Bonjour tout le monde ! Comment ça va ?
Nouveau chapitre sur Edward ! Celui sur Bella est avec Nane, qui est indisponible cette semaine.
Je voulais vous remercier de l'attention que vous portez à cette fiction, je m'attendais pas à autant de reviews positives. En fait, je m'attendais à aucune review positive ^^
Je voulais remercier Héloïse qui m'a corrigé ce chapitre (bon y avait rien à corriger, mais bon ^^)
Gros bisous et à très bientôt !
(Imagine Dragons – Monster)
Ma première nuit au centre a été une vraie catastrophe. J'ai essayé de me réfréner, mais ça a été plus fort que moi… Je n'ai même pas compté combien de fois je l'ai fait, mais je sais que c'était bien trop. Je me réveillais à sept heures, me douchais, et partis déjeuner.
Je retrouvais Ben, Sam et Garrett, qui arrivèrent après moi dans le self. On nous donna nos cachets, et j'en appris plus sur mes nouveaux amis. Sam avait le même âge que moi et était au centre depuis un mois pour une dépendance à l'héroïne, mais je l'avais deviné à cause des cicatrices sur la pliure de ses bras. Garrett était le plus âgé de nous tous et avait été admis pour le même problème que Ben et moi. Sam et Ben venaient aussi au musée d'histoire naturelle. Après le petit-déjeuner, je remontais dans ma chambre, et lus. On frappa à ma porte, et je vis Marcus, mon parrain.
« Salut bonhomme ça va ?
« Bonjour… Ça peut aller. Et vous ?
« Ça va. Tu vas au musée d'histoire naturelle à ce qu'on m'a dit.
« Oui. Je n'ai jamais été, et puis ça me changera les idées…
« Comment s'est passé ta première nuit ?
« J'ai eu des crises… Et j'ai été obligé de le faire pour me calmer…
« Pourquoi tu peux pas le prononcer ?
« Comment ça ?
« Dire que tu te masturbes… Ça t'aiderait.
« Je me suis masturbé cette nuit…
« Et tu as ressenti quoi ?
« De la culpabilité. Je me suis senti obligé de le faire comme si je voulais me délivrer du mal qui m'empare…
« La route va être longue, Edward. Mais quand tu seras guéri, tu pourras être fier de toi et te dire que tu as réussi à vaincre ta dépendance.
On discuta un peu, et on alla devant le centre pour aller au musée, où on nous pointa, et je retrouvais Sam et Ben, avec leurs parrains respectifs, Laurent et Charles. On partit au musée, et à midi, on alla manger dans le restaurant à côté, avant de finir la visite et retourner au centre. Je passais la fin d'après-midi dans la salle de sport à faire de la musculation et du cardio, puis allais me doucher et lire dans le grand jardin. En remontant dans ma chambre, je vis que du linge de toilette propre avait été placé sur mon bureau, ainsi qu'une copie de mon emploi du temps. Ce soir, il y avait un groupe de paroles pour les personnes comme moi, et je ne savais pas si je devais y aller. Garret me tira de mes rêveries, alors que je rangeais les serviettes de bain sur les étagères.
« Tu vas au groupe de parole après manger ?
« C'est obligatoire ?
« Ouep.
« Mais j'ai rien à dire. Les parrains seront là ?
« Oui. Le tien est déjà là.
Je finis de ranger mon linge, et allais dans le jardin, où Marcus parlait avec Charles, assis sur un banc. Ce dernier nous laissa tous les deux, et Marcus m'invita à m'asseoir. Il dut voir la bosse dans mon jean, et je baissais les yeux.
« Tu veux en parler ?
« Mon traitement ne fait pas effet. J'ai toujours autant envie, soupirais-je.
« Il faut deux trois jours pour que ça fasse effet.
« Je veux que ça fasse effet maintenant ! J'en ai marre de devoir le faire pour me soulager et me calmer ! Marre de cette putain d'addiction qui m'empêche de vivre normalement ! Criais-je en me levant. Ça ne sert à rien que je reste ici ! Je rentre chez moi !
« Edward, tu ne peux pas rentrer chez toi ! Tu dois te faire soigner !
« JE RENTRE ! C'est de la perte de temps !
Je courus aussi vite que je pus vers la porte de sortie du centre, mais me heurtais à Carmen, visiblement en colère et entourée de deux infirmiers. Marcus me rejoignit, et me ramena à ma chambre. Carmen vint me voir plus tard dans la soirée, alors que j'avais refusé d'aller manger et d'aller à la thérapie de groupe.
« Edward ?
« Laissez-moi.
« Qu'est-ce que tu ressens ?
« De la colère. Je suis frustré.
« Pourquoi ?
« Parce que ! Ça ne marche pas ! Ça ne marchera pas ! Je suis trop atteint pour que ça marche…
« Personne n'est jamais trop atteint pour qu'un traitement marche. Tu vas guérir, Edward. Il y a eu des cas plus graves que le tien, et ils s'en sont sortis.
« Je suis un cas désespéré, soupirais-je.
« Mais non.
Je regardais Carmen, assise sur la chaise. Elle portait un chemisier blanc et une jupe noire arrivant à ses genoux. Elle était vraiment très belle, bien faite, et gentille. Je me levais, et allais vers elle, avant de l'embrasser, mais elle me repoussa.
« Edward, arrêtes ça.
« Je sais que vous le voulez.
« De quoi tu parles ?
« Coucher avec moi.
« Je suis ta psychologue.
« J'ai la trique à cause de vous. Ne croyez pas que je vais vous laisser partir.
Je la soulevais, et la posais sur le lit, avant de déboutonner sa chemise.
« Edward, arrête.
Mais je n'entendais pas son refus. Je voulais juste le faire, j'en pouvais plus. Mon érection me faisait mal, et Carmen essayait de s'enfuir. Mais la pulsion avait pris le dessus sur la conscience, mes mains se faufilant sous sa jupe et mes lèvres embrassant son cou hâlé.
« S'il te plaît… Arrête… Ne cède pas.
« Je dois le faire…
« Non… Tu peux choisir de ne pas le faire. On a toujours le choix. Écoutes-moi… Tu as le choix… Tu as décidé de te faire soigner, et ça va porter ses fruits, faut juste que ton corps accepte de se faire soigner. Ça peut prendre du temps, mais tu verras que j'aurais raison. Tu vas gagner cette bataille contre les pulsions sexuelles. Tu peux le faire. Tu es assez fort pour le faire, j'en suis persuadée. Laisse-moi partir. Voilà.
J'enlevais mes mains d'en dessous sa jupe, relevais la tête et m'assis sur la largeur du lit, avant de fermer les yeux et de sentir Carmen se lever.
« Respire profondément. Penses à quelque chose de paisible. A une cascade d'eau, un coucher de soleil sur une plage… Peu importe. Respire profondément et pense à cette chose paisible.
Je m'exécutais, et pensais à la maison de campagne que mes parents louaient chaque printemps pendant les vacances. Mon père et moi adorions aller pêcher chaque mardi après-midi, tandis qu'Alice restait avec ma mère jouer aux poupées sur l'herbe verte du grand jardin. La maison, faite de pierres apparentes, était immense et comportait une petite véranda qui donnait sur un petit lac. La première fois que nous y étions allés, Alice avait trois ans et moi sept ans.
Malgré quatre ans de différence, Alice et moi avons toujours été proches, même quand nos parents se sont séparés. Et puis avec le temps, les études et la vie d'adulte, nous nous étions éloignés. Alice était partie en France faire des études de mode et avait rencontré Alistair, avec qui elle s'était mariée, tandis que j'étais resté sur le sol américain pour faire des études d'architecte.
« Edward ? C'est bon ?
« Je crois, fis-je en ouvrant les yeux.
« Tu devrais aller te doucher, et tu iras ensuite te coucher.
Je me levais, prit du linge de toilette, ma trousse, et mon pyjama avant d'aller aux sanitaires me doucher. Quand je revins, Carmen avait rapporté un plateau de repas, ainsi que deux tasses de tisane fumante.
« Ça devrait t'aider à dormir, c'est au tilleul.
« Merci…
« De rien. Je sais que c'est compliqué pour toi, mais je t'assure que ça va passer.
Je mangeais mon plateau repas et bus ma tisane, et Carmen me laissa, alors que j'allais me coucher. Je me sentais tout bizarre, et je compris. Elle avait dû mettre un somnifère dans la tisane pour être sûr que je dorme toute la nuit. En effet, je dormis la nuit entière sans me réveiller ni me masturber, et quand mon réveil sonna, je l'éteignis et me levais. Je n'avais pas d'érection matinale – ce qui me fit sourire. Je me levais, me douchais, et descendis prendre le petit déjeuner au self, où je retrouvais Sam, Garrett et Ben.
« Salut Ed ! Ça va ? On ne t'a pas vu hier soir au repas.
« J'ai eu une crise... J'ai failli violer ma psy.
« Oh merde. Et t'as réussi à reprendre le dessus ?
« Grâce à Carmen, ouais. Mais c'était comme si ce n'était pas moi qui agissait, mais la pulsion. On aurait dit qu'elle me contrôlait, qu'elle parlait à ma place… Ça fait drôle.
On se mit dans la file, on nous donna nos cachets et on prit notre petit-déjeuner à notre table habituelle. On déjeuna en parlant de tout et rien, mais surtout de ce qu'on allait faire de notre journée.
« Vous savez s'il y a une salle de musique ici ?
« Ouais, y en a une, pourquoi ? Fit Sam.
« Avec un piano ?
« Ouaip. Tu fais du piano ?
« Occasionnellement, oui. J'aime bien en faire, ça me détends.
« On pourra venir écouter ? Demanda Garrett. Moi je faisais de la guitare.
« Pourquoi pas, souris-je. Je n'ai jamais essayé la guitare.
« On pourrait échanger. Je te montre comment on fait de la guitare, et tu me montres comment on joue du piano.
« J'adorerais ça, souris-je.
On termina de déjeuner, et je remontais à ma chambre me changer en tenue de sport pour faire un peu de musculation. J'y retrouvais Sam et Garrett. Après cela, on alla dans la salle de musique, où je fis un peu de piano, avant de montrer à Garrett. Il m'enseigna les bases pour faire de la guitare. La matinée passa comme ça, et on alla manger.
« C'est la journée de la famille aujourd'hui, sourit Garrett.
« Vos familles viennent ?
« Ma sœur vient normalement, fit Sam.
« Personne ne sait que je suis ici.
« Pourtant ça te ferait du bien…
« Ouais je sais, mais je n'ai pas envie d'être jugé, soupirais-je. Pas que ma sœur le ferait, mais mon père…
« Tu sais, personne n'est jugé, ici…
« Ma sœur est venue une fois, fit Ben. Elle m'a traité de prédateur sexuel. Et depuis elle n'est jamais revenue.
« Tu devrais appeler ta sœur, Ed.
« Je sais… Mais je ne suis pas sûr qu'elle comprenne ce que je traverse… Et puis elle a sa vie, maintenant.
« Elle a quel âge ?
« 23 ans.
« Oh tu es l'aîné de la famille.
« Oui. Alice est très… immature comparé à moi. Mais c'est la prunelle de mes yeux.
« Je te dirais de l'appeler, perso. C'est toujours bon d'avoir du soutien de sa famille.
Je souris à Ben, et on sortit du self. Cet après-midi était programmé une sortie au musée Madame Tussauds, auquel Ben, Sam et Garrett et leurs parrains allaient. Je profitais de cet après-midi seul pour lire un peu, puis allais vers les téléphones à l'entrée du centre, juste en face du bureau de Renata. Je composais le numéro d'Alice, et priais pour qu'elle ne décroche pas.
« Allô ?
« Ali, c'est Ed.
« Eddie ! Comment tu vas ? Comment c'est Dubaï ?
« Faut que je te parle, Ali.
« Oui ?
« Je t'ai menti… Je suis pas à Dubaï…
« Ben t'es où ?
« En cure…
« En cure ? En cure de quoi, Ed ?
« En cure de désintoxication.
« Oh mon dieu… Mais…
« J'ai une dépendance au sexe…
« Oh Eddie… Pourquoi ne me l'as-tu pas dit ?
« J'avais honte, Ali, et peur que tu me juges… J'ai été ton idéal depuis que tu es petite, alors je n'ai pas voulu que tu ne croies plus en moi. Je sais que c'est égo-
« Edward Masen, ne dis jamais que tu es égoïste ! Tu es tout le contraire d'un égoïste ! Écoutes, je devais rentrer sur Los Angeles en fin de semaine, mais je vais avancer mon départ pour venir te voir. Il y a des journées famille quand ?
« Aujourd'hui et dimanche.
« D'accord. Je viendrais te voir dimanche… Papa est au courant ?
« Non, et je ne veux pas qu'il le soit. Va dans mon appart, la clef est sous le paillasson. Ça vous évitera à toi et Alistair de payer l'hôtel. Promets-moi que tu diras rien à papa.
« J'ai jamais rien dit de ce que tu m'as confié à papa ou maman ! Donc je ne dirais rien, Ed. C'est promis.
« Al, je sais pas si je peux le faire…
« T'es mon frère, je sais que tu peux le faire. C'est l'histoire de quoi, un mois ? Trois maxi. Je viendrais tous les dimanches s'il le faut.
« Et ton truc à Paris ?
« On ne travaille pas le samedi, ni le dimanche, contrairement à ici.
« C'est comment alors ?
« Génial. Vraiment. J'ai un petit local dans le quartier du Sacré-Cœur, et les parisiens ont l'air fou de mes créations ! Du coup, je bosse dès la fermeture du magasin jusque onze heures du soir pour ravitailler le stock.
« Je suis fier de toi, Ali.
« Moi aussi je suis fière de toi, Eddie.
« Il n'y a pas de quoi être fier d'un frère dépendant au sexe…
« Pas pour ça, crétin… Enfin si. Je suis fière que tu aies décidé de te faire admettre pour te soigner. C'est rare que les gens le fassent ou se rendent compte qu'ils sont malades.
« Ouais…
« Eddie ?
« Oui ?
« Je t'aime frérot.
« Moi aussi je t'aime Ali.
« Je dois y aller, on se voit dimanche ?
« Oui. Bon vol.
« Merci. Bon courage, grand frère.
Alice raccrocha et je repartis à la salle de musique déserte, avant de m'installer devant le piano et de jouer le seul morceau que je connaissais par cœur. Jouer du piano me coupait du monde entier, ça me faisait du bien, et je ne pensais à rien d'autre que la mélodie. Une voix féminine me fit arrêter de jouer, et je vis Renata contre le chambranle de la porte.
« Edward ?
« Hm ?
« C'est l'heure de la session de groupe…
« J'arrive…
Je fermais le clapet, et suivis Renata jusque la grande salle ovale. Nous étions à peine une vingtaine, sûrement que des dépendants au sexe. Je m'assis au fond, et gardais la tête baissée.
« Pour les nouveaux, je suis Charlotte. Y a-t-il des nouveaux ou des nouvelles parmi nous depuis la dernière séance ?
Je soupirais et levais la main, ainsi que quatre autres personnes, dont deux femmes.
« Bien… Je vais rappeler les principes des réunions… Toute personne dépendante peut participer aux réunions sans contrainte, même s'il est préférable que vous y participiez. Parler est la meilleure solution, et garder pour soi n'est pas recommandé. Si vous ne vous sentez pas capable de parler devant nous, des psychologues sont à votre écoute. Le silence est de rigueur pendant les témoignages de chaque membre. Pas de jugements, ni de rires. Maintenant que c'est dit, on va commencer par les nouveaux arrivants. Hm… Edward Masen ? Fit Charlotte en regardant sa liste.
« Oui ?
« Venez vous présenter devant tout le monde...
