Bonjour !
Voilà le dernier chapitre. Il ne reste donc plus qu'un petit épilogue qui est déjà en grande partie écrit. J'aimerais le retoucher, c'est pourquoi je ne le publie pas immédiatement. Je ne vais pas vous parler plus longtemps pour vous laisser aller à l'essentiel. Je remercie les lectrices qui ont laissé des reviews naturellement (à qui je réponds en message privé quand c'est possible) : S0ledad, Twix13 et TheFanne.
Je tiens également à répondre à Lana qui m'a laissé une review de mécontentement : je prends en compte ton reproche. 6 ans pour écrire une petite fanfiction - de 10 chapitres seulement qui plus est ! - c'est long, très long même. De là à dire que je prends mes lecteurs pour des idiots? Je proteste. Je me suis excusée à maintes reprises pour le temps d'attente. En tant que lectrice également de fanfictions, oui, en effet, ça peut être exaspérant. L'intérêt de continuer à publier même à autant de mois d'écart, c'est justement le respect. Le respect envers les lecteurs de finir une histoire dont certains aimeraient connaître la fin. Certains ont abandonné depuis longtemps, d'autres l'ont même oubliée et je respecte cela également. De plus, les fanfictions ne sont pas toute ma vie, une vie de lycéenne puis d'étudiante qui a pu connaître de nombreux aléas, des études prenantes au point de limiter ma vie sociale et mon inspiration, de me faire perdre toute envie d'écrire. J'ai écrit cette histoire sans recevoir d'argent en échange, sur mon temps libre. J'ai aimé ça, énormément mais parfois je n'avais juste pas envie de me mettre devant mon ordi et une page blanche. Si tu ne peux pas comprendre ça, alors je n'ai rien à ajouter. Ceci dit je suis heureuse de savoir que je ne t'ai pas porté tort puisque mon histoire n'est pas terrible.
Bonne lecture aux autres ! [Toutes les critiques sont acceptées, quelles qu'elles soient, tant que je garde mon droit de réponse ;)]
CHAPITRE 10
Sereine avait peur, elle était même terrifiée. Or, pour la première fois depuis longtemps, elle n'avait pas peur pour elle. Cette sensation étrange l'habitait depuis plusieurs jours sans qu'elle puisse y résister, se raisonner. Cela avait commencé quand elle avait compris ce que les membres de l'Ordre préparaient. L'attaque sur le manoir Malefoy aurait lieu de façon imminente et Fred y participerait comme ces personnes qu'elle croisait tous les jours et qui allaient mettre leur vie en danger pour sauver le monde sorcier de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Elle craignait qu'ils ne reviennent jamais, qu'elle se retrouve à nouveau seule. Elle ne voulait pas ressentir la douleur de la perte. Elle avait appris à apprécier ces gens, à les aimer. Il était prévu qu'elle reste au manoir avec Molly Weasley et Nymphadora Tonks qui pouvait accoucher à tout moment.
« Sereine ? »
Elle se retourna vivement, surprise. Le regard rieur de Fred accrocha le sien et elle ne put retenir un sourire. Il se tenait devant elle avec sa silhouette élancée. Il passa une main dans ses cheveux, les ébouriffant un peu plus et son cœur s'emballa. Elle sentait ses mains devenir moites il était si attirant. Elle se rapprocha de lui, ses doigts s'entrelacèrent aux siens avant de remonter vers son visage et de parcourir en douceur les taches de son qui parsemaient sa peau pâle. Il se pencha vers elle et, sans demander la permission, il l'embrassa. C'était différent de cette fois, dans la bibliothèque, où elle l'avait repoussé. Ses lèvres étaient douces contre les siennes, ne se faisaient pas pressantes mais demandaient au contraire qu'on les accepte. Elle ne le repoussa pas quand ses bras l'entourèrent elle se sentait infiniment bien. Ils étaient unis, les boucles blondes se mêlant aux mèches rousses.
Fred ne voulait pas desserrer son étreinte. Il avait pleinement conscience que c'était peut-être la première et dernière fois qu'il la tenait ainsi près de lui. Le lendemain, il se dirigerait avec les autres membres de l'Ordre vers le manoir Malefoy où un destin funèbre l'attendait peut-être. Il voulait profiter de ces derniers instants avec cet être fragile et énigmatique qui l'intriguait tant depuis plusieurs mois. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait mais il se sentait heureux, aussi heureux qu'on pouvait l'être en temps de guerre.
« Tu vas revenir n'est-ce pas ? »
La question n'avait été qu'un souffle. Fred n'était même pas sûr qu'elle l'ait vraiment prononcée. Peut-être inventait-il. Mais son regard céruléen ne laissait pas de place au doute. Elle l'interrogeait, désespérant d'obtenir une promesse en retour.
« Je ne vais pas t'abandonner, Sereine.
_ Alors ne pars pas demain, reste avec moi, supplia t-elle.
_ C'est impossible. Je ne peux pas les laisser aller combattre sans moi.
_ Foutu Gryffondor... »
Il rit doucement. Ils étaient si différents.
Le plan était simple mais comportait de nombreux aléas. L'Ordre était parti du principe que le manoir Malefoy devait être entouré de protections importantes, il fallait donc y pénétrer par la ruse. Or, Junie était au centre du stratagème qu'ils avaient échafaudé. Ils arrivèrent sur les lieux par la voie moldue pour être certains qu'ils ne seraient pas repérés par l'aura de leurs pouvoirs. Alors que les sorciers se cachaient aux abords du manoir, invisibles à l'œil nu, Junie s'avança vers le portail de l'entrée. Son attitude ne trahissait aucune inquiétude comme si elle arrivait en pays conquis. Le doute ne lui était pas permis. Elle avait été choisie pour cette mission car les mangemorts ne savaient pas qu'elle était un membre actif de la Résistance et son passé de Serpentard plaidait en sa faveur. Elle sonna à la manière moldue, attendant patiemment que quelqu'un lui réponde.
« Qui est-ce ? »
Junie reconnut immédiatement cette voix légèrement nasillarde qui, sous des apparences de froideur, dégageait une profonde tristesse. C'était sa cible, c'était elle qu'elle devait réussir à berner, Narcissa Malefoy.
« Cissy ? C'est Junie... Junie Moore.
_ Que veux-tu ? »
Le ton était peu amène, prudent voire suspicieux. Elle semblait avoir entendu un fantôme.
« Pourquoi serais-je là si ce n'était pour entrer dans les rangs du Seigneur des Ténèbres ?
_ Je t'envoie quelqu'un. »
Quand elle sentit que le contact était perdu avec son interlocutrice, Junie relâcha quelque peu la pression. Le plus dur était à venir mais elle était au moins parvenue à surmonter la première étape et elle allait pouvoir pénétrer dans le manoir. Elle vit bientôt s'approcher un homme vêtu entièrement de noir. Elle le jaugea de son œil expert, grand, musclé, ce devait être une sorte d'homme à tout faire, un garde du corps, efficace mais pas nécessairement très malin ni très doué en magie.
« Laissez-moi votre baguette avant d'entrer. Vous n'êtes pas autorisée à pénétrer armée dans la demeure sans être un mangemort. »
Junie acquiesça et tendit sa baguette à cet homme avant de le suivre à travers le parc aux arbres majestueux. Le crépuscule s'installait paisiblement. Ils avaient choisi cet horaire en espérant que les mangemorts seraient moins nombreux, rentrés chez eux ou partis en mission pour la nuit. Elle constata que leur calcul avait été le bon : ils ne croisèrent personne tandis qu'on la conduisait dans un petit salon. Elle tenta de se repérer à travers les couloirs pour être capable de faire le chemin dans le sens inverse. Elle se sentait étrangement calme, comme si toutes ces dernières années n'avaient eu pour but que de parvenir à cet endroit, à sa vengeance. Le mangemort la laissa dans une petite pièce qui avait presque l'apparence d'un boudoir aux lourdes tentures sombres et aux petits sofas qui appelaient au repos. Il lui dit sèchement d'attendre et la laissa seule emportant avec lui sa baguette. Quelques instants plus tard, Narcissa apparut. Le temps était passé sur elle sans la flétrir. Sa beauté juvénile était restée étonnamment semblable. Toutefois, en y regardant de plus près, on pouvait lire sur ses traits l'amertume d'une vie qui n'avait pas été réellement heureuse. Junie savait pertinemment que l'union avec Lucius Malefoy n'était qu'un mariage arrangé. Elle s'assit dans un fauteuil face à l'intruse et la fixa, le visage dénué d'expression, attendant qu'elle parle.
« Je suis longtemps restée dans l'ombre mais je désire à présent, moi aussi, me battre aux côtés du Seigneur des Ténèbres.
_ Pourquoi ce revirement ? Tu ne semblais pas exprimer un goût particulier pour la magie noire lors de nos années à Poudlard et lors de la première guerre.
_ C'était simplement par désinvolture, parce que mes petites histoires me semblaient plus intéressantes.
_ Cesse de mentir, Junie. Tu étais toujours fourrée avec Sirius et on sait toutes les deux à quel camp il appartenait.
_ Sirius est mort » cracha Junie, brusquement émue au souvenir de cette période de sa vie.
Narcissa blêmit. Sirius était son cousin et elle avait été très attachée à lui, Junie ne l'ignorait pas. Quand elle prit la parole, sa voix tremblait mais elle paraissait déterminée.
« Tu m'as toujours prise pour une idiote, je le sais bien. Mais je ne suis pas assez naïve pour croire que tu aurais envie de te battre à nos côtés. Bella est quelque part dans ce manoir. Elle n'a pas encore été mise au courant de ta venue mais on sait toutes les deux quel tort elle t'a fait subir. Tu es venue pour te venger n'est-ce pas ? »
A ces mots, Junie se leva, troublée. Elle ne s'était pas attendue à autant de franchise. Elle se rapprocha de la fenêtre qui donnait sur le parc. Quelque part dans l'ombre, ses amis se cachaient, attendant son signal. Sa main glissa sous sa cape alors qu'elle tournait le dos à Narcissa. Elle se sentait étrangement calme, étrangement confiante, elle n'avait pas peur de la mort.
« Expelliarmus ! »
Sa voix avait jailli dans le silence de la pièce, forte, irrésistible. La baguette de Narcissa atterrit dans l'une de ses mains. Le mangemort qui l'avait accueilli était si confiant qu'il n'avait pas songé à la fouiller. Les deux femmes se regardèrent, immobiles. Ayant désarmé son adversaire, Junie prenait le pouvoir. Une moue méprisante s'afficha sur le visage encore jeune de Narcissa mais qui dissimulait mal une peur rampante.
« A présent, plus aucun geste Cissy. Et tu vas me dire comment on enlève les protections de ta demeure.
_ Je vois que j'avais vu juste. Tu fais partie de l'Ordre ?
_ On peut dire ça oui. Mais tout ça n'est qu'accessoire. Comme tu l'as si bien deviné, je suis là pour me venger. Le reste m'importe peu. Bellatrix est ici ? »
Junie avait fait chanter les syllabes de ce prénom honni, comme par dérision, mais son regard était empli de haine. Narcissa ne répondit pas. Elle regardait autour d'elle, nerveuse, cherchant une échappatoire.
« Ne m'oblige pas à employer la force, s'il te plaît.
_ Je ne sais rien de ces protections. C'est Lucius qui s'occupe de ça.
_ Bien. Fais le venir alors, seul. »
Au moment où elle prononçait ces paroles, la porte s'ouvrit sur un homme grand et blond. Il eut un instant d'hésitation, ne saisissant pas immédiatement la portée de la scène. Cela suffit à Junie pour le désarmer. Elle se précipita sur Narcissa, la saisit à bras le corps et pointa sa baguette sur elle dans une attitude menaçante.
« Enlève les protections du manoir ou je tue ta femme, Lucius. »
Sa voix était ferme, implacable et ne laissait pas de place au doute. Elle n'hésiterait pas à frapper. Lucius se tenait sur le seuil. Il examinait ses options, les risques qu'il encourait. Il n'avait aucune envie de voir sa femme mourir des mains de cette folle. En contrepartie, le Seigneur des Ténèbres serait furieux s'il cédait. Toutefois, de nombreux mangemorts étaient au manoir actuellement, ils viendraient rapidement à bout des membres de l'Ordre qui devaient attendre de pouvoir pénétrer dans le domaine pour les attaquer. Ils s'intéressaient probablement aux prisonniers. Il s'avança alors dans la pièce et s'approcha de la fenêtre. Il appuya sur un bouton dissimulé derrière le rideau.
« Voilà, c'est fait. »
Junie le fixait, circonspecte. Il sourit devant son air intrigué.
« Les technologies moldues sont parfois utiles. C'est un système de protection hybride qui fonctionne en partie manuellement. »
Junie ne chercha pas à en savoir plus. Elle formula rapidement le sort qui indiquerait aux membres de l'Ordre qu'ils pouvaient agir. Elle ne vit pas Lucius bouger imperceptiblement une alarme se déclencha dans toute la maison. Comprenant qu'elle avait été jouée, Junie repoussa violemment Narcissa et se jeta avec rage sur son adversaire. Celui-ci, surpris, ne réagit pas immédiatement et lorsqu'il reprit ses esprits, la sorcière était sur lui et lui envoyait un coup de poing dans la figure. Ils se tenaient à présent, face à face, tout aussi furieux l'un que l'autre, prêts à parer les attaques de l'ennemi. Junie attaqua la première, elle feinta sur la droite avant de projeter son pied sur la gauche qui s'enfonça dans les côtes du mangemort. Ce dernier sentit son souffle se couper mais il ne prêta pas attention à la douleur et se jeta sur cette femme hargneuse. Narcissa observait ce corps à corps moldu, interdite, avant de se rappeler de la situation dans laquelle elle se trouvait. Elle n'apercevait pas sa baguette, Junie devait l'avoir encore sur elle. Elle se précipita dans le couloir : un homme s'y tenait, il semblait l'attendre. Dès qu'il la vit, il l'immobilisa d'un sort puissant, mettant fin à sa course.
Fred courait, l'air froid agressant sa peau sans qu'il y prenne garde. L'adrénaline faisait avancer son corps. Son frère était à ses côtés. Deux ombres semblables, mortelles. Ils éliminèrent à deux le premier mangemort qui se dressa sur leur passage et continuèrent leur course, silencieusement, dans une osmose parfaite. Ils n'avaient qu'un seul but : assurer les arrières de ceux qui étaient chargés de libérer les prisonniers. Ils remplissaient leur rôle efficacement, leurs corps souples se jouant de leurs ennemis.
« Fred, attention ! »
Le jeune homme esquiva le rai lumineux qui allait le frapper. Son frère agita sa baguette et un homme tomba à quelques mètres d'eux, mortellement blessé.
« Viens, on continue.
_ Il faut retrouver Junie.
_ Junie sait se défendre seule, George.
_ Fais ce que tu veux, moi je vais la chercher ! »
Fred marqua un temps d'arrêt, stupéfait. Depuis quand son frère se souciait-il autant de cette femme diabolique ? En le voyant s'éloigner, il prit la décision de le suivre, refusant de l'abandonner. Il s'aperçut qu'il avait été blessé, du sang coulait au niveau de son front. Pris par l'action, il n'avait pas encore ressenti la douleur. Il décida de l'ignorer, ne voulant pas se laisser distancer.
Junie sentit le poing s'abattre sur son visage avec violence. Son arcade sourcilière éclata. Ses jambes cédèrent sous son poids et elle s'effondra sur le sol. Un coup de pied s'enfonça dans son flanc. Elle avait mal, son corps n'était plus que souffrance. Elle sentit une main vive glisser sur elle, la fouiller. Elle allait mourir et elle n'aurait jamais sa vengeance. Elle se reprocha son accès de rage qui lui avait fait perdre toute raison. Elle aurait pu éliminer les Malefoy rapidement mais elle s'était laissée emporter. Furieuse contre elle-même, elle n'entendit pas une troisième personne pénétrer dans la pièce.
« Elle est à moi ! s'exclama une voix qu'elle aurait reconnue entre mille.
_ Bella... »
Elle devina le sourire de la sorcière à l'entente de son prénom prononcé avant tant de hargne.
« Rends lui sa baguette, je veux l'affronter. Ce sera un délice de plonger mon regard dans le sien lorsqu'elle mourra. »
Lucius dut obtempérer car elle sentit qu'on la redressait et qu'on lui mettait une baguette entre les mains. Ce simple contact lui fut bénéfique et elle eut la sensation de retrouver des forces. Son esprit récupéra de la netteté. Le sang brouillait sa vision mais elle devinait, face à elle, la silhouette haute et noire de son ennemie. Elle l'emporterait avec elle, elle ne partirait pas seule. Bellatrix Lestrange ricana.
« Toi qui étais si belle... »
Junie serra sa baguette entre ses doigts. Elle puisa dans ses dernières forces et lança un doloris pulsant la haine. Le ricanement de Bellatrix se stoppa net alors qu'elle se tordait de douleur sur le tapis épais du salon.
« Tu as mal ? Pourtant, cette douleur n'est que dans ta tête. J'ai tellement attendu ce moment. Après ça, je pourrai mourir en paix. Alors, je vais te torturer, le temps de voir ton esprit se rompre. Et, au moment où je te sentirai partir, je te tuerai. Et cette sensation sera merveilleuse. Ma vengeance sera accomplie...
« Avada Kedavra ! »
Les hurlements de Bellatrix cessèrent brusquement. Le bruit d'un corps qui s'effondre sur le sol raisonna dans le petit salon alors qu'un autre se redressait lentement. Junie tenta de récupérer sa respiration. Elle se sentait si faible. Une ombre se dressa au-dessus d'elle, la surplombant orgueilleusement. Elle ne comprenait pas ce qui s'était passé, comment avait-elle pu échouer ? Elle leva les yeux, quêtant une réponse. Son regard se posa alors sur une silhouette pâle, blonde. Narcissa gardait sa baguette pointée sur elle mais c'était Bellatrix qui la menaçait. Sa sœur était venue à son secours et avait lancé le sortilège Trop faible, manquant de pratique, il n'avait pu accomplir entièrement son œuvre mortelle. Mais elle le savait, Bellatrix allait achever ce qu'avait commencé sa sœur. Elle pouvait le lire sur son visage. Un éclat roux agrippa son regard alors qu'elle était prostrée, trois baguettes pointées vers elle. Elle lut sa mort sur les traits horrifiés du jeune Weasley et le supplia intérieurement de s'en aller. Un visage semblable au premier apparut dans son champ de vision. Elle croisa le regard de celui-ci et une compréhension muette passa entre eux. Bellatrix lança le sort de mort au moment où Fred agrippait le bras de son frère pour l'obliger à transplaner. Junie s'éteignit, sa vengeance inaccomplie.
Le retour au 12 Square Grimmaurd se fit dans une certaine confusion. Les membres de l'Ordre n'avaient pu venir en aide à tous les prisonniers avant que les renforts des mangemorts n'arrivent. Deux sorciers, en plus de Junie, avaient été perdus durant le combat mais leurs corps avaient pu être transplanés. Sereine avait éprouvé un soulagement immense en voyant que Fred était sain et sauf, avant de s'inquiéter de ses blessures qui étaient toutefois superficielles. La nouvelle de la mort de Junie en surprit beaucoup. L'aura qu'elle dégageait avait persuadé tout un chacun que cette femme détenait un pouvoir particulier, qu'elle était invincible, que rien ne pourrait en venir à bout. Personne ne la pleura car elle n'était pas réellement aimée mais c'était un membre de l'Ordre et un être sortant de l'ordinaire qu'ils avaient perdu. Cela représentait une petite victoire pour les mangemorts. Le bilan de cette attaque était donc en demi-teinte.
Les jours puis les semaines s'écoulèrent et la noirceur s'installait irrésistiblement sur le monde sorcier. L'Ordre qui avait placé une grande partie de ses espoirs en Harry Potter commençait à ne plus croire à une issue heureuse. Dans le cocon du manoir, retirés du monde, Sereine et Fred vivaient leur amour avec l'intensité d'une fin de monde approchant. Leurs corps n'avaient de cesse de se chercher, de se quitter, pour mieux se retrouver. Ils étaient avides l'un de l'autre mais leur amour avait un relent de désespoir. Cette impression était renforcée par l'annonce trop régulière des morts et des disparitions.
Une nuit, Fred conduisit Sereine chez les parents de Nymphadora Tonks. Le petit Teddy, âgé de quelques semaines dormait dans son berceau. Ses grands-parents l'accueillirent chaleureusement. Les membres de l'Ordre se préparaient pour une importante attaque et Fred voulait la mettre à l'abri. Elle pouvait accoucher d'un jour à l'autre et le jeune homme refusait de la laisser seule.
« Quand reviendras-tu me chercher ? demanda-t-elle d'une voix suppliante.
_ Je ne sais pas, Sereine. Nous n'avons aucune idée de ce qui va se passer. »
Ils étaient seuls dans une petite chambre. Les Tonks leur avaient laisser un moment d'intimité pour se dire au revoir. Fred se tenait face à la fenêtre et regardait la nuit noire, pensif.
« Une grande bataille va avoir lieu. Elle sera décisive, je le sens.
_ N'y va pas... »
Fred se retourna et la regarda en souriant. Il l'attira vers lui et la serra contre son torse. Il rit car le ventre de la jeune fille le gênait pour l'enlacer et il déclara amusé : « Je ne suis pas le genre de garçon qui meurt, Sereine James. »
