Ron Weasley et le butin du brigand
Contexte : Nous sommes au début de la sixième année d'études de Harry à Poudlard. À la mi-octobre, une première excursion à Pré-au-lard est organisée. Harry et ses amis s'y rendent sous un vent glacial et une ambiance sinistre. Ils passent un moment chez Honeydukes avant de se diriger vers les Trois Balais. Devant l'entrée, le barman de la Tête de Sanglier est en pleine discussion avec un petit homme portant une imposante malle.
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– Mondingus ! cria Harry tandis que Ron le reconnaissait à son tour .
Le gredin eut un mouvement de surprise et laissa tomber sa valise qui s'ouvrit sous le choc, dévoilant un bric-à-brac digne d'un marché aux puces.
– Oh, bonjour, Harry, dit Fletcher d'un air faussement dégagé. Mais je ne veux pas te retenir.
Comme divers objets en avaient profité pour se faire la malle, il se baissa précipitamment pour les ramasser et les remettre en place.
– C'est à vendre, tout ça ? demanda Harry.
Alors que son ami dévisageait Fletcher, Ron portait son attention sur les divers objets éparpillés. Fronçant les sourcils, il ramassa une coupe en argent dont l'aspect lui était vaguement familier.
– Il faut bien essayer de survivre, répondit le brigand.
Il remarqua alors Ron qui touchait à ses affaires.
– Donne-moi ça ! glapit-il.
– Attendez, dit Ron en tournant l'objet entre ses doigts. J'ai l'impression de l'avoir déjà vue quelque part...
– Merci ! l'interrompit Mondingus.
Il lui arracha de force la coupe des mains et la fourra précipitamment dans la valise. Puis il commença à articuler « Bon, à un de ces jours » quand Harry le saisit brusquement à la gorge et le plaqua contre le mur du pub, lui arrachant un cri de douleur.
– Harry ! couina Hermione.
– Vous avez pris ça dans la maison de Sirius ! Cette coupe portait les armoiries des Black.
Ron réalisa enfin pourquoi l'objet lui avait paru familier. Il se souvenait maintenant parfaitement du service de vaisselle dans le grand buffet de la salle à manger du 12 Square Grimmaurd. Ils avaient passé un long moment, l'année passée, à effacer le blason et la devise de la famille Black, mais la ressemblance ne faisait aucune doute. Comment l'infâme nabot avait-il osé cambrioler cette demeure ? Ron regarda le cambrioleur aux mains de son ami, qui balbutiait en prenant une teinte de plus en plus pourpre.
– Qu'est-ce que vous avez fait, vous êtes retourné chez lui la nuit où il est mort et vous avez tout pillé ? gronda Harry.
Fletcher s'enfonça dans des dénégations, de plus en plus suffoquées sous les doigts qui l'enserraient. N'y tenant plus, Hermione hurla pour que son ami relâche son étreinte. Ron fut le seul à remarquer que Mondingus avait saisi sa baguette magique.
Il y eut un bang et les deux adversaires furent séparés. Fletcher se rua sur la valise pour l'emporter avec lui.
– Petrificus Totalus ! hurla Ron.
Mondingus Fletcher tomba face contre terre, raide comme un morceau de bois.
– Merci, Ron.
Harry referma la valise, la ramassa et, sans un regard pour Fletcher, se dirigea vers l'entrée des Trois Balais. À ce moment-là apparut Tonks, ses cheveux gris souris mouillés par la neige fondue.
– Qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-elle en regardant la silhouette immobilisée d'un air indifférent.
– Ding a volé des objets qui appartenaient à Sirius Black, et donc par héritage à Harry, répondit Ron avant tout le monde.
– Bien, répondit-elle d'une voix morose. Puisque tout semble rentré dans l'ordre, vous ne devriez pas rester dehors dans ce froid.
Tonks se désintéressa d'eux et se saisit du brigand.
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– J'aimerais inventorier ce qu'il y a là-dedans, murmura Harry à ses deux amis en montrant la valise.
– De toute façon, cette sortie à Pré-au-lard est un échec, alors autant faire ça. Mettons-nous à l'abri, dit Ron en poussant la porte des Trois Balais.
Harry le retint par le bras.
– Zabini, murmura-t-il en désignant le Serpentard qui les regardait entrer. Allons ailleurs.
Ils se retournèrent dehors dans le froid, et s'attendirent à moitié à être réprimandés par Tonks, mais celle-ci avait disparu.
– Le plus simple, c'est de rentrer à Poudlard, non ? suggéra Ron.
– Tu veux passer devant Rusard avec la valise ? fit remarquer Hermione.
Harry n'avait pas pensé à ça quand il avait « saisi » le butin de Fletcher. Pour sûr, le contenu de la malle serait hautement suspect pour le gardien. Et sachant que tout cela venait de chez Sirius, il y avait une chance pour qu'un objet ou deux dans le lot soit réellement empreint de magie noire. Ils risquaient donc fort de finir avec des ennuis à cause du Capteur de Dissimulation.
Ne voyant pas d'autre solution, Harry invita les autres à le suivre vers la Tête de Sanglier. Une fois arrivés dans l'atmosphère enfumée de l'auberge, ils hésitèrent un instant. Il n'y avait pas énormément de monde mais ils avaient quand même du mal à voir un endroit tranquille adéquat.
– Excusez-moi, Monsieur, dit Harry en s'avançant vers le tenancier.
L'homme leva vers lui une paire d'yeux bleus perçants qui un instant auparavant étaient fixés sur la malle. Harry se souvint que l'homme avait parlé à Mondingus juste avant leur altercation.
– C'est à moi, lança Harry avec un regard de défi. Elle contient des affaires que Fletcher m'avait volées.
– Ding... soupira le barman. On ne se refait pas, comme on dit, hein ?
– En fait, nous cherchons un endroit tranquille pour en faire le tri, poursuivit Harry.
– La Tête de Sanglier n'est pas précisément un endroit tranquille, Monsieur Potter. Je crois me souvenir que vous avez déjà organisé une réunion secrète chez moi. Eh bien laissez-moi vous dire qu'elle n'était pas si secrète que ça !
Deux espions, indépendamment l'un de l'autre, avaient assisté à la réunion de formation de l'Armée de Dumbledore, l'année précédente. L'un d'eux, remarqua Harry, était justement Ding Fletcher.
– Je le sais bien, maugréa-t-il.
– Enfin, je peux bien vous laisser un moment une des chambres à l'étage, si vous y tenez.
– Ce serait très aimable à vous, Monsieur.
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Quelques minutes plus tard, Harry , Ron et Hermione se trouvaient dans une des chambres miteuses qui valaient à l'établissement le titre d'auberge. Harry souleva la valise sur un lit à moitié défoncé, l'ouvrit et commença à en sortir le contenu, invitant d'un geste ses amis à l'aider dans sa tâche.
– Tout ça ne résout pas le problème de Rusard, remarqua Hermione en se saisissant d'une pièce d'argenterie. Une fois qu'on aura tout trié, qu'est ce qu'on fait de tout ça ?
– Je ne sais pas, je n'y ai pas encore réfléchi, répondit pensivement Harry.
Il tenait à la main un anneau d'or qu'il reconnut. Il s'agissait d'un des nombreux objets qu'ils avaient jetés l'année précédente lors du grand nettoyage du quartier général de l'Ordre. Sirius avait dit qu'il appartenait à son père. Harry se souvenait de l'accès de fureur de Kreattur qui voulait absolument conserver cette relique.
– Il y a toujours une solution, lança Harry tout à trac.
Les deux autres lui lancèrent un regard interrogatif.
– Il suffit de demander à Kreattur de tout ramener au 12, Square Grimmaurd. Je suis sûr qu'il en sera ravi.
– C'est là-bas que ça a été volé, remarqua Hermione.
– Donc Mondingus ne retournera pas cambrioler une nouvelle fois l'endroit, si ?
Hermione haussa les épaules et ils trièrent en silence les objets hétéroclites pendant un moment.
– Beaucoup de vaisselle précieuse, mais aussi pas mal d'objets dont on s'était débarrassés et que Kreattur a dû récupérer en douce, nota Ron en brandissant un pendentif.
Harry regarda l'objet et se figea. Le gros médaillon en or lui paraissait étrangement familier.
– J'ai déjà vu ça quelque part.
– Oui, on avait essayé de l'ouvrir, mais personne n'a réussi, alors on l'a jeté.
– Non, ce n'est pas ça.
Harry scrutait l'objet, cherchant dans sa mémoire où il l'avait vu. Il détaillait le grand S qui l'ornait quand la lumière se fit dans son esprit.
– Le médaillon de Merope !
– Merope ? demanda Hermione. Merope Gaunt ? La mère de...
– Oui, la mère de Voldemort, acheva Harry, arrachant comme de coutume une grimace à Ron. Elle portait ce médaillon dans le souvenir que j'ai exploré avec Dumbledore. Son père disait que ce médaillon était une relique familiale, qu'il avait appartenu à Salazar Serpentard.
– Tu es sûr que c'est le même ? demanda Hermione. Qu'est-ce que ça faisait chez Sirius dans ce cas ?
– Aucune idée.
Il prit le médaillon des mains de Ron et l'examina plus attentivement. Sans aucun doute, il s'agissait bien là du médaillon qu'il avait vu dans la Pensine, ou au moins d'une fidèle réplique de celui-ci. Harry décida alors de le mettre de côté. Autant le reste des objets de la famille Black retournerait dans le manoir, autant il voulait montrer le pendentif au professeur Dumbledore. Vu l'intérêt qu'il avait porté à la bague d'Elvis, il serait sans doute ravi d'avoir cet objet entre les mains.
Quand ils eurent fini le recensement, Harry replaça les objets dans la valise. Le médaillon était la seule chose intéressante qu'il avait trouvé et qu'il ne comptait pas renvoyer chez Sirius. Et il y avait bel et bien quelques objets louches dans le lot, comme par exemple une boîte à musique qui leur laissait des mauvais souvenirs et qu'ils s'étaient bien gardé d'ouvrir.
– Kreattur ! appela alors Harry.
Il y eut un crac sonore et le vieil elfe de maison, maintenant affecté aux cuisines de Poudlard, apparut devant eux.
– Oui, maître ? demanda Kreattur en murmurant des obscénités concernant les sangs-de-bourbe et les traîtres.
– Je t'interdis de prononcer ces mots ! l'admonesta Harry.
L'elfe tourna la tête, ostensiblement pour sortir Ron et Hermione de son champ de vision, mais se tint coi.
– Regarde le contenu de cette valise.
L'elfe ouvrit des yeux comme des soucoupes quand il reconnut les objets appartenant à la famille Black.
– Mondingus Fletcher ! C'est Mondingus Fletcher qui a volé ces objets à Kreattur. Le Maître les a retrouvés ?
Sa voix était infiniment plus respectueuse qu'à l'accoutumée. Il approcha son nez en forme de groin de la malle pour mieux regarder à l'intérieur, et son regard était plein de reconnaissance.
– Oui, Kreattur. Et je voudrais que tu les ramènes à la maison et que tu les ranges à leur place avant de retourner à ton poste aux cuisines de Poudlard.
– Bien, Maître, répondit Kreattur avec une courbette qu'il arrêta à mi-chemin.
Harry se rendit compte que l'elfe regardait le médaillon qu'il avait gardé à la main.
– Tu connais ce médaillon, Kreattur ?
– Oui, Maître. C'est le médaillon de Monsieur Regulus, Maître.
– Le frère de Sirius ?
L'elfe hocha la tête. Pour une raison inconnue, ses yeux s'embuaient de larmes.
– Je vais le garder avec moi. Je veux le montrer au professeur Dumbledore.
– C'est un objet maléfique, Maître. Très maléfique et indestructible, expliqua l'elfe.
Puis il se précipita vers le mur de la chambre et se frappa la tête répétitivement.
– J'ai échoué ! hurlait-il. Je devais le détruire et j'ai échoué !
Harry se rua sur lui et l'écarta de la cloison avant de le clouer au sol et de s'asseoir dessus, arrachant un gémissement à Hermione.
– Écoute-moi, Kreattur, lança Harry d'une voix forte. Nous allons le montrer au professeur Dumbledore et il pourra t'aider à le détruire, d'accord ?
L'elfe reniflait toujours bruyamment mais cessa de hurler. Harry le laissa se relever.
– Je veux que tu amènes le pendentif au professeur Dumbledore dans son bureau et que tu reviennes ici ensuite pour te charger de la valise.
– Le professeur Dumbledore est absent jusqu'à lundi, Maître, répliqua Kreattur.
Harry eut un temps d'arrêt pendant lequel il se demanda comment l'elfe savait cela, mais il se dit que les cuisiniers de Poudlard pouvaient sans doute obtenir ce genre d'informations.
– Dans ce cas, je vais le garder et lui amener lundi.
– S'il est maléfique, objecta Hermione, on ne pourra pas passer Rusard avec.
Harry se renfrogna. Elle avait évidemment raison. Il se souvint alors qu'il avait cours avec le directeur le lundi à huit heures.
– Kreattur. Je veux que tu emmènes ce pendentif avec la valise à la maison, que tu fasses le rangement que je t'ai demandé, puis que tu restes là-bas jusqu'à lundi soir. Lundi, à huit heures précises, je veux que tu ailles dans le bureau du professeur Dumbledore en emmenant le bijou avec toi. Ensuite, tu retourneras aux cuisines de Poudlard. Est-ce que tu as bien compris ?
L'elfe hocha la tête et s'empara du médaillon que Harry lui tendait. Il prit également la valise et disparut dans un nouveau crac.
– Tu veux vraiment le détruire ? demanda Hermione.
– Je ne sais pas trop. C'est tout ce que j'ai trouvé pour le calmer.
– Ça avait vraiment l'air de lui tenir à cœur.
– Chut ! Écoutez ! intervint Ron.
Des clameurs s'élevaient dans la rue au-dehors. Ils regardèrent par la fenêtre, mais ne virent rien de spécial. À ce moment, on frappa à la porte.
– Les enfants, sortez de là, lança la voix du tavernier de l'autre côté du panneau.
Hermione ouvrit la porte. L'homme avait un regard troublé qui ne manqua pas de les inquiéter.
– Tous les élèves de Poudlard doivent rentrer à l'école. Il y a eu une agression.
– Quoi ? Qui ? s'exclamèrent-ils en même temps.
– Deux jeunes filles nommées Leanne Laughland et Katie Bell. Leanne a été retrouvée morte et Katie est dans un état grave. Je n'en sais pas plus mais je dois vous ramener.
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Avance rapide : le trio retourne à Poudlard, où ils en apprennent plus sur ce qui est arrivé aux deux jeunes filles. Katie rentrait à Poudlard en transportant un collier maudit, et l'avait touché. Quand elle était tombée dans le coma, son amie Leanne avait à son tour ramassé l'artefact et en était morte sur le coup.
Tout le monde, dans le dortoir de Gryffondor, est très affecté, et les rumeurs vont bon train sur l'événement. En outre, certains remarquent que pour la première fois depuis six ans, un événement grave s'est déroulé à Poudlard et le grand Harry Potter n'était impliqué en aucune manière.
Arrive ensuite le lundi soir.
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N'ayant reçu aucun contrordre, Harry se présenta à huit heures précises devant le bureau du directeur, frappa et fut invité à entrer. Au moment où il poussait la porte, Kreattur se matérialisa dans la pièce avec le bruit habituel. Dumbledore le dévisagea sans comprendre.
– Le Maître a demandé à Kreattur d'apporter ceci au directeur, annonça l'elfe en exhibant le pendentif.
– J'ai pensé que ça pourrait vous intéresser, ajouta Harry en refermant la porte.
Le directeur se leva pour venir voir l'objet de plus près, en fronçant les sourcils, puis écarquilla les yeux de surprise.
– Le pendentif de Serpentard !
– Le Maître a dit qu'Albus Dumbledore pourrait aider Kreattur à le détruire.
– En fait, hésita Harry, je voulais vous le montrer. Je ne sais pas si vous voudrez le détruire.
Dumbledore se tourna vers Harry. Il avait l'air très fatigué et ses mains étaient prises de tremblements.
– Harry, lança-t-il en criant presque, as-tu la moindre idée de l'importance de ce que tu viens de m'apporter ?
– Euh... pas vraiment, Monsieur.
Il raconta succinctement la manière dont il était rentré en possession du bijou. Le directeur l'écouta sans l'interrompre mais Harry sentait bien qu'il bouillonnait intérieurement. Finalement, le vieil homme prit le pendentif entre les doigts de sa main valide et l'examina un moment en silence. Il se tourna ensuite vers l'elfe de maison.
– Kreattur, lui dit-il d'une voix douce, tu disais que tu voulais détruire cet objet ?
L'elfe hocha la tête.
– C'est la mission que Monsieur Regulus a donnée à Kreattur.
– Je serais heureux que tu m'en racontes plus là-dessus, mais avant cela, je voudrais que tu le poses sur cette table. Je vais te montrer quelque chose.
Dumbledore se dirigea prestement vers la vitrine derrière son bureau. Il se saisit de l'épée de Gryffondor, à la garde sertie de rubis, et revint devant le bijou.
– Harry, je pense que pour détruire cet objet, il faut d'abord l'ouvrir. Pourrais-tu faire cela pour moi ?
– On a tout essayé l'année dernière, mais rien n'a fonctionné.
– Mais l'année dernière, tu ne savais pas que c'était le médaillon de Serpentard, n'est-ce-pas ?
– Que voulez-vous... Oh !
La solution évidente venait de germer dans son esprit. Bien sûr, le médaillon réagissait au fourchelang.
– D'accord, acquiesça Harry. Je vais l'ouvrir.
Dumbledore brandit l'épée de sa main valide, prêt à frapper.
– Ouvre-toi, siffla Harry.
Répondant à l'ordre, le médaillon s'ouvrit, révélant deux faces semblables à des yeux qui regardaient le vieux directeur. Une voix terrible s'éleva de l'objet.
– Albus Dumbledore !
La voix ne put pas aller plus loin. La lame s'était abattue avec fracas, transperçant le bijou et laissant couler, au grand étonnement de Harry, du sang sur la table. Dumbledore se tourna vers Kreattur.
– Ta mission est accomplie, Kreattur.
L'elfe rayonnait de joie.
– Maintenant, poursuivit le directeur, je voudrais que tu m'expliques comment Regulus Black est entré en possession de cet objet.
– Vous pouvez m'expliquer ?
– Après, Harry. Je veux d'abord entendre le récit de Kreattur.
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Kreattur raconte alors l'histoire de la grotte et le sacrifice de Regulus.
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– Bien. Ton ancien maître a fait preuve d'un courage exemplaire, Kreattur. Et nous avons eu beaucoup de chance de retrouver cet objet et de pouvoir t'aider à accomplir ta mission.
– Qu'est ce qui pouvait bien être si précieux pour le protéger de la sorte ? demanda Harry.
– Harry, ce soir, je comptais te montrer encore des souvenirs, mais en fait, je pense que nous allons nous rendre dans le cœur du sujet pour répondre à ta question.
Le directeur se dirigea vers la porte d'entrée de son bureau. Harry, après avoir demandé à Kreattur de retourner en cuisine, le suivit dans l'expectative. Il ne comprit où ils allaient que quand ils arrivèrent tout près du bureau du professeur Slughorn. Dumbledore frappa à la porte, et le maître des potions l'ouvrit un instant après.
– Albus ? Que me vaut le plaisir à cette heure ? demanda-t-il en dévisageant tour à tour le directeur et son élève.
– Pouvons-nous entrer, Horace ?
Slughorn s'effaça pour les laisser passer. Quand il eut refermé la porte, Dumbledore se tourna vers lui avec un mine grave.
– Horace, je vous ai demandé quelque chose que vous ne m'avez pas encore fourni. C'est une information capitale, dont nous...
– Albus, écoutez, je...
– Ne m'interrompez pas, Horace, l'intima Dumbledore en haussant un peu la voix. En réalité, je sais déjà presque tout là-dessus, et je n'ai pas le temps de jouer avec vous, donc je vais simplement vous poser des questions d'ordre général.
Un silence pesant s'installa un instant.
– Quel genre de questions ?
– Si je vous disais que je pense que Lord Voldemort a créé des Horcruxes, penseriez-vous que c'est crédible ?
Le professeur Slughorn resta un moment saisi par la question, à laquelle Harry ne comprenait rien, puis il afficha un petit sourire contrit.
– De manière purement théorique, oui, ça me paraît tout à fait crédible.
– Et s'il l'a fait, combien pensez-vous qu'il y en a ?
Le maître des potions hésita un instant, tortillant les poils de sa moustache de morse.
– Combien, Horace ? répéta Dumbledore d'un ton presque menaçant.
– Si je devais deviner, je dirais... sept. Enfin, six plus le fragment d'origine. C'est un nombre intéressant, sept. Très empreint de magie.
– Merci infiniment, Horace.
– Ça vous dérangerait de m'expliquer un peu de quoi vous parlez ? explosa Harry.
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Conséquences à long terme : Difficiles à prévoir dans le détail, mais potentiellement très importantes. Simplement parce que le trio n'aura pas laissé le butin de Fletcher lui passer sous le nez, on gagne plus d'un an dans la quête pour vaincre Voldemort. En effet, dans l'original, Dumbledore passe six mois à chercher la grotte des Inferi en pure perte, puis Harry, Ron et Hermione doivent trouver le médaillon et l'épée de Gryffondor. La quête de cet unique Horcruxe, qu'ils avaient en fait sous la main, dure jusqu'à Noël l'année d'après.
En gagnant ainsi plus d'un an, on peut imaginer plein de choses : Albus Dumbledore va pouvoir se focaliser sur un autre Horcruxe. En excluant Nagini qui est avec son maître, il sait qu'il reste la coupe de Poufsouffle et un objet en rapport avec Serdaigle. Est-il si déraisonnable de penser qu'il pourrait trouver et détruire les deux objets avant son décès ? En six mois, il pourrait en faire des recherches !
En conséquence négative, Leanne est morte. Dans l'original, c'est Hermione qui l'empêche de prendre le collier maudit. Ici, elle n'est pas présente.
Note : Dans ce récit il y a en réalité deux réactions intelligentes : le sortilège lancé par Ron sur Ding Fletcher, bien sûr, mais aussi l'interrogatoire de Slughorn. J'ai toujours pensé que la quête de Harry pour obtenir la Pensine du maître des potions était un peu cousue de fil blanc. Après tout, Dumbledore sait déjà qu'il y a des Horcruxes, et même sait déjà qu'il y en a plus d'un puisqu'il a détruit le journal intime et la bague. La seule information en plus que donne Slughorn, c'est le nombre supposé de fragments. Et en plus, je pense que Dumbledore se doutait de ce nombre : il a déjà conjecturé que le médaillon de Serpentard et la coupe de Poufsouffle en étaient. Il se doutait que Voldemort était venu demander un poste de professeur à Poudlard à cause d'un autre horcruxe, en lien avec Serdaigle sans doute puisque l'épée de Gryffondor était hors de cause, et il pensait que Nagini en était un aussi...
