Réponse à Dylan : Merci beaucoup !


Chapitre 2

Au cours de leur deuxième année, les deux jeunes sorciers étaient toujours assez proches, sauf lorsque Tom était entouré de ses admirateurs. Dans ces cas-là, Astoria restait avec des filles de Serdaigle avec qui elle s'entendait bien. Mais souvent, elle préférait rester avec la très solitaire Mimi Warren.

Mimi était une Née-Moldue de la même année qu'Astoria et malgré son mauvais caractère la jeune blonde l'appréciait. D'ailleurs, lorsqu'Astoria restait un peu avec elle, le caractère geignard de Mimi s'apaisait et elle était alors de très bonne compagnie.

Cependant, même son propre frère avait du mal à comprendre pourquoi elle passait du temps avec une pleurnicharde, Née-Moldue de surcroît !

- Elle est tout le temps seule et moquée par les autres. Y compris par les filles de sa maison. Tout ça pourquoi ? Parce qu'elle n'est pas très jolie ?

- Pas très jolie est un euphémisme Astoria ! se moqua Julius.

- Je l'aime bien ! enchaîna la jolie blonde.

- Non, tu aimes bien les cas désespérés ! Tu restes avec Mimi-la-moche parce que tu as pitié d'elle comme tu restais avec Tom lorsque personne d'autre ne le voulait !

- Je reste toujours avec Tom, contra la blonde.

- Oui, seulement quand il daigne renvoyer ses admirateurs, fit remarquer le grand frère.

- Bon, où veux-tu en venir au juste ?

- Que tu traînes avec Mimi, passe encore mais Jedusor commence vraiment à m'inquiéter. Je préfèrerais que tu restes loin de lui.

- Et je devrais laisser tomber mon meilleur ami simplement parce qu'il t'inquiète ? railla Astoria.

- Ton meilleur ami ?! Mais ouvre les yeux Asto ! Ce n'est pas réciproque!

- Julius, vraiment, je t'adore mais reste en dehors de mes affaires, merci ! dit-elle en se levant et en sortant de sa salle commune.

Astoria commença par monter les marches menant au hall mais elle rencontra Walburga et ses copines de troisième année. La jeune Black était une sorcière assez idiote et pas très douée mais son Sang-Pur et ses idées très fidèles à la maison de Serpentard la rendaient populaire. Elle faisait partie des plus ferventes admiratrices de Tom et elle jalousait Astoria pour le lien qu'elle entretenait avec lui. De plus, elle n'aimait pas la tolérance de la jeune blonde envers les sangs inférieurs, elle l'aurait déjà classée dans les traîtres à leur sang si Astoria ne faisait pas partie de la famille Greengrass.

- Astoria ! s'exclama Walburga Black.

- Walburga, répondit Astoria en stoppant sa marche au milieu des escaliers.

- Tu n'es pas avec ton amie Sang-de-Bourbe ? se moqua-t-elle, ce qui déclencha le rire de ses amies.

- Franchement, si j'étais toi, je ne la ramènerais pas sur ce sujet ! répondit Greengrass avec un petit sourire.

- Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda Walburga en fronçant les sourcils.

- Mimi est peut-être une Née-Moldue mais en tout cas, elle reste meilleure que toi ! Je te signale que tu as failli redoubler l'année dernière et qu'elle, elle fait partie des meilleurs cette année !

Walburga s'approcha d'Astoria et la poussa légèrement, seulement, étant dans les escaliers, la jeune fille perdit l'équilibre et tomba en criant. Les filles prirent peur et disparurent dans la salle commune en entendant des pas rejoindre les cachots. Elles ne voulaient surtout pas être dans les parages.

- Miss Greengrass ?!

Albus Dumbledore avait été alerté par le cri de la jeune fille. La voix de ce dernier sembla réveiller la jeune fille qui avait été inconsciente suite à sa chute.

- Je…

Elle tenta de se lever mais échoua lamentablement, tant sa cheville et sa tête lui faisaient mal.

- Ne bougez pas, je vais vous emmener à l'infirmerie, ordonna Dumbledore.

Il s'approcha et souleva Astoria avant de se mettre en route.

- Que vous est-il arrivé ? demanda-t-il.

- Je… je suis tombée, mentit-elle.

- Toute seule ? s'étonna Dumbledore en haussant un sourcil.

- Oui, toute seule.

Elle eut l'impression que Dumbledore ne la croyait pas du tout, comme s'il lisait la vérité en elle mais elle savait aussi qu'il n'insisterait pas pour qu'elle dénonce les responsables. Une fois à l'infirmerie, Pomfresh s'occupa d'elle et Dumbledore la laissa en pensant qu'elle aurait eu beaucoup moins de problèmes si elle avait choisi d'aller à Serdaigle ou à Poufsouffle. Il savait bien qu'elle devait sa chute à Walburga Black et il savait aussi que si la fillette ne la dénonçait pas à voix haute, il ne pouvait rien faire. Cette jeune fille était bien trop gentille et loyale pour sa maison. Il appréciait beaucoup Astoria, car en plus d'être très douée en Métamorphose, elle était aussi d'une bonté sans égale. Puis, physiquement, elle ressemblait beaucoup à sa défunte petite sœur Ariana, il imaginait que si les choses s'étaient déroulées autrement, Ariana aurait été un peu comme Astoria Greengrass. C'était étrange, comment une ressemblance pouvait l'amener à comparer les deux… Enfin, on ne peut pas réécrire le passé Ariana est morte et rien ne pourrait la ramener…

Astoria attendit sagement que l'infirmière s'occupe d'elle. En tombant, elle avait frappé la tête sur le sol de pierre, créant ainsi une bosse à l'arrière de sa tête puis s'était foulé la cheville l'infirmière appliquait un baume à ces deux endroits.

- Voilà, vous n'avez plus qu'à attendre une demi-heure que cela fasse effet et vous pourrez partir.

Astoria acquiesça puis s'allongea dans le lit pour attendre plus confortablement. La porte de l'infirmerie s'ouvrit sur Tom, l'air froid, comme d'habitude. Il ne savait pas sourire, parfois, il avait l'air un peu moins morose lorsqu'ils discutaient ensemble mais c'était le mieux qu'elle avait réussi à faire depuis qu'elle le connaissait. Elle s'en contentait, Tom n'était tout simplement pas fait pour être souriant.

- Je t'ai vue passer dans le hall dans les bras de Dumbledore, dit-il en s'asseyant sur le lit où Astoria était.

Elle nota une pointe de jalousie dans ses propos mais elle se dit qu'elle imaginait des choses. Tom ne serait jamais jaloux d'un professeur qui lui venait en aide, cela serait ridicule.

- Qu'est-ce qu'il t'est arrivé ? demanda-t-il en voyant qu'elle ne s'expliquait pas.

Encore une fois, c'était plus une exigence qu'une demande mais comme toujours, Astoria ne s'en formalisa pas.

- Je suis tombée, répondit-elle évasivement.

- Toute seule ? demanda-t-il lui aussi.

- Oui…

- Tu mens, dis-moi la vérité ! exigea-t-il.

La pour le coup, Astoria ne put pas faire comme si elle ne s'était rendu compte de rien. Son ton avait été impérieux, son regard froid et perçant comme s'il voulait violer son esprit et par Merlin, elle entrevit vraiment ce qui pouvait inquiéter son frère chez Tom. Elle eut un mouvement de recul et Tom sembla comprendre qu'il était allé trop loin. Que si ses manières ne provoquaient pas chez Astoria, les mêmes réactions que chez les autres, elles avaient le pouvoir de la faire fuir et il ne voulait pas qu'elle fuit. D'ailleurs, la plupart des gens n'aurait pas pu détourner le regard et lui aurait répondu la vérité mais elle, non, elle avait simplement peur de ce qu'elle venait d'apercevoir.

- Je suis désolé Ria, je ne sais pas ce qui m'a pris… C'est juste que…

Il s'allongea à ses côtés et prit sa main. Il n'était pas à l'aise avec ce genre de choses mais il savait aussi que c'était le seul moyen d'amadouer Astoria. Les surnoms débiles, la proximité, la démonstration d'affection, ce n'était définitivement pas lui. Il n'en éprouvait aucun besoin, aucun plaisir, il savait qu'il avait un problème, qu'il n'était pas normal d'être ainsi mais Astoria n'avait pas ce problème et même s'il ne l'avouerait jamais, Astoria était importante pour lui.

- C'est juste que tu comptes beaucoup pour moi et je n'aime pas que tu me mentes, toi plus que quiconque.

Et pour ajouter à son jeu, il déposa un baiser sur la joue de la jeune fille. Elle le regarda, surprise par ses gestes et ses mots. Elle hésita un instant puis laissa aller sa tête sur l'épaule de celui qu'elle considérait comme son meilleur ami, son étrange meilleur ami. Lui eut un sourire, pas un vrai sourire, il en était incapable, juste un sourire de satisfaction. Une fois de plus, il avait réussi à déjouer sa méfiance. La naïveté de son « amie » était une aubaine pour lui.

- J'ai croisé Walburga et les autres cruches… Elles se sont moquées de Mimi et j'ai répondu… Walburga m'a poussée et je suis tombée.

Tom fit comme si de rien était, continuant à caresser les cheveux de son amie. Pourtant, s'il s'écoutait, il aurait dit à Astoria que, si elle avait eu de meilleures fréquentations -qu'une Sang-de-Bourbe pleurnicharde- elle n'aurait pas eu tous ces problèmes. Mais il savait qu'elle le prendrait mal et qu'il ne parviendrait que difficilement à se rattraper.

Toutefois, il ne manquerait pas de faire comprendre à Walburga que, si elle osait encore s'en prendre à Astoria, les conséquences pour elle serait vraiment déplaisantes. Astoria lui appartenait et il n'aimait pas qu'on s'en prenne à ce qui lui appartenait.

Il se souvenait d'un jour lors de sa première année, le deuxième jour après la rentrée, où il avait vu Astoria jouer avec une figurine animé d'un joueur de Quidditch célèbre. Il avait regardé la figurine avec envie et il avait eu envie de la voler mais il se souvenait très bien des mises en garde de Dumbledore. Il ne devait pas se faire remarquer aussi vite. Mais Astoria avait vu l'envie sur son visage et sans qu'il ne demande rien, elle lui avait tendu la figurine.

- Tiens, je te la donne si tu veux.

Il avait d'abord eu envie de refuser, il n'aimait pas la pitié mais encore une fois, il ne vit aucune pitié dans les yeux verts de la fillette, juste de la gentillesse. Alors, il avait pris ce qu'il voulait, sans dire merci. Mais elle ne s'était pas vexée, se contentant de le regarder jouer, un peu moins morose que d'habitude.

C'est à partir de ce jour-là qu'Astoria gagna une place spéciale pour Tom, pas la place d'une amie, car il ne considérait personne ainsi. Mais une place unique et importante qui faisait que quoi qu'il arrive il ne la laisserait pas s'éloigner de lui. Cette fille si spéciale, si gentille, si opposée à ce qu'il était, lui appartenait.