Petite suite, très ship.
Dernière partie écrite du côté de Janet, parce qu'on ne voit pas assez de ce personnage dans la série.

Bonne lecture.

Sam soupira. Elle se trouvait dans son labo, à rédiger un protocole théorique d'extraction du naqahdah dans les végétaux exposés. Intéressant en soi, mais pas quand vous étiez bloqué sous terre depuis cinq jours.

Toute la base était en quarantaine pour une affaire idiote. SG3 avait accidentellement ramené des formes de vie extraterrestre de leur dernière mission. Rien de bien dangereux : des sortes de petites lucioles violettes entourées d'un halo vert -mix de couleurs jurant affreusement soit dit en passant- se baladaient dans les conduits. Elles étaient fort heureusement aussi inoffensives que des libellules, oui mais voilà, la population aurait trouvé anguille sous roche si ces bestioles apparaissaient soudainement parmi la faune terrienne.

Le complexe de Cheyenne Mountain était donc coupé physiquement de la surface le temps que les nouvelles recrues du SGC arpentent les couloirs de leurs filets à papillon. C'était amusant les premiers jours, mais cela commençait à être pesant. En plus, Daniel squattait son bureau et poussait une exclamation à chaque lecture 'stupéfiante' selon ses dires.

Enfin, pour l'heure, même lui semblait lassé, avachi sur le coin du bureau spécial paperasse.

« À quoi pensez vous Saaam ?

- Hmmm… Ce que je ferai si je pouvais rentrer chez moi. Me relaxer en jogging avec un bon thé et un bain. Et qui sait, profiter de mon chaton. Et vous ?

- J'avoue que je ne dirai pas non à un thé. Vous avez repris un chat après Schrödinger ?

- Vous voyez Daniel, l'avantage avec les chats c'est qu'ils sont autonomes, je peux le laisser s'occuper de lui tout en ayant le privilège de pouvoir en prendre soin même s'il n'en a pas besoin. Il suffit de lui faire confiance. Et j'adore vraiment celui-ci.

- Pas une adepte des chiens vous.

- Pas vraiment. Les bons toutous obéissants ce n'est pas pour moi, j'aime assez être surprise.

- Jack en voudrait un s'il avait le temps. » Argua Daniel, ce qui ne lui valut qu'un haussement d'épaules de la part de l'astrophysicienne.

- Le Colonel fait bien ce qu'il veut.

- Comme avec Nicholls ? » Daniel était fier de son coup. S'il attendait une réaction, même infime, il ne l'obtint pas. Sam répondit sans une once d'hésitation, parfaitement détachée.

- Le Lieutenant Nicholls est un bon officier. Elle ne fait pas la chasse aux mâles, je pense.

- Oui mais Jack...

- Jack quoi ? » Interrompit une voix. « Carter, Daniel, je vous dérange ? » demanda par pure politesse O'neill, pénétrant dans le bureau de Sam sans même attendre une réponse.

- Non Monsieur. Daniel me disait que vous aviez une opportunité avec le Lieutenant Nicholls.

- Oh. Elle est mignonne » fit-il en arquant un sourcil.

- Un peu jeune pour vous monsieur mais si vous les aimez ainsi.

- Vous feriez de même » commença Jack en haussant les épaules négligemment « si un joli lieutenant vous faisait de l'œil Major.

- J'attendrai qu'il soit un peu plus éloigné de la majorité.

- Oh, le Sergent Evans qui vous apporte votre café tous les mercredis va devoir patienter encore cinq ans alors.

- Je ferai une exception s'il prends plus de poils au menton.

- Vous les aimez barbus Carter ?

- Ça a ses avantages Monsieur.

- Oh... Je vois.

Daniel les fixait, sidéré, tournant la tête tantôt vers l'un puis vers l'autre comme s'ils se renvoyaient une balle de tennis. Depuis quand exactement ses deux amis à la relation ambiguë pouvaient parler aussi directement de leurs hypothétiques conquêtes ?

La situation d'enfermement jouait probablement pour beaucoup dans cette discussion inhabituellement personnelle sur leur lieu de travail, mais à ce point ? Il y avait un humour sous-jacent dans leurs paroles, est-ce qu'ils pétaient les plombs ? Ils s'amusaient de leurs perspectives amoureuses respectives, alors qu'ils auraient dû s'échanger quelques politesses, et enterrer le sujet avec gêne et empressement.

« Hého ? Da-ni-eeel ?

- Euh oui pardon, quoi Jack ? » se reprit le jeune homme, réajustant ses lunettes sur l'arête de son nez.

- Vous en avez un alors ? » écopant d'un regard intrigué de l'archéologue, le colonel soupira en comprenant que leur ami ne les avait pas écouté du tout. Il poursuivit « Un journal, Daniel. Avec Carter, on a besoin de regarder l'horoscope pour regarder sa compatibilité amoureuse avec le Sergent.

- Pas depuis la quarantaine... » prononça Daniel d'une voix soucieuse, se passant la main dans les cheveux. C'est bon, ils devenaient dingues après cinq jours d'enfermement, espérons qu'ils n'allaient pas rechercher à manger de la chair humaine après le septième.

- Oh, zut... »

Ça lui donnait la migraine de s'appesantir sur l'incongru de cette conversation. Daniel s'excusa, préférant retourner dans ses quartiers et peut-être se mettre à faire un somme… Jack et Sam se retournèrent pour le voir quitter la pièce sans une quelconque explication. Bizarre.

« Bah qu'est-ce qu'il lui prends ?

- Aucune idée Monsieur. Que vouliez-vous ?

- Qu'est-ce qui vous fait dire que je veux quelque chose Carter? » questionna le colonel en lui jetant un regard équivoque, démentant ses propos.

- Vous avez fait le chemin jusqu'à mon labo.

- Je m'ennuyais dans le mien. Que faites-vous ? » demanda Jack en s'approchant d'elle, se plaçant dans son dos pour lire l'écran par-dessus l'épaule de la jeune femme.

- Un écrit théorique pour Jay.

- Jay… Felger va être content de votre investissement dans ses projets Major » prononça Jack d'une voix qu'il voulait détachée mais où perçait un soupçon de jalousie. Inconsciemment, il s'approcha d'elle, frôlant son dos de son torse. La brusque inspiration qu'elle prit en le sentant lui fit l'effet d'une douche froide. Mais il n'avait aucune envie de se détacher d'elle. Alors il tendit le bras pour pointer une phrase de son index, prétextant y voir un point à souligner.

- Monsieur ? » s'enquit Sam d'une voix qu'elle eu du mal à rendre ferme, manifestement troublée par leur proximité. Et Jack n'allait pas laisser passer cela. Aussi murmura-t-il dans son cou.

- Major, vous ne voyez pas de problème ?

- Non » répondit-elle visiblement confuse, relisant sa phrase. Laquelle ne lui semblait pourtant pas incorrecte, argh, elle avait du mal à se concentrer pour voir l'erreur que Jack lui pointait. Tout ceci car cet homme la collait de si près.

- Vous écrivez, alors qu'il y a des tas de choses plus excitantes que vous pourriez faire lorsque vous n'êtes pas en service... » chuchota-t-il, fier de la sentir frissonner, il ponctua sa phrase d'un geste qu'il prit soin de camoufler à la caméra du labo, placée derrière eux.

Sam ne put retenir le gémissement rauque qui franchit ses lèvres tandis que Jack lui mordillait le lobe de l'oreille. Son corps se coula doucement en arrière, pressant son dos légèrement arqué contre le torse de son supérieur. Ne pouvant résister à son contact.

« Jack... » soupira-t-elle, sans qu'elle-même ne sache ce pourquoi elle soupirait. À cause de son comportement indécent, du fait qu'ils soient à la base, ou pour qu'il ne s'arrête pas en si bon chemin ?

Elle allait renverser la tête sur l'épaule derrière elle, avide de son contact. Mais ce fut à ce moment que Jack se redressa, s'éloignant brusquement. Il venait de réaliser ce qu'elle allait faire, c'est-à-dire s'oublier devant la caméra où ce geste aurait été pleinement visible, contrairement à ceux que lui-même avait eu un peu plus tôt. Il se figea un instant, assimilant le pouvoir qu'il avait sur elle, et même si son ego jubilait, sa raison s'en voulait de faire subir cela à sa compagne.

Il pouvait voir à quel point elle était tendue. Autant que lui d'ailleurs. Se raclant la gorge, il recula d'un pas supplémentaire, veillant toutefois à rester dans l'axe de vue de la caméra afin de dissimuler un peu son second, et la protéger de sa bêtise masculine.

« Que diriez-vous d'aller rejoindre Teal'c et se défouler dans la salle d'entraînement ?

- Volontiers » s'exclama Sam, montée sur ressort en bondissant littéralement de son siège, s'empressant d'aller évacuer sa frustration et sa soudaine tension à l'aide de ses poings.

L'idée était plus que bienvenue, rien de tel que le jaffa vous mettant une raclée pour se calmer. Les deux officiers traversèrent côte à côte les couloirs de la base à vive allure, ne s'accordant l'un l'autre que des œillades discrètes.

« O'neill, Major Carter ? » Les salua Teal'c, ses deux sourcils bien relevés de les voir muets comme des carpes à trépigner sur place. Tous deux s'étaient changés en tenue de sport dans des vestiaires séparés, et Jack poussa finalement son second devant lui. Arguant qu'il préférait s'échauffer avec un punching-ball qu'en étant le punching-ball du jaffa.

Et comme cela il pouvait tout à loisir observer la jeune femme luttant avec Teal'c. Celui-ci lui montrait des feintes, en bon pédagogue, et était avec elle tellement plus délicat. Ouais, c'était certain, avec lui Teal'c aimait mettre quelques bonnes claques, le bougre devait se venger des blagues qui ne lui plaisaient pas. Et comme le jaffa ne saisissait pas l'humour terrien… argh.

Sam était devenue très agile. Bien sûr, elle avait toujours été douée en combat, comme il l'avait appris à ses dépends lors des débuts de leur coopération. Mais sous l'enseignement de Teal'c, elle s'était hautement perfectionnée. C'était le cas de tous d'ailleurs, le jaffa leur avait tant apporté. Elle se mouvait avec grâce et fluidité, compensant son manque de force par sa souplesse.

Oh oui, elle était définitivement très souple… Jack soupira, ce n'était pas ainsi qu'il réussirait à se calmer. Finalement, c'est lui qui aurait dû se faire cogner par Teal'c, il aurait fini en ayant trop mal au crâne pour s'imaginer avec son major.

Sam se sentait dégrisée. Combattre avait le don de la rendre euphorique. C'était un des seuls moments où son cerveau cessait enfin ses réflexions, et où elle pouvait donc juste se contenter de ressentir l'action. Enfin, cela était aussi le cas lorsque Jack lui faisait perdre ses moyens comme un peu plus tôt dans son laboratoire. Ô dieu, heureusement qu'il s'était écarté, songea-t-elle. C'était l'avantage du combat, lui au moins ne lui faisait pas perdre les pédales, même dirigée par ses ressentis.

La sensation de douleur elle-même ne la rebutait pas, car elle injectait un coup de fouet d'adrénaline, et Sam raffolait de cela comme la majorité des soldats de terrain. Bien sûr, elle avait bien conscience que le jaffa était plus délicat envers elle qu'envers Jack et Daniel. Néanmoins celui-ci l'avait punie de son inattention d'un bon coup dans l'épaule qui lui vaudrait très certainement une marque. Ça lui apprendrait à regarder ce que son colonel faisait.

Finalement, Teal'c s'excusa de rompre le combat pour partir pratiquer le Kel'no'Reem, dans le silence de ses quartiers. Leur enjoignant de pratiquer un peu ensemble. Mais vu le regard que son supérieur posait sur elle, Sam sut que c'était une très, très mauvaise idée. Rien ne l'empêchait de la dévorer d'un regard embrasé, maintenant que leur ami était parti.

Elle entrouvrit la bouche, mais prit finalement la fuite. Parce qu'elle n'était pas franchement sure de la sagesse des mots qui voudraient bien franchir le barrage de ses lèvres. Sam délaça ses chaussures, savourant la fraîcheur des vestiaires. Quelquefois, être à des dizaines de mètres sous terre avait des avantages.

Le bruit de la porte s'ouvrant derrière elle était tout ce qu'elle attendait, comprit-elle subitement en l'entendant. Elle ne voulait que cela. Tout son corps se liquéfia sous la chaleur du corps de Jack, l'enserrant de ses bras. Torse contre dos. Penchant sa tête pour embrasser sa nuque, sa mâchoire, et lui voler un baiser qu'elle lui accorda pourtant bien volontiers.

Des vestiges de lucidité la forcèrent pourtant à ouvrir la bouche pour autre chose qu'accueillir sa langue.

« Jack… quelqu'un pourrait...

- Pas dans la douche... » lui répondit son colonel un sourire malicieux sur les lèvres l'attirant avec lui dans une cabine, laissant l'eau imbiber leurs vêtements. Cela n'avait aucune forme d'importance pour l'heure.


Une semaine plus tôt

Le véhicule se gara à l'arrière de la maison de son second. Pourtant aucun des deux n'amorça un geste durant les trente secondes qui suivirent. Réticents à rompre cette symbiose instaurée par leurs mains.

« Ehm bien, nous y sommes » indiqua Jack pour briser cette situation qui n'allait pas tarder à devenir gênante, s'ils restaient comme deux benêts assis sans raison dans une voiture à l'arrêt .

- Oui... »

Ce fut Sam qui s'extirpa de l'habitacle en premier, sortant ses clefs d'une poche et déverrouillant sa porte d'un air mal assuré. Non pas qu'elle doutait du bien fondé d'inviter son colonel chez elle en tout bien tout honneur, mais plutôt parce qu'elle se sentait anxieuse vis-à-vis de la discussion à venir.

Jack ressenti ses hésitations et se tenait en retrait, prêt à rentrer chez lui sans un mot. Il avait l'habitude des non-dits avec elle. Et dire que c'était lui que l'on incriminait de ne pas communiquer suffisamment ensuite, certes il n'était pas des plus expansifs sur ses sentiments, mais il n'était pas si compliqué non plus.

Quand Sam lui fit signe d'entrer depuis le hall, le soulagement éclata en lui comme une bulle, gonflant ses poumons. Pourtant rien n'était encore gagné.

« Vous voulez quelque chose ? Je veux dire, boire quelque chose ?

- Ce que vous avez. De l'eau. N'importe. Bon sang je m'en fiche Carter.

- Très bien, installez-vous » lui enjoint la jeune femme en lui signalant le canapé avec un sourire qu'il qualifia de timide, disparaissant dans la cuisine.

Elle revint quelques instants plus tard, deux verres à la main et une bouteille de piña colada dans l'autre. Elle posa le tout sur la table basse devant eux avant de s'asseoir à son tour, les yeux baissés. Jack ne l'avait jamais vue aussi peu sure d'elle. Et cela n'avait rien de rassurant sachant qu'elle avait fait exploser un soleil tout de même ! Alors il attendit en silence qu'elle se lance, après tout, c'était elle qui lui avait proposé de mettre les choses à plat, il n'allait pas lui faciliter la tâche pour qu'elle lui sorte que c'était une erreur et que cela n'arriverait plus.

« Je voulais m'excuser pour mon comportement de l'autre soir…

- Nous y voilà... » suite au regard d'incompréhension que lui adressa la jeune femme, Jack continua avec un rictus sarcastique, « quoi, j'ai parlé tout haut ? » suscitant un doux sourire chez Sam, cette tricheuse… elle allait le larguer, en quelque sorte, et arrivait en même temps à soulager cette énorme boule qui s'était formé dans son ventre en lui souriant. Décidément injuste.

- J'ai réagit comme une enfant. Impulsivement, et ensuite je vous ai traité comme… pas comme j'aurai dû. Mince, vous êtes mon supérieur, mon ami. Et je vous ai traité comme une aventure d'un soir qu'on fuit avant le matin pendant qu'elle dort sans laisser de numéro de téléphone ! » À cette réplique Jack éclata de rire en la voyant s'emporter et extrapoler à ce point. Surtout, elle ne lui avait pas dit à un seul moment que l'embrasser était une erreur, ce qui était un très bon point, et il se sentait infiniment plus léger.

- Eh bien Carter, vous feriez un mauvais badboy, parce que je sais où vous habitez…

- Ne vous moquez pas » dit-elle en souriant, l'amusement de son supérieur étant communicatif. « C'est très sérieux, je me suis vraiment sentie mal.

- Pardon Major, continuez » prononça Jack en recouvrant toute sa gravité. Qu'elle prenne ses responsabilités en le confrontant ne voulait pas dire que le dénouement allait être positif.

- La vérité, c'est que je ne peux plus faire semblant. Cette chose qu'il y a entre nous, je n'aurai pas dû y toucher parce que maintenant je ne peux plus la renfermer en moi Jack… »

Hey, il nageait en plein rêve non ? Cette fois, il avait dû mal interpréter, ou bien ? Serait-elle jamais claire un jour ? Jack l'inspecta minutieusement, la jeune femme avait le regard fuyant, les joues rougies et triturait les franges du coussin à côté d'elle. Décidément mignonne.

« Vous pourriez dire quelque chose… » murmura Sam en se relevant pour lui faire face après s'être raclé la gorge.

- Si je comprends bien, Major », commença Jack en accentuant son grade militaire, voulant être bien sûr qu'il ne subirait pas un revirement ultérieur, « vous suggérez une relation plus qu'amicale avec moi ?

- Si vous êtes d'accord... » répondit doucement Sam, se maudissant en même temps. Super, la palme d'or de la stupidité lui revenait pour une phrase aussi ridicule. Ses joues la brûlaient, et elle se tenait à deux pas de fuir, ce qui là aussi serait stupide vu qu'ils étaient chez elle.

Jack dû sentir qu'elle était à bout car il saisit son poignet d'un geste preste, l'attirant sur ses genoux avec un sourire en coin.

« Je suis toujours fâché contre vous Carter, vous ne m'avez pas encore invité à dîner. Bien que je tende à être beaucoup moins en colère depuis que vous êtes dans cette position » avoua-t-il en posant ses yeux sans vergogne sur les cuisses fermes de la jeune femme passées autour des siennes. Remontant sur sa poitrine si proche, puis sur ses lèvres et enfin ses yeux.

Assimilant difficilement ce qu'il s'était passé entre le moment où elle s'était crue rejetée et celui où elle s'était retrouvée à califourchon sur lui, Sam surmonta son hébétement. Elle était belle, la petite première de la classe, incapable de mettre ses neurones en branle pour réagir au déroulement des événements. Et puis zut pour le cerveau, elle pouvait sentir sa chaleur contre ses hanches, ajouté au sourire sexy qui s'étalait sur ses lèvres tandis qu'il la dévorait du regard. Bon sang c'était tout ce qui comptait.

Alors elle l'embrassa. À nue, y laissant filtrer toutes les émotions ressenties ses derniers jours. Désir, frustration, angoisse, soulagement. Amour. Elle avait besoin de lui, autant qu'il avait besoin d'elle. Cette certitude explosa en eux tandis qu'ils se serraient l'un contre l'autre.

« Carter » chuchota-t-il avec difficulté, à bout de souffle. « N'oubliez que je suis toujours fâché contre vous… » poursuivit-il d'une voix où perçait un émerveillement certain, démentant ses propos. Et sa compagne n'en fut pas dupe.

- Je sais… le dîner. Je vais faire les choses correctement chaton » le taquina-t-elle, trop heureuse de la conclusion des événements. « Pizza ?

- Tout ce que vous voudrez Carter » répondit Jack tandis qu'elle s'éloignait en direction du téléphone.

Elle le sentit approcher dans son dos tandis qu'elle composait le numéro, ses mains d'homme se déposant sur ses hanches tandis que la première tonalité retentissait à son oreille. Et ses lèvres dans son cou, sous son oreille… Sam sentit tout son corps se tendre et prit une soudaine aspiration en réalisant que c'était cet homme, tandis qu'il mordillait la chair tendre près de son épaule.

Pour toute réponse, la main droite de Jack s'envola de sa hanche pour poser un doigt sur les lèvres de la jeune femme, lui intimant le silence. Attendant qu'elle ait retrouvé une respiration normale pour abaisser sa main et la glisser contre son ventre, à même la peau. Ses abdominaux se contractèrent violemment sous son toucher et il adora cela.

L'écoutant d'une oreille saluer son interlocuteur d'une voix assez ferme, Jack se recula d'un pas, juste assez pour relever le t-shirt de Sam, glissant ses doigts le long de son dos dénudé, la sentant frémir lorsque son pouce caressa la peau douce dissimulée sous le tissus de sa brassière.

Alors il se pencha pour embrasser sa colonne vertébrale en plusieurs endroits, savourant les longs frissons que cela déclenchait en réponse chez son second. Souriant, il l'entendit terminer sa conversation téléphonique avec une voix toujours sous contrôle, même s'il y sentait percer un soupçon d'essoufflement et d'impatience. Cette femme était vraiment très forte, s'il n'avait pas son corps tremblant contre le sien il aurait presque pu croire qu'il la laissait indifférente.

Lui n'était certainement pas indifférent en tout cas. Surtout pas quand elle se retourna dans ses bras pour le regarder avec ces yeux-là. Il la souleva promptement pour l'allonger sur le canapé, sous lui. Glissant sa langue sur son ventre pendant qu'elle haletait.

« Jack... » gémit-elle en tirant sur sa veste.

- Chut… ta punition » eut-elle pour toute réponse tandis que son compagnon remontait davantage son t-shirt pour accéder à sa poitrine. Sam se laissa faire docilement, une main crispée dans les cheveux de son colonel, quand une question lui traversa l'esprit.

- Tu as vraiment maté mes seins à la base ?

- Ne me dit pas que tu penses à Danny là maintenant ? » s'exclama Jack en se reculant l'air dégoûté, les cheveux ébouriffés et totalement indigné. Sam gloussa.

- Je pense plutôt que je ne m'en remet pas que tu ais envie de moi.

- Ça me semble évident pourtant… » répondit Jack en lui lançant un regard équivoque.

La sonnerie de la porte d'entrée retentit à ce moment. Sam se leva, réajustant son t-shirt sur son ventre et ses cheveux derrière ses oreilles, laissant au colonel l'opportunité de leur servir un verre de piña colada abandonnée sur la table. Il avait la gorge vraiment très sèche soudainement.


Janet Fraisier s'étira avant d'épousseter sa blouse blanche. Elle venait de finir le check-up de SG5, revenus de mission l'heure précédente. N'ayant aucune urgence à l'infirmerie -aussi étonnant que ce soit, il n'était même pas arrivé quelque chose de fâcheux à Siler aujourd'hui-, elle décida de s'octroyer une pause.

Pour cela, rien de tel que d'aller bavarder entre femmes avec sa meilleure amie. Surtout que Cassie s'était plaint de ne pas voir Sam assez souvent ces temps-ci, aussi avait-elle décidé de l'inviter à la maison ce week-end. Enfin, si ces maudites fées fluos voulaient bien rentrer chez elles.

L'adoption de la petite rescapée du plan de Nirti avait changé les rapports entre les deux femmes. Autrefois, Sam Carter n'était qu'une militaire comme tant d'autres à ses yeux. Elle était aimée de tout le monde, et Janet pouvait le comprendre : cette femme avait un sourire de dingue, allié à une silhouette gracieuse, et gradée. Sans plus.

Puis elle avait appris à aimer son caractère malicieux et osé lorsque la base avait été sous le contrôle d'Hathor. Elle s'était surprise à apprécier sa compagnie plus que la moyenne lorsque SG1 rentrait de mission et devait se faire ausculter. En fait, elle avait été prise sous son charme à son tour. Hé, non pas qu'elle avait une inclination particulière pour les femmes, non, elle préférait les hommes bien virils. Mais Sam était de ce genre de personne qui sait se faire aimer sans même le rechercher, et en cela Janet était un peu jalouse de son amie.

Alors quand la petite protégée de SG1 avait été 'désamorcée' et qu'il avait fallu quelqu'un pour la prendre sous sa responsabilité, Janet n'avait pas eu à y réfléchir à deux fois. Cassandra était devenue tout naturellement sa fille, le docteur pouvant lui apporter la stabilité qu'aucun des autres militaires n'aurait pu lui offrir.

Tout SG1 rendait toutefois régulièrement visite à la fillette. Mais Sam, c'était resté spécial. Après tout, c'était elle qui était retournée chercher Cassandra lorsqu'ils l'avaient tous isolée en attendant qu'elle explose. Et quelque part ce lien tissé si fort lors de ce moment n'avait jamais disparu.

Les deux femmes avaient donc en quelque sorte partagé la maternité de Cassie. Janet n'était pas envieuse de ce lien entre sa fille et son amie, loin de là. Elle respectait profondément Sam pour tout ce qu'elle avait fait pour Cassandra, et la jeune fille était devenue un lien inaliénable dans leur amitié.

Le laboratoire scientifique de Carter était étonnement vide. Tiens, voilà qui était franchement inhabituel. Il fallait croire que même Sam pouvait se lasser de parler de naqahdah au bout d'un moment.

Janet passa tenter sa chance dans le bureau de Daniel, lui aussi silencieusement vide. Le bureau d'O'neill, si tant est qu'il en ait réellement un, ce n'était même pas la peine d'essayer. Elle l'imaginait sombre, sous une moquette de poussière, avec des toiles d'araignées hébergeant des résidentes capables de digérer un chien. Restait les quartiers de Teal'c. Le voyant en pleine méditation, Janet était sur le point de faire demi-tour lorsque le jaffa entre-ouvrit un œil.

« Docteur Fraiser, que puis-je pour vous ?

- Je ne voulais pas vous déranger Teal'c. Savez-vous où se trouve Sam ?

- Je viens de laisser le Major Carter en salle d'entraînement. »

Le jaffa avait refermé sa paupière, signe que son Kel'no'Reem n'était pas fini, alors Janet ravala son remerciement et s'esquiva sans le perturber davantage.

Elle se rendit dans les quartiers alloués au sport, mais la salle principale était elle aussi désespérément dépeuplée. Décidément… À croire que Sam n'était que le pur produit de son imaginaire. Bon, plus qu'à jeter un œil dans les vestiaires, dernière chance. Sinon, elle retournerait à l'infirmerie et attendrait de la croiser au mess par-exemple.

Se dirigeant vers la salle de rechange destinée aux femmes, Janet poussa légèrement la porte d'une dizaine de centimètres avant de se figer dans le doute, vérifiant rapidement l'écriteau au-dessus de la porte qui indiquait des vestiaires féminins. Elle avait cru entendre une voix d'homme, pourtant l'endroit était vide à l'exception d'une cabine, dont le bruit d'eau indiquait clairement la présence de quelqu'un. Jackpot, elle avait sûrement enfin trouvé Sam.

Janet entrouvrit plus largement la porte, se préparant à entrer dans la pièce et manifester sa présence à son amie.

« Cinq jours, c'est... beaucoup trop... pour attendre de repartager ton lit... » La voix pourtant entrecoupée lui parut familière, elle avait son nom sur le bout de la langue.

- Alors arrêtes de parler Jack ». Et ça, c'était définitivement Sam. Son intonation soupirante ne laissait aucunement place à l'imagination face à leur activité.

Janet recula alors, refermant la porte le plus discrètement possible. Hé, elle n'avait pas rêvé, il y avait bien un homme ici. Mais ça ne la regardait définitivement pas.

Elle se sentait troublée par deux sentiments distincts : le premier était heureux pour son amie, car dieu elle savait à quel point cette relation avec son supérieur la déchirait. Le second sentiment était une forme d'appréhension, de savoir ce qu'elle savait désormais. Cet interdit qui pouvait nuire aux deux officiers.

Par contre, Janet ne ressentait pas de dépit à l'encontre de Sam. Elle avait assez de discernement pour saisir les cent une raisons valables pour lesquelles son amie ne s'était pas confiée à elle sur sa relation amoureuse. Si Sam se décidait un jour à lui avouer, alors tant mieux, elle serait là pour elle. Si pourtant elle ne le faisait jamais, alors tant pis.

Janet continuerait d'agir comme de coutume, à cela en plus qu'elle couvrirait son amie de n'importe quel prétexte si quoi que ce soit menaçait de les trahir.

Elle était un brin curieuse, mais ma foi, elle pouvait gérer cela.

Fin fin.
J
e souhaite que cela vous ait plu. Merci de m'avoir lu, et un grand merci à ceux qui m'auront laissé un retour sur mes écrits. Ça fait toujours plaisir.

Je n'ai pas pu répondre en particulier cas par cas à ceux qui ont posté en tant qu'invités sur le site, du coup j'espère qu'ils repasseront par-là, et j'espère les retrouver prochainement.