Bonne lecture...


Les jours passaient.

Ziva avait finalement réintégré le NCIS et tout semblait redevenu normal. A la différence près que Ziva refusait d'adresser la parole au reste de l'équipe pour des raisons autres que professionnelles. Elle avait tellement peur de perdre le contrôle en leur présence, avec les souvenirs qu'ils lui rappelaient.

Celle qui avait le plus de mal était peut-être Abby. Elle était à la fois tiraillée entre un sentiment de trahison, mais en même temps de compassion, quand elle se souvenait de ce qu'avait subi Ziva. Elle avait l'impression de perdre une nouvelle amie et elle avait du mal à l'accepter. Pas après Kate, Jenny. Elle devait constamment se rappeler que Ziva n'acceptait plus les câlins.

L'Israélienne avait toujours été gentille avec McGee, et il le lui rendait bien. Tous les matins, quand il arrivait au boulot, il avait l'habitude d'entendre le « Bonjour, McGee ! » de Ziva et dont le ton lui donnait son humeur. Elle était son pilier dans les situations critiques, toujours calme, réfléchie, posée. Elle était un repère dans sa vie et il avait l'impression de se heurter à un mur, à chaque fois qu'il tentait quelque chose.

Tony. Pour Tony, compliqué n'arrivait même pas à décrire ses impressions. Il ne savait pas ce qu'elle pensait et n'arrivait pas à s'adapter. Lui-même hésitait entre la culpabilité, la tristesse, la colère et la gêne. Ziva semblait réellement s'être enfermée dans une cage, refusant tout contact avec les autres. Que pensait-elle ? Lui en voulait-elle toujours ? Le haïssait-elle ? Elle semblait ne rien éprouver à son égard, et c'était peut-être le pire.

-En route, Abby vient de localiser la dernière victime de Horrowitz, et elle pourrait être encore en vie ! lança Gibbs à la ronde, en traversant l'open space en direction de son bureau.

Les trois agents sursautèrent et ouvrirent brusquement leur tiroir pour y prendre pistolet et badge.

Depuis deux semaines, un serial killer écumait les environs de Washington. Horrowitz enlevait des jeunes femmes brunes, sœur ou femme de Marine, pour les torturer et les tuer. Il semblait frapper complètement au hasard et violemment. Jamais le NCIS n'avait eu à faire à un tueur aussi cruel, sadique et mortel. En quatorze jours, il avait fait huit victimes.

Ziva glissa son pistolet à la hanche, hésitante. Cette affaire était sa première enquête depuis son retour au NCIS. Elle n'était pas sûre de se contrôler si jamais un jour elle se retrouvait face à Horrowitz. Pour essayer de palier cette hésitation, elle s'était lancée à corps perdu dans l'affaire, sous les regards inquiets du reste de l'équipe. Ils voyaient tous à quel point elle état affectée par ces meurtres et par les tortures infligées avant.

Quelques minutes plus tard, ils pilèrent devant l'adresse indiquée par la scientifique.

-DiNzzo, McGee, la porte de derrière. Ziva avec moi, souffla Gibbs.

La jeune femme poussa un soupir de soulagement et remercia Gibbs d'un regard.

Pistolets à la main et enclenchés, ils se rapprochèrent de la porte d'entrée. Gibbs jeta un coup d'œil par la vitre opaque, ne perçut aucun mouvement et adressa un signe de tête à Ziva. Celle-ci acquiesça, et ils enfoncèrent la porte, presque au même moment que Tony et McGee, criant diverses variantes de « NCIS ! », « Agents Fédéraux », « On ne bouge plus ! ».

Mais la maison était vide et silencieuse.

-Tony, McGee, vous fouillez en haut, ordonna Gibbs, en indiquant l'escalier.

L'arme toujours au poing, Ziva ouvrit une première porte, qui se révéla être un placard, remplis de balais avec une forte odeur de détergeant. Elle entendait les portes claquer et rebondir contre les murs, les « RAS ! » criés à l'intention des autres et les pas précipités. Après deux portes sans succès, elle posa la main sur la poignée froide et métallique de la dernière. Elle força, mais la porte semblait fermée à clef. Elle leva le pied et percuta la serrure.

La porte s'ouvrit dans un « bang », révélant un escalier plongé dans le noir.

Ziva posa un pied sur la première marche, qui grinça péniblement, puis dévala le reste. Elle laissa ses yeux s'accoutumer à la pénombre, jeta un coup d'œil autours d'elle et se figea.
La seule faible source de lumière venait d'une fenêtre en hauteur, à hauteur du sol et à moitié couverte d'herbe. La pièce était nue, les murs d'un blanc crasseux, le sol en béton gris et couvert de taches sombres. Mais au centre, se trouvait une chaise. Et sur cette chaise, une jeune femme était attachée. Les jambes liés aux pieds de la chaise, les bras aux accoudoirs, et une corde maintenait sa poitrine contre le dossier. Ses vêtements étaient sales, déchirés, couverts d'un liquide sombre. Sa peau était marquée en de multiples endroits par des coupures encore à vif, des bleus, et elle était couverte de poussière et de sang. Ses cheveux emmêlés masquaient son visage penché en avant, mais elle semblait inconsciente.

Violemment, les flashbacks se succédèrent dans l'esprit de Ziva et pendant un moment, son image se télescopa avec celle de l'autre jeune femme. Un filet de sueur glissa le long de son front, et elle se sentit pâlir.

-Gibbs ? parvint-elle à chuchoter.

-Remonte, Ziva. Je m'en occupe, répondit le chef d'équipe sur le même ton, du haut de l'escalier.

Avec difficulté, la jeune femme monta les marches et passa à côté de Gibbs. Elle avait tellement maigri qu'elle pu passer sans problèmes. Elle sentit vaguement la main de Gibbs effleurer la sienne, dépassa un McGee et un Tony tous les deux surpris et s'assit sur les marches du perron, la tête entre les genoux. Elle laissa l'air frais sécher la transpiration sur son front et les larmes qui menaçaient de couler, puis prit plusieurs inspirations pour tenter de remettre son esprit en ordre.

Elle avait à peu près recouvré son état normal et s'apprêtait à se lever, lorsqu'elle entendit des pas.

Ziva leva brusquement la tête et vit un homme marcher en direction de la maison. Il l'aperçut et s'arrêta net, la bouche grande ouverte et les yeux écarquillés. Même avec cette expression de surprise, Ziva avait pu le reconnaître. C'était lui. C'était Horrowitz.

Une vague de haine comme elle n'en avait jamais connu la souleva brusquement. La colère fit étinceler ses yeux et sa main se resserra instinctivement autours de la crosse de son arme.

Horrowitz fit brutalement demi-tour. Le pouls de Ziva s'accéléra et, sans vraiment en avoir conscience, elle se lança à sa pouruite.

-Ziva ! hurla McGee derrière elle.

Mais elle ne réagit pas. En cet instant, tout son esprit et tout son corps étaient tournés vers un seul but : attraper cet homme. Le faire souffrir. Le tuer.

Horrowitz tourna à gauche, et Ziva força ses jambes à accélérer, en le suivant. L'adrénaline monta en flèche dans son sang et elle commença à gagner du terrain. L'homme prit une autre direction, croyant la semer, mais, implacable, elle le suivit aussi sec.

Il réalisa son erreur lorsqu'il se retrouva soudain contre un mur de briques. Il se retourna, espérant pouvoir s'échapper, mais se retrouva nez à nez avec le canon d'un pistolet. Il leva les yeux et croisa brièvement le regard sombre et haineux de Ziva, dont l'iris avait presque la même couleur noire que les pupilles.

-S'il vous plaît, ne tirez pas, commença-t'il à geindre.

Doucement, elle enroula son doigt autours de la gâchette. Son esprit ne répondait plus. Elle aurait du annoncer à Horrowitz ce qu'il se passait et attendre le reste de l'équipe. Elle aurait du. Mais elle ne voulait pas. Elle était incapable d'ouvrir la bouche.

-Ne tirez pas, je ne voulais pas…

Ziva écarquilla les yeux, fit un pas en avant et dirigea son arme exactement entre les deux yeux d'Horrowitz.

-Ziva ! hurla quelqu'un derrière elle, qu'elle identifia vaguement comme étant Gibbs. Baisse ton arme !

Elle ne fit aucun geste et resserra même encore plus sa main sur le pistolet.

-Ziva !

-Ne tirez pas, s'il vous plaît, ne tirez pas !

La rage aveugla brusquement la jeune femme et elle appuya sur la gâchette. Au même moment, elle sentit une violente secousse et se retrouva brusquement par terre. Un bruyant remue-ménage se fit autours d'elle, mais tout ce qu'elle pouvait faire c'était contempler son pistolet avec horreur.

Elle ne pouvait même plus se faire confiance.


Alors, verdict ^^ ?

A demain!