Bonjour ! Je mets le point final à cette histoire. Je n'ai pas toujours suivi mon projet initial mais je suis contente d'en venir à bout. Merci à Kervana, Angele et Fuyuki pour leur review sur le précédent chapitre. Merci, de manière plus générale, à tous ceux qui ont lu cette histoire, qui l'ont mis en alerte ou en favori !

EPILOGUE

Leurs pas crissèrent sur les graviers des allées troublant le silence mortuaire… Une brise légère vint rafraîchir l'atmosphère sans qu'aucun mot ne soit échangé. Les tombes défilaient et elles continuaient d'avancer, la connaissance du chemin à suivre incrustée sous leur peau d'ivoire… Elles allaient main dans la main, la mère et la fille… Deux générations les séparaient, pourtant, au premier coup d'œil, on pouvait percevoir la fragilité de la femme-enfant, mince à l'extrême et au pas trébuchant, qui malgré ses vingt-cinq ans ne parvenait pas à imiter la démarche déterminée et l'œil effronté de la petite fille. Quel âge avait-elle ? Quatre ans ? Cinq ans tout au plus… Elle tenait dans sa main un bouquet de chrysanthèmes. Elles s'arrêtèrent enfin devant une pierre tombale soigneusement entretenue.

- Vas-y ma chérie…

L'enfant s'accroupit devant la tombe et se délesta délicatement des fleurs avec un petit froncement de sourcil. Elle tourna son visage angélique vers sa mère. L'acier rencontra l'azur qui se perdit dans ses dédales. Soulevés par le vent léger les mèches blondes de la petite fille s'échappaient de sa couette faite à la hâte.

- Tu veux dire quelque chose à papa, Prudence ?

- Oncle George dit que ça sert à rien d'aller toutes les semaines au cimetière. Il dit que c'est pas là qu'il est papa.

Sereine se massa lentement les tempes en fermant les yeux. Elle était fatiguée, fatiguée de la vacuité de cette vie qui était la sienne. Même l'enfant ne parvenait pas à la sortir de ses pensées moroses. Elle l'aimait pourtant. Plus que tout au monde… N'était-elle pas la chair de sa chair ? Mais Prudence était ce qu'elle était, même si elle n'en avait pas encore conscience : la fille d'un monstre. Pas la fille de l'être merveilleux qu'était Fred comme elle l'aurait tant souhaité. Et cette filiation la ramenait constamment, dès qu'elle posait son regard sur elle, à cette nuit fatidique. Elle demandait simplement l'apaisement de l'oubli. Pouvait-on sincèrement lui reprocher d'haïr ce petit corps frêle ? Mais l'Enfant était à présent toute sa vie. Avec elle, elle avait accueilli la douleur du souvenir trop vivace. Avec elle, elle avait compris que rien n'est tout blanc, ni tout noir. Sereine se souvenait des derniers instants qu'elle avait passés avec Fred. Il lui avait promis qu'il s'occuperait de l'enfant qu'elle portait comme s'il était le sien. Il l'avait aimé à travers l'amour qu'il portait à la mère. Alors Prudence était un symbole, le symbole d'une victoire. Fred n'était jamais revenu la chercher dans la petite maison des Tonks de la même manière que Remus et Nymphadora n'étaient jamais revenus chercher le petit Teddy. Alors Sereine avait fait ce que Fred aurait voulu. Elle s'était battue contre la détresse, contre le gouffre qui voulait l'aspirer, la ramener à ses démons, pour cet enfant qui naissait au moment où la guerre se finissait.

Prudence glissa sa minuscule main si fragile dans celle entrouverte de sa mère. Elles se détournèrent de la tombe froide où reposait un corps sans vie. Elles partaient vers l'avenir, avec un brin d'espoir au cœur. Elles marchaient vers leur destin, suivant le cours naturel de leur existence.

FIN

Cette histoire est finie mais j'espère vous retrouver sur d'autres fanfictions que ce soit en tant qu'auteur ou en tant que lectrice. J'ai un projet en chantier qui se passera au temps des maraudeurs avec un Remus/OC. Cette fois, j'écrirai des chapitres d'avance avant de publier mais j'ai tout pleins d'idées et je suis motivée ! A bientôt ! :)