Auteur : Cholera
Disclaimer : Si Harry Potter était à moi, tout le monde serait plus intelligent. Même Voldie.
Résumé : Cliché/Comédie. Harry écrit à un Mangemort. Chronologie ? C'est quoi ?
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Depuis le début de l'année, Harry avait le plus grand mal à supporter ses camarades. Il ne savait pas pourquoi, mais leur attitude insouciante et leurs bisbilles sans fin l'exaspéraient. Le mantra de « protéger l'innocence » de Dumbledore était attirant, d'accord, mais il trouvait qu'à partir d'un certain niveau, l'innocence prenait des relents de connerie. Après tout, l'ignorance était ce qui conduisait à des jugements sans fondement et donc aux préjugés, non ? Les gryffondors (et en fait toute l'école) souffraient d'un total décalage avec la réalité et ignoraient joyeusement la guerre et le monde autour d'eux.
Bref, il était agacé et s'en sentait coupable : il se rendait bien compte que la majorité des symptômes qu'il leur reprochait se réduisait à une seule chose : c'était des gosses. Personne n'attendait d'eux qu'ils soient raisonnables, ni particulièrement clairvoyants. Il était juste énervé parce qu'on l'attendait de lui. Et encore, pas vraiment. Dumbledore lui avait fait comprendre clairement qu'il devrait rester un enfant et s'amuser pendant que « les grands » s'occuperaient de tout. Le problème c'est qu'il se faisait engueuler ensuite pour ne pas avoir agi comme un héros.
Tout ça pour dire que depuis le début de l'année, il essayait d'éviter ses camarades, et l'embuscade réussie de Ginny trois jours plus tôt, ainsi que les remarques condescendantes de Mione n'avaient rien fait pour lui faire changer d'avis.
…c'est pourquoi il était – heureusement – seul quand le hibou le trouva. Il sut tout de suite qui le lui avait envoyé ; seuls les Malfoy étaient assez snobs pour utiliser une espèce de hiboux tout à fait différente de la normale : qui voyait un grand-duc savait immédiatement de qui il venait.
Il mit une minute ou deux avant de récupérer la lettre. L'oiseau s'impatienta et essaya de lui pincer la main. Evitant le bec redoutable de justesse, il sauva sa main en récupérant la lettre tout en râlant.
Fichus Malfoys. Même leurs oiseaux étaient insupportables !
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Cher Mr Potter,
C'est avec regret que je me vois dans l'obligation de rompre avec toutes les coutumes civilisées et de vous envoyer cette lettre sans aucune invitation de votre part.
Il m'a toujours été parfaitement évident que toute ouverture de ma part serait reçue par vous avec une méfiance pas tout à fait imméritée vu les circonstances…disons malencontreuses de nos rencontres précédentes.
La discrétion que vous avez jugé bon de garder sur ces circonstances s'est révélé inattendue mais certainement bienvenue dans sa persistance et non dépourvue, d'un point de vue Gryffondorien bien sûr, d'une certaine noblesse.
Imaginez donc ma surprise quand mon fils m'a envoyé une lettre enflammée proclamant que vous cherchez à ternir ma réputation.
Y a-t-il quelque chose que vous voudriez me dire ?
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Harry grogna.
Il était déjà assez difficile de se faire reprendre par Hermione comme s'il ne pouvait pas avoir d'opinion valable, alors qu'il essayait désespérément d'échapper au piège tendu par Ginny devant tous ses camarades de Gryffondor.
La lettre très amusée de Lucius Malfoy n'arrangeait rien.
Mortellement embarrassé, il prit une plume et du parchemin pour essayer de composer une réponse.
Mangemort ou pas, Malfoy méritait de savoir pourquoi son nom était venu dans une conversation sur la vie amoureuse de Harry potter.
Il grogna de nouveau. Ça allait être difficile.
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Lucius prit le temps de s'asseoir et de se servir une tasse de thé avant d'ouvrir la lettre qu'il venait de recevoir. Malgré les apparences, il était impatient de voir quel ton adopterait le jeune Potter et surtout quelle excuse il emploierait pour se dédouaner de la situation.
Il aurait aussi aimé avoir une idée plus claire de la dite situation que les dix pages enflammées que Draco lui avait envoyées.
Il soupira.
Quelque fois, son fils le fatiguait.
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Mr Malfoy
Tout d'abord je voudrais m'excuser pour le style de cette lettre ; je suppose que vous autres sang-purs avez des usages pour la correspondance comme pour le reste, mais je ne les connais pas. Aussi s'il vous plait, prenez cette lettre dans l'esprit dans lequel elle a été écrite et ignorez le reste.
Ensuite je voudrais m'excuser (encore) pour avoir très maladroitement amené votre nom dans une conversation où il n'avait rien à faire. C'était un exemple mal choisi et je n'aurais pas dû m'obstiner juste pour contredire Hermione.
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Il s'arrêta. Est-ce qu'il devrait barrer cette phrase ? Ça donnait un aperçu un peu trop personnel de sa vie à Malfoy Sr.
Comme si quoi que ce soit pouvait être plus personnel…
Il grogna.
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Ce qui s'est passé…
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Il suçota sa plume. Comment dire diplomatiquement ce qui s'était passé ?
…c'est qu'une camarade de classe a lancé une discussion sur le type de personne avec qui je sortirais et il semblait que c'était juste un moyen pour me faire dire qu'elle était mon type. Mais comme ce n'est pas vrai et que je lui ai déjà dit je ne savais pas comment m'en sortir.
Est-ce que tout ça a un sens ?
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Non, pas vraiment. Reprenons.
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…c'est que quelqu'un a lancé une discussion publique sur le genre de personne vers laquelle je serais attiré. Comme cette personne et moi avons déjà eu cette discussion en privé, j'ai eu la nette impression que c'était une façon de m'obliger à refaire mes choix, parce que les autres allaient me mettre la pression. Je me sentais piégé, j'étais en colère et au lieu de leur dire que ça ne les regardait pas, j'ai expliqué point par point tout ce que je rechercherais chez un(e) partenaire (si j'en cherchais mais je ne le fais pas) et que je savais que cette personne n'avait pas.
Je ne lui avais pas dit en détail la première fois, pensant que c'était cruel, mais la seconde fois, eh bien, je ne me suis pas arrêté pour y penser. Le résultat inattendu de mon éclat c'est que cette personne à insisté pour que je donne un exemple précis de personne que je connaissais correspondant à cette liste (sans doute espérant qu'il n'y en avait pas, ce qui à mon avis ne prouverait de toute façon rien) et… que votre nom est le premier qui m'est venu.
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Harry s'interrogea. Pouvait-on vraiment le sentir rougir à travers un morceau de parchemin ?
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Lucius Malfoy s'amusait vraiment beaucoup. La lettre d'excuses de Potter était aussi sincère qu'hilarante !
… ça n'était vraiment pas personnel ! Tout ce que je voulais dire, c'est qu'étant donné que je suis la cible préférée d'un dingue qui ne lésine pas sur les avadra kadavra, si jamais je me liais à quelqu'un, je voudrais que ce soit quelqu'un qui puisse se défendre sans attendre que j'arrive à la rescousse, quelqu'un qui puisse penser par lui-même, quelqu'un qui se débrouille, quoi ! Pas forcément quelqu'un qui me ressemble, plutôt quelqu'un qui ait ce qui me manque : qui se méfie par principe et aie toujours des plans de secours en cas de trahison.
Donc, dans les gens que je connais, c'était visiblement un(e) serpentard.
Ça réduisait nettement les possibilités, en effet.
Je voulais quelqu'un que je n'aie pas à sauver. Pas quelqu'un qui me suive : quelqu'un qui me précède. Pour tout dire, mon idéal serait quelqu'un qui survive à cette guerre quoi qu'il arrive, qui aie la volonté de survivre à tous, quelque soit le côté où il/elle soit. Quelqu'un qui retombe toujours sur ses pattes. Et forcément, j'ai pensé à vous.
Voilà qui était des plus flatteur…
Bien sûr, voyant la fréquence à laquelle les Doloris volent ces derniers temps, on ne peut pas dire que tous vos choix aient été inspirés…
Lucius grimaça. Oui, il ne pouvait pas s'attendre à ne recevoir que des roses, quelques cailloux devaient tomber avec.
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A suivre.
