Sirius Black et le rat cordé - Variantes
Contexte : Si l'on reprend la scène de la cabane hurlante et qu'on l'analyse attentivement, il y a en fait plusieurs grosses erreurs des personnages qui peuvent être corrigées (l'une d'entre elles a d'ailleurs été relevée en review). Le fait de ne pas assommer Peter était celle, à mon goût, qui portait le plus à conséquences, mais on peut aussi en regarder d'autres.
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Ron Weasley et le loup de la cabane
Le petit groupe est sur le point de partir, avec Peter prisonnier (on est de retour en version initiale, donc il est juste ficelé).
– Il faudrait que deux d'entre nous s'enchaînent à cette chose, dit Black en touchant Pettigrow du bout du pied. Par mesure de précaution.
– Moi, dit Lupin.
– Pourquoi, vous venez ? demanda Ron, un accent de stupéfaction dans la voix.
Tout le monde se tourna vers lui.
– Que voulez-vous dire, Ron ? demanda Lupin.
– Rogue l'a dit tout à l'heure : il est venu dans votre bureau pour vous donner votre potion que vous avez oublié de prendre. Ce ne serait pas dangereux de venir ?
– Par la barbe de Merlin ! s'exclama Lupin. J'avais oublié.
– C'est ta mauvaise période du mois ? railla Sirius.
La mort dans l'âme, Lupin convint qu'il devait rester là. Ce furent donc Ron et Hermione qui s'enchaînèrent à Pettigrow.
– Allons-y, grogna ensuite Sirius.
D'un bond léger, le fidèle Pattenrond sortit le premier de la pièce, ouvrant la voie aux autres.
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Le petit groupe traverse le parc sans histoires, jusqu'à ce que les Détraqueurs les rattrapent.
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Harry commença à éprouver une sensation étrange de froid, tandis que Sirius poussait un hoquet de frayeur, comme le jappement d'un chien maltraité, et s'effondrait à genoux. Hermione et Ron, toujours enchaînés à Pettigrow, s'immobilisèrent.
Alors, Harry les vit. Une multitude de Détraqueurs, attirés par leur proie comme par un aimant, convergeaient autour d'eux, glissant sur la pelouse du parc. Le froid glacial commença à s'infiltrer au plus profond de ses entrailles, et un brouillard blanc à lui obscurcir la vue. De tous les côtés, des Détraqueurs surgissaient de l'obscurité et les encerclaient.
– Pensez à un souvenir heureux ! hurla Harry en levant sa baguette, clignant des yeux pour s'éclaircir la vue, secouant la tête pour ignorer le cri qui commençait à s'élever en lui.
Sirius ne pouvait déjà plus réagir. Prostré, la tête dans les mains, il était déjà sous l'emprise du désespoir, lui qui avait tant subi. Tandis que Rogue toujours inconscient flottait non loin, Hermione et Ron toujours enchaînés à Pettigrow se contorsionnèrent pour sortir leurs baguettes. Constatant cela, Harry vint se flanquer devant eux. Une petite voix s'éleva derrière lui.
– Moi, si vous le permettez...
Harry jeta un coup d'œil en arrière et vit Peter disparaître. Il s'était transformé en rat et se perdait dans l'herbe et la pénombre. Ron et Hermione, vu leur situation, se préoccupèrent plus du fait qu'ils étaient maintenant bien plus libre de leurs mouvements que de la fuite de leur prisonnier. Harry pensa de même et reporta son attention sur les Détraqueurs.
Il se força à penser à Sirius, uniquement à Sirius, et se mit à scander.
– Spero Patronum ! Spero Patronum !
Black fut secoué d'un frisson. Il roula sur le côté et resta étendu là, pâle comme la mort.
– Tout va s'arranger. Je vais aller vivre chez lui.
– Spero Patronum ! Hermione, Ron, Aidez-moi ! Spero Patronum !
Mais Ron, affaibli par sa blessure, s'était déjà écroulé, et Hermione ne pouvait qu'articuler indistinctement en agitant mollement la main. Bientôt, les Détraqueurs ne furent qu'à quelques mètres d'eux, formant un mur solide autour.
– SPERO PATRONUM ! hurla Harry.
Un mince filet d'argent jaillit de sa baguette magique et flotta comme une brume devant lui. Au même moment, il sentit Hermione s'écrouler pour de bon. Derrière lui, la silhouette de Rogue s'affaissa.
À la faible lueur de son Patronus informe, il vit un Détraqueur s'arrêter tout près de lui. Il n'arrivait pas à traverser le nuage d'argent que Harry avait fait surgir de sa baguette magique. Harry vit alors avec horreur le Détraqueur sortir une main putréfiée de dessous sa cape et la porter vers sa cagoule. Le monstre écarta le tissu, laissant apparaître un visage cadavérique, dépourvu d'yeux, mais avec une bouche immense, un trou béant prêt à tout engloutir, qui aspirait l'air et les sentiments heureux autour.
Harry s'effondra à son tour à genoux dans l'herbe moite. Le Patronus dérisoire disparut. Le cri de sa mère hurla dans ses oreilles. Ce serait le dernier son qu'il entendrait.
Alors, dans le brouillard qui l'engloutissait, il eut l'impression d'apercevoir une lueur argentée qui devenait de plus en plus brillante. À bout de forces, tremblant, il fit un effort surhumain pour ouvrir les yeux et regarder dans la direction d'où venait cette lumière. Il ne vit d'abord qu'une blancheur absolue qui l'entourait, mais il sentit son désespoir refluer, les cris de sa mère s'estomper, et il sentit que les Détraqueurs reculaient. Quelque chose les repoussait.
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Rogue se réveilla, ébloui par une lueur aveuglante. Intrigué, il puisa dans ses maigres forces pour lever la tête. C'est alors qu'il le vit. Dans la lumière argentée, un animal galopait majestueusement vers lui. Il avait le pelage d'une clarté lunaire, et portait fièrement une ramure au-dessus de sa tête. C'était un robuste cerf qui chargea les Détraqueurs, puis fit volte-face et partit dans la direction opposée, rejoignant le sorcier qui l'avait invoqué.
Rogue plissa les yeux pour mieux voir. Ces lunettes, ces cheveux noirs en bataille... sans aucun doute, il s'agissait de Harry Potter.
Finalement, quand le calme fut revenu dans le parc, Rogue trouva la force de se relever, et vit les enfants affaissés autour de lui. Étrangement, parmi eux se trouvait Harry Potter.
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Conséquences à long terme : Dans cette situation, Harry est ses amis sont sauvés par le Harry du futur, comme dans le roman, puisque Peter s'est enfui et qu'il faut donc bien remonter le temps pour sauver Sirius.
La différence est que Rogue peut avoir non pas un soupçon mais une certitude que Harry a manipulé le temps pour faire évader Sirius. Comme disait Dumbledore, « il ne faut surtout pas que l'on vous voie ». Bon, eh bien c'est loupé...
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Remus Lupin et la carte du maraudeur
Un peu plus tôt, Remus est dans son bureau et observe la carte du maraudeur car il soupçonne que Harry cherchera à aller chez Hagrid pour l'exécution de Buck l'hippogriffe.
Remus scrutait la carte du maraudeur. Harry atteignant sans problème la cabane de Hagrid en compagnie de Ron et Hermione, il reporta son attention sur le bureau de Dumbledore. La question était de savoir si les agents du ministère risquaient de surprendre les trois enfants.
Dans le bureau du directeur, quatre noms flottaient. Albus Dumbledore était assis dans son fauteuil, avec en vis-à-vis, outre le ministre Cornelius Fudge, un nommé Alistair Tournemol, sans doute une huile quelconque de la commission. Un peu plus en arrière, Walden Macnair se promenait de long en large. Lupin imaginait très bien l'infâme bourreau faire les cent pas en attendant de pouvoir enfin faire son office.
Bientôt, les quatre sorciers se dirigèrent vers la sortie du château afin d'aller exécuter l'hippogriffe. Lupin les suivit un instant des yeux, puis, alors qu'ils avaient atteint le perron, il déplaça la vue de la carte vers la cabane de Hagrid. Harry, Ron et Hermione étaient à la porte de derrière, en train de s'esquiver.
C'est alors qu'il le vit. C'était écrit en toutes lettres, aux noms de Potter, Granger et Weasley se mêlait celui de Pettigrow.
Remus resta un instant saisi devant cette apparition impossible. Peter Pettigrow, vivant ? Peter Pettigrow, à Poudlard avec le fils de James Potter ? Comment était-ce possible ? La carte était-elle défectueuse ?
Il continua à regarder le déplacement des noms. Les quatre personnages traversaient à présent le parc, quand un nouveau point apparut, qui se précipitait vers eux. Les lettres du nom de Sirius Black dansèrent devant ses yeux. Black, son ancien ami, le traître, l'assassin. Il vit Black percuter le groupe, puis tirer avec lui Ron Weasley et Peter Pettigrow vers un endroit qu'il ne connaissait que trop bien : le passage vers la cabane hurlante.
Il décida alors qu'il en avait assez vu. Il se leva vivement, prit la carte du maraudeur et quitta la pièce pour les rejoindre et tirer tout ça au clair.
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Quelques minutes plus tard, Severus Rogue entrait dans le bureau de Lupin, avec un gobelet fumant et malodorant à la main. Il apportait sa potion au loup-garou, mais visiblement, celui-ci avait quitté sa tanière. Rogue s'avança, regarda au hasard sur le bureau les divers papiers épars mais ne trouva rien qui puisse lui indiquer où était passé son confrère. Il pouvait bien se contenter de laisser le gobelet ici, mais si le professeur Lupin ne repassait pas par ici...
Si le professeur Lupin ne repassait pas par ici, alors les élèves de l'école couraient un grave danger. Rogue jura entre ses dents. Il avait dit depuis le premier jour au directeur que ce n'était pas une bonne idée d'embaucher Lupin, mais pour autant sa satisfaction d'avoir eu raison était bien maigre face au péril qui se profilait.
Rogue n'avait aucun moyen de savoir où était passé Lupin. Il ne lui restait donc qu'une seule chose à faire.
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Pendant ce temps, dans la cabane hurlante, tout se passe de la même manière que dans l'original, à ceci près que Rogue n'apparaît pas – ce qui ne change en fait pas grand-chose. À la fin, tout le groupe quitte les lieux et émerge dans le parc de Poudlard. En sortant, Harry en profite pour récupérer sa cape d'invisibilité, puis tout le monde commence à traverser.
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Soudain, il y eut une éclaircie dans le ciel, de faibles ombres se dessinèrent. À présent, la lueur du clair de lune baignait les alentours.
Lupin, Pettigrow et Ron s'immobilisèrent brusquement. Sirius se figea également, un bras tendu derrière lui pour faire signe à Harry et Hermione de s'arrêter.
Harry vit la silhouette de Lupin qui semblait pétrifié et remarqua que ses jambes se mettaient à trembler.
– Oh, là, là... bredouilla Hermione. Il n'a pas pris sa potion ce soir ! Il va devenir dangereux !
– Fuyez ! murmura Sirius. Fuyez ! Immédiatement !
Mais Harry, au contraire s'apprêta à se précipiter vers Ron qui était toujours enchaîné à Lupin. Et c'est à ce moment là qu'il le vit.
Albus Dumbledore, majestueux, s'avançait prestement vers eux. Son visage était grave, son regard concentré derrière ses lunettes en demi-lune, et aucun sourire n'éclairait sa mine d'ordinaire joviale. Il brandissait sa redoutable baguette d'un air déterminé. Rogue le suivait un peu plus loin.
Tout se passa très vite. Lupin se transforma en loup-garou, sa tête s'allongeant, son corps se voûtant et un pelage apparaissant sur son corps. Dumbledore se mit en garde. Le loup-garou se libéra d'un geste de la menotte qui l'entravait. De la baguette de Dumbledore sortit alors un mince filament de feu, comme un lasso, qui s'enroula autour de la créature et la fit basculer en avant, incapable de bouger. Pettigrow en profita pour se jeter sur la baguette de Lupin tombée au sol, faisant tomber Ron au passage. Harry, alerté, lança un sortilège de désarmement qui fit mouche, faisant jaillir la baguette des mains du traître. Mais celui-ci avait de la ressource, et se transforma simplement en rat pour s'enfuir. C'était sans compter sur Sirius qui, ayant anticipé la manœuvre, se transforma en chien au même moment et lui sauta dessus, capturant la queue du rat sous sa grosse patte velue. Rogue et Dumbledore lancèrent alors chacun un sortilège de Stupéfixion, l'un sur Sirius, l'autre sur Pettigrow.
Tout ça en exactement douze secondes.
– Bon, maintenant, on va pouvoir essayer de comprendre ce qui se passe, lança Dumbledore d'un ton à nouveau paisible, aussi naturellement que s'il venait de proposer du thé.
Le directeur avait seulement deux Animagus frauduleux et un loup-garou à gérer, un ministre et une armée de Détraqueurs à contenir, des enfants innocents à protéger, et il devait en plus empêcher son maître des potions de faire quoi que ce soit d'inconsidéré. Autant dire que tout était parfaitement sous contrôle. Beaucoup plus facile que de repriser des chaussettes.
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Conséquences à long terme : On rejoint globalement les conséquences du chapitre précédent, Pettigrow étant capturé, tout va bien, sauf que Buck meurt. En tout cas, comme quoi prévenir le directeur, c'est toujours une bonne idée.
