Chapitre 5
La cinquième année s'annonça chargée dès le départ. Les BUSE en fin d'année mettaient tous les cinquièmes années en ébullition. Mais Astoria s'inquiétait aussi pour Tom qui se montrait plus renfermé que jamais. Pourtant, ces derniers mois, elle avait vraiment eu l'impression qu'ils avaient réussi à dépasser cela.
Mais elle avait Mimi. Mimi qui avait plus besoin d'elle que jamais. Surtout lorsque l'on pense à Olive, Olive Hornby, une cinquième année de Serdaigle qui avait toujours taquiné Mimi de façon peu sympathique, et qui, désormais prononçait des paroles de plus en plus invectives. Olive semblait passer le stress que lui occasionnait l'approche des examens sur la pauvre Mimi qui finissait au moins deux fois par semaine à pleurer dans les toilettes.
- Mimi, ne sois pas ridicule… tenta Astoria à travers la porte des toilettes.
- Ah ! Toi aussi tu m'insultes maintenant ! dit-elle en pleurant de plus belle.
- Mais bien sûr que non Mimi ! Je veux juste dire que tu es ridicule de t'enfermer dans les toilettes simplement parce qu'Olive t'a dit des idioties !
- Bien sûr, toi, tu ne peux comprendre ce que c'est que d'être insultée de bigleuse, boutonneuse moche comme un veracrasse, tu es magnifique ! Tu dois avoir du sang de vélane, ce n'est pas possible autrement !
- Mimi, tu n'es pas une bigleuse boutonneuse, moche comme un veracrasse et je n'ai pas de sang vélane, puis pourquoi tu écouterais une cruche comme Olive ?
- Elle est à Serdaigle, elle ne peut pas être une cruche, nia Mimi.
- Foutaise ! Ah mon avis, elle s'est retrouvée là par défaut. Une fille qui veut épouser un sorcier riche pour assurer son avenir ne pouvait pas intégrer Serpentard. Une fille qui manque de s'évanouir à chaque fois qu'elle croise une bestiole ou à chaque fois qu'un prof l'interroge n'avait définitivement pas sa place à Gryffondor. Inutile de parler de loyauté lorsqu'on parle d'Olive, donc Poufsouffle, encore moins que les deux autres ! Il ne restait plus que Serdaigle, railla Astoria.
Elle eut le plaisir d'entendre le rire de son amie qui sortit quelques secondes plus tard de la cabine des toilettes.
- Merci Asto, dit-elle.
Après le repas du soir, Astoria raccompagna Mimi car cette dernière ne voulait pas croiser Olive seule dans les couloirs, car c'était dans ces cas-là qu'elle l'agressait. La blonde fit donc un gros détour par amitié puis en redescendant elle s'arrêta devant les toilettes des filles car elle entendit un garçon parler, pas n'importe quel garçon, il s'agissait de Tom.
- Je peux savoir ce que tu fais dans les toilettes des filles ? demanda-t-elle en souriant.
Il se trouvait devant un lavabo et se retourna vivement en entendant la voix de sa petite-amie.
- Je me lavais juste les mains, répondit-il en venant à elle.
- Tu parles souvent seul lorsque tu te laves les mains ?
- A l'occasion, répondit-il en haussant les épaules.
Elle se dit que, de toute façon ce n'était pas très important et que Tom avait l'air vraiment heureux, donc, inutile de gâcher son humeur avec des questions. Arrivé dans les couloirs sombres des cachots, il lui prit la main et l'emmena dans une salle de classe. Il s'empara alors de sa bouche dans un baiser qui fit monter quelque peu la température de la sorcière.
- Il y a longtemps que tu ne m'as plus embrassée comme ça, dit-elle sans pouvoir s'en empêcher.
- J'ai fait beaucoup de recherches ces temps-ci, dit-il tout en embrassant son cou.
- Sur tes parents ?
- Entre autres.
- Et ta bonne humeur de ce soir veut-elle dire que tu as trouvé quelques réponses ?
- Non, je n'ai rien trouvé sur mes parents, répondit-il en caressant la taille de la sorcière.
- Alors pourquoi tu es de si bonne humeur ?
« Parce que j'ai trouvé l'entrée de la chambre des secrets, parce qu'un basilic vit à l'intérieur et parce que bientôt, je ferai honneur à mon glorieux ancêtre, pensa-t-il »
Evidemment, il ne pouvait en aucun cas répondre ça à Astoria.
- Je suis juste content d'être ici, avec toi.
La naïveté d'Astoria et l'amour qu'elle ressentait pour Tom lui faisaient croire ce qu'il disait, puis comment aurait-elle pu en douter en voyant la sincérité dans les yeux de Jedusor ?
Pour lui, il ne mentait qu'à moitié, il était réellement content de pouvoir la toucher, l'entendre, la sentir, mais ses découvertes comptaient plus, comme toujours depuis Astoria, c'était une bataille entre une petite partie et le reste de sa personnalité. La petite partie ne pouvait pas gagner mais elle ne pouvait pas perdre non plus. Alors, il composait comme il pouvait entre ces deux parties.
Il passa ses mains en dessous du chemisier de la sorcière. Il ne savait pas vraiment ce qu'il faisait, il suivait ses envies mais les mains de la sorcière l'arrêtèrent.
- Tom… pas ici, dit-elle dans un souffle.
- Pourquoi ? demanda-t-il d'une voix qui ne montrait pas sa frustration et sa contrariété.
- Parce que je ne veux pas que ma première fois soit dans une salle de classe ! répondit-elle.
Il retira ses mains et remit le chemisier en place. Il l'embrassa de nouveau, plus calmement et s'éloigna un peu. Après tout, il pouvait se passer de ça, il avait bien d'autres choses à penser pour passer sa frustration. Il fit tout de même l'effort de se composer un visage serein pour ne pas heurter la sensibilité d'Astoria. Il arrêta un instant son esprit sur le fait qu'il n'hésitait jamais à faire du mal aux gens mais qu'il prenait garde de ne pas en faire à la jolie blonde… Il ne se comprenait plus lui-même !
Ils passèrent quelques temps ensemble avant d'aller se coucher.
Le reste de l'année se passa de la même manière pour Astoria, révisions, stress, voler au secours de Mimi, révisions, rendez-vous avec Tom, révisions, disputes avec Tom, réconciliations avec Tom, révisions… Mais enfin, la dernière épreuve arriva le 13 juin et elle poussa un gros soupir de satisfaction en sortant de la salle.
Elle vit Tom partir dans les couloirs et ne tenta pas de le rattraper, ils s'étaient disputés la veille et elle savait qu'il reviendrait tôt ou tard. Elle préféra chercher Mimi, mais elle ne la trouva pas. Elle décida donc d'aller passer l'après-midi dans le parc et elle s'y endormit paisiblement. Elle fut réveillée par la fraîcheur et ne vit plus personne autour d'elle, elle jugea donc qu'il devait être l'heure du diner et en effet, c'était le cas. A son entrée dans la grande salle elle chercha Mimi des yeux chez les Serdaigle mais ne la vit pas, elle repéra par contre le sourire satisfait d'Olive et se demanda si elle n'avait pas quelque chose à voir avec l'absence de son amie. Elle se rendit tout de même à sa table et prit place à côté de Tom.
- Tu étais où ? demanda-t-il.
- Dans le parc, je me suis assoupie, répondit-elle en regardant le Professeur Dippet s'adresser à Olive.
- Je m'inquiétais, ajouta-t-il en voyant qu'il ne captait pas l'attention d'Astoria.
- Nous sommes à Poudlard, que pourrait-il bien arriver ? demanda-t-elle en souriant sans lâcher la Serdaigle des yeux.
Elle vit Olive se lever puis se diriger vers la sortie de la grande salle.
- Bon maintenant, ça suffit ! s'exclama-t-elle en se levant.
- Où tu vas ? demanda Tom.
- Je suis sûre qu'Olive a encore fait pleurer Mimi et vu que je me suis endormie dehors, elle a dû passer son après-midi à pleurer dans les toilettes et je pense qu'Olive va y aller pour la faire sortir mais ce n'est pas du tout une bonne idée.
- En quoi ça te regarde ? s'impatienta Tom.
- Elle est mon amie !
Elle sortit de la salle et vit que Tom la suivait de près mais ça lui était égal, il allait juste assister à une scène qu'il jugerait de hautement pathétique, car c'est souvent comme ça qu'il qualifiait les états d'âme de Mimi.
Toutefois, en approchant des toilettes, elle entendit le cri d'horreur qu'Olive poussa. Avant d'atteindre la salle, elle vit passer une Olive en larme qui courrait.
- Elle est morte, disait-elle en boucle tout en courant vers les escaliers.
Astoria se dit que c'était impossible, on ne mourrait pas à 16 ans dans une école ! Elle resta un instant, hésitante, devant la porte, se disant qu'il s'agissait d'une erreur tout en ayant peur de réaliser que ça n'en était pas une. Puis elle se décida mais la main de Tom la retint.
- N'y va pas, dit-il sachant très bien ce qu'elle trouverait de l'autre côté.
Elle se dégagea de sa poigne puis entra. Tout ce qu'elle vit sur le moment fut le sol inondé d'eau puis un corps à terre, le corps de Mimi. Pourtant, elle entendait toujours les pleurs de celle-ci, comme si les souvenirs restaient. Elle l'avait tellement entendue pleurer à cet endroit en 5 ans ! Mais en plus de l'écho des pleurs de Mimi, on pouvait entendre ceux d'Astoria. Elle se précipita auprès du corps de son amie et la prit dans ses bras. Froide, raide, ce n'était plus elle mais Astoria s'en fichait.
Mimi Warren était morte et elle n'avait pas été là pour elle. Comment était-elle morte ? Et si Astoria ne s'était pas endormie dehors, si elle s'était inquiétée comme une bonne amie aurait dû le faire, peut-être serait-elle parvenue à la faire sortir de ces toilettes avant qu'il ne lui arrive quelque chose.
- Mimi…
Voilà tout ce qu'elle parvenait à dire entre ses pleurs, le répétant encore et encore tout en caressant les cheveux de son amie.
- Astoria, dit Tom en s'accroupissant près d'elle.
Il posa ses mains sur elle et tenta de lui faire lâcher le corps de la défunte mais rien à faire, elle ne le lâchait pas et lui, pour la première fois de sa vie se sentait désemparé, coupable et terriblement mal. Oui, il avait voulu tuer les Nés-Moldus mais pas cette Née-Moldue là. Pas la meilleure amie d'Astoria. Il ne pouvait pas dire qu'il était triste, ce n'était pas le cas, il n'avait jamais aimé Mimi, il la trouvait inutile et pathétique mais Astoria y était très attachée et rien que pour ça, il n'avait pas voulu lui faire de mal. Elle s'était seulement trouvée au mauvais endroit, au très mauvais moment.
Il serra sa petite-amie contre lui du mieux qu'il put en attendant que les Professeurs arrivent pour emporter le corps et forcer Astoria à la lâcher.
- Tout est de ma faute… Si j'avais été là pour elle, comme avant, elle serait en vie, sa tête sur l'épaule du jeune homme et le corps de son amie dans ses bras.
- Ou tu serais morte avec elle, fit remarquer Tom.
Puis il réalisa à quel point ce qu'il venait de dire était juste. Astoria avait l'habitude d'être là avec Mimi lorsque celle-ci faisait une de ses crises de larmes. Il aurait pu tuer Astoria en même temps que Mimi et il n'aurait rien pu faire pour empêcher ça.
- Tu n'y es pour rien Asto, tu as toujours été là pour moi ! Tu resteras toujours ma meilleure amie, ma seule amie.
Astoria et Tom sursautèrent et levèrent les yeux pour apercevoir le fantôme de la défunte.
- Mimi ! Mais…
- Je n'allais pas partir pour laisser la personne responsable mener la belle vie ! s'exclama Mimi devant le regard surpris et effrayé d'Astoria.
Sur l'instant, Tom fut terrifié puis il se dit qu'entre sa mort et son retour en fantôme, elle n'avait pas pu le voir.
- Je vais faire de la vie d'Olive un enfer ! continua Mimi.
- Mimi, si tu savais comme je suis désolée, pleura Astoria.
Mimi s'approcha et tenta de caresser la joue de son amie mais n'y parvint pas, ce qui la rendit encore plus triste.
- Ce n'est pas de ta faute Asto…
Puis les Professeurs arrivèrent et Astoria fut forcée de sortir et de laisser son amie… Les deux versions de son amie, le corps sans vie et le fantôme. Tom l'accompagna jusqu'à la salle commune puis attendit qu'elle aille se doucher et qu'elle redescende. Elle passa la soirée à pleurer, encore et encore, rien de ce que pouvait dire Tom ne la calmait. Puis elle décida d'aller se coucher, elle en avait marre d'imposer ce spectacle à Tom, elle savait très bien qu'il n'était pas très à l'aise dans ces cas-là. Une fois dans son lit, elle continua à pleurer jusqu'à s'endormir sans même s'en rendre compte.
