Saluuut les gens! Tout d'abords je voulais vous remercier pour toutes les reviews que vous m'avez envoyé: j'ai cru que j'hallucinais quand j'ai vu que j'avais reçu 18 reviews! Du jamais vu, chez moi!

Ca fait vraiment plaisir de savoir que ma fanfiction plaise aux gens!

Donc on m'a demandé de clarifier un peu la situation initiale: Bella emménage à Forks, chez Charlie comme au début du livre sauf que les Cullen n'y sont jamais venus, deux ans plus tôt! Donc Bella et Edward ne se connaissent pas et ne se sont jamais rencontrés!

Beaucoup d'entre vous semblent croire que c'est Edward ou un malade (vampire probablement) qui envoie ces lettres: eh bien disons que l'une des deux propositions est la bonne. Laquelle? I don't know...

Cette histoire est toujours dédicacée à Daphné que j'adore et à qui je fais de gros bisous et aussi à Ivana qui fait des bruits d'animaux malades en cours d'histoire-géo! J'espère qu'elle te fera rugir de plaisir! (I won...)


Chapitre deux

Mon passage au poste de police fut assez éprouvant. A peine arrivée, je dus faire face aux regards emplis de pitié de tous ceux qui travaillaient ici. Une fois encore, je maudissais Forks d'être une aussi petite ville.

Je fus plus que surprise lorsque Charlie accourut vers moi et me prit dans une étreinte de fer à en couper le souffle. Je ne l'avais jamais vu comme cela et instantanément, je me sentis coupable. Il ne méritait pas de souffrir de la sorte, avec la peur constante que sa fille se fasse assassiner à chaque instant. Je savais qu'il ne s'était jamais remis du départ de Renée et j'ignorai s'il pourrait supporter la disparition de son enfant. Il avait vécu toute sa vie seul avec son travail comme épouse. Je me rappelai encore ses paroles remplies de joie, à travers le téléphone, lorsque je lui annonçai que je voulais vivre avec lui.

Je dus également faire face à l'interrogatoire habituel : cela durait depuis combien de temps? Avais-je remarqué quelque chose d'anormal parmi mes proches ? Avais-je un doute sur quelqu'un ?

Je leur montrai la lettre à contre cœur. Je ne voulais pas que Charlie la lise, cependant je n'avais pas le choix. Quel père voudrait lire ce genre de lettre adressé à sa fille ? Je remarquai à quel point son point se serrait autour du bout de papier, le froissant. Il continuait à fixer les quelques lignes, la mâchoire serrée, sans pouvoir détacher ses yeux de la feuille. J'avais l'impression d'être en plein rêve. D'un cauchemar, plutôt. Ma vie avait changé en si peu de temps. Je ne supportai pas de faire endurer tout cela à Charlie, il ne le méritait pas. C'était quelqu'un qui avait tant souffert dans sa vie ! Il avait dû faire face au départ de sa femme et de sa fille. Il avait dû affronter le mariage de la première avec un autre homme. Il avait dû surmonter sa peine et la solitude et continuer à vivre. Et maintenant qu'il avait retrouvé sa fille, il allait peut-être la perdre. En effet, je savais que cela allait mal se finir. J'avais peur de mourir, c'est vrai. Mais qui ne l'avait jamais été ? Même les personnes suicidaires ont une certaine appréhension avant de passer à l'acte.

Je ne voulais pas quitter ce monde. Je ne voulais pas abandonner Charlie et Renée. Qu'allaient-il devenir sans moi ? C'était comme si je les délaissais. J'avais plein de choses à découvrir, je n'étais encore qu'au lycée. Je voulais aller à l'université, découvrir la vie.

Je réprimai un rire. Je parlai comme si j'étais déjà condamnée. Je ne l'étais encore qu'à moitié. Rien n'était encore sûr. Tout était possible. On m'avait toujours dit que j'étais du genre pessimiste. Mais je n'étais pas d'accord : pour moi être pessimiste et réaliste sont deux choses différentes. J'avais juste ce pressentiment qui ne voulait pas me quitter. A chaque fois que j'y pensais, mon cœur ratait un battement puis repartait de plus belle jusqu'à ce que je me calme.

Tout au long de mon interrogatoire, Charlie et moi n'étions jamais seuls. Il y a avait deux ou trois officiers à ses côtés qui voulaient entendre l'histoire et mon père les avait laissés. Je ne pensais pas qu'il avait droit de faire cela habituellement. Cependant, le Chef était particulièrement vulnérable et il ne voulait pas craquer ici. Son expression restait neutre mais je voyais à travers cette énorme armure ce qu'il cachait. Quelque chose que je ne pourrais probablement jamais comprendre. Je connaissais Charlie, c'était mon père après tout, et il détestait montrer quelque sentiment à autrui. Même à moi, sa propre fille. Je ne le blâmais pourtant pas, je n'étais pas très différente.

Quand la torture fut terminée, Charlie me ramena à la maison dans sa voiture. Ma camionnette était restée garée mais il m'avait dit qu'il enverrait un collègue le déposer devant chez nous. Le chemin du retour se fit en silence. Je savais ce qu'il allait arriver lorsque nous rentrerions. Nous aurions une longue conversation. Le genre de discussion qui ne laisse aucun de marbre et qui peut changer certaines choses.

Nous nous assîmes sur le canapé qui faisait face à la télévision. Les secondes passèrent sans qu'aucun de nous ne prononça un mot. Je n'osais pas faire le premier pas et apparemment, lui non plus.

Finalement, avec un soupir, il passa la main sur son visage et me regarda avec une expression désespérée. Je n'arrivais pas à soutenir son regard et détournai rapidement la tête. Je ne voulais pas le voir comme cela, c'était trop douloureux.

- Bella… commença-t-il. Pourquoi ne m'en as-tu pas parlé plus tôt ? Nous aurions pu intervenir.

Je jouais distraitement avec la manche de mon gilet, sans lever les yeux mais répondis tout de même :

- Je ne voulais pas te déranger avec mes problèmes, tu avais suffisamment à faire. Et puis, je croyais que ce n'était qu'une simple blague.

Ma voix n'était plus qu'un murmure. Du coin des yeux, je vis Charlie serrer les points.

- Bella, comment peux-tu dire une chose pareille ? Tu es ma fille, je m'inquiète pour toi ! Je n'ai jamais rencontré quelqu'un d'aussi désintéressée que toi et ce n'est pas un compliment ! Le plus important, ce n'est pas de savoir si tu me déranges ou non, c'est de savoir si je vais retrouver ton cadavre ou non !

Il avait tellement haussé le ton que je ne pus m'empêcher de tressaillir. Ses dernières paroles eurent un certain impact. Il était en train de vivre la chose que les parents craignent le plus : de perdre leur enfant. Bien que ce n'était pas encore le cas, il devait sûrement m'imaginer morte, mon corps sans vie, froid et pâle. C'était assez morbide et un nouveau frisson me parcourut le corps. Je me promis de ne plus jamais y repenser, ce genre de pensées n'était jamais bon.

- Je suis désolée, déclarai-je doucement, ne pouvant formuler aucun autre son.

Cela sembla le calmer puisqu'il s'affaissa contre le dossier du canapé, ses yeux plantés au plafond.

- Il vaudrait mieux te ramener à Phœnix, murmura-t-il.

Je partis au quart de tour et lui répétai les raisons pour lesquelles il fallait que je reste. Cela ne lui fit apparemment pas très plaisir et il poussa un grognement frustré, à la fin de ma tirade. Il n'aimait pas ne pas être en contrôle de la situation et cela le rendait malade.

- Bien. Laisse-moi au moins appeler Renée, elle a le droit de savoir.

Avec un soupir, j'acquiesçai. Je n'avais pas vraiment le choix et mieux ne valait pas contredire Charlie plus que cela.

- Et il n'est pas question de te laisser seule, à présent. Je te conduirais tous les matins au lycée et je viendrais te chercher le soir. Là-bas, je veux que quelqu'un t'accompagne où que tu ailles. Il ne faut surtout pas que tu restes seule plus d'une seconde, poursuivit-il.

Une seule chose me vint à l'esprit : quoi ? Il n'avait pas le droit d'envahir ma vie privée de la sorte ! Il savait très bien qui j'aimais mon indépendance et que la dernière chose que j'avais besoin était d'être suivie partout ! J'avais besoin d'espace, tout de même !

Il ne remarqua pas mon changement d'humeur et continua à marmonner des paroles incompréhensibles. Je ne préférais même pas imaginer à quoi il pensait.

- Quoi ? Tu vas engager un garde du corps aussi ? lançai-je ironiquement.

Il me regarda, surpris et repartit dans ses pensées. Envisageait-il vraiment cette idée ?

- Mais ce n'est pas vrai, papa ! explosai-je. Tu ne penses pas sérieusement à engager un garde du corps ? Dis-moi que tu plaisantes lorsque tu parle de m'emmener au lycée ! Que ce n'est qu'une blague et que personne n'a à me suivre où que j'aille ! Tu sais très bien que je suis quelqu'un d'indépendant et que je déteste qu'on regarde mes moindres faits et gestes ! J'en ai déjà un qui me suit, je pense que c'est suffisant !

- Enfin Bella, tu ne comprends donc pas ! s'écria-t-il. Ta sécurité est beaucoup plus importante que ton bien-être ! Ce n'est pas un jeu, cet homme est dangereux ! Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour l'arrêter, j'y laisserai ma vie s'il le faut ! Tu te rends compte dans quelle situation je me trouve ? Je viens de te retrouver, je n'ai pas envie de te perdre à nouveau !

Les larmes coulaient librement sur mes joues. J'étais égoïste. Je me souciais plus de mon confort personnel que des sentiments de mon père. Il avait goûté à la solitude pendant une longue période et il n'avait pas envie de la retrouver. Devant moi, j'avais un père plus qu'inquiet pour la vie de son enfant. C'était normal.

Je réalisai alors quelque chose. J'étais assez bonne pour refouler tout sentiment désagréable. Je n'avais pas encore mesuré l'ampleur de la situation. Je savais que j'étais en danger. J'avais cependant l'impression qu'un mur se dressait devant moi et qu'il empêchait les mauvaises ondes de passer. Je m'inquiétais plus pour Charlie que de ma situation présente. D'autres personnes se seraient probablement barricadées chez elle avec une horde de gardes du corps surveillant les alentours.

Pourtant, cela semblait si irréel. J'étais chez moi, avec mon père, assise sur le canapé du salon. C'était dur à croire qu'il y avait un homme dangereux qui voulait me faire du mal. Tout avait l'air si… normal.

Hésitant, Charlie posa sa main sur ma joue et essuya mes larmes. Puis, il la laissa simplement à cet endroit.

- Ecoute, Bella, reprit-il doucement. Je sais que tout ceci n'est pas facile. Je n'ai pas envie que tu partes. Tu es la dernière personne au monde qui mérite de subir cette torture. Cette situation n'est que provisoire, tout rentrera dans l'ordre très bientôt. Tu recevras ton diplôme à la fin de l'année prochaine, partiras à l'université, rencontreras quelqu'un, te marieras et auras des enfants. Tu viendras me rendre visite, quelques fois pour prendre de mes nouvelles et nous discuterons de cela avec plus de légèreté. Et tu sais pourquoi ? Parce que nous l'aurons attrapé et qu'il ne pourra plus te faire du mal. Je te le promets.

J'acquiesçai en réprimant mes larmes. Si seulement tout était aussi simple ! Parfois, je me demandais ce qui serait arrivé si j'étais restée à Phœnix. J'aurais vécu avec Renée, Phil voyagerait beaucoup. Ma mère ne le verrait pas et ne serait pas heureuse. Je me sentirais coupable parce que je saurais que c'était de ma faute. Je serais quand même venue à Forks. En conclusion, quoiqu'il se passe, je finirais ici. C'était le destin. Non pas que j'y croyais beaucoup, à vrai dire.

Charlie partit dans la cuisine, appeler Renée. Je ne voulais pas vraiment l'affronter, je laissai mon père faire le sale boulot. La connaissant, elle allait devenir hystérique, allait vouloir me ramener avec elle, puis prendrait le premier avion pour venir me voir, et enfin essaierait de m'emmener de force avec elle. Franchement, je n'étais pas vraiment d'humeur à lui parler à ce moment-là. Je savais que c'était pourtant une réaction normale chez une mère mais je ne voulais pas lui faire face.

Cela ne m'étonnerait pas non plus si elle blâmait Charlie pour tout cela. Comme si c'était sa faute, il n'avait rien fait d'autre que d'être un père attentionné.

En parlant du loup, je le vis entrer dans le salon avec une grimace. La conversation n'était apparemment pas très plaisante. J'imaginais Renée en train de crier sur le pauvre Charlie qui essayait de la calmer. Il me fit un sourire d'excuse et le dit :

- Elle veut te parler.

Paniquée, je secouai vivement la tête en lui lançant un regard suppliant. Il poussa un profond soupir et il repartit lentement dans la cuisine. A sa démarche, on aurait dit qu'il allait à l'abattoir. Je compatissais mentalement.

Je l'entendis dire à Renée que je dormais et qu'il était préférable de ne pas me réveiller. Il discuta encore un moment avec elle et j'allumai la télévision pour ne pas entendre leur conversation. Cela ne me regardait pas.

Quand il raccrocha, il me signala qu'elle arriverait demain matin, mais que je serais au lycée à ce moment-là. J'en fut soulagée : je n'étais pas sûre si je serais encore prête demain à l'affronter. Mieux vaut repousser au plus tard l'inévitable. C'était lâche, en effet, mais je ne pouvais et voulais faire autrement.

La soirée fut assez silencieuse, nous étions chacun perdus dans nos pensées. Je ne me sentais pas d'humeur à parler. Tout ce que je voulais, c'était dormir, lire ou écouter de la musique. Tout ce qui pouvait me distraire était le bienvenu. C'est là que je me rappelai : il venait aussi la nuit. Il entrait probablement dans ma chambre et me… regardait ? A vrai dire, j'ignorais ce qu'il faisait et je préférais ne pas le savoir.

- Bella, ce soir je monterai la garde, lança soudain Charlie.

Je sursautai. Je ne m'attendais pas à ce qu'il me parle tout d'un coup.

- Monter la garde ? Comment ça ?

- La lettre fait clairement savoir que cet homme (il avait prononcé ce mot avec tant de dégoût que j'en frissonnai) est dans les alentours, toutes les nuits. Peut-être même réussit-il à s'introduire dans ta chambre. Dans tous les cas, ce soir, je monte la garde. Dans ta chambre.

- Dans ma chambre ? répétai-je, hébétée.

- Oui.

Je fermai les yeux un instant. Inutile de recommencer une nouvelle dispute. Je pris de profondes respirations et lui dis, calmement :

- Tu as besoin de dormir, papa. Tu ne vas pas rester toute la nuit comme ça. Peut-être qu'il ne va pas venir de tout.

- Ne discute pas Bella, je viens. Un point c'est tout.

Je soupirai et montai dans ma chambre. Revenir dans cette pièce créait un sentiment assez étrange. Et dire qu'un inconnu se trouvait ici-même, la nuit dernière. Je fouillai un peu pour essayer de trouver quelque indice sur son éventuelle venue. Rien. Aucun objet n'avait été changé de place, rien d'inconnu ne s'y trouvait également. La fenêtre était fermée, à son habitude. Je m'y approchai et l'inspectai minutieusement. Elle avait l'air normale. Sauf qu'elle était propre. Non pas que je ne la nettoyai jamais mais cela faisait un moment que je n'y avais pas touché. Or, il n'y avait pas une once de poussière. Se pourrait-il qu'il est passé un bout de tissu dessus pour effacer toute trace d'emprunte ? C'était assez probable, à vrai dire.

Ce qui me préoccupait le plus était le fait qu'il ait pu rentrer. Comment avait-il fait ? La fenêtre était fermée et les portes verrouillées, j'en étais certaine. Comment pouvait-il rentrer chez moi sans casser quoique ce soit ?

J'ignorai pourquoi mais à cet instant, j'étais vraiment effrayée.


Voilà, pour le deuxième chapitre! J'espère qu'il vous aura plu! Je voulais absolument éclaircir la relation père/fille encore Charlie et Bella dans une situation pareille. Du fait que chacun intériorise ses sentiments et préfère rester en contrôle de la situation. Je ne voyais pas vraiment Charlie éclater en sanglots au commissariat... ça, c'est plutôt Renée.

Bref, on ne sait toujours pas qui est cette personne. (je sais, je suis sadique) Mais ne vous inquiétez pas, on le saura bientôt!

Je ne posterai pas avant mercredi car j'ai un oral blanc de français mardi et je dois réviser à fond! Bref, désolée. Ensuite, je verrai si j'ai le temps (les profs adorent donner des disserts deux semaines avant la fin des cours)

Surtout, n'hésitez pas à me donner votre avis, c'est rapide, clair et efficace (on dirait que je fais de la pub XD)

Bisous

Perle Bleue