Blind & Bless.

Chapitre 1.

L'hôpital, un lieu bien aseptisé et affreusement neutre. Ça en était presque stressant comme endroit, quand on y réfléchissait bien, tant c'était criant de propreté. Yasu était loin d'être un coutumier des hôpitaux, et pour dire vrai, il n'aimait pas vraiment ça. Déjà parce que l'odeur, on eut fait mieux, et ensuite parce que l'ambiance speed et sans arrêt active avait le don de l'angoisser. D'ailleurs, les mains dans les poches, le chanteur d'Acid Black Cherry tenait fermement tout ce qu'il y avait à l'intérieur : paquet de clope, clef, portable… S'y accrochant fermement comme si sa vie en dépendait.

Et pour couronner le tout, il avait une sorte d'appréhension en entrant ici. L'éclaire bizarre qui vous frappe soudainement et qui vous prédit que vous allez vivre un truc… bizarre… énorme… Et on ne sait jamais si c'est quelque chose de bien ou de mauvais, ce qui est d'autant plus effrayant, pour un stressé de la vie qu'était Yasu.

Aussi, quand il marmonna pour lui-même un "bordel, mais qu'est-ce que je fou ici" que son ami entendit et qu'il le lui réprima, il n'eût même pas le réflexe de tirer la langue, juste de grimacer sans joie, ni amusement.

Kin, l'entraina sans qu'il ne s'en rende compte dans un service quelconque, il ne retint même pas l'étage, pourtant ils avaient monté les escaliers à pied. Mais Yasu était tellement occupé à se dire qu'il n'aimait pas être ici, qu'il aurait dû faire semblant d'être malade ou quelque chose dans le genre, qu'il ne se rendit pas compte non plus qu'ils étaient arrivé à destination, devant une chambre. Kin se stoppa devant la porte d'un arrêt net, tellement bien que Yasu lui rentra dedans se faisant mal au nez. Il se le frotta aussitôt en se reculant un peu d'ailleurs.

«Outch ! Tu pourrais mettre les feux quand tu freines !»

Kin leva les yeux au ciel et soupira, en attrapant la poignée de la porte pour ouvrir et rentré à l'intérieur. En faite, c'était assez calme à l'intérieur de la chambre, il y avait celle que Yasu devinait être Seiko, l'ami de Kin, et une femme un peu plus âgées, visiblement la mère de la fameuse Seiko…

C'est là qu'un détail étrange le frappa, les yeux de la jeune femme étaient couverts d'un épais bandage blanc et cotonneux. D'ailleurs la jeune femme, en entendant la porte s'ouvrir tourna la tête dans tous les sens essayant de savoir qui était là. Yasu écarquilla les yeux. C'était quoi ce bordel ? Elle était aveugle ? Mais Kin ne l'avait pas prévenu… Quoi qu'il ne semblait pas plus prévenu que lui, vu la tête choqué, et le teint livide qu'il adopta lorsqu'il remarqua son amie dans cet état. Malgré le fait qu'elle était assise dans son lit d'hôpital, elle était visiblement affolée, perdue au moins. Et en voyant cela Yasu avala difficilement sa salive.

«Seiko-chan, qu'est-ce qui t'es arrivé ?

-Qui est-ce ? Demanda la jeune femme qui se tourna vers la dame, ayant visiblement repéré où l'ainée se trouvait dans l'espace.

-C'est Kin-kun et un jeune homme que je ne connais pas, Seiko-chan, reste calme. Tout va bien.»

La femme se leva ramassant son sac au passage et s'approcha de Kin.

«Yamamoto-okaasan, qu'est-ce qui se passe ?

-Quand elle s'est fait renversé, elle n'a rien eût de bien méchant, c'est ce qu'on croyait, juste un poignet foulé. Mais ses yeux ont prit un sacré coup. Je vous laisses un moment avec elle.»

Kin s'approcha calmement du lit d'hôpital blanc dans lequel la jeune femme était assise, essayant vainement de se repérer dans l'espace. Et visiblement elle n'y arrivait pas, ça se voyait à son visage frustré, et à sa grimace d'énervement.

«Kin-kun ? Tu es venu ? Mais il ne fallait pas !

-Ben, c'est que ça m'a fait un coup quand on l'a appris.

-On ? Avec qui es-tu venu ?

-L'ami que je voulais te présenter, tu te souviens ? Yasu-kun ? Il est venu avec moi.»

Seiko tourna la tête, essayant de repérer où pouvait bien être ce cher Yasu. Le fait de ne pas voir semblait réellement l'angoissé et lui faire peur. Ce fut donc presque normal, quand la jeune femme porta sa main à sa bouche visiblement pour se ronger les ongles, toute tremblante qu'elle était. Yasu s'en sentit affreusement mal, et il planta un peu plus ses mains dans ses poches, enfonçant sa tête dans ses épaules.

«Pardon, Kin-kun, je…

-C'est nouveau ça, elle s'excuse maintenant. Et pourquoi je te pris ?

-Eh bien… J'ai gâché ta soirée et je…

-Non, mais arrête ça, tout de suite. C'est super gênant, et totalement inutile, lâcha Kin vraiment mal à l'aise pour le coup. T'as vu ça Yasu-kun.»

Yasu retint difficilement un "et pourquoi tu me lâcherais pas la grappe, pour voir". Le chanteur acquiesça simplement. Stupide geste puisqu'il se rendit compte que la jeune femme ne le verrait sans doute pas. Il se gifla intérieurement et soupira profondément et sans grande conviction un "oui".

Yasu cherchait désespérément un moyen de fuir, les hôpitaux ce n'était pas vraiment sa tasse de thé, et puis il n'était pas des plus à l'aise en ces lieux aseptisé et totalement impersonnel, lui qui était un fanatique de la fantaisie, il n'était pas vraiment servie. Et il n'avait pas en vue les sortie de secoure pour l'heure, à son grand désespoir. Aussi regarda-t-il sa montre avec impatience, et soupira.

«Kin-kun, écoute, je vais y allez, d'accord ? Je commence tôt demain matin, et vous serrez plus tranquille pour discuter entre ami. De toute façon, je meurs de faim et je suis fatigué.

-Mais Yasu-kun, tu…

-On s'appel, OK ?»

Sur ce Yasu sortie de la chambre, sans plus un mot, presque avec hâte bien à deux doigts de se mettre à courir tant se sentait-il mal et était-il pressé de sortir de cette petite pièce confiné, empressé qu'il était de pouvoir aller fumer sa cigarette pour se détendre un peu. Bizarrement, il avait comme une espèce d'angoisse qui était monté en lui quand il était arrivé dans la chambre : son coeur s'était emballé, ses mains étaient bizarrement devenue moite, et il avait luttait pour éviter que ses genoux ne se mette à flageoler pour jouer des castagnettes, vraiment il n'était pas très fière de lui, il devait l'avouer. Mais en même temps, vraiment tout ce blanc, cette odeur forte d'antiseptique et de Bétadine, et le par terre vert en lino, lui donnait juste envie de gerber son dernier repas. Alors que Dieu lui pardonne, mais il avait préféré fuir.