Blind & Bless.
Chapitre 2.
Yasu était quelqu'un de… Comment dire. Disons qu'il était de ses personnes assez sensible aux émotions des autres, un peu comme si son corps comprenait les vibrations qui émanaient des autres et qu'il réussissait à comprendre plus ou moi ce qu'ils ressentaient. Il était un garçon assez sensible, mine de rien, et quand quelqu'un souffrait il le ressentait presque automatiquement, et souffrait plus ou moins avec lui. C'était une particularité assez étrange, mais c'est ce qui faisait peut-être, en un sens, qu'il était arrivé aussi haut à l'heure d'aujourd'hui. Il écrivait toujours ses chansons et ses paroles en fonction de ce qu'il ressentait, se fiant à ses émotions et par conséquent celle des autres. Il avançait à l'instinct et ressentit, et visiblement, c'était une bonne recette qui fonctionnait pas mal. Avec plus de vingt ans de carrière derrière lui -si la période de collège de Janne Da Arc, ça comptait pour lui-, oui, l'on pouvait vraiment dire que ça marchait pour lui en faite.
Au fond, Yasu avait parfaitement conscience d'être un garçon totalement accompli. Il avait carrière parfaite rempli et que bien des gens devaient lui envier, pas mal d'ami -oui mine de rien il était sociable-, et… c'était déjà pas mal. Il pensait ne pas avoir besoin de plus pour être épanouie et heureux à trente-huit ans, Yasu pouvait clamer haut et fort avoir réussis sa vie, et accomplie son plus grand rêve, grâce à son talent et à sa voix. Il ne se le devait qu'à lui-même, à son travail, sa détermination, et son acharnement à la réussite. Il était également un peu têtu, ce qui faisait qu'il ne lâché jamais prise sur un projet et qu'il ne baissait jamais les bras. Il avait confiance en lui, pas non plus démesurément, mais assez pour comprendre qu'il était quelqu'un de pas trop mal et de réussis.
Voilà donc où Yasu en était à l'heure actuelle. Cependant certain pensait qu'il était loin d'avoir tout. Yasu était toujours parfaitement célibataire, et à son âge c'était considéré comme un peu triste. Cependant, lui s'en accommodé très bien. Il n'avait jamais été vraiment très chanceux en amour, il fallait dire. Il avait un sacré don pour toujours tout foutre en l'air, et à chaque fois, il innové. Ca l'avait lassé, il avait depuis longtemps cessé de chercher, et s'était même parfois résigné, tout en se disant que, tant pis, il passerait la fin de ses jours seuls, voilà.
Alors est-ce que quelqu'un pouvait lui expliquer pourquoi il se retrouvait là, devant la chambre d'hôpital de Seiko -une fille qu'il ne connaissait ni d'Adam, ni d'Eve, on est bien d'accord-, un bouquet de fleur monstrueux dans les bras, à attendre comme un con Dieu seul sait quoi. Peut-être attendait-il que la porte s'ouvre toute seule ? Non, parce que ça faisait bien dix minutes qu'il était là, la bouche sèche à fixer le numéro de la chambre comme si il allait lui parler. Il serait bon de ne pas s'éterniser, la pause repas ne durerait pas éternellement, maintenant.
Bon résumons la situation, un peu, pour voir. Il avait travaillé toute la matinée, normal jusque là… Jusqu'au moment où la pause déjeuné avait été décrétée. Yasu avait prit l'initiative d'allez s'acheter un sandwich en ville. C'est à peut près là qu'il avait croisé un fleuriste, la boulette qu'il avait fait en entrant dans le magasin "pour jeter un coup d'oeil" qu'il s'était dit. Ah il était beau le coup d'oeil, et voilà où ça l'avait mené. Il se trouvait bien con pour le coup. Il était d'ailleurs à de doigts de se taper la tête contre un mur. Voilà où ça le menait d'être aussi sensible au sors des gens, il faisait des choses bizarre sans en comprendre la provenance ni s'en rendre compte. Il fallait vraiment qu'il apprenne à se maitriser un peu. Bon sang !
Il réussis à se dire qu'il était vraiment temps qu'il fasse demi-tour, d'ailleurs il s'apprêtait à le faire, mais ce fut à ce moment bien précis que la porte de la chambre s'ouvrit devant lui, en grand. Il sursauta. La mère de la Seiko, si il ne se trompait pas et si ses souvenirs étaient bon.
«Heu… Je… Bonjour, bégaya-t-il, enfin. Je…
-Vous êtes le jeune homme d'hier soir, n'est-ce pas ? Vous êtes un ami de Seiko-chan ? Je ne vous reconnais pas, répondit la femme avec méfiance.»
Yasu haussa un sourcil à l'entente du ton un poil agressif de la mère. Il avait le sang légèrement chaud, et il n'aimait pas tellement le ton qu'elle prenait avec lui alors qu'elle ne le connaissait pas. À moins que ça tête ne lui revienne pas, visiblement c'était le cas. Mais ça n'était tout de même pas une bonne raison. Mais puisque Yasu était un garçon respectueux, il passa outre pour l'instant. Elle était peut-être juste sur les nerfs, sa fille était tout de même à hôpital après tout.
«Eh bien… Je… Non, pas du tout… À vrai dire, je ne la connais pas… C'est juste, je suis un amis de Kin-kun, et… Enfin… Voilà…»
Bafouiller c'est encore la meilleur façon de montrer qu'on est ni à l'aise, ni très sûr de soi. Et bien souvent de montrer qu'on a pas de mauvaise intention à l'égard des autres, ou alors c'est vraiment que l'on n'est pas très doué. Cela sembla mettre un minimum la mère de Seiko en confiance, adoucissant ainsi son ton quand elle lui permit d'entrer dans la chambre aseptisé, mais ne alma toujours pas son regard sombre et dur pour un sous. Yasu entra dons dans la chambre alors que la mère s'en aller Dieu sait où. En même temps il s'en moquait pas mal de savoir où elle pouvait bien allez. Cette vieille femme avait plutôt l'air du genre aigri, et ce genre de personne plus il s'en tenait loin, mieux il se portait. Après avoir observé la femme partir, Yasu fit volte-face dans la chambre se demandant encore une fois qu'est-ce qu'il foutait là.
Seiko était toujours là. Assise dans son lit d'hôpital, son bandage sur les yeux, toujours l'air aussi perdue qu'elle était. Elle semblait chercher du "regard" la personne qui venait d'entrée, se fiant à tous ses autres sens, en vain. Elle semblait effrayée, vraiment effrayée, un peu plus et Yasu pouvait presque la voir trembler de tout ses membres. Le peu d'expression que laisser paraître le bandeau qui lui cachait bien la moitié de son visage, prouvé, qu'elle angoissait, qu'elle n'était pas à l'aise, et qu'elle vendrait son âme pour juste pouvoir apercevoir ce qui se passait autour d'elle.
«Qui est là ? Demanda-t-elle.
-Heu… Je… Je suis un ami de Kin-kun, Yasu.»
Elle sembla alors se repérer au son de sa voix, elle fini par tourner la tête en sa direction, après quelques secondes d'hésitation. Et puis elle esquissa un pauvre sourire, pour pouvoir se montrer un minimum polie et accueillante.
«Oh bonjour, je suis désolé, je ne suis pas très…
-Il n'y a pas de mal… Heu… Je vous ai apporté des… fleurs.
-Oh, ça c'est super gentil de votre part, s'extasia la jeune femme, qui cette fois afficha un sourire bien sincère.»
Le chanteur vit la jeune femme tendre les bras dans le vide, il trouva alors judicieux de lui mettre le bouquet dans les bras La jeune femme porta alors les fleurs à ses narines pour humer leur douce odeur sucrée.
«Ce sont des Dahlias ?
-…Et des acacias roses.
-Wha, merci, c'est vraiment gentil, dit-elle en cherchant à tâtons la commode près de son lit, pour y poser les fleurs dessus.»
Yasu l'aida à trouver la petite commode, avant de ne poser son regard sur elle, intriguée. Elle n'y voyait vraiment rien ? Rien de rien ? C'était une chose que lui, parfaitement voyant avait un peu de mal à concevoir, et il ne put s'empêcher de faire un geste vraiment débile et totalement déplacé, en un sens, il agita sa main ouverte devant le visage de la jeune femme, comme pour vérifié son aveuglement. La jeune brune dût alors sentir l'air s'agiter devant elle, puisqu'elle fronça les sourcils et pinça les lèvres suspicieuses, elle recula sa tête.
«Qu'est-ce que vous faites !?»
La honte sur Yasu pour le reste de sa vie, et probablement pour toute sa descendance, maintenant ! Il se recula d'un pas dans un sursaut étonné. Sans doute qu'en plus de cela il rougit fortement, heureusement que personne n'était là pour le voir, sinon, il irait se cacher dans un trou de souris d'ici pas tard. Oh c'te honte, mais c'te honte ! Comme il se sentait nul, vraiment !
«Désolé ! C'était impoli et puéril, je n'aurais pas dû faire une telle chose, vraiment. Je ne sais pas ce qui m'a prit, ce n'est pas mon genre, de faire des trucs pareils.»
La jeune femme sembla alors comprendre de quoi il en retournait. Elle afficha une légère grimace et baissa la tête.
«Il y a pas de mal… Murmura-t-elle d'une petite voix.»
Yasu resta là, un moment totalement silencieux, ne sachant que dire pour faire passer sa boulette de première et sa connerie qui battait sans doute tous les records, elle était même inclassable, tiens ! C'est au moment où il repéra le coin de la commode et qu'il se dit que de tenter de se fracasser le crâne contre celle-ci serait sans doute une bonne idée, qu'il fini par se redresser d'un bon.
«Heu, je vais vous laisser… Dit-il, en pensant bien que vu son comportement, il ne reviendrait sans doute jamais ici, il ne le méritait pas tellement.
-Non, restez !»
Yasu qui s'était avancé vers la porte pour presque fuir, cette pièce, se stoppa net en entendant la jeune femme l'interpellait, il fit volte-face et la regarda étrangement… Avant de ne se rappeler qu'elle ne le voyait pas et ne pouvait donc pas connaître ses actions.
«Restez un peu s'il vous plaît, je m'ennuie toute seule, toute la journée, je ne peux même pas m'occuper, je ne peux pas faire grand-chose en ne voyant rien… S'il vous plaît, pas longtemps… Juste, le temps de faire connaissance, ça m'occuperas un peu…»
L'Acid Black Cherry mit un petit moment avant de se décider… C'est qu'il devait retourner travailler aussi et il ne pouvait pas rester indéfiniment non plus. Il fit une petite moue embarrassé, mais il ne lui fallu pas beaucoup de temps pour craquer devant la bouille peiné et suppliante de la jeune femme. Merde alors, si en plus elle était mignonne et qu'elle savait comment le faire craquer sans même qu'elle ne le connaisse et qu'elle ne puisse le voir, c'était bien sa veine, ça. Il poussa un soupir, décidément, il était trop maniable, il ne le savait que trop bien. Il s'approcha d'elle et attrapa une chaise qui trainait dans le coin de la chambre pour pouvoir s'asseoir, pas trop loin du lit.
Seiko commença alors à lui faire la discussion, lui posant des questions sur à peu près tout. Tout semblait l'intéressait d'ailleurs. Elle relançait toujours plus la discussion, elle semblait avide de savoir, de comprendre de connaître… Mais elle ne lui demanda jamais ce qu'il faisait comme métier, il devait le savoir de toute façon, en faite se soupçon se confirma quand Yasu, au bout d'une bonne heure et demi de conversation sans qu'il ne s'en aperçoive, se dit qu'il était temps qu'il y aille, sans quoi, ça allait vraiment chauffer pour son matricule. Il se leva après avoir salué la jeune femme et se dirigea vers la porte. La jeune aveugle attendit qu'il n'ouvre la porte avant de ne prononcer quelques mots.
«Vous savez Yasu-san, j'aime beaucoup ce que vous faite. Comme musique j'entends bien. J'aime beaucoup votre voix, vous êtes un grand artiste, vraiment. Je tenais à vous le dire, tout de même. Mais je ne veux pas vous embêter.»
Yasu remercia encore tous les Kamis que personne ne puisse le voir à ce moment là, puisqu'il rougit. Comme un adolescent.
«Je… Ben, merci beaucoup, murmura-t-il.
-Vous voudriez bien repasser un de ces jours ? Si vous avez le temps bien sûr et si je ne vous embête pas trop ?
-Ce serait avec grand plaisir, Seiko-san.»
Et Yasu s'en alla, non sans un sourire discret collé sur le visage. Tout comme Seiko.
