Coucou tout le monde ! Comment vous allez ?

Nouveau chapitre ! Le plus triste du monde, le plus... Éprouvant à mon goût.

Prévoyez des mouchoirs, ça va pleurer sec encore ! Même moi j'ai pleuré, sérieux.

Merci d'être là, comme à chaque fois :) Des bisous !


Réponses aux reviews -

Aurore : Tu me connais, je tue toujours quelqu'un dans mes fictions mdrr

Claire B : Hey ! Oui oui, on les verra pendant une bonne partie de ce chapitre ;)


(Band of Horses – The Funeral)

Cela faisait déjà plusieurs jours que Charlie était décédé, et Bella était incapable de bouger, parler ou manger. J'avais organisé un enterrement simple, avec sa famille la plus proche, composée que de Bella, et ses amis, ainsi que mes parents et ma sœur, venus exprimer à Bella leurs plus sincères condoléances ainsi qu'assister à l'enterrement. Elle n'avait pas réagi, assise sur le rocking-chair tourné vers la baie vitrée de sa chambre depuis que nous étions rentrés de l'hôpital.

« Bella ? Il va falloir que tu t'habilles, fis-je en entrant dans sa chambre. Alice te prête une de ses robes, j'espère qu'elle t'ira… Bella, chérie, fis-je en tournant le rocking-chair vers moi, tu m'entends ?

« Edward… Fit ma mère. Va te préparer, on s'en charge avec Alice.

« D'accord… Ne la brusquez pas, d'accord ?

« Promis. Va te préparer avec ton père et Jasper, et on se retrouve en bas dans une demi-heure.

« Ouais… Je t'aime, Bella, fis-je en embrassant son front.

Je la laissais avec Alice et Esmé et allais voir mon père et Jasper dans la chambre d'ami. Nous nous préparâmes en silence, et nous descendîmes au salon. Une demi-heure après, Esmé et Alice descendirent avec Bella. Elle avait revêtit une robe noire en velours et dentelle, et s'était faite maquiller et coiffée. Elle descendit difficilement les marches de l'escalier, et me regarda quand elle arriva à ma hauteur. Je pris sa main, m'attendant à ce qu'elle me repousse mais il n'en fut rien.

« On est partis ?

« Oui, sourit Alice.

Nous sortîmes de la maison, et partîmes à l'église. On s'installa dans l'église, les pompes funèbres installèrent le cercueil fermé, et le prêtre arriva. Il fit son office, et demanda à Bella de faire un discours.

« Tu peux le faire, Bella, l'encourais-je.

Elle se leva, et marcha d'un pas lent jusque l'autel où se tenait le prêtre, avant de prendre la parole.

« J'ai pas prévu de… discours. Donc je suppose que je vais laisser sortir les mots tels qu'ils sortent… Je ne peux pas croire que tu ne sois plus là… Physiquement. Comment est-ce que tout a pu basculer aussi rapidement ? Quand tu es venu chez nous, j'ai oublié de te dire une chose… Une chose que tu aurais aimé entendre à nouveau. Je n'ai jamais montré mes sentiments, je n'ai jamais su faire preuve d'affection… Comme toi, d'ailleurs. Nous n'étions pas très démonstratifs l'un envers l'autre… Tu sais, je regrette. De ne pas t'avoir dit que je t'aimais. De ne pas t'avoir dit que j'étais désolée du mal que j'ai pu te faire. De ne pas avoir été à la hauteur de tes espérances. Quand tu m'as virée de la maison… Je le méritais. Parce que je n'ai pas été facile pendant mon adolescence. J'ai voulu te faire plier, pour te montrer que j'étais la plus forte… Mais au final, tu as été le plus fort. T'as jamais rien dit quand je piquais mes crises, t'as juste laissé passer sans broncher, parce que c'était la meilleure chose à faire. Je t'ai dis les choses qui te faisaient du mal, et t'as pas réagi… T'as rien dit, tu as laissé faire, alors que j'aurais voulu que tu réagisses. J'ai déjà perdu maman… Je ne voulais pas te perdre, toi aussi… Mais je t'ai perdu… C'était trop tôt… Je n'ai pas eu le temps de te dire toutes ces choses que je voulais te dire… On ne m'a pas laissé le temps, on t'a arraché à moi violemment, et ça fait mal… J'ai mal. Tu vas énormément me manquer… Sache que malgré tout, je t'aimais… Je t'aime… Je t'aimerais toute ma vie jusqu'à mon dernier, mon tout dernier souffle.

Bella revint à sa place, et prit ma main froide. Ce fut au tour de Billy, Sue et à quelques collègues de prendre la parole, puis le prêtre termina son discours, et nous partîmes au cimetière tout proche de l'église. Charlie eut droit à une cérémonie magnifique, Bella déposant une rose blanche par dessus le drapeau américain.

Une fois la cérémonie finie, nous invitâmes ceux qui voulaient à passer prendre un café chez Charlie. Bella retourna dans sa chambre, dans son rocking-chair face à la baie vitrée, et le soleil se coucha rapidement, la maison se vidant peu à peu des invités pour ne laisser que mes parents, ma sœur et moi ainsi que Bella. Esmé et Alice s'occupèrent de cette dernière, tandis que je fis la vaisselle et rangeais la maison.

« Vous pensez que je devrais lui parler ? Demanda Jasper.

« Ça ne peut pas lui faire de mal, sourit mon père. Qu'est-ce que tu en dis, Ed ?

« Si ça la sort de la catatonie dans laquelle elle est, pourquoi pas… Elle ne peut définitivement pas rester comme ça.

« Tu sais, on dit qu'il y a cinq étapes dans le deuil…

« Le refus, la colère, le marchandage, la dépression et l'acceptation, citais-je.

« Bella est passé de la colère à la dépression. C'est la phase la plus longue… Bella se sent sûrement coupable de la mort de Charlie, même si elle n'y est pour rien… En parler peut l'aider à passer à la dernière phase, celle de l'acceptation. Je vais la laisser tranquille pour ce soir. J'essaierai de lui parler demain, on verra ce que ça donnera.

« D'accord.

Esmé et Alice redescendirent, et signalèrent que Bella s'était endormie rapidement après l'avoir aidée à se mettre en pyjama. Nous passâmes la soirée tous les cinq, et je partis me coucher auprès de Bella, qui dormait à poings fermés. Le lendemain matin, je me réveillais seul dans son lit et quand je descendis, je la vis en train de déchirer la tapisserie de la cuisine.

« Qu'est-ce…

« Elle veut retaper la maison pour y vivre… Fit Esmé.

« Elle t'a parlé ?

« Elle m'a juste dit 'je vais retaper la maison, papa aurait voulu que je vive de nouveau ici'.

« Elle a mangé ?

« Juste bu un café.

Je m'approchais de Bella et lui fis un bisou sur la joue, avant de me verser du café frais dans un mug et de prendre une brioche.

« Tu fais quoi ?

« Je refais la maison pour qu'on vive dedans.

« Tu veux une brioche ?

« Non, j'ai déjà bu un café.

« Il faudrait que tu manges.

« J'ai pas faim. Mais merci.

« Tu veux de l'aide ?

« Non. Je m'en sors.

« Tu as parlé à Jasper ?

« Non…

« Tu devrais.

« D'abord je refais la maison. Après je parlerai avec Jasper. Pis arrête de me poser plein de questions.

Je regardais Esmé, et elle me sourit tristement. Je partis au salon, et croisais Jasper.

« C'est normal qu'elle se soit décidée à retaper la maison comme ça ?

« Elle essaie de ne pas y penser en faisant quelque chose qui la tienne occupée…

« Ouais… Elle m'a dit qu'elle te parlerait après avoir refait la maison…

« Je lui parlerai quand elle aura fini avec la tapisserie.

« Si elle veut bien, quoi.

« Edward ? fit mon père en arrivant dans le salon. Tu veux venir avec moi, ta mère et Alice faire quelques courses ? Comme ça on laisse Bella et Jasper parler…

« Ouais, pas de soucis. Laisse-moi me doucher et on y va.

Je finis de manger ma brioche et de boire mon café, et je partis me doucher. Nous laissâmes Bella et Jasper seuls, et partîmes aux courses.

« Je m'inquiète pour elle…

« Bella est forte, elle va s'en sortir. Il lui faut juste du temps. Charlie était la dernière personne de sa famille sur qui elle pouvait compter, fit ma mère en caressant mon omoplate.

« Je sais… Mais j'ai peur qu'elle replonge…

« Elle ne replongera pas. Tu sais pourquoi ? Parce que tu es là, fils. Tu es la dernière chose à laquelle Bella peut encore se raccrocher. Elle sait que tu ne la laisseras pas faire. Elle a su surmonter tout ça, ce n'est pas pour y replonger la tête la première. Elle essaye de garder la tête hors de l'eau, même si ce n'est pas évident, et ça marche.

Nous fîmes les courses en prenant notre temps, en espérant que quand nous rentrerions, Bella et Jasper seraient en train de parler, ou du moins, qu'ils aient parlé. Mais quand nous fûmes rentrés, nous vîmes que Bella s'était attaqué au lavage de murs, afin d'enlever la colle de la tapisserie. J'allais voir Jasper, et il confirma mes craintes : Bella n'avait pas ouvert la bouche. Ou presque.

Flashback

(POV Bella)

« Bella, on va aux courses, fit Edward.

« Ouais.

« À tout à l'heure.

« Ouais.

Je me remis dans mon activité d'enlevage de tapisserie. J'avais toujours détesté cette couleur qu'on appelait vert d'eau. C'était la couleur de pratiquement toutes les pièces de cette maison. Alors en me levant ce matin, je m'étais attaquée à déchirer cette foutue tapisserie horrible pour en mettre une plus jolie.

« Bella ?

Jasper… Il voulait sûrement me parler. Mais de quoi… Le beau temps ? Sûrement pas. Ah bah oui, mon deuil. La question étant de savoir si j'allais bien, évidemment. Je soupirais, et me reconcentrais sur mon arrachage de papier décrépi.

« Tu sais qu'un jour, il faudra en parler… Tu ne peux pas garder ça pour toi…

« Je vais bien.

« C'est ce que tu te forces à dire ? Que tout va bien dans le meilleur des mondes ? Que tu as survécu à pire que ça ? Bella, perdre un proche n'est pas évident, et le deuil non plus…

« Écoute, fis-je en me retournant vers lui armée de ma spatule, j'aimerai vraiment que tu arrêtes ton charabia de psy et que tu me laisses finir ce que j'ai commencé. Après je laverais les murs qui sont collants, et j'irais au magasin de bricolage chercher de quoi recouvrir les murs…

« Tu peux éviter le sujet maintenant, mais au bout d'un moment…

« Au bout d'un moment, faudra que j'en parle – ou plutôt que je t'en parle – parce que ce n'est pas bon de tout garder pour soi ? Merci, je suis au courant. Mais ce n'est définitivement pas le bon timing pour en parler, Jasper. Tu permets ? Fis-je en prenant l'éponge et le seau d'eau. Je dois vraiment virer cette tapisserie qui me donne envie de vomir.

Fin du Flashback

« Elle t'a balancé ça comme ça ?

« Ouais… J'ai pas insisté, et l'ai laissée continuer… Ça n'aurait servi à rien de continuer à lui parler, elle refusait catégoriquement de prendre la main que je lui tendais.

« Réessaye une autre fois… Elle sera peut-être plus encline à te parler.

« Ça marche.

On regarda Bella finir de laver les murs de la cuisine puis enfiler sa veste et ses chaussures.

« Bella, où tu vas ?

« Acheter du papier peint, de la colle, du papier de verre et de la peinture.

« T'y vas comment ?

« En voiture.

« Euh je te déconseille d'y aller en voiture. On y va à pieds si tu veux, souris-je.

« J'ai pas besoin d'un chaperon, je peux aller toute seule.

« Je ne préfère pas.

« Edward, c'est bon, je vais bien.

« Tu veux que je vienne avec toi ? Fit Alice en sautant la dernière marche des escaliers.

« Non, ça va, j'y vais seule.

« Je ne veux pas que tu y ailles seule.

« Mais je vais pas me faire agresser, enfin !

« Bella… Edward a raison, tu devrais y aller avec quelqu'un, fit Jasper. Alice va t'accompagner. Al, tu peux venir avec moi dans le salon deux secondes ?

Alice suivit Jasper tandis que je restais avec Bella dans l'entrée. Elle attendait les bras croisés qu'Alice revienne, sans me regarder.

« Je disais ça pour t…

« Pour moi ? Pour mon bien ? Merci mais je sais que je ne me serais pas faite agressée si j'y étais allée seule. Mais vu que tu veux me faire avoir un chaperon de peur que je ne me tue ou ne m'effondre dans la rue, ma foi, je vais en prendre un de chaperon comme ça tu seras content !

Bella sortit dehors, et Alice arriva, souriante, avant de mettre son manteau de nouveau et de partir avec Bella au magasin de bricolage. Pendant ce temps, je demandais à Jasper de venir faire un footing avec moi afin de discuter de tout et rien. Quand nous revînmes, Bella et Alice étaient de retour, regardant les rouleaux de papier peint et décidant quelle couleur irait où. Nous les laissâmes décider, et nous allâmes nous doucher tour à tour avec Jasper pendant que ma mère faisait le repas du midi.

Après une bonne douche, nous décidâmes de manger, ma mère ayant fait des sandwichs de toute sorte, ainsi que des salades. Bella picora dans les salades, et alla dans l'entrée ensuite décoller la tapisserie. On ne l'entendit pas de tout l'après-midi, et elle s'attela ensuite à poncer les chambranles des portes.

« Tu devrais peut-être arrêter, lui fit Jasper.

« Non.

« Bella… Tu as bossé pas mal, tu continueras demain.

« Mais ça va rho ! Je ne suis pas malade ni en sucre à ce que je sache, si ? Laissez-moi faire ça !

#O#O#O#O#O# WL #O#O#O#O#O#

(Hana Pestle – Need)

Deux semaines avaient passé depuis la mort de Charlie, et Bella n'avait toujours pas parlé avec Jasper. Elle avait fini d'enlever toutes les tapisseries, s'était attelée à poncer et repeindre les plinthes, chambranles et avait commencé à retapisser les murs. Elle se levait aux aurores et se couchait vers deux heures du matin, ne mangeait presque rien à part boire au moins une cafetière de café à elle toute seule par jour. Mes parents, ma sœur et mon beau-frère étaient rentrés chez eux au bout d'une semaine, et je restais avec Bella.

« Bella ? Tu veux manger quelque chose ?

« Non.

« Il serait bien que tu te…

« Il serait surtout bien que tu la boucles de temps à autre.

C'eût l'effet d'une douche froide, et je repartis dans le salon, Bella ne voulant pas m'écouter. Soupirant, je me relevais, et la stoppait en la prenant par les bras et la mettant face à moi.

« Ed…

« Tais-toi et écoute-moi. Ça fait deux semaines que je vis un enfer. Tu ne parles pas, sauf pour envoyer le monde chier, tu ne manges pas, tu t'enfiles une cafetière par jour, et tu bosses comme une dingue. Ok, tu bosses. C'est cool tu veux refaire la maison de fond en comble et y vivre. Tu ne me laisses pas t'aider, alors qu'à deux ça irait sûrement plus vite. Tu m'ignores, te couche quand tu es fatiguée, te lève aux aurores. Je m'endors seul le soir, et me lève seul le matin. Je ne sais pas si tu te rends compte que ça affecte notre relation de couple. On n'est plus un couple mais des étrangers. Et je n'aime pas ça. Autant, je suis content que tu t'occupes pour éviter de parler de toi. Mais là c'est trop. Maintenant, j'aimerai que tu poses ta maroufle, et que tu me parles. Que tu me dises sincèrement si tu vas bien, parce que je me pose des questions, et parce que je voudrais que tu y répondes franchement. Est-ce que tu peux répondre aux questions de ton petit-ami qui s'inquiète pour toi ? Tu peux faire ça ou pas ? Ton comportement est en train de me tuer à petit feu, ok ? Tu comprends ? J'en peux plus de vivre avec une étrangère, et non pas ma copine !

Bella me regarda de haut, avant de se mettre à pleurer à chaudes larmes dans mes bras. Je caressais son dos secoué par ses larmes, et la laissais se calmer, avant de discuter sagement avec elle, assis sur le canapé.

« Je suis désolée de t'avoir fait vivre un enfer, à toi et à ta famille, en fait. Je ne suis pas prête à parler, donc je me suis isolée en faisant ma décoratrice d'intérieur. C'est ma façon de faire mon deuil. Mais je t'ai négligé, rejeté, et j'en suis désolée. Ce n'était pas volontaire… Vraiment pas volontaire. Je voulais juste avoir ma bulle pour accepter le fait que mon père soit parti…

« Je sais, chérie. J'aimerai être dans la bulle que tu t'es créée rien que pour pouvoir t'aider, parce que te savoir mal me détruit. On dirait que je fais partie des meubles tellement tu me rejettes. Je ne veux pas devenir un figurant à tes yeux, ni un meuble, ni devenir transparent. Alors laisse-moi t'aider. S'il te plaît.

« Je vais essayer… Mais j'ai besoin de ma petite bulle quand même…

« T'inquiètes pas, je ne vais pas te l'exploser. Il ne faut pas que tu oublies que je suis là aussi. D'accord ?

« Promis, fit Bella en m'embrassant. Je t'aime.

« Tu ne me l'avais jamais dit.

« Et ben c'est fait, sourit ma chérie. Je t'aime. A la folie.

« Moi aussi je t'aime, Bella.

Nous nous embrassâmes et on mangea ensemble, avant de poser la tapisserie dans la cuisine, puis dans l'entrée, avant d'aller faire des courses. Nous nous reposâmes le reste l'après-midi en faisant une sieste. Bella dormit jusqu'au dîner, et nous regardâmes un film en amoureux.

« On ira acheter des meubles ? Je veux tout refaire…

« Tu vas faire quoi des anciens meubles ?

« Les donner ? Je sais qu'il y a une association qui prend les vieux meubles pour les donner aux pauvres qui ne peuvent pas se payer des meubles neufs… Ça peut servir.

« Tout ?

« Non, il y a des trucs qu'on va garder… Mais pas tout. Tu crois qu'on peut repeindre les meubles de la cuisine ?

« On peut les poncer et repeindre pardessus, je pense.

« Chouette. Tu pense quoi de les peindre en marron clair pour aller avec la tapisserie beige ?

« Tu peux tout mettre avec du beige. Du gris, du rose, mauve, vert, turquoise…

« Hm… À voir. Faudrait aller au magasin de bricolage voir les couleurs…

« Ouais…

Bella s'endormit contre moi dans le canapé, et je la montais au lit. Nous dormîmes tous les deux ensemble, malgré les multiples cauchemars et réveils de Bella pendant la nuit et mes tentatives pour la calmer. Le lendemain matin, après un réveil difficile, nous allâmes au magasin de bricolage chercher de la peinture et de la sous-couche, pis nous mangeâmes et fîmes le tri dans les meubles et affaires que Bella voulait garder, jeter ou recycler.

Les journées passaient et finissaient par se ressembler, même si Bella ne se nourrissait pas suffisamment à mon goût et que je la voyais maigrir et se creuser jour après jour. Je pris l'initiative d'appeler Carlisle, l'ancien voisin médecin de Bella pour qu'il vienne la voir.

« Comment elle va ?

« Elle s'occupe en retapant la maison de son père… Ça te dérangerait de venir lui faire un check-up ?

« Non non. Je peux venir demain. Je lui ferais faire des analyses, aussi… Voir si elle n'est pas en carence etc.

« Merci Carlisle.

« Et toi comment tu vas ?

« Je tiens le coup pour Bella, malgré que je m'inquiète.

« Normal... Tu peux me la passer ? Que je lui exprime mes condoléances ?

« Bien sûr. Bella ? Il y a quelqu'un pour toi…

Je lui tendis le combiné et la laissais seule avec Carlisle pendant que je faisais le repas du soir. Bella me rejoignit et nous mangeâmes avant d'aller nous coucher. J'espérais qu'elle aille mieux, qu'elle soit en bonne santé.

« Tu ne m'en veux pas ? Demandais-je.

« T'en vouloir de quoi ? D'avoir appelé Carlisle et de lui avoir demandé de passer ? Non, je t'en veux pas.

« Il va passer pour t'ausculter et te faire faire une prise de sang complète.

« Oui, je sais. Et ?

« Non rien, souris-je.

« C'est râpé pour demain…

« Comment ça ?

« Ben on devait aller amener les meubles à l'association qui les récupère et aller en acheter de nouveaux…

« Ça peut bien attendre vingt-quatre heures, non ?

« Oui. Tu as raison.

« Faut savoir décrocher, à un moment.

« Tu dis ça pour quoi ?

« Faut faire une pause, de temps à autre. Que ça reste un plaisir.

« Ah. Ouais. Bonne nuit, Edward.

« Bonne nuit Bells.

La nuit fut une fois de plus perturbée par les cris et pleurs de Bella dans son sommeil. Après un réveil ronchon, nous allâmes nous doucher et déjeuner en attendant Carlisle. Il arriva vers onze heures et demie avec sa sacoche, et après un caf », il alla dans le salon ausculter Bella, lui fit une prise de sang complète, et Bella l'invita à manger avec nous pour le remercier.

« Alors ? Demandais-je alors que Bella était partie faire à manger.

« Elle a l'air en forme, malgré une tension basse. Elle dort bien la nuit ?

« Non, elle cauchemarde pas mal…

« Il faut qu'elle se repose, sinon son corps tiendra pas… Proposes-lui une sieste l'après-midi, ou…

« Bella faire une sieste ? Elle est tellement obnubilée par l'envie de refaire cette maison qu'elle pourrait y passer jour et nuit sans dormir si je ne lui disais pas de manger ou d'aller se coucher.

« C'est sa façon à elle de ne pas penser à son père…

« Je sais… Mais ça va un peu trop loin. Elle est restée des jours assise dans sa chambre à regarder le temps passer sans parler, manger ou bouger… Là, elle tient limite plus en place…

« Ça va passer, je te rassure. Le jour où elle comprendra que…

« Que je comprendrais quoi ? Fit Bella.

« Rien, sourit Carlisle.

« Si tu crois que tu peux m'avoir avec un sourire, Carlisle, tu te fous le doigt dans l'œil profondément, c'est clair ? Le jour où je comprendrais quoi, Carlisle ? Que mon père ne reviendra pas ? Merci, mais ça je l'ai réalisé. Tu ne comprends rien à rien. T'as déjà vécu la perte de quelqu'un ? T'as déjà souffert de l'absence de quelqu'un qui t'es cher ? T'as déjà enterré quelqu'un ? Non ! Tu ne peux pas comprendre ce que je traverse, c'est clair ? Toi non plus, Edward ! Fit Bella en levant la main alors que j'allais parler. Vous avez quelque chose à me dire ? Dites-le ! Ah là, bizarrement, il n'y pas plus personne ! Quand c'est pour cracher derrière, vous êtes là, mais pour dire en face, c'est une autre histoire ! Vous savez quoi ? Démerdez-vous pour votre putain de repas, moi je vais faire un tour !

Bella prit sa veste et mit ses chaussures, avant de quitter la maison. Je tentais de la rattraper, mais Carlisle m'en empêcha.

« Laisse-la. Elle mettra du temps à s'en remettre, mais elle réussira par le faire.

(Lykke Li – Sleeping Alone)

Je finis le repas, et Carlisle et moi mangeâmes sans avoir vraiment faim. Il partit en début d'après-midi, pendant que j'attendais que Bella rentre. Elle ne rentra pas de toute l'après-midi, malgré qu'il pleuve à torrent dehors, et elle ne rentra pas le soir non plus. Je me couchais seul, inquiet que ma chère et tendre ne rentre pas.