/!\ YAOI, on n'aime pas on ne lit pas

Titre : Phobia

Pairing : Shin x Sena

PDV : Sena

Rating : K+

Résumé : La peur, toujours, encore. La panique, de plus en plus présente en moi. J'ai l'impression de couler, de m'enfoncer dans un marais noir et gluant dont rien ne peut me sauver. J'ai l'impression d'entendre leurs rires moqueurs, de voir leurs regards méprisants, d'entendre leurs remarques dégoûtées. Je ne vois que leurs yeux, leurs bouches. Rien d'autre. Pourtant, je sais qui ils sont. Mes amis. Je m'englue dans cette haine et cette horreur. Soudain, je me réveille en sursaut. Je suis là, dans ma chambre. Et le véritable cauchemar ne fait que commencer.

Disclaimer : Le manga Eyeshield 21 appartient à Riichiro Inagaki et Yusuke Murata

Note : Ce chapitre...Je ne savais pas trop comment l'occuper, en fait. Et j'ai encore du mal à imaginer qui va jouer quel rôle. Comme j'ai eu du mal à me décider ici. Et puis, ce chapitre ne reflète pas exactement l'ambiance que j'aurais souhaité, surtout à la fin, mais j'ai bon espoir pour la suite. Suite qui devrait arriver plus rapidement puisque j'ai un peu plus d'idées que pour ce chapitre deux.


Le lendemain arriva. Pour une fois, je me réveillais largement avant que le maudit appareil ne sonne. A vrai dire, je m'étais éveillé en sursaut et en sueur, dans un état lamentable d'excitation due à un énième rêve. Celui-ci était plus prononcé, plus entreprenant que d'habitude. Je me revois encore, l'embrasser, le toucher. Je pouvais sentir ses main effleurer mon corps, ses caresses et ses baisers me faisant frissonner.

Je m'étais levé et j'avais tourné en rond une bonne demi heure avant de constater sur le cadran digital qu'il me restait encore trois heures de sommeil. J'avais tout tenté pour me rendormir, sans succès. J'avais donc pris un douche glacée et m'étais à nouveau réfugié dans ma chambre, pensant à ce match qui m'opposerait à lui le lendemain même. J'en avais des sueurs froides. Quand enfin vint l'heure, je descendis, touchais à peine à mon déjeuner en attendant Mamori. Quand elle sonna à la porte, je me ruais à l'extérieur devant l'air stupéfait de tous.

Le chemin jusqu'au lycée me parut interminable. J'attendais. Je ne savais pas quoi exactement. J'avais envie de jouer... Mais tout ce que j'arrivais à penser c'était "faites que cette journée se termine rapidement". Pourtant, quand je pensais au soir arrivant, je n'avais aucune envie d'y être. J'attendais simplement la suite sans aucune envie qu'elle arrive.

J'enfilais mon équipement, je fis un entraînement médiocre sous l'oeil inquiet de l'équipe et celui agacé d'Hiruma. Quand il fut fini, je repris mes bonnes vieilles habitudes, attendant qu'ils sortent de la douche. C'est là qu'il vint, avec ses armes, son chewing-gum et son sarcasme à tout épreuve :

"Dis moi, fuckin' minus, c'était quoi ça ?"

"Désolé Hiruma... Je ne sais pas ce qui m'arrive"

"Si c'est le match contre ce maudit Shin qui t'angoisse..." à l'évocation de son nom et du match à venir, je tressaillis, "...Je te trucide, c'est bien clair !?".

"C'est pas ça..."répondis-je timidement.

"Bien sûr...Tu pourras jouer ?"

Son ton était différent de d'habitude. Si je ne l'avais pas connu, j'aurais presque pu penser que mon capitaine s'inquiétait aussi.

"B-Bien sûr, pourquoi ?"

"Tu sais très bien pourquoi, fuckin' minus !"

Oui, je savais... Et je commençais à avoir peur qu'il ait lui aussi deviné.

"Tu me connais, fuckin' chiard, je sais tout. Sur tout le monde. Même sur ceux qui ne veulent pas que l'on devinent leurs secrets...Surtout sur eux. Tu pensais vraiment qu'après tout ce temps je n'aurais pas compris ?"

Je fus pris de tremblements. Il savait. Il savait et cette simple idée me tétanisait. Qu'allait-il croire ? Penser de moi ? Une seule chose me rassura cependant : Hiruma n'était pas homme à divulguer sans raison de pareilles informations. Ce soulagement ne dura que le temps qu'il me fallut pour réaliser qu'il tenait un moyen de pression. Certes, sa simple présence et sa réputation me faisaient obéir au moindre de ses ordres, nul besoin de chantage. Mais je n'en restais pas moins pétrifié.

"Kekeke, c'est pas la fin du monde va, t'es pas le seul fuckin' joueur de cette équipe à mater les mecs."

Je sursautais. Qui ? Mon regard dû me trahir puisque son sourire s'élargit :

"Compte pas sur moi pour te le dire, fichu nabot. Mais je te jure que si on perd ce match parce que t'arrives pas à te concentrer, je te dézingue !"

Je déglutis avant de hocher la tête. Je m'étais encore mis dans le pétrin. De toute façon, sa menace n'avait pas lieu d'être. Que je désire Shin ou pas, mon objectif restait de gagner et de jouer le Christmas Bowl. C'est sur ces réflexions que mes premiers coéquipiers arrivèrent. Musashi lança un regard interrogatif à son ami qui fit claquer une bulle de chewing gum en guise de réponse.

Quand tout le monde fut sorti, je me ruais sous la douche, tremblant. J'avais peur. Certes, Hiruma était quelqu'un de particulier. Cela ne m'empêchait pas d'angoisser à l'idée que si lui avait compris, d'autres pouvait aussi l'avoir fait. Ces réflexions se bousculaient dans mon esprit. Je lâchais le tube de gel douche, pris de tremblements compulsifs. Je fus obligé de m'asseoir, ma tête tournant à une vitesse fulgurante. Alors que j'essayais de me calmer, j'entendis des voix. Ou plutôt celle d'Hiruma. Je me demandais à qui il s'adressait :

"Je te demandes pas ton avis ! Tu lui parles, point barre. Sinon il va nous claquer entre les doigts !"

Je n'eus pas le loisir d'écouter la suite, percevant seulement le bruit de la porte du local qui se refermait lourdement.


La journée fut épuisante. Je ne parvenais à me concentrer ni sur mes cours, ni sur ce que me disaient les autres, trop préoccupé par la conversation que j'avais eu ce matin. Plus Monta et les autres me parlaient, plus je me demandais comment ils réagiraient s'ils apprenaient. J'avais peur. J'en frissonnais à chaque fois que j'imaginais sur moi leurs regards méprisants. Plus, j'étais terrifié à l'idée que Shin me haïsse. Et pire encore que de perdre le maigre espoir que je m'efforçais d'entretenir à son égard, j'avais peur de perdre la seule chose qui me permettait encore de garder pied : le football. Si je perdais cela, je n'aurais plus rien. Plus j'y pensais et plus le fameux coming-out m'effrayait. Je ne voyais aucune bonne raison de le faire. Que des inconvénients. Je préférais autant que personne ne sache jamais rien. Pourtant cette idée me rendait triste. Comment aurais-je pu être heureux en me cachant ? En sachant que les gens qui m'appréciaient ne me connaissaient pas vraiment. Ce secret me rongeait, m'étouffait. Un jour, je finirais par en mourir ou par tuer quelqu'un. Je me sentais perdu, complètement ailleurs. Il fallut d'ailleurs que Monta me rappelle trois fois pour que je comprenne qu'il fallait retourner en cours. Cet enfer ne finirait donc jamais ?

Quand l'entraînement du soir commença, j'avais la tête étrangement vide. Comme si mes réflexions m'avaient épuisé (c'était d'ailleurs le cas) et m'avaient permis de réaliser que le football était mon seul salut. Je fis un entraînement bien meilleur que ceux des derniers jours, n'atteignant pourtant pas le niveau que j'avais avant de paniquer totalement.

Alors que tout le monde filait sous la douche et que je me changeais, prêt à rentrer chez moi, Hiruma vint me voir, un sourire placardé sur le visage. Sans doute le résultat de notre conversation matinale, je me raidis. Qu'allait-il cette fois m'annoncer ?

"Fuckin' minus ! C'était beaucoup mieux ! Mais pas encore assez ! Si demain tu nous fais pas un entraînement d'enfer, je te troue la peau. Mais j'ai pas besoin de te le dire...".

Effectivement, il n'en avait pas besoin.

Quand tout le monde sortit de la douche dans le vacarme habituel, je finissais de lacer mes chaussures. Tout le monde se salua et commença à partir. Quand je fus face à la grille, j'entendis une voix grave m'interpeller. Je reconnus Musashi qui m'adressa un sourire grave. Je me demandais ce qu'il me voulait. J'appréciais Musashi, mais nous ne discutions pas beaucoup.

"Sena... J'ai parlé avec Hiruma"

L'angoisse qui s'était calmée après que mon démon de capitaine m'ait parlé dans les vestiaires refit surface. Il savait lui aussi, je le sentais.

"Il voulait que je te parle mais je vois mal comment aborder le sujet avec toi."

"Quel sujet ?" feignis-je d'ignorer.

"Ton homosexualité, Sena." lâcha-t-il d'un ton sérieux.

Je frémis. Ce seul mot me donnait des sueurs froides, des cauchemars. Je sentais l'air se frayer difficilement un chemin dans mes poumons. Merde. Pourquoi ? Pourquoi c'était si difficile ? Je ne faisais pourtant rien de mal à ce que je sache !

Je ne savais absolument pas quoi lui répondre. Aussi, je baissais simplement les yeux, priant pour que cette discussion ne s'éternise pas.

"C'est flippant hein ? L'idée que tout le monde s'en fait, le regard des autres, le foot..."

J'acquiesçais... Il était drôlement bien renseigné.

"Je pense pas que tu doives avoir si peur... Les autres sont pas forcément tous mauvais. Et puis ce sont tes amis. Les miens ont bien réagi..."

"Tes amis...Tu veux dire que tu...?"

Je comprenais enfin ce que m'avais dit le démon ce matin. Quelqu'un d'autre dans l'équipe, hein ? Comme pour confirmer mes soupçons, il hocha la tête.

"Comment tu le leur as dit ?" demandais-je, à la fois curieux et un peu stressé.

"J'ai pas eu à le faire en fait...C'est ce maudit Hiruma qui est venu et m'a dit "Oï, fuckin' vieillard, tu vas nous le dire quand que t'es gay ? Attends pas trop, parce que Kurita s'inquiète pour toi !" " raconta-t-il, faisant une imitation presque parfaite de son meilleur ami.

"Sena, je sais que c'est difficile de dire ça comme ça. Surtout quand on est dans une équipe. Mais il va bien falloir le faire un jour, non ?"

"C'est pas si simple... Comment tu veux que je le fasse ? Et puis... J'ai peur" avouais-je.

"A part Kurita et Hiruma, quelqu'un est au courant ?"

Il sourit et hocha la tête avant de dire :

"Mamori et Suzuna. Yukimitsu et Doburoku aussi... Dans les autres équipes, Agon et Unsui le savent, Takami doit aussi être au courant... Je crois que Kidd l'a compris aussi... Pour le reste je sais pas."

Je fus soufflé. Tant de gens...Et personne n'avait changé sa manière de se comporter avec lui ?

"Pourquoi tu ne l'as pas dit aux autres...Je veux dire, si tu n'as pas peur de leur réaction ?" continuais-je.

"J'ai pas eu d'occasion à proprement parler. Mais le jour où je la trouverais, je leur dirais."

"Je n'ai pas eu de véritable occasion non plus..." murmurais-je, comme pour m'en convaincre.

Son regard, pas dupe du tout, me fit comprendre que lui non plus n'y croyait pas.

"Ce que je te demande Sena, c'est pas de l'inscrire en lettres lumineuses sur ton casier. Mais je suis d'accord avec Hiruma, il ne faut pas que ça te pèse et que ça t'empoisonne la vie. Si tu en as marre de te cacher, d'avoir peur à chaque fois que quelqu'un te regarde un peu trop, si tu te sens oppressé par ce secret..." en quelques mots, il avait résumé tout ce que je ressentais ces derniers mois "...il faut que tu le dises. C'est peut-être le moment. Je te dis pas non plus de le révéler à tout le monde. Choisis bien les gens à qui tu le dis..."

Nous continuâmes à en parler un long moment. Je dois admettre que cela me soulagea. Mais il avoua quelque chose de...surprenant :

"Tu sais, moi aussi j'ai peur. Je ne l'ai pas encore dit à mon père. J'ai peur de sa réaction. Tu vois, on est pas si différents."

Je passais la moitié de la nuit à méditer sur ses paroles. Concernant ce secret qui me rongeait, le coming-out, la réaction des gens, le football, son père. Quand je m'endormis, aux alentours d'une heure du matin, ce fut d'un sommeil calme et sans rêve. Je me réveillais le lendemain matin, reposé. Je passais le reste de la jourée à réfléchir à ce que le kicker m'avait dit la veille. Il avait raison et j'avais compris qu'inconsciemment, je me préparais à le dire à certaines personnes. Il était peut-être temps de mettre fin à cette angoisse. Pourtant, un rien d'inquiétude me tordait le ventre. D'autant plus que le match contre Shin était prévu pour le lendemain.

La nuit me parut longue. Je me souviens à peine d'un vague cauchemar où mes amis me regardaient étrangement, avec mépris. En me levant, je tentais de me raisonner : ils étaient mes amis, ils comprendraient. Et puis, certains avaient bien réagi à l'annoncer de Musashi, pas de raison que ce soit différent avec moi. Ainsi, je descendis m'attabler devant mon petit-déjeuné, pensif. L'angoisse de mon coming-out avait laissé la place à l'angoisse d'avant-matche avec un petit plus puisqu'il s'agissait d'Ojo. Je me demandais si je devais en parler rapidement ou me taire encore un peu, attendre la fin de la saison. Mais je me dis que me taire jusque là me serait impossible. D'autant plus que je ne pouvais me permettre d'être déconcentré par de telles pensées lors d'un matche de demi-finale... Contre Shin. Alors quand Mamori arriva avec Suzuna pour me récupérer avant le matche, j'avais pris une décision. Ce serait aujourd'hui.


NdA : Voilà pour le second chapitre. J'espère qu'il vous plaît. Il est un peu moins long que le précédent je crois.

Je voulais couper ici. Pour le suspense, évidemment. En tout cas, cette fiction me tiens toujours à coeur et j'espère que vous l'appréciez. La suite devrait venir plus rapidement que ce deuxième chapitre que je ne savais pas trop comment écrire.

Donc, Musashi joue le rôle du grand frère, je trouve que ça lui va bien. Et Hiruma qui se préoccupe plus de ses joueurs qu'il ne le laisse paraître, je trouve que ça lui va aussi... Mais ce n'est que mon avis.

Aussi, dites moi si vous ne trouvez pas que le CO de Sena arrive un peu rapidement après sa discussion avec Musashi... Parce que j'ai l'impression que pour quelqu'un qui angoisse à la simple idée que quelqu'un ait des doutes, se révéler comme ça...

Bref. Merci d'avoir lu.