Une douce lumière blanche s'échappait de l'extérieur pour aller caresser les volumes de l'appartement, s'infiltrant dans chaque recoin de la grande pièce servant de chambre, illuminant le Chesterfield.

Un corps encore endormi était étendu le long du matelas du grand lit de fer clair, apaisé par les musiques festives se déroulant dans la ville tout autour.

Il ne tarda pas à se réveiller, dérangé par la sonnerie de son réveil qui une fois de plus avait décidé de se détraquer. D'un coup d'avant bras, le malheureux alla s'écraser contre le parquet, laissant juste le temps d'entendre une fin de sonnerie avant de se déclarer comme définitivement inutilisable. Un grommellement se fit entendre pour laisser place à une chevelure complètement en désordre.

Il tourna la tête vers le fauteuil blanc, avant de se rendre compte que la plume blanche était toujours là, comme un signal, un rappel.

Qui était-il ?

Cette question venait d'être reposée une fois de plus, rapidement chassée par la forte lumière qui venait de s'emparer totalement de la pièce, les volets étant été ouverts.

Noël… Jour de fête qui semblait si lointain maintenant dans son esprit. Quand était le dernier Noël heureux qu'il avait vécu ?

Il décida cependant de sortir affronter le froid. Attrapant un jean laissé sur l'accoudoir d'une chaise, il boutonna une chemise blanche pour ensuite enfiler par-dessus un pull en laine grise, accompagnée d'une veste noire.

Ses clefs tintèrent dans le vaste appartement, dernier bruit laissé de la journée, lorsqu'il referma la lourde porte de bois.

De l'extérieur, il paraissait être un jeune homme normal, partant rejoindre sa petite amie de cette façon d'être si bien habillé. De l'intérieur, il était juste un jeune homme accablé par la tristesse, vide et seul.

La rue était pleine de monde, chacun riant, s'exclamant bruyamment ou s'extasiant sur la beauté des rues décorées et illuminées. Il observa chaque détail de cette ambiance, une lueur nostalgique brillant dans son regard, accompagné d'un faible sourire comme timide lorsqu'une petite fille le regarda longuement dans les yeux avant de laisser s'échapper un bref éclat de rire, signe d'une jeunesse encore farouche et innocente.

Comme chaque fois qu'il sortait, il se dirigea vers un vendeur ambulant de boissons chaudes. Un grand pot en carton de chocolat chaud à la main, il se dirigea vers un parc peu traversé et s'assit sur un banc. Le regard perdu dans le vide. Il serra le pot de carton dans ses mains, profitant de la chaleur du breuvage avant d'y porter ses lèvres et de laisser couler dans sa gorge le liquide à la fois amère et sucré, semblable à un rappel du goût de la vie qu'il menait. Un petit oiseau se posa non loin de lui, picorant le sol à la recherche de quelque nourriture. Il plongea sa main dans l'une de ses poches pour en ressortir un sachet de miettes de pain qu'il gardait toujours avec lui. L'ouvrant doucement, il jeta quelques miettes à la petite créature qui se précipita dessus avant de lever la tête vers lui pour piailler brièvement, rapidement contentée par de nouvelles miettes jetées à terre. Ce jeu dura quelques instants avant que l'oiseau ne se décide à repartir, visiblement contenté par la nourriture jetée du ciel.

Cet évènement marqua la fin de sa sortie, le ciel commençant à s'assombrir. Il était en effet resté toute l'après-midi dans le parc, s'étant levé tard dans la matinée et la faim commençait à se faire ressentir. Il passa au marché du coin acheter quelques provisions puis rentra en direction de son appartement.

Arrivé à sa porte, il sortit ses clefs pour ouvrir la porte claire et se faufila dans la vaste pièce, refermant l'entrée derrière lui.