Blind & Bless.
Chapitre 3.
«Alors, ça y est ? C'est le grand jour ? Vous sortez enfin ? Demanda Yasu, un grand sourire aux lèvres.
-Oui, on a enfin accepté de me libérer, et on enlève mes bandes sur mes yeux dès ce soir.»
Seiko était contente, plutôt enthousiaste, elle sortait enfin après plusieurs long jours à devoir rester dans cette chambre d'hôpital aseptiser qui puait le désinfectant, révulsant. Et puis on lui enlevait enfin les bandes qui couvraient toujours ses yeux. Ces trucs qui la grattaient toujours, et qui l'empêchait d'agir à son aise. Seulement voilà, elle savait bien, qu'elle ne recouvrirait pas la vu. Il y avait toujours ce petit arrière gout parfaitement amer, rien qu'à cette idée. Les médecins lui avaient bien expliqué qu'il n'y avait probablement aucune chance qu'elle puisse à nouveau voir. Sa rétine était brulait en grande majorité. Elle avait parfaitement conscience de ce que cela voulait dire. Sa vie allait considérablement changer à partir du moment où elle aurait franchit les portes de cet hôpital. Il allait lui falloir apprendre à se repérer au son des choses, au touché, et à l'instant. Apprendre à se débrouiller avec une canne. Apprendre le braille, aussi, pour pouvoir lire à nouveau des livres. Et même chaque geste du quotidien, dès à présent, il allait falloir les réapprendre.
Elle ne pouvait pas dire que sa vie était gâchée, non. Des tas de gens s'en sortait alors qu'ils étaient aveugles. Seulement voilà, c'était un peu effrayant de ne plus pouvoir voir le danger arriver. Et quand allait-il advenir de son travail ? Comment allait-elle pouvoir conseiller des clients sur quels vêtements lui iraient bien ou non ? Vendre des vêtements c'étaient son boulot. Ce n'était pas glorieux, mais c'était tout ce qu'elle n'avait jamais sût faire depuis des années.
«Ca vous fait quoi ?
-J'en sais trop rien, pour l'instant. J'ai hâte de retrouver mon chez moi. Mais en même temps, je sais aussi que je ne vais pas le retrouver, comme je le voudrais. Je ne pourrais pas le voir et…
-Je vois, murmura Yasu en acquiesçant.»
Ça faisait combien de temps qu'elle se trouvait ici, maintenant ? Cinq jours ? Seulement ? Et Yasu était venu tous les jours, lui tenir compagnie quelques minutes ou quelques heures, durant ses pauses déjeunés. Pas par obligation, et encore moins par pitié, juste qu'il trouvait la conversation de cette jeune fille tout à fait intéressante. Rien de plus, rien de moins.
«Mais dites-moi, releva la jeune femme, en se rendant compte de quelque chose qui la chiffonnait tout à coup. Ça veut dire que… Qu'on ne se verra plus ?
-Pardon ?
-Vous me rendiez visite, ici… Mais chez moi, ou même autrement je veux dire… Quoi qu'en fin de compte vous en êtes peut-être bien content de pouvoir vous débarrasser de moi.
-Hein !? Ah non, pas du tout, se révolta presque le chanteur.»
La spontanéité de Yasu était quelque chose de plutôt drôle à voir, enfin, à entendre surtout, pour Seiko, qui devait bien s'en contenter. Mais rien que de l'entendre se redresser, faisant ainsi déraper sa chaise sur le lino du sol d'hôpital, et s'écrier d'une voix suraiguë ces quelques mots, c'était vraiment amusant. Alors elle sourit, simplement. Voyant que cela l'amusé et qu'elle se foutait probablement de sa tronche, l'Acid Black Cherry se calma aussitôt et reprit d'un ton bien plus serein :
«Vous n'avez qu'à me dire comment me rendre chez vous et je vous rendrez visite, voilà tout.
-Vous le feriez ? S'étonna la jeune femme incrédule.
-Pourquoi pas ?»
Seiko en aurait bien écarquillé les yeux si elle avait put. Mais avec cette foutu bande aux yeux, elle ne pouvait pas faire grand-chose. Alors elle ne put qu'ouvrir la bouche de stupéfaction. Elle avait du mal à le croire, à le comprendre tout du moins. Yasu était une célébrité, un homme totalement inaccessible d'apparence et physiquement. Il était de ses personnes qui semblait impossible à atteindre, et là, il… il s'inquiétait plus ou moins pour elle, et ce dernière semaine il avait plutôt prit soin d'elle, si l'on pouvait dire. Rien que le fait d'être venue la voir, régulièrement et lui avoir tenu compagnie alors qu'ils ne se connaissaient même pas avant, et qu'il ait été présent c'était important pour elle. Important quand certains de ses ami -pourtant ayant été mit au courant- par ses propres soin- n'avait même pas daigné faire le déplacement une fois, ou que son père ne lui avait même pas passé le moindre coup de fil, alors qu'elle savait que sa mère lui avait rapporté la nouvelle. C'était énorme et elle n'en revenait pas. Certes tout ces gens avaient du boulot, mais Yasu également, et même plus que la moyenne d'entre eux… Cette simple expérience allez sans doute l'aider à faire le tri dans ses amis, tiens.
«Au faite, comment vous allez rentrer chez vous ? Demanda Yasu, qui voulu briser le silence présent, causé par les réflexions de la jeune femme.
-C'est Kin-kun qui vient me chercher en voiture à l'hôpital et me ramène chez moi. Ma mère travail.
-Quelle heure ?
-Dix huit heures, pourquoi ?
-Parce que je pourrais venir avec vous, enfin si je ne dérange pas.
-Pourquoi vous êtes sympas avec moi, comme ça ?»
En temps normal, la simple expression que Yasu afficha sur son visage aurait dû faire comprendre à n'importe qui, qu'il ne comprenait pas ce qu'elle disait. Mais dans la mesure où pour la jeune femme il était totalement impossible d'en faire quoi que ce soit, il se retrouva obligé de formuler la question.
«Pardon, mais je ne comprends pas.
-C'est juste que… C'est vraiment bizarre de… Vous êtes quelqu'un de totalement inaccessible en temps normal, je veux dire vous…
-Oh, je vois…
-Vous comprenez ce que je veux dire ?»
Ca, Yasu n'y avait aucun mal. Il s'enfonça dans sa chaise croisant les bras, et faisant son possible pour ne pas s'emporter bêtement. C'était une réaction normal en un sens il comprenait et il savait qu'il pouvait être exactement pareil avec certaine personne.
«Avant d'être une célébrité, Seiko-san, je suis en premier lieu un être-humain et un homme. Le personnage que vous pouvez voir à la caméra, n'est justement qu'un personnage, et rien de plus.
-Je vous ai vexé, pardon.
-C'est pas grave, ça m'ai déjà arrivé quand je me suis retrouvé devant certain de… mes confrères, on va dire.
-C'est pas seulement ça ! C'est aussi le fait que… On ne se connait presque pas, et vous avez été bien plus présent que certain de mes propres amis que pourtant je connais depuis le lycée, durant… cette période, étrange de ma vie.
-Pardon de te le dire, mais alors ce ne sont que de sale con.»
Elle haussa simplement les épaules. Sur le coup, elle était plutôt d'accord avec lui. Certains allez pouvoir allez se faire voir dès qu'ils voudraient lui demander quoi que ce soit. Ça c'était sûr. Pas par question de rancune trop important, mais juste, qu'un coup de fil, une fois ou deux, ce n'était pourtant pas trop demandé, si ?
Peu après, les obligations professionnelles de Yasu forcèrent celui-ci à s'en allez. Il promit à Seiko d'être présent pour sa sortie d'hôpital. Et effectivement à l'heure dites ils se trouvaient à patienter dans la salle d'attente que la jeune femme ne puisse enfin sortir. Kin le questionnait sur l'avance du prochain album d'Acid Black Cherry et des projets futurs du groupe. Mais Yasu aimait bien toujours tout garder secret au sujet de sa carrière, question d'habitude, histoire d'éviter un maximum les fuites. De toute façon, personne ne put tirer quoi que ce soit de plus du chanteur ce jour-là, puisque la jeune femme fini par arriver, pendu au bras du docteur qui l'avait prise en charge et qui la guidait en lui dictant chaque obstacle qu'elle risquait de rencontrer. Elle, faisait trainer sa canne un peu partout et aléatoirement devant elle, apprenant à s'en servir au mieux tout en se concentrer sur la façon dont on marchait pour ne pas se casser la gueule en n'y voyant rien. Ses yeux bruns semblaient perdus droit devant eux fixant obstinément un point invisible. C'était assez impressionnant à voir, mine de rien, mais pas réconfortant pour un sou.
Yasu et Kin se levèrent alors pour s'approcher d'eux.
«Et voilà, messieurs, elle est à vous. Nos chemins se séparent ici.»
Le médecin ne s'éternisa pas plus. Kin, lui se pressa d'allez soutenir la jeune femme, qui s'accrocha instinctivement à sa manche comme pour ne pas tomber dans un vide inexistant, chose qu'elle avait réellement l'impression de vivre. Il lui demanda si tout allait bien, étant donné qu'elle n'avait vraiment pas l'air bien. Elle acquiesça juste précipitamment en avalant bruyamment sa salive. Non, visiblement ça n'allait pas, mais elle ne l'aurait avoué pour rien au monde. Plutôt mourir, oui !
Sortir de l'hôpital fut une activité peu drôle, et vraiment éprouvante pour la jeune femme, qui semblait effrayé par tout soudain. Tout lui faisait peur, elle avait soudain la sensation de ne plus rien contrôlé de sa vie, qu'elle ne pourrait plus jamais rien faire sas devoirs être assisté. Ça l'avait soudain frappé au moment où on lui avait retiré la bande qui couvrait ses yeux.
Quand ils montèrent dans la voiture de Kin le trajet jusqu'à l'appartement de la jeune femme fut d'un silencieux horrifiant et pesant. Yasu en avait eût des frissons tant l'ambiance était froide. En même temps il ne s'attendait en rien à quelque chose de festif, entendons-nous bien. Mais il n'empêche qu'il ne se sentait pas des plus à l'aise, quoi. Ils raccompagnèrent tout deux la jeune femme jusqu'à son appartement et une fois qu'ils furent qu'elle serait bien installé et qu'elle les expédia presque dehors, avec tout le tact dont il était possible et la politesse qui allait avec, évidemment, il ne fut dur personne de comprendre qu'elle avait un besoin presque viscérale de se retrouver seule avec elle-même.
«Dis-moi, Kin-kun, je me demandais, commença Yasu, alors que les deux jeune hommes remontaient dans la voiture de Kin…
-Oui ?
-Seiko-san, tu l'as connu comment ?
-Houla, on était dans la même classe durant toute notre scolarité au primaire et on s'est retrouvé au lycée ensuite… Qu'est-ce qu'on pouvait bien se détestait en ce temps-là.»
Il disait ça avec un sourire nostalgique et un air rêveur. Ah ça c'était le bon vieux temps. Ca remontait effectivement à quelques années. Yasu, lui avait connu Kin à fin du collège, il s'était rapidement bien entendu tous les deux, et avait gardé contact par la suite.
«Vous vous détestiez ?
-Oh, oui, si tu savais… Un jour elle m'a même planté son compas dans le bras, la conne ! Je me souviens, je pissais le sang !
-Mais… Mais comment vous êtes devenu ami ?
-Seiko-chan était une patineuse artistique de haut niveau, depuis que je la connais, elle s'en est beaucoup entraîné, elle a fait beaucoup de championnat nationaux elle aurait pu participer au J.O à l'époque, en faite, elle allait passer les sélections lorsqu'elle avait eût l'âge requis… Mais elle s'est gravement blessé à la jambe… Dans la rue, sous mes yeux.
-Comment ?»
Kin lui raconta alors toute l'histoire. Seiko était une jeune fille épuisée par le sport intense qu'elle faisait, elle s'y investissait énormément, le rythme était intense, sans parler des heures de cours et de tout le travail que cela impliquait. Elle supportait de moins en moins ledit rythme et fatiguait. Un jour en rentrant chez elle, après les cours, son corps n'avaient plus suivit, elle était tombé dans les pommes, alors qu'elle était monté dans un arbre, pour dieu sait qu'elle raison. Mais elle aimait bien ça, elle, escalader les arbres. Elle était tombée, évidement en perdant connaissance, et s'était fait une double fracture à la jambe et l'autre cheville. Elle n'avait pas put s'entraîner pendant des mois et il lui avait été totalement impossible de reprendre le niveau élevé qu'elle avait réussis à atteindre. Les médecins lui avait dit qu'elle ne pourrait jamais plus patiner comme avant. Si jeune et voir un merveilleux avenir nous être rendu impossible ça devait être dur…
Yasu acquiesça et ne dit rien, absolument rien. Que pouvait-il dire ? "Oh, je vois, c'est cool" ? Certainement pas, ce serait vraiment mal venu. Et puis même, ça l'avait rendu totalement sans voix tout ça. Seiko en avait déjà vu d'autre alors ? Ce n'était pas la première fois qu'elle se retrouvé à l'hôpital et que sa vie basculer totalement dans la lancé ? C'était assez impressionnant, à dire vrai. En faite, Yasu se sentit posséder par un grand respect envers la jeune femme, une admiration étrange, destiné à une personne qui ne pouvait avoir décidément aucun contrôle sur sa vie et qui pourtant se tenait encore debout. Le chanteur eût un mal fou à retrouver l'usage de la parole, c'est au bout de plusieurs minutes de silence qu'il ne put que prononcer un :
«C'est triste…
-De savoir à quinze ans que son plus grand rêve ne sera justement qu'un rêve ? Ouais, c'est triste, et dur aussi ! Mais tu sais, Seiko-chan est une fille forte, mine de rien. Quand tu l'as connaitra bien tu t'en rendras compte.
-Qui te dit que je finirais par la connaitre "bien" ?
-Oh rien, rien… Ironisa Kin, en n'ajoutant rien de plus, si ce n'est juste un silence énigmatique.
