Bonsoir tout le monde ! Comment allez-vous ?
Je suis contente que cette fiction vous plaise, même si vous n'êtes pas beaucoup ;)
Cette fois-ci, après le chapitre sur Edward, voici le chapitre sur Bella. Il est, comme celui d'Edward, assez dur.
Bonne lecture à toutes & à très bientôt :)
(Battle Scars – Lupe Fiasco ft Guy Sebastian)
Février est le mois le plus froid de Vancouver, le verglas s'accrochant aux trottoirs de la ville canadienne, et pourtant, tous les soirs, j'arpente ces rues verglacées à la recherche de mon addiction. Laquelle, me direz-vous ? La cocaïne, la petite poudre blanche qui fait planer plus de mille.
Pourquoi, me diriez-vous encore ?
Parce que.
Je n'ai même pas de mots pour expliquer. Mon père, alcoolique et dépressif depuis le départ de ma mère, m'a virée de la maison décrétant que je faisais plus les choses comme avant.
Alors quand je suis rentrée de cours un treize septembre, date de mon anniversaire et date de mes vingt-et-un printemps, j'ai trouvé ma valise devant la porte, un message disant que je n'étais plus assez bien pour lui, ainsi que 100$. C'est facile, il a la belle vie : il est shérif du comté de Forks dans l'état de Washington, gagne beaucoup, même pour une simple bourgade, et est connu de tous. Et moi, Bella Swan, la fille timide et transparente du shérif, n'a pas réussi à satisfaire son père et s'est faite jeter de chez elle le jour de son anniversaire.
Que vouliez-vous que je fasse ? Rester pleurer sur les marches du porche en attendant qu'il rentre et le supplier de me laisser rester ? Oh ça non, j'ai trop de fierté. En même temps, je lui en ai fait voir de toutes les couleurs : j'ai fugué, fait des tentatives de suicide, l'ai accusé du départ de ma mère... Mais il n'a jamais rien dit, ni élevé la voix plus que ça. Il a juste encaissé, sans montrer combien je le blessais avec mes propos.
Ça fait aujourd'hui deux ans que je suis à Vancouver et un an et demi que la cocaïne blanchit mes narines. Mon meilleur ami Alec est le dealer de la ville et me fournit chaque jour ma dose habituelle de cette poudre blanche. Je ne lui donne pas d'argent en retour, il sait qu'il peut venir dans mon studio pour que je le paye en nature. Cet appart, je le paie avec les sous de mon prêt étudiant que j'avais ouvert pensant partir à Brown, quand j'avais encore la tête dans les bouquins et pas dans les magouilles.
Qu'est-ce que je fais de mes journées ? Je m'occupe de Canaille, mon chat abyssin, je sniffe, je bois, je saute Alec de temps à autre. C'est comme ça que le temps arrive à passer. Quant à mon père, je n'ai plus de nouvelles depuis que j'ai trouvé ma valise sous le porche, et ma mère est trop occupée avec son nouveau mari pour se demander ce que je deviens. A part mes parents, je n'ai personne d'autre.
L'air est vraiment glacial à Vancouver, et j'ai hâte de rentrer chez moi et me faire des rails, mais pas avant d'avoir récupéré ma dose avec Alec. Il est toujours à la même place, au Shannon Park, assis sur le dossier d'un banc en fer forgé. Il porte, comme d'habitude, un bonnet noir, une veste en cuir toute abîmée, une paire de jeans et une paire de converses usées jusqu'à la corde.
Alec, avant de dealer de la drogue, était un informaticien dans les beaux quartiers de Seattle, avait une femme, Jane, et une petite fille de deux ans appelée Mary. Et puis un jour, il a trouvé sa femme avec son collègue, Marcus, et est parti sur Vancouver. Il n'a jamais retrouvé de boulot, et avec l'argent qu'il avait mis de côté, il a loué un appartement près du parc.
« Bella ?
« Hey, Alec. Ça va ?
« Oui et toi ?
« Ouais. Quoi de neuf ?
« Rien, la routine. Combien tu veux ?
« Combien tu as ?
« Dix grammes.
« Alors dix.
« C'est pour plusieurs jours, par contre.
« Je sais t'en fais pas. Passes quand tu veux chez moi, hein ?
« Sans soucis.
J'embrassais sa joue et rentrais chez moi en évitant de me casser la figure à cause du verglas, et une fois arrivée dans mon appartement qui ne ressemblait à rien. Il y avait un canapé, une table basse – si on peut appeler ça une table basse – et la cuisine. Enlevant mon manteau, je m'effondrai sur le canapé clic-clac, et sortis le sachet de poudre blanche. Alors que j'allais pour verser le contenu du sachet plastique sur ma table, on frappa à ma porte d'entrée, et je décidais de ne pas répondre, bien trop tentée de me faire un rail.
« Bella ! C'est Carlisle !
Oh Carlisle.
Carlisle a 35 ans, et est accessoirement mon voisin, et aussi un médecin qui s'inquiète de ne pas me voir plus souvent. Il est grand, blond comme les blés, et a un visage assez fin ainsi que de beaux yeux verts.
« Bella, je sais que tu es là, et que tu vas te faire un rail. Je t'ai vu rentrer dans ton appartement.
Parce que oui, Carlisle se doute que je prends de la coke. Il aurait pu me dénoncer, mais je crois qu'il a un faible pour moi. Ou alors, il veut juste faire son devoir de médecin qui est d'aider ses prochains.
Je soupirais, et planquais le sachet dans un bouquin, avant d'aller ouvrir ma porte d'entrée. Carlisle était en chemise et jean, et semblait inquiet.
« Je vais bien.
« Tes mains tremblent. Tu es en manque.
« Il fait froid dehors. Et mon chauffage a rendu l'âme.
« Tu veux que je jette un coup ?
« Ça ira, j'appellerai le réparateur plus tard. Mais merci.
« Viens manger à la maison. J'ai fait un peu trop de soupe et de salade. Je sais que tu aimes ça.
« Vous n'avez pas à faire ça.
« Et tu n'as pas à me vouvoyer, jeune fille. On est voisin depuis assez longtemps pour pouvoir se tutoyer. Alors, tu viens ?
« Non merci, je vais aller me coucher. Une prochaine fois, d'accord ?
Je vis la déception sur le visage de Carlisle et soupirais. C'était la seule personne qui ne me tournait pas le dos, et je lui devais bien ça. Il m'avait trouvé un canapé et une table basse, avait souvent débouché l'évier de la cuisine, et ne m'avait jamais jugée.
« Laissez-moi prendre une douche, et je viens, d'accord ?
Je n'avais aucune intention de me doucher, mais juste prendre mon rail de coke avant d'y aller. Je n'avais pas sniffé depuis hier soir, et j'en avais vraiment besoin à ce moment précis.
« Dis plutôt que tu vas te faire ton rail, et que tu arrives…
« Carlisle…
« Au départ tu n'étais pas comme ça. Je ne comprends pas.
« Il n'y a rien à comprendre. Allez, j'y vais.
Je refermais la porte au nez de Carlisle, fermais à clef, et me glissais le long de la porte, avant de me relever, de retourner sur mon canapé, de sortir le sachet et de sniffer. Je me laissais tomber en arrière sur le dossier du canapé, et restais les yeux fermés un instant. La sensation de la poudre agissant sur moi m'emplit d'une certaine euphorie. Le monde semble bizarrement moins pourri quand je prends ma dose quotidienne. Je ne suis plus Bella Swan, abandonnée par ses parents et isolée de tout. J'oublie mon passé, mes cicatrices, mes douleurs. Tout cela disparaît pour laisser place à quelqu'un d'autre.
Je me levais, et allais attraper la bouteille de gin sous l'évier. J'entendis frapper à la porte, et soupirais. Ce devait encore être Carlisle.
« Bella ?
« Carlisle, laissez-moi.
« Il faut que tu arrêtes de prendre ça.
« Prendre quoi ?
« De la coke.
« Je vous ai dit que je n'en prenais pas.
« Tu as tous les symptômes.
« J'ai pas besoin d'aide. Allez-vous-en !
« Laisse-moi t'aider.
« Foutez-moi la PAIX !
« Bella, ouvre-moi.
« Je vais bien, c'est bon.
« Ouvre-moi, s'il te plaît.
« Non.
« Tu veux que j'appelle les flics ?
« Vous me dénonceriez ?
« Non… Mais je peux t'aider.
« Ça ira, putain !
Je soupirais, et ouvris la bouteille de gin, avant d'en prendre une longue gorgée. Comme ça, j'oublierais tout. J'étais arrivée à un point de quasi non-retour, comme une poupée trop abîmée. Je m'affalais de nouveau sur le canapé, ma bouteille dans la main, et la posais, avant de me faire deux rails de cocaïne. Cinq grammes ne serait pas suffisant, alors je titubais jusque mon téléphone, et composais avec peine le numéro d'Alec.
« Vous êtes bien sur le répondeur d'Alec Hawthorne, merci de laisser un message après le bip.
« Alec, c'est… J'ai besoin de plus… Viens, s'te plaît. Ce ne sera pas suffisant…
Avalant ma salive péniblement, je retournais sur mon canapé, et sniffais les deux rails, un pour chaque narine. Fermant les yeux un instant, je sentis des larmes couler sur mes joues blafardes. Je rouvris les yeux et bus une autre gorgée de gin, avant de me sentir mal. Je devais faire quelque chose. Peut-être me sentirais-je mieux après… Je marchais jusqu'au téléphone encore, la pièce tournait alors que je titubais, et composais le numéro. Après quelques sonneries, la personne décrocha.
« Allô ?
« Je te réveille pas ? Oups… Si bien sûr.
« Bella ?
« Hm hm… Tu m'as reconnu ? Wow… Un exploit, PAPA !
« Est-ce que tu vas bien ? T'as l'air bizarre.
« Je PÈTE la forme comme jamais, P'pa.
« T'es saoule…
« Et pas seulement… Alors, t'as trouvé une autre fille pour me remplacer ? Ris-je, avant de boire une gorgée de gin.
« De quoi tu parles ?
« Ben tu as viré ta propre fille de sa maison le jour de ses vingt-et-un an… T'as dû trouver quelqu'un pour te faire à manger… Ou te sucer… Ou te baiser…
« Bells, arrête ça. Où es-tu ?
« Quelque part loin de toi… Et je vais très bien. Mieux que jamais.
« Tu te drogues ?
« Noooooon. C'est pas bien de se droguer, tu sais. C'est toi qui me l'as dit ! Rigolais-je.
« Tu bois ?
« Oh bah non… Bon, un peu… Mais c'est rien, un tout petit peu, fis-je en faisant le geste avec mes doigts.
« Où es-tu ?
« Tu le sauras pas. Tu sais pourquoi ? Parce que t'es le pire père du monde ! Maman a eu raison de te… Oh…
« Quoi ? Bella ?
« C'est tout flou et ça tangue… Ouuuh, je suis dans un bateau, qui vogue, vogue, vogue ! Attention, un bateau ça peut couler. Boum ! Coulé ! Hihi !
« Qu'est-ce que tu as pris ?
« Rien, p'pa. Je prends rien, promis juré ! Je peux même cracher pour jurer, héhé ! Si je mens, je vais en enfer… Oh bah j'y suis déjà alors… Pourtant devrais faire chaud en enf…
« ISABELLA MARIE SWAN, ÇA SUFFIT ! QU'EST-CE QUE TU AS PRIS, NOM DE DIEU ?
« Mais rien, papou ! R'en du tout ! Bon allez j'te laisse, shérif Swan ! A plus dans le bus, ou en enfer…
Je raccrochais, et restais avec le téléphone à la main. Au bout d'un moment, quelqu'un frappa à ma porte.
« C'est qui ? Si c'est le grand méchant médecin, allez vous faire fout…
« C'est moi. Alec.
« T'as ce que j'ai demandé ?
« Non. Ouvre-moi.
« Non.
« Bella, ça doit s'arrêter.
Je me surpris à rire, et tombais au sol. Mes jambes ne me tenaient plus, et je bus un coup de gin.
« Je t'ouvre pas. Je veux ma dose.
« Je l'ai pas. Je t'ai dit que tu devais la garder pour plusieurs jours.
« Ben j'ai pas entendu alors… Tu sais ce que ça fait, le gin et la coke ensemble ?
« T'as pris de l'alcool ?
« Bah ouais. Je me sens invincible, forte. C'est chouette hein ?
« Non, Bella, ça ne l'est pas. Ouvre-moi et on en parle.
« Pas tant que j'ai pas ma dose.
« T'es coriace, hein ?
« Ma dose. Et après on verra.
« Combien tu veux ?
« Dix grammes.
« T'as fini l'autre sachet ?
« Non.
« Alors finis celui-là avant.
« Non.
« Ouvre ou je défonce la porte.
« Hm hm…
« Bella…
« Hm hm… Si tu ne me donnes pas ma dose, tout est fini, Alec.
J'avais passé le stade de l'euphorie, et maintenant, j'étais en colère. Je voulais une autre dose. Ce n'était pas compliqué.
« Alors d'accord. Tout est fini.
« S'il te plaît, pleurais-je.
« Non, Bella. Ne pleure pas.
« Alec… Je veux une autre dose… S'il te plaît.
« Non.
« Alors vas te faire putain de foutre ! Dégage !
« Tu as besoin de moi, Bella.
« Ta gueule ! Donne-moi ce que je veux, sinon…
« Sinon quoi ? Tu vas me tuer ?
« Non ! Non ! Sinon tout est fini…
« Tu veux que tout finisse ?
« Non… Je veux juste ça. Je sais que tu en as sur toi, alors donne-moi ma dose…
« Je peux pas. Tu vas faire une overdose, Bella.
« C'est faux !
« Écoute-moi… Je ne te donnerais pas ta dose aujourd'hui. Demain. Mais tu dois arrêter pour ce soir. Laisse-moi rentrer, et on s'arrange, ok ?
« Monsieur ? Qui êtes-vous ? Que voulez-vous à Bella ?
Je reconnus la voix de Carlisle sur le palier, et priais pour qu'Alec lui mente sur qui il était vraiment.
« Je suis son petit-ami… Elle ne veut pas m'ouvrir.
« Elle est en plein délire ?
« J'en sais trop rien.
« JE VEUX MA DOSE ! Criais-je. ALEC ! MA DOSE !
« Non, Bella. Tu n'auras rien ce soir.
« Bella, c'est Carlisle… Laisse-nous t'aider…
« Non… C'est peine perdue…
« Dis pas ça. Tout le monde peut-être sauvé. Même toi.
« C'est faux… Laissez-moi, il y a trop de bruits, trop de voix…
Je les entendis murmurer, et entendis un cliquetis. Ils avaient réussi à ouvrir ma porte d'entrée, et quand ils entrèrent, ils virent que j'étais recroquevillée sur moi-même sur le sol de l'entrée, mon téléphone dans la main. Alec posa ses mains sur mes genoux, et je me reculais vivement.
« Me touche pas. Me… Touche… Pas…
« Donne-moi ta bouteille.
« Non…
« Bella…
« Non ! JE VEUX PAS !
« Tu as besoin d'aide, Bella.
« C'est faux, je gère.
De la sueur coulait le long de mes tempes et mont front, tandis que je luttais contre le manque qui me saisissait. La sueur se mêla rapidement à mes larmes, et je sanglotais comme une gosse qui venait de se faire punir par ses parents.
« Tu veux te doucher ? Demanda Carlisle.
« Non…
« Viens, fit-il en tendant une main. Pose ta bouteille, tu la retrouveras après ta douche…
« Je veux PAS me doucher ! Je veux ma dose !
« Tu l'auras après, continua Alec. Regarde.
Il sortit un sachet de son sac en bandoulière, et me le montra, avant de le remettre dans sa sacoche.
« Elle t'attends dans mon sac, bébé. Va avec…
« Carlisle, sourit le médecin.
« Va avec Carlisle, il va t'aider à te doucher et t'habiller.
« Promis ?
« Promis, bébé.
Je pris la main de Carlisle, et il m'aida à me lever. J'osais à peine le regarder tellement j'avais honte de moi. L'appartement tournoyait et cela me fit vomir tout ce que j'avais ingurgité.
« Pardon…
« Je vais nettoyer, t'en fais pas, fit Alec.
Carlisle m'essuya la bouche avec un mouchoir, et m'emmena dans la salle de bain. Il me fit m'asseoir sur les toilettes pour que je fasse pipi, et prit un gant de toilette pour me nettoyer le visage.
« J'ai pas fait exprès… Pleurais-je.
« Ce n'est pas grave, Bella. Tu as trop forcé sur la boisson ce soir.
« Je me suis pas rendue compte…
« C'est bon, on va nettoyer.
Il fit couler de l'eau dans la baignoire et m'aida à me déshabiller. Je gardais juste mon soutien-gorge et ma culotte, et allais dans la baignoire. Carlisle me lava le corps et les cheveux avant de me donner une serviette de bain pour me sécher. Il partit chercher des vêtements dans ma commode et revint avec un pantalon de pyjama rose et noir et un t-shirt des Rolling Stones.
« C'est mon père qui me l'avait donné…
Ça me fit remonter des souvenirs. De bons souvenirs avec mon père. Quand on regardait le match de baseball affalés sur le canapé avec des chips et une bière chacun, par exemple. Ou quand j'allais avec lui et Harry à la pêche et que je cuisinais ce qu'Harry pêchait parce que mon père loupait à chaque fois. Tout ça remonta, et je me retrouvais à pleurer.
« Bella… Qu'est-ce qui se passe ?
« Rien…
Je finis de m'habiller, et on retourna dans le salon. Tout avait été rangé, c'était impeccable. Alec finissait de balayer.
« Tu vas aller dormir chez Carlisle ce soir… Je pense que c'est plus prudent. Faut que je finisse de nettoyer et puis un bon lit ne te fera pas de mal.
« T'es pas obligé, Alec.
« Je reste ici au cas où tu aies un manque et que tu veuilles aller chercher ta came.
« Tu vas m'en empêcher ?
« Oui, Bella.
« Mais…
« C'est pas la Bella que j'ai connu.
« Alors pourquoi tu continues à me fournir ?
« Ne jamais énerver une personne en manque.
« Donc c'est fini ?
« Non… On va te sevrer, petit à petit. Et après ça ira, sourit Carlisle.
« Vous êtes bien sûr de vous…
« Je ne te lâcherai pas. Allez viens, je vais te montrer la chambre d'amis.
Je soupirais et suivis Carlisle dans son appartement. Il était super bien décoré et plus beau que le mien. La chambre d'amis comportait un lit, une table de nuit et une commode. Carlisle me montra la salle de bains mitoyenne, me donna une bassine au cas où j'aie envie de vomir. Je m'allongeais dans le lit, et à peine j'eus fermé les yeux que je m'endormis. Je ne sus pas pendant combien de temps j'avais dormi, mais il faisait jour et ma tête me faisait un mal de chien. Je me levais difficilement, et allais dans la salle de bains. Mon maquillage avait coulé, j'avais des cernes et un teint aussi pâle que de la craie. J'ouvris l'eau, et passais de l'eau fraîche sur mon visage, avant de me démaquiller avec un gant et du savon.
« Putain !
« Bella ?
Carlisle arriva en courant dans la salle de bains. Il portait un polo blanc et un jean, et me regardais.
« Ça va ?
« Je me suis juste mis du savon dans les yeux. Et j'ai un mal de crâne d'enfer…
« Je vais te préparer une aspirine. Prends ta douche si tu veux.
« Merci…
« De rien, sourit-il.
Carlisle me laissa et je me douchais. Quand je sortis de la salle de bains, je trouvais des habits propres sur le lit, et ne pus que sourire. Allant dans la cuisine, je trouvais Alec et Carlisle en train de parler.
« Je t'ai fait un café, et tu as ton aspirine.
« Bien dormi ? Me demanda Alec.
« Je suppose.
« J'ai rangé, aéré et nettoyé ton appart, et j'ai aussi fait deux ou trois lessives…
« T'étais pas obligé. Mais merci.
Je pris mon aspirine, et but mon café, pendant que Carlisle parlait avec Alec. J'avais vraiment merdé hier soir…
« Bella… Juste une question. Tu te rappelles avoir appelé ton père ?
« Oui… Malheureusement.
« Parce qu'il a rappelé ce matin, et il disait dans son message qu'il était désolé et qu'il aimerait venir te voir…
« Quoi ? Non, il ne peut pas venir… Je ne veux pas le voir, Alec.
« Il semblait regretter ce qu'il s'est passé…
« Fallait pas me laisser tomber ! S'il ne m'avait pas jeté à la rue, rien de tout ça ne se serait passé…
« Tu devrais le rappeler, fit Carlisle.
« Non, je peux pas…
« Bella…
« NON !
« D'accord, c'est bon. Ne l'appelle pas.
« Alec, rappelle-le et dis lui qu'il a composé un mauvais numéro et qu'il n'y a pas de Bella Swan.
« Je peux pas faire ça, Bella.
« Évidemment que tu peux. Tu vends bien de la coke. Tu peux bien l'appeler, non ?
« D'accord.
Après ça, j'allais avec Alec dans mon appartement, et c'était méconnaissable. Tout était rangé, lavé, nettoyé. Alec avait fait un bon boulot.
« Merci…
« De rien, fit-il en prenant ma main. Tu vas bien ?
« Mais oui, ça va.
« Pas de sensation de manque, rien ?
« Pas pour le moment.
« Tu devrais te trouver un petit travail pour t'occuper la journée…
« Quoi ? Vendeuse ?
« Je sais que Starbucks recrute… Et t'es bien payée, en plus.
« Je sais pas trop…
« Peut-être que tu devrais te faire soigner…
« Soigner ?
« Aller en cure, quoi. Tu as besoin d'aide.
« Il n'en est pas question, Alec.
« Si je t'avais donné ces cinq grammes hier soir, tu te les aurais fait, et tu serais morte d'une overdose. C'est ça que tu veux ? Crever d'une overdose de coke ? Tu sais comment c'est au moins ? Ma copine en est morte, et ce n'était pas beau à voir ! Elle a commencé à halluciner, elle voyait des papillons, elle a vu la lumière blanche, et elle est tombée par terre, en bavant. Et puis plus rien. On a essayé de la réanimer, en vain. Elle avait pris sept grammes dans la soirée, plus du cannabis et de l'alcool.
Je regardais Alec, sans comprendre vraiment où il voulait en venir. Sa copine était morte… Je m'approchais de lui et pris sa main.
« Je peux essayer de diminuer les doses…
« Non, Bella… Tu dois te faire soigner, dans un centre de désintoxication. Tu n'arriveras pas à diminuer les doses, au contraire. Écoute, je dois aller au boulot, je peux te faire confiance et te laisser seule trois heures ? S'il y a un souci, vas voir Carlisle, d'accord ?
« D'accord…
Alec embrassa mon front, prit sa besace en cuir marron, et s'en alla, me laissant seule avec moi-même. Alec avait dû planquer la coke quelque part où je ne la trouverai pas, et je partis en quête de celle-ci. Après avoir retourné tout l'appartement, je retournais au canapé, et enlevais les coussins. Elle était là. Ma bonne conscience me criait de ne pas y toucher, si je voulais guérir un jour et avoir une vie normale… Mais l'addiction avait pris le dessus sur la conscience. J'ouvris le sachet, déposais la fine poudre blanche sur la table, et prit une paille.
Rien qu'une dernière fois.
Ce serait la dernière.
