Salut tout le monde! (se cache sous son bureau pour pas se faire tapper)

Okay, je sais que ça fait un mois que j'ai rien ajouté mais j'ai de bonnes raisons! (la fille qui cherche à se donner bonne conscience)

1ère bonne raison: je suis partie quelques jours à l'autre bout de la France pour le mariage de mon cousin. Pas vraiment le temps d'écrire donc.

2ème bonne raison: Quand je suis revenue, c'était dur retour à la réalite: le bac! Bien que je ne sois qu'en Première L, en plus du français, j'ai les maths et les matières scientifiques à passer. D'ailleurs, il me reste encore l'oral de français donc je dois réviser à fond

3ème bonne raison: J'avais aucune inspiration! Je savais ce que ce chapitre contiendrait mais je ne savais pas comment l'écrire. Donc croyez-moi quand je dit que j'ai pris 3 semaines pour l'écrire. Au final, je ne suis toujours pas satisfaite, il ne me plaît pas vraiment. Mais cadeau pour vous les gens, il est beaucoup plus long! (Je ne pouvais pas le réduire et je ne voulais pas le couper en deux alors...) D'ailleurs, merci Ivana pour m'avoir aidée en me disant ce qui allait et ce qui n'allait pas! Gros bisous pour toi.

Je le répète encore une fois: Bella emménage à Forks, chez Charlie comme au début du livre sauf que les Cullen n'y sont jamais venus, deux ans plus tôt! Donc Bella et Edward ne se connaissent pas et ne se sont jamais rencontrés! Donc non, Tentation et Hésitation ne sont pas pris en compte!

Quelqu'un m'a dit qu'il s'était ennuyé. Ne t'inquiètes pas, je ne vais pas t'insulter parce que tu n'aimes pas mon histoire, tu as le droit d'avoir ton avis. J'éprouve juste l'envie de te donner le mien, je pense en avoir le droit. Donc: Ce n'est que le début de l'histoire, on ne peux pas avoir directement de l'action. Je préfère d'abord clarifier les émotions, sentiments et relations des personnages et après il y aura de l'action. Je sais pas, je suis comme ça. Personnellement, je pense qu'une histoire vaut mieux avec des personnages profonds et après de l'action, que juste de l'action avec des personnages superficiels. Bref, moi j'te donne juste mon avis, et tu en fais ce que tu veux. De plus, si tu n'aimes pas mon histoire ou que tu t'ennuies, je ne t'obliges pas à lire, tu sais.

Bref, je pense avoir fait le tour... je crois. Merci à tous en tout cas pour vos reviews, ça me fait êtremement plaisir. Je sais que le dernier chapitre était sans événement mais pour moi c'était comme une obligation d'en faire un sur la relation Charlie/Bella. Je sais qu'Edward manque à tout le monde mais ne vous en faites pas, il va bientôt arriver! Après tout c'est une romance, non? Que serait Bella sans Edward?

Voilà, bonne lecture!


Chapitre trois

Je ne réussis pas à fermer l'œil cette nuit-là. Qui aurait pu dans ces circonstances ? J'étais, à présent, certaine qu'il entrait par la fenêtre. Je frémissais rien qu'en y pensant. J'essayai de penser à autre chose ou de me distraire, en vain. Mon esprit retournait inévitablement à… ma situation. Mon cœur, alors, ratait un battement puis ceux-ci s'accéléraient. Ce que je ressentais était indescriptible, j'avais moi-même du mal à déchiffrer mes émotions. Avais-je peur ? C'était certain. Je ne souhaitais cela à personne d'autre. Sentir sa peur et celle des autres, c'était horrible. Ne pas savoir comment réagir, c'était pire.

Charlie n'était pas en meilleur état que moi. Il était resté toute la nuit, assis sur le rocking-chair, regardant par la fenêtre. Il affichait un regard meurtrier et je n'avais aucun doute de la personne à laquelle il était adressé. Bien que j'insistais pour qu'il apporte un matelas pour pouvoir au moins être confortable, il refusa. Il ne voulait surtout pas se laisser distraire. Mensonge. Si je n'arrivais pas à penser autre chose, c'était pareil pour lui. Il voulait seulement être le plus près possible de la fenêtre pour pouvoir sauter à la gorge de l'intrus et lui en faire voir de toutes les couleurs. J'avais remarqué qu'il avait emmené son arme de service avec lui et qu'à chaque mouvement, il était sur ces gardes. Je ne pouvais pas le blâmer, après tout, la vie de sa fille était en danger. J'étais seulement inquiète qu'il était prêt à utiliser son arme. Je détestai la violence et je ne voulais pas que mon père finisse en prison ou pire, mort. C'était assez ironique, tout de même. Le shérif qui finit en prison pour meurtre.

J'anticipais la journée à venir. Elle serait très longue. A ce moment-là, toute la ville devait être au courant que la fille du Chef Swan était en danger. Je n'imaginais même pas les réactions des mes amis, demain. Quant à Renée, c'était sa venue que je craignais le plus. C'était une bonne chose qu'elle arrivait seulement pendant mon absence. Cela ne m'étonnerait, cependant pas si elle débarquait en plein milieu d'un cours pour s'assurer que j'étais toujours vivante … Elle n'oserait tout de même pas ?

Avec un soupir, je jetai un coup d'œil à mon réveil. Environ quatre heures du matin. C'était beaucoup trop tôt pour envisager quoique ce soit en dehors de son lit. Je décidai, avec détermination, que ce n'était pas un homme, qui certes me suivait partout, qui m'empêcherait de dormir. Je regonflai mon oreiller et m'allongeai sur le côté, face au mur. J'essayais de vider mon esprit et de penser à des choses plaisantes. Cependant, rien ne me venait. J'étouffai un cri de frustration. Je savais que Charlie m'entendait mais, à vrai dire, cela avait peu d'importance.

Je fixai, ensuite, le mur attendant que le marchand de sable daigne à montrer sa présence. Après une éternité, la fatigue se fit enfin savoir et je tombai dans un sommeil sans rêve.

La sonnerie de mon réveil me tira brutalement de ma léthargie. Il me semblait n'avoir dormi que cinq minutes. Je parcourus ma chambre du regard. Charlie n'était plus là. Il avait dû partir au travail. Je me levai, pris un jean et une chemise blanche de mon armoire, puis allai dans la salle de bain me préparer pour le lycée.

Une fois prête, je descendis dans la cuisine et eus la surprise d'apercevoir Charlie en train de faire la cuisine. Essayer de faire la cuisine était le terme plus exact. Je me demandai encore une fois comment avait-il fait pour se nourrir quand j'habitais à Phœnix. C'était surprenant qu'il ait pu passer tant d'années sans savoir cuisiner.

- Papa ? Qu'est-ce que tu fais ? dis-je toujours aussi surprise.

- Je te prépare ton petit-déjeuner comme tu peux le voir. Un père n'a pas le droit de faire ça pour sa fille ? me répondit-il en se retournant avec un sourire (forcé, je devais l'avouer).

- Quand il s'agit de toi, non, le taquinai-je.

Ma tentative visant à détendre l'atmosphère fonctionna. Il laissa échapper un petit rire sincère et m'intima l'ordre de m'asseoir, ce que je fis. Le repas ne fut pas si mauvais. A mon avis, c'était la seule chose que Charlie était capable de faire en cuisine.

- Pourquoi n'es-tu pas au travail ? m'enquis-je.

Habituellement, il était déjà parti, à cette heure-ci.

Il me lança un regard inquisiteur en réponse.

- Aurais-tu oublié notre conversation d'hier ? Je t'ai dit que je t'emmènerai et je tiens toujours mes promesses.

Je grimaçai. J'espérai plutôt qui lui avait oublié la conversation. Et apparemment, il l'avait compris lui aussi. J'essayai de ne pas penser à mon arrivée humiliante sous les regards curieux et, surtout, dérangeants des élèves.

- Et si on faisait un compromis ?

- Lequel ?

Il était méfiant.

- Je te laisse m'emmener au lycée, mais on prend ma camionnette.

Il parut soulagé.

- C'est tout ? Je m'attendais à pire. Si ce n'est que ça, c'est d'accord. Je reviendrai ici la poser pour ensuite aller chercher Renée. J'irai plus vite avec ma voiture.

J'acquiesçai et débarrassai la table. Je remontai dans ma chambre pour préparer mon sac. C'est là que je la vis. Une autre lettre. Pourtant, j'étais sûre qu'elle n'y était pas lorsque je m'étais réveillée. Ce qui ne signifiait qu'une chose. Il était dans cette pièce, il y a quelques minutes et il ne devait pas être très loin, à présent. Se pouvait-il qu'il soit toujours dans ma chambre ? Sous le lit ? Dans mon armoire ?

Impossible qu'il soit dans ce dernier puisque j'y avais pris mes vêtements pour me changer et la porte était encore ouverte. Mon attention se porta alors sur mon lit encore défait. Il faudrait vraiment être tordu pour se cacher dessous. J'oubliai : il était tordu.

Me sentant ridicule, j'y jetai tout de même un coup d'œil. Rien. Le cœur battant, je me précipitai à la fenêtre et l'ouvris. Les alentours étaient déserts, il n'y avait pas un chat. Je refermai la fenêtre et m'approchai de mon bureau, où la lettre y était posée. Je reconnus instantanément l'écriture formant mon nom entier. Isabella. J'ignorai s'il était au courant mais je détestai qu'on m'appelle comme ça. Le faisait-il exprès ? Ainsi, je pourrais mieux le remarquer ?

Je la pris et réfléchis. Pourquoi me torturer plus l'esprit, je savais déjà ce qu'elle contenait à peu près. Il ne valait mieux pas en parler à Charlie, il en deviendrait malade. Résolue, je la déchirai en morceau et la jetai dans la corbeille à papiers. Si seulement tous mes problèmes pouvaient disparaître comme cette lettre.

Essayant d'oublier ce que je venais de voir, je pris mon sac et descendit dans la cuisine. Charlie était devant l'évier, en train de faire la vaisselle. Je roulai les yeux, j'étais peut-être en danger mais je n'étais pas incapable non plus.

Bientôt, nous nous dirigeâmes vers la Chevrolet et nous prîmes le chemin du lycée, en silence. Je sentais déjà l'appréhension me gagner, au fur et à mesure. Je n'avais jamais été aussi nerveuse juste pour aller en cours. Même lors de mon premier jour à Forks, je ne l'étais pas autant que ça.

L'arrivée bruyante de ma camionnette au parking de l'école attira l'attention des élèves. Je distinguai déjà Jessica, Mike et les autres qui m'attendaient près de la voiture de ce dernier.

- Qu'est-ce que tu fais ? demandai-je surprise en voyant Charlie garer la voiture et descendre.

- Je veux juste parler quelques secondes à tes amis, répondit-il simplement.

Désespérée, j'enfouis ma tête dans mes mains, souhaitant que tout ceci n'soit qu'un cauchemar. Je ne voulais pas voir mon père parler à mes amis, c'était trop humiliant. Pourtant, la curiosité étant trop forte, je me retrouvais bientôt à scruter les réactions des différents interlocuteurs. Si seulement je pouvais lire sur les lèvres.

Soudain, je vis Mike s'avancer et dire quelque chose au Chef Swan (il avait prit sa posture de shérif). Il s'était planté droit devant lui et avait l'air de parler de façon solennelle. Jessica avait les sourcils froncés et s'était avancée à son tour pour annoncer quelque chose. Angela, elle, me regardait, inquiète. J'ignorai si elle se souciait des événements passés et peut-être futurs ou des paroles prononcées juste devant elle. J'aurais peut-être dû descendre avec Charlie en fin de compte.

… Oh non. Je crois avoir deviné ce que mon père leur demandait. Il leur disait sûrement de ne pas me laisser seule une seconde, jusqu'à ce qu'il revienne me chercher. Bien sûr, Mike s'était immédiatement porté volontaire et Jessica, jalouse, l'avait suivi dans son mouvement. Pourquoi moi ?

Je sortis de la camionnette et restai à côté. Pas question que je m'approche du groupe. Angela, qui m'avait suivit du regard, s'approcha doucement. Elle fit quelque chose à laquelle je ne m'attendais pas : elle me prit dans ses bras. Je demeurai quelques secondes, surprise, les bras ballants. Puis, reprenant mes esprits, je lui rendis son étreinte. J'étais vraiment touchée par son geste.

- On est tous inquiet pour toi, tu sais ? dit-elle lorsqu'elle me relâcha.

- Il ne faut pas, ce n'est rien. Je suis sûre que ça va s'arranger.

En réponse, elle m'offrit un faible sourire, peu convaincue.

- Qu'est-ce que mon père vous a demandés ? demandai-je voulant vérifier mon hypothèse.

- Qu'on ne te lâche pas d'une semelle. Mike s'est senti plus que… ravi d'obéir à ses ordres. Jessica aussi d'ailleurs.

Je grimaçai, connaissant très bien les raisons derrière ce soudain engouement.

- De toutes façons, on l'aurait fait que ton père le demande ou non, reprit Angela voyant l'expression que j'affichais. Si on met de côté le faible que Mike a pour toi et la jalousie de Jessica, ils se font du souci aussi pour toi. Mais, ce ne sont que des adolescents après tout…

C'était une des qualités que j'aimais chez elle. Elle ne passait jamais par quatre chemins, elle était toujours directe. Elle savait toujours ce qu'il fallait dire au moment voulu ou, au contraire, ce qu'il ne fallait pas dire. Autrement dit, c'était assez aisé de parler avec elle.

- En parlant d'adolescents, reprit-elle, je suis sûre que Tyler et Eric se porteront aussi volontaire pour t'accompagner.

Je gémis. Cette journée promettait d'être un enfer.

- Dis-moi que tout ceci n'est qu'un horrible cauchemar.

- Pourquoi es-tu venue ? Ca aurait été plus prudent si tu étais restée chez toi, non ?

- Je refuse de céder à la panique. C'est ce qu'il voudrait. Il veut sûrement que je me barricade chez moi et que je me cache sous la couette. Je veux lui prouver que je n'ai pas peur et que je peux mener une vie parfaitement normale.

- Tu es vraiment courageuse

- Non, je suis plutôt peureuse, en fait. Tout ce que je viens de te dire, je n'en pense pas un mot. J'essaie d'y croire mais une part de moi aura toujours peur. Je ne sais pas si je te l'ai déjà dit mais je suis plutôt bonne pour refouler les émotions négatives. Cela avait marché jusqu'à hier, je n'avais pas encore réalisé l'ampleur de la situation. Mais maintenant, je suis morte de peur.

C'était la première fois que je le disais à haute voix. Il était tellement facile de se confier à Angela, je savais que je pouvais lui faire confiance. Elle avait le don de m'apaiser rien que par sa présence.

Hésitante, elle passa son bras autour de mes épaules, d'un geste réconfortant.

- Bella, c'est normal d'avoir peur. A ta place, je serais terrifiée ! Et tu es courageuse. La plupart des gens, moi y compris, resteraient enfermés chez eux ou se seraient enfuis loin d'ici. Mais non, toi, tu décides de te lever le matin comme d'habitude, de sortir et d'affronter le monde. Peu de personnes feraient ça, Bella, je t'assure. Et c'est naturel d'être effrayée. Réponds-moi franchement, qui ne le serait pas ?

J'étais sans voix, ne sachant que dire. J'ignorai comment elle faisait, peut-être avait-elle suivit des cours, mais elle savait comment remonter le moral des gens. C'était à la fois rassurant et… effrayant.

- Merci Angela, me contentai-je de dire.

Elle reçut très bien le message à travers ces mots et me sourit.

- Ben a vraiment de la chance de t'avoir, continuai-je.

A présent, elle rougissait (pour une fois que ce n'était pas moi) et me remercia. Notre attention, se retourna ensuite vers le groupe qui, eux, nous fixaient curieusement. Après un dernier au revoir, Charlie revint vers nous.

- Bon, je vais te laisser, maintenant. Surtout, fais attention à toi et ne reste jamais seule. Compris ?

J'acquiesçai et un après un dernier sourire (forcé, encore une fois), il démarra la camionnette et sortit du parking. Je remarquai que dans la cabine de la Chevrolet, il me lançai des petits coups d'œil frénétiques jusqu'à ce qu'à ce que je le perdis de vue.

A présent, j'étais seule face au monde, comme le disais si bien Angela. Il semblait qu'ils se soient tous donnés le mot pour m'enlacer. Je n'étais pas vraiment quelqu'un qui aimait les effusions d'affections donc j'étais assez embarrassée. Mike semblait penser que je sentais bon puisqu'il me prit dans ses bras plus longtemps qu'il ne l'aurait fallut. Jessica n'avait pas l'air très heureuse.

Je commençai vraiment à regretter d'être venue. Je savais que mes amis s'inquiétaient seulement pour moi mais ça commençait sérieusement à m'agacer. J'étais un être humain pas une bête de foire ou un objet fragile. Tyler et Eric essayèrent aussi de montrer leur amitié mais je partis rapidement du parking avant que l'un des deux puissent me toucher. Angela me suivit, se mordant la lèvre durant le chemin. Les élèves me regardaient comme si j'étais un extraterrestre et murmuraient entre eux sur mon passage.

Sentant les larmes et le rouge sur mon visage, j'accélérai le pas. Malheureusement, Dieu n'était pas avec moi puisque je trébuchai sur mes traîtres de pieds et tombai à terre. Angela m'aida à me relever tandis que mon visage était en flammes et je me précipitai dans les toilettes des filles. Il semblait que cet endroit soit devenu mon refuge récemment.

Le silence qui régnait dans la pièce me relaxa, un tant soit peu. Je posais mes mains sur un des lavabos et me regardai dans le miroir. J'avais les yeux bouffis, le nez et les joues rouges et les larmes continuaient à couler. Je pouvais voir Angela derrière moi, qui me regardait tristement. Refusant de croiser son regard, je me passais de l'eau sur le visage, nettoyant ainsi mon visage de mes pleurs et le rafraîchissant. Cela me fit le plus grand bien.

Mes pensées se firent plus claires. Je pris une grande inspiration et me retournai. Angela se trouvait toujours là. Sans paraître indiscrète et m'étouffer de paroles dénuées d'authenticité, sa simple présence me faisait sentir moins seule. Je l'en serais toujours reconnaissante pour cela.

- Je leur parlerai, déclara-t-elle.

J'acquiesçai en signe de remerciement. Nous sortîmes des toilettes, toujours sous le regard des élèves. Je détestai être le centre d'attention. Voilà pourquoi je n'aimais pas Forks, c'était une petite ville. Il se passe une seule chose, aussi insignifiante soit-elle et on devient l'objet des commérages. Je rejoignis Jessica qui m'attendait à côté de la porte tandis qu'Angela allait parler aux garçons. C'était gentil de sa part, je ne crois pas que j'aurais été capable de le faire moi-même. Je n'en avais pas vraiment la force.

- Alors qu'est-ce que ton père et toi comptez faire ? me demanda Jessica tandis que nous marchions dans les couloirs du lycée.

- Je n'en sais trop rien encore. Charlie ne m'a pas encore parlé de ses plans. Il doit aller chercher ma mère à l'aéroport tout à l'heure.

- Elle va te ramener à Phœnix ?

- Elle va essayer du moins. Mais je suis aussi têtue qu'elle, répondis-je avec un léger sourire.

Je me rappelai qu'à Phœnix, il était souvent dur de prendre une décision lorsque nous avions des avis opposés. Phil trouvait ça hilarant, apparemment.

- Pourquoi veux-tu rester ? Si j'étais à ta place, je prendrai le premier avion pour aller à l'autre bout du monde !

Je ne désirais pas répéter une nouvelle fois, les raisons de ce choix. Je lui mentis alors, de la façon la plus convaincante possible :

- Parce que j'en ai envie.

Elle n'insista pas. Bientôt, nous nous séparâmes pour aller dans nos salles de cours respectives et Eric prit le relais. Il se conduisit à son habitude, comme si rien ne s'était passé de spécial. Je me demandais ce qu'Angela avait bien pu leur dire. Il me faudrait l'interroger plus tard.

Les cours se passèrent sans événement, les professeurs ne me firent aucune remarque. Je voyais cependant, à leurs regards ce qu'ils pensaient. Ils devaient avoir entendu parler de la précédente jeune fille disparue ou peut-être même étaient-ils dans cette ville quand cela s'était passé. Je soupçonnais M. Mason de l'avoir connue, il était assez troublé durant le cours.

C'est en maths que cela se produisit. J'avais toujours detesté cette matière mais à présent, je pensais qu'elle était maudite. Lorsque je vis Mrs Cope débarquer en plein cours, je sus que c'était pour moi. Un part de moi espérait que tout ceci n'était pas réel mais c'était comme demander l'impossible.

- Excusez-moi de vous dérangez, dit-elle au professeur, gênée, est-ce que je pourrais vous emprunter Miss Swan quelques instants, je vous prie ?

Instantanément, tous les regards convergèrent dans ma direction. Non pas qu'ils ne l'étaient pas déjà. Durant ses dernières heures, les élèves (les professeurs aussi) n'arrêtaient pas de me lancer des coups d'œil s'attendant sûrement à ce que je m'évanouisse d'une seconde à l'autre. Il semblait que le rouge avait trouvé un foyer confortable sur mes joues.

- Bien sûr bien sûr, répondit M. Varner tout aussi surpris que les élèves. Isabella, prenez vos affaires avec vous, j'ignore combien de temps vous serez partie.

Gardant la tête baissée, je rangeai mes livres et cahiers dans mon sac. Je sentais bien les yeux indiscrets des personnes présentes sur moi. Une fois fini, je sortis de la salle, non sans trébucher sur un cartable au passage.

Etant sûre d'être bien seule avec la secrétaire, je lui posais la question qui brûlait les lèvres de tout le monde :

- Que se passe-t-il ?

Elle réarrangea sa coiffure, apparent signe de nervosité avant de répondre :

- Votre mère veut vous voir. Elle est… ici, tout comme votre père. Ils vous attendent à l'accueil.

Elle avait osé ! Je n'arrivais pas à y croire. Elle faisait tout pour que mon humiliation soit totale ! Je concevais que ce n'était qu'une mère inquiète mais elle dépassait les bornes ! Elle ne pouvait pas attendre quelques heures ? Ce n'était pas comme si Charlie ne lui avait rien dit ! Elle savait que j'allais parfaitement bien, mais non, il fallait qu'elle me sorte d'un passionnant cours de maths et qu'elle rajoute encore plus de ragots dans mon dossier « spécial Forks » !

Et Charlie ! N'en parlons pas ! Que lui était-il passé par la tête ? Ne pouvait-il tout bonnement pas la retenir ? C'était un flic aux dernières nouvelles, c'était son boulot !

Mrs Cope dû sentir les irradiations de colères émanant de mon corps, puisque je la sentis légèrement s'éloigner. Devais-je lui mentionner que fulminer ne rime pas forcément avec violence ? Je lui jetai un regard noir et elle accéléra le pas. Apparemment, elle avait déjà dû subir les cris hystériques de ma mère avant mes humeurs. Et bien, telle mère, telle fille !

Nous arrivâmes bientôt à l'accueil et toute trace de colère disparut, laissant place à la crainte. C'était ma mère qui se trouvait là, je n'étais pas encore préparée à la voir. Il aurait fallu me laisser le temps de forger une carapace pour m'empêcher de craquer ! Dans quel sens ? Je l'ignorai mais aucun des deux n'était bon.

A peine la porte fut ouverte que je sentis deux grands bras m'encercler et me plaquer contre un corps, me coupant momentanément le souffle.

- Bella ! J'étais si inquiète pour toi ! Mon petit bébé en danger de mort, je n'arrivais pas à y croire ! Tu n'as rien, ça va ?

Elle me relâcha enfin et plongea son regard rempli de larmes dans le mien. Puis soudainement, elle sembla penser à quelque chose :

- Mais enfin qu'est-ce que tu fais ici ? As-tu perdu l'esprit ? Un sauvage court en liberté et toi, tu trouves le temps d'aller étudier ? On a d'autres priorités que d'aller en cours ! Je t'autorise même à sécher !

Sa voix avait des accents aigus et hystériques. Cela ne m'étonnerait pas si les classes d'à côtés nous entendaient. J'ouvris la bouche pour lui répondre mais elle ne m'en laissa pas le temps. Elle se retourna brusquement vers Charlie et pointa un doigt accusateur dans sa direction :

- Tout ça, c'est ta faute ! Quel père laisse sa fille aller à l'école dans de pareilles circonstances ? Je n'aurais jamais dû l'envoyer à Forks, cette ville n'apporte jamais rien de bon ! Et puis pourquoi n'agis-tu pas ? Appelle le FBI, la CIA, les forces de l'Armée s'il le faut ! Mais arrête cet homme dangereux avant qu'il ne blesse ma fille !

- Maman, stop ! interrompis-je sèchement.

Je ne pouvais pas rester une seconde de plus sans intervenir. Charlie affichait une expression pleine de détresse et de culpabilité. Je soupçonnais ma mère de lui avoir passé un sacré savon dans la voiture. Elle n'avait pas le droit de l'accuser de la sorte, il avait été un père formidable auprès de moi !

- Maman, tu ne sais pas de quoi tu parles ! Papa a été un père exemplaire et je suis heureuse de vivre avec lui tout comme je l'étais avec toi ! Il a passé la nuit entière, sans fermer l'œil, à surveiller toute intrusion ! Il fait tout pour que je ne reste pas seule ! Il gère très bien la situation, je te l'assure ! S'il y a quelqu'un à blâmer, c'est moi ! C'est moi qui ai voulu rester à Forks, moi qui ai voulu aller au lycée, moi qui ai refusé de parler de tout ça !

La pièce accueillit un long silence. Mrs Cope s'était éclipsée à l'arrière pour nous laisser de l'intimité. Mon père était figé, bouche bée et me fixait. Quant à ma mère, elle n'était pas dans un meilleur état.

- J'ignorai que…murmura-t-elle, comme ébahie.

Elle se retourna un moment vers Charlie comme pour s'excuser, mais se ravisa. Elle et sa fierté…

- Bella, rentrons à Phœnix. Cela ne sert à rien de rester plus longtemps ici, continua-t-elle.

- Non, je te l'ai déjà dit, je reste à Forks. Tu n'arriveras pas à me faire changer d'avis !

- Mais enfin, sois raisonnable ! Pourquoi rester ici avec tout ce qu'il se passe ? Tu seras beaucoup plus en sécurité, là-bas. Phil et moi sommes rentrés de Jacksonville, on restera avec toi ! Et puis, tu adores Phœnix !

Je savais qu'elle avait raison mais je refusai de céder.

- J'ai dix-sept ans, je pense que je peux prendre des décisions moi-même. Je reste.

Elle n'apprécia, apparemment pas le ton utilisé. Elle se tint droite et me lança un regard noir.

- Tu viens avec moi. A présent, ce n'est pas une requête mais un ordre. Tu n'es pas majeure donc c'est moi qui décide, si oui ou non, tu restes.

Voilà que maintenant, elle prenait son rôle de mère. Pendant toutes ces années, j'avais été la plus responsable de nous deux, elle n'avait jamais été du genre autoritaire. Et c'était ce jour-là qu'elle me servait cet argument ? Elle n'en avait pas le droit.

Ayant l'impression de suffoquer, je sortis de la pièce et retrouvait l'air frais. Je ne voulais pas lui faire face. Pas maintenant. Il fallait que je m'éloigne un moment, le temps que je me calme.

- Bella !

Mes parents continuaient de m'appeler, je pouvais entendre leurs voix se rapprocher. Ne comprennent-ils donc pas que j'ai envie d'être seule !

Je fonçai vers l'entrée du lycée. La sonnerie n'avait pas encore retentie, il n'y avait donc personne. Je pouvais d'ailleurs entendre le claquement de mes chaussures contre le sol à chacun de mes pas.

J'entendais quelqu'un courir derrière moi mais je refusai de me retourner. Je n'étais pas vraiment d'humeur.

Soudain, je sentis deux bras glacés et durs encercler ma taille et m'entraîner dans un coin sombre. Mon cœur rata un battement, ma respiration s'accéléra. Je commençais très bien à connaître ces symptômes. Oh non…

- Bella ! s'écria la voix de mon père, paniqué.

Je levai lentement les yeux vers mon ravisseur. Je priai pour que tout ceci ne soit pas réel. Peut-être était-ce quelqu'un qui me jouait une mauvaise blague. Peut-être étais-je en train de paniquer pour rien.

Deux iris rouge sang rencontrèrent les miennes.

- Bonjour Isabella.


Voilà, un new chapter terminé! Désolé, si vous trouvez ça trop long (c'est ce que je pense en tout cas) mais je n'arrivais pas à faire autrement. J'ai eu beaucoup de mal à écrire ce chapitre surtout quand mon ordinateur a eu un gros bug et que la moitié du chapitre a été efface. Comme une conne, j'avais oublier d'enregistrer et j'ai dû tout réecrire. J'ai failli jeter mon ordinateur par la fenêtre après ça... quoique j'aurais eu du mal XD

Bref, n'hésitez pas à me laisser une p'tite review, ça fera énormément plaisir à Tata Melody!

Bisous

Perle Bleue