Chapitre 7
Rien, il n'y avait rien dans ses affaires ou du moins, rien qui ne l'éclaire plus sur son petit-ami. Elle trouva le livre qu'elle lui avait offert lors de leur premier Noël ensemble avec comme marque page, une photo d'eux deux, elle trouva cela touchant mais secoua la tête pour se reprendre. Elle allait partir lorsqu'elle vit un livre en dessous de celui qu'elle venait de reposer. Elle s'en empara et le regarda plus attentivement. C'était un journal, mais un journal vierge, elle le remit en place avec énervement puis tourna les talons avant de s'arrêter.
Tom était très intelligent, mais elle l'était presque autant. S'il avait écrit dans ce journal, il avait dû l'ensorceler pour que ça ne se voit pas mais il y avait une faille à tous les sortilèges et elle connaissait celle-ci. Elle eut un sourire en se souvenant que c'est Julius qui le lui avait appris l'année passée. Elle l'avait trouvé en train de faire précisément ce qu'elle s'apprêtait à faire au journal de Tom, c'est-à-dire, violer son intimité. Ce n'était pas beau, mais elle avait le sentiment que c'était nécessaire.
Comme elle s'y attendait, les pages se noircirent, beaucoup de page, beaucoup trop pour qu'elle puisse toutes les lire. Elle feuilleta donc rapidement en attendant qu'un mot attire son attention. Elle commença par la fin et ne mit pas longtemps à trouver quelque chose de significatif.
Elle avait hésité entre enquêter sur Tom ou enquêter sur le meurtre de Mimi mais elle ne s'était pas attendu à trouver les deux réponses en même temps. Les mots « Héritier de Salazar », « Chambre des secrets », « toilettes des filles », « passage secret », « Basilic », « élimination des Sang-de-Bourbe », « mort accidentelle de la Geignarde » … Elle comprenait ce que cela voulait dire mais tout de suite, elle aurait préféré être une idiote incapable de comprendre.
Son monde s'effondrait, car son monde avait toujours tourné autour de lui depuis qu'elle l'avait vu même si de nombreuses preuves prouvaient qu'il était inquiétant mais jamais elle n'aurait pu imaginer que ce soit à ce point. De qui était-elle amoureuse ? Comment avait-il réussi à la tromper à ce point-là ? Au plus elle lisait, au plus elle se rendait compte que le propriétaire de ce journal n'avait rien de bon… Ça ne pouvait pas être Tom ! Il n'était pas parfait, loin de là, mais il n'était pas ce monstre !
Le journal à la main, elle partit pour les toilettes du second étage, elle regarda les éviers et trouva celui avec l'emblème des Serpentard dont le journal parlait. Seulement, elle ne parlait pas Fourchelang, elle ne pouvait pas l'ouvrir.
Elle ferma la porte des toilettes donnant sur le couloir puis insonorisa la pièce. Elle resta loin du lavabo puis pointa sa baguette dessus.
- Confringo, s'écria-t-elle.
Le lavabo, ainsi que les deux lavabos voisins explosèrent et Astoria rangea sa baguette avec un sourire satisfait qu'elle perdit instantanément en voyant le tuyau sans fin visible qu'elle était censée emprunter. C'est à ce moment qu'elle comprit pourquoi le choixpeau n'avait pas cité Gryffondor parmi les maisons qui auraient pu lui convenir ! Elle resta quelques minutes face au gouffre avant de se décider et finalement, ce n'était pas si terrible, une sorte de toboggan, vraiment très long. Elle se demanda un instant si elle n'était pas en partance pour le centre de la terre tellement le temps lui parut long.
Mais enfin, elle atterrit, mal, se vautrant par terre avec peu de grâce. Elle se releva et épousseta sa robe, ce qui était inutile, car en plus d'être sale, elle était humide. Elle se pressa d'avancer, le journal toujours en main et se retrouva devant deux serpents. Après avoir vérifié sur le journal, elle eut la confirmation qu'il fallait encore user du Fourchelang pour passer et là, elle doutait qu'un Maléfice d'explosion parvienne à détruire le mur entier.
Elle entendit un sifflement venir de derrière elle et avant de se retourner, elle vit les serpents se mouvoir pour créer une ouverture. Elle se retourna et se retrouva devant un Tom tellement différent de celui qu'elle avait l'habitude de voir. Elle était face au Tom qu'elle avait vu lors de sa troisième année.
- Bonjour mon cœur, dit-il en lui arrachant sa baguette.
Astoria, tellement stupéfaite par l'arrivée discrète de Tom puis tellement effrayée par son expression n'eut le temps de rien faire pour l'empêcher de la désarmer. Elle se retrouvait au fin fond des souterrains de Poudlard, dans un endroit que seul Tom connaissait, désarmée et sans avoir averti personne… Elle se rendit compte de l'idiotie de sa conduite, elle aurait dû aller trouver Dumbledore, il était le plus puissant de tous, le seul qui avait toujours traité Tom comme un élève normal. Tom semblait assez d'accord avec elle sur le fait qu'elle avait été idiote, sauf que lui, ça l'arrangeait.
- Astoria, ma belle, tu m'avais vraiment habitué à plus d'intelligence ! Franchement, venir te balader dans un endroit inconnu, seule et sans plan !
- Comment as-tu su que…
- Tu croyais vraiment que la seule protection de mon journal résidait dans l'invisibilité de mes écrits ? Je connais très bien la faille de ce sort, alors, j'y ai ajouté une sorte d'alarme qui s'active si quelqu'un d'autre que moi y touche, expliqua-t-il calmement, froidement avec un sourire qui aurait pu passer pour charmant.
La deuxième fois de la journée qu'Astoria se trouva stupide, elle n'en avait guère l'habitude.
- Avance, dit-il.
- Pourquoi ? demanda-t-elle en regardant l'ouverture.
- Si tu es là, c'est que tu voulais être sûr de ce que tu lisais. Tu voulais découvrir la chambre des secrets, je vais te la faire visiter, dit-il.
Astoria ne fit pas un pas, mais il s'empara de son bras, un peu trop durement et la tira en avant. Elle arriva dans une salle faiblement éclairée, avec une lueur verdâtre, Astoria devina qu'ils étaient sous le lac. Il y avait de long pilier avec des serpents s'élevant vers le très haut plafond et face à elle, une énorme statue représentant Serpentard.
- Dis bonjour à mon ancêtre, dit Tom en regardant la statue.
- Je préfère m'abstenir… Je n'ai jamais eu aussi honte d'appartenir à cette maison, avoua-t-elle.
- J'ai toujours pensé que tu aurais fait une meilleure Serdaigle. Ne le prends pas mal mon ange, je suis vraiment content d'avoir partagé toutes ces années avec toi mais, je me suis toujours dit que tu aurais été mieux chez les aigles.
- Le choixpeau a hésité.
Pourquoi discutait-elle ainsi ? Elle trouva la réponse rapidement, parce qu'elle avait peur de ce qui allait suivre !
- Pourquoi avoir choisi Serpentard ?
- Pour être avec Julius.
- Oui, c'est évident venant de toi. Tu attaches tellement d'importance aux autres !
- Et toi si peu !
- Oui mais dans un sens, tu devrais te sentir honorée. Tu es la seule que je n'ai jamais aimée, la seule qui a compté dans ma vie, qui compte encore.
- Sais-tu au moins ce que signifie aimer ? Avec ce que j'ai lu dans ton journal, j'émets de sérieux doutes ! s'énerva Astoria en lui jetant le journal dessus.
Il ne prit même pas la peine de le ramasser, cela pouvait attendre.
- Une partie de moi sait ce qu'aimer veut dire car que tu le crois ou non, je t'aime sincèrement. Mais je sais aussi que ça ne suffit pas.
- Si tu m'aimais vraiment, tu ne m'aurais jamais mentit !
- Tu as une vision tellement faussée et romantique de l'amour ou peut-être est-ce moi qui ne suis pas doué pour agir correctement ! Peut-être un peu des deux.
- Tu as tué Mimi !
Elle ne pleurait pas, non non elle ne pleurerait pas, pourtant, ce n'était pas l'envie qui lui manquait !
- Je ne l'ai pas fait exprès.
- C'est une Née-Moldue, ne me dis pas que tu regrettes !
- Je regrette que ce soit une personne qui comptait pour toi.
- Tes regrets ne lui rendront pas sa vie, dit Astoria.
- Je le sais mais ça n'enlève rien au fait que je ne voulais pas la tuer. Je ne voulais pas te faire de mal, dit-il.
Elle voyait de la sincérité dans son regard mais comment pouvait-il penser que ça changeait quelque chose !
- Sauf que tu devrais regretter d'avoir tué une personne, pas regretter de m'avoir heurtée !
- Je te l'ai dit, je ne ressens rien pour personne, sauf pour toi. Je suis comme ça, j'aimerais être comme tu le veux mais je n'y arrive pas.
- Ça ne change rien, tu le sais…
- En effet, répondit-il avec quelque chose comme de la tristesse dans le regard.
Ils se regardèrent un moment avant qu'Astoria ne reprenne la parole.
- Si tu savais que j'avais trouvé ton journal, pourquoi ne m'as-tu pas empêchée de descendre ? demanda-t-elle pour changer de sujet.
- Parce que quand je suis arrivé, désillusionné, tu en savais déjà trop. Alors, je t'ai laissée descendre, dit-il en s'approchant.
Il posa sa main sur la joue de la sorcière puis lui vola un baiser. Elle était tellement hébétée par ce qu'il se passait qu'elle ne fit rien pour le repousser puis il se recula.
- Je ne sortirai jamais d'ici, devina-t-elle.
- Personne ne doit savoir, je ne prendrai pas de risque, je ne veux pas que la chambre soit découverte, répondit-il simplement.
- Je t'aime, dit-elle sans chercher à s'en empêcher.
- Je t'aime aussi.
- Pourtant, tu t'apprêtes à me tuer !
- Je m'apprête à faire le nécessaire pour préserver un secret que mes ancêtres ont su préserver depuis des siècles.
Il pointa sa baguette sur elle et elle vit un éclair venir droit sur elle, puis plus rien.
