses yeux dans ceux de cette femme qu'elle n'avait jamais véritablement aimé malgré l'aide qu'elle lui avait apporté. Leurs caractères étaient bien trop opposés et Junie manquait terriblement de tendresse et de délicatesse. Elle avait l'impression à présent d'être une sorte de jouet, d'occupation pour cette femme. Elle se rappelait la manière dont Junie avait éloigné Fred d'elle comme si elle ne voulait pas la partager... Soi-disant pour son bien... Mais à présent, elle se demandait si sa guérison n'aurait pas été plus rapide si il avait été constamment auprès d'elle. Bien sûr il y avait eu l'épisode où il l'avait embrassée sans qu'elle s'y attende... Elle avait réagi violemment et une part d'elle le détestait pour ça... Mais dans ses rêves, elle revivait ce baiser et elle en appelait d'autres de ses vœux... Elle ne comprenait pas cet amour inextinguible qui l'habitait depuis tant d'années. Et il avait fallu qu'il se concrétise au pire moment de sa vie... Grâce à ce pire moment... Quant à cette décision d'élever cet enfant, elle n'aurait su dire ce qui l'avait pris... Si c'était par pur esprit de contradiction – avait-elle le droit de jouer l'avenir de cet être juste pour faire enrager Junie? - sûrement pas... Mais Sereine devait s'avouer qu'il y avait bien de ça dans sa décision... Pas seulement, cependant... Il y avait autre chose aussi... Oui, autre chose... Elle voulait que cet enfant devienne un symbole... Le symbole de sa victoire sur une agression qui avait failli la tuer ou la laisser à un état léthargique proche de la mort... Il serait sa victoire sur les mangemorts qui lui avaient fait ça... Sur Voldemort...
La cuisine était sombre ce soir-là, éclairée uniquement par quelques chandeliers... Le cœur n'était pas à la fête... Le repas était terminé depuis longtemps mais plusieurs membres de l'Ordre s'étaient attardés, attendant sans le dire que Sereine monte se coucher. Junie se tenait droite sur sa chaise, silencieuse, immobile. Remus s'était accoudé à la cheminée en pierre, l'air épuisé. Tonks était assise près de lui, les mains posées sur son ventre qui grossissait à vue d'oeil. Molly s'affairait autour de l'évier pour finir de ranger la vaisselle tandis que Fred et George se balançaient sur leur chaise dans un parfait ensemble.
« Il faudrait prévenir la famille de la petite... finit par déclarer Molly pour rompre le silence.
_ Je peux m'en charger, proposa Fred.
_ Le mieux serait qu'elle l'annonce elle-même. C'est sa décision de le garder après tout.
_ Tu oublies, Remus qu'elle n'a pas le choix, rétorqua sèchement Fred.
_ Je voulais dire pour ce qui est de l'élever. Elle leur donnera ses raisons... Pour eux aussi ça pourrait être compliqué. Accepter l'enfant d'un violeur...
_ C'est bien pour ça, qu'elle ferait mieux de l'abandonner, interrompit violemment Junie.
_ On croirait entendre la voix de l'expérience, susurra George, mauvais, c'est sûr que toi tu n'es pas bouleversé par des états d'âme.
_ Il n'est pas vraiment question d'état d'âme, déclara Tonks, empêchant à Junie de cracher la réplique qu'elle avait sur les lèvres. Je crois que je comprends Sereine et je trouve ça beau qu'elle arrive à dépasser la répulsion, la peur, l'horreur qu'évoquent pour elle le père pour ne voir que cet être qui naîtra bientôt. »
A ces mots, Junie ricana. Elle n'avait aucune envie d'entendre toute cette mièvrerie. Elle avait toujours détesté les Poufsouffle, si prévisibles, si fatalement... compatissants et compréhensifs. Si elle détestait George, si elle le méprisait, elle devait reconnaître qu'il était un véritable Gryffondor et avait fière allure. Pas le genre à se complaire dans les bons sentiments. La pensée de Sirius l'effleura... Brièvement...
« Eh bien, Tonks, tu n'auras qu'à accompagner notre petite Sereine chez ses parents alors pour qu'elle apprenne l'heureux événement. »
Tonks regarda Junie d'un air dégoûté mais acquiesça. Il n'y avait rien à dire devant autant d'insensibilité. La jeune femme ne savait pas ce qui s'était passé à l'hôpital mais Sereine était rentrée visiblement décidée et pleine d'une rage froide à l'encontre de celle qui avait passé toutes ces dernières semaines auprès d'elle. Rage qui s'était étendue à tous ceux qui l'approchaient... Comme si elle se méfiait, comme si elle les soupçonnait de quelques mauvaises intentions à son égard. Toutes deux avaient refusé de s'expliquer mais elles ne s'adressaient plus la parole tandis que le rejet de Fred semblait moins fort... Au soulagement de celui-ci...
Cette nuit-là, George sortit de sa chambre sur la pointe des pieds pour ne pas réveiller son frère. Il allait rejoindre Junie... Avant de quitter la pièce où ils étaient tous rassemblés, elle lui avait frôlé la nuque de ses doigts en passant derrière lui... Le jeune homme commençait à la connaître un peu mieux et ce dont il était certain c'était qu'elle n'avait pas fait ce geste par inadvertance. Il avait pris cela comme un subtil appel à la luxure. Depuis cette fois où ils avaient fait l'amour dans la bibliothèque, il était obnubilé par cette femme... Il revoyait dans ses fantasmes son corps encore lisse, ses seins lourds, ses jambes voluptueuses... Il frappa discrètement à sa porte, surveillant que personne ne traina dans les couloirs... Au bout de quelques instants, Junie apparut dans l'entrebâillement, un sourire mauvais aux lèvres... Si George avait eu encore toute sa présence d'esprit, il aurait fui en courant... Seulement, la femme qu'il désirait si ardemment était à présent sous ses yeux en déshabillé qui révélait ses formes généreuses.
« Entre... »
Elle s'écarta pour le laisser passer, puis se déplaça dans la pièce, provocante.
« Tu vois, George, je suis une femme encore jeune. Et comme toutes les femmes j'ai des désirs – son regard se fit suggestif – j'ai envie qu'un homme me prenne, qu'il me fasse l'amour. Tu vois ce que je veux dire? Un homme, un vrai... Pas comme la dernière fois... Ce que tu m'as offert ce jour-là... était très décevant – elle fit la moue – avec ta fougue, ta jeunesse, ton impétuosité, je m'attendais à quelque chose de plus... comment dire... renversant...
_ Laisse-moi te montrer de quoi je suis capable! S'exclama, George, rouge de honte.
_ J'ai peur d'être encore une fois déçue, soupira Junie... Mais bon... Je vais accepter une dernière fois... »
Elle se rapprocha de lui et caressa son torse à travers sa chemise. Ses mains glissaient lascivement jusqu'à sa ceinture... Mais George l'arrêta. Puisqu'elle voulait voir de quoi il était capable, ce soir-là il s'occuperait principalement de son plaisir à elle. Quelque peu déstabilisée par son geste, elle baissa sa garde l'espace d'un instant permettant au jeune homme de reprendre le dessus...
La nuit s'annonçait longue...
George se réveilla en sursaut ne sachant plus où il se trouvait. Le lit était trop grand pour être le sien et l'odeur qui planait dans la pièce ne correspondait en aucun cas à ce qu'il connaissait... Puis les souvenirs revinrent... Il plongea la tête dans les draps et le parfum capiteux de Junie le fit suffoquer... Il se redressa en entendant sa voix près de la fenêtre ouverte. Il crut d'abord qu'elle s'adressait à lui avant de comprendre avec stupeur qu'elle parlait toute seule.
« Arrête Sirius, tu es stupide... Et non, détrompe-toi, ton frère est le plus merveilleux des amants. La question n'est pas de savoir s'il est meilleur que toi, rit-elle. Je l'aime sincèrement, il n'est pas juste un amusement... Je ne compte pas humilier Regulus ou je ne sais quelles autres choses tu imagines. D'ailleurs assez parlé de moi!... Non, ne fais pas l'innocent, tu crois que quelque chose peut m'échapper chez les Serpentard? Bien sûr que je suis au courant pour Cissy. Tu es vraiment dépravé, mon chéri. Avec ta cousine... Je trouve plutôt amusant que ça soit au moment où la guerre atteint son paroxysme que des liens se créent entre les maisons... »
George retenait sa respiration de peur d'attirer l'attention de Junie. Elle était accoudée à la fenêtre ouverte et des volutes de fumées s'échappaient d'entre ses lèvres entre deux flots de paroles. Les réverbères de la rue l'auréolaient d'une lueur blafarde, irréelle, qui avec avec sa robe blanche lui donnaient l'apparence d'un fantôme... Le jeune homme s'était redressé, appuyé sur ses paumes, les draps ne couvrant que le bas de son corps... Junie dut finir par sentir le regard posé sur elle car elle tourna la tête. Elle souriait mais ses prunelles étaient empreintes d'une folie hagarde.
« Ah, Tristan tu es là. J'ai croisé Iseut tout à l'heure, elle te cherchait. Quand vas-tu enfin te débarrasser de cette pauvre fille? Je ne la supporte pas quand elle te regarde avec ses yeux énamourés, elle est ridicule. »
George sentit les battements de son cœur accéléraient. La scène à laquelle il était en train d'assister lui semblait onirique. Il avait l'impression d'avoir changé d'univers dans son sommeil... Pourtant ce qu'il voyait et entendait était bien réels... Junie Moore était folle, hantée par son passé... Et à présent, elle le prenait pour ce... Tristan, qu'il ne connaissait même pas. Malgré sa témérité de Gryffondor, il n'avait en cet instant qu'une seule envie : fuir... Fuir à tout prix...
Fred ne se sentait plus vraiment lui-même depuis que Sereine avait surgi sans prévenir dans sa vie. Il sentait que le lien avec son frère jumeau se distendait, que son humour s'amenuisait, comme s'il avait moins le cœur à rire. Il ne savait plus ce qu'il voulait, perdait goût à tout. Pourquoi avait-il fallu que cette histoire lui tombe dessus. Lui si insouciant se retrouver prisonnier d'une relation qui le dévorait, son humeur suivant le rythme de celle de Sereine à son égard. Lorsqu'il avait senti le rapprochement entre lui et la jeune fille s'effectuer, ce rapprochement qu'il guettait depuis plusieurs semaines, il avait été si heureux qu'il avait fini par perdre toute prudence... La brusquant... Peut-être irréversiblement... C'était du moins ce qu'il avait craint... Puis depuis l'annonce de sa grossesse, depuis l'épisode de l'hôpital, il paraissait être revenu dans ses bonnes grâces... Du moins supportait-elle à nouveau sa présence... Elle ne voulait plus que Junie s'occupe d'elle et s'en sortait de mieux en mieux toute seule. A présent, elle vaquait à ses occupations dans le manoir, aidant parfois Madame Weasley dans ses travaux ménagers.
Elle avait accepté que ce soit Fred qui l'accompagne pour annoncer la nouvelle de sa grossesse à sa famille. Deux aurors les accompagneraient par prudence. Le jeune homme doutait que ces précautions soient véritablement utiles mais Kingsley Shacklebolt avait été intraitable. Il ne voulait prendre aucun risque... C'est ainsi que Fred et Sereine se retrouvèrent dans le salon de la famille Sullivan par un après-midi pluvieux et glacial de décembre. Les parents de la jeune fille, sa belle-mère ainsi qu'Abigail étaient présents. Tous avaient montré leur joie de voir Sereine dans un état proche de ce qu'elle avait toujours été, bien loin de l'apathie dans laquelle ils l'avaient laissée quelques mois plus tôt, ne l'ayant pas revu depuis. Abigail était méfiante, conscient que quelque chose n'allait pas, que ce n'était pas simplement une visite de sympathie. Elle attendait en silence que Sereine prenne la parole et s'explique, ce que cette dernière ne tarda pas à faire, voulant se débarrasser du fardeau.
« Il y a quelques jours, on s'est aperçu qu'un de mes... violeurs... m'avait mis enceinte... »
Un cri horrifié s'échappa de la bouche de sa belle-mère, tandis que les autres fronçaient les sourcils ou serraient les dents, atterrés.
« Ça n'a pas été facile à accepter pour moi... Surtout qu'il est trop tard pour avorter...
_ Comment ça trop tard? Quelle est cette blague? Veux-tu dire ma fille que ces incapables ne se sont pas aperçus plus tôt qu'il y avait un souci.
_ Ce n'est pas vraiment de leur faute, papa...
_ Et les médecins? Ça me semble évident qu'il faut vérifier ce genre de choses le plus rapidement possible. Quelle bande d'incapables! Je n'arrive pas à y croire. On va leur faire un procès!
_ Monsieur Sullivan, les médecins ont admis avoir commis une erreur médicale, cependant je ne crois pas que votre fille, car c'est elle que cela concerne en premier lieu ait envie de se lancer dans des actions judiciaires, répliqua Fred excédé par le ton de cet homme si suffisant.
_ Je vais donc garder cet enfant, je vais l'enlever du mieux que je pourrai en faisant abstraction de sa paternité. »
L'information tomba comme un couperet. Tous avaient pensé en leur fort intérieur que Sereine abandonnerait son enfant... Qui à la voir aurait pu l'imaginer mère? Elle avait encore l'apparence chétive d'une enfant. Elle était faible physiquement mais aussi moralement... Comment un enfant réussirait-il à se construire avec une mère qui avait été détruite?
« Je resterai au QG de l'Ordre jusqu'à ce que la guerre soit finie. Bien sûr cet enfant ne saura rien de ce que j'ai vécu. Et je ne suis pas folle, je sais très bien ce que je fais. »
Fred et Sereine restèrent pour manger et tous les arguments de son père pour la faire changer d'avis n'eurent aucun effet. Abigail resta étrangement silencieuse. Son regard alla durant tout le repas de Fred à Sereine, de Sereine à Fred... Cherchant à définir le lien qui les unissait à présent... Pour elle, son amie faisait une erreur. Elle savait mieux que tout autre qu'elle était incapable d'élever un enfant, de lui apporter ce dont il avait besoin mais elle ne dirait rien... Elle savait par avance qu'elle ne parviendrait pas à la faire changer d'avis, que toutes ses paroles seraient vaines... Elle demanda à la fin du repas, à parler en privé avec la jeune fille. Et tandis que les autres regagnaient le salon, Abigail et Sereine s'enfermèrent dans une chambre pour discuter.
« Que veux-tu Abigail? »
Cette dernière fut blessée par le ton sec employé mais ne montra rien...
« C'est vraiment fini alors... »
Elle se rapprocha de celle qui avait toujours été plus qu'une simple amie à ses yeux et lui caressa la joue lentement.
« Je ne veux plus qu'il y ait d'ambiguïtés entre nous. J'ai laissé trainer cette situation bien trop longtemps. Et ne crois pas que cela soit lié à ce qui m'est arrivé. Je n'étais pas amoureuse de toi et tu le sais très bien... J'étais simplement passive...
_ Tu aimais que je te touche, tu gémissais sous mes doigts, sous ma langue. Tu prenais du plaisir dans mes bras, ne le nie pas!
_ Pourquoi faut-il toujours que tu sois si impudique?
_ Arrête de jouer les vierges effarouchées, les petites prudes, les saintes-nitouches, s'agaça Abigail, tu l'as bien moins été par moments.
_ Tu n'as pas le droit de te servir de notre intimité pour me faire culpabiliser. Mon corps répondait à tes caresses, mais pas mon esprit. »
Abigail n'avait pas pensé que ces paroles lui feraient aussi mal. Elle ferma les yeux tentant de contraindre la douleur qu'elles provoquaient. Elle n'avait pas la force de se mettre en colère, de la traiter d'égoïste... Elle n'avait pas envie de pleurer devant elle, d'avouer sa faiblesse. Elle n'avait qu'une envie, prendre ce petit bout de femme dans ses bras et revenir dans ce passé où elle se laissait faire.
« Une dernière fois. »
Les mots avaient jailli sans qu'elle y pense véritablement...
« Comment? Demanda Sereine, sans comprendre.
_ Une dernière fois... Offre moi une dernière étreinte, Sereine, pour que je la savoure pleinement. Je t'en supplie. »
A son grand étonnement, Sereine sembla réfléchir à cette possibilité. Elle qui s'attendait à un refus catégorique espérait à présent...
« Tu me promets que par la suite nous ne parlerons plus jamais de ça? Que nous serons de simples amies? Que tu ne te montreras plus jalouse et possessive? Questionna-t-elle méfiante.
_ Oui... déclara dans un souffle Abigail.
_ Bien, une dernière nuit... Je t'offre une dernière nuit. »
Lorsqu'Abigail ouvrit la porte de son appartement à Sereine la mélancolie l'envahit... Elle avait l'impression d'avoir déjà vécu cette scène des dizaines de fois. Un auror l'avait accompagné et reviendrait la chercher le lendemain matin. La jeune fille se réjouit de voir que Fred Weasley était resté chez lui. Sereine avait sans doute prétexté l'envie de passer un peu de temps avec sa meilleure amie après tout ce temps pour justifier sa visite...
« Tu es si belle. »
Il n'y eut pas de réponse au compliment... Abigail soupira en voyant que la jeune fille ne semblait pas montrer beaucoup de volonté mais n'insista pas... Elles mangèrent en silence puis gagnèrent la chambre à coucher... Elles allaient accomplir ce pourquoi Sereine était là...
Une dernière fois...
Elle saisit son visage entre ses mains avec délicatesse et l'embrassa forçant tendrement le barrage de ses lèvres. Elle sentait déjà le désir monter en elle et voulait le provoquer chez son amante. Elle voulait lui laisser un souvenir merveilleux et non pas celui d'une simple obligation. Elle fit glisser la veste de la jeune fille, dévoilant ses bras pâles et amaigris... Sa bouche descendit dans son cou jusqu'à l'orée de sa poitrine. Elle l'allongea doucement sur le lit pour être plus à l'aise après lui avoir retiré son tee-shirt. Sa langue caressa langoureusement la pointe des seins, puis glissa jusqu'au bas-ventre... Enfin, Abigail perçut une réaction encourageante. Elle défit la ceinture de son jean et le lui enleva sans attendre... Sa main passa sur la petite culotte et elle se réjouit en silence de son humidité... Sereine était moins insensible qu'elle n'en avait l'air... Elle retira cette dernière barrière et put enfin apprécier la vue du corps nu de son amante dans toute son entièreté. Elle se déshabilla sans attendre le concours de la jeune fille, se laissant ensuite, à son tour, caresser... Puis elle reprit la direction des opérations, descendant jusqu'à son intimité pour y déposer ses lèvres et alors que sa langue faisait ce qu'elle savait si bien faire, un gémissement échappa à Sereine, ses doigts agrippant les courtes mèches de cheveux de sa partenaire, emportée par le plaisir...
Une dernière fois...
« Vous l'avez fait, n'est-ce pas? »
Sereine sursauta en entendant la voix de Fred dans sa chambre. Elle rentrait tout juste de chez Abigail et ne s'attendait pas à le trouver là. Il était assis dans un fauteuil, le regard pensif, vêtu d'un pantalon beige et d'un pull noir et elle le trouva particulièrement beau... Elle sut tout de suite de quoi il voulait parler et ne chercha pas à lui mentir.
« Oui, une dernière fois... »
Il la regarda longuement, plongeant son regard rempli d'incompréhension dans le sien... Impassible... Puis il murmura douloureusement.
« Pourquoi a-t-elle droit à cela, alors que moi je n'ai même pas le droit de t'effleurer, Sereine? »
Suite pas trop décevante? Le début de Lemon entre Abigail et Sereine peut paraître de trop mais il aura son importance pour la suite...
Et très bientôt je mettrai sur mon LiveJournal, un extrait chapitre 9. ^^
A bientôt!
